Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable
Mines

Mines (285)

La transformation industrielle de la mine de coltan de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, nécessiterait un investissement compris entre 50 et 150 millions de dollars. Selon l’agence de presse Reuters, cette estimation figure dans la liste initiale de 25 actifs proposés aux investisseurs américains dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat stratégique sur les minerais critiques, signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis le 4 décembre dernier. D’après ce document, ces investissements permettraient d’accélérer une production commerciale structurée, avec un retour sur investissement jugé rapide en raison de la forte demande mondiale de tantale, métal stratégique extrait du coltan.

Selon les autorités congolaises, la mine de coltan de Rubaya présente un intérêt particulier pour Washington, dans le contexte des efforts américains visant à sécuriser des chaînes d’approvisionnement occidentales en matériaux critiques destinés aux industries électroniques, énergétiques et de défense. Le site est régulièrement présenté comme l’un des gisements de coltan les plus importants au monde. Il représenterait environ 15 % de la production mondiale de coltan, avec des teneurs en tantale comprises entre 20 % et 40 %.

Dans le cadre de l’accord entre Kinshasa et Washington, les entreprises américaines bénéficient d’un droit de première offre sur les actifs retenus. Bien avant la signature de cet accord, des groupes occidentaux avaient déjà manifesté leur intérêt pour le site. Selon Bloomberg, repris par plusieurs médias spécialisés, le négociant suisse Mercuria Energy Group et la société d’investissement TechMet, soutenue notamment par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), étudient la possibilité de développer et de moderniser l’exploitation du gisement de tantale situé près de Rubaya. Le Financial Times a également rapporté l’intérêt de l’homme d’affaires texan Gentry Beach, présenté comme proche de Donald Trump, à travers sa société America First Global.

Zone sous occupation

Malgré cette importance stratégique, l’exploitation du site reste largement artisanale et informelle. Ces conditions précaires sont régulièrement à l’origine d’accidents meurtriers. Dans un communiqué publié le 4 mars 2026, le ministère congolais des Mines a par exemple fait état d’un éboulement survenu le 3 mars sur les sites miniers de Rubaya, provoqué par de fortes pluies. Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de plus de 200 morts, dont environ 70 enfants, ainsi que de nombreux blessés évacués vers les structures sanitaires de Goma. Un nombre de victimes similaire avait déjà été évoqué après des éboulements de terrain survenus dans la mine fin janvier.

Dans ce contexte, l’industrialisation du site est présentée comme un moyen de sécuriser davantage l’exploitation et de réduire les risques humains, en remplaçant progressivement les pratiques artisanales par des opérations minières mieux encadrées. La concrétisation d’un tel projet reste toutefois conditionnée à une amélioration de la situation sécuritaire. Depuis avril 2024, la zone de Rubaya est passée sous le contrôle du mouvement rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Les experts des Nations unies ont indiqué que les minerais extraits dans la région sont en partie acheminés clandestinement vers le Rwanda, tandis que le groupe armé tirerait en moyenne 800 000 dollars par mois de la taxation de l’activité minière.

« Le développement des sites qui figurent sur la liste et se trouvent en zone occupée passe par le retrait des troupes rwandaises, tel que prévu dans l’accord de paix RDC-Rwanda conclu en juin 2025 », a indiqué, dans une interview accordée au journal Jeune Afrique en février dernier, le vice-Premier ministre congolais chargé de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, signataire pour son pays de l’accord stratégique avec les États-Unis.

Conscient de cela, Washington multiplie la pression sur Kigali. Le département du Trésor américain a annoncé, le 2 mars 2026, une nouvelle série de sanctions visant les Rwanda Defence Force (RDF) et quatre hauts responsables militaires. En 2025, les États-Unis avaient déjà sanctionné le groupe armé PARECO-FF, la Coopérative des artisans miniers du Congo (CDMC) et les entreprises chinoises East Rise Corporation et Star Dragon Corporation, accusés d’être impliqués dans le commerce illégal de minerais issus des sites de Rubaya.

Litige autour du permis

« Nous ne sommes pas les auteurs, mais les principales victimes », avait réagi la CDMC. L’entreprise avait par ailleurs accusé certains responsables congolais, « soutenus par des canaux diplomatiques et financiers opaques », de mener « un effort coordonné pour saper » la propriété de son permis minier à Rubaya.

Les registres miniers congolais indiquent que la Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA), entreprise publique, détient le permis couvrant la zone de Rubaya. Mais ces droits sont contestés par la CDMC, qui estime que la concession revient à sa filiale Congo Fair Mining (CFM), coentreprise formée avec SAKIMA, qui y détient 30 % de parts. Cette position est confortée par des décisions rendues, notamment les 30 avril et 4 septembre 2025, par le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative congolaise.

