L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) renforce le contrôle de l’impact de la sous-traitance sur l’emploi en République démocratique du Congo. Une décision signée le 29 mai 2026 par son directeur général d’alors, Miguel Kashal Katemb, oblige désormais toutes les entreprises sous-traitantes enregistrées à déclarer les emplois générés dans le cadre de l’exécution de leurs marchés.
Cette mesure s’inscrit dans l’application de la loi n°17/001 du 8 février 2017 fixant les règles relatives à la sous-traitance dans le secteur privé. Selon le texte, les entreprises titulaires d’une attestation d’enregistrement délivrée par l’ARSP devront transmettre les informations relatives aux travailleurs recrutés depuis l’obtention de cette attestation.
Les données devront être communiquées via la plateforme numérique de l’Autorité ou par tout autre canal officiellement reconnu. L’objectif est de disposer d’indicateurs fiables sur la contribution du secteur de la sous-traitance à la création d’emplois, tout en favorisant la promotion de la main-d’œuvre nationale et de l’emploi local.
L’enjeu est d’autant plus important que le marché de la sous-traitance reste fortement concentré dans les mines. En valeur, plus de 90 % des marchés déclarés proviennent du secteur minier, pourtant relativement peu créateur d’emplois directs au regard des montants engagés. Ce marché est par ailleurs en recul : après avoir atteint 2,456 milliards de dollars en 2024, le montant total déclaré est tombé à 1,713 milliard de dollars en 2025, soit une baisse d’environ 30,2 %.
La décision instaure également un dispositif permanent de mise à jour des effectifs. Les sous-traitants devront ainsi notifier toute évolution de leur personnel, notamment en cas de recrutement, de départ ou de modification de la situation contractuelle d’un travailleur.
Pour chaque marché obtenu, les entreprises concernées seront aussi tenues de transmettre simultanément à l’ARSP et à l’entreprise principale la liste des travailleurs affectés à l’exécution du contrat.
Les entreprises principales sont également mises à contribution. Elles devront veiller au respect de cette obligation par leurs sous-traitants et s’assurer que les informations requises sont effectivement transmises à l’Autorité.
L’ARSP se réserve le droit de procéder à des contrôles et vérifications afin de s’assurer de l’exactitude des données déclarées. En cas de manquement, les contrevenants s’exposent à des sanctions administratives prévues par la réglementation, pouvant aller jusqu’au retrait de l’attestation d’enregistrement délivrée par l’Autorité.
Ronsard Luabeya
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Ce 3 juin 2026, Kinshasa connait une journée marquée par l’appel à une « ville morte » lancé par plusieurs partis de l’opposition. Cette initiative vise à protester contre un projet de révision constitutionnelle porté par la coalition au pouvoir, que ses détracteurs soupçonnent de pouvoir ouvrir la voie à un maintien du président Félix Tshisekedi au-delà de son deuxième mandat, qui s’achève en 2028.
Sur le terrain, cet appel a entraîné un ralentissement visible des activités économiques dans plusieurs secteurs de la capitale congolaise, sans provoquer de paralysie totale.
Dès les premières heures de la matinée, l’activité commerciale est apparue inégale selon les communes. Au marché central de Kinshasa, communément appelé « Zando », plusieurs commerçants ont préféré ne pas ouvrir leurs boutiques, invoquant des raisons de prudence et la crainte d’une faible affluence ou d’éventuelles perturbations.
Dans la commune de Limete, les activités commerciales ont été maintenues, mais avec une fréquentation sensiblement inférieure à la normale. Des opérateurs économiques ont signalé une baisse du flux de clients, se traduisant par une diminution des ventes et un ralentissement des échanges.
Transports perturbés
Le secteur des transports a également été affecté, avec des impacts variables selon les zones de la ville. Certaines lignes de bus et de taxis ont continué à fonctionner, mais avec une demande irrégulière et des rotations réduites par endroits.
Dans plusieurs artères de la capitale, la circulation est apparue moins dense qu’en journée ordinaire, traduisant une certaine prudence des habitants. Certains axes majeurs ont toutefois conservé une activité relativement soutenue.
Sur le boulevard Lumumba, la circulation est restée constante, avec la présence habituelle de véhicules et de taxis-motos. À l’inverse, dans la commune de la Gombe, centre administratif et d’affaires, l’activité est demeurée en deçà du niveau habituel, avec une faible affluence dans les espaces publics.
Face à cet appel à la paralysie, les autorités urbaines avaient invité la population à poursuivre normalement ses activités. Les établissements scolaires, les services publics ainsi que les réseaux de transport avaient été encouragés à rester pleinement opérationnels.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement provincial de la Tshopo a annoncé de nouveaux tarifs pour l’essence, afin de répondre à la carence observée sur le marché local et à la flambée des prix attribuée à des pratiques spéculatives.
Dans un communiqué publié le 1er juin 2026, le ministère provincial en charge de l’Économie indique que cette décision fait suite à des concertations avec les parties concernées. L’objectif est de fixer un cadre de référence pour les prix, en tenant compte des différentes zones d’approvisionnement de la province.
