Le groupe chinois China Minmetals Corporation (CMC), actionnaire majoritaire indirect de MMG, a exprimé son intérêt pour l’acquisition de nouveaux permis miniers en République démocratique du Congo (RDC), à l’issue d’une réunion tenue le 24 mars 2026 à Beijing avec le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba.
Selon la communication du ministère, les échanges ont porté sur l’extension des opérations du groupe dans le pays. China Minmetals a également manifesté son intérêt pour une collaboration technique avec le Service géologique national, dans l’objectif d’accélérer l’identification de nouveaux gisements.
Lors de cette réunion à Beijing, le ministre des Mines a rappelé les priorités stratégiques de la RDC, en mettant l’accent sur l’intensification de la recherche géologique, la transformation locale des ressources, la création d’emplois durables et le renforcement de la participation congolaise dans la chaîne de valeur minière.
Le ministère présente cette rencontre comme un signal en faveur d’un modèle fondé sur l’investissement productif, la valorisation locale des ressources et le développement durable du secteur minier congolais.
Kinsevere au cœur de la présence de CMC
En RDC, l’actif central du groupe est la mine de Kinsevere, exploitée par MMG, à environ 30 kilomètres au nord de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Historiquement centrée sur la production de cuivre, cette exploitation a fait l’objet d’une expansion destinée à intégrer le traitement du sulfure de cuivre et du cobalt.
Approuvé en mars 2022, ce projet visait un investissement total compris entre 550 et 600 millions de dollars, avec l’ambition d’atteindre, à pleine capacité, une production annuelle de 80 000 tonnes de cuivre cathodique et de 4 000 à 6 000 tonnes de cobalt. Dans ce cadre, un financement de 300 millions de dollars avait été accordé en décembre 2023 par Top Create Resources Limited, une entité liée au groupe CMC.
Après l’achèvement mécanique du projet d’expansion en septembre 2024, MMG visait pour 2025 une production comprise entre 63 000 et 69 000 tonnes de cuivre cathodique à Kinsevere. Cet objectif n’a finalement pas été atteint. Selon les résultats opérationnels publiés par MMG, la mine a produit 52 791 tonnes de cuivre en 2025, soit une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente. Cette progression traduit néanmoins la montée en puissance graduelle du projet d’expansion.
Ronsard Luabeya
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La déclinaison congolaise de PanAfGeo+ Invest, un programme financé par l’Union européenne (UE) visant à renforcer les services géologiques et la gestion des données du sous-sol en Afrique, a été conclue le 19 mars 2026 à Kinshasa. L’accord a été signé par le ministre congolais des Mines, Louis Watum, et le chargé d’affaires par intérim de la délégation de l’UE en RDC, Fabrice Basile.
Pour la RDC, le programme vise notamment à consolider la base nationale de données géoscientifiques, à valoriser les archives historiques, à conduire des travaux de reconnaissance géologique dans plusieurs provinces et à réaliser des études sur certaines zones d’exploitation artisanale. L’objectif affiché est double : améliorer la connaissance du sous-sol congolais et mieux orienter les décisions d’investissement.
PanAfGeo+ Invest s’inscrit dans la continuité de PanAfGeo (2016-2024), qui aurait permis de former près de 1 750 géoscientifiques africains. À travers ce programme, l’UE prévoit d’investir 45 millions d’euros dans sept pays africains entre 2026 et 2029 pour soutenir la technologie et les géosciences. La RDC se voit attribuer près de 11 millions d’euros, soit près du quart du financement.
Pour le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), qui coordonne le programme, il s’agit d’accompagner des projets présentant un intérêt pour les partenaires européens. Dans cette perspective, l’UE a annoncé, le même 19 mars, une enveloppe additionnelle de 6 millions d’euros pour finaliser la digitalisation des archives géologiques du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, en Belgique. Ce projet de numérisation, engagé depuis 2023, figure parmi les raisons évoquées par Bruxelles pour s’opposer au projet de numérisation des mêmes archives confié par la RDC à l’entreprise américaine KoBold Metals.
Pour l’heure, on ignore le sort qui sera finalement réservé au projet confié à KoBold. « Le sous-sol est un patrimoine de la RDC. Tous les partenaires qui nous aident à mieux connaître notre patrimoine sont les bienvenus. Nous allons travailler avec eux », a commenté le ministre Louis Watum.
Avec ces développements, l’UE renforce son accès aux données géologiques en RDC, devenues un levier stratégique dans la compétition internationale pour les minerais critiques. D’autant que l’entreprise espagnole Xcalibur a également décroché, en début d’année, un marché de 298 millions de dollars pour des travaux de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national de la RDC.
Boaz Kabeya
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Le ministère congolais des Mines a annoncé, le 18 mars 2026, le déploiement d’une mission conjointe de contrôle sur le site de Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du groupe China Molybdenum Company (CMOC), à la suite d’accusations de pollution de l’air affectant des communautés locales dans la province du Lualaba. Selon un communiqué officiel, cette décision fait suite à la publication d’un rapport de l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA), qui évoque une dégradation de la qualité de l’air dans la zone entourant la mine.