Le contrat de joint-venture portant création de CFM, signé en 2020 entre SAKIMA et la CDMC, prévoyait la signature d’un contrat de cession du permis d’exploitation de la mine de Rubaya entre CFM et l’entreprise publique. Ce document aurait été signé le 11 mars 2021, donnant lieu à l’inscription de la cession du permis dans le registre du Cadastre minier en date du 20 mai 2022.

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait indiqué à Bloomberg en octobre 2025 vouloir réunir les parties pour discuter de ce dossier. À ce stade, on ignore si cette réunion a effectivement eu lieu à ce jour. Mais Kinshasa a bien intégré le gisement de coltan de Rubaya dans la liste des actifs miniers stratégiques proposés aux investisseurs américains. L’enjeu, pour les autorités congolaises, est désormais double : sécuriser le site et lever les ambiguïtés juridiques afin de rendre possible une industrialisation effective.

Pierre Mukoko et Timothée Manoke

Lire aussi :

Conflit à l’est de la RDC : Washington sanctionne l’armée rwandaise pour son soutien au M23

Sanctions américaines : le minier congolais CDMC dénonce un complot

Mines : Kinshasa prolonge la fermeture de 38 sites pour limiter les revenus du M23

Conflit à l’est de la RDC : Washington sanctionne des responsables rwandais et du M23

Trafic de coltan en RDC : un rapport de l’ONU met en cause le Rwanda

Posted On vendredi, 06 mars 2026 10:32 Written by

Le 24 février 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu les responsables du Conseil congolais de la batterie (CCB), chef d’orchestre de la stratégie nationale « batteries », et du Centre du commerce international (ITC). Au centre de l’audience : « un partenariat stratégique visant à développer des chaînes locales de transformation des minerais destinés aux batteries ».

Selon la communication officielle diffusée à l’issue de la rencontre, l’initiative prévoit un appui technique de l’ITC et l’accès à son réseau international pour accompagner la transformation locale, en identifiant des partenariats public-privé et des marchés cibles. Le projet est présenté comme transversal, mobilisant l’énergie, les mines, l’industrie, les infrastructures et le commerce.

Derrière ce cadrage, Kinshasa cherche à réduire la distance entre ses minerais et les marchés. Le recours à l’ITC — agence onusienne spécialisée dans l’appui au commerce et l’intégration des pays en développement dans les chaînes de valeur — suggère une approche centrée sur l’accès aux débouchés, aux standards et aux réseaux de partenaires, alors que la stratégie « batteries » peine encore à se traduire en investissements industriels finalisés.

Défis de pilotage interministériel

En mars 2025, le ministre de l’Industrie et du Développement des PME de l’époque, Louis Watum Kabamba, avait lancé les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo (Lualaba), destinée à accueillir des activités allant des précurseurs aux batteries, avec une possible extension vers l’assemblage. La zone couvre plus de 900 hectares. Les travaux sont évalués à plus de 200 millions de dollars, et un objectif d’environ 2 milliards de dollars d’investissements privés est avancé, avec 25 000 emplois directs et 60 000 indirects attendus.

Mais la dynamique d’exécution reste lente. En novembre 2025, lors d’un échange avec le ministre des Mines actuel — Louis Watum Kabamba — à l’occasion du forum Makutano, le directeur général d’Arise IIP, développeur impliqué dans plusieurs ZES en RDC dont Musompo, a regretté un ralentissement du dossier. « Après le départ du ministre (de la tête du ministère de l’Industrie en août dernier), on a l’impression que les choses se sont un petit peu effritées », avait affirmé Romain Deniel.

Ce dernier a rappelé que la mise en place d’une zone économique spéciale « nécessite l’intervention de quatre, cinq, parfois six ministères » et suppose donc « une coordination importante ». Il a ajouté qu’au-delà du montage administratif, la chaîne de valeur des batteries est un segment « très stratégique » qui requiert aussi « l’assentiment des opérateurs qui sont présents », car le projet est susceptible d’« avoir un impact sur la chaîne de valeur ».

Levier ITC

Cette séquence résume un point central : la transformation locale ne dépend pas seulement de la volonté politique ou des études techniques, mais de la capacité de l’État à maintenir un pilotage interministériel stable — mines, énergie, industrie, finances, infrastructures — et à composer avec les équilibres d’un secteur minier déjà structuré autour de chaînes d’exportation et d’acteurs dominants. Les arbitrages portent autant sur l’accès à l’énergie et aux infrastructures que sur les incitations fiscales, les exigences de contenu local, les conditions d’approvisionnement et la place des opérateurs existants dans le futur modèle industriel.

Dans ce contexte, la coopération annoncée avec l’ITC apparaît comme un levier complémentaire : pendant que les projets industriels cherchent encore leur vitesse de croisière, Kinshasa tente de sécuriser un autre maillon critique — l’accès aux marchés et aux partenaires. L’ITC pourrait contribuer à clarifier les débouchés, les normes et les exigences de traçabilité, à identifier des partenaires industriels ou financiers, et à structurer des chaînes de valeur compatibles avec les attentes des marchés internationaux. L’enjeu, pour la RDC, est d’éviter que la stratégie « batteries » reste cantonnée à des annonces de zones industrielles et de l’arrimer à des opportunités commerciales et industrielles concrètes.

