Rio Tinto et Glencore ont confirmé cette semaine être en discussions préliminaires concernant une possible fusion de certaines, voire de l’ensemble, de leurs activités. Les deux groupes insistent sur le caractère exploratoire de ces échanges et soulignent qu’aucune offre ferme n’a été formulée à ce stade, ni sur le principe, ni sur les modalités d’une éventuelle transaction.
L’évolution de ces discussions est suivie de près en République démocratique du Congo (RDC), où Glencore contrôle deux importantes mines de cuivre et de cobalt : Kamoto et Mutanda, détenues respectivement à 70 % et 95 % par la multinationale suisse. Leurs permis expirent respectivement en 2039 et 2037. Bien qu’en recul de 7 % et 10 % par rapport à 2023, ces deux sites ont produit 224 500 tonnes de cuivre et 35 100 tonnes de cobalt en 2024.
Dans leurs communications respectives, les deux entreprises précisent qu’il n’existe aucune certitude quant à l’aboutissement de ces discussions. Elles rappellent également que toute opération éventuelle resterait soumise à un cadre réglementaire strict.
Selon Glencore, le scénario actuellement envisagé consisterait en son acquisition par Rio Tinto, via un schéma d’arrangement approuvé par un tribunal, un mécanisme fréquemment utilisé pour ce type d’opérations au Royaume-Uni. Rio Tinto confirme, de son côté, la tenue de discussions préliminaires et indique se réserver la possibilité, le cas échéant, d’ajuster la forme et la composition de la contrepartie d’une éventuelle offre.
Sur le calendrier, le cadre est désormais clairement fixé. Rio Tinto a jusqu’au 5 février 2026, à 17 h (heure de Londres), pour annoncer soit une intention ferme de formuler une offre, soit son absence d’intention de le faire.
Marché favorable au cuivre, volatil pour le cobalt
« La structure d’une éventuelle fusion entre ces deux groupes (Rio Tinto et Glencore, NDLR) reste incertaine et serait probablement complexe, mais nous estimons qu’il existe une voie vers une création de valeur significative pour les deux parties », ont commenté des analystes de Jefferies, cités par Reuters. Selon l’agence de presse, l’opération pourrait néamoins donner naissance « au plus grand groupe minier mondial, avec une capitalisation boursière combinée proche de 207 milliards de dollars ».
Ces discussions surviennent dans un contexte particulier. Le cuivre a signé une année 2025 exceptionnelle, avec une hausse de prix de 44 % et un record à 12 960 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME), porté par un dollar plus faible, la demande liée à l’intelligence artificielle et aux énergies renouvelables, ainsi que des perturbations minières. La dynamique reste favorable en 2026, selon les analystes.
Pour le cobalt, l’embargo sur les exportations imposé par la RDC a provoqué une hausse des prix de plus de 100 %, à 53 355 dollars la tonne au 31 décembre 2025. Mais le marché demeure exposé aux cycles de surproduction et à l’évolution technologique des batteries.
Dans ce paysage, la consolidation apparaît de plus en plus comme un levier pour sécuriser des volumes, mutualiser des investissements lourds et renforcer la résilience des groupes face à des cycles de marché devenus plus volatils. À titre d’illustration, le canadien Teck Resources et le britannique Anglo American ont été cités parmi les acteurs engagés dans des discussions de consolidation. Si elle se concrétise, cette opération pourrait créer l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de cuivre, avec une capitalisation boursière de plus de 50 milliards de dollars.
Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin
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La République démocratique du Congo (RDC) avance vers la validation de sa stratégie nationale dédiée aux minéraux et métaux critiques. Le ministère des Mines a lancé, le 7 janvier 2026 à Lubumbashi (Haut-Katanga), les travaux de validation du projet de stratégie.
Prévues pour s’achever le 8 janvier, ces sessions doivent notamment examiner les orientations liées à la promotion de la transformation locale, au développement d’une industrialisation durable, au respect des normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG), à la mobilisation des énergies propres, au renforcement des capacités humaines et technologiques, ainsi qu’à l’amélioration de la gouvernance du secteur et au partage des bénéfices avec les communautés locales.
Selon le ministère des Mines, le projet de stratégie a été élaboré par des experts congolais et africains, avec l’appui de Southern Africa Resources Watch (SARW), partenaire technique et financier du secteur minier congolais depuis près de vingt ans.
Le document ambitionne de doter le pays d’un cadre opérationnel consensuel, orienté vers la diversification économique, l’industrialisation, la création d’emplois et la valorisation des ressources minières nationales.
Le ministère précise que cette étape s’inscrit dans un processus plus large d’élaboration d’une feuille de route visant à repositionner la RDC comme un acteur industriel majeur dans la chaîne de valeur mondiale des minéraux et métaux critiques, essentiels à la transition énergétique et à l’industrialisation verte.