Selon cette nouvelle grille, le litre d’essence provenant du circuit Est est fixé à 5 000 francs congolais, tandis que celui acheminé par le circuit Ouest devra être commercialisé à 3 500 francs congolais.
Les autorités provinciales appellent l’ensemble des acteurs impliqués dans la distribution des produits pétroliers à se conformer à ces tarifs. Elles préviennent qu’en cas de non-respect, les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par les textes régissant le secteur.
Tensions à Kisangani
Cette décision intervient dans un contexte de forte tension sur le marché du carburant à Kisangani. Selon plusieurs médias locaux, le litre d’essence s’est négocié ces derniers jours entre 9 000 et 12 000 francs congolais dans certains points de vente, bien au-delà des prix généralement pratiqués. La fermeture de plusieurs stations-service a également accentué les difficultés d’approvisionnement.
Depuis plusieurs mois, la Tshopo fait face à des disparités importantes liées à son double système d’approvisionnement en produits pétroliers. La province est desservie à la fois par le circuit Ouest, principalement via Kinshasa et le fleuve Congo, et par le circuit Est, davantage dépendant des corridors régionaux passant par les pays voisins.
Pour tenter de réduire ces écarts de prix, le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga avait entrepris, en mai dernier, des démarches auprès des autorités nationales à Kinshasa. Ces échanges visaient à trouver des solutions plus durables aux déséquilibres observés sur le marché local des carburants.
Les autorités provinciales n’ont toutefois pas détaillé l’ensemble des mesures arrêtées à Kinshasa ni leur calendrier d’application. À court terme, la nouvelle grille tarifaire apparaît comme une tentative d’encadrement du marché afin de contenir la spéculation et de rétablir une certaine visibilité pour les consommateurs et les opérateurs économiques.
Ronsard Luabeya
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Les travaux de réhabilitation de 300 kilomètres de routes de desserte agricole ont été officiellement lancés dans le territoire de Luozi, au Kongo Central. Le projet vise à faciliter l’évacuation des produits agricoles, améliorer la circulation des personnes et des biens et soutenir les échanges commerciaux dans cette partie de la province.
Annoncé par le gouvernement provincial, le chantier est confié à l’entreprise Union King Services (UKS). Il concerne notamment les secteurs de Kivunda, Kimumba et Mongo Luwala.
Selon les autorités, les travaux couvriront plusieurs axes, dont Luozi–Sundi-Sangu, Sundi-Sangu–Sundi-Mamba, Bienga–Tundi, Sundi-Lutete–Yanga et Tomboman–Yanga, avant un retour vers Luozi afin de constituer une boucle routière intégrée.
Pour les autorités provinciales, cette réhabilitation devrait contribuer au désenclavement du territoire, renforcer les échanges commerciaux et soutenir le développement économique local, notamment dans cette zone frontalière avec la République du Congo.
Appui à la production
Le lancement de ces travaux intervient dans un territoire récemment mis en avant par le ministère de l’Agriculture dans le cadre de la campagne agricole 2025-2026. En février dernier, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, s’était rendu dans le secteur de Mongo Luwala, au village de Nkundi, pour visiter l’entreprise GER Plus, qui exploite 250 hectares de maïs.
Au cours de cette mission, le ministre avait présenté la stratégie agricole dite des « 4C », axée sur les cultures maraîchères, les cultures vivrières, les cultures pérennes ainsi que le palmier à huile.
Cette visite avait également mis en lumière les efforts de mécanisation agricole dans la zone, avec le déploiement d’équipements tels que des tracteurs, des moissonneuses-récolteuses, des décortiqueuses et des séchoirs destinés à accroître la production locale.
Dans ce contexte, l’amélioration de l’accès aux zones agricoles de Mongo Luwala, Kivunda et Kimumba devrait faciliter l’acheminement des récoltes vers les marchés et les centres de consommation.
À ce stade, les autorités n’ont pas encore communiqué de détails sur le coût global du projet, le calendrier précis d’exécution ni les modalités de suivi technique des travaux.
Boaz Kabeya
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Près d’une semaine après la fermeture temporaire de l’aéroport de Bunia en raison de l’épidémie d’Ébola signalée dans l’est de la République démocratique du Congo, le ministère des Transports, Voies de communication et Désenclavement a annoncé la réouverture immédiate de cette infrastructure aéroportuaire.
Dans un communiqué publié le 1er juin 2026, le ministère explique que cette décision fait suite aux évaluations sanitaires menées par les autorités compétentes, notamment le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale. Selon les autorités, « les conditions sont désormais réunies pour permettre une reprise progressive et sécurisée des activités aériennes ».
Malgré les améliorations jugées suffisantes pour permettre la reprise du trafic aérien, le gouvernement maintient plusieurs mesures sanitaires à l’aéroport de Bunia. Le ministère des Transports exige notamment le contrôle systématique de la température corporelle des passagers avant l’embarquement et à l’arrivée, le lavage ou la désinfection des mains avant l’accès aux installations aéroportuaires, ainsi que la prise en charge immédiate de toute personne présentant des symptômes suspects.
