Lors de la visite officielle du président Félix Tshisekedi, le 11 mai 2026 à Kampala, l’exploitation pétrolière a figuré à l’agenda des discussions entre les deux chefs d’État, lors d’un tête-à-tête ayant précédé la signature de six protocoles d’accord dans différents secteurs entre la RDC et l’Ouganda.
Selon le président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, son homologue congolais aurait évoqué la possibilité d’une exploitation conjointe des ressources pétrolières du Graben Albertine. Il a indiqué que Félix Tshisekedi lui aurait présenté la situation d’un gisement s’étendant entre les deux pays, avec une partie située en RDC et l’autre en Ouganda. Dans ce contexte, l’idée avancée consisterait à traiter une partie du pétrole congolais via les infrastructures déjà développées du côté ougandais.
Le président Museveni affirme que les infrastructures ougandaises disposent déjà d’un accès au champ pétrolier concerné. « Il [Félix Tshisekedi] a fait une proposition, que j’ai acceptée, puisque du côté ougandais, nous avons déjà développé l’oléoduc et que nous travaillons sur la raffinerie. Le Congo souhaiterait y participer afin que sa part soit également traitée de notre côté, car nous avons déjà un accès souterrain à ce champ pétrolier », a-t-il déclaré.
Cette discussion s’inscrit dans la continuité des échanges engagés entre les deux pays en octobre 2024. Lors d’une précédente visite de Félix Tshisekedi en Ouganda, les deux parties avaient déjà abordé la possibilité pour la RDC de participer au projet d’oléoduc East African Crude Oil Pipeline. Long d’environ 1 400 km, ce pipeline est destiné à relier le parc national de Murchison Falls, en Ouganda, au port de Tanga, en Tanzanie. Il est porté conjointement par l’Ouganda, la Tanzanie, ainsi que par TotalEnergies et China National Offshore Oil Corporation. L’infrastructure doit faciliter l’exportation du pétrole brut extrait du bassin du Graben Albertine, une zone géologique partagée entre la RDC et l’Ouganda.
L’Ouganda en avance
Du côté ougandais, deux principaux projets d’extraction sont en cours de développement dans cette même zone : Tilenga et Kingfisher. Ces deux projets affichent respectivement des taux d’achèvement d’environ 63 % et 99 %, selon les données disponibles.
La structure actionnariale de ces projets repose sur une combinaison d’acteurs internationaux et nationaux. TotalEnergies détient 56,67 % des parts, China National Offshore Oil Corporation 28,33 %, tandis que Uganda National Oil Company, société publique ougandaise, contrôle 15 % du capital. Selon les estimations de TotalEnergies, la production combinée de ces deux projets pourrait atteindre environ 230 000 barils de brut par jour une fois pleinement opérationnels.
Les modalités d’une éventuelle participation congolaise, qu’il s’agisse de l’accès aux infrastructures de transport, du raffinage ou des mécanismes contractuels, n’ont pas encore été clarifiées publiquement.
Parallèlement, en avril 2025, le Conseil des ministres avait adopté un projet de décret portant régime d’attribution des droits pétroliers à la société publique Sonahydroc. Ce texte prévoyait l’attribution directe de certains droits pétroliers à cette entreprise dans le cadre d’un contrat de services, notamment pour les blocs 1 et 2 du Graben Albertine.
Timothée Manoke
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Kamoa Copper a entamé la signature de contrats pour la deuxième phase de son programme solaire destiné à alimenter les opérations du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, dans la province du Lualaba. L’entreprise a signé, fin avril 2026, un nouveau contrat d’achat d’électricité portant sur une capacité continue de 30 MW avec Green World Energie.
Cette deuxième phase vise à porter la capacité de production solaire du site à 120 MW à l’horizon 2027, comme annoncé en juillet 2025. La première phase, d’une capacité de 60 MW, avance selon le calendrier prévu et devrait être livrée dès le début du troisième trimestre 2026. Elle est portée par CrossBoundary Energy et Green World Energie, qui en assurent le financement, la propriété et l’exploitation. Et Kamoa Copper sera l’unique acheteur de l’électricité produite.
Mais, selon nos informations, CrossBoundary Energy ne devrait pas participer à la seconde phase. L’autre contrat de 30 MW devrait être signé avant la fin du mois de mai avec une autre société énergétique.
Selon Kamoa Copper, ce projet vise à renforcer la sécurité énergétique du site minier, tout en soutenant les objectifs de réduction des émissions de carbone du complexe. L’entreprise présente cette nouvelle étape comme un élément de sa stratégie de recours aux technologies énergétiques à faible émission, afin d’accompagner l’augmentation progressive de ses besoins en électricité.
Le programme solaire de Kamoa Copper s’inscrit dans un contexte de forte hausse des besoins énergétiques du complexe minier. D’après les projections publiées par Ivanhoe Mines, actionnaire de Kamoa Copper et opérateur du complexe, la demande électrique totale du site devrait atteindre 347 MW d’ici décembre 2028, contre 208 MW à fin 2025. Selon le plan énergétique communiqué par le groupe, cette demande devrait être couverte exclusivement par des sources d’énergie verte.