Pour le ministère, les dénonciations contenues dans le rapport de l’EIA reposent, à ce stade, « essentiellement sur des allégations non vérifiées » par des procédures scientifiques et techniques. La mission est donc déployée afin de procéder à des analyses techniques approfondies, notamment au contrôle de la qualité de l’air, à la conformité des rejets industriels et au respect des normes environnementales et sociales en vigueur. Un rapport détaillé est attendu à l’issue de ces investigations et pourrait, le cas échéant, déboucher sur des mesures administratives, environnementales ou judiciaires.
Selon le communiqué du ministère des Mines, cette mission a été décidée lors d’une réunion de concertation tenue le 18 mars 2026 avec les responsables de la société TFM. À cette occasion, l’entreprise minière a également été invitée à présenter les éléments techniques attestant du respect de ses obligations environnementales.
Dans son rapport, l’EIA cible surtout l’usine de traitement de TFM. C’est dans cette installation, dénommée 30K, que CMOC transforme le minerai de cuivre-cobalt en hydroxyde de cobalt. Présentée comme la plus grande du monde, elle a été mise en service en 2023. Et depuis cette année-là, affirme le document, on observe un niveau élevé de dioxyde de soufre dans la zone ainsi qu’une augmentation des pathologies respiratoires.
L’ONG affirme s’appuyer sur l’analyse de plus de 1 200 dossiers médicaux, évoquant notamment des cas de toux, de bronchites et de pneumonies parmi les populations riveraines et certains travailleurs. De son côté, TFM conteste ces conclusions et rejette tout lien entre ses activités et les problèmes de santé signalés.
Cette mission intervient dans un contexte de renforcement du suivi environnemental dans le secteur minier congolais. En janvier 2026, les autorités avaient notamment exigé des entreprises minières la preuve de la constitution de garanties financières pour la réhabilitation des sites, ainsi que la transmission de leurs plans environnementaux approuvés.
CMOC figure parmi les principales entreprises du secteur en RDC. À travers ses deux filiales, TFM et Kisanfu, le groupe a exporté 747 468 tonnes de cuivre en 2025, selon les statistiques minières provisoires. Ces volumes représentent 22 % des exportations totales de la RDC. CMOC est par ailleurs un important producteur de cobalt. Avant l’embargo de 2025, le groupe avait exporté près de 96 000 tonnes de cobalt, soit près de 50 % des exportations totales du pays.
Ronsard Luabeya
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La société minière MCC Ressources, active dans l’exploitation de l’or en Ituri, a annoncé la suspension de ses activités sur ses sites de Muchacha/Mavuvu, dans le territoire de Mambasa, à la suite de l’attaque armée survenue dans la nuit du 11 au 12 mars 2026.
Dans une correspondance relayée par des médias locaux, l’entreprise indique avoir interrompu ses opérations à partir du 12 mars et jusqu’à nouvel ordre, après une incursion armée ayant visé son périmètre d’exploitation. Selon la société, l’attaque a provoqué des pillages et des actes de sabotage sur ses installations. MCC Ressources précise toutefois n’avoir enregistré aucune perte en vie humaine sur ses propres sites, expliquant avoir procédé à l’évacuation préventive de son personnel plusieurs semaines avant les faits.
Dans un communiqué publié le 15 mars 2026, le gouvernement congolais a condamné avec fermeté cette attaque menée contre des sites miniers situés dans le périmètre de Muchacha. Les autorités indiquent que l’assaut, attribué aux ADF et revendiqué par l’organisation État islamique, a fait plusieurs morts, entraîné l’incendie d’installations et provoqué le déplacement de populations civiles.
MCC Ressources affirme suivre de près l’évolution de la situation sécuritaire avant d’envisager une reprise progressive de ses activités. L’entreprise figure parmi les opérateurs aurifères actifs dans cette partie de l’Ituri. D’après les statistiques minières provisoires de 2025, sa production s’est élevée à 168,47 kilogrammes d’or.
Zone aurifère stratégique, Muchacha reste exposée aux incursions de groupes armés. En août 2016, la localité avait déjà été frappée par une attaque attribuée aux Maï-Maï Simba, qui avait fait trois morts et donné lieu à plusieurs enlèvements. Plus récemment, en janvier 2026, des attaques attribuées aux ADF dans la chefferie de Walese Vonkutu, en territoire d’Irumu, ont causé la mort d’au moins 25 civils, illustrant la persistance de l’insécurité dans la province.
Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé, le 11 mars 2026, sa première raffinerie pilote d’or à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Dans une communication publiée le même jour, le ministère des Mines indique que l’unité, dénommée DRC Gold Refinery, est issue d’un partenariat entre l’entreprise publique DRC Gold Trading et Lunga Mining, une société active dans l’exploration et le développement de gisements aurifères dans les provinces du Maniema et du Tanganyika, selon les registres du Cadastre minier (CAMI).
Selon le ministère, cette raffinerie dispose d’une capacité de production estimée entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois. L’installation est présentée comme couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis l’achat de l’or jusqu’à son raffinage et à la production de lingots. Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a également affirmé que l’unité doit permettre à la RDC d’exporter de l’or raffiné avec une pureté de 99,9 %. Ces éléments doivent toutefois être lus comme les données avancées dans la communication officielle autour du projet.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de formalisation du commerce de l’or artisanal portée par DRC Gold Trading. Pour les autorités, l’enjeu est de réduire les pertes liées à la fraude et à la contrebande, tout en augmentant la valeur captée localement. Pour 2026, DRC Gold Trading ambitionne d’exporter entre 15 et 18 tonnes d’or artisanal, dans un contexte où l’État cherche à rapatrier davantage de devises et à mieux tracer l’or issu de l’exploitation artisanale.