Les voyageurs présentant de la fièvre ne seront pas autorisés à embarquer et devront être orientés vers les services sanitaires compétents pour une évaluation conformément aux protocoles en vigueur.
Signaux positifs
Le gouvernement avait suspendu, le 23 mai dernier, l’ensemble des vols commerciaux, privés et spéciaux à destination ou en provenance de Bunia afin de prévenir les risques de propagation de l’épidémie. La reprise intervient alors que certains signaux positifs sont mis en avant par les autorités sanitaires, notamment les premières guérisons et le renforcement des capacités de prise en charge.
Lors d’un échange organisé sur X par Actualite.cd, le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a estimé que l’épidémie en cours restait comparable aux précédentes flambées d’Ébola auxquelles la RDC a été confrontée. Il a insisté sur la nécessité d’analyser l’évolution de la situation à partir des cas confirmés plutôt que des seuls cas suspects.
Lors de cette intervention, le scientifique évoquait environ 290 cas confirmés en laboratoire, un chiffre qui a depuis été actualisé par les autorités sanitaires. Il a également estimé que l’épidémie ne devrait pas atteindre le seuil de 1 000 cas confirmés, jugeant possible une stabilisation entre 300 et 400 cas si les mesures de riposte sont renforcées.
Fort de l’expérience acquise par la RDC dans la gestion de plusieurs épidémies d’Ébola depuis 1976, il a par ailleurs indiqué qu’un renforcement du suivi des contacts et de la surveillance pourrait permettre de contenir l’épidémie dans un délai de deux à trois mois.
Vigilance maintenue
Le même lundi 1er juin, un autre signal positif est venu de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À l’issue d’une audience avec le président Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé la guérison des cinq premiers malades d’Ébola. Il a également évoqué la construction d’un centre de traitement de 60 places à Bunia afin de renforcer les capacités de prise en charge des patients.
Les données épidémiologiques publiées le 1er juin, portant sur la situation au 31 mai 2026, montrent toutefois que l’épidémie reste active. Les autorités recensent 321 cas confirmés cumulés, dont 48 décès parmi les cas confirmés. Au total, 238 patients confirmés sont sous traitement, tandis que 116 cas suspects sont en cours d’investigation et 104 autres en isolement.
Le rapport fait aussi état de six guérisons enregistrées au cours de la journée du 31 mai, ainsi que d’un taux de suivi des contacts de 43 %. Au total, 23 zones de santé sont touchées dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. La zone de santé de Logo est nouvellement touchée.
Les autorités sanitaires appellent donc à maintenir la vigilance. Elles signalent notamment des résistances communautaires à Bunia et à Nizi, des rumeurs persistantes alimentant la méfiance envers les équipes de riposte, ainsi que des contraintes sécuritaires limitant encore l’accès humanitaire dans plusieurs zones.
Timothée Manoke
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L’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) prépare la pose des premières pierres de deux projets de ports secs à Songololo et Kenge, dans le cadre de ses efforts pour améliorer la fluidité du trafic des marchandises sur les principaux corridors logistiques du pays.
L’annonce a été évoquée le 27 mai 2026 lors d’une mission d’itinérance du directeur général ad intérim de l’OGEFREM, Emmanuel Mayele Samba, au Kongo Central. Selon la communication du gouvernorat provincial, le responsable de l’Office a été reçu par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo, à Matadi, pour faire le point sur ces projets.
Les échanges ont notamment porté sur la cérémonie de pose des premières pierres pour la construction de ces ports secs. Ces infrastructures sont présentées comme des plateformes destinées à fluidifier la circulation des marchandises, notamment sur le corridor reliant Matadi à Kinshasa.
Selon les informations relayées par l’Agence congolaise de presse (ACP), ces projets s’inscrivent dans la stratégie de l’OGEFREM visant à améliorer la gestion du fret multimodal et à réduire les perturbations observées sur les principaux axes logistiques du pays.
L’objectif est notamment de limiter l’impact des camions de transport de marchandises dans les zones régulièrement saturées. Dans ce type de dispositif, les ports secs peuvent servir de plateformes de stockage, de traitement et de redistribution du fret, en complément des infrastructures portuaires classiques.
Des détails encore attendus
Le projet intervient dans un contexte marqué par de fortes perturbations de la circulation sur l’axe Kinshasa-Matadi, principal corridor d’approvisionnement de la capitale congolaise. En mai 2026, les travaux de réhabilitation de certains tronçons de la RN1 ont provoqué d’importants ralentissements, affectant le transport des marchandises entre le port de Matadi et Kinshasa.
Face à cette situation, le gouvernement avait annoncé plusieurs mesures destinées à améliorer la fluidité du trafic, notamment l’accélération des travaux de contournement dans les zones les plus congestionnées, le renforcement de la présence des forces de l’ordre autour des chantiers et l’examen de mécanismes visant à réduire les délais de passage aux postes de péage.
À ce stade, les détails techniques et financiers des deux projets de ports secs n’ont pas encore été précisés. Les autorités n’ont pas non plus communiqué de calendrier détaillé sur le démarrage effectif des travaux, la capacité attendue des plateformes, leur modèle de financement ou les opérateurs qui seront associés à leur développement.