Dans un rapport publié le 20 mars par le Natural Resource Governance Institute (NRGI), intitulé « La République démocratique du Congo face aux enjeux de la transition énergétique : transformer la richesse minière en levier de développement durable », les experts soulignent la nécessité pour la RDC de se doter d’un cadre stratégique cohérent afin de garantir une transition énergétique bénéfique aux populations.
Le rapport pointe notamment le déficit de coordination interinstitutionnelle, les conflits d’intérêts, la politisation de l’action publique et la faible inclusion des parties prenantes, des facteurs qui ont freiné l’émergence d’un cadre harmonisé entre les secteurs minier et énergétique.
La RDC demeure confrontée au défi de la transformation locale de ses ressources minières. D’après un rapport du réseau Publish What You Pay (PWYP), le pays dispose d’un potentiel significatif pour capter davantage de valeur ajoutée, dans un contexte marqué par une croissance soutenue de la demande mondiale en minerais stratégiques liée à la transition vers des économies à faibles émissions de carbone.
Ronsard Luabeya
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Dans son communiqué annonçant la première production d’anodes de cuivre de la nouvelle fonderie du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, Ivanhoe Mines, développeur du projet, associe cette mise en production à un investissement total de 1,1 milliard de dollars.
Dans une déclaration incluse dans ce document, le fondateur et co-président exécutif du groupe, Robert Friedland, indique que cette étape constitue « l’aboutissement d’un investissement de 1,1 milliard de dollars ».
Ce montant s’écarte de l’estimation qui avait été communiquée lors des phases initiales du projet. Dans un communiqué daté du 18 novembre 2021, Ivanhoe Mines indiquait que le coût en capital attendu se situait « dans la région de 700 millions de dollars » pour la fonderie, en précisant que ce financement devait provenir des flux de trésorerie de Kamoa-Kakula.
La compagnie n’a pas indiqué explicitement les raisons de l’écart entre l’estimation de 2021 et l’investissement annoncé en 2026. Mais il apparaît que le montant de 1,1 milliard de dollars intègre des coûts connexes, d’autant que le projet a été réalisé sur le même modèle que celui présenté en 2021 : une installation direct-to-blister, dotée d’une capacité nominale de 500 000 tonnes par an de cuivre blister, avec un sous-produit d’acide sulfurique et des standards d’émissions alignés sur ceux de la Société financière internationale, une institution du groupe de la Banque mondiale.
Pour produire les premières anodes de cuivre, il a non seulement fallu construire la fonderie, mais également installer un système d’alimentation électrique sans interruption. Selon Ivanhoe Mines, ce dispositif de 60 MW peut fournir jusqu’à deux heures d’alimentation instantanée de secours à la fonderie, la protégeant contre les fluctuations de tension du réseau national congolais.
Pour obtenir les 50 MW d’électricité propre qui ont permis la mise en service de la fonderie, il a par ailleurs fallu réhabiliter la turbine 5 du barrage hydroélectrique d’Inga II (178 MW). Un investissement que Kamoa Copper, propriétaire du complexe cuprifère, estime à 450 millions de dollars, en incluant les travaux de modernisation du réseau toujours en cours.
Boaz Kabeya
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La banque américaine Morgan Stanley anticipe un prix de l’or à 4 800 dollars l’once au quatrième trimestre 2026, selon une note publiée le 5 janvier 2026 et relayée par plusieurs médias internationaux. Cette projection, si elle se concrétise, dépasserait les sommets atteints fin 2025 par le métal jaune.
Dans son analyse, Morgan Stanley met en avant plusieurs facteurs susceptibles de soutenir le cours de l’or. La banque cite notamment la perspective de nouvelles baisses des taux d’intérêt, un changement de leadership attendu à la tête de la Réserve fédérale américaine, ainsi que la poursuite des achats d’or par les banques centrales et certains fonds d’investissement.
Des taux d’intérêt plus bas réduisent en effet le rendement des placements obligataires, ce qui tend historiquement à renforcer l’attrait de l’or — un actif qui ne génère pas de revenu mais est perçu comme une réserve de valeur.
La note mentionne également les récents événements au Venezuela comme un facteur susceptible de renforcer la position de l’or en tant que valeur refuge, sans toutefois les intégrer explicitement dans la construction de sa prévision chiffrée.
D’autres analystes encore plus optimistes
La projection de Morgan Stanley s’inscrit dans le prolongement d’un cycle haussier amorcé bien plus tôt que prévu. Dès octobre 2025, l’or avait franchi pour la première fois le seuil symbolique des 4 000 dollars l’once, prenant de vitesse les prévisions de plusieurs institutions financières.
Le métal précieux a ensuite atteint un record historique à 4 549,71 dollars l’once le 26 décembre 2025, et a terminé l’année sur une progression annuelle d’environ 64 %, sa meilleure performance depuis 1979, selon les données de marché.
