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DRC Gold Trading S.A., entreprise publique spécialisée dans l’achat, la commercialisation et l’exportation de l’or artisanal, a annoncé, le 10 février 2026, son entrée dans la province du Haut-Katanga, avec l’ouverture d’une succursale à Lubumbashi, afin de canaliser l’or issu de l’exploitation artisanale locale.

Pour illustrer cette dynamique, l’entreprise indique que, quelques jours après l’ouverture de son bureau à Lubumbashi, un premier lot de plus de 20 kilogrammes d’or artisanal, issu du Haut-Katanga, a été collecté, tracé et exporté officiellement. Au prix moyen de l’or en 2025, ce lot représente une valeur de plus de 2 millions de dollars.

Dans cette province historiquement dominée par le cuivre et le cobalt, l’exploitation artisanale de l’or est signalée notamment dans la cité minière de Kilolo, dans le territoire de Kipushi, sans apparaître dans les statistiques officielles d’exportation, l’essentiel des volumes quittant le pays par des circuits frauduleux.

Selon un article publié par les Nations unies en 2024, l’exploitation artisanale de l’or dans cette partie du pays est décrite comme intense, confirmant l’existence d’un flux productif non négligeable en dehors des circuits formels. L’ouverture d’un bureau d’achat vise ainsi à intégrer ces volumes dans un dispositif officiel de traçabilité et de commercialisation.

Dans la même communication, DRC Gold Trading S.A. indique avoir également ouvert un deuxième bureau d’achat dans la province du Haut-Uele, précisément dans la cité minière de Durba, après une première implantation intervenue au cours de l’année 2025. Au premier semestre 2025, l’entreprise annonce avoir exporté 12,511 kilogrammes d’or provenant de cette succursale.

Le bureau d’achat de Durba disposerait d’un potentiel important de collecte, au regard de l’ampleur documentée de l’exploitation aurifère artisanale dans cette zone. D’après un document de l’International Peace Information Service (IPIS), publié le 8 décembre 2025, les chercheurs de cette organisation estiment à près de 5 500 le nombre de creuseurs artisanaux actifs sur les 18 sites d’exploitation aurifère artisanale visités dans les environs de Durba.

L’expansion de cette entreprise publique dans le Haut-Katanga et le Haut-Uele s’inscrit dans la poursuite de l’objectif qu’elle s’est fixé : disposer de dix sièges opérationnels à travers le pays, afin d’atteindre un volume annuel compris entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal et de générer plus de 2,6 milliards de dollars de recettes d’exportation. Dans cette dynamique, deux nouvelles succursales sont annoncées pour 2026, notamment à Kinshasa et à Mbuji-Mayi.

Selon le World Gold Council, le prix moyen annuel de l’or a augmenté de 44 % pour atteindre 110 280 dollars le kilogramme en 2025, porté par une demande élevée et un environnement géopolitique et financier favorable au métal jaune. Cette tendance haussière devrait d’ailleurs se poursuivre en 2026. Au cours du premier mois de l’année, le kilogramme s’est situé au-dessus de 160 000 dollars. Deutsche Bank, UBS et JP Morgan projettent notamment que le kilogramme pourrait atteindre plus de 190 000 dollars d’ici la fin de l’année.

Timothée Manoke 

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Posted On jeudi, 12 février 2026 09:24 Written by

Alors que ses concessions minières sont régulièrement confrontées à des intrusions d’exploitants artisanaux, Eurasian Resources Group (ERG) a signé avec l’Entreprise générale du cobalt (EGC) un protocole d’accord visant à encadrer l’exploitation artisanale dans la province du Lualaba. L’accord a été paraphé le 10 février 2026, en marge du Mining Indaba, grand rendez-vous du secteur minier africain organisé à Cape Town (Afrique du Sud), lors d’une cérémonie présidée par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba.

Le protocole porte sur un projet pilote. Il prévoit la structuration de l’activité artisanale à travers un dispositif dédié, incluant l’organisation d’une zone d’exploitation encadrée sur une concession appartenant à ERG, l’amélioration des conditions de travail, ainsi que la mise en place de mécanismes de traçabilité conformes aux principes de diligence de l’OCDE. L’accord met aussi l’accent sur une meilleure cohabitation entre mines industrielles et artisanales, dans le respect des droits et des investissements de chaque acteur, ainsi que sur l’intégration de l’artisanat minier dans un cadre légal et socialement acceptable, au bénéfice des communautés locales.

ERG précise toutefois que cette initiative n’a pas vocation à alimenter sa production industrielle : le groupe indique qu’aucune production issue de ses opérations ne proviendra de l’exploitation artisanale. L’entreprise se présente plutôt comme un appui à la formalisation, dans un contexte où la pression de l’artisanat sur les concessions industrielles reste un sujet récurrent.

