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Buenassa cherche « un appui financier pour l’acquisition d’un actif minier local stratégique dans la région du Katanga, actuellement en vente », a annoncé, le 12 janvier 2026, son président-directeur général, Eddy Kioni, à la suite d’une rencontre avec le nouveau directeur général de UBA en République démocratique du Congo (RDC), Michael Kayembe. Selon une source proche de l’entreprise congolaise, l’actif en question est la société minière Chemaf. Selon Bloomberg, Buenassa a formellement notifié, en novembre dernier, son intérêt pour ce producteur de cuivre et de cobalt, dont l’avenir est suivi de près en raison de ses actifs et de son positionnement dans la compétition autour des minerais critiques en RDC.

Pour le PDG de Buenassa, cette acquisition permettrait « d’accélérer l’intégration verticale : de l’extraction au raffinage, au négoce et au stockage stratégique », en sécurisant l’approvisionnement de la raffinerie pour « plus de 20 ans ». Le dirigeant affirme que ce schéma renforcerait la résilience opérationnelle et transformerait Buenassa « d’un projet industriel greenfield (à construire) en un acteur minier opérationnel majeur ». L’enjeu est clair : passer d’un projet industriel à construire à une entreprise disposant d’une production minière, capable d’alimenter une raffinerie et de structurer un modèle intégré sur la chaîne de valeur.

Cette logique distingue Buenassa de plusieurs offres concurrentes, davantage structurées autour d’un contrôle financier et commercial de Chemaf. À titre de comparaison, la Gécamines, autre prétendant congolais, propose d’acquérir la compagnie minière pour la revendre et ne conserver qu’une participation maximale de 25 %, rapporte Bloomberg. Et grâce à sa filiale Gécamines Trading, elle commercialiserait la production correspondant à sa participation aux États-Unis, conformément à l’engagement pris par la RDC dans le cadre de l’accord stratégique signé avec les États-Unis en décembre dernier.

Actif vital

À l’inverse, l’approche de Buenassa vise un objectif explicitement industriel : sécuriser une matière première pour un projet de raffinage en RDC, et non seulement capter un flux de production à exporter. Ce qui inscrit le projet dans la vision du gouvernement congolais, qui insiste désormais sur la transformation locale des minerais. Sauf que les détails de son offre restent inconnus. La Gécamines, pour sa part, prévoirait un ticket d’un peu moins d’un million de dollars, un audit de la compagnie, puis un plan de paiement de ses dettes, que des sources médiatiques chiffrent à 900 millions de dollars. Une partie serait détenue par Trafigura, qui a arrangé un prêt de 600 millions de dollars en 2022 pour financer le développement de la mine de Mutoshi à Kolwezi.

En réalité, l’acquisition d’un actif d’extraction apparaît comme vitale pour le projet Buenassa. Elle permettrait d’améliorer sa bancabilité en apportant un actif susceptible de garantir le remboursement des ressources nécessaires au financement de la construction de la raffinerie. Jusqu’ici, l’entreprise n’a pu sécuriser qu’une subvention publique de 3,5 millions de dollars auprès du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Cela a notamment permis de réaliser une étude de cadrage (scoping study).

Cette dernière évalue le coût de la première phase du projet à 700 millions de dollars, selon un document consulté par Bankable. À ce stade, l’usine devrait produire annuellement 30 000 tonnes de cathodes de cuivre et 5 000 tonnes de sulfate de cobalt. Le coût de la deuxième phase est estimé à 2 milliards de dollars. À ce stade, la production passerait à 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an. Ces données doivent encore être affinées.

Équation difficile

Le calendrier indicatif actualisé prévoit désormais une étude de préfaisabilité au début de 2026 et une étude de faisabilité au deuxième trimestre 2027, alors que le closing financier est projeté au troisième trimestre 2027 et que le début de la production n’est pas attendu avant 2029, contre 2027 auparavant.

Pour financer cette stratégie, Buenassa met en avant une approche « à plusieurs niveaux », combinant banques commerciales africaines, institutions régionales de financement du développement, institutions financières locales, partenaires internationaux stratégiques « menés par les États-Unis » et l’État congolais, qui détient depuis juin 2025 une participation de 10 % dans le capital de l’entreprise de projet Buenassa Ressources. De la réunion avec UBA, il ressort que l’objectif est de bâtir une architecture de financement capable de soutenir à la fois la construction de la raffinerie et l’opération d'acquisition de l’actif d’extraction.