Reste une inconnue majeure : le contenu opérationnel de ce partenariat. La communication officielle évoque un appui technique et un accès au réseau international de l’ITC, mais ne précise ni calendrier, ni livrables, ni volumes, ni segments industriels visés (raffinage, précurseurs, composants, assemblage).

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

Lire aussi :

Véhicules électriques : la RDC lance l’aménagement de sa zone économique spéciale

Le FPI sollicité pour rejoindre le capital des ZES de Kin-Malebo, Musompo et Banana

ZES Kin-Malebo : 80 % des travaux de la première phase déjà réalisés

Posted On jeudi, 26 février 2026 17:26 Written by

Un mois après la signature d’un second contrat de 297,8 millions de dollars avec le ministère des Mines, Xcalibur Multiphysics Group s’apprête à déployer la deuxième phase du projet de cartographie géophysique aéroportée et géologique en République démocratique du Congo (RDC).

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé, le 23 février 2026, la première réunion du comité de pilotage en présence des représentants de Xcalibur. Les échanges ont porté sur les orientations techniques, le calendrier d’exécution et les préalables au déploiement, notamment la mobilisation des équipements, la conformité administrative et le respect des procédures établies. Ces éléments n’ont toutefois pas fait l’objet d’une communication détaillée.

Mis en place pour assurer le suivi du programme, le comité de pilotage devra veiller au lancement effectif des travaux, au respect des procédures financières et au recrutement d’un consultant indépendant chargé du contrôle qualité. Une campagne de sensibilisation est également annoncée.

Le ministère rappelle que la phase B vise à moderniser la cartographie géologique nationale, à renforcer la gouvernance des données géoscientifiques, à réduire le risque exploratoire et à consolider les capacités techniques locales.

Prévu sur trois ans, le programme couvrira les provinces du Kasaï, du Kwango, du Kongo Central et du Katanga, soit plus de 700 000 km². Il prévoit une densification des levés géophysiques dans les zones identifiées lors de la phase A, ainsi que des investigations approfondies sur les anomalies détectées. Des levés magnétiques et radiométriques seront réalisés sur le reste du territoire, tandis que des levés gravimétriques standards cibleront la Cuvette centrale pour les ressources en gaz et pétrole. Une cartographie géologique et géochimique à des échelles plus détaillées est également programmée.

Six à huit aéronefs à déployer

Le projet comprend un volet de renforcement des capacités, la mise en exploitation complète du système d’information géographique (SIG) pour la valorisation des données, ainsi que la construction d’un laboratoire d’analyses chimiques, pétrographiques et métallogéniques.

Sur le plan opérationnel, Xcalibur prévoit de parcourir plus de 2,7 millions de kilomètres linéaires, selon des lignes de vol espacées de 250 mètres, afin de produire des données à haute résolution sur des zones géologiquement diversifiées. L’entreprise ambitionne de déployer progressivement six à huit aéronefs dédiés au programme.

Durant la saison sèche, un avion équipé du système Tempest sera mobilisé à plein temps pour acquérir plus de 300 000 kilomètres linéaires de données électromagnétiques, avec un espacement de 2,5 kilomètres entre les lignes.

L’ensemble des données aéroportées et terrestres sera intégré à XENAI, la plateforme d’intelligence artificielle de Xcalibur Smart Mapping. Selon l’entreprise, cet outil permet un accès sécurisé à des ensembles de données géoscientifiques multicouches ainsi que l’application d’algorithmes avancés d’analyse et d’apprentissage automatique.

Ces traitements doivent aboutir à des rapports intégrés d’interprétation et de prospectivité, à l’identification de cibles géologiques prioritaires et à la mise à disposition d’une base factuelle pour la planification nationale et la promotion d’investissements responsables. Les données produites resteront la propriété du Service géologique et du gouvernement congolais, qui en détermineront les modalités d’utilisation et de diffusion.

Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Cartographie minière : Xcalibur décroche un 2e contrat à 298 millions $ en RDC 

Posted On mardi, 24 février 2026 17:08 Written by

Trois entreprises minières publiques de la République démocratique du Congo (RDC) ont enregistré des changements de leadership à la suite d’ordonnances présidentielles lues le 23 février 2026 à la télévision publique. Les nominations concernent la Société aurifère du Kivu et du Maniema (Sakima), la Société de Kilo-Moto (Sokimo) et la Générale des carrières et des mines (Gécamines).

À la Sakima, Guy Robert Lukama est nommé directeur général en remplacement de Fidèle Babala Wandu. Ancien banquier ayant exercé en RDC et en Belgique, il évolue depuis plusieurs années dans le secteur minier. Il occupait, depuis février 2023, la présidence du conseil d’administration de la Gécamines. Il sera épaulé par Théodore Ngwama, nommé directeur général adjoint. Le conseil d’administration de la Sakima est désormais présidé par Mokolo Kamuena Kanana.

