La République démocratique du Congo (RDC) monte d’un cran dans sa volonté de faire émerger un véritable contenu local dans le transport des marchandises destinées à l’exportation. Dans une décision signée le 17 avril 2026 par son directeur général, Miguel Katemb Kashal, l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) donne 60 jours aux transporteurs étrangers pour se conformer à l’obligation de céder au moins 50 % de leurs parts de marché aux Congolais.
« À défaut, les entreprises principales bénéficiaires de leurs prestations sont tenues de résilier immédiatement les contrats conclus avec les transporteurs non conformes », précise la décision, qui cible clairement le secteur minier, pourvoyeur d’une part importante de l’activité. À l’expiration du délai, toute entreprise principale, en priorité minière, qui maintient une relation contractuelle avec un transporteur non conforme s’expose aux sanctions prévues par la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance, ajoute-t-elle. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à une interdiction d’activité.
Le principe du 50-50 a été introduit par un arrêté ministériel de décembre 2024, sans toutefois être appliqué sur le terrain. Avec cette décision, l’ARSP accentue la pression sur les opérateurs miniers en vue de sa mise en œuvre. L’objectif affiché est de rééquilibrer un marché dominé par des opérateurs étrangers, notamment sur les corridors miniers reliant le Grand Katanga aux ports de la région, afin de capter une part plus importante de la valeur générée par le secteur minier, dans un pays où les exportations de cuivre dépassent 3 millions de tonnes par an.
Sur le terrain, les acteurs du secteur minier alertent sur les limites d’une mise en œuvre aussi rapide. « En 2024, les camions immatriculés en RDC représentaient moins de 5 % des flux de transport liés à l’import-export », explique un membre de la Chambre des mines de la Fédération des entreprise du Congo (FEC). « Passer de 5 % à 50 % en 60 jours n’est pas réaliste, même si l’objectif reste noble et doit être atteint à terme », ajoute-t-il. Surtout que, apprend-on, les transporteurs locaux font aussi face à des contraintes d’assurance et de conformité, qui limitent leur accès aux contrats internationaux.
Chantier structurel
« Les transporteurs étrangers dominent le marché parce qu’ils sont plus compétitifs », assure notre source. Et de s’interroger : « Les nationaux à qui l’on demande de récupérer ces marchés en 60 jours sont-ils prêts à offrir leurs prestations dans les mêmes conditions ? »
À ces difficultés internes s’ajoutent des obstacles régionaux. « Pour accéder à la Zambie, par exemple, les chauffeurs doivent obtenir un visa à l’avance, limité à 180 jours. Avec les rotations, ce quota est rapidement épuisé, alors que les chauffeurs d’autres pays bénéficient souvent de visas à l’arrivée. »
Les exigences logistiques du secteur minier constituent un autre défi. « Multiplier les transporteurs pour une même cargaison augmente les risques. Or, un écart de qualité à l’arrivée peut entraîner une baisse du prix du produit », souligne un autre acteur.
Entre ambition de souveraineté économique et contraintes opérationnelles, le passage effectif au 50-50 apparaît ainsi comme un chantier structurel, dont l’issue dépendra autant des réformes visant à améliorer le climat des affaires que de la capacité de régulation. Selon plusieurs témoignages, plusieurs entrepreneurs congolais préfèrent enregistrer leurs sociétés en Zambie, en Tanzanie ou en Afrique du Sud, parce que les conditions fiscales et opérationnelles y sont plus favorables.
Pierre Mukoko
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Depuis ce 17 avril 2026, de nouveaux prix des produits pétroliers sont en vigueur en République démocratique du Congo (RDC). Ils consacrent une hausse des prix à la pompe ainsi qu’une nouvelle augmentation pour le secteur minier, exclu des subventions aux carburants depuis la mi-2025.
Selon les nouvelles structures des prix, dans la zone Ouest, qui sert généralement de référence, le prix à la pompe du litre d’essence est relevé de 2 440 à 2 640 francs congolais (FC), tandis que celui du litre de gasoil passe de 2 430 à 2 635 FC, soit une hausse respective de 8,2 % et de 8,4 %. Dans la zone Nord, ces prix s’établissent respectivement à 3 350 FC et 3 345 FC.
Dans la zone Sud, les prix du litre d’essence et du litre de gasoil sont fixés respectivement à 3 930 FC et 4 465 FC. À l’est du pays, où les contraintes logistiques sont plus importantes, le litre d’essence et le litre de gasoil passent respectivement à 4 400 FC et 5 600 FC.