Mais l’accès à Chemaf s’annonce difficile. « Nous ne donnerons pas de chance à quelqu’un d’autre que nous », avait déclaré, fin 2024, Guy-Robert Lukama, président du conseil d’administration de la Gécamines, cité par Reuters. Il faut dire que, sur ce dossier, l’entreprise publique est en position de force : elle détient le permis sur lequel Chemaf développe le projet Mutoshi. Mais l’État, unique actionnaire de la Gécamines — et actionnaire à 10 % de Buenassa ainsi qu’à 5 % de Chemaf — devra trancher en tenant compte des orientations de sa politique minière.

D’ailleurs, à bien y regarder, un rapprochement stratégique entre la Gécamines et Buenassa — qui se profilent comme deux véhicules souverains de la RDC pour la valorisation de son patrimoine minier dans les filières cuivre et cobalt — constitue une option. Les positionnements de l’entreprise publique et de sa compatriote privée paraissent même complémentaires sur la chaîne de valeur. Au regard de l’intérêt d’entreprises américaines pour Chemaf, l’idée d’un consortium RDC (Gécamines, Buenassa…)–États-Unis est présentée, par des acteurs proches du dossier, comme l’alternative la plus réaliste, compte tenu des défis financiers, opérationnels et de sécurité des sites. Une telle perspective s’inscrirait dans le prolongement du partenariat stratégique RDC–États-Unis.

Pierre Mukoko

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Posted On lundi, 19 janvier 2026 13:12 Written by

La République démocratique du Congo (RDC) prévoit de renforcer le contrôle de ses exportations minières afin d’améliorer la mobilisation des recettes. Dans un rapport publié en janvier 2026, le Fonds monétaire international (FMI) relaie l’objectif des autorités d’obtenir une évaluation plus fiable « des volumes, de la teneur minérale et de l’humidité des exportations », des paramètres déterminants pour la valorisation des produits et l’assiette des prélèvements.

Le document souligne le coût budgétaire de contrôles jugés insuffisants : « Des études montrent que notre pays perd près de la moitié de ses recettes minières potentielles en raison de contrôles insuffisants sur les volumes et la teneur en métaux de valeur ». Pour corriger ces faiblesses, les autorités indiquent vouloir accroître le recouvrement des recettes minières « sur la base du principe consistant à minimiser les contacts humains ».

L’une des mesures annoncées consiste à déployer, d’ici mars 2026, des outils techniques destinés à fiabiliser le contrôle physique des flux à l’exportation, « par la mise en place de bascules de pesage pour camions et de mécanismes de contrôle qualité informatisés et non intrusifs ».

Cette réforme s’accompagne du renforcement d’un dispositif d’analyse. Le FMI rapporte que les autorités entendent « obtenir l’approbation du ministère des Mines d’ici janvier 2026 » afin de « rendre opérationnel un laboratoire d’analyse minérale sous contrat avec l’administration fiscale (DGI) ».

L’objectif affiché est de disposer d’une capacité technique permettant d’appuyer les contrôles et, plus largement, de renforcer la conformité. Le rapport évoque ainsi un effort visant à améliorer l’évaluation des caractéristiques des exportations (dont l’humidité et la teneur), éléments essentiels pour apprécier la valeur déclarée et les obligations fiscales correspondantes.

Au-delà du seul segment minier, le document met en avant l’enjeu de modernisation des administrations financières et des contrôles. Il note que les audits fiscaux, à ce stade, « produisent moins de 15 % de leur rendement potentiel », dans un contexte où les autorités veulent renforcer le recoupement des données par l’automatisation et la numérisation.

Dans l’ensemble, la démarche présentée par le FMI combine donc un renforcement des contrôles physiques et analytiques des flux miniers à l’exportation, et une orientation vers des dispositifs davantage automatisés, avec pour finalité annoncée l’amélioration de la fiabilité des contrôles et la sécurisation des recettes.

Boaz Kabeya

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Posted On vendredi, 16 janvier 2026 15:19 Written by

La compagnie australienne AVZ Minerals a annoncé, le 15 janvier 2026, la réception de la totalité des fonds promis l’année précédente par son partenaire Suzhou CATH Energy Technologies. Il s’agit d’une facilité de 20 millions de dollars que l’entreprise chinoise a accepté de mettre à la disposition de son partenaire australien, qui revendique des droits d’exploitation sur le gisement de lithium de Manono, dans la province du Tanganyika, en République démocratique du Congo (RDC).