Boaz Kabeya
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La Société minière de Bakwanga (MIBA) avance dans son projet de relance. Dans un avis daté du 6 mai 2026, son directeur général, André Kabanda Kana, a attribué à Bond Equipment (PTY) LTD le marché relatif à l’acquisition de matériels industriels destinés à la relance de l’entreprise à Mbuji-Mayi.
Le montant total du marché s’élève à 57,45 millions dollars TTC. Il est réparti en cinq lots, auxquels s’ajoutent 2,3 millions dollars de frais de transport. Les détails techniques des équipements concernés ne sont pas précisés dans l’avis consulté.
Cette attribution reste provisoire, conformément aux règles applicables aux marchés publics. Elle intervient après l’ouverture des plis, le 3 mars 2026, l’examen du rapport d’évaluation des offres, le 13 mars 2026, puis l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP), daté du 27 mars 2026.
Cette opération intervient dans le contexte des efforts de relance de la MIBA, alors que les 50 millions dollars promis par le chef de l’État pour soutenir l’entreprise étaient annoncés comme en voie de décaissement. L’avis d’attribution ne permet toutefois pas d’établir si ces fonds ont déjà été décaissés ni s’ils financent directement ce marché.
La relance de la MIBA s’inscrit dans un plan minimum évalué à environ 70 millions dollars, destiné notamment à renforcer les capacités de production, sécuriser les concessions et relancer les activités minières de l’entreprise publique.
Bond Equipment faisait partie des sociétés sud-africaines déjà citées dans les discussions autour de la relance de la MIBA. L’entreprise dispose aussi d’une référence dans le secteur minier congolais : Ivanhoe Mines avait indiqué qu’elle fabriquait l’unité de séparation en milieu dense destinée au concentrateur de la mine de zinc de Kipushi.
Les prochaines étapes devront confirmer l’attribution définitive, la signature du contrat, le calendrier de livraison des équipements et les modalités exactes de financement.
Timothée Manoke
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Le groupe chinois China Railway Resources Universal Limited (CRRU) veut renforcer sa production de métaux stratégiques en République démocratique du Congo (RDC) à travers un partenariat avec la Minière de Bakwanga (MIBA). Le projet, présenté le 6 mai 2026 au ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, en présence du directeur général de la MIBA, André Kabanda, vise le développement d’un complexe intégré cuivre-cobalt dans le Grand Kasaï, avec des ambitions industrielles et énergétiques de grande ampleur.
Selon les éléments présentés par la délégation chinoise, le projet ciblerait les territoires de Miabi et de Kabeya-Kamwanga, au Kasaï-Oriental. Les capacités évoquées atteindraient entre 200 000 et 500 000 tonnes de cuivre par an, avec un volet énergétique combinant hydroélectricité et solaire pour une capacité comprise entre 250 MW et 500 MW.
Le ministère des Mines présente l’initiative comme un « important projet structurant de développement minier, industriel et énergétique du Grand Kasaï », inscrit dans le cadre du suivi des engagements présidentiels sur la relance du secteur minier et énergétique.
Des actifs de la MIBA remis en avant
Le projet s’appuie sur des actifs miniers déjà identifiés par la MIBA dans le passé. Plusieurs contrats conclus entre 2020 et 2021 avec la société Comikas mentionnaient en effet des indices cuivre-cobalt sur différents permis détenus par l’entreprise publique au Kasaï-Oriental, notamment les permis PR 11858, PR 11859 et PE 410.
Mais ces documents montrent aussi que le potentiel du projet restait encore largement à confirmer. Dans l’un de ces contrats, la MIBA reconnaissait explicitement ne pas disposer « d’informations suffisantes pour déterminer les teneurs et les quantités de cuivre-cobalt » présentes sur le périmètre concerné. Le document précisait que des opérations de recherche devaient être menées afin de déterminer « la quantité, la qualité et la délimitation » des ressources potentielles.
Ces contrats évoquaient également des travaux de recherche destinés à mettre en évidence les gisements cuivre-cobalt localisés entre les rivières Lukula et Lubi, au nord-ouest de la concession de SACIM. On ignore toutefois si ces travaux ont été réalisés.
Malgré les ambitions affichées, plusieurs paramètres essentiels restent donc inconnus à ce stade. Aucune estimation officielle des réserves minières n’a été publiée. Le coût global du projet, le calendrier de développement, les modalités de financement ainsi que la répartition exacte des participations entre CRRU et la MIBA n’ont pas non plus été communiqués.
Un soutien politique affiché
Le ministère des Mines indique néanmoins que les discussions ont porté sur « les mécanismes de mise en œuvre du projet ». Louis Watum Kabamba a réaffirmé « l’engagement du gouvernement à accompagner les investissements structurants susceptibles de contribuer à la transformation économique du pays ». Il a ajouté que le dossier bénéficie d’un suivi particulier du président Félix Tshisekedi, qui souhaite voir le projet se concrétiser rapidement.
La présence de CRRU, filiale du groupe public China Railway, illustre également la volonté des groupes chinois de continuer à renforcer leurs positions dans les projets miniers stratégiques en RDC. Les supports de présentation du projet mettent d’ailleurs en avant plusieurs références associées à l’écosystème minier chinois en RDC, notamment Sicomines, le barrage de Busanga ou encore certains projets de traitement de minerais.