Si Morgan Stanley s’attend à ce que la tendance haussière se poursuive en 2026, d’autres analystes sont encore plus optimistes. JP Morgan, Bank of America ou encore le cabinet Metals Focus ont précédemment évoqué la possibilité que le prix du métal jaune dépasse le seuil des 5 000 dollars l’once cette année.
Le marché est suivi de près par de nombreux pays producteurs, notamment en Afrique, où l’or constitue une source importante de revenus d’exportation et de recettes publiques.
Agence Ecofin
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La nouvelle fonderie du complexe cuprifère Kamoa-Kakula, situé dans la province du Lualaba et opéré par Kamoa Copper SA, a produit ses premières anodes de cuivre pur à 99,7 % le 29 décembre 2025. Ivanhoe Mines, développeur et actionnaire du projet, en a fait l’annonce le 2 janvier 2026. Il s’agit d’une avancée industrielle notable pour ce complexe minier, dont la montée en puissance est suivie de près par les observateurs du marché des métaux.
D’un coût annoncé de 700 millions de dollars, la fonderie vise une capacité nominale de traitement de 500 000 tonnes de concentré par an, ce qui en fait, selon Ivanhoe, la plus grande installation de ce type en Afrique. L’infrastructure permettra, à terme, de transformer sur place le concentré issu des trois unités de traitement du site minier.
En attendant sa pleine montée en régime, la compagnie prévoit que ses ventes de cuivre excéderont sa production annuelle, en raison de la commercialisation progressive de stocks antérieurs constitués avant l’entrée en service de la fonderie.
Jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an
Le site produira également jusqu’à 700 000 tonnes par an d’acide sulfurique, un sous-produit utilisé dans l’industrie minière régionale et dont la demande s’est accrue depuis l’interdiction d’exportation imposée par la Zambie en septembre 2025. Les premières ventes ont d’ores et déjà été conclues, selon la compagnie.
Au-delà des chiffres, cette entrée en production concrétise un changement de paradigme industriel pour Kamoa-Kakula. Depuis sa mise en service en 2021, la mine exportait la majeure partie de son concentré de cuivre vers des fonderies situées hors du territoire congolais. Une partie — environ 35 % selon plusieurs sources concordantes — était également traitée localement à l’usine de Lualaba.
« Cette installation livrera les anodes de cuivre congolais de la plus haute qualité aux marchés internationaux, établissant une nouvelle référence mondiale en termes d’échelle, d’efficacité et de durabilité », a commenté l’homme d’affaires canado-américain Robert Friedland, l’un des dirigeants d’Ivanhoe Mines.
La construction d’une fonderie sur site s’inscrit dans une logique de valorisation locale formulée dès 2021 par la compagnie, afin de réduire les coûts logistiques — le volume de cuivre contenu par chargement étant plus élevé une fois transformé —, de sécuriser les débouchés et de diversifier ses sources de revenus.
D’après les dernières données disponibles, l’ensemble de la production d’anodes de la fonderie est déjà couvert par des contrats de vente à long terme, conclus avec les groupes chinois CITIC Metal et Zijin Mining, ainsi qu’avec le négociant suisse Trafigura.
Un marché sous tension
L’entrée en production de cette infrastructure survient dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre mondiale de cuivre et d’anticipations haussières sur les prix. Le cours du métal rouge a affiché une tendance haussière en décembre et s’est même approché des 13 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME) en fin de mois, porté par l’anticipation de droits de douane américains sur les importations de cuivre raffiné, ainsi que par les préoccupations sur l’approvisionnement.
Parmi les facteurs d’inquiétude figurent plusieurs incidents survenus en 2025, dont un séisme ayant affecté Kamoa-Kakula en mai dernier. Ce sinistre a conduit Ivanhoe à revoir à la baisse ses prévisions de production, désormais attendue à environ 420 000 tonnes en 2025 et 2026, contre plus de 500 000 initialement escomptées.
Dans ce climat, plusieurs analystes s’attendent à une poursuite de la hausse des prix au cours des prochains mois. Le groupe Citigroup estime que le cuivre pourrait dépasser 13 000 dollars la tonne d’ici le deuxième trimestre 2026 et anticipe une hausse de 2,5 % de la consommation mondiale finale sur l’année. Gregory Shearer, stratège métaux chez J.P. Morgan, considère que la conjonction entre « stocks disloqués » et « perturbations aiguës de l’offre minière » crée les conditions d’un marché haussier durable.
Cette dynamique confère à l’entrée en production de la fonderie de Kamoa-Kakula une signification particulière, tant pour les actionnaires que pour le pays hôte, en offrant un levier économique supplémentaire.