S’agissant du secteur minier, dans la zone Sud, les prix du litre d’essence et du litre de gasoil ont été relevés de 22,6 % et de 28,4 %, passant respectivement de 2,08 à 2,55 dollars et de 2,43 à 3,12 dollars. Cette hausse intervient après une première augmentation de 30 % pour l’essence et de 43 % pour le gasoil à la mi-mars. Cela porte la hausse cumulée à 59,4 % pour l’essence et à 83,5 % pour le gasoil en l’espace d’un mois.
Pour la zone Est, les prix du litre d’essence et du litre de gasoil sont passés respectivement à 2,06 dollars et 3,1 dollars contre 1,60 dollars et 1,65 dollars en juillet 2025, soit une hausse de 28,7% et 88%.
Sécurisation de l’approvisionnement
Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale, cette révision a été validée à l’issue de la réunion du Comité de suivi des prix des produits pétroliers (CSPPP), tenue du 15 au 16 avril. Elle vise à concilier la préservation du pouvoir d’achat des ménages avec l’adaptation aux fluctuations du marché international.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés internationaux des hydrocarbures. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du baril de Brent oscillent autour de 100 dollars, contre 60 à 70 dollars en moyenne auparavant.
Pour sécuriser l’approvisionnement du marché intérieur en produits pétroliers, le gouvernement prévoit la mise en place d’un mécanisme de paiement d’avances en faveur des sociétés commerciales, avec l’appui des ministères sectoriels. Par ailleurs, le CSPPP a retenu le principe du paiement anticipé des avances liées aux pertes et au manque à gagner, en amont du processus de certification trimestrielle, afin de répondre aux contraintes de trésorerie des opérateurs dans un environnement économique sous pression.
Dans la même dynamique, les autorités congolaises explorent également de nouveaux circuits d’approvisionnement. Le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, étudie notamment la possibilité de recourir à la raffinerie Dangote, au Nigeria, afin de diversifier les sources d’importation et de réduire les tensions sur la chaîne logistique.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement congolais envisage de limiter le nombre de cartes SIM détenues par une même personne, dans le cadre d’un renforcement des mesures de lutte contre le banditisme et la criminalité liés à l’usage des services de télécommunications. La piste a été examinée lors de la 86e réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le 10 avril 2026.
Selon le compte rendu officiel, une séance de travail a réuni les responsables des services de sécurité, le ministère des Postes et Télécommunications, l’ l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) ainsi que les opérateurs de télécommunications. Les analyses présentées à cette occasion ont mis en évidence un recours massif aux services télécoms par les auteurs d’actes criminels.
Dans l’attente de la mise en œuvre effective du fichier national d’identification, le gouvernement juge nécessaire d’adopter des mesures « urgentes, pragmatiques et immédiatement applicables ». Parmi elles figurent le renforcement des exigences d’identification pour l’acquisition des cartes SIM, la limitation du nombre de cartes SIM par individu, la relance de la campagne nationale d’identification et de sensibilisation des abonnés, y compris dans les zones rurales, ainsi que des dispositions spécifiques pour l’identification des abonnés étrangers.
Sur le terrain, cette orientation intervient dans un contexte de dysfonctionnements persistants dans la commercialisation des cartes SIM, selon les constats de la rédaction. Dans de nombreux points de vente, des puces sont proposées sous des identités déjà existantes, de sorte que les nouveaux acquéreurs utilisent parfois des lignes qui ne correspondent pas à leur identité réelle.
Pour se conformer aux exigences réglementaires, les utilisateurs concernés doivent ensuite se rendre dans les agences officielles des opérateurs, munis d’une pièce d’identité, afin de modifier les informations d’enregistrement. Cette situation entretient une part importante d’abonnés insuffisamment identifiés et limite, de fait, la traçabilité des communications. Fin mars 2026, les autorités travaillaient déjà sur l’interdiction des cartes SIM préenregistrées et sur le renforcement de la réidentification des abonnés.
Le chantier concerne un marché de grande taille. À fin septembre 2025, la RDC comptait 73,28 millions d’abonnements actifs en téléphonie mobile, pour un taux de pénétration de 65,3 %, tandis que la pénétration de l’Internet mobile atteignait 32,2 %, sur une population estimée à 112,2 millions d’habitants, selon les chiffres de l’ARPTC.
À ce stade, aucune mesure réglementaire détaillée n’a encore été publiée sur le plafond exact envisagé par abonné. Le Conseil des ministres acte surtout une orientation gouvernementale : mieux identifier les utilisateurs et réduire les marges d’anonymat dans l’usage des services télécoms afin de renforcer la sécurité publique.
