La mine d’or de Kibali, en République Démocratique du Congo (RDC), a produit 686 000 onces en 2024, contre 763 000 onces en 2023, enregistrant ainsi une baisse de 10 % en glissement annuel. L’annonce a été faite le 12 février 2025 par le groupe minier canadien Barrick Gold, copropriétaire de l’actif.
Barrick Gold et son principal partenaire de coentreprise AngloGold Ashanti (45 % d’intérêts dans la mine pour chacun d’eux) n’ont pas atteint leurs prévisions initiales de 711 000 à 800 000 onces. Après une hausse de 4 % au premier semestre 2024, Barrick avait pourtant réaffirmé sa confiance quant à l’atteinte de ces objectifs, finalement non atteints.
Après une progression au premier semestre, la production d’or de Kibali a chuté de 21 % en glissement annuel au second semestre 2024, sans que Barrick Gold n’explique officiellement les raisons de cette contre-performance. Son partenaire AngloGold Ashanti a toutefois attribué la baisse observée au troisième trimestre à des teneurs en or plus faibles dans le minerai traité.
Pour 2025, une stabilisation est attendue au mieux, par rapport à 2023. Barrick Gold vise une production d’or attribuable de 310 000 à 340 000 onces, contre 320 000 à 360 000 onces prévues en 2024. Selon les estimations de Bankable, la mine de Kibali devrait produire entre 688 000 et 755 000 onces en 2025, un volume inférieur aux 763 000 onces de 2023.
Emiliano Tossou
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Les exportations de zinc de la République Démocratique du Congo (RDC) ont enregistré une chute significative entre janvier et septembre 2024. Selon les statistiques du ministère des Mines, 6 642 tonnes de zinc ont été exportées sur cette période, contre 10 336 tonnes à la même période en 2023, soit une baisse de 35,74 %.
Si les autorités congolaises n’ont pas encore fourni d’explication officielle à la baisse des exportations de zinc à fin septembre 2024, la tendance pourrait s’inverser dès 2025 grâce à la montée en puissance de la mine de Kipushi, exploitée par Ivanhoe Mines.
Mise en service en juillet 2024, la mine a produit 50 307 tonnes de concentré de zinc au cours de l’année, avec un record mensuel de 14 900 tonnes en décembre, alors que sa capacité maximale n’a pas encore été atteinte.
Les perspectives pour 2025 sont nettement plus optimistes. À elle seule, Ivanhoe Mines prévoit une production annuelle comprise entre 180 000 et 240 000 tonnes de concentré de zinc. Cette augmentation devrait stimuler les exportations congolaises et renforcer les recettes minières du pays.
Olivier de Souza
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Confrontée à des défis persistants d’approvisionnement en électricité pour son complexe cuprifère de Kamoa-Kakula en République Démocratique du Congo (RDC), la compagnie minière Ivanhoe Mines pourrait bénéficier d’une nouvelle source énergétique grâce au projet d’interconnexion Angola-RDC, porté par le groupe marocain Somagec.
Ce projet, pour lequel un protocole d’accord a été signé le 31 janvier 2025 avec le gouvernement angolais, vise à exporter le surplus d’électricité produit en Angola vers la RDC et l’Est de la Zambie. D’après la Banque africaine de développement (BAD), l’Angola dispose actuellement de 1,5 GW d’énergie hydroélectrique propre inutilisée, une capacité qui devrait atteindre 3,5 GW d’ici 2027.
Selon plusieurs sources concordantes, l’initiative prévoit la construction de lignes haute tension et de sous-stations électriques. Évalué à 1,3 milliard de dollars, ce projet sera mis en œuvre selon le modèle BOOT (Build-Own-Operate-Transfer), permettant à Somagec de construire, exploiter et gérer les infrastructures avant de les transférer au Réseau national de transport d’électricité (RNT) d’Angola à la fin de la période de concession, dont la durée n’a pas encore été précisée.
« Ivanhoe Mines explore des options pour les futures importations d’hydroélectricité depuis l’Angola », a déclaré l’entreprise le 8 janvier dernier. À cette occasion, elle a également exprimé son intérêt pour un projet d’interconnexion électrique RDC-Angola porté par Trafigura et ProMarks. Concernant cette initiative, l’entreprise précisait que « la planification, les approbations et la construction prendraient environ quatre ans après la prise de la décision finale d’investissement ».