Ces désignations interviennent alors que l’entreprise, engagée depuis 2024 dans un processus de relance, poursuit une restructuration technique, sociale et financière. La société détient 47 permis d’exploitation situés dans les provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que cinq centrales hydroélectriques.

La direction générale de la Sokimo a été confiée à Yannick Nzonde Mulundu, en remplacement de Pistis Bonongo. Entrepreneur, il est fondateur de Mulundu Investment Holdings et de Chi Groupe, et a été cité en 2018 par Forbes Africa parmi de jeunes entrepreneurs à fort potentiel. Placide Nkala est nommé directeur général adjoint. François Kakese prend la présidence du conseil d’administration.

Courant 2024, la Sokimo a relancé ses activités minières après plusieurs années d’inactivité. Dans ce contexte, la nouvelle équipe devra relever des défis majeurs, notamment la gestion efficace des ressources et la modernisation des infrastructures de production.

À la Gécamines, Baraka Kabemba est désigné directeur général. Consultant de carrière, il était associé au cabinet Ernst & Young (EY), où il dirigeait les activités de conseil en Afrique centrale (pays de la zone CEMAC et RDC). Il était aussi responsable du secteur Énergie, mines incluses. Il sera assisté de Jacques Masangu, directeur général adjoint chargé des opérations financières, et de Ludovic Monga, directeur général adjoint en charge des opérations minières et du développement, tous deux maintenus à leur poste. La présidence du conseil d’administration de la Gécamines revient à Deogratias Ngele Masudi, ancien secrétaire général de l’entreprise jusqu’en 2021 et ex-ministre de la Justice.

Ces nominations interviennent dans un contexte de repositionnement stratégique des entreprises minières publiques. La Gécamines, en particulier, est appelée à jouer un rôle important dans la mise en œuvre du partenariat stratégique RDC–États-Unis, conclu le 4 décembre 2025 et axé sur les minerais critiques. En mai 2025, Deogratias Ngele Masudi et Baraka Kabemba avaient été désignés membres de la cellule de coordination stratégique chargée de piloter ce partenariat.

Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Trading des minerais : deux accords avec Glencore renforcent la position de Gécamines

Minerais critiques, sécurité, fiscalité… : ce que prévoit l’accord RDC–États-Unis

Sanctions américaines : le minier congolais CDMC dénonce un complot

Or : Kibali enregistre un chiffre d’affaires record de 2,3 milliards de dollars en 2025

Posted On mardi, 24 février 2026 12:11 Written by

La Société Anhui Congo d’investissement minier (Sacim) a réalisé une première vente publique de 288 000 carats de diamants industriels à Anvers, en Belgique. L’information a été confirmée par le Consulat général de la République démocratique du Congo basé dans la ville.

Organisée du 16 au 20 février 2026, la vente a bénéficié de la coordination technique de la société belge Samir Gems, active dans le négoce de diamants et de bijoux, ainsi que de l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC). Au total, 67 entreprises internationales ont pris part à l’opération. Les principaux acheteurs provenaient de Chine, d’Inde, des États-Unis et d’Italie.

Selon le Consulat, cette transaction marque le « retour des diamants industriels congolais sur le marché anversois après plus de dix ans d’interruption ». Mais cette interruption ne concernerait pas l’ensemble du pays : la Belgique apparaît, par exemple, parmi les importateurs de diamants industriels congolais dans les statistiques officielles de 2024 et 2025, avec respectivement 3,96 millions et 1,7 million de carats.

Le Consulat précise qu’une réunion technique entre les responsables de la Sacim, Samir Gems et l’AWDC a permis d’établir un calendrier annuel des prochaines ventes publiques, assorti d’un dispositif d’accompagnement technique et institutionnel destiné à consolider durablement la présence des diamants congolais sur ce marché stratégique.

Cette opération intervient huit mois après la libéralisation de la commercialisation des diamants par les producteurs congolais. En juin 2025, le ministre des Mines d’alors, Kizito Pakabomba, avait abrogé l’arrêté ministériel de 2022 qui encadrait les ventes de substances minérales supervisées par le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).

Ce cadre limitait les producteurs à une liste restreinte d’acheteurs, susceptible d’influencer les prix. Acteur majeur du secteur diamantifère congolais, la Sacim se considérait parmi les entreprises les plus affectées par ce dispositif.

Les conditions de la vente d’Anvers n’ont pas été publiées. Mais les statistiques minières officielles de 2025 montrent une amélioration du prix moyen de vente enregistré par la Sacim : en 2024, alors que le prix moyen se situait à 9,63 dollars le carat, la Sacim affichait un prix moyen de 11,38 dollars. En 2025, la société est parvenue à se maintenir à 11 dollars alors que le prix moyen est tombé à 7,4 dollars le carat. Il faut dire que les prix des diamants naturels sont en baisse continue depuis plusieurs années.