Ronsard Luabeya
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Les ressortissants ougandais détenteurs d’un passeport en cours de validité sont désormais exemptés de visa d’entrée en République démocratique du Congo pour les séjours ne dépassant pas 90 jours. L’information est contenue dans une note de la Direction générale des migrations (DGM) adressée à l’ensemble des postes frontaliers du pays, instruisant l’application immédiate de cette mesure.
Cette décision vise à faciliter la circulation des personnes entre la RDC et l’Ouganda. Elle s’inscrit également dans les efforts engagés par les deux pays pour renforcer leur intégration économique, alors que les échanges commerciaux se sont intensifiés ces dernières années, notamment dans les régions frontalières.
Selon les données compilées par la Bank of Uganda dans son rapport annuel 2024/2025, la RDC a officiellement importé des biens ougandais d’une valeur de 542,74 millions de dollars au cours de l’exercice 2024/2025, soit une progression de 29 % par rapport à l’exercice précédent.
La banque centrale ougandaise estime par ailleurs les échanges informels à 419,46 millions de dollars, ce qui porterait la valeur totale des exportations ougandaises vers la RDC à environ 962,2 millions de dollars. Ces chiffres confirment le poids croissant du marché congolais dans le commerce extérieur de l’Ouganda.
La mesure intervient quelques semaines après la visite officielle du président Félix Tshisekedi en Ouganda, le 11 mai 2026. La question de la libre circulation des personnes figurait parmi les sujets abordés lors des échanges entre le chef de l’État congolais et son homologue ougandais, Yoweri Museveni.
Dans le communiqué conjoint publié à l’issue de cette rencontre, la RDC avait salué l’exemption de visa accordée par Kampala aux citoyens congolais en janvier 2024. Kinshasa s’était alors engagé à accélérer la mise en œuvre d’une mesure réciproque en faveur des ressortissants ougandais avant le 31 août 2026.
Frontières fermées
En janvier 2024, l’Ouganda avait supprimé les exigences de visa pour les citoyens congolais effectuant des séjours de moins de 90 jours sur son territoire. Cette décision s’inscrivait dans la dynamique d’intégration régionale portée par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), que la RDC a officiellement rejointe en 2022.
Kinshasa n’avait toutefois pas immédiatement adopté une mesure équivalente pour les ressortissants ougandais. Cette absence de réciprocité avait alimenté des frustrations aux frontières terrestres entre les deux pays. Des voyageurs congolais avaient notamment signalé, dans certains cas, des paiements non clairement documentés à certains points de passage, sans que leur base réglementaire soit établie.
L’exemption désormais accordée par la RDC devrait contribuer à réduire cette source de friction et à renforcer les efforts engagés par les deux gouvernements pour faciliter les échanges commerciaux et améliorer la mobilité des opérateurs économiques dans le cadre de l’intégration régionale.
L’entrée en vigueur de cette mesure coïncide néanmoins avec un contexte sanitaire particulier. Le 21 mai 2026, l’Ouganda avait annoncé la suspension temporaire des vols directs avec la RDC ainsi que du transport public transfrontalier de passagers afin de limiter les risques de propagation de l’épidémie d’Ébola signalée dans l’est congolais.
Le 27 mai, Kampala a ensuite annoncé la fermeture temporaire de sa frontière avec la RDC, avec effet immédiat. « Vu l’aggravation continue de l’ampleur de l’épidémie d’Ébola en RDC, l’Ouganda ferme temporairement sa frontière avec la RDC avec effet immédiat », a déclaré Dr Diana Atwine, haute responsable du ministère ougandais de la Santé.
Les effets pratiques de l’exemption de visa sur les déplacements entre les deux pays devraient donc être plus visibles après la levée des restrictions sanitaires actuellement en vigueur.
Timothée Manoke
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La mise en œuvre de nouvelles procédures de contrôle à Kanyaka, sur l’axe Lubumbashi-Kasumbalesa, continue de peser sur la fluidité du trafic entre la République démocratique du Congo et la Zambie. Le 28 mai 2026, la Zambia Revenue Authority (ZRA) a indiqué être en discussion avec la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ainsi qu’avec d’autres parties prenantes afin de faciliter un retour à la normale sur ce corridor stratégique.
Dans une communication officielle, l’administration fiscale zambienne affirme que la congestion observée à Kasumbalesa résulte de la mise en œuvre de procédures supplémentaires de conformité et de contrôle à Kanyaka. Dans cette localité de la RDC, un au contrôle scanner a été instauré en fin d’année dernière assortie d’un paiement 100 dollars exigé aux véhicules transportant des marchandises. Ces mesures auraient affecté le rythme de circulation des marchandises ainsi que le traitement des garanties de transit.
Selon l’administration zambienne, les perturbations constatées à Kasumbalesa ont également eu des répercussions sur d’autres points frontaliers traitant les cargaisons en transit, notamment Kazungula et Chirundu. La ZRA affirme travailler avec les autorités congolaises et les parties prenantes concernées pour rétablir la fluidité du trafic.
