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Le ministère des Mines a annoncé, le 2 juin 2026, la suspension à titre conservatoire de toutes les activités minières exercées dans les zones contiguës au parc national de la Maiko, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cette décision intervient après des constats effectués par les services techniques des ministères des Mines et de l’Environnement, à la suite d’une correspondance de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN).

Dans ce courrier, l’ICCN signalait que deux entreprises minières, Stone Mining SARLU et Xin Hong Kuang Ye SARL, titulaires respectivement des permis de recherche n°16591 et n°16594, menaient des activités à proximité des limites du parc national de la Maiko.

Selon le ministère des Mines, les échanges entre les administrations concernées ont mis en évidence plusieurs préoccupations. Les deux sociétés sont notamment soupçonnées d’utiliser abusivement leurs permis de recherche pour mener des activités assimilées à de l’exploitation minière, en violation des dispositions du Code minier et du Règlement minier.

Une mission annoncée

Les autorités évoquent également une possible violation de la législation relative à la conservation de la nature, qui interdit les activités incompatibles avec la protection des aires protégées. Le ministère rappelle que les activités concernées se déroulent dans des zones sensibles, proches d’un parc national.

Le communiqué fait aussi état de l’intrusion d’individus armés non autrement identifiés dans les périmètres couverts par les permis visés. Cet élément ajoute une dimension sécuritaire à un dossier déjà marqué par des enjeux environnementaux et miniers.

Face à ces constats, le ministère des Mines a décidé de suspendre, à titre conservatoire, les activités minières dans les périmètres concernés. Cette mesure vise, selon les autorités, à préserver les ressources naturelles et les aires protégées en attendant une évaluation plus complète de la situation.

Une mission mixte regroupant les services spécialisés des ministères de l’Intérieur, de la Défense, de l’Environnement et des Mines doit être dépêchée dans les prochains jours. Elle aura pour mandat d’évaluer la situation sur le terrain et de proposer les mesures appropriées.

Boaz Kabeya

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Posted On mercredi, 03 juin 2026 17:26 Written by

La grève déclenchée le 1er juin 2026 par les travailleurs de Tenke Fungurume Mining (TFM) fait peser un risque sur l’un des principaux sites de production de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo. Au cœur du conflit : la contestation de la nouvelle convention collective signée entre la direction de l’entreprise et la délégation syndicale.

Selon des informations relayées par Radio Okapi, les employés poursuivent leur mouvement dans la province du Lualaba, estimant que l’accord conclu ne reflète pas suffisamment leurs revendications salariales et sociales. Ils dénoncent également un processus de négociation jugé peu inclusif.

Dans un mémorandum adressé le 2 juin 2026 au directeur général de TFM, les grévistes accusent la délégation syndicale d’avoir finalisé la révision de la convention collective sans consultation préalable de la base des travailleurs.

Les revendications portent notamment sur la revalorisation du salaire de base, le paiement intégral des heures supplémentaires et l’amélioration générale des conditions de travail. Les agents réclament aussi une indemnité de logement équivalente à 30 % du salaire net, une allocation scolaire de 85 dollars par enfant, une meilleure couverture médicale ainsi qu’une prime de fin de négociation de 1 500 dollars.

Le mouvement a déjà provoqué des perturbations sur le site. Selon Radio Okapi, plusieurs machines industrielles seraient à l’arrêt. Des sources locales font également état de blocages de certaines voies d’accès au site minier, destinés à empêcher les travailleurs favorables à la reprise des activités d’accéder à leurs postes.

Site stratégique

L’enjeu dépasse le seul conflit social interne. TFM, filiale du groupe chinois CMOC, figure parmi les actifs miniers les plus stratégiques du pays. Selon les statistiques minières 2025 de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), l’entreprise a produit 509 352 tonnes de cuivre et 32 551 tonnes de cobalt en 2025.

Ces volumes représentent environ 14,6 % de la production nationale de cuivre et près du tiers de la production congolaise de cobalt, même si les données nationales de cobalt publiées par la CTCPM sont en décalage avec les chiffres consolidés communiqués par CMOC pour l’ensemble de ses opérations en RDC. D’après les données du groupe chinois, ses opérations en RDC ont produit environ 741 100 tonnes de cuivre et 117 500 tonnes de cobalt en 2025, pour un chiffre d’affaires de 61,3 milliards de yuans, soit environ 8,6 milliards de dollars américains, en hausse de 21,15 % sur un an.