L’apparition du projet Somagec représente une opportunité supplémentaire pour l’entreprise, qui fait face à des défis récurrents liés à l’instabilité du réseau électrique congolais et au déficit de production nationale. En 2024, ces difficultés ont entraîné une baisse de 8 % de la production au premier trimestre. Pour compenser, Ivanhoe Mines a dû recourir à des générateurs diesel coûteux et à l’importation d’électricité depuis la Zambie et le Mozambique.
Pour assurer le fonctionnement à pleine capacité du complexe Kamoa-Kakula (incluant les phases 1, 2 et 3 ainsi que la fonderie), l’entreprise a estimé ses besoins à environ 240 MW. Un approvisionnement plus fiable est crucial pour maintenir et accroître la production, qui a atteint 437 061 tonnes de cuivre en 2024. Cette production devrait grimper à 580 000 tonnes en 2025, avant de dépasser les 600 000 tonnes en 2026.
De plus, la concurrence entre plusieurs fournisseurs régionaux pourrait favoriser des conditions tarifaires plus avantageuses, contribuant ainsi à réduire les coûts d’exploitation de ce projet présenté comme la plus grande mine cuprifère d’Afrique. Toutefois, Ivanhoe Mines n’a, à ce jour, pas encore mentionné spécifiquement le projet porté par Somagec. De plus, aucun calendrier de mise en œuvre n’a été rendu public, l’initiative restant pour l’instant au stade de protocole d’accord.
LNK
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La Gécamines a entamé des négociations avec Glencore pour obtenir sa part en nature dans la production du projet cuprifère Kamoto Copper, a révélé Reuters en citant des sources proches du dossier. Selon l’agence de presse, pour 2025, l’entreprise publique congolaise souhaiterait obtenir environ 51 000 tonnes de minerais. S’il est précisé que le nouvel accord est en passe d’être finalisé, aucune date n’a été communiquée à cet effet.
Dans le détail, on apprend que cette allocation est négociée en fonction de la participation de 25 % détenue par la compagnie publique dans cette mine. Cependant, les termes de cet accord n’ont pas encore été révélés. Selon le rapport annuel de production de la société, la mine a livré 190 600 tonnes de cuivre et 27 200 tonnes de cobalt en 2024, et 25 % de cette production représente 54 450 tonnes. En tentant d’obtenir seulement 51 000 tonnes de minerais pour 2025, l’entreprise publique congolaise parie-t-elle sur une baisse de la production ? S’agit-il de sa part, moins les coûts de production ? Difficile à dire pour l’instant.
La Gécamines aurait également des vues similaires sur le complexe minier de Kamoa-Kakula, une coentreprise dans laquelle l’État détient une participation de 20 %. Ce n’est pas la première fois que la Gécamines se lance dans de telles démarches. En 2023, la compagnie publique congolaise avait en effet négocié près de 100 000 tonnes de cuivre, soit l’équivalent de sa participation de 20 % dans le projet Tenke Fungurume Mining du groupe CMOC.
À travers ces initiatives, la Gécamines cherche principalement à constituer ses propres stocks de cuivre et de cobalt, afin de participer directement au négoce de ces minerais stratégiques. Interrogé sur le sujet en décembre 2023, son président Guy Robert Lukama avait indiqué que cette démarche vise à « donner un meilleur rôle à l’État et à la Gécamines dans l’approvisionnement mondial en minéraux essentiels ».
Pour rappel, Kamoto Copper est, en volume de production, la première mine de cuivre et de cobalt opérée par Glencore en RDC. L’autre projet congolais produisant ces minerais et exploité par la compagnie est Mutanda Mining.
Aurel Sèdjro Houenou (stagiaire), Agence Ecofin
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Le M23 étend son emprise sur plusieurs localités minières de l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Après Rubaya, au Nord-Kivu, les rebelles auraient pris le contrôle de la cité minière de Lumbishi, dans le Sud-Kivu, rapporte l’AFP, citant notamment des habitants et l’administrateur du territoire. Rubaya abrite une mine artisanale de coltan (colombite-tantalite), qui représenterait jusqu’à 15 % de la production mondiale. Lumbishi se trouve, quant à elle, dans une zone minière riche en coltan, en or, en tourmaline et en cassitérite.