Le lancement de Kalemie ne constitue toutefois pas la première tentative de raffinage d’or en RDC. En juillet 2023, la société Congo Gold Raffinerie, basée à Bukavu, avait vu son agrément retiré par le ministère des Mines avant son lancement. La décision officielle évoquait le non-respect des obligations sociales, notamment celles relatives au cahier des charges en matière de responsabilités sociétales. À l’époque, Congo Gold Raffinerie affirmait prévoir de raffiner environ 100 kilogrammes d’or dans son usine de Bukavu.
Ronsard Luabeya
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(AML HOLDINGS LLC) - AML Holdings LLC a annoncé la résiliation du protocole d'accord conclu avec Kerith Resources SARL en date du 28 juin 2025 concernant le projet de coentreprise d'exploitation minière de manganèse dans la province du Kongo Central, en RDC, avec Kerith Resources SARL, avec effet au 2 février 2026.
AML Holdings LLC a annoncé la résiliation du protocole d'accord conclu avec Kerith Resources SARL en date du 28 juin 2025 concernant le projet de coentreprise d'exploitation minière de manganèse dans la province du Kongo Central, en RDC, avec Kerith Resources SARL, avec effet au 2 février 2026.
Cette décision fait suite à de longues négociations sur le projet de pacte d'actionnaires et à une évaluation approfondie du cadre juridique et opérationnel du projet. Malgré les efforts déployés depuis la conclusion de la TICAD 9 pour trouver une voie juridiquement solide pour l'octroi de licences, et malgré de multiples engagements avec Kerith Resources SARL, il n'a pas été possible de parvenir à des conditions mutuellement acceptables en raison de divergences dans l'approche de l'obtention des permis miniers et de désaccords sur les droits et responsabilités des actionnaires.
AML Holdings LLC reste engagée à investir de manière responsable dans le secteur des minéraux critiques si des opportunités se présentent et souhaite à Kerith Resources SARL plein succès dans ses projets futurs.
Toute autre annonce publique faite en rapport avec l'investissement d'AML en RDC peut ne pas être exacte ou complète. La société ne saurait en être tenue responsable et décline expressément toute responsabilité à cet égard.

La transformation industrielle de la mine de coltan de Rubaya, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, nécessiterait un investissement compris entre 50 et 150 millions de dollars. Selon l’agence de presse Reuters, cette estimation figure dans la liste initiale de 25 actifs proposés aux investisseurs américains dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat stratégique sur les minerais critiques, signé entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis le 4 décembre dernier. D’après ce document, ces investissements permettraient d’accélérer une production commerciale structurée, avec un retour sur investissement jugé rapide en raison de la forte demande mondiale de tantale, métal stratégique extrait du coltan.
Selon les autorités congolaises, la mine de coltan de Rubaya présente un intérêt particulier pour Washington, dans le contexte des efforts américains visant à sécuriser des chaînes d’approvisionnement occidentales en matériaux critiques destinés aux industries électroniques, énergétiques et de défense. Le site est régulièrement présenté comme l’un des gisements de coltan les plus importants au monde. Il représenterait environ 15 % de la production mondiale de coltan, avec des teneurs en tantale comprises entre 20 % et 40 %.
Dans le cadre de l’accord entre Kinshasa et Washington, les entreprises américaines bénéficient d’un droit de première offre sur les actifs retenus. Bien avant la signature de cet accord, des groupes occidentaux avaient déjà manifesté leur intérêt pour le site. Selon Bloomberg, repris par plusieurs médias spécialisés, le négociant suisse Mercuria Energy Group et la société d’investissement TechMet, soutenue notamment par la U.S. International Development Finance Corporation (DFC), étudient la possibilité de développer et de moderniser l’exploitation du gisement de tantale situé près de Rubaya. Le Financial Times a également rapporté l’intérêt de l’homme d’affaires texan Gentry Beach, présenté comme proche de Donald Trump, à travers sa société America First Global.
Zone sous occupation
Malgré cette importance stratégique, l’exploitation du site reste largement artisanale et informelle. Ces conditions précaires sont régulièrement à l’origine d’accidents meurtriers. Dans un communiqué publié le 4 mars 2026, le ministère congolais des Mines a par exemple fait état d’un éboulement survenu le 3 mars sur les sites miniers de Rubaya, provoqué par de fortes pluies. Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de plus de 200 morts, dont environ 70 enfants, ainsi que de nombreux blessés évacués vers les structures sanitaires de Goma. Un nombre de victimes similaire avait déjà été évoqué après des éboulements de terrain survenus dans la mine fin janvier.
Dans ce contexte, l’industrialisation du site est présentée comme un moyen de sécuriser davantage l’exploitation et de réduire les risques humains, en remplaçant progressivement les pratiques artisanales par des opérations minières mieux encadrées. La concrétisation d’un tel projet reste toutefois conditionnée à une amélioration de la situation sécuritaire. Depuis avril 2024, la zone de Rubaya est passée sous le contrôle du mouvement rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda. Les experts des Nations unies ont indiqué que les minerais extraits dans la région sont en partie acheminés clandestinement vers le Rwanda, tandis que le groupe armé tirerait en moyenne 800 000 dollars par mois de la taxation de l’activité minière.