Lors de l’annonce de cette facilité, un an plus tôt, AVZ indiquait que ces fonds devaient financer, sur les 12 mois suivants, ses besoins en fonds de roulement et ses activités, y compris celles liées au litige qui l’oppose à l’État congolais sur ce projet. En débloquant les fonds, CATH reste ainsi aux côtés d’AVZ.

L’accord signé en janvier 2025 accorde à CATH plusieurs avantages en cas de succès des revendications d’AVZ sur le gisement de Manono. L’entreprise chinoise aurait notamment le droit d’acquérir 100 % de la production de lithium pendant cinq ans, ou jusqu’au remboursement des dépenses d’AVZ qu’elle aura financées. CATH dispose par ailleurs du droit d’acheter une participation indirecte de 30,5 % dans le projet. Mais l’avenir du dossier reste incertain.

Manono est le plus grand gisement de lithium identifié à ce jour en RDC. AVZ Minerals y a mené des travaux d’exploration sur plusieurs années, dans le cadre d’une coentreprise avec la société publique congolaise Cominière. Cette dernière a ensuite mis fin au partenariat, avant de s’associer en 2023 avec le chinois Zijin Mining pour développer le même projet. AVZ a intenté plusieurs actions devant des tribunaux internationaux pour contester ces évolutions autour de la propriété du projet, mais aucune décision définitive n’a encore été rendue.

Dans ce contexte, un autre acteur est entré en scène : KoBold Metals. À la faveur du rapprochement entre Kinshasa et Washington autour de nouveaux investissements américains dans le secteur minier congolais, cette start-up californienne a signé, en juillet dernier, un « accord de principe » avec le gouvernement congolais pour l’exploration minière en RDC. Elle a par la suite obtenu sept permis de recherche minière, dont quatre situés sur le territoire de Manono.

Selon cet accord de principe, il revient à KoBold de trouver une issue au différend entre AVZ et l’État congolais. Deux mois auparavant, KoBold et AVZ avaient annoncé la conclusion d’un accord-cadre prévoyant la cession, par AVZ, de ses intérêts commerciaux dans le gisement de Manono à une « juste valeur ». Sauf que la compagnie australienne — qui avait gelé la procédure d’arbitrage engagée contre la RDC pour créer « un climat propice à des discussions » susceptibles de déboucher sur un règlement à l’amiable — a entre-temps annoncé sa reprise.

Zijin Mining, qui a obtenu en septembre 2024 un permis d’exploitation sur la zone revendiquée par AVZ, avait annoncé un début de production en 2026, mais n’a fourni que peu de mises à jour sur l’évolution des travaux de construction de la mine.

PM avec l’Agence Ecofin

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Posted On vendredi, 16 janvier 2026 11:27 Written by

La mine de zinc de Kipushi, en République démocratique du Congo (RDC), codétenue par Ivanhoe Mines (62 %) et la Gécamines (38 %), a quadruplé sa production en 2025, à 203 168 tonnes de concentré, contre 50 307 tonnes en 2024. Ces chiffres ressortent des résultats opérationnels annuels publiés le 15 janvier 2026 par Ivanhoe Mines, opérateur du site. La performance est conforme aux objectifs du groupe, qui visait une production comprise entre 180 000 et 240 000 tonnes.

Cette montée en puissance s’explique par des travaux d’ingénierie lancés en septembre 2024 afin d’augmenter de 20 % le débit du concentrateur de Kipushi, chargé du traitement du minerai. Le programme d’optimisation s’est achevé début août 2025, permettant à la mine d’enregistrer une hausse significative de la production au second semestre.

Au troisième trimestre, la mine a livré 57 200 tonnes, puis 61 444 tonnes au dernier trimestre, nettement au-dessus des 42 736 tonnes et 41 788 tonnes enregistrées respectivement aux premier et deuxième trimestres 2025. Avec les niveaux atteints ces derniers mois, Kipushi se place au cinquième rang des plus grandes mines de zinc au monde, assure Ivanhoe.