« Cette avancée militaire s’accompagne d’efforts pour mettre en place une administration civile parallèle dans les zones contrôlées par le M23, ainsi que d’une intensification de l’extraction minière », estime le Centre d’études stratégiques de l’Afrique (ACSS), basé à Washington. Selon de nombreux experts, dont ceux de l’ONU, ces rebelles alimentent le commerce illicite de minerais en RDC, posant ainsi un défi majeur aux efforts de formalisation de l’exploitation minière artisanale dans le pays.
Une des clé du conflit
Pour instaurer une chaîne d’approvisionnement responsable de l’or extrait sans engins ni infrastructures industrielles en RDC, le gouvernement a créé une société chargée de l’achat, de la commercialisation et de l’exportation de l’or issu de l’exploitation artisanale. Dénommée Primera Gold à sa création, elle a été rebaptisée DRC Gold Trading SA après son passage sous contrôle public. En 2023, elle n’était active que dans le Sud-Kivu, où elle a collecté jusqu’à 5,07 tonnes d’or, provoquant une hausse des exportations artisanales du pays de 12 000 % par rapport à l’année précédente. La présence grandissante du M23 dans cette province devrait sûrement perturber les activités de DRC Gold Trading SA.
La question minière « constitue un autre moteur du conflit qu’il faudra traiter pour parvenir à une paix durable », estime le Centre d’études stratégiques de l’Afrique dans une note publiée le 29 janvier. « Kigali est accusé de faciliter l’exfiltration des minerais à travers sa frontière. La valeur marchande de ces minerais dépassera probablement 1 milliard de dollars… », poursuit le document.
Depuis @MiningIndaba à Cape Town, nous dénonçons avec force le pillage de nos ressources minérales par le Rwanda, qui mène une agression inacceptable contre notre pays🇨🇩 @MinMinesRDC pic.twitter.com/hKTlElABiG
— Kizito Pakabomba (@kizpaka) February 2, 2025
« Les exportations de minéraux du Rwanda s’élèvent désormais à plus d’un milliard de dollars par an. C’est à peu près le double de ce qu’il y a deux ans. Et nous ne savons pas combien, mais une bonne partie de cette somme provient de la RDC », a déclaré Jason Stearns, politologue à l’Université Simon Fraser et ancien enquêteur de l’ONU, cité par Reuters. Pour le gouvernement congolais, le rôle clé du Rwanda dans le pillage de ses ressources ne fait pas l’objet d’un doute. Une situation rappelée par le ministre des mines, Kisiti Pakabomba, au forum Mining Indaba qui se déroule actuellement en Afrique du Sud.
En février 2024, le Rwanda et l’Union européenne ont signé un protocole d’accord afin de garantir un « approvisionnement durable en matières premières » pour l’UE, en échange d’un financement destiné à développer les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures minières du Rwanda. Un accord aujourd’hui dénoncé par la RDC et certains députés européens.
Pierre Mukoko
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Alors que s’intensifient les actes d’agression des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, Ivanhoe Mines, l’un des principaux opérateurs miniers de la RDC, est parvenu à mobiliser, le 24 janvier 2025, une somme de 750 millions de dollars sur le marché international des capitaux. Annoncée depuis fin 2024, l’opération visait initialement à lever 600 millions de dollars. Une offre abondante des investisseurs semble avoir poussé l’entreprise basée au Canada à accepter davantage.
La somme est remboursable sur cinq ans. Le taux d’intérêt de 7,87 % peut sembler élevé, mais il reste compétitif, voire meilleur que celui d’autres entreprises actives en Afrique ayant mobilisé des ressources sur ce type de marché. Le contexte de l’opération, marqué par une intensification du conflit à l’est de la RDC, aurait pu rendre les investisseurs sceptiques, d’autant qu’une partie de la garantie de l’opération repose sur le produit des activités de Kipushi Holdings, une autre filiale d’Ivanhoe Mines en RDC.