« Le développement des sites qui figurent sur la liste et se trouvent en zone occupée passe par le retrait des troupes rwandaises, tel que prévu dans l’accord de paix RDC-Rwanda conclu en juin 2025 », a indiqué, dans une interview accordée au journal Jeune Afrique en février dernier, le vice-Premier ministre congolais chargé de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, signataire pour son pays de l’accord stratégique avec les États-Unis.
Conscient de cela, Washington multiplie la pression sur Kigali. Le département du Trésor américain a annoncé, le 2 mars 2026, une nouvelle série de sanctions visant les Rwanda Defence Force (RDF) et quatre hauts responsables militaires. En 2025, les États-Unis avaient déjà sanctionné le groupe armé PARECO-FF, la Coopérative des artisans miniers du Congo (CDMC) et les entreprises chinoises East Rise Corporation et Star Dragon Corporation, accusés d’être impliqués dans le commerce illégal de minerais issus des sites de Rubaya.
Litige autour du permis
« Nous ne sommes pas les auteurs, mais les principales victimes », avait réagi la CDMC. L’entreprise avait par ailleurs accusé certains responsables congolais, « soutenus par des canaux diplomatiques et financiers opaques », de mener « un effort coordonné pour saper » la propriété de son permis minier à Rubaya.
Les registres miniers congolais indiquent que la Société aurifère du Kivu et du Maniema (SAKIMA), entreprise publique, détient le permis couvrant la zone de Rubaya. Mais ces droits sont contestés par la CDMC, qui estime que la concession revient à sa filiale Congo Fair Mining (CFM), coentreprise formée avec SAKIMA, qui y détient 30 % de parts. Cette position est confortée par des décisions rendues, notamment les 30 avril et 4 septembre 2025, par le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative congolaise.
Le contrat de joint-venture portant création de CFM, signé en 2020 entre SAKIMA et la CDMC, prévoyait la signature d’un contrat de cession du permis d’exploitation de la mine de Rubaya entre CFM et l’entreprise publique. Ce document aurait été signé le 11 mars 2021, donnant lieu à l’inscription de la cession du permis dans le registre du Cadastre minier en date du 20 mai 2022.
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait indiqué à Bloomberg en octobre 2025 vouloir réunir les parties pour discuter de ce dossier. À ce stade, on ignore si cette réunion a effectivement eu lieu à ce jour. Mais Kinshasa a bien intégré le gisement de coltan de Rubaya dans la liste des actifs miniers stratégiques proposés aux investisseurs américains. L’enjeu, pour les autorités congolaises, est désormais double : sécuriser le site et lever les ambiguïtés juridiques afin de rendre possible une industrialisation effective.
Pierre Mukoko et Timothée Manoke
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Le 24 février 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu les responsables du Conseil congolais de la batterie (CCB), chef d’orchestre de la stratégie nationale « batteries », et du Centre du commerce international (ITC). Au centre de l’audience : « un partenariat stratégique visant à développer des chaînes locales de transformation des minerais destinés aux batteries ».
Selon la communication officielle diffusée à l’issue de la rencontre, l’initiative prévoit un appui technique de l’ITC et l’accès à son réseau international pour accompagner la transformation locale, en identifiant des partenariats public-privé et des marchés cibles. Le projet est présenté comme transversal, mobilisant l’énergie, les mines, l’industrie, les infrastructures et le commerce.
Derrière ce cadrage, Kinshasa cherche à réduire la distance entre ses minerais et les marchés. Le recours à l’ITC — agence onusienne spécialisée dans l’appui au commerce et l’intégration des pays en développement dans les chaînes de valeur — suggère une approche centrée sur l’accès aux débouchés, aux standards et aux réseaux de partenaires, alors que la stratégie « batteries » peine encore à se traduire en investissements industriels finalisés.
Défis de pilotage interministériel
En mars 2025, le ministre de l’Industrie et du Développement des PME de l’époque, Louis Watum Kabamba, avait lancé les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo (Lualaba), destinée à accueillir des activités allant des précurseurs aux batteries, avec une possible extension vers l’assemblage. La zone couvre plus de 900 hectares. Les travaux sont évalués à plus de 200 millions de dollars, et un objectif d’environ 2 milliards de dollars d’investissements privés est avancé, avec 25 000 emplois directs et 60 000 indirects attendus.
Mais la dynamique d’exécution reste lente. En novembre 2025, lors d’un échange avec le ministre des Mines actuel — Louis Watum Kabamba — à l’occasion du forum Makutano, le directeur général d’Arise IIP, développeur impliqué dans plusieurs ZES en RDC dont Musompo, a regretté un ralentissement du dossier. « Après le départ du ministre (de la tête du ministère de l’Industrie en août dernier), on a l’impression que les choses se sont un petit peu effritées », avait affirmé Romain Deniel.