Contrôle contesté
À la mi-mai, plusieurs médias locaux avaient déjà rapporté une paralysie du trafic sur la route de Kasumbalesa, principal corridor économique reliant le Haut-Katanga à la Zambie. Des centaines de camions auraient été immobilisés à la suite de l’instauration du contrôle scanner au poste de Kanyaka, assorti du paiement de 100 dollars américains par véhicule transportant des marchandises.
Cette situation rappelle les tensions observées en décembre 2025 sur le même axe. À l’époque, des camionneurs avaient protesté contre l’introduction de ce contrôle scanner payant, entraînant d’importants embouteillages et des perturbations dans la circulation des marchandises entre Lubumbashi et la frontière zambienne.
Le contrôle contesté trouve son origine dans un communiqué signé par le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe Shula. Ce document annonçait l’installation d’un poste de contrôle scanner à Kanyaka, sur l’axe Lubumbashi-Kasumbalesa, en application de l’arrêté interministériel du 5 décembre 2012 portant création et mise en œuvre du Programme de contrôle de la production et de la commercialisation des bois (PCPCB) et autres substances.
Selon ce communiqué, tout véhicule transportant des marchandises, quelle que soit leur nature, y compris les citernes de produits pétroliers, acides et gaziers, devait se soumettre à un contrôle non intrusif à l’exportation et s’acquitter des frais correspondants.
Face à la contestation des transporteurs en décembre 2025, Martin Kazembe Shula s’était rendu sur place pour tenter de désamorcer la crise. Selon des informations relayées à l’époque par des médias locaux et des journalistes présents sur place, le gouverneur intérimaire avait annoncé un moratoire afin de permettre des actions de sensibilisation auprès des opérateurs concernés.
Corridor stratégique
Le dossier est revenu au premier plan en mai 2026, avec la reprise des tensions autour de Kanyaka. Le 17 mai, le gouverneur intérimaire s’est de nouveau rendu à la station de péage, accompagné notamment de membres du comité provincial de sécurité, de représentants de la Fédération des entreprises du Congo, de transporteurs routiers et de plusieurs services publics impliqués dans la gestion du corridor.
Selon la communication du gouvernorat du Haut-Katanga, l’exécutif provincial estime que le scanner n’est pas à l’origine des embouteillages observés sur l’axe Kasumbalesa. Il attribue plutôt les congestions à plusieurs facteurs, dont des véhicules en panne, des accidents, l’incivisme de certains conducteurs et la lenteur de certaines procédures administratives. Le gouvernorat affirme néanmoins vouloir améliorer la fluidité du trafic tout en maintenant le dispositif de contrôle.
La situation reste suivie de près par les milieux économiques. La route Kasumbalesa constitue l’un des principaux axes d’approvisionnement de la région minière du Katanga et un corridor essentiel pour les échanges entre la RDC et l’Afrique australe. Toute perturbation prolongée du trafic est susceptible d’affecter les chaînes d’approvisionnement, les activités minières, le commerce transfrontalier ainsi que les recettes générées par ces flux.
Timothée Manoke
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En République démocratique du Congo, le gouvernement a adopté, vendredi 29 mai 2026, un projet de décret visant à élargir la liste nationale des substances minérales stratégiques. Le texte prévoit notamment d’y intégrer le lithium, dans un contexte marqué par la montée en puissance attendue du projet Manono Nord-Est, développé par le groupe chinois Zijin Mining.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, ce projet de décret complète le décret n°18/042 du 24 novembre 2018, qui avait déclaré le cobalt, le germanium et la colombo-tantalite, ou coltan, comme substances minérales stratégiques. Le nouveau texte prévoit d’ajouter à cette liste le tantale, le niobium, le tungstène, le lithium, l’uranium et les terres rares.
« Ce texte tient compte de l’évolution des marchés internationaux des matières premières critiques et de l’importance croissante de plusieurs substances minérales tant pour les filières stratégiques que pour les technologies émergentes et le secteur de l’énergie nucléaire », indique le compte rendu du Conseil des ministres. L’objectif, selon le gouvernement, est de permettre à la RDC de mieux tirer profit du caractère critique et géostratégique de ces ressources présentes dans son sous-sol.
Une fois publié et entré en vigueur, ce décret devrait modifier le traitement fiscal de certaines substances concernées. En RDC, les substances minérales stratégiques sont soumises à une redevance minière de 10 %, contre 3,5 % pour les métaux non ferreux. Pour les opérateurs concernés, cette évolution pourrait donc se traduire par une hausse des prélèvements dus à l’État sur les produits désormais classés comme stratégiques.
À ce stade, les principaux acteurs concernés n’ont pas encore détaillé publiquement les implications de cette mesure pour leurs opérations.
Manono en ligne de mire
L’intégration du lithium à la liste des substances stratégiques intervient alors que Zijin Mining prépare la montée en puissance de son projet de lithium de Manono Nord-Est, dans la province du Tanganyika. Selon les informations publiées par l’entreprise, la phase I du projet, d’une capacité de 5 millions de tonnes par an, prévoit la mise en service progressive du système de séparation par milieu dense entre mars et juin 2026. Le système de broyage et de flottation est attendu d’ici fin septembre 2026, tandis que la fonderie doit être mise en service par étapes entre septembre et fin décembre 2026.