Le partenariat intervient alors que plusieurs acteurs du secteur alertent sur l’ampleur des intrusions sur les sites miniers. Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), ces incursions auraient déjà entraîné des pertes estimées à près de 3 milliards de dollars pour ERG. En effet, depuis 2024, des cas d’envahissement ont été signalés sur les concessions de certaines filiales du groupe, notamment la Congolaise des mines et de développement (COMIDE) et Boss Mining. Dans une communication publiée en 2025, Boss Mining alertait notamment sur la présence quotidienne de plus de 200 camions sur ses sites, transportant des cargaisons de cuivre et de cobalt évaluées à environ 1,8 million de dollars.

Dans ce contexte, le ministère des Mines souligne que l’accord entre ERG et EGC s’inscrit « dans une démarche de responsabilité partagée visant à concilier les réalités économiques, sociales et environnementales du secteur minier congolais ».

Face à la pression croissante de l’exploitation artisanale au sein des concessions industrielles, le ministre des Mines avait annoncé, en novembre 2025, l’identification de 64 zones d’exploitation artisanale (ZEA). Il avait indiqué que les arrêtés portant création de ces ZEA étaient déjà signés et que leur mise en œuvre se ferait en collaboration avec l’EGC. Depuis lors, peu d’informations ont filtré sur l’état d’avancement de ce chantier.

Ronsard Luabeya

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Posted On jeudi, 12 février 2026 02:57 Written by

Le projet cuprifère de Butembo, bien que situé dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à l’insécurité, vient d’être intégré à African Discovery Group (AFDG). Cette société, dont les actions sont négociées aux États-Unis, a annoncé avoir signé un contrat définitif de vente et d’achat d’actions avec Grabin Mining SAS, présentée comme détentrice du permis lié au projet de Butembo.

L’entreprise américaine indique que l’opération a été réalisée via une prise de contrôle inversée, un mécanisme par lequel une société déjà cotée intègre dans son périmètre un actif non coté, souvent en rémunérant les détenteurs de l’actif par l’émission d’actions. Dans son communiqué, AFDG affirme d’ailleurs que « des actions ont été émises aux détenteurs de la licence » et que « la propriété de l’intérêt minier est désormais détenue par l’entité domiciliée aux États-Unis ».

Autrement dit, le projet de Butembo est désormais logé dans une structure relevant de l’émetteur coté aux États-Unis, qui compte désormais dans son actionnariat les détenteurs de cet actif. Mais la transaction doit encore être validée par les autorités de régulation, notamment en RDC.

Une société cotée sur un marché moins encadré

AFDG est présente sur le marché américain OTC, un compartiment boursier moins encadré que les grandes places comme le NYSE ou le Nasdaq. Les documents publics disponibles montrent que l’entreprise a déjà changé d’orientation par le passé, avant de se repositionner sur les métaux.

Dans son communiqué, AFDG annonce également un changement d’identité et se présente désormais sous le nom de Copper Intelligence. L’entreprise affirme devenir « la première société indépendante liée à la RDC cotée aux États-Unis » et se positionne comme un véhicule dédié à l’acquisition et à l’exploration d’actifs cuprifères dans le pays.

La nouvelle équipe dirigeante est menée par Andrew Groves, présenté comme le fondateur de plusieurs sociétés minières sur le continent (Camec, African Platinum et Central African Gold) et dont toutes auraient été cédées avec succès. L’équipe compte aussi Aldo Cesano, qui revendique 40 ans d’expérience dans le développement minier et logistique en RDC, au Zimbabwe et en Afrique australe.

Un actif présenté comme prometteur

Le projet de Butembo est décrit par Copper Intelligence comme une opportunité d’exploration proche de la surface et à faible décapage. Il est situé à environ 50 km de la frontière, à proximité de la mine ougandaise de Kilembe, dont les réserves vérifiées sont estimées à 4 millions de tonnes. La société met en avant des échantillons à forte teneur (18 % de cuivre) et un accès revendiqué au rail.

Toutefois, les informations publiques ne permettent pas de confirmer l’existence d’une ressource minérale évaluée selon des standards internationaux, ni d’une réserve minière prouvée. Les communiqués ne précisent pas non plus le programme technique détaillé (forages, calendrier, budget) nécessaire pour valider le potentiel à une échelle industrielle.

Le passage de Butembo dans le giron d’une société cotée aux États-Unis peut néanmoins offrir davantage de visibilité et, potentiellement, faciliter des levées de fonds pour financer l’exploration. Il implique aussi une exposition accrue aux obligations de communication et aux attentes des investisseurs, même si celles-ci restent, sur le marché OTC, moins lourdes que sur les grandes places boursières.

« Nous sommes ravis d’acquérir ce statut en tant qu’entreprise américaine dédiée opérant en Afrique, agrégeant des actifs situés dans les gisements de cuivre parmi les plus riches au monde en RDC », a commenté le président de Copper Intelligence, Andrew Groves. Le chantier désormais attendu sera surtout technique : transformer un actif présenté comme prometteur en projet démontré, documenté et finançable, avec des données indépendantes permettant d’en apprécier la réalité économique.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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Posted On mercredi, 11 février 2026 14:29 Written by

Le négociant de matières premières Mercuria a annoncé, le 9 février 2026, « la réalisation de sa première transaction de cuivre et de cobalt » avec l’Entreprise générale du cobalt (EGC). Le communiqué ne précise pas s’il s’agit d’un achat direct, d’un contrat d’enlèvement ou d’un mandat de commercialisation.