Pour rappel, le complexe minier est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, 39,6 % par le groupe chinois Zijin Mining, 20 % par l’État congolais, et 0,8 % par Crystal River Global Limited.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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NIU Invest SE, actionnaire majoritaire de Critical Metals, a accordé à cette dernière un prêt de 2,1 millions de livres sterling, soit environ 2,84 millions de dollars américains, afin de financer notamment ses activités sur le projet cuprifère et cobaltifère de Molulu, situé à près de 100 kilomètres au nord de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Ce financement, annoncé par l’entreprise le 31 décembre 2025, est consenti sur une échéance de 18 mois, avec un taux d’intérêt de 10 % l’an, payable à la fin de la période.
Selon les termes communiqués, ce prêt prend la forme d’une obligation convertible, un mécanisme qui permet à NIU Invest SE de convertir, à tout moment et sous certaines conditions, le montant prêté en parts dans le capital de Critical Metals. C’est par ce même type de mécanisme que la société d’investissement a progressivement renforcé sa position au capital, portant sa participation à 69,62 % et s’imposant comme actionnaire de contrôle.
Ce financement apporte un nouveau souffle à Critical Metals, dont le projet de Molulu, détenu à 70 %, n’a pas encore généré de ventes commerciales. L’entreprise évolue toujours dans le rouge. Pour l’exercice financier clos le 30 juin 2025, elle a enregistré des pertes d’environ 2,4 millions de livres sterling, en baisse d’environ 13 % par rapport à l’exercice précédent, clos le 30 juin 2024, au cours duquel les pertes s’élevaient à près de 2,8 millions de livres.
D’après le rapport financier, cette amélioration relative s’explique principalement par une réduction d’environ 25 % des charges salariales, combinée à des coupes importantes dans les effectifs en République démocratique du Congo (RDC), notamment parmi les techniciens. Les mesures de réduction des coûts ont également concerné la direction, avec des baisses de rémunération du poste de directeur général allant jusqu’à 30 % depuis le 1er janvier 2025.
Premières ventes annoncées en 2026
Parallèlement à ces ajustements financiers, Critical Metals a connu plusieurs changements à sa tête. Après la démission de Russell Fryer le 4 septembre 2025, remplacé par Ali Farid Khwaja, ce dernier a à son tour quitté ses fonctions le 16 décembre 2025. Depuis cette date, Danilo Lange assure le rôle de directeur général par intérim.
Dans son annonce, l’entreprise présente Danilo Lange comme un dirigeant international expérimenté, fort de plus de 25 ans de carrière dans les secteurs minier, des biens de consommation et du marketing. Il a notamment occupé des postes de direction au sein de groupes tels que Yahoo et Red Bull, et a précédemment été directeur général de Auriant Mining AB, une société minière suédoise cotée sur la bourse américaine Nasdaq.
Selon Critical Metals, son profil est jugé adapté pour accompagner l’entreprise dans une phase de transition, alors que le conseil d’administration mène un processus de recherche pour un directeur général permanent.
Ce prêt accordé par NIU Invest traduit une nouvelle fois la confiance de l’actionnaire majoritaire dans le potentiel du projet de Molulu, malgré des résultats financiers négatifs enregistrés depuis le lancement. Il permet à l’entreprise de sécuriser le financement de ses activités à court terme, dans l’attente d’une montée en puissance opérationnelle.
Selon le rapport le plus récent de Critical Metals, les premières ventes de minerais issues de la mine de Molulu sont désormais envisagées à l’horizon de la mi-2026.
Timothée Manoke
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Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba (photo), a levé « partiellement et temporairement » la suspension des activités minières et commerciales des entités de traitement des minerais artisanaux de la filière cuivre-cobalt localisées dans le Lualaba, province qui abrite la plus importante activité artisanale de cette filière. L’annoncé est contenue dans un communiqué publié le 5 janvier 2026, à l’issue des travaux de contrôle de conformité menés à Kolwezi.
« À l’issue des travaux de la commission (instituée le 26 décembre), organisée en trois sous-commissions (administrative et juridique, technique, et traçabilité et conformité), il a été constaté une violation par toutes les entités de traitement du Code et du Règlement miniers », indique le communiqué.
La décision du ministre apparaît ainsi comme une mesure transitoire, le temps pour les acteurs concernés de régulariser leur situation. « Le maintien ou la levée définitive de la suspension restera conditionné par la régularisation effective de chaque entité de traitement », précise le document.
#RDC_MINES | COMMUNIQUÉ DE PRESSE pic.twitter.com/06YGkQgwcv
— Ministère des Mines - RDC (@MinMinesRDC) January 5, 2026
Selon le communiqué, chaque entité de traitement recevra, dans un délai de 72 heures à compter de sa publication, une notification individuelle. Celle-ci détaillera, au cas par cas, les mesures d’accompagnement requises pour la réparation des griefs administratifs, techniques et de traçabilité reprochés et précisera également, le cas échéant, les pénalités financières à acquitter, conformément aux dispositions de la loi minière en vigueur.
