Les entreprises minières opérant en République démocratique du Congo (RDC) ont jusqu’au 31 juillet 2026 pour céder 5 % de leur capital à leurs employés congolais. Ce moratoire est contenu dans une correspondance datée du 30 janvier 2026, adressée par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, aux sociétés concernées.
Au plus tard le 31 juillet, elles doivent transmettre au cabinet du ministre les preuves attestant de leur conformité à cette exigence légale : statuts actualisés, pactes d’actionnaires, registre des actionnaires ou des associés régulièrement tenu, ainsi que tout autre document juridiquement probant, conforme à la législation congolaise et aux Actes uniformes de l’OHADA.
Selon le ministre, cette mesure découle des dispositions du Code minier, notamment l’article 71 bis, de l’article 144 bis du Règlement minier, ainsi que d’autres textes applicables. Ces dispositions exigent la participation de personnes physiques congolaises à hauteur d’au moins 10 % du capital pour constituer une société minière : 5 % sont attribués à un ou plusieurs Congolais capables d’acquérir des parts ou actions, et 5 % à la masse des employés de l’entreprise. Cette obligation fait partie des conditions à remplir pour solliciter un permis d’exploitation.
Aucune entreprise minière ne se serait encore conformée à cette disposition, introduite dans le Code minier lors de sa révision de mars 2018, affirmait l’Observatoire africain des ressources naturelles (Afrewatch) dans un rapport publié en 2022. Intitulé « La construction des sièges sociaux et la participation des Congolais aux capitaux sociaux des entreprises minières », ce document souligne que l’application de la mesure est freinée par l’ignorance des salariés, l’absence de politiques d’accompagnement, de financements, de formations, d’informations accessibles et de mesures incitatives favorisant l’investissement des Congolais dans le secteur minier.
Le gouvernement veut également faire appliquer une disposition similaire dans le secteur des télécommunications. Lors du Conseil des ministres du 30 janvier 2026, le président Félix Tshisekedi a instruit le ministre des Postes et Télécommunications et l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) d’engager des échanges avec les entreprises du secteur en vue de définir les modalités de cession de 5 % de leur capital aux salariés congolais.
Pour le chef de l’État, la non-application persistante de cette mesure, qualifiée d’« anomalie juridique et sociale », prive les travailleurs d’un droit légalement reconnu, maintient des déséquilibres dans la gouvernance des entreprises concernées et affaiblit le dialogue social.
Ronsard Luabeya
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Le gouvernement veut désormais que les employés congolais travaillant dans les entreprises de télécommunications bénéficient des profits réalisés par ces sociétés en République démocratique du Congo (RDC). C’est ce qu’il ressort du compte rendu du Conseil des ministres du 30 janvier 2026. Pour ce faire, l’exécutif souhaite rendre effective une disposition légale qui réserve 5% du capital des opérateurs télécom aux travailleurs congolais ; prévue dans les lois successives qui régissent le secteur depuis 2002, elle est jusque-là restée inappliquée.
D’après le compte rendu du Conseil des ministres, le ministre des Postes, Télécommunications et l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) ont été instruits d’engager des échanges avec les entreprises de télécommunications du pays en vue de définir les modalités notamment financières par lesquels les employés congolais pourront entrer en possession de 5 % du capital des entreprises dans lesquelles ils travaillent, conformément à l’article 40 de la loi n°20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux technologies de l’information et de la communication.
Cette loi prévoit que toute entreprise de télécommunications opérant en RDC doit réserver au moins 30 % de son capital social à des intérêts congolais. Dans cette proportion, 25 % sont destinés à des personnes physiques congolaises ou à des sociétés détenues par des Congolais, tandis que 5 % sont expressément réservés aux travailleurs congolais de l’entreprise. Le texte précise en outre que, même lorsque l’ensemble des 30 % n’est pas immédiatement souscrit, la société peut être constituée à condition que la participation réservée aux travailleurs congolais soit garantie.