Toute perturbation prolongée des activités de TFM pourrait donc avoir des effets significatifs sur la production minière du pays, mais aussi sur les performances du groupe CMOC en RDC. À ce stade, aucune communication officielle détaillée de la direction de TFM n’a été rendue publique concernant les revendications des travailleurs, l’ampleur exacte de l’impact sur la production ou les modalités de reprise du dialogue social.

La poursuite du mouvement social place donc l’entreprise face à un double enjeu : contenir les perturbations opérationnelles sur un site majeur de cuivre-cobalt et renouer le dialogue autour d’une convention collective contestée par une partie des travailleurs.

Ronsard Luabeya

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Posted On mercredi, 03 juin 2026 16:42 Written by

La Commission économique pour l’Afrique (CEA) lance, ce 2 juin 2026 à Lusaka, en Zambie, un programme régional destiné à favoriser le développement de chaînes de valeur responsables autour des minerais critiques de la transition énergétique dans la région de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

Mis en œuvre dans six pays sur une période de cinq ans, ce projet concerne la République démocratique du Congo, la Zambie, le Zimbabwe, la Namibie, le Mozambique et l’Afrique du Sud. Il vise à renforcer la transformation locale des minerais, soutenir l’émergence de nouvelles industries, améliorer le partage des bénéfices issus de l’exploitation minière et mieux encadrer les impacts environnementaux et sociaux du secteur.

Financé par l’Initiative internationale pour le climat (IKI) du gouvernement allemand, le programme bénéficie d’une enveloppe d’environ 15,03 millions d’euros. Il intervient dans un contexte marqué par la hausse rapide de la demande mondiale en minerais critiques utilisés dans les batteries, les véhicules électriques et les équipements liés aux énergies renouvelables.

Selon une déclaration récente de l’ONU au Conseil de sécurité, la demande mondiale de minerais critiques pourrait tripler d’ici 2030 et quadrupler d’ici 2040. D’autres estimations internationales anticipent également une forte hausse des besoins en minerais comme le lithium, le cobalt, le graphite, le cuivre, le manganèse et le nickel pour accompagner la transition énergétique.

Pour la CEA, cette dynamique représente une opportunité pour les pays africains de capter une part plus importante de la valeur créée autour de leurs ressources naturelles. Le projet entend ainsi encourager la transformation locale, le développement des capacités industrielles, le transfert de compétences, l’intégration des PME ainsi que la participation des femmes et des jeunes dans les nouvelles filières liées à la transition énergétique.

Transformation locale

Dans ses travaux sur la montée en gamme des chaînes de valeur minières africaines, l’Agence internationale de l’énergie estime qu’à prix actuels, la valeur de marché des exportations africaines de plusieurs minerais — cuivre, cobalt, phosphate, manganèse, graphite et nickel — pourrait passer d’environ 70 milliards de dollars aujourd’hui à près de 120 milliards de dollars en 2040, dans un scénario de renforcement des capacités locales de raffinage et de transformation.

Cette progression dépendrait notamment de la capacité des pays africains à accroître la part des minerais transformés localement. Les niveaux de transformation restent encore très variables selon les minerais. L’AIE estime qu’environ 62 % du cuivre extrait en Afrique est déjà raffiné sur le continent, contre 33 % pour le phosphate et seulement 3 % pour le cobalt.

Dans un scénario de montée en gamme, le taux de transformation locale du cobalt pourrait progresser, tout en restant limité par rapport à d’autres minerais. La valeur de marché associée pourrait également augmenter, à condition que les pays producteurs développent davantage leurs capacités industrielles, énergétiques et logistiques.

La RDC occupe une place centrale dans cette stratégie. Le pays représente environ 70 % de la production minière mondiale de cobalt et dispose d’importantes ressources en cuivre, deux minerais essentiels aux chaînes de valeur des batteries.

Enjeux ESG

Mais l’enjeu, pour Kinshasa comme pour d’autres pays de la région, ne consiste plus seulement à extraire davantage de minerais. Il s’agit aussi de développer des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée. Cette orientation rejoint les objectifs de la Vision minière africaine de l’Union africaine, qui encourage les États du continent à utiliser leurs ressources minières comme levier d’industrialisation, de création d’emplois et de diversification économique.