Boaz Kabeya
Dans un communiqué signé le 10 avril 2026, le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, accorde 30 jours calendaires, à compter de la publication dudit communiqué, aux entreprises exerçant en République démocratique du Congo (RDC) pour régulariser la situation administrative de leur personnel expatrié. Passé ce délai, elles s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’à la suspension de leurs activités et à la saisine de la juridiction compétente, avertit le ministère.
Dans le même document, le ministre annonce le lancement d’une opération nationale de contrôle renforcé et ciblé sur l’ensemble du territoire. Ferdinand Massamba wa Massamba affirme vouloir mettre fin aux pratiques illégales liées au recours abusif à la main-d’œuvre étrangère. Le texte vise notamment l’embauche de travailleurs expatriés sans autorisation préalable, ainsi que l’occupation par des étrangers d’emplois réservés aux nationaux. Le communiqué rappelle que ces pratiques constituent des infractions administratives graves au regard de la réglementation en vigueur.
En conséquence, les entreprises en situation irrégulière s’exposent à des mesures immédiates. Le ministère évoque notamment l’expulsion administrative des travailleurs concernés, en collaboration avec les services compétents, ainsi que la suspension partielle ou totale des activités des entreprises fautives. Le texte précise aussi que la responsabilité des dirigeants et responsables impliqués pourra être engagée conformément aux dispositions en vigueur.
Cette offensive intervient quelques mois après un assouplissement du cadre applicable à l’emploi étranger. En septembre 2025, un nouvel arrêté a relevé les quotas de travailleurs étrangers autorisés dans plusieurs secteurs. L’agriculture, les industries extractives, les industries manufacturières ainsi que le bâtiment et les travaux publics peuvent désormais employer des expatriés à hauteur de 6,5 % de l’effectif global des travailleurs nationaux. Les banques, l’immobilier, le commerce, les transports et les technologies de l’information sont, eux, plafonnés à 4 %.
La réforme n’a cependant pas supprimé l’obligation de respecter les autorisations préalables et les règles de priorité à l’embauche nationale. La Fédération des entreprises du Congo a d’ailleurs réuni ses membres autour de ces nouvelles règles, notamment sur les quotas autorisés et le fonctionnement de la Commission nationale de l’emploi des étrangers.
Cette campagne de contrôle intervient aussi dans un marché du travail sous forte pression. Le Rapport national sur l’emploi des jeunes estime que la RDC devra créer environ 9,6 millions d’emplois d’ici à 2030, puis près de 35 millions à l’horizon 2050, pour absorber la croissance de sa population active. Le même document indique que le taux de chômage, au sens strict du BIT, atteint 2,5 % chez les jeunes, contre 1,4 % chez les adultes, tandis que le chômage de longue durée touche plus de 60 % des jeunes.
Dans le même temps, les capacités de création d’emplois formels restent limitées. En 2025, l’ANAPI a agréé 96 projets représentant 5,13 milliards dollars d’investissements projetés, pour un potentiel de 8 383 emplois directs. Ces volumes restent modestes au regard des besoins structurels du marché du travail congolais.
PM, avec l’Agence Ecofin
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Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a lancé, le 5 avril 2026, les travaux de bitumage de la Route nationale n°1 sur le tronçon Kananga–rivière Kakangayi, dans le territoire de Kabeya-Kamwanga. Le projet s’inscrit dans le corridor économique transnational RDC–Angola, destiné à renforcer les échanges entre l’espace Kasaï et le marché angolais.
Selon les documents du projet et la communication officielle autour de la cérémonie, le chantier couvre un linéaire de 137,5 km réparti en trois lots. Le premier concerne la section Kananga–village Kasingi/Kashindi sur 45 km ; le deuxième va de Kasingi/Kashindi à Bena Mulongo sur 45 km ; le troisième relie Bena Mulongo à la rivière Kakangayi sur 47,5 km. Les trois lots sont confiés respectivement à la société Sino-Hydro Sokol, au groupement GGPI et à la société CFHEC.
Dans sa présentation technique relayée par le site officiel du gouvernorat du Kasaï Oriental, le projet prévoit une emprise de 15 mètres, une chaussée de 7 mètres de largeur et une durée globale des travaux de 30 mois.