Selon les données officielles, les exportations de la Sacim, détenue à parts égales par le groupe chinois Anhui Foreign Economic Construction Corporation (AFECC) et l’État congolais, ont néanmoins été divisées par deux, passant de 2 887 100,25 carats en 2024 à 1 151 865,58 carats en 2025. L’entreprise n’a contribué qu’à hauteur de 13,5 % à la production nationale totale, avec à peine 1,1 million de carats produits.

Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Dotation communautaire : la SACIM menacée de suspension pour 700 000 $ d’impayés

SACIM : le coup de pression de Ngoyi Kasanji pour plus de résultats

Diamants : la commercialisation de nouveau libéralisée en RDC

Diamant : la RDC dans la coalition africaine contre la montée du synthétique

Diamant : la production de la RDC chute de 26 % au premier trimestre 2025

Posted On lundi, 23 février 2026 14:11 Written by

La province de la Tshopo, située au centre-nord de la République démocratique du Congo, devient officiellement exportatrice d’or issu de l’exploitation artisanale. Elle figure dans les statistiques minières de 2025, publiées le 3 février dernier.

Selon ces données, présentées comme « provisoires et partielles », la Tshopo aurait exporté à elle seule un total de 125,26 kilogrammes d’or en l’espace de cinq mois. Ces résultats pourraient s’expliquer par l’implantation dans la province de DRC Gold Trading, l’entreprise publique chargée de canaliser et d’exporter l’or artisanal congolais. Ses communications mentionnent désormais Kisangani, chef-lieu de la province, parmi les localités où elle dispose d’une implantation opérationnelle, sans toutefois préciser la date exacte d’ouverture de cette succursale.

L’installation de ce bureau avait été annoncée dès juin 2025 par le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, dans un contexte de volonté affichée d’encadrer strictement la commercialisation de l’or, de lutter contre la fraude et d’assurer des recettes à la province. Les autorités provinciales avaient alors mis en avant la nécessité de faire transiter les transactions par des comptoirs agréés et de bancariser les opérations.

Cette évolution intervient dans un secteur minier provincial marqué par des dysfonctionnements. En janvier 2025, le gouvernement provincial avait annoncé la suspension des activités minières afin d’obliger les entreprises à se faire enregistrer auprès des services compétents. Sur 142 sociétés identifiées comme opérant dans la province, le ministre provincial des Mines indiquait qu’une seule était en ordre à cette date, les autres étant accusées d’opérer sans respecter les exigences légales.

Selon Actualité.cd, des membres de la société civile dans différents territoires de la province ont également signalé, en février 2025, la présence d’exploitants de nationalités étrangères opérant dans l’illégalité et nouant des partenariats avec des coopératives locales.

Pourtant, selon les données du ministère des Mines, la Tshopo compte quatre coopératives actives dans la filière aurifère artisanale, dont deux disposent du statut « en production ». Malgré cette activité déclarée, la province restait absente des statistiques nationales officielles jusqu’en 2025.

Par ailleurs, certaines maisons d’achat déclaraient des volumes mensuels de l’ordre de 10 grammes, des niveaux jugés peu cohérents avec les coûts de fonctionnement affichés. Les autorités provinciales soupçonnent qu’une partie des flux aurifères échappe au circuit formel et soit exportée illicitement vers l’Ouganda, un pays régulièrement cité dans les circuits régionaux de contrebande d’or.

Timothée Manoke 

Lire aussi :

Haut-Katanga : DRC Gold Trading exporte plus de 20 kg d’or artisanal en quelques jours

Or artisanal : DRC Gold Trading vise plus de 2 milliards $ de recettes en 2026

Posted On lundi, 23 février 2026 11:58 Written by

Deux ans après les tensions de 2024 qui ont abouti à la signature d’un accord transactionnel avec l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Kibali Gold Mine (KGM), premier producteur d’or de la République démocratique du Congo (RDC), est de nouveau visée. Dans une décision signée le 17 février 2026 par son directeur général, Miguel Kashal, le régulateur ordonne l’annulation de plusieurs contrats de sous-traitance conclus par l’entreprise, qui exploite la mine d’or de Kibali dans la province du Haut-Uélé, avec trois prestataires : KMS SAU, Boart Longyear SAU et TAI Services SAS.

Pour l’ARSP, KMS SAU et Boart Longyear SAU ne sont pas des entreprises à capitaux congolais et, de ce fait, ne remplissent pas les conditions d’éligibilité prévues à l’article 6 de la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance. Peu d’informations sont disponibles sur KMS, mais Boart Longyear est un groupe d’origine australienne spécialisé dans le forage minier (exploration et production), les services géotechniques, ainsi que la fourniture d’équipements et de technologies de forage.