Plusieurs éléments peuvent expliquer l’issue positive de cette levée de fonds. La demande des principaux minerais exploités par l’entreprise à travers ses filiales en RDC, notamment le cuivre et le zinc, progresse sur les marchés. Les données du London Metal Exchange, la principale place d’échange des métaux, indiquent que les prix des contrats à terme, permettant de sécuriser les approvisionnements, sont en hausse. Par ailleurs, Ivanhoe et ses filiales sont des emprunteurs connus, avec un historique de remboursement de dettes plutôt positif, même si le montant actuel figure parmi les plus élevés mobilisés par l’entreprise.
Les ressources mobilisées contribueront majoritairement à financer les investissements supplémentaires annoncés pour Kamoa-Copper. Dans une communication récente aux investisseurs, les dirigeants de l’entreprise ont indiqué que, pour 2025, des investissements compris entre 1,42 et 1,67 milliard de dollars seraient nécessaires pour l’agrandissement de cette mine. Le projet Kipushi, quant à lui, ne devrait recevoir que peu d’investissements (25 millions de dollars, selon les prévisions).
Ivanhoe Mines, via cette filiale, a régulièrement sollicité le secteur financier pour ses activités ces dernières années. Parmi les banques ayant accompagné cette entreprise canadienne en RDC figurent Rawbank (80 millions de dollars en mai 2023, déjà remboursés) et la filiale congolaise du groupe nigérian FirstBank (50 millions de dollars à rembourser en mai 2025). En juin et juillet 2024, des montants respectifs de 60 millions de dollars ont été empruntés auprès de Trafigura Asie et de CITIC Group, ce dernier étant le premier actionnaire d’Ivanhoe Mines avec un peu plus de 22 % des parts. Ces deux derniers prêts ont été effectués dans le cadre d’un contrat de prévente de minerais à produire.
Il reste à suivre l’évolution de la valeur des titres du récent emprunt de 750 millions de dollars, cotés sur plusieurs places financières européennes et américaines. Début janvier, Ivanhoe a tempéré l’enthousiasme des actionnaires en annonçant des prévisions de production de cuivre inférieures aux attentes, tout en relevant ses prévisions de dépenses d’investissement par rapport aux estimations faites trois mois plus tôt. Sa communication aux investisseurs, prévue à la clôture des marchés le 19 février prochain, sera donc particulièrement scrutée.
Georges Auréole Bamba
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La République Démocratique du Congo a exporté 1,08 tonne d’or artisanal entre janvier et septembre 2024. Cela représente une baisse de 71 % en glissement annuel, a constaté l’Agence Ecofin à la lecture des statistiques publiées par le ministère congolais des Mines.
Si les autorités ne fournissent pas d’explications à cette chute des volumes exportés, elle peut s’expliquer par l’arrêt des activités de Primera Gold l’année dernière. L’émirati Primera Group s’est en effet retiré de la coentreprise formée avec le gouvernement congolais fin 2022 pour contrôler le négoce d’or dans la pays. Elle était jusqu’ici active seulement dans le Sud-Kivu. En 2023, les exportations totales du Sud-Kivu atteignaient ainsi 5,07 tonnes d’or contre 1,05 tonne sur les neuf premiers mois de 2024. Cette année-là, la coentreprise avait permis aux exportations artisanales congolaises d’enregistrer un gain de plus de 12 000 % par rapport à l’année précédente.
Après avoir racheté les parts de Primera Group, l’État congolais a fait de Primera Gold une entreprise publique rebaptisée DRC Gold Trading SA. Celle-ci s’active pour relancer les activités avec pour objectif de faire mieux à moyen terme. Il s’agit toujours d’intégrer les artisans miniers dans les circuits officiels de négoce d’or, alors que la contrebande domine encore dans les exportations congolaises.