Ce dernier a rappelé que la mise en place d’une zone économique spéciale « nécessite l’intervention de quatre, cinq, parfois six ministères » et suppose donc « une coordination importante ». Il a ajouté qu’au-delà du montage administratif, la chaîne de valeur des batteries est un segment « très stratégique » qui requiert aussi « l’assentiment des opérateurs qui sont présents », car le projet est susceptible d’« avoir un impact sur la chaîne de valeur ».
Levier ITC
Cette séquence résume un point central : la transformation locale ne dépend pas seulement de la volonté politique ou des études techniques, mais de la capacité de l’État à maintenir un pilotage interministériel stable — mines, énergie, industrie, finances, infrastructures — et à composer avec les équilibres d’un secteur minier déjà structuré autour de chaînes d’exportation et d’acteurs dominants. Les arbitrages portent autant sur l’accès à l’énergie et aux infrastructures que sur les incitations fiscales, les exigences de contenu local, les conditions d’approvisionnement et la place des opérateurs existants dans le futur modèle industriel.
Dans ce contexte, la coopération annoncée avec l’ITC apparaît comme un levier complémentaire : pendant que les projets industriels cherchent encore leur vitesse de croisière, Kinshasa tente de sécuriser un autre maillon critique — l’accès aux marchés et aux partenaires. L’ITC pourrait contribuer à clarifier les débouchés, les normes et les exigences de traçabilité, à identifier des partenaires industriels ou financiers, et à structurer des chaînes de valeur compatibles avec les attentes des marchés internationaux. L’enjeu, pour la RDC, est d’éviter que la stratégie « batteries » reste cantonnée à des annonces de zones industrielles et de l’arrimer à des opportunités commerciales et industrielles concrètes.
Reste une inconnue majeure : le contenu opérationnel de ce partenariat. La communication officielle évoque un appui technique et un accès au réseau international de l’ITC, mais ne précise ni calendrier, ni livrables, ni volumes, ni segments industriels visés (raffinage, précurseurs, composants, assemblage).
Pierre Mukoko et Boaz Kabeya
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Un mois après la signature d’un second contrat de 297,8 millions de dollars avec le ministère des Mines, Xcalibur Multiphysics Group s’apprête à déployer la deuxième phase du projet de cartographie géophysique aéroportée et géologique en République démocratique du Congo (RDC).
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé, le 23 février 2026, la première réunion du comité de pilotage en présence des représentants de Xcalibur. Les échanges ont porté sur les orientations techniques, le calendrier d’exécution et les préalables au déploiement, notamment la mobilisation des équipements, la conformité administrative et le respect des procédures établies. Ces éléments n’ont toutefois pas fait l’objet d’une communication détaillée.
Mis en place pour assurer le suivi du programme, le comité de pilotage devra veiller au lancement effectif des travaux, au respect des procédures financières et au recrutement d’un consultant indépendant chargé du contrôle qualité. Une campagne de sensibilisation est également annoncée.
Le ministère rappelle que la phase B vise à moderniser la cartographie géologique nationale, à renforcer la gouvernance des données géoscientifiques, à réduire le risque exploratoire et à consolider les capacités techniques locales.
Prévu sur trois ans, le programme couvrira les provinces du Kasaï, du Kwango, du Kongo Central et du Katanga, soit plus de 700 000 km². Il prévoit une densification des levés géophysiques dans les zones identifiées lors de la phase A, ainsi que des investigations approfondies sur les anomalies détectées. Des levés magnétiques et radiométriques seront réalisés sur le reste du territoire, tandis que des levés gravimétriques standards cibleront la Cuvette centrale pour les ressources en gaz et pétrole. Une cartographie géologique et géochimique à des échelles plus détaillées est également programmée.
Six à huit aéronefs à déployer
Le projet comprend un volet de renforcement des capacités, la mise en exploitation complète du système d’information géographique (SIG) pour la valorisation des données, ainsi que la construction d’un laboratoire d’analyses chimiques, pétrographiques et métallogéniques.
Sur le plan opérationnel, Xcalibur prévoit de parcourir plus de 2,7 millions de kilomètres linéaires, selon des lignes de vol espacées de 250 mètres, afin de produire des données à haute résolution sur des zones géologiquement diversifiées. L’entreprise ambitionne de déployer progressivement six à huit aéronefs dédiés au programme.
Durant la saison sèche, un avion équipé du système Tempest sera mobilisé à plein temps pour acquérir plus de 300 000 kilomètres linéaires de données électromagnétiques, avec un espacement de 2,5 kilomètres entre les lignes.
L’ensemble des données aéroportées et terrestres sera intégré à XENAI, la plateforme d’intelligence artificielle de Xcalibur Smart Mapping. Selon l’entreprise, cet outil permet un accès sécurisé à des ensembles de données géoscientifiques multicouches ainsi que l’application d’algorithmes avancés d’analyse et d’apprentissage automatique.
Ces traitements doivent aboutir à des rapports intégrés d’interprétation et de prospectivité, à l’identification de cibles géologiques prioritaires et à la mise à disposition d’une base factuelle pour la planification nationale et la promotion d’investissements responsables. Les données produites resteront la propriété du Service géologique et du gouvernement congolais, qui en détermineront les modalités d’utilisation et de diffusion.
Ronsard Luabeya
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Trois entreprises minières publiques de la République démocratique du Congo (RDC) ont enregistré des changements de leadership à la suite d’ordonnances présidentielles lues le 23 février 2026 à la télévision publique. Les nominations concernent la Société aurifère du Kivu et du Maniema (Sakima), la Société de Kilo-Moto (Sokimo) et la Générale des carrières et des mines (Gécamines).