Au-delà de la route principale, le programme comprend plusieurs aménagements connexes. D’après la Cellule Infrastructures et les documents liés à la BAD, il inclut 10 km de voiries répartis entre Kananga, Kabeya-Kamwanga et Munkamba, la construction du marché frontalier de Kalamba-Mbuji, de stations de pesage à Kalamba-Mbuji et à Munkamba, ainsi que des infrastructures socio-économiques et rurales : écoles, centres de santé, centres de formation, marchés, entrepôts, forages et pistes rurales. Le projet comporte également des actions de sensibilisation à la sécurité routière, aux violences basées sur le genre (VBG), au VIH/Sida et au Covid-19, ainsi qu’un volet de reboisement de 100 hectares entre Kananga et Kabeya-Kamwanga.
Le financement de cette phase 1 repose sur un don d’environ 69,8 millions de dollars et un prêt d’environ 105,2 millions de dollars, soit un appui total de près de 175 millions de dollars mobilisé auprès de la Banque africaine de développement et du Fonds africain de développement, dans le cadre d’un programme global de 650 millions de dollars. L’objectif affiché est d’améliorer le niveau de service de la chaîne logistique sur l’axe Mbuji-Mayi–Kananga–Kalamba-Mbuji (RDC) – Shikolondo–Dundo (Angola), tout en favorisant les échanges intra-régionaux et les conditions de vie des populations de la zone.
Pour le ministère et les autorités provinciales, cet axe doit contribuer au désenclavement du Grand Kasaï, à la baisse des coûts de transport et à la fluidification des échanges commerciaux. John Banza Lunda a également présenté la RN1 comme la colonne vertébrale du pays, appelée à se connecter vers le Kongo Central et vers le Katanga.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement congolais a décidé de fermer 402 services privés de placement (SPP) opérant en République démocratique du Congo, en raison notamment de l’absence d’agrément délivré par le ministère de l’Emploi et du Travail. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du 3 avril 2026 par le ministre de tutelle, Ferdinand Massamba wa Massamba.
Cette mesure fait suite à une mission de contrôle lancée en février 2026 auprès des structures de placement privées, dans le but d’évaluer la conformité de leurs activités aux exigences légales en vigueur. Les vérifications ont porté notamment sur les conditions de recrutement, le respect des obligations contractuelles ainsi que la protection sociale des travailleurs.
D’après les résultats présentés, 635 services privés de placement ont été recensés à travers le pays. Parmi eux, 233 sont en conformité avec la réglementation, tandis que 402 opèrent en situation irrégulière. Les manquements relevés concernent principalement l’absence d’agrément, le défaut de contrats de travail, l’absence de couverture médicale, la non-application du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG), ainsi que le non-paiement des cotisations sociales et de l’impôt sur les personnes physiques.
Face à ces irrégularités, le ministère prévoit un moratoire de 30 jours afin de permettre le transfert des contrats en cours vers des structures agréées. À l’issue de ce délai, les 402 SPP concernés seront définitivement fermés. Cette opération s’inscrit dans la continuité des contrôles administratifs engagés depuis octobre 2025. À cette période, 176 services sur 625 identifiés avaient été jugés conformes.
Selon le ministre, cette démarche répond à une instruction du président de la République, formulée lors de la 58e réunion du Conseil des ministres, visant à assainir le secteur du placement privé et à renforcer la protection des travailleurs congolais.
Ronsard Luabeya
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La mise en œuvre de la facture normalisée en République démocratique du Congo entre dans une phase de conformité renforcée, marquée par la levée progressive des mesures temporaires accordées aux entreprises durant la période d’ajustement.
Selon les conclusions des travaux de la commission mixte réunissant le ministère des Finances, la Direction générale des impôts (DGI) et la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le 31 mars 2026 à Kinshasa, aucune suspension formelle de la réforme n’a été décidée. En revanche, un courrier du ministre des Finances daté du 17 décembre 2025 avait neutralisé, à titre temporaire, certaines sanctions liées à l’émission de factures non normalisées, dans le cadre du traitement des préoccupations soulevées par le secteur privé. Parmi ces mesures figuraient notamment l’amende de 10 millions de francs congolais par facture non normalisée ainsi que le rejet de la déduction de la TVA correspondante.
Entrée dans sa phase obligatoire depuis le 1er décembre 2025, la réforme a fait l’objet d’un accompagnement à travers une commission mixte chargée d’examiner les contraintes techniques et opérationnelles rencontrées par les entreprises. Sur les 52 difficultés recensées par la FEC, 33 ont été résolues, soit 63 % du total, tandis que 10 autres restent en cours de traitement, principalement en lien avec les mises à jour des plateformes e-UF (Unité de facturation électronique) et e-MCF (Module de contrôle de facturation électronique), ainsi qu’avec l’homologation des systèmes de facturation.