Le texte indique simplement que cette transaction vise une « première exportation de cuivre et de cobalt », sans en dévoiler les quantités. « Les cathodes de cuivre sont destinées à être expédiées vers les États-Unis d’Amérique, les Émirats arabes unis ou l’Arabie saoudite », précise le communiqué, qui situe cette opération dans le prolongement de la joint-venture entre la Gécamines — actionnaire unique d’EGC — et Mercuria, annoncée fin 2025 et dédiée au négoce des minerais critiques.

En novembre 2019, EGC s’est vu confier la mission de développer une chaîne de valeur responsable du cobalt artisanal en République démocratique du Congo (RDC), en organisant et en encadrant l’exploitation minière artisanale et à petite échelle. À ce titre, l’entreprise détient le monopole de l’achat, du traitement, de la transformation, de la vente et de l’exportation du cobalt extrait par des mineurs artisanaux ou des entreprises minières artisanales dans le pays.

Renforcé par les quotas d’exportation

Cette position a également été renforcée par la politique des quotas à l’exportation du cobalt, en vigueur en RDC depuis le 16 octobre dernier. Dans le cadre de cette politique, EGC dispose du cinquième volume le plus important à exporter : 1 775 tonnes pour 2025, et 5 640 tonnes pour 2026 et 2027, sous réserve d’ajustements possibles en fonction de l’évolution du marché mondial d’ici fin 2026 ou des perspectives de transformation locale de l’hydroxyde de cobalt en produits à plus forte valeur ajoutée. Les difficultés rencontrées par le nouveau système d’exportation en 2025 ont conduit au report, sur 2026, des quotas de cette année-là. Au total, EGC pourrait ainsi exporter jusqu’à 7 415 tonnes de cobalt en 2026.

EGC a présenté, le 13 novembre dernier à Kolwezi, sa première production de 1 000 tonnes de cobalt artisanal, qualifiée de « structurée, éthique et traçable ». Les cathodes de cuivre évoquées dans la transaction annoncée par Mercuria auraient, quant à elles, été produites à partir de résidus de cuivre récupérés après traitement du cobalt artisanal.

Toujours le 9 février 2026, EGC et Trafigura, autre négociant de matières premières, ont annoncé avoir convenu de « la première livraison de cuivre et de cobalt vers les marchés mondiaux via le Lobito Atlantic Railway (LAR) », sans préciser ni la quantité ni la date. Selon Franck Rogozin, responsable métaux et minéraux pour l’Afrique chez Trafigura, il s’agit de « collaborer avec EGC afin de faciliter l'acheminement de cuivre et de cobalt issus de sources responsables vers les marchés mondiaux via la voie de transport la plus efficace depuis la Copperbelt de la RDC ».

Mise en œuvre du partenariat avec les États-Unis

Aux côtés de Vecturis et Mota-Engil, Trafigura est membre du consortium LAR, titulaire depuis juillet 2022 d’une concession de 30 ans pour l’exploitation et la modernisation de la section angolaise du corridor de Lobito, soit 1 300 kilomètres entre le port en eau profonde de Lobito, sur la côte atlantique de l’Angola, et la frontière de la RDC à Luau. Cette voie est théoriquement la plus courte pour exporter les produits miniers depuis Kolwezi. Mais la ligne Kolwezi–Luau, longue d’environ 450 kilomètres, n’est pas en bon état.

Selon le directeur général d’EGC, Eric Kalala, la première cargaison de cuivre sera destinée à des clients basés aux États-Unis, marquant une étape concrète dans la mise en œuvre du partenariat stratégique signé le 4 décembre entre Washington et Kinshasa dans le secteur des minerais critiques.

Selon cet accord, les entreprises publiques congolaises doivent prioriser le marché américain pour la commercialisation de leurs produits miniers. L’accord prévoit également que, au cours des cinq prochaines années, 50 % du cuivre, 30 % du cobalt et 90 % du zinc commercialisés par ces entreprises transiteront par le corridor de Lobito.

Depuis 2020, un accord commercial lie déjà EGC et Trafigura. Ce partenariat prévoit que Trafigura fournisse des financements à EGC pour assurer sa mission, en contrepartie d’une partie de sa production d’hydroxyde de cobalt. Les parties n’ont jamais révélé les détails de cet accord. Mais en juin 2022, dans une lettre ouverte au Premier ministre, un groupe d’organisations de la société civile a affirmé que ce partenariat portait sur un financement d’environ 80 millions de dollars pour 50 % de la production, sans plus de précisions.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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Posted On mercredi, 11 février 2026 08:57 Written by

La mine d’or de Kibali, située au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a enregistré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2025, d’après les chiffres publiés par Barrick Mining, opérateur de la mine.

Dans son rapport financier annuel publié le 5 février 2026, le groupe canadien indique en effet que le revenu de Kibali Goldmines qui lui est attribuable, sur la base de sa participation de 45 %, a atteint 1,04 milliard de dollars l’an dernier. En le rapportant à 100 %, le chiffre d’affaires total ressort à environ 2,3 milliards de dollars.