Les données actualisées de Zijin indiquent que le projet est porté par la coentreprise Manono Lithium. Jinxiang Lithium, filiale du groupe chinois, détient 54,9 % des parts, contre 35,1 % pour l’entreprise publique congolaise Cominière et 10 % pour l’État congolais.
La future mine est conçue pour une capacité totale d’extraction et de traitement de 5 millions de tonnes par an, avec une production attendue d’environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an. Ce concentré devrait ensuite être transformé en 100 800 tonnes de sulfate de lithium brut.
Au-delà de Zijin, d’autres acteurs suivront probablement l’évolution du cadre réglementaire. C’est notamment le cas de KoBold Metals, qui mène actuellement des travaux d’exploration en RDC dans l’espoir d’identifier de nouveaux gisements de lithium. L’entreprise américaine a annoncé un programme d’exploration de 50 millions de dollars dans le pays.
Concernant les autres substances visées par le projet de décret, les statistiques minières récentes recensent notamment des productions ou exportations liées au coltan, à la wolframite et à la monazite, respectivement associées au tantale, au tungstène et aux terres rares.
Cette évolution réglementaire confirme la volonté de Kinshasa de renforcer la captation de valeur autour des minerais critiques. Elle devra toutefois être suivie dans sa mise en œuvre effective, notamment à travers la publication du décret, ses modalités d’application et les réactions des opérateurs concernés.
Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin
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Le gouvernement congolais a adopté, lors de la 90ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 22 mai 2026, un programme national de désenclavement et de connectivité routière portant sur un réseau identifié de 22 000 kilomètres.
Présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ce programme vise à connecter les chefs-lieux des provinces et des territoires, à préserver les axes déjà ouverts ou réhabilités et à moderniser progressivement le réseau routier national.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, il prévoit notamment la stabilisation, le bitumage ou le bétonnage des routes en fonction de leur importance économique, stratégique et sécuritaire.
Un réseau prioritaire
Ce programme intervient après plusieurs réajustements opérés dans la stratégie gouvernementale de désenclavement routier engagée depuis 2025. Au début de cette période, les autorités avaient lancé un vaste programme de réhabilitation de 38 000 km de routes de desserte agricole et de 11 423 km de routes prioritaires à travers le pays, avec l’objectif de renforcer l’intégration territoriale et de soutenir les bassins de production agricole.
Le projet reposait notamment sur le déploiement de brigades routières dans les provinces, ainsi que sur la réhabilitation de plusieurs corridors nationaux jugés structurants pour les échanges économiques.
Mais au fil des mois, son exécution a mis en évidence les contraintes financières, logistiques et techniques liées à l’ampleur des objectifs annoncés. Des données relayées fin 2025 indiquaient qu’environ 8 000 km de routes de desserte agricole avaient été réhabilités, un niveau inférieur aux 38 000 km initialement projetés.
Dans plusieurs provinces, des travaux ciblés ont néanmoins été engagés avec le déploiement progressif de brigades routières et la réhabilitation de certains tronçons prioritaires, notamment dans le Kasaï-Oriental, le Haut-Katanga, la Tshopo et le Kongo-Central.
Des objectifs resserrés
Face à ces contraintes, le gouvernement a progressivement réorienté son approche vers des objectifs plus ciblés. Lors de son discours sur l’état de la Nation du 8 décembre 2025, Félix Tshisekedi a ainsi annoncé la réhabilitation de 3 735 km de routes de desserte agricole pour l’année 2026, en mettant davantage l’accent sur des corridors stratégiques précis.
Le chef de l’État avait alors cité plusieurs axes prioritaires, notamment 115 km entre Tshikapa et la frontière angolaise sur la RN1, 229 km sur la RN39 entre Kamwesha, Bakwanga, Tshimbulu et Mbuji-Mayi, 475 km sur la RN2 pour relier Mbuji-Mayi à Bukavu, 1 184 km sur la RN7 entre Kananga et Kisangani, 856 km sur la RN8 entre Mbandaka et Ikela, ainsi que 750 km sur la RN4 entre Kisangani, Bunia et Mahagi.
Le président congolais avait également annoncé la modernisation du tronçon ferroviaire Kisangani-Ubundu dans le cadre d’un partenariat public-privé.
À travers cette nouvelle orientation, l’exécutif semble désormais privilégier la consolidation d’un réseau routier prioritaire destiné à soutenir la circulation intérieure, les échanges économiques et l’intégration territoriale dans un pays où une grande partie des zones rurales reste difficilement accessible.
Les modalités de mise en œuvre du programme restent toutefois à préciser.
Boaz Kabeya
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Le ministère du Commerce extérieur a annoncé, le 21 mai à Kinshasa, la validation du prototype du Portail d’informations commerciales de la RDC (PIC). Cette plateforme numérique est destinée à centraliser les règles et procédures applicables aux opérations d’importation, d’exportation et de transit.