Espoir d’un revenu supplémentaire
Mais, à ce jour, les entreprises de télécommunications opérant en RDC sont majoritairement détenues par des maisons mères et des actionnaires de nationalité étrangère. Vodacom Congo est, par exemple, détenue à 51 % par le groupe Vodacom et à 49 % par Congo Wireless Network (CWN), une société contrôlée par l’homme d’affaires gambien Allieu Conteh. Orange RDC appartient à 100 % au groupe français Orange, tandis qu’Airtel Congo RDC relève du groupe Airtel Africa, filiale de la multinationale indienne Bharti Airtel et Africell RDC du groupe américain Africell Holding.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi, estime que la non-application persistante de cette disposition constitue une anomalie à la fois juridique et sociale, « ayant pour effets la privation d’un droit légalement reconnu aux travailleurs, le maintien des déséquilibres dans la gouvernance des entreprises du secteur et l’affaiblissement du dialogue social ».
Pour les autorités, cette situation empêche les travailleurs congolais de bénéficier des retombées économiques générées par des entreprises dans lesquelles ils contribuent pourtant directement à la création de valeur. Elle permettrait ainsi aux travailleurs congolais, en leur qualité d’actionnaires, à la clôture des exercices financiers, de percevoir une part des bénéfices réalisés par leurs employeurs, en plus de leurs salaires.
Depuis plusieurs années le chiffre d’affaires global du secteur des télécoms est en hausse en RDC. Il a par exemple augmenté de près de 9% à 2,09 milliards de dollars en 2024 par rapport à l’année précédente. Mais, on ignore si les bénéfices suivent la même trajectoire ; les opérateurs ne publiant pas leurs états financiers.
Timothée Manoke
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Le Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (Fogec) a lancé, le mardi 3 février 2026 à Kinshasa, une plateforme numérique dédiée à l’élaboration des plans d’affaires et à la dématérialisation du processus de soumission des dossiers de financement. Baptisée Bokeli, l’initiative s’inscrit dans les efforts des autorités congolaises visant à renforcer l’accompagnement des porteurs de projets et à améliorer l’accès des petites et moyennes entreprises (PME), des start-up et des artisans au crédit.
Accessible à l’adresse bokeli.fogec.cd, la plateforme permet aux entrepreneurs de structurer leurs projets grâce à des outils numériques dédiés à la conception de business plans, à la préparation des dossiers financiers et à leur transmission aux structures concernées. L’objectif est de faciliter la constitution de dossiers plus lisibles et conformes aux exigences des institutions financières, tout en allégeant les contraintes administratives liées aux procédures de financement.
À travers ce dispositif, le Fogec entend répondre à une difficulté régulièrement relevée dans l’écosystème entrepreneurial congolais : la faiblesse technique de nombreux dossiers présentés aux banques et aux mécanismes de garantie. L’institution rappelle que sa mission consiste à faciliter l’accès au financement des PME, des start-up et des artisans, en apportant des garanties aux projets jugés viables, dans un contexte marqué par l’insuffisance de garanties exigées par le système bancaire.
Cette initiative intervient dans un environnement caractérisé par une montée progressive de l’entrepreneuriat, portée notamment par une population jeune de plus en plus engagée dans la création d’activités économiques. Toutefois, ce dynamisme peine encore à se traduire par des financements structurés. Selon les analyses de Partech Africa, les montants levés par les start-up congolaises restent limités au regard du potentiel du marché national, confirmant les difficultés d’accès au capital pour les jeunes entreprises innovantes.
De son côté, le Fogec indique avoir accompagné près de 300 projets pour un montant global avoisinant 3,2 millions de dollars depuis sa création, il y a cinq ans. Dans ce contexte, les enjeux liés à la formalisation des projets, à la qualité des plans d’affaires et à la complexité des procédures demeurent centraux. En mettant à disposition un outil numérique dédié à ces étapes clés, le Fogec ambitionne de renforcer la bancabilité des projets et de fluidifier les échanges entre entrepreneurs, structures de garantie et institutions financières, afin de soutenir plus efficacement le développement du tissu productif national.
Samira Njoya, We Are Tech
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L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) affirme avoir agréé 96 projets et requêtes en 2025, pour un volume d’investissement projeté de 5,13 milliards de dollars. Ce volume marque une hausse de 125,7 % par rapport à 2024 et s’inscrit dans une activité accrue du Conseil d’agrément, qui a examiné 190 dossiers, contre 114 l’année précédente, d’après l’agence.
La dynamique observée repose en grande partie sur les investissements directs étrangers, qui ont représenté 84,39 % des montants agréés en 2025. Pour l’ANAPI, ce poids des capitaux étrangers traduit l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour des projets à forte intensité capitalistique en République démocratique du Congo (RDC).