Pour la première fois depuis le démarrage, en 2014, de l’exploitation industrielle à plein régime, que l’entreprise dirigée par Cyrille Mutombo (photo) franchit le seuil des 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Le revenu est en hausse de 40 % par rapport à 2024, qui constituait déjà un record.

Ce record intervient pourtant dans un contexte de baisse de la production. En 2025, Kibali a produit environ 673 000 onces, contre près de 687 000 onces en 2024, soit un recul de 2 %, après une baisse de 10 % enregistrée en 2024. Cette production est aussi inférieure à l’objectif annuel d’au moins 688 000 onces.

Barrick attribue cette contre-performance à une baisse des teneurs des minerais traités et à une réduction des volumes extraits dans les zones souterraines présentant les meilleures teneurs. Les opérations ont également été affectées au quatrième trimestre par un incident mortel, ayant entraîné un arrêt temporaire de certaines activités et pesé sur les volumes de fin d’exercice.

L’effet prix

La progression du chiffre d’affaires est donc essentiellement imputable à la hausse soutenue des prix de l’or. En 2025, le prix moyen réalisé par Barrick a fortement augmenté, atteignant 112 210 dollars le kilogramme, contre 77 300 dollars en 2024, soit une hausse de 45 %.

Cette évolution s’inscrit dans un marché haussier. Selon le World Gold Council, le prix moyen annuel de l’or a augmenté de 44 % pour atteindre 110 280 dollars le kilogramme en 2025, porté par une demande élevée et un environnement géopolitique et financier favorable au métal jaune.

La hausse des revenus s’est traduite par une amélioration de la contribution de Kibali aux résultats de Barrick. Malgré une hausse des charges de 13 %, la contribution de la mine aux résultats du groupe a atteint 527 millions de dollars, contre 316 millions en 2024, soit une hausse de 67 %.

Cette contribution était déjà en hausse de 30 % l’année précédente. Ces performances confirment le poids stratégique de Kibali dans le portefeuille de Barrick, et devraient également profiter aux autres actionnaires de la mine : AngloGold Ashanti (45 %) et l’entreprise publique Sokimo (10 %).

Pour 2026, Barrick anticipe une production comprise entre 600 000 et 688 888,8 onces pour Kibali, contre une fourchette de 688 000 à 755 000 onces l’an dernier. Cette projection suggère une nouvelle baisse possible, que le groupe conditionne aux paramètres géologiques ainsi qu’à la poursuite des investissements de maintien et de développement.

Kibali devrait toutefois continuer à générer des revenus significatifs, consolidant sa place de pilier des performances africaines de Barrick. En effet, le prix de l’or poursuit sa tendance haussière. Au cours du premier mois de l’année, l’once s’est maintenue au-dessus de 5 000 dollars (plus de 160 000 dollars le kilogramme). Deutsche Bank, UBS et JP Morgan projettent notamment que les cours pourraient atteindre 6 000 dollars l’once (plus de 190 000 dollars le kilogramme) d’ici la fin de l’année.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 10 février 2026 10:40 Written by

Rio Tinto a officiellement mis fin, le 5 février 2026, aux discussions engagées avec Glencore autour d’une fusion ou d’une autre combinaison possible, faute d’être parvenu à un accord. Dans la foulée, le groupe anglo-suisse a confirmé l’information. Selon les deux parties, en vertu du Code britannique sur les offres publiques d’achat (OPA), Rio Tinto ne peut plus, à court terme, formuler une nouvelle offre, sauf exceptions.

Dans son communiqué, Glencore affirme désormais se concentrer sur la mise en œuvre de ses priorités pour 2026 : atteinte des objectifs opérationnels, dérisquage (réduction des risques) et croissance organique.

En République démocratique du Congo (RDC), où Glencore contrôle les mines de cuivre et de cobalt Mutanda Mining (Mumi) et Kamoto Copper Company (KCC), cette orientation confère un intérêt accru au partenariat envisagé avec le consortium Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC). D’après les informations communiquées jusqu’ici, ce deal en discussion est cohérence avec les priorités de 2026 de Glencore. Il ne prévoit ni changement de contrôle ni rupture opérationnelle, mais plutôt un apport de capitaux et un partage des risques, afin de développer les actifs existants et, éventuellement, d’acquérir de nouveaux actifs.

L’option Orion est, pour l’instant, structurée autour d’un protocole d’accord non contraignant annoncé le 3 février 2026. Il envisage l’acquisition, par ce consortium soutenu par les États-Unis, de 40 % des intérêts détenus par Glencore dans Mumi et KCC, pour une valeur d’entreprise combinée « d’environ 9 milliards de dollars », dette incluse.

La reconfiguration du capital qu’impliquerait l’opération maintiendrait Glencore en position d’actionnaire majoritaire, avec respectivement 57 % et 42 %, aux côtés d’Orion CMC (38 % et 28 %), de l’État (5 % de Mumi) et de Gécamines (30 % de KCC).