Selon le ministère, le PIC doit permettre aux opérateurs économiques, aux investisseurs et aux administrations d’accéder, à partir d’un point unique, aux informations officielles liées au commerce extérieur : formalités douanières, exigences documentaires, textes réglementaires, procédures administratives et règles applicables aux échanges transfrontaliers.
Présenté comme un outil de transparence et de facilitation des échanges, le projet s’inscrit dans les engagements pris par la RDC dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), notamment au titre de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE). Celui-ci prévoit notamment la publication des règles liées au commerce extérieur, l’amélioration de la transparence administrative et la simplification des formalités transfrontalières.
Derrière cette initiative, qui bénéficie aussi de l’appui technique de TradeMark Africa et d’Alerte Internationale, se trouve un enjeu ancien du climat des affaires congolais : la faible lisibilité des règles commerciales.
Instrument de compétitivité
Les importateurs et exportateurs opérant en RDC doivent souvent naviguer entre plusieurs administrations, procédures et exigences parfois peu harmonisées. Les opérateurs dénoncent régulièrement la multiplicité des documents, l’instabilité réglementaire, les coûts administratifs, les délais, ainsi que la difficulté d’obtenir une information officielle centralisée et actualisée.
Dans ce contexte, le PIC apparaît comme une tentative de standardisation de l’information commerciale publique. L’objectif affiché est double : améliorer la prévisibilité des opérations commerciales et réduire les obstacles administratifs qui pèsent sur les échanges, afin de renforcer la compétitivité du pays. Le ministère souligne d’ailleurs que le PIC permettra à la RDC de comparer ses procédures commerciales avec celles des autres États membres de l’OMC.
Les prochaines étapes prévoient la présentation officielle du portail au gouvernement par le ministre Julien Paluku Kahongya, avant son lancement opérationnel et sa notification aux partenaires internationaux, notamment l’OMC et la Zone de libre-échange continentale africaine.
Cette initiative est complémentaire au Guichet unique intégral du commerce extérieur (GUICE), géré par SEGUCE RDC. Alors que le GUICE permet de traiter les opérations liées au commerce extérieur — demandes, validations, paiements, documents et formalités d’importation, d’exportation et de transit —, le PIC centralise les règles, procédures, documents, coûts, délais et exigences applicables à ces opérations. Il peut donc devenir la porte d’entrée pédagogique du guichet unique.
Ronsard Luabeya
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Le projet Facilitating Inclusive, Resilient and Sustainable Trade (FIRST), financé par le Canada, doit appuyer la facilitation du commerce transfrontalier en République démocratique du Congo, en Zambie et au Mozambique. Doté de 9,7 millions de dollars canadiens sur cinq ans, ce programme est mis en œuvre par Cowater International avec l’appui d’Affaires mondiales Canada.
En RDC, ce projet est notamment mobilisé pour soutenir la mise en œuvre du Régime commercial simplifié (RECOS) entre la RDC et la Zambie. Selon le ministère congolais du Commerce extérieur, une réunion technique consacrée à ce dossier s’est tenue le 19 mai 2026 à Kinshasa entre le directeur de cabinet du ministre du Commerce extérieur, Benezeth Musafiri Kyakakala, et Nadira Bayat, cheffe d’équipe du projet FIRST pour Cowater International.
À l’issue de cette rencontre, une commission technique mixte d’experts a été mise en place afin de préparer la signature d’un mémorandum d’entente ainsi que l’élaboration d’une feuille de route pour l’opérationnalisation du RECOS entre les deux pays, selon la communication du ministère.
Le RECOS est un mécanisme du COMESA destiné à faciliter le petit commerce transfrontalier grâce à des procédures douanières simplifiées. Il repose notamment sur une liste commune de produits éligibles, un document douanier simplifié et un certificat d’origine simplifié pour les marchandises admises au régime préférentiel.
La RDC avait déjà lancé ce dispositif avec le Burundi en octobre 2024 aux postes frontaliers de Kavimvira et Gatumba. Dans ce cadre précis, 66 produits ont été retenus pour bénéficier d’une exemption des droits de douane, avec un plafond fixé à 500 dollars par transaction et par jour pour les petits commerçants concernés.
Cap sur Kasumbalesa
L’objectif poursuivi est de mieux encadrer les flux commerciaux transfrontaliers, de réduire les délais de passage aux frontières, de limiter les tracasseries administratives et de favoriser la formalisation d’une partie du commerce informel.
À travers le projet FIRST, les autorités congolaises et leurs partenaires veulent désormais étendre cette logique de facilitation commerciale au corridor RDC-Zambie, notamment au poste frontalier de Kasumbalesa, l’un des principaux points de passage commerciaux de la région.
Le projet FIRST vise plus largement à soutenir les ministères du commerce, les associations professionnelles et les petits commerçants transfrontaliers dans les pays ciblés. Il met un accent particulier sur les femmes, les jeunes et les personnes en situation de handicap impliqués dans les activités commerciales régionales. Le programme prévoit notamment des appuis en matière de politiques commerciales, de réduction des barrières non tarifaires, de participation des micro, petites et moyennes entreprises au commerce régional et d’accès aux données commerciales.