#ANAPI-RDC | Rétrospective 2025
— InvestinDRC (@investindrc) January 31, 2026
Découvrez en images les réalisations majeures de l’ANAPI en 2025, une année marquée par des avancées significatives au service du développement économique de la République Démocratique du Congo.
Sous le leadership de Madame @RachelPungu LUAMBA,… pic.twitter.com/8CifMR0lUx
Les données sectorielles communiquées par l’ANAPI montrent une concentration des investissements dans les services, qui ont capté 61,47 % des montants agréés, principalement à travers des projets dans le secteur de l’énergie. Le secteur industriel arrive en deuxième position avec 32,23 %, confirmant une orientation encore timide vers les activités de transformation.
Sur le plan géographique, l’ANAPI indique que les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ont concentré les volumes d’investissements les plus élevés, avec respectivement 1,38 milliard de dollars et 868,6 millions de dollars. En parallèle, l’agence relève des projets interprovinciaux d’une valeur cumulée de 1,9 milliard de dollars, traduisant un intérêt pour des investissements à portée nationale.
Selon les projections de l’ANAPI, si elles se réalisent, les projets agréés en 2025 devraient générer 8 383 emplois directs.
Priorités de 2026
Cette montée en puissance des agréments intervient après la nomination, le 16 décembre 2024, de Rachel Pungu Luamba à la tête de l’ANAPI. L’ancienne auditeur interne de la Banque centrale entend poursuivre cette dynamique en 2026, avec comme priorités : l’aboutissement de la révision du Code des investissements, l’accélération de la digitalisation complète des services, le renforcement de la présence de l’agence en province, le développement de partenariats stratégiques internationaux et la promotion d’un investissement inclusif, créateur d’emplois et de valeur ajoutée locale.
La RDC a engagé un processus de réformes liées aux investissements et au climat des affaires. Il est notamment question d’élaborer une politique nationale des investissements et du climat des affaires, ainsi que de réviser le Code des investissements. Selon l’ANAPI, le Code actuel présente plusieurs limites, notamment des procédures administratives jugées lourdes, des incitations fiscales peu claires et une faible prise en compte de la nouvelle organisation du pays en 26 provinces.
Boaz Kabeya
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Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a réuni le 29 janvier 2026 les régulateurs des principaux secteurs de l’économie et les associations de défense des droits des consommateurs afin de leur présenter une plateforme numérique dénommée Loba, que son ministère s’apprête à lancer.
L’initiative poursuit deux objectifs : faciliter la gestion des plaintes et dénonciations des consommateurs, et informer ces derniers sur leurs droits dans les secteurs régulés. Sont notamment concernés les banques, les assurances, les télécommunications, le transport aérien, les produits pharmaceutiques et alimentaires, ainsi que les secteurs de l’électricité et de la santé.
Le ministère prévoit un lancement officiel de la plateforme d’ici la fin du mois de février 2026.
Une partie de l’interface de la plateforme, visualisée par Bankable, montre que les consommateurs devront s’identifier et renseigner leurs coordonnées avant d’introduire une plainte. Ils seront ensuite appelés à fournir les informations relatives au dossier, en sélectionnant le secteur concerné, l’autorité de régulation compétente, l’opérateur mis en cause, ainsi que les détails du service faisant l’objet de la plainte.
Sanctions attendues
Le dispositif prévoit également la possibilité, pour le plaignant, de suivre l’évolution du traitement de son dossier, depuis le dépôt de la plainte jusqu’à sa prise en charge par les instances concernées.
Du côté du ministère de l’Économie nationale, Loba doit permettre la constitution d’une base de données destinée à identifier les motifs récurrents de plaintes, à analyser les pratiques commerciales mises en cause et à apprécier les réponses apportées par les opérateurs.
Cette initiative intervient alors que le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, attend un rapport sur les sanctions prises à l’encontre des opérateurs défaillants dans les secteurs de la téléphonie mobile et fixe, de l’Internet, de la transmission de données, des services numériques, de l’interconnexion des réseaux, ainsi que des réseaux de radiodiffusion et de télévision numérique.
Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, le chef de l’État avait instruit les autorités en charge de ces secteurs de prendre les mesures nécessaires pour endiguer les perturbations récurrentes affectant les réseaux et les systèmes de télécommunication sur l’ensemble du territoire national.