Conformément à cette répartition, le schéma prévoit qu’Orion CMC puisse nommer des administrateurs non exécutifs et diriger la vente de sa quote-part de production à des « acheteurs désignés », conformément au partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC, tout en laissant la gestion des mines au groupe anglo-suisse.

Plusieurs étapes restent néanmoins à franchir. Le communiqué Glencore–Orion précise que la transaction demeure conditionnée à la due diligence, à la signature d’une documentation juridiquement contraignante et à l’obtention des autorisations réglementaires applicables. Dans les faits, sa matérialisation dépendra aussi des équilibres de gouvernance et des validations des actionnaires congolais, Glencore et Orion indiquant vouloir travailler avec le gouvernement et Gécamines.

Pierre Mukoko

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Posted On vendredi, 06 février 2026 02:42 Written by

Le 2 février 2026, les États-Unis ont lancé officiellement Project Vault, une initiative d’un montant total de 12 milliards de dollars visant à constituer un stock stratégique de minerais critiques afin de sécuriser leur chaîne d’approvisionnement pour les besoins industriels et civils. Le dispositif repose sur 1,67 milliard de dollars de capitaux privés et 10 milliards de dollars de prêts octroyés par l’Export-Import Bank of the United States.

Tous les détails du projet ne sont pas en publics. On sait néanmoins qu’il vise à protéger l’industrie américaine contre les chocs d’approvisionnement, dans un contexte de tensions commerciales avec la Chine. Jusqu’en novembre 2025, Pékin avait en effet suspendu les exportations vers les États-Unis de minerais critiques tels que le germanium et le gallium, essentiels notamment aux industries des semi-conducteurs, des panneaux solaires, des lasers et des équipements de vision nocturne.

Ces minerais sont présents en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans la mine de Kipushi, codétenue par Ivanhoe Mines (62 %) et l’entreprise publique Gécamines (38 %). En annonçant la présence de son co-président exécutif, Robert Friedland, au lancement de Project Vault à la Maison Blanche aux côtés de Donald Trump, l’entreprise canadienne — contrôlée en partie par des capitaux chinois — a indiqué être en discussions avancées avec Gécamines et le négociant Mercuria afin que Gécamines Trading, filiale dédiée au trading des minerais, oriente vers les États-Unis une partie du concentré de zinc de Kipushi, qui contient également du germanium et du gallium.

Jusqu’ici, cette part revient à Mercuria en vertu d’un accord d’achat conclu en juillet 2025. Ce contrat, d’une durée de trois ans, porte sur le tiers de la production totale de la mine et intègre un prêt de 20 millions de dollars accordé à Kipushi, avec un taux d’intérêt de 6 %, destiné à financer les travaux de désengorgement et l’augmentation de la capacité du concentrateur.

Partenariat stratégique

Les deux tiers restants de la production sont déjà attribués à CITIC Metal et Trafigura, conformément à d’autres accords conclus en juillet 2024 et valables jusqu’en 2029. Mais dans son communiqué, Ivanhoe affirme que « Gécamines pourrait être responsable de la commercialisation de jusqu’à 50 % de la production de concentré de la mine de Kipushi », sans plus de détails.

Dans cette perspective, Gécamines Trading — joint-venture entre Gécamines et Mercuria — pourrait devenir un acteur central de l’exportation des minerais issus de Kipushi vers les États-Unis. Pour l’année 2026, la production de la mine est attendue entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré de zinc, confirmant son positionnement parmi les sites majeurs du marché mondial.

L’opportunité offerte à Gécamines par le Project Vault apparaît d’autant plus importante que, selon plusieurs analyses, la Chine contrôle une part significative des mines actives en RDC, poussant Washington à regarder de près les volumes adossés aux participations publiques. « La RDC et ses entreprises publiques utiliseront leurs droits de commercialisation liés à la participation et aux contrats pour fournir un accès à l’offtake aux personnes américaines et alliées », prévoit d’ailleurs l’accord stratégique signé le 4 décembre dernier entre Kinshasa et Washington.

Dans le cadre de la mise en œuvre de cet accord, Gécamines Trading prévoit déjà d’orienter vers les États-Unis environ 100 000 tonnes de cuivre en 2026 provenant de la mine de Tenke Fungurume Mining (TFM). Ce volume correspond à la quote-part liée à sa participation de 20 % dans TFM, une mine contrôlée à 80 % par le groupe chinois CMOC.

Timothée Manoke

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Posted On mercredi, 04 février 2026 11:23 Written by

Glencore et le consortium Orion Critical Mineral Consortium (Orion CMC), créé en octobre 2025 pour contribuer à l’approvisionnement des États-Unis et de leurs alliés en minerais critiques, laissent entrevoir une logique d’action coordonnée en République démocratique du Congo (RDC), au-delà de la seule opération capitalistique annoncée. Dans un communiqué conjoint publié le 3 février 2026, les deux parties indiquent qu’elles examineront également des « opportunités d’extension et de développement » pour les mines de cuivre et de cobalt de Mutanda Mining (Mumi) et Kamoto Copper Company (KCC), aujourd’hui valorisées à environ 9 milliards de dollars, dette comprise.