Pour 2026, l’ambition est de porter la production à un volume compris entre 240 000 et 290 000 tonnes. Maintenir des opérations stables sera l’un des défis d’Ivanhoe, alors que le site reste affecté par l’instabilité du réseau électrique congolais. Pour s’en prémunir, la compagnie indique avoir renforcé les capacités des générateurs de secours au quatrième trimestre 2025.

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

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Posted On vendredi, 16 janvier 2026 02:15 Written by

Comme promis en novembre dernier lors du Makutano 2025, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a dévoilé, lors de la 74ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, les contours du projet d’exploitation du fer en République démocratique du Congo (RDC).

Selon le compte rendu de cette réunion, le projet, présenté comme « une inflexion stratégique majeure » dans le modèle extractif du pays — concentré depuis plus de 100 ans sur le cuivre et le cobalt — est dénommé Mines de fer de la grande Orientale (Mifor). Il repose sur les réserves de l’ancienne province Orientale, aujourd’hui divisée en Ituri, Haut-Uélé, Bas-Uélé et Tshopo. Elles sont estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes, avec une teneur moyenne supérieure à 60 %, indique le document, sans préciser la méthodologie utilisée pour ces estimations.

Selon la présentation du ministre des Mines, le projet Mifor doit être développé en plusieurs phases. La première prévoit une capacité de production de 50 millions de tonnes par an, progressivement extensible jusqu’à 300 millions de tonnes par an. Le schéma présenté ne se limite pas à l’extraction : il inclut des unités de transformation locale ainsi qu’un corridor logistique dit « multimodal », combinant notamment un chemin de fer lourd, la voie fluviale et une connexion au port en eaux profondes de Banana.

D’après la même source, l’investissement initial de la première étape est évalué à 28,9 milliards de dollars américains. Sur une projection de 25 ans, le ministre avance un chiffre d’affaires cumulé de 679,3 milliards de dollars et un « cash-flow net » de 308,2 milliards de dollars, sur la base « d’hypothèses prudentes de marché ». Pour l’État, le document évoque des « retombées substantielles et diversifiées », sans en préciser le montant.

Actuellement, la tonne de fer s’échange autour de 105 dollars. Mais avec l’entrée en production, annoncée en novembre dernier, de la gigantesque mine de Simandou en Guinée, les cours pourraient être tirés vers le bas à moyen terme. Si le calendrier de ce projet est respecté, cette mine pourrait produire jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai dès 2028 et peser sur le marché.

À ce stade, le projet Mifor n’est toutefois pas encore entré dans une phase d’engagement formel. Sans citer de noms, le compte rendu souligne l’intérêt d’investisseurs institutionnels internationaux disposant de capacités reconnues de structuration et de financement de projets macroéconomiques. Pour le gouvernement, cela constitue un « signal favorable de bancabilité et de crédibilité internationale », « sans préjuger des décisions souveraines à venir » et « sans créer d’engagement juridique à ce stade ». Autrement dit, les modalités exactes de financement, les partenaires retenus et le calendrier de mise en œuvre n’ont pas été officialisés.

Dans l’immédiat, l’exécutif a décidé la mise en place d’une gouvernance dédiée. Le Conseil des ministres a acté la création d’une commission interministérielle élargie chargée d’assurer le pilotage stratégique, la coordination et la structuration progressive du projet.

Boaz Kabeya

Posted On mercredi, 14 janvier 2026 15:11 Written by

À travers Gécamines Trading, sa nouvelle filiale dédiée au trading des minerais, Gécamines veut orienter vers les États-Unis une partie de la production de cuivre de Tenke Fungurume Mining (TFM), contrôlée à 80 % par le groupe chinois CMOC. Pour ce faire, l’entreprise publique congolaise annonce avoir décidé d’utiliser, pour la première fois, son droit contractuel d’acheter la part de production correspondant à sa participation de 20 % dans cette mine afin de la revendre aux États-Unis. Elle chiffre ce volume à 100 000 tonnes pour l’année 2026.

«Cette première opération de commercialisation constitue le prolongement et le développement du dispositif d’offre compétitive des productions des partenariats de Gecamines, dispositif mis en place depuis 2023 et exécuté jusqu’à présent avec succès », a indiqué le président du Conseil d’administration de Gécamines, Guy-Robert Lukama, cité dans le communiqué de l’entreprise.