Timothée Manoke
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Les autorités provinciales du Sud-Kivu ont annoncé la reprise des activités au port de Kalundu, à Uvira, sur les rives du lac Tanganyika, mettant fin à une période de suspension du trafic et de perturbation des échanges dans cette zone frontalière. Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a procédé à la réouverture officielle du port lors d’une cérémonie tenue le 26 janvier 2026, selon plusieurs médias locaux.
Avec la réouverture de Kalundu, les autorités présentent la reprise comme un signal de normalisation progressive. Elle intervient quelques jours après le retrait de l’AFC/M23 d’Uvira. Elle devrait permettre de relancer les échanges, avec des liaisons régulières depuis Uvira vers des ports régionaux, notamment Mpulungu (Zambie), Kigoma (Tanzanie) et Bujumbura (Burundi).
Le port public de Kalundu reste un point d’appui majeur pour la circulation des marchandises et la mobilité des populations riveraines. Toutefois, au-delà du contexte sécuritaire, des sources congolaises ont déjà alerté ces derniers mois sur la dégradation d’une partie des infrastructures et les difficultés d’accostage liées, notamment, à la montée des eaux du lac Tanganyika.
Les autorités locales appellent par ailleurs à la vigilance, alors que les risques sécuritaires dans l’Est demeurent un facteur pouvant affecter la continuité du trafic et la fluidité des échanges.
Boaz Kabeya
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La route Kananga–Kalambambuji, longue de 230 km, est désormais praticable, et la pose de la couche de roulement est en cours, a indiqué la Présidence de la République lors de la visite du président Félix-Antoine Tshisekedi à Kananga. Cet axe stratégique, qui relie le Kasaï-Central au corridor de Lobito, en Angola, représente un levier majeur pour le désenclavement de la province et la facilitation des échanges transfrontaliers.
La Présidence souligne que les travaux sont entrés dans « une phase active ». Une planche d’essai de 600 mètres a été réalisée fin décembre 2025 au PK5 pour valider la qualité du bitume avant la poursuite de la pose sur l’ensemble de l’axe.
Le 4 juillet 2024, le directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) avait indiqué que la construction de la route Kananga–Kalambambuji, longue de 230 km, coûterait 300 millions de dollars américains, pour une durée maximale de 36 mois. Il avait précisé que 40 millions de dollars étaient déjà disponibles grâce au financement du programme sino-congolais, dans son format révisé le 14 mars 2024. Le projet inclut également la construction de quatre ponts sur les rivières Miao, Lueta, Kabelekese et Kasaï, afin d’assurer la continuité du trafic sur l’ensemble de l’axe.
En juillet 2025, une tournée sur le terrain conduite par le directeur général adjoint de l’ACGT, Jean-Claude Mido, et le conseiller spécial du Chef de l’État en charge des infrastructures, Martin Kabuya, avait permis de constater que la route était praticable jusqu’à la frontière angolaise. Selon leurs observations du 11 juillet, le trajet entre Kananga et Kalambambuji pouvait alors être parcouru en 6 à 7 heures, avec des améliorations prévues au fur et à mesure de l’avancement des travaux définitifs, notamment sur la portion Matamba–Tshinyama, où la construction de caniveaux et le rechargement de la couche de base étaient en cours, à partir de matériaux concassés produits localement à Shamatengu.
Selon la Présidence, la construction de la route Kananga–Kalambambuji s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de connexion multimodale rail–route entre le centre du pays et le port de Lobito. Au-delà de sa fonction logistique, elle ouvre la province du Kasaï-Central aux marchés internationaux, facilite le commerce transfrontalier et contribue à l’ouverture des zones rurales traversées, jusqu’alors isolées.
Boaz Kabeya
Plusieurs véhicules de transport en commun n’ont pas circulé, le 26 janvier 2026, dans la ville de Kinshasa, en réaction aux nouvelles mesures annoncées par les autorités, a constaté Bankable. Cette situation a contraint de nombreux travailleurs, fonctionnaires, enseignants et élèves à parcourir de longues distances à pied dans plusieurs quartiers de la capitale.