Les contours de ce qui est envisagé ne sont pas précisés à ce stade. Il pourrait s’agir d’investissements visant à accélérer la production ou prolonger la durée de la concession. Dans son rapport 2025 sur les ressources et réserves, publié le 29 janvier, le groupe anglo-suisse estime les réserves en minerai de MUMI et de KCC respectivement à 107 millions et 137 millions de tonnes. La durée de vie des mines est évaluée à 22 ans (jusqu’en 2047) pour MUMI et 18 ans (jusqu’en 2043) pour KCC, alors que les permis expirent respectivement en 2037 et 2039. Ces réflexions seraient menées conjointement avec le gouvernement congolais et la société publique Gécamines, qualifiée de « partenaire historique » au sein de KCC.

Le communiqué mentionne également l’étude d’éventuelles acquisitions de projets et d’actifs miniers supplémentaires, en RDC et plus largement dans la ceinture cuprifère africaine. La formulation suggère une logique de plateforme commune de développement, sans qu’aucun actif cible, calendrier ou enveloppe d’investissement ne soit précisé à ce stade.

Entrée envisagée au capital

L’annonce s’inscrit dans le cadre d’un protocole d’accord non contraignant portant sur l’entrée envisagée d’Orion CMC à hauteur de 40 % dans les intérêts détenus par Glencore au sein de MUMI et KCC. À ce jour, Glencore détient 95 % de MUMI (contre 5 % pour l’État) et 70 % de KCC (Gécamines détenant 30 %). Si l’opération aboutit, la nouvelle géographie du capital introduirait un troisième pôle : Orion CMC — consortium mené par Orion Resource Partners et soutenu par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) — détiendrait 38 % de MUMI et 28 % de KCC, tandis que les participations de Glencore se réduiraient respectivement à 57 % et 42 %.

Le communiqué précise que, Glencore, actionnaire majoritaire des deux mines, conserverait leur gestion opérationnelle, tandis qu’Orion CMC disposerait de droits de gouvernance limités, notamment la nomination d’administrateurs non exécutifs. Le consortium serait en outre chargé de la commercialisation du volume de production correspondant à sa participation, auprès d’« acheteurs désignés », dans le cadre du partenariat stratégique entre les États-Unis et la RDC sur les minerais critiques, signé le 4 décembre dernier à Washington.  

Cette articulation dessine une complémentarité fonctionnelle : Glencore demeure l’opérateur industriel en RDC, tandis qu’Orion CMC apporte capital, relais commerciaux et adossement institutionnel américain, notamment via la DFC. C’est sur cette base que les deux groupes évoquent une possible action en tandem, chacun intervenant sur un segment distinct — mais coordonné — de la chaîne de valeur.

Intérêt institutionnel

Selon le rapport de production 2025 de Glencore, les mines de Mutanda et KCC ont apporté au groupe 247,8 milliers de tonnes de cuivre métal et 33,5 milliers de tonnes de cobalt en 2025. Rapportée à une participation de 40 % dans les intérêts de Glencore, la quote-part maximale susceptible d’être commercialisée par Orion CMC s’établirait à environ 100 milliers de tonnes de cuivre et 13,4 milliers de tonnes de cobalt. Mais l’exportation de ce dernier produit reste limitée par les quotas à l’exportation instaurés par le gouvernement congolais depuis octobre 2025.

À la lumière de l’accord stratégique entre la RDC et les États-Unis sur les minerais critiques, ce tandem présente aussi un intérêt institutionnel pour Glencore. Le groupe a opéré en RDC dans un environnement parfois tendu, marqué par des différends fiscaux et des controverses de gouvernance. L’entrée d’un partenaire soutenu par les États-Unis modifie le cadre de référence.

D’une part, elle introduit un adossement politique et institutionnel américain dans des actifs stratégiques, ce qui peut contribuer à rééquilibrer les relations avec l’État congolais. D’autre part, la présence de la DFC implique des exigences accrues en matière de conformité, de transparence et de traçabilité, susceptibles de renforcer la crédibilité du dispositif vis-à-vis des autorités fiscales et réglementaires.

Inconnues

La séparation des rôles — Glencore à l’exploitation, Orion CMC à la commercialisation de sa quote-part — peut également améliorer la lisibilité des flux commerciaux, dans un contexte où la question des prix de transfert et de la fiscalité minière demeure sensible en RDC.

Malgré cette feuille de route esquissée, le communiqué demeure prudent. Les termes employés — « examineront », « envisageront » — confirment que les parties se situent au stade de l’exploration stratégique. La transaction reste conditionnée aux audits, à la finalisation des accords contractuels et aux autorisations réglementaires.

Surtout, aucun élément public ne détaille encore d’engagements chiffrés sur l’emploi, la sous-traitance locale ou un programme d’investissements. De même, les conséquences éventuelles de cette coopération sur les discussions préliminaires entre Glencore et Rio Tinto ne sont pas documentées à ce stade.