Cette initiative s’inscrit dans les efforts d’appui à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), en particulier pour rendre le commerce transfrontalier de petite échelle plus inclusif, plus formel et plus résilient.
Timothée Manoke
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Le ministère de l’Économie nationale conditionne désormais l’exercice de dix activités relevant du commerce de détail par des opérateurs étrangers à l’obtention préalable d’un avis de non-objection (ANO). Ce dispositif impose un capital minimum variant de 250 000 à 1 million de dollars, selon le segment d’activité concerné. La demande d’ANO s’effectue via le site officiel du ministère.
Cette mesure intervient après la signature, le 28 avril 2026, de trois arrêtés interministériels encadrant l’exercice du petit commerce et du commerce de détail en République démocratique du Congo. Parmi ces textes figure notamment un arrêté définissant les activités de commerce de détail spécialisé à forte intensité de capital accessibles aux investisseurs étrangers.
Selon les informations publiées par le ministère de l’Économie nationale, les activités concernées sont réparties en trois catégories, en fonction du niveau d’investissement exigé.
La catégorie C, assortie d’un capital minimum de 250 000 dollars, comprend les activités artistiques, sportives et culturelles, y compris les parcs d’attractions, les commerces spécialisés dans la bijouterie et les articles de luxe, les librairies, ainsi que les magasins d’articles de sport et de loisirs. Elle couvre également les commerces de produits pharmaceutiques et médicaux, les stations-services, ainsi que les activités de transport et les services auxiliaires, à l’exception des taxis.
La catégorie B, qui requiert un investissement minimum de 500 000 dollars, concerne le commerce de détail spécialisé dans l’électroménager et les équipements électroniques, ainsi que les activités de restauration.
La catégorie A, soumise à un capital minimum de 1 million de dollars, regroupe le commerce de véhicules automobiles et de motocycles neufs et de pièces détachées, les activités d’hébergement, ainsi que les hypermarchés et supermarchés.
Le ministère précise que les opérateurs étrangers déjà présents sur le marché congolais devront également se conformer à ces nouvelles dispositions en régularisant leur situation administrative.
À travers cette réforme, le gouvernement congolais entend renforcer l’encadrement du petit commerce et du commerce de détail, secteurs qu’il souhaite réserver prioritairement aux opérateurs nationaux, tout en maintenant l’accès des investisseurs étrangers aux activités nécessitant des capitaux plus importants.
Timothée Manoke et Ronsard Luabeya
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Le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, a entamé, le 18 mai 2026, une série de consultations avec les autorités nationales à Kinshasa afin de trouver une solution aux écarts persistants des prix du carburant dans sa province. Au cœur des discussions : les différences de traitement entre les circuits d’approvisionnement pétrolier de l’Est et de l’Ouest de la RDC.
Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), le gouverneur prévoit notamment de rencontrer le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, en présence de représentants des sociétés pétrolières, de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et d’experts provinciaux.
La Tshopo se trouve dans une situation particulière. La province est approvisionnée à la fois par le circuit Ouest, principalement via Kinshasa et le fleuve Congo, et par le circuit Est, davantage dépendant des corridors régionaux traversant les pays voisins.
Selon les autorités provinciales, ces deux chaînes logistiques ne bénéficient pas des mêmes mécanismes de soutien et de compensation. Le gouverneur estime notamment que les opérateurs relevant du circuit Ouest profitent davantage de certaines exonérations et compensations mises en place par l’État, contrairement à ceux qui approvisionnent la province depuis l’Est.
Les structures de prix illustrent ces écarts. Dans la zone Ouest, le litre d’essence est fixé à 2 640 francs congolais, tandis que celui du gasoil s’établit à 2 635 FC. Dans la zone Est, les prix sont nettement plus élevés, avec 4 205 FC pour le litre d’essence et 5 395 FC pour le gasoil. Cette différence complique l’harmonisation des prix dans une province déjà confrontée à des coûts logistiques élevés, liés à l’enclavement et à la faiblesse des infrastructures de transport.
Dans la Tshopo, où le transport routier et fluvial joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement des marchés, les variations du prix du carburant se répercutent rapidement sur les coûts de transport, les prix des denrées alimentaires et le pouvoir d’achat des ménages. L’enjeu dépasse donc la seule question pétrolière. Les autorités provinciales redoutent que ces déséquilibres accentuent les pressions inflationnistes dans cette partie du pays, dans un contexte national déjà marqué par des tensions récurrentes sur les prix des produits pétroliers.
Le dossier met surtout en lumière les difficultés d’intégration économique d’un pays où certaines provinces de l’Est et du Nord-Est restent davantage connectées aux corridors régionaux voisins qu’aux circuits logistiques partant de Kinshasa. Pour ces provinces enclavées, les prix du carburant dépendent autant des mécanismes nationaux de fixation que des réalités géographiques, sécuritaires et logistiques propres à chaque corridor d’approvisionnement.
Ronsard Luabeya
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