Porté par l’électrification, les véhicules électriques, les centres de données et les infrastructures énergétiques, le cuivre bénéficie d’une forte dynamique de prix depuis plusieurs mois. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les prix du cuivre ont atteint des niveaux record en 2026, dépassant brièvement 14 500 dollars la tonne en janvier. Plusieurs institutions internationales, dont la CNUCED, estiment que le monde devra développer de nouvelles mines de grande capacité au cours de la prochaine décennie pour répondre à la demande.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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Ivanhoe Mines accélère son programme d’exploration dans les Western Forelands, en République démocratique du Congo, dans un contexte de forte tension sur le marché mondial du cuivre. Selon son rapport trimestriel publié le 6 mai, le groupe canadien prévoit désormais d’y consacrer 86 millions de dollars en 2026, contre 50 millions annoncés en février, soit une hausse de 36 millions de dollars.
Cette enveloppe représente l’essentiel du budget mondial d’exploration d’Ivanhoe Mines, désormais porté à 127 millions de dollars. Le reste sera réparti entre le Kazakhstan, l’Angola, la Zambie et l’Afrique du Sud. Pour le groupe, cette hausse traduit une confiance accrue dans le potentiel de ses projets congolais, en particulier autour de Makoko, situé près du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula.
Le programme 2026 sera le plus important jamais mené par Ivanhoe dans les Western Forelands. Il prévoit près de 100 000 mètres de forage afin d’identifier de nouvelles zones riches en cuivre et de mieux évaluer le potentiel du district de Makoko. Une mise à jour des estimations est attendue au troisième trimestre 2026.
Makoko, actif stratégique
Western Forelands couvre 2 427 km², soit environ six fois la superficie du complexe Kamoa-Kakula, le plus important du pays. Dans cet ensemble, Makoko occupe une place centrale. Ivanhoe estime que cette zone contient déjà d’importantes ressources en cuivre et la présente comme la cinquième plus grande découverte mondiale de cuivre depuis Kakula en 2016.
L’objectif du programme 2026 est double : mieux confirmer les volumes de cuivre déjà identifiés et étendre la zone d’exploration. Depuis l’estimation publiée en 2025, le district de Makoko s’est déjà étendu de 2 km, pour atteindre 15 km. Il se situe désormais à moins de 8 km de Kakula West, ce qui renforce l’idée d’un nouveau grand corridor cuprifère autour de Kamoa-Kakula.
« Nous progressons à grands pas dans le processus de découverte de gisements majeurs. (…) Le district de Makoko, dans les Western Forelands, est un géant émergent en devenir, et son importance grandit à toute vitesse. Nous dévoilerons prochainement nos plans de développement pour les Western Forelands », a déclaré Robert Friedland, fondateur et coprésident d’Ivanhoe Mines.
Pari sur la hausse du cuivre
Cette accélération intervient dans un contexte favorable au cuivre. Le métal rouge est porté par la demande liée à l’électrification, aux réseaux électriques, aux véhicules électriques, aux centres de données et aux infrastructures d’intelligence artificielle. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les prix du cuivre ont atteint des niveaux record en 2026, dépassant brièvement 14 500 dollars la tonne en janvier.
Pour Ivanhoe, cette dynamique renforce la valeur stratégique de ses actifs congolais. Robert Friedland présente le cuivre comme le « roi des métaux » et estime que la demande mondiale entre dans une phase durablement soutenue par l’électrification et les nouvelles infrastructures numériques. Dans cette perspective, Kamoa-Kakula reste le principal moteur actuel du groupe, tandis que Western Forelands apparaît comme son prochain relais de croissance.
Cette lecture est confortée par les projections internationales. Selon la CNUCED, la demande mondiale de cuivre devrait progresser de plus de 40 % d’ici 2040, alors que l’offre peine à suivre. L’organisation estime qu’il faudrait développer environ 80 nouvelles mines de cuivre et mobiliser 250 milliards de dollars d’investissements d’ici 2030 pour répondre aux besoins liés à la transition énergétique et numérique.
Le pari reste toutefois de long terme. Une nouvelle estimation des ressources est attendue au troisième trimestre 2026, avant une première étude technique prévue en 2027. Ces étapes seront déterminantes pour évaluer la viabilité économique d’un futur projet minier dans les Western Forelands.
Pierre Mukoko
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La société SACOR, présentée comme appartenant à un groupe zambien, cherche à introduire sa technologie de traitement des rejets miniers en République démocratique du Congo (RDC). Le 5 mai 2026, une délégation de l’entreprise, conduite par sa directrice générale en RDC, Solange Kappongo (photo), a été reçue par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, pour présenter une solution de séparation des résidus solides et de l’eau issus du procédé de concentration des minerais, communément appelés tailings.
Selon la communication du ministère, cette technologie vise à améliorer la gestion des rejets miniers en séparant les solides de l’eau. L’objectif est de permettre, d’une part, la réutilisation de l’eau dans les circuits industriels et, d’autre part, une meilleure gestion des résidus solides dans les opérations minières.
La technologie présentée ne repose pas sur un principe nouveau. La séparation solide-liquide par centrifugation est utilisée depuis longtemps dans plusieurs industries. Sa nouveauté tient surtout à son application ciblée à la gestion moderne des rejets miniers, avec l’objectif de réduire les volumes de déchets, de récupérer l’eau de procédé et de limiter les risques environnementaux. Sur son site, SACOR évoque une récupération pouvant atteindre jusqu’à 85 % de l’eau de procédé.