Toutefois, la société Luilu Resources n’est pas concernée par cette levée partielle. Selon le ministère, l’entreprise n’a présenté aucun document probant relatif aux aspects techniques et à la traçabilité des minerais devant la commission de contrôle. Elle est sommée de se présenter à nouveau devant la commission à Lubumbashi, dans un délai de trois jours, avec les pièces requises, sous peine de sanctions proportionnelles à la gravité des manquements constatés.
Mesure transitoire pour le Haut-Katanga
Pour le Haut-Katanga, autre province à forte activité artisanale dans la filière cuivre-cobalt, une mesure transitoire a également été prise. En attendant les conclusions du contrôle, les entités de traitement sont autorisées, à titre provisoire, à recevoir les minerais déjà présents sur les sites artisanaux légaux ou tolérés.
Cette opération se fera sous l’encadrement des services provinciaux compétents, notamment la division provinciale des Mines, la direction provinciale du SAEMAPE, le ministère provincial des Mines, ainsi que les représentants des coopératives et des négociants.
Depuis le 19 décembre 2025, les activités de toutes les entités de traitement des minerais artisanaux de la filière cuivre-cobalt sont suspendues sur l’ensemble du territoire. Le ministre des Mines rappelle que cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière.
Elle vise à assainir la chaîne d’approvisionnement des minerais artisanaux, tout en assurant le respect des principes de diligence raisonnable de l’OCDE et du Manuel national de traçabilité.
Ronsard Luabeya
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Les quotas d’exportation accordés aux producteurs de cobalt en République démocratique du Congo (RDC) pour le dernier trimestre 2025 pourront être utilisés jusqu’au 31 mars 2026. C’est ce qu’a déclaré le régulateur congolais dans un communiqué daté du dimanche 28 décembre, cité notamment par Reuters.
Cette annonce vient lever des incertitudes créées par les goulots d’étranglement dans le nouveau processus d’exportation du cobalt congolais. Après avoir imposé un embargo sur les expéditions de ce métal stratégique pour l’industrie des batteries de véhicules électriques, Kinshasa l’a remplacé, en octobre, par un régime de quotas d’exportation.
Selon ce système, 18 125 tonnes de cobalt étaient prévues à l’exportation entre octobre et décembre 2025. Toutefois, plusieurs entreprises n’ont pas pu utiliser leurs quotas, alors que le cadre réglementaire n’autorise pas, en principe, le report des quotas d’une année sur l’autre.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a affirmé il y a quelques jours que les exportations de cobalt avaient « repris » le 19 décembre, sans fournir de précisions sur les volumes exportés ni sur les compagnies concernées.
CMOC, l’un des principaux producteurs de cobalt en RDC et titulaire d’un quota d’exportation de 6 650 tonnes pour le quatrième trimestre 2025, a indiqué que les premières cargaisons ne devraient pas quitter le pays avant janvier. Le processus administratif s’est poursuivi durant les dernières semaines de 2025, avec notamment le prélèvement d’échantillons en vue des premières expéditions sous le nouveau régime.
Si l’incertitude liée aux quotas non utilisés en 2025 se dissipe, d’autres défis demeurent pour le gouvernement congolais, qui doit démontrer sa capacité à appliquer durablement ce nouveau cadre.
L’embargo imposé en février, dans un contexte de marché excédentaire pesant sur les prix, a coïncidé avec une envolée des cours du métal, qui ont progressé de plus de 100 % et ont clôturé l’année à plus de 53 355 dollars la tonne.
Si l’objectif d’amélioration des prix semble atteint, Kinshasa doit aussi gérer les risques de substitution du cobalt par d’autres métaux. Certains analystes avertissent que les restrictions sur l’offre congolaise pourraient pousser les industriels à accélérer leurs efforts pour se détourner du cobalt dans la fabrication des batteries électriques.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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Les prix du cuivre ont franchi un nouveau cap sur le London Metal Exchange (LME), s’approchant du seuil de 13 000 dollars la tonne, rapporte Bloomberg lundi 29 décembre. Selon l’agence, le métal a progressé jusqu’à 6,6 % pour atteindre 12 960 dollars la tonne à Londres, avant de se stabiliser autour de 12 920 dollars en cours de séance asiatique le 29 décembre.
Sur l’ensemble du mois de décembre, le cuivre affiche une hausse de plus de 15 %. Cette progression est attribuée à l’anticipation d’éventuels droits de douane américains sur le cuivre raffiné. En prévision de ces mesures, encore non actées, des négociants ont accru les expéditions de métal vers les États-Unis, contribuant à réduire les stocks disponibles dans le reste du monde. Sur le marché américain, les contrats à terme sur le Comex s’échangeaient par ailleurs à des niveaux supérieurs à ceux du LME.