« Les prévisions quinquennales tablent sur une moyenne de 150 tonnes d’or en cinq ans, représentant un chiffre d’affaires de plus de 12 milliards USD. Ce qui signifie en réalité que les exploitants bénéficieraient de plus de revenus annuellement en rentrant dans le circuit officiel que de passer par la contrebande de l’or qui appauvrit des communautés entières », indiquent les autorités.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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La mine d’or Kibali, opérée par Barrick en République Démocratique du Congo (RDC), a connu une année 2024 marquée par une baisse de production sur les neuf premiers mois. La compagnie canadienne se montre néanmoins optimiste pour 2025, évoquant de « solides résultats » à venir, sans préciser s’il s’agira d’une hausse de la production, d’une stabilisation ou simplement d’une amélioration des performances opérationnelles.
Barrick et son partenaire de coentreprise AngloGold Ashanti tablaient en début d’année sur un objectif de production compris entre 711 000 et 800 000 onces d’or, après avoir livré 762 000 onces en 2023. Pourtant, au terme des trois premiers trimestres de 2024, la mine n’avait produit que 509 000 onces, enregistrant un recul de 8 % en glissement annuel.
Selon un communiqué publié par Barrick le 28 janvier, le dernier trimestre aurait été marqué par une « amélioration des performances », avec un « débit de traitement annuel record » depuis la mise en service de la mine. Toutefois, aucun chiffre précis n’a été communiqué, laissant planer une incertitude sur l’atteinte des objectifs annuels.
Pour 2025, Barrick met en avant plusieurs initiatives destinées à renforcer l’efficacité opérationnelle de Kibali. L’entreprise évoque une réorganisation interne avec des ajustements au sein du management, ainsi qu’un renforcement des campagnes d’exploration dans des zones proches du site, afin d’accroître les réserves exploitables et assurer la continuité de la production. Selon la direction, ces efforts placent Kibali dans une dynamique favorable pour la nouvelle année.
Les résultats définitifs de 2024, attendus dans les prochaines semaines, seront déterminants pour évaluer la trajectoire réelle de la mine. Ils permettront de savoir si l’objectif de production a été atteint et donneront une indication plus claire sur les perspectives pour 2025.
Située dans le nord-est de la RDC, Kibali est la plus grande mine d’or du continent africain. Elle est détenue à 45 % par Barrick, 45 % par AngloGold Ashanti et 10 % par la société publique congolaise Sokimo. Sur les neuf premiers mois de 2024, la production industrielle d’or de la RDC a atteint 19 355,41 kilogrammes, dont 99,5 % provenaient de Kibali, selon les dernières statistiques du ministère congolais des Mines. D’après Barrick, le projet Kibali aurait contribué à hauteur de 5,7 milliards de dollars à l’économie congolaise depuis son entrée en service.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin
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Selon les statistiques publiées par le ministère des Mines, la République Démocratique du Congo (RDC) a exporté 145 452 tonnes de cobalt au cours des neuf premiers mois de 2024, soit une moyenne trimestrielle de 48 484 tonnes. À ce rythme, les exportations annuelles pourraient atteindre 193 936 tonnes, surpassant ainsi le record de l’année précédente, établi à 152 798 tonnes.
Selon ces données officielles, le chinois CMOC a dominé les exportations de cobalt en RDC grâce à ses deux mines, Kisanfu et Tenke Fungurume (TFM). La compagnie a vendu 50 021 tonnes de cobalt issues de Kisanfu durant les trois premiers trimestres de l’année, contre 19 958 tonnes provenant de TFM sur la même période. Relégué depuis 2023 par CMOC au rang de deuxième producteur mondial de cobalt, le Suisse Glencore a exporté environ 32 000 tonnes de cobalt en neuf mois, provenant de ses deux opérations congolaises, MUMI et KCC.
Le ministère des Mines ne précise cependant pas les revenus générés par ces ventes record. Cela empêche d’évaluer si l’augmentation des volumes exportés a compensé les effets de la baisse des prix du cobalt sur les recettes d’exportation. En effet, le marché du cobalt est excédentaire depuis trois ans, ce qui a entraîné une chute significative des prix. Sur la Bourse des métaux de Londres, le prix au comptant du cobalt est passé d’environ 50 000 dollars la tonne en janvier 2023 à environ 24 000 dollars en janvier 2025.