Le ministre des Mines a salué l’initiative, tout en restant prudent sur son déploiement. Avant toute mise en œuvre à grande échelle, Louis Watum Kabamba a recommandé la réalisation d’essais pilotes afin d’évaluer l’efficacité de la solution dans les conditions locales. Le ministère a également indiqué qu’il faciliterait la mise en relation de SACOR avec des compagnies minières opérant en RDC.
À ce stade, la démarche reste donc commerciale et exploratoire. Aucun contrat ni projet pilote n’a été annoncé. Les sources publiques disponibles ne permettent pas non plus de confirmer l’utilisation effective de cette technologie sur un site minier précis en Zambie.
Cette initiative intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour de la pollution minière en RDC. En novembre 2025, Congo Dongfang Mining (CDM), active dans le traitement du cobalt, avait été impliquée dans un incident environnemental à Lubumbashi après la rupture d’un bassin de résidus. Le déversement d’eaux contaminées avait affecté des rivières, des sols et plusieurs quartiers périphériques. L’entreprise avait ensuite été condamnée au paiement d’environ 12,6 millions de dollars, assorti de mesures de réparation.
Dans ce contexte, SACOR tente de se positionner sur un besoin réel du secteur minier congolais : mieux traiter les rejets, réduire la consommation d’eau et limiter les risques pour les communautés riveraines. Mais son entrée éventuelle sur le marché dépendra surtout des résultats des essais pilotes et de l’intérêt des opérateurs miniers.
Ronsard Luabeya
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Un climat de tension sociale s’installe dans le secteur minier congolais, où l’application du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) commence à produire ses premiers effets concrets. Depuis le 3 mai 2026, des mouvements de revendication sont signalés au sein de Metalkol SA, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), et de Ruashi Mining, détenue par Metorex et la Gécamines, autour de la mise en œuvre du deuxième palier du SMIG, fixé à 21 500 francs congolais (FC).
Selon Radio Okapi, les contestations sont particulièrement visibles sur les sites de Kolwezi et de Lubumbashi, où les travailleurs réclament l’ajustement de leurs salaires conformément à la nouvelle grille, mais aussi une amélioration plus large de leurs conditions de travail. Les employés dénoncent notamment des inégalités entre personnel local et expatrié, ainsi que des pratiques jugées abusives en matière de licenciements et de représentation syndicale.
Au cœur des tensions figure également la question du taux de change utilisé pour convertir les salaires. À Metalkol, des représentants du personnel accusent l’entreprise de vouloir appliquer un taux de 1 800 FC pour un dollar, inférieur au niveau observé sur le marché, proche de 2 200 FC, ce qui réduirait mécaniquement le revenu réel des travailleurs.
Entré en vigueur par le décret n°25/22 du 30 mai 2025, le nouveau SMIG prévoit une revalorisation progressive du salaire minimum, passé de 7 075 FC à 14 500 FC en mai 2025, puis à 21 500 FC à partir de janvier 2026, soit une hausse globale de plus de 200 %. Le dispositif maintient en parallèle une tension salariale de 1 à 10, entraînant une revalorisation automatique de l’ensemble des grilles de rémunération.
Une hausse structurelle des charges
Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le relèvement du premier palier a entraîné un quasi-doublement de la masse salariale dans plusieurs secteurs. Un cadre de niveau intermédiaire, rémunéré auparavant autour de 70 500 FC par jour, percevrait désormais près de 145 000 FC, soit environ 1 700 dollars par mois hors avantages. Avec les indemnités, la rémunération totale peut dépasser 2 000 dollars.
Si le deuxième palier de 21 500 FC est appliqué, en maintenant la tension salariale actuelle, ce même cadre atteindrait plus de 2 500 dollars par mois. « Un niveau insoutenable pour l’économie congolaise », estime la FEC, qui alerte : « la RDC ne peut supporter un SMIG équivalent à celui de la Belgique sans mettre en péril la compétitivité et l’emploi ».
L’organisation patronale estime en outre qu’appliquer le SMIG uniformément à tous les secteurs reviendrait à « condamner l’agriculture et la foresterie, déjà sinistrées ». La FEC plaide pour une mise en œuvre plus graduelle et différenciée selon les secteurs, évoquant notamment la nécessité d’un salaire minimum spécifique pour l’agriculture (SMAG).
Le gouvernement, de son côté, maintient sa position. En janvier 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait réaffirmé la nécessité d’appliquer le SMIG révisé à 21 500 FC, tout en appelant au dialogue social dans le cadre du Conseil national du travail.
Les tensions observées chez Metalkol et Ruashi Mining illustrent un enjeu central pour l’économie congolaise : trouver un équilibre entre amélioration du pouvoir d’achat et soutenabilité des coûts pour les entreprises, dans un environnement marqué par de fortes disparités sectorielles. La capacité — ou non — des grandes entreprises extractives, généralement mieux capitalisées que d’autres segments de l’économie, à absorber la hausse du coût du travail constitue un indicateur avancé pour les autres secteurs.
Ronsard Luabeya
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Un groupe d’investisseurs polonais explore la possibilité d’implanter en République démocratique du Congo (RDC) une unité de fabrication d’équipements miniers, dans un contexte marqué par la dépendance persistante du secteur aux importations. Le projet a été présenté au ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, lors d’une audience tenue le 29 avril 2026.