Dans un communiqué publié le 19 janvier, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, avait annoncé le lancement, à cette date, d’une opération de contrôle de conformité au Code de la route. Plus de 3 000 agents issus de la Police nationale et de différents services spécialisés du gouvernorat ont été déployés dans l’objectif de lutter contre les embouteillages, l’indiscipline routière et les accidents — des facteurs qui pénalisent, selon le gouverneur, la productivité, la qualité de vie et la sécurité dans la capitale.
D’après le communiqué, les contrôles portent notamment sur le permis de conduire, le contrôle technique, la vignette, l’autorisation de transport et l’assurance pour les véhicules destinés au transport en commun. Le gouvernorat insiste également sur l’obligation de respecter la grille tarifaire officielle. Les contrevenants s’exposent à des amendes, à l’immobilisation ou à la mise en fourrière de leurs véhicules.
À ces mesures s’ajoutent de nouvelles restrictions concernant les camions et les véhicules de livraison. Le gouverneur a précisé que les camions de 20 tonnes et plus, ainsi que les véhicules de livraison, ne pourront circuler que de 22 h à 5 h les lundis, mardis et mercredis. Les autres jours, les entrées dans la ville resteront autorisées de 22 h à 5 h, mais une fois à l’intérieur, ces véhicules pourront circuler, livrer et sortir sans limitation d’heures, dans le respect du Code de la route.
Cette disposition modifie partiellement la décision prise par le ministère de l’Économie en juin 2025, à la suite de trois semaines de grève des camionneurs provoquées par les restrictions de circulation. Le communiqué ministériel stipulait alors que tous les camions, quelle que soit leur charge ou leur configuration, étaient autorisés à sortir, circuler et livrer librement dans la ville de Kinshasa, à condition de respecter le Code de la route, tandis que les entrées dans la capitale demeuraient limitées à la plage horaire de 22 h à 5 h du matin.
Timothée Manoke
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Le ministère du Commerce extérieur de la République démocratique du Congo a annoncé la signature de plusieurs arrêtés ministériels portant reconduction des mesures de restriction temporaire d’importation. Ce renouvellement, valable pour douze mois, s’inscrit dans la stratégie nationale de réduction de la facture des importations et de protection de la production locale, présentée comme un levier de consolidation du Made in Congo.
Les arrêtés précisent les zones du pays concernées par ces limitations. Dans la partie Ouest, les mesures portent sur les faïences et carreaux, les barres de fer, l’alcool éthylique, ainsi que les conducteurs et câbles électriques en cuivre basse tension. Dans la partie Sud-Est, elles visent les cathodes en acier inoxydable, les détergents liquides et en poudre, ainsi que les conducteurs électriques en cuivre basse tension. Dans la partie Sud, elles concernent les conducteurs électriques en cuivre et en aluminium, les câbles non armés, les anodes en cuivre et en plomb, ainsi que les tubes et tuyaux rigides en polymère de l’éthylène. Pour l’importation des bières et des boissons gazeuses, l’interdiction concerne l’ensemble du pays.
Pour le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku (photo), ces mesures ont déjà produit des effets tangibles. Lors d’une interview en juin 2025, il avait notamment signalé une baisse sensible des prix des carreaux sur le marché de Kinshasa, attribuée à la montée en puissance de la production locale. Le gouvernement affirme également que certains produits autrefois importés sont désormais exportés. Les câbles électriques en cuivre fabriqués en RDC sont expédiés vers plusieurs pays de la région, notamment la Tanzanie, le Kenya et la Zambie. En 2025, le ministère indiquait par ailleurs que l’entreprise Saphir Ceramics, implantée dans l’Ouest du pays, exportait environ 300 000 mètres carrés de carreaux par mois vers le Congo-Brazzaville.
Plusieurs entreprises locales sont directement concernées par ces nouvelles mesures, qui prolongent un cadre de protection déjà en place. Proton, du groupe Rawji, produit des câbles électriques dans la zone Ouest. Mining Engineering Services (MES) fabrique des câbles électriques en cuivre à Lubumbashi, dans la partie sud-est. Fameco opère dans la production de barres de fer dans l’Ouest. Les sociétés brassicoles ainsi que les producteurs de boissons gazeuses — notamment Bralima, Bracongo, Brasimba et Varun Beverages, qui fabrique Pepsi à Kinshasa et développe une unité de production à Lubumbashi — figurent également parmi les bénéficiaires potentiels.