Selon le régulateur, Boart Longyear, présent en Australie, en Afrique et dans les Amériques, s’est vu accorder une dérogation en septembre 2024. L’ARSP estime toutefois que les conditions attachées à cette dérogation, notamment en matière de transfert de technologies, n’auraient pas été respectées.

Le cas de TAI Services SAS est distinct. L’ARSP soutient que le contrat relatif à la centrale d’achat institue cette société en « intermédiaire commercial » entre Kibali et des entrepreneurs congolais, situation qui aurait entraîné des tensions au sein des communautés autochtones du territoire de Watsa où est localisée la mine. La décision précise qu’un tel mécanisme, incluant la perception d’une commission en pourcentage sur les marchés attribués à des sous-traitants locaux, « contrevient aux exigences du contenu local ». Le régulateur rappelle que le lien contractuel doit être direct entre l’entreprise principale et le sous-traitant éligible.

Améliorations

La décision du 17 février s’inscrit dans la continuité d’un premier épisode survenu en janvier 2024, lorsque l’ARSP avait menacé de fermer la mine et annoncé des poursuites visant une société de sous-traitance, TCFF, accusée de capter l’essentiel des marchés et de percevoir des commissions. À l’issue des discussions, un accord transactionnel avait été signé entre l’ARSP et Kibali.

À l’époque, le régulateur avait annoncé l’ouverture de plus de 390 marchés aux sous-traitants éligibles et mis en avant une reconfiguration du dispositif contractuel. Barrick Mining, opérateur de la mine de Kibali, avait, de son côté, affirmé dans un communiqué publié le 1er mars 2024 travailler « avec l’ARSP sur une série d’initiatives de contenu local ». On peut aujourd’hui dire que cette collaboration n’a pas garanti un respect intégral et constant de la loi.

On peut néanmoins constater que les faits reprochés aujourd’hui à Kibali sont moins graves. En 2024, la compagnie minière était accusée d’avoir mis en place un système de prête-nom afin de réaliser elle-même les travaux de sous-traitance de ses propres activités de production. « On conclut noir sur blanc que TCFF n'est d'autre que Kibali Gold déguisé », affirmait Miguel Kashal. En 2026, il n’est plus question d’un système de captage généralisé des marchés de sous-traitance, mais de quelques cas de non-conformité.

Une mine stratégique

La décision du 17 février repose sur le rapport de la mission de contrôle menée en novembre 2025. À cette occasion, le directeur général de Kibali Gold s’était engagé à mettre en œuvre ses recommandations. « Nous avons une mission de contrôle qui est présentement ici à Kibali (...). Pour ce qui demandera des améliorations, nous allons travailler avec l’ARSP ainsi que l’autorité provinciale pour voir comment apporter ces améliorations et, pour les actions qui vont déjà dans le bon sens, nous allons voir comment optimiser », avait indiqué Cyrille Mutombo.

Afin d’éviter toute perturbation brutale des opérations, l’ARSP prévoit une période de transition permettant le lancement de nouveaux appels d’offres conformément à la loi.

Seule entreprise industrielle du Haut-Uélé, Kibali est importante pour le développement économique de la province, et même du pays. En juillet 2025, Barrick affirmait, dans un communiqué, que 3,1 milliards de dollars avaient été versés à des contractants et partenaires locaux depuis 2009. Le groupe a indiqué soutenir plus de 700 entreprises congolaises et souligné que les appels d’offres de Kibali étaient publiés conjointement avec l’ARSP. Il précisait déjà, en mars 2024, que 95 % des plus de 6 500 employés de la mine étaient Congolais.

Kibali est aussi un pilier économique majeur pour ses actionnaires : Barrick Mining (45 %), AngloGold Ashanti (45 %) et l’entreprise publique Sokimo (10 %). La mine d’or a enregistré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 40 % par rapport à 2024. Cette progression s’est, par exemple, traduite par une amélioration (+67 %) de la contribution de Kibali aux résultats de Barrick, passée de 316 millions en 2024 à 527 millions de dollars en 2025, malgré une hausse des charges de 13 %.

Pierre Mukoko et Timothée Manoke 

Lire aussi :

Or : Kibali enregistre un chiffre d’affaires record de 2,3 milliards de dollars en 2025

Secteur minier : l’approvisionnement en acide et réactifs bascule vers la sous - traitance

Sous-traitance : Rawbank, l’ARSP et le FOGEC lancent des prêts jusqu’à 1 million $

Posted On samedi, 21 février 2026 15:05 Written by

La mine de cuivre de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, a clôturé l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de 3,28 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport aux 3,11 milliards de dollars enregistrés en 2024, selon les résultats annuels publiés le 18 février 2026 par son opérateur, Ivanhoe Mines.

Cette progression des revenus intervient malgré une baisse de la production et des ventes consécutive à l’événement sismique survenu en mai 2025. En 2025, Kamoa-Kakula a vendu 351 674 tonnes de cuivre, contre 396 972 tonnes en 2024, soit un recul de 11,4 %. La production a enregistré une contraction comparable, passant de 437 061 tonnes à 388 841 tonnes.