Cette évolution intervient alors que les analystes du groupe financier américain Citigroup ont indiqué en début de mois que le prix du cuivre pourrait dépasser la barre des 13 000 dollars la tonne d’ici le deuxième trimestre 2026. « Nous sommes convaincus que le cuivre dispose d’un potentiel haussier jusqu’en 2026, soutenu par plusieurs facteurs favorables, notamment un environnement fondamental et macroéconomique progressivement plus porteur », avaient-ils déclaré, en prédisant une hausse de 2,5 % de la consommation mondiale finale l’an prochain.
Ces prévisions sont partagées par Gregory Shearer, responsable de la stratégie métaux de base et métaux précieux chez J.P. Morgan. « Dans l'ensemble, nous pensons que ces dynamiques uniques, mêlant inventaires disloqués et perturbations aiguës de l’offre minière, installent un cadre résolument haussier pour le cuivre et suffisent à propulser les prix au-delà de 12 000 dollars la tonne au premier semestre 2026 », a-t-il déclaré.
L’approvisionnement mondial en cuivre alimente les inquiétudes des observateurs depuis plusieurs incidents survenus cette année. À titre d’illustration, en mai, la compagnie Ivanhoe, active en RDC sur l’un des plus grands projets au monde, a rapporté un incident sismique qui l’a conduite à réduire ses objectifs de production pour 2025 et 2026. Alors que l’entreprise visait initialement au moins 500 000 tonnes de cuivre en 2025, elle n’en attend plus que 420 000 tonnes au maximum, un niveau également anticipé pour 2026.
De même, un glissement de terrain à Grasberg, en Indonésie, deuxième plus grande mine de cuivre au monde, a contraint Freeport-McMoRan à réduire de 35 % sa production prévue en 2026.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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Depuis le 19 décembre 2025, les activités de toutes les entités de traitement des minerais artisanaux de la filière cuivre-cobalt sont suspendues sur l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo (RDC). La décision est contenue dans un arrêté signé par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba.
Avec cette décision, l’État cible directement le maillon économique qui rend l’exploitation illégale rentable : l’aval. Une entité de traitement désigne une entreprise individuelle, une société commerciale ou une coopérative minière qui, par des procédés minéralogiques et/ou métallurgiques, obtient, à partir des minerais, un produit minier marchand sous forme de concentré ou de métal affiné ou raffiné. Elle est autorisée à s’approvisionner auprès des exploitants artisanaux, des négociants, des coopératives minières agréées et même des concessions minières en cours d’exploitation.
Selon le texte, il s’agit d’une mesure « conservatoire » destinée à permettre un audit généralisé. À cet effet, une commission ad hoc a été instituée. Elle est chargée de vérifier la conformité administrative, juridique et technique de toutes les entités de traitement, ainsi que la traçabilité et l’origine licite des minerais traités.
La composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement de cette commission seront fixées par un autre arrêté. Mais l’arrêté prévoit déjà un calendrier serré : les entités suspendues disposent de dix jours francs à compter de la notification pour transmettre à la commission l’ensemble des éléments probants attestant leur conformité au cadre légal et réglementaire, ainsi que toute preuve relative à l’origine licite de leurs approvisionnements. La commission dispose ensuite de quinze jours, à compter de la réception du dossier complet, pour mener ses travaux. Elle est tenue de remettre son rapport au ministre dans un délai de sept jours ouvrables après la fin de l’audit. La reprise des activités dépendra de la capacité des opérateurs à démontrer leur conformité.
Pour justifier cette décision, le ministre des Mines affirme que plusieurs entités de traitement s’approvisionnaient en minerais issus de concessions industrielles sans autorisation des titulaires de droits miniers, alimentant l’envahissement des périmètres concédés et la fraude. Il estime également qu’elles ne respectent pas les exigences de diligence raisonnable prévues par le guide de l’OCDE, ce qui jetterait le discrédit sur les produits congolais.
Décision saluée par les industriels
La décision est soutenue par plusieurs opérateurs miniers industriels. « C’est une bonne décision. Trop d'entités de traitement violent les règles et enrichissent les réseaux criminels qui pillent les minerais », se réjouit un membre de la Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo, contacté par Bankable. Selon la FEC, Eurasian Resources Group (ERG) aurait déjà perdu près de 3 milliards de dollars à cause de la spoliation de ses gisements.
Au-delà de la réduction de la pression sur les concessions industrielles et de la restauration de la crédibilité internationale des produits congolais, la mesure pourrait également renforcer le rôle de l’Entreprise générale du cobalt (EGC). Pour permettre à la filiale de la Gécamines d’exercer pleinement son monopole sur le négoce artisanal des minerais stratégiques comme le cobalt, le président Félix Tshisekedi avait demandé, lors d’un Conseil des ministres tenu le 13 juin 2025, l’application stricte de toutes les règles — y compris les sanctions — contre les usines et entités de traitement qui achètent illégalement du cobalt artisanal en contournant le monopole légal de l’EGC.