Timothée Manoke
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La Banque centrale du Congo (BCC) prévoit d’encadrer plus strictement les plans de prévention et de redressement exigés des banques, dans le cadre du programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Dans son rapport publié en janvier 2026, le FMI relaie l’engagement de la BCC d’adopter, d’ici juin 2026, une instruction précisant les informations à inclure dans ces plans, notamment « des scénarios de crise de liquidité » et des scénarios portant sur « la perte d’une ou plusieurs relations avec des banques correspondantes ».
Le FMI précise que la nouvelle instruction s’appuiera sur les démarches déjà engagées. « Sur la base des plans soumis par les banques commerciales en mai 2025 », la BCC doit procéder à un examen des accords de coopération transfrontalière avec les pays d’origine des maisons-mères des banques présentes en RDC, afin d’y intégrer des dispositifs de redressement et de résolution. L’enjeu est de clarifier, en amont d’une crise, la coordination entre superviseurs et groupes bancaires.
L’objectif des plans de prévention et de redressement est de tester la capacité des banques à faire face à un stress de trésorerie (en devises ou en monnaie locale) et à documenter des options de redressement réalisables (mobilisation d’actifs liquides, restrictions internes, déclenchement de mesures de continuité, etc.). Cette logique s’inscrit dans un chantier plus large : la BCC doit d’ailleurs établir, d’ici décembre 2025, un cadre d’assistance de liquidité d’urgence destiné aux institutions solvables confrontées à une illiquidité temporaire.
Dépendance aux correspondants
Il est aussi question de contrôler la dépendance des banques locales à leurs correspondants étrangers, relations indispensables pour exécuter ou recevoir des paiements internationaux, notamment en dollars. Le FMI souligne que, même si la liquidité agrégée est jugée adéquate, une vulnérabilité demeure : une part importante des actifs liquides est concentrée auprès de correspondants étrangers ou de banques mères, et ces relations manquent de supervision formelle par la BCC.
À fin juin 2025, les créances sur banques correspondantes atteignent environ 10,6 milliards de dollars, pour des dépôts en dollars dans le système évalués à 13 milliards. Or les relations entre les banques locales et leurs correspondants sont susceptibles de se dégrader, d’autant que la RDC n’a pas réussi à sortir de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en 2025, comme attendu. Ce maintien parmi les juridictions sous surveillance renforcée présente la RDC comme un pays à risque en matière de blanchiment d’argent, de financement du terrorisme et de prolifération des armes.
Au niveau international, plusieurs institutions documentent le recul des relations de correspondance bancaire dans des juridictions perçues comme plus risquées. Le FMI a déjà averti que la réduction de ces relations peut perturber certaines transactions (paiements commerciaux, remises, frais médicaux ou d’éducation) dans des pays comme la RDC.
Plan antichocs
À court terme, l’exigence de plans plus détaillés peut pousser les banques à une gestion plus prudente de leur bilan : davantage de liquidité de précaution, politique de crédit plus sélective et stress tests de résistance. Les scénarios de rupture de correspondants peuvent aussi conduire à renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que les contrôles des profils clients, car le maintien de correspondants dépend souvent du coût et du niveau de conformité.
Mais l’objectif recherché est une meilleure capacité des banques à absorber des chocs sans rupture de service : continuité des paiements internationaux, accès maintenu aux circuits en devises et réduction du risque que des tensions de liquidité se transforment en crise de confiance. En parallèle, le FMI suit d’autres chantiers de stabilité financière, dont la mise en place d’un système de protection des dépôts prévu par la loi bancaire.
En ciblant explicitement la liquidité et la perte de correspondants, l’instruction attendue d’ici juin 2026 vise ainsi à formaliser des réponses « prêtes à l’emploi » face à deux vulnérabilités jugées structurantes pour le système bancaire congolais.
Pierre Mukoko et Boaz Kabeya
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Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en janvier 2026, la République démocratique du Congo (RDC) prévoit de renforcer, dès 2026, les capacités de contrôle de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) par l’acquisition, « auprès de fabricants de renommée mondiale », d’équipements de contrôle non intrusifs, notamment des scanners de conteneurs et des scanners volumétriques, dans le cadre du programme de modernisation des douanes.