La délégation était conduite par Dawid Kostempski (photo), ancien responsable politique local en Pologne, accompagné de Marie-Claire Kengo, présidente du Réseau d’amitié et de coopération entre la RDC et la Pologne. Leur présence traduit un portage du projet à la fois économique et diplomatique, encore en phase de prospection.
Selon le ministère des Mines, les échanges ont porté sur les orientations à donner à ce projet d’investissement, qui vise à mettre en place une unité industrielle dédiée à la fabrication de machines destinées à l’exploitation et à la transformation des minerais.
Au-delà de la production d’équipements, l’initiative comprend un volet de formation technique et de transfert de compétences en faveur des cadres et techniciens congolais. Elle s’inscrit dans la stratégie des autorités visant à renforcer la valeur ajoutée locale et à développer une base industrielle autour du secteur minier.
En RDC, l’approvisionnement en équipements miniers repose largement sur des machines importées. Cette dépendance constitue un enjeu majeur pour le secteur, en termes de coûts, de délais d’approvisionnement et de maîtrise technologique.
Des entreprises comme CIS SARL opèrent dans la fourniture et l’entretien d’équipements utilisés sur les sites miniers, tandis que d’autres sociétés, notamment dans le Lualaba, se positionnent sur l’ingénierie et le support technique. En revanche, il n’existe pas à ce jour d’industrie locale structurée de fabrication de machines minières à grande échelle.
Dans ce contexte, s’il se concrétise, le projet porté par les investisseurs polonais pourrait introduire une activité encore peu développée en RDC : la fabrication locale d’équipements miniers. Pour l’heure, le dossier reste à un stade préliminaire, en attente de précisions sur le modèle d’investissement, les partenaires industriels, les sites d’implantation et le calendrier de mise en œuvre.
Boaz Kabeya
Un nouveau canal d’exportation formelle de l’or de la République démocratique du Congo (RDC) vers les Émirats arabes unis vient de s’ouvrir. La société émiratie Paradigm Holdings a annoncé, le 28 avril 2026, avoir conclu un accord d’approvisionnement en or avec le gouvernement congolais, dans le cadre de son expansion internationale dans les métaux précieux. À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas encore communiqué publiquement les détails de cet accord.
Selon Paradigm Holdings, ce partenariat vise à structurer un réseau d’approvisionnement en or à partir de la RDC, tout en consolidant le rôle des Émirats arabes unis comme plateforme de négoce, de raffinage et de distribution des métaux précieux. L’entreprise présente cet accord comme son troisième partenariat soutenu par un gouvernement africain en moins de deux ans.
Depuis 2023, la RDC cherche à formaliser une partie de son or artisanal à travers Primera Gold DRC, une coentreprise entre l’État congolais et un partenaire émirati. Ce dispositif avait permis d’exporter plus de cinq tonnes d’or artisanal en 2023, pour une valeur supérieure à 300 millions USD, avant que Kinshasa ne reprenne le contrôle total de Primera Gold fin 2024 et ne rebaptise la société DRC Gold Trading.
Le partenariat avec les Émirats s’inscrivait alors dans une stratégie officielle de lutte contre la fraude et la contrebande, particulièrement dans l’est du pays. Mais le modèle Primera Gold a aussi été critiqué pour son opacité, ses avantages fiscaux et sa capacité réelle à assainir les chaînes d’approvisionnement. Des experts de l’ONU avaient notamment relevé que les conditions préférentielles accordées à Primera Gold créaient un quasi-monopole sur les exportations légales d’or artisanal.
Un accord encore peu détaillé
L’arrivée de Paradigm Holdings pourrait donc marquer une nouvelle étape dans la relation aurifère entre Kinshasa et les Émirats. Le communiqué ne précise toutefois ni les volumes concernés, ni la durée de l’accord, ni le régime fiscal applicable, ni l’entité congolaise signataire. Il ne détaille pas non plus les mécanismes de traçabilité, pourtant essentiels dans un secteur exposé à la contrebande, au blanchiment et au financement de groupes armés.
Sur le plan commercial, les Émirats arabes unis figurent déjà parmi les principales destinations de l’or congolais, aux côtés de l’Afrique du Sud. Selon les statistiques minières congolaises pour 2025, près de trois tonnes d’or auraient été exportées vers ce marché, pour une valeur supérieure à 337 millions de dollars.
Basée aux Émirats arabes unis, Paradigm Holdings se présente comme un groupe d’investissement privé actif dans les matières premières, l’immobilier et les énergies propres. L’entreprise indique développer des activités liées à l’extraction, au négoce et à la gestion de métaux précieux, de pierres précieuses et de terres rares, avec une présence au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse la simple ouverture d’un nouveau débouché commercial. Il s’agit de savoir si ce nouveau corridor permettra réellement d’accroître les exportations formelles, de sécuriser les recettes publiques et d’améliorer la traçabilité d’un secteur historiquement dominé par les circuits informels.
Ronsard Luabeya
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Le groupe chinois Zijin Mining structure le corridor logistique destiné à relier son projet de lithium de Manono, dans la province du Tanganyika, aux infrastructures portuaires tanzaniennes. Il finalise actuellement la construction de quatre navires cargos appelés à opérer sur le lac Tanganyika.