À court terme, la suspension des entités de traitement pourrait perturber l’écosystème artisanal et générer des tensions sociales, notamment pour les coopératives et les négociants locaux. L’arrêt des unités de traitement du cuivre et du cobalt artisanal devrait entraîner une perte immédiate de débouchés pour la filière. L’ampleur de l’impact dépendra toutefois de la capacité de l’État à faire respecter sa décision.
Bien que contribuant de manière marginale à la production du cuivre et du cobalt du pays, l’exploitation artisanale emploierait entre 1,5 et 2 millions de Congolais et ferait vivent indirectement plus de 10 millions de personnes, selon les estimations d’EGC.
Pierre Mukoko
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La société britannique Rome Resources évalue le potentiel économique d’une exploitation du cuivre sur le projet Bisie North, en République démocratique du Congo (RDC). Dans une mise à jour publiée le 23 décembre 2025, l’entreprise indique être en bonne voie pour finaliser les études engagées à cette fin, sur un projet où l’étain demeure, à ce stade, le principal produit d’exploration.
« Au cours de l'année, des travaux métallurgiques ont également été commandés afin d'évaluer les procédés de traitement permettant de récupérer économiquement les importantes ressources de cuivre situées au-dessus des zones d'étain de Mont Agoma. La première phase de ces travaux est presque terminée et les résultats sont attendus prochainement », peut-on lire dans la note publiée par la société.
Publiée fin octobre 2025, la première estimation de ressources de Rome Resources a mis en évidence un système polymétallique à Bisie North, faisant ressortir 10 600 tonnes d’étain et 46 900 tonnes de cuivre. C’est ce potentiel cuprifère que la société cherche désormais à mieux valoriser à travers les travaux métallurgiques en cours.
Ces travaux consistent en une série de tests destinés à évaluer les conditions dans lesquelles l’exploitation du cuivre pourrait être économiquement viable, notamment par l’identification du procédé de traitement le plus adapté et l’évaluation de la qualité du produit final.
En s’intéressant à la valorisation des ressources de cuivre de Bisie North, Rome Resources cherche également à se positionner sur un marché stratégique. Essentiel à des secteurs clés tels que l’électronique, les énergies renouvelables et la mobilité électrique, le cuivre s’impose aujourd’hui comme un métal critique. Dans ce contexte, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) alerte sur le risque d’un déficit d’approvisionnement à l’horizon 2035, sous l’effet d’une demande appelée à croître fortement.
La capacité de Rome Resources à tirer parti de ces opportunités dépendra toutefois de l’issue des travaux en cours, aucun élément ne permettant à ce stade d’en apprécier les chances de succès. En attendant, la société prévoit de poursuivre ses efforts d’exploration, avec le lancement d’une nouvelle campagne de forage au premier trimestre 2026.
Aurel Sèdjro Houenou, Agence Ecofin
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Le groupe chinois China Molybdenum Company (CMOC), opérateur des projets miniers Tenke Fungurume Mining (TFM) et Kisanfu Mining (KFM) en République démocratique du Congo, envisage de porter le volume global de ses investissements dans le pays à 8 milliards de dollars américains. L’annonce a été faite le 16 décembre 2025 au ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, lors d’une audience à Kinshasa, selon ses services de communications.
Mais ni la nature ni le calendrier des futurs projets envisagés dans le pays n’a été précisé. Il a juste été rapporté que CMOC a réaffirmé sa volonté d’accroître ses engagements au regard du potentiel minier congolais et de l’amélioration progressive du climat des affaires.
En octobre 2025, le groupe chinois a obtenu l’approbation de son conseil d’administration pour lancer un projet d’expansion de la mine de Kisanfu, d’un coût estimé à 1,08 milliard de dollars. Ce programme vise à augmenter la production annuelle du site d’environ 100 000 tonnes de cuivre, avec une durée des travaux prévue sur deux ans et une mise en service attendue autour de fin 2027.
CMOC a acquis 80 % de Tenke Fungurume Mining (TFM) à 2,65 milliards de dollars en 2016 et 95 % de Kisanfu Mining pour environ 550 millions de dollars en 2020. D’autres injections de capital ont déjà été effectuées sur ces sites, notamment pour augmenter les capacités opérationnelles, même si les montants cumulés antérieurs n’ont pas fait l’objet de communication. Mais selon les données tirées des rapports annuels du groupe chinois, ces investissements dépasseraient les 3 milliards de dollars.
Lors de cette rencontre, la délégation de CMOC a également présenté son rapport annuel de production, faisant état d’une production d’environ 700 000 tonnes de cuivre sur ses opérations en RDC pour l’exercice 2025, confirmant ainsi son rôle prépondérant sur le marché minier congolais.
Le groupe a évoqué plusieurs difficultés opérationnelles, parmi lesquelles le déficit d’approvisionnement en énergie électrique et l’envahissement de certaines concessions par des exploitants artisanaux, qui perturbent la production et créent des tensions locales.