Évolution des prix du cobalt depuis 2023
Cet excédent est en partie dû à l’augmentation des exportations congolaises de cobalt, principalement liée à l’accroissement des capacités de production de CMOC au cours des deux dernières années. La production de cobalt de CMOC a en effet été multipliée par plus de cinq depuis 2022, atteignant 114 165 tonnes en 2024. Selon le Cobalt Institute, la RDC devrait contribuer à 48 % de la croissance de l’offre mondiale de cobalt d’ici 2030, contre 37 % pour l’Indonésie.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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Alphamin Resources a annoncé, le 17 janvier 2025, avoir produit 17 324 tonnes d’étain sur sa mine de Bisie, située dans le Nord-Kivu. La société, basée à Maurice, précise que cette performance, conforme à ses prévisions (17 000 à 18 000 tonnes), représente une hausse de 38 % par rapport à l’année précédente.
Principale société d’exploitation industrielle d’étain en République démocratique du Congo, Alphamin a mis en service une nouvelle usine de traitement à Bisie en mai 2024. Cette infrastructure a largement contribué à l’augmentation significative de la production. La compagnie ambitionne désormais d’atteindre 20 000 tonnes d’étain en 2025.
Les revenus d’Alphamin Resources ont également connu une progression notable, avec une moyenne de 30 345 dollars par tonne d’étain en 2024, contre 26 009 dollars en 2023. Le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA) a plus que doublé, atteignant 274,1 millions de dollars en 2024, contre 135,5 millions de dollars l’année précédente.
Cependant, derrière le succès de la compagnie en RDC, des critiques émergent concernant son impact sur les communautés locales. Une enquête menée par l’organisation à but non lucratif Mongabay a mis en lumière les plaintes des communautés autochtones de Banamwesi et Motondo, qui accusent Alphamin d’avoir accaparé leurs terres sans consultation préalable.
Quant aux retombées pour la RDC, le gouvernement congolais détient une participation de 5 % dans la mine et perçoit une redevance minière équivalant à 3,5 % des revenus de vente de l’étain. La société est également soumise à un impôt sur les sociétés de 30 %, conformément à la législation fiscale en vigueur dans le pays.
Emiliano Tossou
Rio Tinto et Glencore sont en pourparlers concernant une fusion de leurs activités. Au cœur de cette éventuelle opération, qui pourrait réunir deux des dix plus grands groupes miniers mondiaux, se trouve le cuivre, dont les fluctuations de prix, tant à la hausse qu’à la baisse, seront cette année influencées par des décisions politiques et par l’état de l’économie mondiale.
Dans une analyse publiée cette semaine, BMI évoque l’impact des décisions de Donald Trump, qui pourrait revenir sur les engagements climatiques de son prédécesseur tout en accélérant l’exploitation pétrolière. Selon la firme de recherche, membre du groupe Fitch Solutions, cette situation devrait réduire le « sentiment vert » qui a soutenu les prix du cuivre en 2024. En conséquence, BMI a révisé à la baisse ses prévisions de prix pour le métal rouge, estimant qu’il se négociera en moyenne à 10 000 dollars la tonne.
De son côté, S&P Global Commodity Insights souligne également l’impact potentiel des politiques de la nouvelle administration américaine sur le prix du cuivre. Dans une note du 30 décembre dernier, l’analyste de marché estime que « les droits de douane prévus par le président élu américain Donald Trump pourraient éloigner les prix du cuivre des fondamentaux du marché et assombrir les perspectives 2025 de la demande ».
Évolution du prix du cuivre d’ici 2035
Ces mesures tarifaires pourraient en effet entraîner une inflation qui freinerait la demande de cuivre. S&P Global Commodity Insights prévoit que le prix du cuivre pour livraison dans trois mois se négociera en moyenne à 9 825 dollars la tonne en 2025. Il s’agit d’une légère hausse par rapport à la moyenne de 9 307 dollars la tonne estimée pour 2024, mais en dessous de plusieurs prévisions précédentes.
En septembre dernier, Goldman Sachs a, par exemple, réduit d’environ 5 000 dollars sa prévision pour le prix du cuivre. La banque d’investissement reste néanmoins plus optimiste que d’autres analystes, estimant que les mesures de relance de l’économie chinoise pourraient soutenir la demande de cuivre et pousser son prix à 10 160 dollars la tonne en 2025.