L’idée de commercialiser elle-même la part de production correspondant à sa participation dans les coentreprises minières découle, selon Gécamines, de la volonté de contourner la pratique des prix de transfert utilisée par plusieurs opérateurs. Cette pratique consiste à vendre la production à bas prix à une société liée, réduisant d’autant les dividendes versés à Gécamines et les recettes minières reversées à l’État. Avec cette démarche, l’entreprise espère une meilleure valorisation des produits congolais, une augmentation de la base taxable pour l’État et une diversification des acheteurs, renforçant l’indépendance commerciale du pays.

« Nous sommes heureux de cette première opération qui concrétise un travail mené depuis plus d’une année désormais pour renforcer la position de la République Démocratique du Congo sur l’échiquier mondial des matières premières et concrétiser la volonté de l’Etat congolais d’asseoir sa souveraineté sur son sous-sol », a précisé la directeur général de Gécamines, Placide Nkala Basadilua, repris dans le même communiqué. À terme, la compagnie publique ambitionne des droits de vente pouvant atteindre 500 000 tonnes de cuivre et 40 000 tonnes de cobalt, confirmant sa volonté de redevenir un acteur global du marché des matières premières critiques.

Accord stratégique

Avant de décider d’exercer son droit d’achat, Gécamines dit avoir réalisé, fin 2025, une consultation de marché. Selon nos informations, à l’issue de cette consultation, plusieurs acteurs américains se sont portés acquéreurs des 100 000 tonnes de cuivre, à des conditions jugées avantageuses pour Gécamines. Il faut dire que le cuivre a signé une année 2025 exceptionnelle, avec une hausse de prix de 44 % et un record à 12 960 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME). Selon les analystes, la dynamique resterait favorable en 2026.

L’opération permet également à la RDC de mettre en œuvre les engagements pris dans l’accord stratégique signé le 4 décembre 2025 à Washington avec les États-Unis. Selon le texte, « la RDC et ses entreprises publiques utiliseront leurs droits de commercialisation liés à la participation et aux contrats pour fournir un accès à l’offtake aux personnes américaines et alliées ». Ce dispositif oblige Gécamines, ou toute autre entreprise publique, à proposer en premier lieu ses volumes commercialisables aux sociétés américaines avant tout autre acheteur, sous réserve de « conditions commerciales comparables », afin de garantir une conformité aux prix internationaux.

Gécamines Trading, qui porte l’opération, est une joint-venture mise en place en partenariat avec le groupe genevois Mercuria Energy Trading. Chargée de commercialiser le cuivre, le cobalt et d’autres minerais critiques, comme le germanium ou le gallium, provenant du sous-sol congolais, elle est également soutenue par la US International Development Finance Corp (DFC). L’agence publique américaine, qui appuie le développement d’entreprises américaines sur les marchés émergents, dit même avoir émis une lettre d’intention en vue d’un « investissement en actions » dans cette joint-venture. Objectif : « sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines en minéraux stratégiques », souligne-t-elle.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 13 janvier 2026 11:54 Written by

À l’issue de la réunion annuelle d’évaluation tenue le 9 janvier 2025, l’entreprise publique DRC Gold Trading a annoncé la poursuite de son expansion sur le territoire national, avec l’ouverture imminente d’une succursale à Mbujimayi et d’une autre à Kinshasa d’ici fin mars 2026. Cette stratégie vise à atteindre l’objectif fixé : disposer de dix sièges opérationnels à travers le pays, afin d’atteindre un volume compris entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal et des recettes d’exportation de plus de 2 milliards de dollars.

À ce stade, l’entreprise compte cinq succursales pleinement opérationnelles, auxquelles s’ajoute celle de Bukavu, non fonctionnelle depuis l’occupation de la ville par les rebelles de l’AFC/M23 en mars 2025. L’atteinte de l’objectif haut de gamme, soit 18 tonnes, constitue un défi majeur, d’autant que depuis son entrée en service début 2023, DRC Gold Trading SA a exporté environ 10 tonnes d’or artisanal.

Une difficulté supplémentaire réside dans l’incertitude entourant la contribution de la succursale de Bukavu cette année, alors qu’elle représentait à elle seule plus de 90 % des exportations légales d’or artisanal entre 2023 et 2024, avec, en 2023, une moyenne mensuelle de plus de 420 kg en provenance du Sud-Kivu.