Selon le média tanzanien The Citizen, le chantier de ces quatre navires avait dépassé 95 % d’exécution en mars 2026. Le journal indique que deux unités étaient alors achevées, qu’une troisième attendait l’approbation de la Tanzania Shipping Agencies Corporation (TASAC), et que le quatrième navire venait d’être mis à l’eau, avec une finalisation attendue en juillet 2026.
Zijin avait déjà annoncé, en novembre 2025, la mise à l’eau du premier vraquier de la série, Golden Voyage No.1, présenté comme un maillon clé de la future route d’exportation entre la RDC et la Tanzanie. Le groupe précise que chaque navire mesure 70,08 mètres de long sur 15 mètres de large, avec une capacité de transport de 2 000 tonnes et une autonomie de 1 000 milles nautiques.
Les navires ont été fabriqués sous forme modulaire en Chine par Shandong Xinneng Shipbuilding, puis expédiés en Tanzanie pour assemblage final au port de Karema. D’après The Citizen, c’est en octobre 2023 que Golden Voyage Logistics, filiale de Zijin, a sollicité un espace dans ce port pour lancer le projet.
Corridor logistique multimodal
Ce dispositif doit soutenir en priorité la chaîne logistique du projet de lithium de Manono. Selon les informations déjà publiées sur ce dossier, les produits issus du projet doivent être transportés par route sur environ 440 kilomètres entre Manono et Kalemie, avant d’être chargés sur le lac Tanganyika en direction de Kigoma, puis acheminés par voie terrestre vers Dar es Salaam pour exportation.
Cette organisation s’inscrit dans une stratégie logistique plus large. En août 2025, Zijin a signé en Tanzanie un accord de concession pour exploiter le port de Kigoma ainsi que le terminal de Malindi, au port de Dar es Salaam, avec un programme de modernisation des entrepôts, des zones de stockage et des équipements de manutention.
Sur le plan industriel, le projet de Manono est dimensionné pour une capacité annuelle d’exploitation et de traitement de 5 millions de tonnes de minerai. L’unité est appelée à traiter 500 000 tonnes de concentré de spodumène afin de produire environ 95 170 tonnes de sulfate de lithium brut par an, avec une mise en service annoncée pour le 30 juin 2026.
Dans ce contexte, le déploiement des navires sur le lac Tanganyika apparaît comme un élément central de la sécurisation du corridor d’exportation de Zijin depuis l’est de la RDC vers l’océan Indien.
Timothée Manoke
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Carrigrès, la carrière de granulats de construction du groupe TEXAF, a clôturé l’année 2025 sur une baisse de ses revenus de l’ordre de 17 %, à 4,2 millions d’euros, contre environ 5 millions d’euros en 2024. Cette évolution intervient dans un contexte où la demande a certes connu une reprise au cours de la seconde moitié de l’année, sans suffire à compenser la dégradation des conditions de marché.
Le groupe attribue principalement ce recul à une baisse du prix moyen de vente de ses produits de l’ordre de 26 %. Cette pression sur les prix a pesé sur la performance globale de l’activité, qui a clôturé l’exercice sur une perte nette de 20 000 euros, selon les résultats annuels du groupe, malgré une augmentation du volume des ventes d’environ 10 %.
TEXAF présente cette activité comme particulièrement volatile, en raison de sa dépendance à la dynamique du marché de la construction et aux conditions de concurrence. Cette volatilité apparaît clairement à la lecture de l’évolution récente des performances. En 2023, l’activité avait bénéficié d’une forte demande et de prix soutenus, portant son chiffre d’affaires à environ 6,29 millions d’euros, en dépit d’un recul d’environ 4 % des volumes vendus par rapport à 2022. En 2024, les revenus avaient ensuite chuté d’environ 19 %, dans un contexte marqué par des incertitudes sur les investissements publics, selon les indications du groupe.
Malgré ces résultats en 2025, TEXAF indique poursuivre ses investissements dans cette activité. Le groupe précise dans son rapport avoir déjà versé un acompte pour l’acquisition d’un nouveau crible et d’un concasseur destinés à la carrière, avec pour objectif d’améliorer la performance opérationnelle.
La carrière de Carrigrès, exploitée par le groupe depuis les années 1950, dispose d’une capacité annuelle estimée à 600 000 tonnes. Le groupe évalue par ailleurs le gisement exploitable à environ 25 millions de tonnes. Elle produit une gamme de granulats destinés au secteur de la construction, allant des moellons au sable concassé, en passant par différents types de graves et de gravillons utilisés dans le béton, les routes et les travaux de génie civil.
Le groupe souligne toutefois qu’une partie du terrain de la carrière est occupée illégalement par des « squatters », une situation qui pourrait, à plus long terme, limiter les possibilités d’expansion de l’exploitation.
Timothée Manoke
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Comment gérer les stocks de cobalt qui s’accumulent depuis la suspension des exportations en février 2025 et la mise en place de la politique des quotas en octobre, afin qu’ils n’augmentent pas brutalement l’offre et ne tirent pas les prix vers le bas ? C’est à cette question que tente de répondre la République démocratique du Congo (RDC) avec sa réserve stratégique.
Lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, le gouvernement congolais a adopté un projet de décret instituant une réserve stratégique des substances minérales stratégiques, dont la signature et la publication au journal officiel restent attendues. Depuis novembre 2018, le cobalt, le germanium et le coltan (colombo-tantalite) ont été érigés en substances minérales stratégiques, mais selon des sources proches du dossier, c’est le cobalt qui est prioritairement visé.
Selon les mêmes sources, cette réserve stratégique doit permettre de gérer les stocks qui s’accumulent à la suite des restrictions à l’exportation. D’après les statistiques officielles, malgré ces restrictions, la RDC a produit 100 015,28 tonnes de cobalt en 2025. Avec 44 338,47 tonnes exportées la même année, il en résulte un excédent de 55 676,81 tonnes.
En 2026, la RDC devrait continuer de produire du cobalt, car cette substance est un sous-produit du cuivre, dont les cours suivent en outre une tendance haussière. Il n’est donc pas exclu que les stocks excédentaires augmentent, même si la RDC devrait voir ses exportations de cobalt progresser en 2026. Celles-ci pourraient se situer à 114 316,55 tonnes. Ce chiffre comprend les 87 000 tonnes de quotas alloués aux compagnies minières, les 9 600 tonnes de quotas stratégiques et les 17 716,55 tonnes de quotas de 2025 non utilisés en raison des difficultés liées à la nouvelle procédure d’exportation, dont la validité a d’abord été prolongée jusqu’au 31 mars, puis au 30 avril 2026.
« Sans mécanisme adapté, ces stocks risqueraient de s’accumuler, et cela poserait des problèmes tant pour les producteurs que pour l’État », souligne, dans Jeune Afrique, Patrick Luabeya, président de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms), à qui la constitution et la gestion de cette réserve ont été confiées. Un projet de décret modifiant le décret du 5 novembre 2019 portant création, organisation et fonctionnement de l’Arecoms a également été adopté à cette fin.
Une hausse des prix encore fragile
L’accumulation des stocks immobilise une part importante de la production, pèse sur la trésorerie et augmente les coûts de stockage pour les entreprises minières, tout en créant une pression à la vente susceptible de tirer les prix vers le bas. Or, en l’absence d’un mécanisme de régulation, la remise brutale de ces volumes sur le marché pourrait provoquer une nouvelle chute des prix, annulant en partie les effets recherchés par la suspension temporaire des exportations et les quotas.
La réserve stratégique est donc conçue comme un outil de gestion des stocks excédentaires, afin d’éviter qu’ils ne déstabilisent à nouveau le marché et ne fassent chuter les prix du cobalt. Le gouvernement affirme d’ailleurs que la création de cette réserve vise à contribuer à la stabilisation des marchés, à soutenir la politique de valorisation de ces substances et à renforcer la souveraineté économique de la RDC.
Selon Jeune Afrique, qui dit avoir consulté le projet de décret instituant la réserve stratégique, celle-ci sera partiellement stockée en RDC et à l’étranger, et constituée grâce au rachat d’une partie des stocks des sociétés minières opérant dans le pays. On ignore pour l’instant comment l’Arecoms compte financer ces achats.
Selon la Banque mondiale, malgré la politique de restriction mise en place en RDC, premier producteur mondial avec plus de 76 % de la production en 2024, le prix moyen s’est situé à 33 910 dollars la tonne, se maintenant bien en deçà de la barre de 80 000 dollars franchie en avril 2022. « Cette faible reprise des prix s’explique principalement par la persistance de stocks excédentaires, l’expansion rapide des sources alternatives (en particulier le précipité mixte d’hydroxyde à base de nickel en Indonésie) ainsi que l’accélération de la transition vers des composés lithium-ion sans cobalt dans la production des batteries pour véhicules électriques, autant de facteurs qui réduisent la pression sur le marché des matériaux traditionnels riches en cobalt », estime l’institution de Bretton Woods dans son rapport sur la situation économique de la RDC, paru en mars dernier. Selon le document, les prix du cobalt devraient même baisser ou rester globalement stables en 2026.
Pierre Mukoko
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Après avoir conclu en 2025 un accord de 367 millions de dollars pour prendre le contrôle de 56 % d’Alphamin Resources, opérateur de la mine d’étain de Bisie dans le Nord-Kivu, International Resources Holding (IRH) est désormais cité à propos d’actifs de cuivre et de cobalt dans le Lualaba. Cette présence est rapportée par Africa Intelligence, qui relie le groupe émirati à certaines structures devenues partenaires de la Gécamines dans cette province à l’issue de cessions de titres miniers intervenues en septembre dernier.
Selon les documents officiels dévoilés il y a quelques semaines, le projet Kabulungu, qui porte sur un gisement de cuivre et de cobalt dans la province du Lualaba, est désormais logé au sein de Kabulungu Kamilombe Mining (KKM). Cette coentreprise est détenue à 40 % par la Gécamines et à 60 % par Falcon Resources. Les actes officiels confirment donc la cession partielle par la Gécamines de cet actif à Falcon Resources, sans mentionner explicitement IRH.
D’autres opérations ont également été menées autour de permis liés aux rejets et remblais miniers dans le Lualaba. Ces actifs ont été transférés à Kongo Mining Company (KMC), issue d’un partenariat entre la Gécamines et Luna Mining. Là encore, les sources publiques établissent l’existence de ces cessions et de cette structure, mais ne documentent pas directement un lien capitalistique avec IRH.