La Chine et le climat en toile de fond
Il convient de souligner qu’en tant que principal consommateur mondial de cuivre, la Chine joue un rôle clé dans l’évolution du prix du métal rouge. En 2024, ce sont les difficultés de l’économie chinoise, notamment dans le secteur immobilier, qui ont contribué à la baisse du prix du cuivre. Selon BMI, il est peu probable que les mesures de relance initiées ces derniers mois suffisent à stabiliser l’économie, ce qui pourrait peser sur le métal rouge.
À moyen et long terme, cependant, les analystes s’attendent toujours à une hausse du prix du cuivre. La demande croissante liée à la transition énergétique et le déficit prévu en concentré de cuivre pourraient soutenir les cours du métal. Commodity Insights prévoit notamment un déficit de 847 764 tonnes pour le concentré en 2025, en raison d’une offre minière insuffisante.
Ces différentes perspectives de prix pour le métal rouge seront particulièrement suivies en Afrique par la RDC et la Zambie, les deux principaux producteurs du continent. Le cuivre reste en effet leur premier produit d’exportation et contribue de manière significative aux recettes publiques.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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Un récent rapport de l’Observatoire africain des ressources naturelles (Afrewatch) révèle l’impact de l’exploitation minière sur la déforestation dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, en RDC. Entre 2001 et 2023, le Haut-Katanga a perdu 7120 km² de forêts, avec 498,4 km² attribués directement aux activités minières, tandis que le Lualaba a enregistré une perte totale de 5550 km², dont 388,5 km² liés au secteur minier. L’étude souligne que l’essor des activités minières après leur libéralisation en 2002 a amplifié cette déforestation.
Selon les données du rapport, les activités minières sont responsables de 7 % de la perte de couvert forestier enregistrée dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Bien que ce chiffre soit relativement modeste comparé à d’autres facteurs, tels que l’agriculture et l’exploitation artisanale du bois, il n’en reste pas moins préoccupant en raison des conséquences climatiques et économiques qui en découlent.
Les destructions forestières entre 2001 et 2023 ont diminué la capacité des forêts à capturer le CO₂, entraînant des émissions supplémentaires estimées à 20 MtCO₂e pour le Haut-Katanga et 13,86 MtCO₂e pour le Lualaba. Le rapport souligne également que l’exploitation minière contribue à la fragmentation des forêts restantes, accélérant ainsi leur dégradation. De plus, l’extraction des minerais nécessite le déboisement de vastes zones, tant pour les sites d’exploitation que pour les infrastructures associées, comme les routes et les zones de stockage. Cette dynamique fragilise les écosystèmes forestiers et augmente l’exposition des populations aux risques climatiques.
Un impact social à ne pas sous-estimer
En plus de la perturbation des cycles naturels, qui affecte la pluviométrie et les températures, la déforestation entraîne des conséquences directes pour les communautés locales. Depuis 2005, les précipitations moyennes à Lubumbashi ont montré des variations importantes, avec des saisons des pluies plus courtes et des épisodes de sécheresse plus fréquents. De plus, la température moyenne a fluctué de manière inhabituelle, atteignant parfois des valeurs extrêmes.
Ces changements ont des répercussions sur les populations locales, notamment celles qui dépendent de l’agriculture. La réduction des précipitations et l’érosion des sols entraînent une baisse de la productivité agricole, mettant en danger la sécurité alimentaire et les revenus des ménages ruraux. Par ailleurs, la disparition des ressources forestières prive les communautés de produits essentiels comme le bois, les fruits ou certaines plantes médicinales.
Une prise en compte nécessaire des enjeux environnementaux
Les conclusions du rapport, bien que peu nouvelles, soulèvent la question du coût réel de l’exploitation minière en RDC. Elles interrogent sur la manière dont le pays peut concilier exploitation des ressources minérales et préservation de son environnement, surtout dans un contexte où la quête des minéraux critiques attire de nombreuses entreprises étrangères. Un rapport récent de la Banque mondiale évalue la valeur des réserves de minerais critiques de la RDC à 24 000 milliards de dollars, et le pays est reconnu parmi les plus riches en minéraux au monde. Pourtant, peu d’études abordent le prix que le pays et ses populations doivent payer pour concrétiser ce potentiel.