L’entreprise publique a toutefois ouvert une succursale à Kindu, dans le Maniema, qui compense partiellement le manque à gagner du Sud-Kivu. Avec une moyenne d’environ 114 kg d’or artisanal exporté chaque mois, cette province est devenue la première zone exportatrice du pays. À la fin du troisième trimestre 2025, elle représentait 34 % des exportations nationales d’or artisanal, pour un total de 683,67 kg, selon les données de la Cellule technique de coordination et de planification minière.

Timothée Manoke

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Posted On mardi, 13 janvier 2026 08:53 Written by

L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) a formalisé une décision majeure touchant directement la chaîne d’approvisionnement des entreprises minières en République démocratique du Congo. Dans une décision officielle rendue publique le 7 janvier 2026, le régulateur réserve désormais la fourniture de l’acide sulfurique, des réactifs chimiques et d’intrants assimilés aux seules entreprises de sous-traitance agréées, conformément à la loi n°17/001 relative à la sous-traitance dans le secteur privé.

Dans ce document, l’ARSP précise que la fourniture d’acide sulfurique, de chaux, de réactifs de flottation, d’extractants et d’autres produits chimiques utilisés dans le traitement des minerais constitue une activité de sous-traitance à part entière. À ce titre, elle ne peut plus être exercée directement par les sociétés minières ni par des entreprises non enregistrées dans le répertoire de l’ARSP.

L’ARSP justifie sa décision par la persistance de mécanismes de contournement de la loi sur la sous-traitance, qui auraient permis à des opérateurs non éligibles de capter un segment stratégique du secteur minier. Le régulateur rappelle que ces pratiques portent atteinte à l’objectif de la loi : garantir une participation effective des entreprises congolaises aux marchés générés par l’activité minière.

Désormais, toute société minière est tenue de s’approvisionner en acide et en réactifs exclusivement auprès de sous-traitants agréés par l’ARSP, sous peine de sanctions administratives prévues par les textes en vigueur.

Le choix de l’ARSP de cibler spécifiquement le marché de l’acide et des réactifs s’explique par leur rôle central dans les procédés de traitement des minerais, notamment du cuivre et du cobalt. Ces produits sont utilisés dans les procédés de lixiviation, qui permettent d’extraire les métaux des minerais.

Jusqu’ici, ces intrants étaient majoritairement fournis par des acteurs étrangers ou intégrés aux grandes sociétés minières, ce qui limitait l’accès des fournisseurs locaux et justifie l’orientation de la régulation vers les sous-traitants éligibles.

Cette décision s’inscrit dans la stratégie nationale de promotion du contenu local et de renforcement des PME congolaises. Elle vise à intégrer davantage les entreprises nationales dans la chaîne de valeur du secteur minier et à créer des emplois locaux.

Boaz Kabeya

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Posted On lundi, 12 janvier 2026 16:52 Written by

Rio Tinto et Glencore ont confirmé cette semaine être en discussions préliminaires concernant une possible fusion de certaines, voire de l’ensemble, de leurs activités. Les deux groupes insistent sur le caractère exploratoire de ces échanges et soulignent qu’aucune offre ferme n’a été formulée à ce stade, ni sur le principe, ni sur les modalités d’une éventuelle transaction.

L’évolution de ces discussions est suivie de près en République démocratique du Congo (RDC), où Glencore contrôle deux importantes mines de cuivre et de cobalt : Kamoto et Mutanda, détenues respectivement à 70 % et 95 % par la multinationale suisse. Leurs permis expirent respectivement en 2039 et 2037. Bien qu’en recul de 7 % et 10 % par rapport à 2023, ces deux sites ont produit 224 500 tonnes de cuivre et 35 100 tonnes de cobalt en 2024.

Dans leurs communications respectives, les deux entreprises précisent qu’il n’existe aucune certitude quant à l’aboutissement de ces discussions. Elles rappellent également que toute opération éventuelle resterait soumise à un cadre réglementaire strict.

Selon Glencore, le scénario actuellement envisagé consisterait en son acquisition par Rio Tinto, via un schéma d’arrangement approuvé par un tribunal, un mécanisme fréquemment utilisé pour ce type d’opérations au Royaume-Uni. Rio Tinto confirme, de son côté, la tenue de discussions préliminaires et indique se réserver la possibilité, le cas échéant, d’ajuster la forme et la composition de la contrepartie d’une éventuelle offre.