Certaines questions demeurent toutefois en suspens. Elles concernent notamment l’intégration des taxes spécifiques — droits d’accises, TPI, droit de consommation provincial, redevances ARSP et FPC — dans la base de calcul de la TVA. La FEC estime que ces éléments ne relèvent pas des charges d’exploitation des entreprises. Des demandes de dérogation ont également été formulées pour certains secteurs, notamment le transport aérien domestique, la distribution des produits pétroliers en stations-service et les jeux d’argent et de hasard.
Dans ce contexte, les autorités fiscales confirment la poursuite de la réforme, avec un calendrier désormais mieux balisé. À l’échéance du 15 mai 2026, la déclaration de la TVA du mois d’avril devra être effectuée sur la base des factures normalisées pour l’ensemble des entreprises assujetties, à l’exception de celles qui restent en attente d’homologation de leur système de facturation et de celles relevant de secteurs ayant sollicité une dérogation.
En attente d’une circulaire
La réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de mobilisation des recettes publiques. Selon les projections avancées par le ministère des Finances, elle pourrait générer jusqu’à 200 millions de dollars de recettes additionnelles d’ici à fin 2026, grâce à un meilleur contrôle de la TVA.
D’après les données de la DGI, cette taxe représentait déjà 2 776,2 milliards de francs congolais en 2023, soit 23,7 % des recettes fiscales, collectées auprès de 8 895 entreprises, ce qui confirme son poids dans les finances publiques congolaises.
Malgré les avancées enregistrées, la FEC a attiré l’attention des autorités sur certaines pratiques observées sur le terrain. L’organisation patronale cite notamment le refus de paiement de factures ordinaires émises par des entreprises encore en attente d’homologation, ainsi que l’absence de délivrance de factures normalisées par certaines entreprises publiques ne bénéficiant pourtant d’aucune dérogation. Selon la FEC, ces situations risquent de perturber les transactions commerciales si elles ne sont pas rapidement encadrées.
À l’issue des travaux, la commission mixte a été transformée en comité de suivi permanent, chargé d’examiner les nouvelles préoccupations liées à la réforme. Ce cadre de concertation, réunissant le ministère des Finances, la DGI et la FEC, tiendra désormais des réunions mensuelles. Par ailleurs, une circulaire ministérielle est attendue pour préciser les modalités d’intégration des taxes spécifiques dans la base de calcul de la TVA, un point jugé sensible par les entreprises en raison de ses effets potentiels sur les prix des biens et services.
Boaz Kabeya
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Le trafic routier entre Bukavu et Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a repris après environ deux semaines d’interruption sur la Route nationale n°5. Des médias locaux ont signalé, au début du mois d’avril 2026, la reprise progressive des rotations sur cet axe, même si la circulation reste encore limitée, selon plusieurs témoignages de transporteurs.
La coupure était intervenue le 15 mars 2026 à Kasambura, dans la plaine de la Ruzizi. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient alors interdit le passage aux véhicules, aux motos et aux piétons en provenance des zones sous contrôle rebelle vers les zones tenues par les forces pro-gouvernementales. Cette mesure était justifiée par la dégradation de la situation sécuritaire et la menace d’une progression de l’AFC/M23 vers le sud du Sud-Kivu.
Cette fermeture a rapidement pesé sur les échanges commerciaux entre les deux villes. Radio Okapi rapportait, le 25 mars 2026, que plusieurs marchandises avaient commencé à périr, entraînant de lourdes pertes pour les commerçants. La radio soulignait aussi que nombre d’entre eux travaillaient à crédit, ce qui augmentait l’impact financier de la paralysie du trafic.
La reprise actuelle intervient après un autre épisode de perturbation majeure sur ce même axe. En 2025, le transport routier avait déjà été affecté par les affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23.
À ce stade, le retour à la normale semble encore partiel. Des médias locaux évoquent la persistance de barrières et d’autres contraintes sur la route, ce qui limite encore la fluidité du trafic. La reprise de la circulation constitue néanmoins un soulagement pour les usagers et les opérateurs économiques, dans une zone où les perturbations sécuritaires affectent directement les échanges commerciaux, l’approvisionnement et les prix.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement congolais a engagé la mise en œuvre de la Taxe de promotion de la santé (TPS), destinée à renforcer le financement de la Couverture santé universelle (CSU). Publié au Journal officiel du 3 février 2026, l’arrêté interministériel signé le 21 janvier 2026 par les ministres des Finances et de la Santé fixe les modalités d’exécution de cette taxe instituée par le décret du 17 juillet 2025. Le texte précise que l’arrêté est entré en vigueur à la date de sa signature.