Le projet met également l’accent sur les questions environnementales, sociales et de gouvernance. Les partenaires prévoient de renforcer les mécanismes ESG afin de limiter les impacts négatifs de l’exploitation minière sur les communautés locales et les écosystèmes.

Des actions de sensibilisation, de formation et de dialogue avec les organisations de la société civile, les communautés minières et les autorités locales sont également prévues. L’objectif est de favoriser un partage plus équitable des bénéfices, tout en soutenant la création d’emplois, le développement de nouvelles activités industrielles et l’intégration des communautés dans les chaînes de valeur minières.

Pour la RDC, ce programme régional pourrait donc constituer un outil supplémentaire pour appuyer ses ambitions de transformation locale des minerais critiques. Ses effets dépendront toutefois de sa capacité à déboucher sur des investissements concrets, des capacités industrielles nouvelles et une meilleure gouvernance des chaînes d’approvisionnement.

Timothée Manoke 

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Posted On mardi, 02 juin 2026 09:00 Written by

La République démocratique du Congo veut renforcer ses capacités dans la gestion et la valorisation des données pétrolières, un chantier qu’elle entend mener avec l’appui de l’Algérie. Cet objectif s’inscrit dans le mémorandum d’entente signé le 30 mai 2026 à Alger entre Acacia Bandubola Mbongo, ministre d’État, ministre des Hydrocarbures de la RDC, et Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines.

Selon la communication du ministère congolais des Hydrocarbures, cet accord vise à renforcer le partenariat entre les deux pays dans le secteur des hydrocarbures. Kinshasa souhaite notamment s’inspirer de l’expérience algérienne dans la mise en place d’une banque de données pétrolières moderne, performante et conforme aux standards internationaux.

Pour la RDC, l’enjeu est d’améliorer la conservation, l’exploitation et la valorisation des données du secteur, dans un contexte où la qualité de l’information géologique et pétrolière reste déterminante pour attirer les investisseurs.

Cette orientation s’inscrit dans un processus engagé plusieurs mois auparavant. Selon les autorités congolaises, les discussions entre les deux pays avaient été amorcées en novembre 2025 à Brazzaville, en marge des travaux de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), avant d’aboutir à la signature de l’accord d’Alger.

Des axes élargis

Au-delà de la seule gestion des données, la RDC a identifié plusieurs axes de coopération avec l’Algérie. Ils portent notamment sur la promotion des blocs pétroliers, l’attraction des investissements, la valorisation des données pétrolières, le renforcement de la gouvernance du secteur amont et la formation des ressources humaines.

Kinshasa souhaite également développer une coopération technique entre la Société nationale des hydrocarbures du Congo (Sonahydroc) et le groupe algérien Sonatrach, acteur majeur du secteur pétrolier et gazier africain. À ce stade, les modalités opérationnelles de cette coopération, son calendrier et les projets concernés n’ont pas encore été détaillés publiquement.

Cette initiative intervient alors que la RDC poursuit la réforme de son cadre pétrolier afin de renforcer l’attractivité du secteur. En 2025, le gouvernement avait lancé le processus de révision de la loi portant régime général des hydrocarbures, après avoir identifié plusieurs obstacles à l’investissement, notamment à la suite des difficultés rencontrées dans l’appel d’offres de 27 blocs pétroliers lancé en 2022.

Parmi les faiblesses relevées figuraient notamment l’insuffisance de données géologiques récentes, la nécessité de moderniser la documentation technique disponible et le besoin de sécuriser les informations destinées aux investisseurs.

Dans ce contexte, la coopération avec l’Algérie pourrait permettre à la RDC de mieux structurer son patrimoine de données pétrolières et de renforcer la crédibilité de ses futures opérations de promotion. Le mémorandum signé à Alger constitue toutefois un cadre de coopération. Ses effets concrets dépendront de sa mise en œuvre, des moyens mobilisés et des projets qui seront effectivement engagés par les deux parties.