Pierre Mukoko

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Posted On mercredi, 04 février 2026 03:00 Written by

Le gouvernement congolais demande à l’ensemble des sociétés minières opérant en République démocratique du Congo (RDC) de transmettre, au plus tard le 16 février 2026, les preuves de constitution des garanties financières destinées à la réhabilitation environnementale de leurs projets. Cette instruction, contenue dans une correspondance du ministère des Mines datée du 30 janvier 2026, vise l’ensemble des projets miniers et de carrières actifs, depuis l’octroi de leurs titres jusqu’au 31 décembre 2025.

Le courrier précise que les entreprises concernées sont tenues de produire les plans environnementaux approuvés ainsi que les justificatifs attestant de la constitution effective des sûretés financières, conformément aux exigences du Code minier et de son règlement d’application.

Le cadre légal congolais impose en effet à tout titulaire de droits miniers ou de carrières l’obligation de constituer, avant le début de l’exploitation, une garantie financière destinée à couvrir les coûts de réhabilitation et de fermeture du site. Cette garantie est calculée sur la base du plan de gestion environnementale du projet, tel qu’approuvé par l’administration, et doit être mobilisable par l’État en cas de défaillance de l’opérateur.

Le Code et le Règlement miniers prévoient que cette sûreté peut prendre la forme d’une garantie bancaire, d’un dépôt en numéraire, d’une police d’assurance ou de tout autre mécanisme jugé équivalent et acceptable par l’administration. Elle doit être maintenue pendant toute la durée de vie du projet et ajustée en fonction de l’évolution des travaux et des impacts environnementaux.

Faible niveau de conformité constaté

La démarche engagée par le ministère des Mines s’appuie sur des constats de faible conformité relevés tant par l’administration que par les partenaires techniques. Lors d’un atelier organisé en juillet 2025 à Lubumbashi, consacré à la sûreté financière de réhabilitation environnementale, les échanges avaient mis en évidence un écart significatif entre les obligations prévues par la loi et leur application effective par les opérateurs.

Sur un échantillon de 93 entreprises minières analysées, seules dix avaient fourni des informations relatives à la constitution de leur sûreté financière, illustrant un niveau de respect très limité de cette exigence pourtant centrale du dispositif de protection environnementale.

Les discussions tenues à Lubumbashi avaient également rappelé que l’absence de garanties financières effectives expose durablement l’environnement et les communautés locales. Jennyfer Imperator, cheffe de mission adjointe à l’ambassade des Pays-Bas, présente à cet atelier, avait souligné que la sûreté financière « assure que, même après le départ des exploitants, les dommages seront réparés, offrant ainsi une seconde chance aux populations affectées ».

La question de la réhabilitation environnementale s’inscrit dans un schéma plus large de manquements aux obligations sociales et financières des sociétés minières. Un rapport de la Cour des comptes publié en juin 2025 avait révélé qu’entre 2018 et 2023, les communautés locales avaient été privées de près de 198 millions de dollars en raison du non-paiement, du paiement partiel ou de la sous-déclaration de la dotation minimale obligatoire de 0,3 % du chiffre d’affaires, destinée au financement des projets communautaires.

Parmi les entreprises mises en cause figuraient notamment Kamoa Copper (Ivanhoe Mines et Zijin Mining), Kamoto Copper Company (Glencore), Sicomines (Crec-Sinohydro-Zhejiang) et Tenke Fungurume Mining (CMOC). La Cour des comptes avait recommandé des mesures de régularisation assorties de sanctions, pouvant aller jusqu’à la suspension des activités, tout en soulignant l’absence de réponses effectives des autorités de tutelle sur la période auditée.

Boaz Kabeya

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Posted On mardi, 03 février 2026 09:49 Written by

L’offre de Buenassa pour acquérir Chemaf, producteur de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo (RDC), est chiffrée à 1,5 milliard de dollars. L’entreprise la présente comme le pilier « amont » d’une feuille de route industrielle évaluée à 3,5 milliards de dollars, rendue publique le 29 janvier 2026, à quelques jours du sommet de Washington sur les minerais critiques du 4 février, organisé par le gouvernement américain.

Dans son communiqué, Buenassa explique que ces 1,5 milliard de dollars doivent servir à « stabiliser » l’actif et à « reprofilier la dette », avec un objectif affiché : finaliser des unités industrielles (Etoile II et Mutoshi) afin de « respecter les obligations existantes » et d’établir une source fiable d’alimentation en minerai pour sa raffinerie en projet.

L’autre volet de la feuille de route est centré sur la construction de la raffinerie : 700 millions de dollars pour la première phase, et désormais 1,3 milliard de dollars pour la deuxième, initialement évaluée à 2 milliards de dollars. L’entreprise n’en détaille pas les ressorts, mais maintient ses objectifs de production : 30 000 tonnes de cuivre (cathodes de qualité LME) et 5 000 tonnes de cobalt (sulfate et métal de haute pureté) par an pour la première phase, puis 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt pour la deuxième.

Le président-directeur général de Buenassa, Eddy Kioni, défend l’intégration verticale comme une réponse à l’instabilité des marchés : « L’intégration verticale est la meilleure voie pour neutraliser la volatilité de l’approvisionnement et des prix, qui a historiquement découragé l’investissement occidental », affirme-t-il, en ajoutant que l’architecture proposée vise à garantir « une transparence totale » permettant d’éviter « les conflits financiers ou liés aux risques entre les actifs ».