La TPS est fixée à 2 % de la valeur en douane (CIF) des marchandises importées. Elle s’applique à toutes les marchandises soumises aux droits et taxes à l’importation, à l’exception des catégories expressément exemptées. La taxe ne vise que les marchandises déclarées pour la mise à la consommation définitive. Les biens en transit, placés en entrepôt sous douane ou relevant d’un autre régime douanier suspensif en sont exclus.
Parmi les exemptions figurent les produits de première nécessité, les intrants et équipements agricoles, les produits et intrants pharmaceutiques ainsi que les dispositifs médicaux, les matières premières importées par les industries pharmaceutiques locales, de même que les marchandises bénéficiant déjà d’exonérations prévues par les textes légaux et réglementaires. Les annexes du Journal officiel détaillent ces catégories à travers des listes tarifaires précises.
La collecte de la TPS est assurée par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui la recouvre au même moment et dans les mêmes conditions que les droits et taxes de douane. Le receveur du bureau de douane compétent liquide le montant à partir de la déclaration de marchandises. Les services du Fonds de promotion de la santé (FPS) et de la DGDA sont chargés des contrôles, tandis que les sommes perçues sont directement versées sur le compte du FPS.
Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de mobiliser des ressources internes additionnelles pour le secteur de la santé, dans un contexte de besoins croissants de financement. En juillet 2025, le ministre de la Santé, Roger Kamba, expliquait que ce mécanisme devait notamment réduire la dépendance aux allocations du Trésor public, souvent perturbées par d’autres priorités budgétaires, notamment sécuritaires.
En complément, un second levier de financement a été validé dans le cadre du dialogue social. Il prévoit une cotisation santé de 2,5 % du salaire brut, répartie entre le travailleur (0,5 %) et l’employeur (2 %). Pour un salaire brut de 130 dollars, cela correspond à une contribution mensuelle de 0,65 dollar pour le travailleur et de 2,60 dollars pour l’employeur.
Les autorités congolaises misent sur ces deux mécanismes pour sécuriser plus durablement le financement de la CSU, lancée en septembre 2023 avec la gratuité de la maternité et la prise en charge du nouveau-né comme premier paquet de services. Une extension progressive à d’autres prestations est envisagée.
Ronsard Luabeya
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La détérioration avancée de l’axe routier reliant Masisi à Goma perturbe les échanges commerciaux entre les deux zones, dans un contexte de fortes pluies enregistrées ces derniers jours dans le Nord-Kivu.
Selon Radio Okapi, plusieurs points critiques entravent actuellement la circulation sur cette route stratégique. À Matanda, un éboulement bloque partiellement la chaussée malgré des tentatives de réhabilitation. Au niveau de la rivière Nyakajanga, les débordements d’eau rendent le passage difficile, voire impraticable en période de pluie. Dans la zone de Bihambwe, sur l’axe Rubaya, les usagers signalent également un tronçon particulièrement dégradé.
Le 25 mars 2026, plusieurs véhicules transportant des marchandises, ainsi que des motos et leurs passagers en provenance de Masisi, sont restés immobilisés à Lushebere et Katale, accentuant les perturbations sur cet axe.
D’après la société civile locale, ces contraintes logistiques risquent désormais d’affecter les marchés de Goma. Une hausse des prix des produits vivriers est redoutée aussi bien dans le territoire de Masisi qu’à Goma. Cette dernière dépend en grande partie des productions agricoles en provenance de cette zone, tandis que Masisi reste tributaire des produits de première nécessité acheminés depuis Goma.
Les difficultés d’accès allongent également les délais de transport. Selon plusieurs transporteurs, le trajet vers le principal marché de Nyabiondo, dans le territoire de Masisi, habituellement parcouru en environ quatre heures, peut désormais durer jusqu’à sept heures.
Cette situation s’ajoute à un contexte déjà marqué par une pression sur les prix dans la ville de Goma. Radio Okapi a rapporté ces derniers jours une flambée du coût de plusieurs produits manufacturés sur les marchés locaux, certains ayant doublé, voire triplé. Des commerçants attribuent cette hausse à la rareté de l’offre et, en partie, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement liées aux tensions au Moyen-Orient.
La dégradation de l’axe Masisi-Goma vient ainsi accentuer les risques de tensions sur l’approvisionnement des marchés dans une province déjà fragilisée par l’insécurité et les difficultés de circulation.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement congolais a adopté, lors du Conseil des ministres du 27 mars 2026, le projet de loi relatif à la mise en œuvre du projet Grand Inga, présenté par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo. Le texte a été adopté après débats et délibérations, selon le compte rendu officiel du Conseil des ministres.