À la Sakima, Guy Robert Lukama est nommé directeur général en remplacement de Fidèle Babala Wandu. Ancien banquier ayant exercé en RDC et en Belgique, il évolue depuis plusieurs années dans le secteur minier. Il occupait, depuis février 2023, la présidence du conseil d’administration de la Gécamines. Il sera épaulé par Théodore Ngwama, nommé directeur général adjoint. Le conseil d’administration de la Sakima est désormais présidé par Mokolo Kamuena Kanana.
Ces désignations interviennent alors que l’entreprise, engagée depuis 2024 dans un processus de relance, poursuit une restructuration technique, sociale et financière. La société détient 47 permis d’exploitation situés dans les provinces du Maniema, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que cinq centrales hydroélectriques.
La direction générale de la Sokimo a été confiée à Yannick Nzonde Mulundu, en remplacement de Pistis Bonongo. Entrepreneur, il est fondateur de Mulundu Investment Holdings et de Chi Groupe, et a été cité en 2018 par Forbes Africa parmi de jeunes entrepreneurs à fort potentiel. Placide Nkala est nommé directeur général adjoint. François Kakese prend la présidence du conseil d’administration.
Courant 2024, la Sokimo a relancé ses activités minières après plusieurs années d’inactivité. Dans ce contexte, la nouvelle équipe devra relever des défis majeurs, notamment la gestion efficace des ressources et la modernisation des infrastructures de production.
À la Gécamines, Baraka Kabemba est désigné directeur général. Consultant de carrière, il était associé au cabinet Ernst & Young (EY), où il dirigeait les activités de conseil en Afrique centrale (pays de la zone CEMAC et RDC). Il était aussi responsable du secteur Énergie, mines incluses. Il sera assisté de Jacques Masangu, directeur général adjoint chargé des opérations financières, et de Ludovic Monga, directeur général adjoint en charge des opérations minières et du développement, tous deux maintenus à leur poste. La présidence du conseil d’administration de la Gécamines revient à Deogratias Ngele Masudi, ancien secrétaire général de l’entreprise jusqu’en 2021 et ex-ministre de la Justice.
Ces nominations interviennent dans un contexte de repositionnement stratégique des entreprises minières publiques. La Gécamines, en particulier, est appelée à jouer un rôle important dans la mise en œuvre du partenariat stratégique RDC–États-Unis, conclu le 4 décembre 2025 et axé sur les minerais critiques. En mai 2025, Deogratias Ngele Masudi et Baraka Kabemba avaient été désignés membres de la cellule de coordination stratégique chargée de piloter ce partenariat.
Ronsard Luabeya
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La Société Anhui Congo d’investissement minier (Sacim) a réalisé une première vente publique de 288 000 carats de diamants industriels à Anvers, en Belgique. L’information a été confirmée par le Consulat général de la République démocratique du Congo basé dans la ville.
Organisée du 16 au 20 février 2026, la vente a bénéficié de la coordination technique de la société belge Samir Gems, active dans le négoce de diamants et de bijoux, ainsi que de l’Antwerp World Diamond Centre (AWDC). Au total, 67 entreprises internationales ont pris part à l’opération. Les principaux acheteurs provenaient de Chine, d’Inde, des États-Unis et d’Italie.
Selon le Consulat, cette transaction marque le « retour des diamants industriels congolais sur le marché anversois après plus de dix ans d’interruption ». Mais cette interruption ne concernerait pas l’ensemble du pays : la Belgique apparaît, par exemple, parmi les importateurs de diamants industriels congolais dans les statistiques officielles de 2024 et 2025, avec respectivement 3,96 millions et 1,7 million de carats.
Le Consulat précise qu’une réunion technique entre les responsables de la Sacim, Samir Gems et l’AWDC a permis d’établir un calendrier annuel des prochaines ventes publiques, assorti d’un dispositif d’accompagnement technique et institutionnel destiné à consolider durablement la présence des diamants congolais sur ce marché stratégique.
Cette opération intervient huit mois après la libéralisation de la commercialisation des diamants par les producteurs congolais. En juin 2025, le ministre des Mines d’alors, Kizito Pakabomba, avait abrogé l’arrêté ministériel de 2022 qui encadrait les ventes de substances minérales supervisées par le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).
Ce cadre limitait les producteurs à une liste restreinte d’acheteurs, susceptible d’influencer les prix. Acteur majeur du secteur diamantifère congolais, la Sacim se considérait parmi les entreprises les plus affectées par ce dispositif.
Les conditions de la vente d’Anvers n’ont pas été publiées. Mais les statistiques minières officielles de 2025 montrent une amélioration du prix moyen de vente enregistré par la Sacim : en 2024, alors que le prix moyen se situait à 9,63 dollars le carat, la Sacim affichait un prix moyen de 11,38 dollars. En 2025, la société est parvenue à se maintenir à 11 dollars alors que le prix moyen est tombé à 7,4 dollars le carat. Il faut dire que les prix des diamants naturels sont en baisse continue depuis plusieurs années.