Emploi, sous-traitance…

Buenassa Resources, filiale qui porte le projet industriel, dit vouloir apporter de la visibilité à « plus de 3 000 employés directs de Chemaf » et à « des milliers de sous-traitants », selon les termes du président de son conseil d’administration, l’ancien Premier ministre Samy Badibanga. Ce dernier affirme en outre que le complexe de raffinage générerait environ 5 000 emplois. « En ancrant ce projet dans le tissu industriel de la RDC, nous assurons un avenir durable à nos travailleurs et à notre région », soutient-il.

Buenassa met en avant un montage censé améliorer la « bancabilité » du projet grâce au soutien de l’État congolais, actionnaire de Buenassa Resources à hauteur de 10 %, et de plusieurs partenaires. L’entreprise dit s’appuyer sur Roland Berger pour un audit d’acquisition et le travail sur le rééchelonnement de la dette.

Pour l’ingénierie, Buenassa indique qu’un consortium composé de Bara Consulting (Royaume-Uni) et MET63 (Afrique du Sud) interviendrait comme ingénieur-conseil du maître d’ouvrage de la raffinerie, tout en participant à la gestion des opérations amont.

Sur le volet financier et institutionnel, l’entreprise mentionne des échanges renforcés avec des institutions américaines, dont la US International Development Finance Corporation (DFC). Elle cite également comme soutiens bancaires Rawbank et le groupe nigérian United Bank for Africa (UBA). Buenassa évoque enfin un partenariat recherché avec un « grand groupe industriel du Golfe » et une « grande maison de négoce américaine » pour renforcer ses capacités commerciales.

Sommet de Washington

Dans son communiqué, Buenassa situe explicitement sa communication dans la perspective du sommet de Washington sur les minerais critiques où sont attendus le président Félix Tshisekedi et des membres de son gouvernement. Selon le Financial Times, qui cite des sources proches du dossier, la vente de Chemaf, présentée comme un premier test du partenariat stratégique RDC–États-Unis signé le 4 décembre dernier, pourrait connaître un tournant à l’occasion de ce rendez-vous.

Dans ce contexte, les prétendants au rachat intensifient leurs démarches. D’après Africa Intelligence, Virtus Minerals aurait signé ces derniers jours un contrat de cession d’actions avec Zedra Skye Trustees, présenté comme le représentant près de 95 % des actionnaires de Chemaf. L’entreprise américaine proposerait, selon le journal, de reprendre les dettes de Chemaf, qui dépasseraient 900 millions de dollars. Elle envisage aussi de confier l’exploitation à l’entreprise indienne Lloyds Metals and Energy, décrite comme « peu chevronnée sur les projets de cuivre-cobalt, en particulier sur le continent africain ».

L’enjeu porte aussi sur la capacité à sécuriser le financement. Sur cet aspect, Virtus Minerals se serait tournée vers le fonds d’investissement new-yorkais Orion Resource Partners et le géant anglo-suisse du négoce Glencore. Mais selon Africa Intelligence, comme pour Buenassa, aucun accord contraignant n’aurait été signé à date.

Avec un contrat de cession d’actions, il ne resterait plus qu’à Virtus Minerals d’obtenir l’agrément du gouvernement congolais pour conclure l’achat. Selon la presse internationale, l’entreprise fondée par des vétérans des services de sécurité américains bénéficierait du soutien de l’administration Trump. Mais à Kinshasa, son offre ne rassure pas : au-delà des questions de financement, elle est perçue comme accordant peu de place aux intérêts locaux.

Arbitrage délicat

De son côté, Buenassa affirme concilier les intérêts américains et congolais. En plus d’une promesse de préserver les emplois et les contrats des sous-traitants, l’entreprise congolaise présente son projet comme s’inscrivant dans la volonté du gouvernement de transformer localement ses minerais afin de créer davantage de valeur.

L’entreprise congolaise se positionne aussi comme le bras opérationnel du partenariat RDC–États-Unis sur les minerais critiques, en s’engageant à réserver sa production au marché américain afin de bâtir une chaîne d’approvisionnement sécurisée hors influence chinoise. Elle se dit en plus ouverte à l’idée d’un consortium RDC (Gécamines, Buenassa…)–États-Unis, présentée comme l’alternative la plus réaliste, compte tenu des défis financiers, opérationnels et de sécurité des sites.

L’accord stratégique du 4 décembre dernier accorde aux entreprises américaines un droit de première offre sur des gisements de minerais critiques. Le texte précise toutefois que si, au bout de neuf mois, aucune offre américaine n’est retenue, les projets peuvent être ouverts aux « alliés », dont les entreprises congolaises. Reste que Kinshasa doit arbitrer ce dossier sans fragiliser la relation avec Washington, sur laquelle le pouvoir congolais compte aussi dans le contexte sécuritaire à l’est du pays.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 03 février 2026 08:56 Written by
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