Selon ce compte rendu, ce projet de loi est présenté comme une garantie de souveraineté, dans la mesure où il vise à protéger un actif stratégique national et à en organiser la maîtrise par l’État. Le gouvernement soutient également qu’il adapte le droit congolais à la réalité d’un projet hors norme, tout en ouvrant la voie à l’industrialisation, à l’élargissement de l’accès à l’électricité, à la création de richesses et à l’accroissement des recettes publiques. Le texte met aussi en avant la prise en compte des populations locales et des exigences environnementales.
Cette adoption s’inscrit dans un calendrier accéléré fixé quelques jours plus tôt par le président Félix Tshisekedi. D’après les informations publiées après le Conseil des ministres du 20 mars, le chef de l’État avait demandé un examen rapide du texte en vue de son adoption le 27 mars, puis de sa transmission au Parlement au plus tard le 31 mars.
Dans le même élan, le président avait aussi demandé aux ministères concernés ainsi qu’au gouvernement provincial du Kongo Central de finaliser les protocoles d’accord avec l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC), afin d’accélérer la mise en place du cadre de gouvernance du projet.
Le projet Grand Inga est un vaste programme hydroélectrique prévu sur le fleuve Congo, dans la province du Kongo Central, visant à doter la RDC d’une capacité de production de plus de 40 000 MW. Il est conçu par phases. Après Inga 1 (351 MW) et Inga 2 (1 424 MW), réalisés dans les années 1970 et 1980, le projet en est aujourd’hui à la phase préparatoire d’Inga 3.
La Banque mondiale indique que plusieurs options restent à l’étude, avec une capacité potentielle allant de 3 000 à 11 000 MW, selon la configuration retenue. Elle précise aussi que les travaux préparatoires et la construction devraient s’étaler sur environ une décennie, compte tenu de la complexité technique, politique et financière du projet.
Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé une première phase de 300 millions de dollars dans le cadre du Programme accéléré d’investissements pour la modernisation des services douaniers (PMOD), destiné à renforcer les capacités de la Direction générale des douanes et accises (DGDA).
Présentée lors de la réunion du Conseil des ministres du 27 mars 2026, cette initiative prévoit notamment l’acquisition d’équipements de contrôle tels que des scanners de dernière génération, des dispositifs de communication satellitaire et des systèmes de radars. L’objectif affiché est de lutter contre la fraude douanière, de renforcer la surveillance aux frontières et de limiter les intrusions dans le système douanier.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette première phase du programme sera financée par un prêt syndiqué mobilisé par quatre banques : EquityBCDC, FBN Bank, Standard Bank et Ecobank. Ce financement a été structuré avec l’unité de gestion de modernisation de la douane (UGP-Mod), avec la redevance rémunératoire informatique (RRI) utilisée comme collatéral.
Le gouvernement prévoit également une deuxième phase, qui sera structurée sous la forme d’un partenariat public-privé avec un consortium émirati, dont l’identité n’a pas été précisée.
Au-delà de cette annonce, un rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié en janvier 2026, évoquait déjà l’acquisition en 2026 d’équipements de contrôle non intrusifs, notamment des scanners de conteneurs et des scanners volumétriques, dans le cadre de la modernisation des douanes congolaises. Ces outils doivent permettre d’améliorer les capacités de contrôle, tout en réduisant les manipulations physiques des cargaisons.
Le FMI souligne aussi que le renforcement de ces dispositifs vise à améliorer le suivi des exportations et la mobilisation des recettes publiques, dans un contexte marqué par des faiblesses persistantes dans les mécanismes de contrôle.
Parallèlement, l’institution mentionne d’autres réformes destinées à améliorer le partage d’informations entre administrations financières, notamment par l’interconnexion de certains systèmes de données entre l’administration fiscale et la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP).
Boaz Kabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) franchit une nouvelle étape dans la diversification des sources de financement des PME et des start-up. Le 24 mars 2026, le ministre de l’Entrepreneuriat et du Développement des PME, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a signé un arrêté ministériel encadrant le déploiement d’un projet pilote dédié au financement alternatif, marquant le passage d’une phase de réflexion à une phase opérationnelle.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Ordonnance-loi n°22/030 du 8 septembre 2022, qui consacre notamment le recours au crowdfunding, au crowdlending et au crowdinvesting comme instruments de financement des entreprises.
Selon le ministre, « le système de financement reste encore largement dominé par la microfinance et peu adapté aux besoins des PME en phase de croissance ». Cette réalité est confirmée par plusieurs études. En RDC, les crédits bancaires ne représentent que 11 % du PIB, contre plus de 45 % en moyenne en Afrique subsaharienne.