 Boaz Kabeya

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Posted On mardi, 02 juin 2026 02:03 Written by

La République démocratique du Congo prépare la création d’Adex RDC SA, une société mixte destinée à renforcer la transformation et la commercialisation internationale des diamants et pierres de couleur, notamment ceux issus de l’exploitation artisanale. Le projet a été présenté le 29 mai 2026 au Conseil des ministres par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avant d’être adopté à l’issue des délibérations.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, Adex RDC SA sera constituée sous la forme d’une société commune dont le capital sera détenu à parts égales par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) et Adex Platform AG, chacun contrôlant 50 % des parts.

Ce partenariat stratégique vise à moderniser et à valoriser durablement le secteur diamantaire congolais, alors que le pays cherche à capter une part plus importante de la valeur ajoutée générée par ses ressources minérales.

Dans la présentation faite au gouvernement, le ministre des Mines a mis en avant l’expertise du partenaire suisse dans le secteur du diamant. Selon le compte rendu, Adex Platform AG est présenté comme un consortium comprenant des acteurs actifs dans les instances du Conseil mondial du diamant.

Transformation locale

L’ambition du projet est d’intégrer localement certaines activités à plus forte valeur ajoutée, notamment la taille, le polissage et la commercialisation internationale des diamants et pierres de couleur. Cette approche doit permettre à la RDC de conserver une part plus importante des revenus générés par sa production, au lieu de se limiter à l’exportation de pierres brutes.

Selon les estimations du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC) citées dans la présentation gouvernementale, les gisements artisanaux concernés, dont l’exploitation remonte à 1936, pourraient encore soutenir l’activité pendant au moins cinquante ans.

Sur le plan fiscal, les autorités estiment que le projet pourrait générer d’importantes recettes pour le Trésor public au cours des cinq premières années. Le compte rendu ne précise toutefois pas les montants attendus ni le calendrier de montée en puissance de la société.

Le projet prévoit également la création d’environ 30 à 40 emplois directs au sein d’Adex RDC SA, ainsi que 120 à 150 emplois indirects. Il devrait aussi favoriser le transfert de technologies et de compétences depuis la Suisse vers la RDC.

Pour Kinshasa, la création d’Adex RDC SA pourrait ouvrir la voie au développement de filières aval autour du diamant, notamment la joaillerie et d’autres activités de transformation à forte valeur ajoutée.

À ce stade, les modalités opérationnelles, les investissements prévus, le calendrier de lancement et le périmètre exact des activités de la future société restent toutefois à préciser.

Ronsard Luabeya

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Posted On mardi, 02 juin 2026 01:58 Written by

L’utilisation des 50 millions de dollars destinés à la relance de la Société minière de Bakwanga (MIBA) reste conditionnée à la réalisation de plusieurs préalables, dont un audit général de l’entreprise. C’est ce qu’a affirmé le président du conseil d’administration de la société, Jean-Charles Okoto (photo), dans un entretien accordé aux médias locaux. Selon lui, cette exigence émane des actionnaires de la MIBA, notamment l’État congolais, qui détient 80 % du capital, et le groupe ASA Resources, actionnaire minoritaire avec 20 % des parts.

Le processus envisagé comprend un audit général de la société, un inventaire du patrimoine ainsi que la validation du plan minimum de relance avant son exécution effective.

Évalué à environ 70 millions de dollars, ce plan vise une production de près de 2,5 millions de carats en 2026. Il s’articule autour de cinq axes prioritaires : la certification des réserves minières, la sécurisation des concessions, les investissements productifs, la prise en charge des charges du personnel, ainsi que la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation et d’autres investissements stratégiques.

Jean-Charles Okoto affirme que les financements annoncés sont déjà disponibles. « Les 50 millions sont bel et bien existants et disponibles pour la MIBA. Il y a également, selon les dernières informations, 20 millions supplémentaires disponibles, ce qui porte l’enveloppe à plus de 70 millions de dollars pour couvrir le budget du plan minimum de relance actuellement en cours de validation », a-t-il déclaré.

Le président du conseil d’administration a également indiqué que l’actionnaire minoritaire devra mobiliser des ressources additionnelles afin d’accompagner le processus. Au regard de sa participation de 20 %, ASA Resources pourrait être appelée à apporter environ 12,5 millions de dollars, si les actionnaires entendent maintenir l’équilibre actuel du capital.