La hausse des prix du cuivre a toutefois atténué l’impact de ce repli. Le prix moyen réalisé s’est établi à 4,40 dollars la livre (environ 9 700 dollars la tonne) en 2025, contre 4,09 dollars l’année précédente, soit une augmentation de 7,6 %.

Sur le plan opérationnel, Kamoa-Kakula a enregistré un EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciation) de 1,45 milliard de dollars en 2025, soit une marge de 44 %, contre 1,81 milliard de dollars et une marge de 58 % en 2024.

Baisse du bénéfice

La pression sur la rentabilité s’explique notamment par une hausse significative des coûts. Le coût des ventes est passé de 1,71 dollar la livre en 2024 à 2,82 dollars en 2025 (soit environ 3 770 dollars la tonne contre 6 220 dollars la tonne). Malgré un prix moyen du cuivre en hausse, cette progression des charges de plus de 65 % a réduit l’écart entre prix de vente et coût de production, pesant mécaniquement sur la rentabilité.

En conséquence, le bénéfice net après impôts a reculé de 56,6 %, passant de 776,9 millions à 439,7 millions de dollars, malgré une baisse des charges fiscales, passées de 345,5 millions de dollars en 2024 à 317,7 millions de dollars en 2025.

En 2026, la production maximale de Kamoa-Kakula est projetée à 420 000 tonnes. Malgré cette prévision identique à celle de 2025, Ivanhoe prévoit une augmentation des ventes d’environ 30 000 tonnes, grâce à la commercialisation des stocks invendus. Le chiffre d’affaires pourrait ainsi encore progresser, la compagnie anticipant « des prix du cuivre proches de niveaux records ».

Pour rappel, Ivanhoe Mines et son partenaire chinois Zijin Mining détiennent chacun 39,6 % du capital de Kamoa-Kakula, tandis que l’État congolais en possède 20 % et Crystal River 0,8 %, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.

Pierre Mukoko

Lire aussi :

Kamoa-Kakula : vers un maintien des revenus à 3 milliards $ malgré l’incident sismique

Kamoa-Kakula : l’objectif de 500 000 tonnes repoussé à 2027

Posted On vendredi, 20 février 2026 08:59 Written by

La Belgique, la République démocratique du Congo (RDC) et la société américaine KoBold Metals s’opposent sur l’accès à des archives géologiques de l’époque coloniale conservées au Musée royal de l’Afrique centrale (AfricaMuseum), à Tervuren. Selon plusieurs médias belges, les autorités de Bruxelles refusent de permettre à KoBold de mener, dans les conditions prévues par Kinshasa, la numérisation de ce fonds documentaire, présenté comme stratégique pour l’exploration minière.

L’accord RDC–KoBold, signé à Kinshasa le 17 juillet 2025, fixe explicitement comme objectif de « fournir un accès public et gratuit aux données géoscientifiques historiques via le Service géologique national du Congo (SGNC) ». Le texte prévoit également que KoBold « déploiera une équipe aux archives géologiques de la RDC conservées au Musée royal de l’Afrique centrale pour commencer la numérisation des documents avant le 31 juillet 2025 ».

Mais sept mois plus tard, cette numérisation n’a toujours pas débuté. Et pour cause : les autorités belges s’opposent au déploiement de l’équipe de KoBold, estimant que des archives publiques fédérales ne peuvent être confiées à une entreprise privée étrangère sans relation contractuelle avec l’État belge. « Nous ne pouvons pas déléguer la gestion complète de l’archivage de nos documents à une entreprise privée », en dehors du cadre juridique belge et européen, explique le directeur de l’AfricaMuseum, Bart Ouvry.

Pour justifier sa position, la Belgique met également en avant un programme de numérisation déjà en cours, financé par l’Union européenne. Ce projet prévoit une digitalisation progressive des archives sur plusieurs années, avec transmission graduelle des copies aux autorités congolaises. Selon les responsables du musée, ce programme s’étalerait sur quatre à cinq ans, avec un aboutissement envisagé à l’horizon 2031. Les données seraient ensuite rendues accessibles selon un cadre convenu entre les institutions concernées, notamment le SGNC.

Contrôle des données géologiques

Les archives de Tervuren sont décrites comme un ensemble massif de cartes, rapports et relevés techniques couvrant près de 500 mètres linéaires de documents. Pour KoBold, spécialisée dans l’exploration assistée par intelligence artificielle, ces données constituent une matière première essentielle pour le lancement de son programme d’« exploration minérale à grande échelle » prévu dans l’accord avec la RDC. L’accès rapide aux données historiques permettrait, en effet, de réduire le risque géologique et d’orienter les investissements.