Bien que la RDC cherche à exploiter ses ressources minières pour soutenir son développement, il devient crucial de prendre en compte les impacts environnementaux. Sans des mesures adaptées, les bénéfices escomptés pourraient être partiellement annulés par les coûts croissants liés aux perturbations climatiques et aux pertes économiques qui en résultent.
LNK
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Selon un rapport du ministère des Mines publié le 30 décembre, la République Démocratique du Congo (RDC) a exporté 2,35 millions de tonnes de cuivre au cours des neuf premiers mois de 2024, soit une augmentation de 17 % par rapport à l'année précédente. Si cette tendance se confirme, la RDC devrait atteindre 3 millions de tonnes exportées d'ici la fin de l'année, un record pour le pays et l'Afrique.
Selon les calculs de l'Agence Ecofin, les exportations trimestrielles de cuivre de la RDC ont dépassé les 750 000 tonnes en moyenne depuis juin 2023, avec plus de 800 000 tonnes exportées au troisième trimestre 2024.
Le ministère congolais des Mines ne publie que les chiffres des ventes, sans préciser si certaines exportations proviennent de volumes produits les années précédentes. Les données de la Banque centrale du Congo montrent cependant peu de différences entre la production et les ventes. En tout cas, la RDC restera le deuxième producteur mondial de cuivre à la fin de 2024, après avoir dépassé le Pérou en 2023. La production du Pérou a atteint 2,47 millions de tonnes fin novembre 2024, en baisse de 1,1 % par rapport à l'année précédente, tandis que le Chili reste en tête avec plus de 5 millions de tonnes.
Au-delà des chiffres symboliques, la hausse de la production de cuivre en RDC renforce l'impact de ce métal sur l'économie locale. Selon la BCC, le cuivre représente plus de deux tiers des exportations congolaises et une part importante des recettes minières, estimées à 5 milliards $ pour le budget 2025.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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La position dominante de la Chine dans le secteur minier en République Démocratique du Congo (RDC) constitue désormais un « risque » pour l’économie du pays, a indiqué, le 14 janvier 2025, Marcellin Paluku, directeur de cabinet adjoint au ministère des Mines. « Aujourd’hui, 80 % de nos mines sont avec un seul partenaire (la Chine). C’est donc un risque […] On ne sait jamais ce qui peut arriver. C’est pourquoi nous essayons désormais de diversifier nos partenariats afin de ne pas dépendre d’un seul partenaire », a-t-il déclaré lors d’un entretien accordé à Reuters en marge d’une conférence minière à Riyad.
Marcellin Paluku a indiqué que les autorités congolaises sont ouvertes à engager des discussions avec de nouveaux partenaires, parmi lesquels l’Arabie Saoudite, l’Inde et l’Union européenne. Il n’a toutefois pas précisé l’état d’avancement de ces discussions, ni évoqué la date à laquelle les préoccupations du gouvernement concernant la domination chinoise ont émergé, bien que ce sujet ne soit pas nouveau.
Cette déclaration fait écho à celle du ministre des Mines, Kizito Pakabomba, qui, en octobre 2024, avait affirmé que la RDC souhaite « attirer de meilleurs investisseurs, plus d’investisseurs et des investisseurs diversifiés ». Il avait notamment cité les Émirats arabes unis parmi les partenaires actuellement courtisés par l’État congolais.
La domination de la Chine dans le secteur minier congolais se reflète dans plusieurs indicateurs. Plusieurs grandes mines de cobalt du pays appartiennent au groupe chinois CMOC, premier producteur mondial de ce minerai, tandis que les intérêts majoritaires dans la plus grande mine de cuivre, Kamoa-Kakula, sont détenus par l’entreprise Zijin Mining.
La RDC, leader mondial de la production de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre, est au cœur des rivalités internationales en raison de l’importance stratégique de ces matières premières pour la transition énergétique et les technologies de pointe. En plus du cuivre et du cobalt, le sous-sol congolais regorge de ressources telles que le zinc, les minerais 3T, le diamant, l’or, l’uranium et le germanium.
Aurel Sèdjro Houenou, Agence Ecofin
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