Ces déclarations interviennent alors que la direction générale de la MIBA a déjà engagé certaines démarches liées à la relance des activités. Début mai, le directeur général André Kabanda Kana a attribué provisoirement à la société sud-africaine Bond Equipment (PTY) LTD un marché portant sur l’acquisition d’équipements industriels destinés aux opérations de la MIBA à Mbuji-Mayi, à l’issue d’un appel d’offres.

Le montant total du contrat s’élève à 57,45 millions de dollars TTC, répartis en cinq lots, auxquels s’ajoutent environ 2,3 millions de dollars de frais de transport. Les spécifications techniques des équipements concernés n’ont toutefois pas été précisées dans l’avis consulté.

À ce stade, les documents disponibles ne permettent pas d’établir si ce marché sera directement financé par les 50 millions de dollars annoncés pour la relance. La validation du plan minimum, l’audit général et l’inventaire du patrimoine apparaissent donc comme des étapes déterminantes avant l’utilisation effective des fonds.

Ronsard Luabeya

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Posted On samedi, 30 mai 2026 03:46 Written by

Le gouvernement congolais remet sous pression la filière minière au Sud-Kivu. Dans un arrêté ministériel signé le 22 mai 2026, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba (photo), a suspendu pour trois mois toutes les activités minières dans les territoires de Mwenga et Shabunda, deux zones minières sensibles, régulièrement citées dans les débats sur l’exploitation illicite des minerais, la fraude et le financement de l’insécurité dans l’Est de la RDC. L'or, l'étain et le coltan, minerai stratégique pour la haute technologie, provenant du Sud-Kivu sont principalement extraits par des mineurs artisanaux.

Dans son arrêté, le ministère évoque la « recrudescence des activités minières illicites » dénoncées dans la province du Sud-Kivu, particulièrement à Mwenga et Shabunda. Le texte mentionne également l’impact négatif de ces activités sur la sécurité et l’intégrité du territoire national, notamment à travers le financement de projets de déstabilisation des institutions de la République.

La mesure n’est pas une première. Elle s’inscrit dans un cycle déjà observé au Sud-Kivu : suspension des activités, contrôles administratifs, reprise sélective pour les opérateurs en règle, puis retour des pratiques illégales. Cette nouvelle décision souligne donc la difficulté persistante de l’État à normaliser durablement le secteur minier local et même dans toute la région de l’est.

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a d’ailleurs récemment multiplié les opérations de contrôle contre l’exploitation illégale des minerais dans l’Est de la RDC. En avril dernier, lors d’une mission d’itinérance dans les provinces de l’Ituri, du Bas-Uélé et du Maniema, il avait ordonné la fermeture de plusieurs sites aurifères illégaux exploités sans titres miniers ni permis d’exploitation, dénonçant des réseaux de fraude et de contrebande portant atteinte à la souveraineté minière du pays.

L’arrêté prévoit le déploiement d’une mission de contrôle de l’Inspection générale des Mines, en collaboration avec les autres services compétents. Cette mission devra vérifier la légalité des exploitations, documenter les faits dénoncés, identifier les responsables et proposer des mesures correctives.

Boaz Kabeya

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Posted On lundi, 25 mai 2026 17:20 Written by

Dans son rapport financier du premier trimestre 2026, publié le 6 mai, Ivanhoe Mines annonce avoir lancé un appel d’offres pour le développement d’une centrale solaire de 10 MW avec système de stockage par batteries, destinée à alimenter la mine de zinc de Kipushi, en République démocratique du Congo.

Selon le groupe, l’installation doit fournir une alimentation de base continue grâce à une capacité de stockage pouvant atteindre 200 MWh sur 24 heures. Le projet sera implanté sur un site de 70 hectares situé à proximité de la mine. Il devrait être développé, détenu et exploité par un partenaire tiers dans le cadre d’un contrat de type « take-or-pay ». Sa mise en service est visée pour fin 2027.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des difficultés persistantes d’approvisionnement électrique à Kipushi. Dans son rapport financier publié le 27 août 2025, Ivanhoe indiquait déjà poursuivre le renforcement de ses capacités de secours avec l’installation de 6 MW additionnels de générateurs destinés à soutenir les opérations pendant les périodes d’instabilité du réseau.

Le groupe précisait également, dans ses résultats annuels publiés le 15 janvier 2026, avoir renforcé les capacités des générateurs de secours de Kipushi au quatrième trimestre 2025 afin de limiter les perturbations liées au réseau électrique congolais.