Sur le calendrier, le cadre est désormais clairement fixé. Rio Tinto a jusqu’au 5 février 2026, à 17 h (heure de Londres), pour annoncer soit une intention ferme de formuler une offre, soit son absence d’intention de le faire.

Marché favorable au cuivre, volatil pour le cobalt

« La structure d’une éventuelle fusion entre ces deux groupes (Rio Tinto et Glencore, NDLR) reste incertaine et serait probablement complexe, mais nous estimons qu’il existe une voie vers une création de valeur significative pour les deux parties », ont commenté des analystes de Jefferies, cités par Reuters. Selon l’agence de presse, l’opération pourrait néamoins donner naissance « au plus grand groupe minier mondial, avec une capitalisation boursière combinée proche de 207 milliards de dollars ».

Ces discussions surviennent dans un contexte particulier. Le cuivre a signé une année 2025 exceptionnelle, avec une hausse de prix de 44 % et un record à 12 960 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), porté par un dollar plus faible, la demande liée à l’intelligence artificielle et aux énergies renouvelables, ainsi que des perturbations minières. La dynamique reste favorable en 2026, selon les analystes.

Pour le cobalt, l’embargo sur les exportations imposé par la RDC a provoqué une hausse des prix de plus de 100 %, à 53 355 dollars la tonne au 31 décembre 2025. Mais le marché demeure exposé aux cycles de surproduction et à l’évolution technologique des batteries.

Dans ce paysage, la consolidation apparaît de plus en plus comme un levier pour sécuriser des volumes, mutualiser des investissements lourds et renforcer la résilience des groupes face à des cycles de marché devenus plus volatils. À titre d’illustration, le canadien Teck Resources et le britannique Anglo American ont été cités parmi les acteurs engagés dans des discussions de consolidation. Si elle se concrétise, cette opération pourrait créer l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de cuivre, avec une capitalisation boursière de plus de 50 milliards de dollars.

Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin

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Posted On vendredi, 09 janvier 2026 12:42 Written by

La République démocratique du Congo (RDC) avance vers la validation de sa stratégie nationale dédiée aux minéraux et métaux critiques. Le ministère des Mines a lancé, le 7 janvier 2026 à Lubumbashi (Haut-Katanga), les travaux de validation du projet de stratégie.

Prévues pour s’achever le 8 janvier, ces sessions doivent notamment examiner les orientations liées à la promotion de la transformation locale, au développement d’une industrialisation durable, au respect des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), à la mobilisation des énergies propres, au renforcement des capacités humaines et technologiques, ainsi qu’à l’amélioration de la gouvernance du secteur et au partage des bénéfices avec les communautés locales.

Selon le ministère des Mines, le projet de stratégie a été élaboré par des experts congolais et africains, avec l’appui de Southern Africa Resources Watch (SARW), partenaire technique et financier du secteur minier congolais depuis près de vingt ans.

Le document ambitionne de doter le pays d’un cadre opérationnel consensuel, orienté vers la diversification économique, l’industrialisation, la création d’emplois et la valorisation des ressources minières nationales.

Le ministère précise que cette étape s’inscrit dans un processus plus large d’élaboration d’une feuille de route visant à repositionner la RDC comme un acteur industriel majeur dans la chaîne de valeur mondiale des minéraux et métaux critiques, essentiels à la transition énergétique et à l’industrialisation verte.

Dans un rapport publié le 20 mars par le Natural Resource Governance Institute (NRGI), intitulé « La République démocratique du Congo face aux enjeux de la transition énergétique : transformer la richesse minière en levier de développement durable », les experts soulignent la nécessité pour la RDC de se doter d’un cadre stratégique cohérent afin de garantir une transition énergétique bénéfique aux populations.

Le rapport pointe notamment le déficit de coordination interinstitutionnelle, les conflits d’intérêts, la politisation de l’action publique et la faible inclusion des parties prenantes, des facteurs qui ont freiné l’émergence d’un cadre harmonisé entre les secteurs minier et énergétique.

La RDC demeure confrontée au défi de la transformation locale de ses ressources minières. D’après un rapport du réseau Publish What You Pay (PWYP), le pays dispose d’un potentiel significatif pour capter davantage de valeur ajoutée, dans un contexte marqué par une croissance soutenue de la demande mondiale en minerais stratégiques liée à la transition vers des économies à faibles émissions de carbone.

Ronsard Luabeya

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Posted On jeudi, 08 janvier 2026 18:26 Written by
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