L’opération vise à améliorer la capacité de vérification des flux sans ouverture systématique des cargaisons, en s’appuyant sur des dispositifs technologiquement plus avancés. Selon le rapport, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de sécurisation des recettes, en particulier dans les secteurs à forts enjeux de conformité. Les autorités indiquent ainsi vouloir accélérer le renforcement des contrôles sur les flux matériels liés aux exportations, afin de permettre une évaluation plus appropriée « des volumes, de la teneur minérale et de l’humidité des exportations ».
« Des études montrent que notre pays perd près de la moitié de ses recettes minières potentielles en raison de contrôles insuffisants sur les volumes et la teneur en métaux de valeur », affirment les autorités citées par le rapport.
Le document précise également l’approche opérationnelle recherchée : l’augmentation de la mobilisation des recettes doit se faire « sur la base du principe consistant à minimiser les contacts humains », via la mise en place d’outils tels que des bascules de pesage et des mécanismes de contrôle qualité « informatisés et non intrusifs ».
Parallèlement à ces équipements, les autorités annoncent aussi vouloir moderniser le partage d’informations « en s’appuyant davantage sur l’automatisation et la numérisation pour mettre en place une plateforme de partage d’informations au sein des administrations financières et entre elles ».
Le rapport précise que ce système intégré doit reposer sur des données essentielles, dont « les flux commerciaux, les données bancaires et les actifs », afin de renforcer le recoupement des informations et l’efficacité des contrôles.
Dans cette logique d’interconnexion, les autorités indiquent aussi vouloir veiller à ce que « la base de données de l’administration fiscale soit reliée au système d’information de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) ».
Le rapport présente cet ensemble de mesures comme un levier de modernisation et de fiabilisation des contrôles, dans le cadre des engagements du programme appuyé par le FMI.
Boaz Kabeya
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Le différend opposant la République démocratique du Congo (RDC) à PayServices se cristallise autour d’un point central : la portée juridique des protocoles d’accord signés, début 2024, entre la société américaine et certains départements ministériels ainsi que des entités publiques, dans le cadre d’un projet de digitalisation de services publics.
Soutenant que ces documents ont valeur de « contrats », PayServices a saisi, le 8 janvier 2026, la justice de l’État de l’Idaho, où l’entreprise est basée, pour dénoncer leur « violation » et réclamer des dommages évalués à 4 milliards de dollars, selon Africa Intelligence, qui a révélé l’affaire dans un article publié le 13 janvier.
D’après ce média, l’entreprise affirme que l’État devait lui verser 20 millions de dollars au plus tard fin mars 2024, mais que ce paiement aurait été bloqué. Africa Intelligence rapporte aussi que PayServices estime avoir investi à perte plus de 90 millions de dollars, dont 72 millions de dollars pour le déploiement de sa « technologie » dans les systèmes de la Caisse générale d’épargne du Congo (Cadeco), un établissement financier public.
Des documents « à caractère exploratoire »
La publication a fait réagir les autorités congolaises. Dans un communiqué publié le 14 janvier, le ministère des Finances affirme que les protocoles d’accord et mémorandums d’entente signés avec PayServices sont « à caractère exploratoire ». Pour les services de Doudou Fwamba, ces instruments « ne constituaient pas (…) des actes de nature à engager financièrement le Trésor public ». Le ministère souligne qu’« aucune opération financière, aucune prise de participation de l’État, ni aucun engagement budgétaire » n’a été valablement conclu.
Dans ce contexte, les diligences menées par les services du ministère des Finances, après l’introduction d’une demande de paiement de 20 millions de dollars, ont conclu à « l’impossibilité légale de donner suite ». Une conclusion confortée, ajoute le communiqué, par l’existence de décisions de plusieurs autorités américaines « interdisant à la société PayServices de se présenter comme une banque ou d’exercer des activités bancaires ».
Dans un communiqué publié le jour même de la parution de l’article, le ministère du Portefeuille adopte une ligne similaire. Il affirme que PayServices « n’a jamais disposé de la qualité juridique d’établissement bancaire » au regard du droit américain et dénonce une « fausse apparence de régulation et de solvabilité ».
Accusations de corruption
Pour cette administration, les affirmations faisant état d’un investissement de 72 millions de dollars sont dépourvues de toute base juridique, budgétaire ou comptable, et ne correspondraient à aucun engagement ni décaissement effectif de la part de PayServices. Elle évoque une « manœuvre dolosive » visant à obtenir indûment l’accès aux ressources souveraines de l’État, et affirme que les vérifications internes ont établi que PayServices « n’était ni autorisée ni habilitée à recevoir ou gérer des fonds publics ».