Malgré ces mesures, Ivanhoe reconnaissait encore, dans son rapport du premier trimestre 2026, que la disponibilité du concentrateur de Kipushi restait affectée par l’instabilité du réseau électrique. Le groupe indique avoir augmenté de 20 % les capacités des générateurs de secours sur le site, désormais portées à 20 MW.

Parallèlement, les travaux de modernisation du poste électrique d’alimentation 120 kV de Kipushi ont été achevés et mis en service à la fin du premier trimestre 2026. Selon la compagnie, ces améliorations doivent permettre de mieux contrôler les fluctuations du réseau et de protéger des infrastructures stratégiques comme le concentrateur.

Montée en puissance

Le projet solaire vise ainsi à réduire la dépendance aux générateurs diesel de secours utilisés de manière intermittente.

La mine de Kipushi connaît, dans le même temps, une montée en puissance rapide de sa production. Selon les résultats opérationnels publiés le 15 janvier 2026, cette mine de zinc, détenue à 62 % par Ivanhoe Mines et à 38 % par la Gécamines, a quadruplé sa production en 2025 pour atteindre 203 168 tonnes de concentré de zinc, contre 50 307 tonnes en 2024.

Cette progression découle notamment de travaux d’ingénierie engagés dès septembre 2024 afin d’augmenter de 20 % les capacités du concentrateur de traitement du minerai. Le programme d’optimisation a été achevé début août 2025.

La dynamique s’est poursuivie au premier trimestre 2026. Ivanhoe rapporte que Kipushi a produit 65 044 tonnes de zinc en concentré sur les trois premiers mois de l’année, contre 42 736 tonnes un an plus tôt. Les ventes ont également atteint 54 940 tonnes de zinc, contre 30 108 tonnes au premier trimestre 2025, pour un prix moyen réalisé de 1,47 dollar par livre.

Pour 2026, le groupe vise une production comprise entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré. Dans ce contexte, la sécurisation de l’alimentation électrique apparaît comme un enjeu central pour stabiliser les opérations et soutenir la montée en cadence du site.

Cette stratégie énergétique s’inscrit plus largement dans les investissements engagés par Ivanhoe en RDC. À Kamoa Copper, coentreprise réunissant Ivanhoe Mines, Zijin Mining Group, Crystal River Global Limited et l’État congolais, une centrale solaire de 60 MW est actuellement en construction près de Kolwezi. L’entreprise a aussi entamé la signature de contrats pour la deuxième phase de ce programme, destinée à porter ses capacités solaires à 120 MW.

Timothée Manoke 

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Posted On lundi, 25 mai 2026 10:25 Written by

Après avoir finalisé l’acquisition de Loncor Gold, propriétaire du projet aurifère Adumbi, en Ituri, pour 267 millions de dollars canadiens, le groupe chinois Chengtun Mining Group poursuit son offensive en République démocratique du Congo.

Selon une annonce publiée le 8 avril 2026 par la Bourse de Shanghai, Chengtun Mining prévoit d’investir 300 millions de dollars pour acquérir 50 % de Nkoyi Leopard Mining and Investment. Cette société détient 60 % des droits miniers d’un projet cuivre-cobalt situé dans le Lualaba. L’opération permettrait ainsi à Chengtun d’obtenir indirectement 30 % des intérêts du projet.

Le groupe chinois ne nomme pas explicitement le permis concerné dans son communiqué. Mais plusieurs indices permettent de rapprocher cette opération du projet Kabulungu, logé au sein de Kabulungu Kamilombe Mining (KKM) : sa localisation dans la Copperbelt congolaise, sa superficie de plus de 10,9 km², ainsi que la date d’expiration du permis d’exploitation, indiquée en janvier 2040, qui correspond aux informations disponibles auprès du cadastre minier congolais pour le permis associé au projet.

Selon les informations rapportées par Africa Intelligence, KKM serait détenue à 40 % par la Gécamines et à 60 % par Nkoyi Leopard Mining, qui porte les intérêts liés à l’émirati International Resources Holding (IRH).