Selon les données officielles, les exportations de la Sacim, détenue à parts égales par le groupe chinois Anhui Foreign Economic Construction Corporation (AFECC) et l’État congolais, ont néanmoins été divisées par deux, passant de 2 887 100,25 carats en 2024 à 1 151 865,58 carats en 2025. L’entreprise n’a contribué qu’à hauteur de 13,5 % à la production nationale totale, avec à peine 1,1 million de carats produits.
Ronsard Luabeya
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La province de la Tshopo, située au centre-nord de la République démocratique du Congo, devient officiellement exportatrice d’or issu de l’exploitation artisanale. Elle figure dans les statistiques minières de 2025, publiées le 3 février dernier.
Selon ces données, présentées comme « provisoires et partielles », la Tshopo aurait exporté à elle seule un total de 125,26 kilogrammes d’or en l’espace de cinq mois. Ces résultats pourraient s’expliquer par l’implantation dans la province de DRC Gold Trading, l’entreprise publique chargée de canaliser et d’exporter l’or artisanal congolais. Ses communications mentionnent désormais Kisangani, chef-lieu de la province, parmi les localités où elle dispose d’une implantation opérationnelle, sans toutefois préciser la date exacte d’ouverture de cette succursale.
L’installation de ce bureau avait été annoncée dès juin 2025 par le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga, dans un contexte de volonté affichée d’encadrer strictement la commercialisation de l’or, de lutter contre la fraude et d’assurer des recettes à la province. Les autorités provinciales avaient alors mis en avant la nécessité de faire transiter les transactions par des comptoirs agréés et de bancariser les opérations.
Cette évolution intervient dans un secteur minier provincial marqué par des dysfonctionnements. En janvier 2025, le gouvernement provincial avait annoncé la suspension des activités minières afin d’obliger les entreprises à se faire enregistrer auprès des services compétents. Sur 142 sociétés identifiées comme opérant dans la province, le ministre provincial des Mines indiquait qu’une seule était en ordre à cette date, les autres étant accusées d’opérer sans respecter les exigences légales.
Selon Actualité.cd, des membres de la société civile dans différents territoires de la province ont également signalé, en février 2025, la présence d’exploitants de nationalités étrangères opérant dans l’illégalité et nouant des partenariats avec des coopératives locales.
Pourtant, selon les données du ministère des Mines, la Tshopo compte quatre coopératives actives dans la filière aurifère artisanale, dont deux disposent du statut « en production ». Malgré cette activité déclarée, la province restait absente des statistiques nationales officielles jusqu’en 2025.
Par ailleurs, certaines maisons d’achat déclaraient des volumes mensuels de l’ordre de 10 grammes, des niveaux jugés peu cohérents avec les coûts de fonctionnement affichés. Les autorités provinciales soupçonnent qu’une partie des flux aurifères échappe au circuit formel et soit exportée illicitement vers l’Ouganda, un pays régulièrement cité dans les circuits régionaux de contrebande d’or.
Timothée Manoke
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Deux ans après les tensions de 2024 qui ont abouti à la signature d’un accord transactionnel avec l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Kibali Gold Mine (KGM), premier producteur d’or de la République démocratique du Congo (RDC), est de nouveau visée. Dans une décision signée le 17 février 2026 par son directeur général, Miguel Kashal, le régulateur ordonne l’annulation de plusieurs contrats de sous-traitance conclus par l’entreprise, qui exploite la mine d’or de Kibali dans la province du Haut-Uélé, avec trois prestataires : KMS SAU, Boart Longyear SAU et TAI Services SAS.
Pour l’ARSP, KMS SAU et Boart Longyear SAU ne sont pas des entreprises à capitaux congolais et, de ce fait, ne remplissent pas les conditions d’éligibilité prévues à l’article 6 de la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance. Peu d’informations sont disponibles sur KMS, mais Boart Longyear est un groupe d’origine australienne spécialisé dans le forage minier (exploration et production), les services géotechniques, ainsi que la fourniture d’équipements et de technologies de forage.
Selon le régulateur, Boart Longyear, présent en Australie, en Afrique et dans les Amériques, s’est vu accorder une dérogation en septembre 2024. L’ARSP estime toutefois que les conditions attachées à cette dérogation, notamment en matière de transfert de technologies, n’auraient pas été respectées.
Le cas de TAI Services SAS est distinct. L’ARSP soutient que le contrat relatif à la centrale d’achat institue cette société en « intermédiaire commercial » entre Kibali et des entrepreneurs congolais, situation qui aurait entraîné des tensions au sein des communautés autochtones du territoire de Watsa où est localisée la mine. La décision précise qu’un tel mécanisme, incluant la perception d’une commission en pourcentage sur les marchés attribués à des sous-traitants locaux, « contrevient aux exigences du contenu local ». Le régulateur rappelle que le lien contractuel doit être direct entre l’entreprise principale et le sous-traitant éligible.
Améliorations
La décision du 17 février s’inscrit dans la continuité d’un premier épisode survenu en janvier 2024, lorsque l’ARSP avait menacé de fermer la mine et annoncé des poursuites visant une société de sous-traitance, TCFF, accusée de capter l’essentiel des marchés et de percevoir des commissions. À l’issue des discussions, un accord transactionnel avait été signé entre l’ARSP et Kibali.