Dans sa plainte, la société américaine soutient, pour sa part, que le projet a été saboté parce qu’elle a refusé de donner suite à des demandes de paiement de « pot-de-vin » formulées par plusieurs officiels impliqués dans le dossier. Le gouvernement congolais dément « formellement et catégoriquement » cette allégation, répond le ministère des Finances.
Pour plusieurs juristes approchés, un protocole d’accord peut, en effet, avoir valeur de contrat. « En droit civil, ce qui compte ce n’est pas le nom du document mais l’engagement pris par les parties », soutient l’un d’eux. À les en croire, seule une analyse des documents permettra de trancher. Or, cette analyse reste, pour l’instant, difficile : les protocoles n’étant pas publics, il est impossible de vérifier précisément la pertinence des arguments évoqués par chacune des parties.
Pierre Mukoko
Le ministère de l’Économie nationale a annoncé que le remboursement des pertes et manques à gagner du troisième et du quatrième trimestre 2025 dans le secteur pétrolier interviendra après la certification du quatrième trimestre, prévue pour fin janvier 2026. Cette annonce figure dans un communiqué de presse rendu public le 12 janvier 2026.
Selon le ministère, la certification du troisième trimestre 2025 a déjà été réalisée en décembre 2025. Pour ce trimestre, les autorités ont certifié environ 34 millions de dollars pour la zone Ouest, avant consolidation nationale, selon des données officielles reprises par la presse économique. Le paiement des montants dus pour l’ensemble du second semestre 2025 dépend désormais de la validation finale du quatrième trimestre par le Comité de suivi des prix des produits pétroliers, qui réunit les ministères concernés, la profession pétrolière et les organismes publics impliqués.
Pour le premier semestre 2025, le Comité de suivi a certifié un total de 15,97 millions de dollars, couvrant le premier et le deuxième trimestre. Ces montants ont déjà été entièrement apurés, selon le ministère de l’Économie nationale.
Le communiqué rappelle également que les arriérés des exercices 2020 et 2021 ont été remboursés pour les sociétés pétrolières de la zone Sud (Katanga). Les dettes des sociétés pétrolières nationales envers la Société d’entreposage des produits pétroliers, la Société congolaise des industries de raffinage et la Cobil SPSA, pour la même période, ont aussi été réglées.
D’après les données disponibles, les compensations liées aux carburants en République démocratique du Congo étaient passées de 288,6 millions de dollars en 2023 à 31,5 millions de dollars en 2024, soit une baisse de près de 90 %.
Boaz Kabeya
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Selon un communiqué publié le 7 janvier 2025, le ministère de l’Emploi et du Travail a annoncé le déploiement, à partir de février prochain, d’une mission de contrôle auprès des services privés de placement (SPP) opérant en République démocratique du Congo. Cette mission vise à vérifier la conformité des opérations et des méthodes de placement, ainsi que le respect des obligations légales envers la main-d’œuvre nationale.
Cette annonce fait suite à la clôture des opérations de vérification administrative lancées en octobre 2025, conformément au Code du travail et à l’arrêté portant agrément des SPP. À l’issue de ce processus, 176 services privés de placement sur 625 ont été déclarés en règle avec la réglementation en vigueur.
Le ministère précise que les SPP reconnus conformes disposent soit d’un agrément valide, soit d’une autorisation de fonctionnement pour ceux ayant moins de deux ans d’existence. Ils justifient également d’une situation régulière en matière de déclarations et de paiements des contributions patronales auprès de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), de l’Office national de l’emploi (ONEM) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ainsi que de la production des rapports trimestriels requis.
Le ministère rappelle que le recours à un SPP non agréé ou non régularisé constitue une infraction grave, passible de sanctions administratives et pénales. Par ailleurs, tout SPP ne figurant pas sur la liste officielle — y compris ceux s’estimant conformes mais omis — est sommé de se présenter au ministère au plus tard le 31 janvier 2026 afin de régulariser sa situation auprès de la commission ad hoc. Passé ce délai, l’agrément sera retiré, l’activité suspendue et des poursuites judiciaires engagées.
Ronsard Luabeya
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