En réponse, le ministre des Mines a assuré que des solutions concertées seraient mises en œuvre avec l’ensemble des parties prenantes, insistant sur l’implication des communautés locales dans la recherche de réponses durables aux envahissements des sites miniers. Louis Kabamba Watum a également encouragé CMOC à anticiper des investissements dans la production locale d’énergie électrique, afin de réduire la dépendance aux importations en provenance de pays voisins.
Les échanges ont aussi porté sur des accords de coopération récemment conclus entre la RDC et d’autres partenaires internationaux, notamment les États-Unis. Le ministre a tenu à rassurer les représentants de CMOC que ces partenariats ne constituent aucune menace pour les investisseurs étrangers, y compris ceux de la République populaire de Chine, ni pour le cadre de coopération sino-congolais existant.
Ronsard Luabeya
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A partir du 17 décembre 2025, le guichet du Cadastre minier (Cami) en République démocratique du Congo suspend temporairement la réception des nouvelles demandes de droits miniers et de carrières de recherches. Cette décision, annoncée dans un communiqué publié le 15 décembre 2025, restera en vigueur « jusqu’à nouvel ordre », aucun délai de réouverture n’ayant été communiqué.
Le Cami précise que cette suspension ne concerne pas les opérations liées aux droits déjà existants. Les demandes de transformation et de renouvellement de droits miniers, ainsi que l’enregistrement des cessions, amodiations, options et autres actes afférents, continueront à être traitées.
Selon l’institution, cette décision s’inscrit dans le cadre du lancement des travaux d’assainissement du fichier cadastral, dont l’objectif est d’améliorer la fiabilité et la gestion du système cadastral.
Ces travaux prolongent ceux menés en juillet dernier. Le rapport publié en août 2025 indiquait que ces interventions avaient permis à l’État congolais de reprendre 594 titres miniers et de carrières, représentant 37 253 carrés miniers, soit une superficie de 31 648 kilomètres carrés — supérieure à celle de la Belgique.
Le rapport mentionnait également la régularisation administrative de 210 droits miniers placés en situation prolongée de force majeure, représentant 18 709 carrés miniers. Ces titres ont été reclassés comme actifs, rétablissant ainsi les obligations fiscales, sociales et techniques des entreprises concernées.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement vient de rappeler à l’ordre les sociétés minières opérant dans le Haut-Katanga et le Lualaba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), au sujet du respect des nouvelles règles encadrant les carburants destinés à la consommation du secteur. Une correspondance, signée le 10 décembre 2025 par les ministres des Hydrocarbures (Acacia Bandubola Mbongo) et des Mines (Louis Watum Kabamba-Photo), leur a été adressée dans ce sens.
Selon ce courrier, ce rappel à l’ordre fait suite au refus de plusieurs compagnies minières d’autoriser les agents de la Brigade de marquage des produits pétroliers à accéder à leurs sites pour contrôler leurs stocks de carburants. Ces inspections visent à vérifier que les produits pétroliers subventionnés par l’État — destinés aux ménages — n’ont pas été détournés pour un usage industriel dans les mines.
La loi de finances 2025 (article 22) exclut désormais les carburants terrestres et d’aviation (essence, kérosène, gasoil, fuel, pétrole lampant, GPL) destinés à l’activité minière ou cédés aux entreprises minières et à leurs sous-traitants de toute subvention publique, ainsi que de toute exonération de droits et taxes à l’importation, notamment les droits de douane et la TVA. Pour garantir l’application de cette mesure, les sociétés minières doivent désormais s’approvisionner sous douane, et utiliser des carburants faisant l’objet d’un marquage spécifique permettant de les distinguer des produits vendus en stations-service.
Depuis l’entrée en vigueur de cette disposition en août, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) soupçonne certains opérateurs miniers de contourner le dispositif. Des contrôles inopinés menés par la Brigade de marquage ont ainsi été lancés. Mais entre le 7 et le 12 septembre, plusieurs agents se sont vu interdire l’accès aux stocks pétroliers de certaines entreprises dans la province du Lualaba. D’où le rappel à l’ordre des ministres, qui appellent les acteurs miniers à une « bonne collaboration ».
Dans leur courrier, les ministres précisent que les missions de la Brigade de marquage moléculaire seront désormais systématiquement combinées à des contrôles administratifs menés par l’administration des Hydrocarbures. Ces vérifications porteront notamment sur les capacités installées de stockage, les volumes de carburants importés et consommés mensuellement, la disponibilité des déclarations douanières, ainsi que la validité des autorisations d’importation, de transport et de stockage pour autoconsommation.
Selon le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, cette réforme a eu un impact immédiat sur les recettes publiques : les importations de carburants ont généré plus de 63 milliards de francs congolais (FC) en août 2025 — soit un peu plus de 22 millions de dollars — contre seulement 4 milliards de FC (1,5 million USD) le mois précédent, soit une hausse de plus de 1 500 %.
Boaz Kabeya
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