L’antenne congolaise de l’Association pour la défense des intérêts des camionneurs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) annonce le début d’une grève sèche à compter du 16 décembre 2024. Dans un courrier adressé au gouverneur de la province du Haut-Katanga, le 11 décembre dernier, l’association justifie son action par la contestation de certaines mesures. Il s’agit de la création par la mairie de Likasi d’un parking « forcé », de l’instauration d’un nouveau poste de péage provincial sur la route de contournement, alors que « le contournement est une continuité de la route nationale où le gouvernement central a déjà placé d’autres [postes] », ainsi que de l’obligation d’un permis de transit pour l’immigration en Zambie.
Dans son courrier, l’association précise que la grève ne sera levée que si ces décisions sont annulées par les autorités congolaises et zambiennes. En réponse, le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, a convié les représentants des camionneurs à une réunion ce 16 décembre. La suite du mouvement de grève annoncé dépendra de l’issue de cette rencontre.
Le maintien du mouvement de grève risque de perturber le commerce transfrontalier entre les pays de la SADC et la RDC, dont la province du Haut-Katanga constitue le principal point d’entrée. Cette situation pourrait affecter la chaîne d’approvisionnement de plusieurs produits à destination de la RDC, d’autant plus que les grévistes promettent de ne laisser passer aucune marchandise, y compris le carburant. Il convient de rappeler que le pays de Lumumba dépend de ses voisins pour l’approvisionnement en produits essentiels. En 2023, par exemple, la Zambie a exporté pour 1,6 milliard de dollars de marchandises vers la RDC, contre seulement 182 millions de dollars d’importations en sens inverse.
Une situation similaire survenue en septembre dernier, entre le Congo Central et Kinshasa, a révélé l’impact direct des grèves de camionneurs sur l’économie. Ce mouvement avait provoqué une flambée du prix du ciment, qui était passé de 12 à 17 dollars le sac, et entraîné des ruptures d’approvisionnement pour d’autres produits. Les entreprises locales et la population de Kinshasa avaient alors ressenti de plein fouet les effets de ces perturbations. Cette fois-ci, la grève pourrait également affecter l’activité minière. Pour faire face au déficit énergétique, les entreprises minières importent du carburant de Zambie et expédient leurs productions par camion vers les ports d’Afrique australe.
Cependant, cette grève pourrait offrir des opportunités, en particulier pour les petits transporteurs qui, historiquement, se trouvent souvent à la marge du marché dominé par les grands camions de 20 tonnes. Ces acteurs souvent plus agiles et capables de s’adapter rapidement aux changements commencent à se faire une place sur le marché, en particulier dans les zones où la demande de transport est élevée. Néanmoins, il reste difficile eux de rivaliser avec la capacité des grands camions, plus adaptés à la gestion de grandes quantités de marchandises à des coûts plus compétitifs.
Olivier de Souza
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L’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), établissement public chargé de la création et de la gestion des ports secs, a lancé, le 10 décembre 2024, un avis de préqualification pour le financement, la construction et l’exploitation du port sec de Kasumbalesa. Cette localité est située à la croisée de plusieurs corridors menant à sept ports maritimes africains (Dar es-Salaam, Beira, Nacala, Durban, Walvis Bay, Lobito et Luanda). Connectée à la route nationale N° 1, elle constitue également un point d’interface stratégique entre la province de Copperbelt, en Zambie, et l’ancienne province du Katanga, en République démocratique du Congo (RDC), deux zones minières les plus riches de la région.
Cette étape vise à présélectionner les opérateurs qui participeront à l’appel d’offres en vue de choisir le partenaire privé à qui l’OGEFREM concédera le projet. Les entreprises ciblées sont celles disposant d’au moins deux références dans la gestion ou le financement d’infrastructures portuaires au cours des 15 dernières années. Elles doivent également justifier d’un chiffre d’affaires d’au moins 50 millions de dollars sur les trois dernières années dans des travaux et services de même nature ou de nature similaire. Les opérateurs intéressés ont jusqu’au 15 janvier 2025 pour déposer leur dossier.
Le projet de construction du port sec de Kasumbalesa remonte à plus de trente ans. À ce jour, l’OGEFREM affirme avoir clôturé l’ensemble du site de 62 hectares et compacté 20 hectares. En avril dernier, il a également été décidé de confier au génie militaire les travaux de bétonnage de l’aire d’entreposage de 20 hectares.
Pour expliquer la lenteur du projet, les autorités avaient pointé, lors du Conseil des ministres du 4 février 2022, le coût élevé des travaux, alors estimé à près de 129 millions de dollars, ainsi que les moyens limités de l’OGEFREM. Au cours de cette même réunion, il avait été décidé que le reste des travaux serait pris en charge dans le cadre d’un partenariat public-privé.
Selon l’avis de préqualification, l’État attend du partenaire privé le financement, la construction et l’équipement de 13 500 m² d’entrepôts extensibles à 34 000 m² ; deux zones à conteneurs dont la superficie n’a pas été précisée ; une zone de dépôt des hydrocarbures ; des parkings pour camions d’une capacité d’environ 1 800 places ainsi que des parkings pour véhicules légers et deux-roues ; deux bâtiments administratifs ; des voies de circulation ; un poste de livraison d’électricité et une station de pompage d’eau dotée d’un château d’eau ; une caserne de sapeurs-pompiers ; des logements et d’autres aires de repos.