Néanmoins, Africa Intelligence affirme que Falcon Resources et Luna Mining sont liées au groupe émirati. Le même média indique aussi que KKM et KMC partagent le même directeur général, Yehezkel Ambar, ce qui suggère une coordination opérationnelle entre les deux entités.
En janvier 2026, à Kolwezi, 16 protocoles d’accord ont été signés entre le gouvernement provincial et des entreprises émiraties. Selon les autorités provinciales, les mines figurent parmi les secteurs concernés, même si le contenu détaillé des accords et l’identité des sociétés impliquées n’ont pas été rendus publics à ce stade.
Ces mouvements interviennent dans un contexte plus large de montée en puissance des Émirats arabes unis dans les minerais critiques africains. En Zambie, IRH a acquis 51 % de Mopani Copper Mines pour 1,1 milliard de dollars en 2024. Le groupe se positionne ainsi sur plusieurs métaux jugés stratégiques pour la transition énergétique, notamment le cuivre, le cobalt, le nickel et le lithium. Les documents officiels du groupe présentent aujourd’hui IRH comme une filiale de 2PointZero, plateforme d’investissement appartenant à la galaxie International Holding Co (IHC).
Timothée Manoke
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Selon un article du Wall Street Journal, publié le 31 mars 2026 et repris sur le site de l’entreprise américaine, Virtus Minerals a finalisé, le 27 mars, l’acquisition de Chemical of Africa (Chemaf) pour un montant d’environ 30 millions de dollars. Cette opération s’accompagne d’un engagement à mobiliser près de 720 millions de dollars d’investissements pour développer les projets du producteur de cuivre et de cobalt.
Selon la même source, ce schéma inclut notamment un apport initial de 200 millions de dollars de Virtus et de son partenaire opérationnel, l’indien Lloyds Metals, ainsi qu’un financement attendu de 475 millions de dollars du fonds d’investissement new-yorkais Orion Resource Partners, complété par environ 75 millions de dollars provenant d’autres sources.
Si ces montants donnent l’image d’un montage conséquent, leur nature exacte reste peu documentée, alors même que le début des travaux est annoncé pour avril, avec un objectif de finalisation des investissements au début de l’année prochaine. Le Wall Street Journal indique que le fonds Orion « a refusé de commenter », tandis que les détails des financements complémentaires n’ont pas été rendus publics. Aucune information n’est fournie non plus sur le caractère ferme ou conditionnel de ces engagements, ni sur leur structure — dette, fonds propres ou instruments hybrides.
Au-delà de la reprise des actifs, la relance industrielle de Chemaf nécessitera en effet des financements supplémentaires. Un investissement pouvant atteindre 300 millions de dollars serait nécessaire pour finaliser les projets d’extension des mines de Mutoshi, à Kolwezi, et d’Étoile, à Lubumbashi. À terme, ces deux sites devraient produire chaque année quelque 75 000 tonnes de cathodes de cuivre et 25 000 tonnes d’hydroxyde de cobalt.
Ces besoins viennent s’ajouter au passif existant, ce qui soulève des interrogations sur l’équilibre global du financement. Chemaf affiche en effet une dette estimée à près d’un milliard de dollars, incluant notamment des engagements envers des sous-traitants locaux et le négociant Trafigura.
Silence sur les créances des sous-traitants
En 2022, Trafigura avait arrangé un prêt syndiqué de 600 millions de dollars destiné à financer l’expansion des capacités de traitement et la mécanisation de la mine de Mutoshi. Virtus a indiqué avoir conclu un accord avec le négociant, sans en préciser les termes.
En revanche, le silence est total sur la dette due aux sous-traitants locaux, dont le montant n’est même pas connu. « Virtus s'est refusé à tout commentaire concernant d'éventuels plans de règlement de cette dette avec ces derniers », rapporte le Wall Street Journal.
Face aux questions sur le financement de la relance des activités industrielles de Chemaf, Virtus répond, dans un communiqué publié le 13 mars, que les autorités congolaises ont validé l’opération après examen de « la structure de la transaction, de la capacité financière du consortium et de ses projets concernant les activités de Chemaf ». « Nous avons l’intention d’honorer cet engagement avec des investissements, des emplois et des résultats », a déclaré Phil Braun, directeur général de Virtus Minerals, cité dans le même communiqué.
Le gouvernement américain a classé l’acquisition des actifs de Chemaf par Virtus et son partenaire indien parmi les trois projets « fondamentaux pour la mise en œuvre réussie » du partenariat stratégique sur les minerais critiques conclu le 4 décembre 2025 avec la République démocratique du Congo (RDC). L’opération s’inscrit dans une stratégie visant à sécuriser l’approvisionnement en minerais critiques face à la domination chinoise. Le cobalt et le cuivre jouent en effet un rôle central dans la fabrication de systèmes militaires avancés, tout en étant indispensables à la transition énergétique et à la production de batteries pour véhicules électriques, ordinateurs et smartphones.
Mais sur le terrain, la réussite du projet dépendra avant tout de la capacité du consortium à mobiliser les financements annoncés et à stabiliser les opérations sur des sites fragilisés, notamment par la présence d’exploitants illégaux.
Pierre Mukoko
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