Chengtun met en avant la proximité du projet avec ses installations industrielles existantes dans le Lualaba. Le groupe cite notamment Chengtun Congo Mining (CCM S.A.), Chengtun Congo Ressources SARL (CCR) et Kalongwe Mining SA (KMSA). Selon son communiqué, la mine se situe à environ 20 km au nord des fonderies CCR et CCM, et à 51 km au sud-ouest de la fonderie KMSA. Cette localisation faciliterait le transport du minerai et son intégration dans la chaîne industrielle du groupe.

Cette proximité constitue l’un des principaux intérêts stratégiques de l’opération pour Chengtun, qui cherche à renforcer l’intégration entre ses actifs miniers et métallurgiques dans la Copperbelt congolaise, où il dispose déjà d’unités de traitement.

Le communiqué précise par ailleurs que, selon les estimations préliminaires de ses équipes techniques fondées sur les données de forage disponibles, le projet présenterait des teneurs moyennes de 1,66 % pour le cuivre et de 0,67 % pour le cobalt. Chengtun estime également que les ressources en cuivre du projet dépasseraient les standards chinois applicables aux grandes mines de cuivre.

Timothée Manoke 

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Posted On samedi, 23 mai 2026 17:17 Written by

Kamoto Copper Company SA (KCC), filiale du groupe suisse Glencore, accélère l’intégration de ses opérations logistiques en RDC. L’entreprise a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau de douane et d’un guichet unique directement sur son site minier de Kolwezi, dans la province du Lualaba.

Dans une communication publiée, mi-mai 2026, sur LinkedIn, KCC explique que cette infrastructure vise à centraliser, sur un même site, l’ensemble des services publics impliqués dans les procédures douanières et d’exportation. L’entreprise présente ce dispositif comme un levier destiné à simplifier les formalités administratives, réduire les délais de traitement et fluidifier les mouvements logistiques liés à ses activités minières.

« Cette initiative marque une avancée importante dans la simplification et la modernisation de nos processus logistiques », indique la société, qui affirme vouloir accélérer la libération des camions et renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes intervenant dans les opérations d’import-export.

Fluidifier les exportations

Dans l’industrie minière congolaise, fortement dépendante des exportations de cuivre et de cobalt, la rapidité des procédures administratives constitue un enjeu stratégique. Les retards douaniers, l’immobilisation des camions ou les lenteurs documentaires peuvent affecter les coûts logistiques, la rotation des équipements et les cadences de production.

Le rapprochement des services douaniers des sites miniers n’est pas inédit en RDC. Plusieurs grands opérateurs disposent déjà d’entrepôts sous douane agréés ou de mécanismes accélérés de traitement des formalités d’exportation.

Le manuel des procédures minières de la RDC prévoit d’ailleurs une coordination entre plusieurs administrations, notamment la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office congolais de contrôle (OCC) et les services miniers, autour des opérations d’exportation et des entrepôts sous douane agréés.

L’initiative de KCC intervient dans un contexte où les groupes miniers cherchent à renforcer la fluidité de leurs chaînes logistiques, alors que la production de cuivre et de cobalt continue de progresser dans le Lualaba et le Haut-Katanga.

Un contexte fiscal tendu

Le projet intervient également dans un environnement marqué par un durcissement des contrôles fiscaux et réglementaires dans le secteur extractif congolais. En 2024, la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) avait engagé un contentieux portant sur environ 895 millions de dollars réclamés à des filiales locales de Glencore.

Plus récemment, Africa Intelligence a révélé que la Direction générale des impôts (DGI) réclamait environ 4,7 milliards de dollars à KCC et Mutanda Mining (MUMI) au titre de redressements fiscaux couvrant les exercices 2022 et 2023. Selon la publication, la DGI réclame environ 3 milliards de dollars à KCC et 1,7 milliard à MUMI.

Glencore a contesté ces réclamations, les qualifiant de « totalement dénuées de fondement », tandis que l’administration fiscale congolaise estime que certaines filiales du groupe minoreraient leurs résultats fiscaux.

Dans ce contexte, l’installation d’un guichet unique et d’un bureau de douane directement sur le site de KCC peut aussi être interprétée comme une démarche visant à renforcer la traçabilité administrative et la conformité des opérations logistiques, dans un environnement où les exigences de contrôle se renforcent progressivement.

Boaz Kabeya

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Posted On mercredi, 20 mai 2026 11:06 Written by
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