À l’époque, le régulateur avait annoncé l’ouverture de plus de 390 marchés aux sous-traitants éligibles et mis en avant une reconfiguration du dispositif contractuel. Barrick Mining, opérateur de la mine de Kibali, avait, de son côté, affirmé dans un communiqué publié le 1er mars 2024 travailler « avec l’ARSP sur une série d’initiatives de contenu local ». On peut aujourd’hui dire que cette collaboration n’a pas garanti un respect intégral et constant de la loi.
On peut néanmoins constater que les faits reprochés aujourd’hui à Kibali sont moins graves. En 2024, la compagnie minière était accusée d’avoir mis en place un système de prête-nom afin de réaliser elle-même les travaux de sous-traitance de ses propres activités de production. « On conclut noir sur blanc que TCFF n'est d'autre que Kibali Gold déguisé », affirmait Miguel Kashal. En 2026, il n’est plus question d’un système de captage généralisé des marchés de sous-traitance, mais de quelques cas de non-conformité.
Une mine stratégique
La décision du 17 février repose sur le rapport de la mission de contrôle menée en novembre 2025. À cette occasion, le directeur général de Kibali Gold s’était engagé à mettre en œuvre ses recommandations. « Nous avons une mission de contrôle qui est présentement ici à Kibali (...). Pour ce qui demandera des améliorations, nous allons travailler avec l’ARSP ainsi que l’autorité provinciale pour voir comment apporter ces améliorations et, pour les actions qui vont déjà dans le bon sens, nous allons voir comment optimiser », avait indiqué Cyrille Mutombo.
Afin d’éviter toute perturbation brutale des opérations, l’ARSP prévoit une période de transition permettant le lancement de nouveaux appels d’offres conformément à la loi.
Seule entreprise industrielle du Haut-Uélé, Kibali est importante pour le développement économique de la province, et même du pays. En juillet 2025, Barrick affirmait, dans un communiqué, que 3,1 milliards de dollars avaient été versés à des contractants et partenaires locaux depuis 2009. Le groupe a indiqué soutenir plus de 700 entreprises congolaises et souligné que les appels d’offres de Kibali étaient publiés conjointement avec l’ARSP. Il précisait déjà, en mars 2024, que 95 % des plus de 6 500 employés de la mine étaient Congolais.
Kibali est aussi un pilier économique majeur pour ses actionnaires : Barrick Mining (45 %), AngloGold Ashanti (45 %) et l’entreprise publique Sokimo (10 %). La mine d’or a enregistré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 40 % par rapport à 2024. Cette progression s’est, par exemple, traduite par une amélioration (+67 %) de la contribution de Kibali aux résultats de Barrick, passée de 316 millions en 2024 à 527 millions de dollars en 2025, malgré une hausse des charges de 13 %.
Pierre Mukoko et Timothée Manoke
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La mine de cuivre de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, a clôturé l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de 3,28 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport aux 3,11 milliards de dollars enregistrés en 2024, selon les résultats annuels publiés le 18 février 2026 par son opérateur, Ivanhoe Mines.
Cette progression des revenus intervient malgré une baisse de la production et des ventes consécutive à l’événement sismique survenu en mai 2025. En 2025, Kamoa-Kakula a vendu 351 674 tonnes de cuivre, contre 396 972 tonnes en 2024, soit un recul de 11,4 %. La production a enregistré une contraction comparable, passant de 437 061 tonnes à 388 841 tonnes.
La hausse des prix du cuivre a toutefois atténué l’impact de ce repli. Le prix moyen réalisé s’est établi à 4,40 dollars la livre (environ 9 700 dollars la tonne) en 2025, contre 4,09 dollars l’année précédente, soit une augmentation de 7,6 %.
Sur le plan opérationnel, Kamoa-Kakula a enregistré un EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciation) de 1,45 milliard de dollars en 2025, soit une marge de 44 %, contre 1,81 milliard de dollars et une marge de 58 % en 2024.
Baisse du bénéfice
La pression sur la rentabilité s’explique notamment par une hausse significative des coûts. Le coût des ventes est passé de 1,71 dollar la livre en 2024 à 2,82 dollars en 2025 (soit environ 3 770 dollars la tonne contre 6 220 dollars la tonne). Malgré un prix moyen du cuivre en hausse, cette progression des charges de plus de 65 % a réduit l’écart entre prix de vente et coût de production, pesant mécaniquement sur la rentabilité.
En conséquence, le bénéfice net après impôts a reculé de 56,6 %, passant de 776,9 millions à 439,7 millions de dollars, malgré une baisse des charges fiscales, passées de 345,5 millions de dollars en 2024 à 317,7 millions de dollars en 2025.
En 2026, la production maximale de Kamoa-Kakula est projetée à 420 000 tonnes. Malgré cette prévision identique à celle de 2025, Ivanhoe prévoit une augmentation des ventes d’environ 30 000 tonnes, grâce à la commercialisation des stocks invendus. Le chiffre d’affaires pourrait ainsi encore progresser, la compagnie anticipant « des prix du cuivre proches de niveaux records ».
Pour rappel, Ivanhoe Mines et son partenaire chinois Zijin Mining détiennent chacun 39,6 % du capital de Kamoa-Kakula, tandis que l’État congolais en possède 20 % et Crystal River 0,8 %, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.
Pierre Mukoko
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