L’accord relie cette démarche à une stratégie plus large d’exploration et d’investissements américains en RDC. Il mentionne la volonté d’« attirer davantage d’investissements du secteur privé américain, notamment dans le secteur des minéraux critiques », et fait référence à des « chaînes d’approvisionnement sécurisées vers les États-Unis » dans le cadre d’initiatives régionales telles que le corridor de Lobito. Une démarche renforcée par le partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington en décembre dernier.

Officiellement, Bruxelles invoque le statut public des archives et l’absence de cadre contractuel direct avec l’État belge. Mais en promouvant un programme européen déjà engagé et en refusant une intervention directe de KoBold, la Belgique conserve de facto la maîtrise du rythme et des conditions de mise à disposition de données décrites comme stratégiques.

Dans un contexte de compétition internationale autour des minerais critiques, le différend sur les archives coloniales dépasse donc la simple question administrative. Il illustre une réalité: le contrôle des données géologiques est désormais au cœur des rapports de force autour des ressources critiques de la RDC.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

Lire aussi :

Lithium de Manono : l’Américain KoBold Metals obtient plusieurs permis de recherche

Prospection minière : la RDC prend un virage technologique avec KoBold et Solafune

Minerais critiques, sécurité, fiscalité… : ce que prévoit l’accord RDC–États-Unis

Posted On vendredi, 20 février 2026 02:44 Written by

En l’espace de quelques jours, Gécamines et Glencore ont conclu deux accords qui permettront à l’entreprise publique d’augmenter significativement son offre de vente de cuivre et de cobalt. Les deux accords concernent Kamoto Copper Company (KCC), une mine détenue à 70 % par le géant anglo-suisse des matières premières et à 30 % par Gécamines.

Le premier document, signé en marge du Mining Indaba tenu du 9 au 12 février 2026 à Cape Town (Afrique du Sud), accorde à Gécamines le droit de vendre elle-même la production lui revenant, à concurrence de sa participation dans KCC. Le second accord, annoncé le 18 février, doit permettre d’augmenter la production de la mine et de prolonger sa durée de vie.

Selon le communiqué publié par Glencore, ce second accord — dont la finalisation est attendue dans les prochains mois, après l’enregistrement des contrats de bail des titres miniers au Cadastre minier — garantit à KCC un accès à des terres. Une nécessité pour « libérer pleinement le potentiel de KCC en améliorant l’efficacité de la mine, des installations et d’autres infrastructures clés », affirme Mark Davis, directeur des opérations de Glencore pour la région Cuivre Afrique.

Concrètement, précise Mark Davis, cet accès devrait aider KCC à atteindre un objectif de production de cuivre à long terme d’environ 300 000 tonnes par an, contre moins de 200 000 tonnes actuellement, et à prolonger la durée de vie de la mine jusqu’au milieu des années 2040. Une perspective qui garantirait à Gécamines environ 90 000 tonnes de cuivre par an, ainsi qu’une quantité significative de cobalt.

Disposant déjà de volumes suffisants pour satisfaire les quotas d’exportation qui lui ont été attribués pour 2026 et 2027, Glencore a indiqué privilégier la production de cuivre. Mais cette orientation ne devrait pas durer au-delà de deux ans. « Pour 2028 et les années suivantes, nous supposons des niveaux de prix et de paiement similaires à ceux du quatrième trimestre 2025, ainsi que la capacité de commercialiser la quasi-totalité de notre production de cobalt », indique l’entreprise dans son rapport 2025 sur les ressources et réserves. À KCC, cette production dépasse généralement les 30 000 tonnes et devrait également augmenter avec la montée en puissance de la mine.

Avec ces accords, Gécamines renforce davantage ses positions dans le trading de minerais, un segment où elle était jusqu’à récemment peu présente. Avant Glencore, l’entreprise publique a conclu, cette année, d’autres accords lui donnant le droit de commercialiser la part de production correspondant à sa participation dans plusieurs mines. C’est notamment le cas à Tenke Fungurume Mining (TFM). Contrôlée à 80 % par le groupe chinois CMOC et à 20 % par Gécamines, TFM produit plus de 400 000 tonnes de cuivre et autour de 25 000 tonnes de cobalt par an.

Gécamines est aussi en discussions avancées avec Ivanhoe Mines en vue de la conclusion d’un accord qui lui donnerait le droit de commercialiser jusqu’à 50 % de la production de la mine de zinc de Kipushi, alors qu’elle n’y détient qu’une participation de 38 %, contre 62 % pour l’entreprise canadienne. Pour l’année 2026, la production de la mine est attendue entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc, confirmant son positionnement parmi les sites majeurs du marché mondial.

Pierre Mukoko

Lire aussi :

Minerais critiques : Project Vault, une opportunité en milliards $ pour Gécamines Trading

Cuivre de TFM : Gécamines veut orienter 100 000 tonnes vers les États-Unis en 2026

Ventes des minerais critiques : vers une coentreprise Gécamines-Mercuria-DFC

Posted On jeudi, 19 février 2026 13:39 Written by
Page 1 sur 21

 
 

Please publish modules in offcanvas position.