Par ailleurs, selon une enquête de la Banque mondiale réalisée en 2024, les entreprises restent fortement dépendantes de leurs ressources propres : 84 % des investissements sont financés par fonds internes, contre seulement 8 % par le secteur bancaire. Cette même enquête montre aussi que l’accès au crédit demeure très inégal selon la taille des entreprises : seules 6 % des petites entreprises disposent d’un prêt bancaire, contre 18 % des moyennes et 51 % des grandes.
Dans ce contexte, le projet pilote vise à faciliter l’accès aux capitaux pour les jeunes entreprises, à diversifier les sources de financement et à structurer un écosystème d’investisseurs locaux et internationaux, y compris la diaspora.
FOGEC au cœur du dispositif
Le dispositif met l’accent sur deux leviers principaux : les plateformes de financement participatif et l’intervention des business angels. Le crowdfunding permet aux entrepreneurs de lever des fonds auprès d’un large public via des plateformes numériques, tandis que les business angels apportent des capitaux, mais aussi de l’expertise et des réseaux.
En RDC, ce marché reste embryonnaire, principalement en raison de l’absence, jusqu’ici, d’un cadre réglementaire clair. Une étude de Deloitte publiée en 2025 identifiait ce vide juridique comme un frein majeur et recommandait « la mise en place de règles claires pour protéger les investisseurs et encadrer les plateformes ». Le projet pilote vise précisément à lever ces contraintes en testant un cadre opérationnel avant une généralisation à l’échelle nationale.
Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC) est au centre du projet. L’institution publique est appelée à jouer un rôle de tiers de confiance entre les entrepreneurs, les investisseurs et les régulateurs. Concrètement, le FOGEC interviendra pour garantir partiellement les financements afin de réduire le risque pour les investisseurs, structurer et valider les projets, ainsi qu’assurer la liaison avec la Banque centrale et les partenaires financiers, y compris la diaspora.
Pour le FOGEC, le financement innovant constitue « une opportunité pour mobiliser l’épargne locale et internationale au profit des PME ». Le système financier congolais reste en effet marqué par une faible inclusion : seulement 12 % des adultes disposent d’un compte bancaire et plus de la moitié de la population est exclue des services financiers formels.
La réussite de ce projet dépendra toutefois de plusieurs facteurs : la mise en place effective des plateformes, la confiance des investisseurs, mais surtout la capacité du FOGEC à sécuriser les opérations et à structurer l’écosystème.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et la Tanzanie travaillent à la mise en place de mécanismes destinés à sécuriser et à moderniser la route Sud du corridor central, un axe stratégique reliant le port de Dar es Salaam aux principaux centres commerciaux et miniers de la région.
Selon des informations relayées par des médias locaux, les représentants des trois pays se sont réunis le 24 mars 2026 à Lubumbashi pour valider des études de faisabilité visant à améliorer la circulation des marchandises et à renforcer la sécurité le long de cet itinéraire. L’initiative est appuyée par TradeMark Africa, avec un financement du Royaume-Uni via le Foreign, Commonwealth and Development Office (FCDO).
Les études proposent plusieurs mesures, parmi lesquelles l’introduction de systèmes de paiement électronique aux postes frontaliers et le déploiement de dispositifs technologiques de surveillance, notamment la vidéosurveillance et le suivi des cargaisons. Elles mettent également l’accent sur la coordination entre les pays et l’amélioration des procédures aux frontières. Ces recommandations reposent sur des consultations menées auprès des transporteurs, des services douaniers, des forces de l’ordre et des opérateurs privés.
Selon TradeMark Africa, ces travaux, engagés depuis novembre 2025 dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence de facilitation du transport de transit du corridor central (AFTTCC), ont permis d’identifier plusieurs défis, notamment la persistance des paiements en espèces, les risques sécuritaires, les vols de cargaisons, la multiplication des postes de contrôle non officiels et les difficultés de coordination entre institutions transfrontalières.
Dans ce contexte, la RDC a engagé des mesures de sécurisation sur certains tronçons du corridor, notamment entre Tunduma et Lubumbashi, en coordination avec les pays voisins.
Ces initiatives s’inscrivent dans le prolongement des actions déjà entreprises au niveau régional. En janvier 2026, la RDC et la Zambie s’étaient engagées à renforcer la sécurité sur le corridor Kolwezi–Kasumbalesa, après des attaques répétées visant des camions transportant du cuivre et du cobalt, parfois accompagnées de violences contre les chauffeurs.
Ronsard Luabeya
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