Le partenaire devra également aménager une réserve foncière à l’entrée du site, pouvant accueillir une station-service, des commerces ainsi que des ateliers de réparation et de lavage de voitures.
En contrepartie, l’État concédera à l’opérateur privé l’exploitation et la maintenance de l’infrastructure pour une durée déterminée. La durée de la concession variera en fonction du coût de l’investissement, des besoins de maintenance et des recettes d’exploitation projetées. La commission chargée d’étudier les offres devra donc être particulièrement attentive à ces indicateurs.
À en croire l’OGEFREM, avec ce projet, la RDC cherche à améliorer son accès aux marchés internationaux. Selon la même source, il s’agit également pour le pays de se positionner comme une plateforme de transit dans la Copperbelt, une région qui connaît une intense activité minière, et de valoriser les corridors nationaux et internationaux qui desservent la zone.
Pierre Mukoko
Le gouvernement provincial du Nord-Kivu, appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et ses partenaires, a lancé une initiative visant à mobiliser les acteurs privés pour combler le déficit de financement et développer un accès durable à l’eau potable. Cette initiative, prévue sur une période de sept ans, s’inscrit dans un contexte de crise persistante de l’approvisionnement en eau, exacerbée par une population en constante croissance et des déplacements massifs dus aux conflits.
Avec seulement 35 % de la population nationale ayant accès à l’eau potable et des infrastructures insuffisantes pour répondre à la demande croissante, les défis sont particulièrement aigus dans la région. Ces dernières années, l’afflux massif de réfugiés et de personnes déplacées a aggravé la pression sur des infrastructures déjà fragiles, tandis que la société publique de distribution d’eau (REGIDESO) peine à répondre à cette demande.
C’est dans ce contexte que le gouvernement provincial a décidé d’impliquer les acteurs privés dans la gestion des services d’eau, conformément au cadre législatif révisé en juillet 2017, qui permet la délégation de ces services à des entreprises privées.
« Le gouvernement provincial du Nord-Kivu est préoccupé par la question de l’eau et, s’appuyant sur le nouveau cadre légal, il s’engage à mettre à contribution des acteurs privés pour faire face aux défis de financement dans le secteur de l’eau en vue de combler le gap dans la fourniture de l’eau », a déclaré le vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Jean-Romuald Ekuka Lipopo.
L’initiative, qui s’appuiera sur un modèle de partenariat public-privé, devrait permettre de surmonter les contraintes de financement public et de renforcer l’efficacité dans la gestion des infrastructures hydrauliques. Elle vise à fournir de l’eau potable à 1,1 million de personnes dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu pendant la période ciblée.
Pour les habitants du Nord-Kivu, cette initiative pourrait représenter une réponse concrète aux défis quotidiens liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Olivier de Souza
Les banques commerciales opérant en République Démocratique du Congo (RDC) ont pris l’engagement d’aider le gouvernement à régler le solde restant des pertes accumulées par les sociétés de distribution de produits pétroliers finis (essence, gasoil, pétrole lampant, etc.) sur le marché local, à l’exception du gasoil vendu aux acteurs du secteur minier industriel depuis octobre 2023. Cet engagement a été finalisé lors d’une réunion tenue le 3 décembre 2024 avec le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Samba Mukoko.
Au total, 14 contrats de refinancement de cette dette ont été signés avec des institutions financières locales. Lors du conseil des ministres du 29 novembre dernier, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a demandé d’accélérer la finalisation de ces accords, dont les détails demeurent confidentiels. En résumé, l’État cherche à changer de créancier en transférant aux banques commerciales, contre un taux d’intérêt, les arriérés dus aux entreprises de distribution de carburants dans le pays.
« Il n’y a aucun problème, le gouvernement peut compter sur les banques », a affirmé Gisèle Mazengo, représentante de Rawbank, la plus grande banque du pays en termes d’actifs et de parts de marché. Le représentant d’Equity BCDC, Djo Nkoy Lolonga, a précisé que les opérations nécessaires, telles que les tirages auprès de la banque centrale, ont déjà été réalisées et qu’ils attendent désormais les documents du ministère des Finances pour procéder aux paiements. Selon les services de communication du ministère de l’Économie, les banquiers ont exprimé leur disponibilité à régler les manques à gagner avant la fin du mois de décembre 2024.
Les informations disponibles sur les montants à rembourser aux distributeurs de produits pétroliers restent limitées. En 2023, les prix des produits pétroliers ont augmenté de 70 % à 130 % selon les régions, ce qui a permis de réduire le rythme d’accumulation des manques à gagner, qui étaient de 545 millions dollars en 2022, à 125 millions dollars en 2023. Au cours des quatre premiers mois de 2024, 135 millions dollars d’arriérés ont été réglés, avec une contribution des banques commerciales congolaises à hauteur de 123,5 millions dollars, selon le ministère des Finances. Ainsi, fin mars 2024, le solde dû était de 405 millions dollars, auxquels se sont ajoutés de nouveaux manques à gagner enregistrés tout au long de l’année, notamment en raison d’une baisse administrative des prix de l’essence mise en place pour lutter contre la vie chère.
Si l’intervention des banques permet de réduire le risque d’une crise socio-économique due à des pénuries de carburant, elle ne résout cependant pas la question des arriérés. En effet, comme mentionné plus haut, l’État ne fait que changer de créancier. À la fin de 2023, l’encours total des arriérés s’élevait à 3,5 milliards de dollars. Pour 2024, une provision de 438,6 millions de dollars a été mise en place afin d’apurer ces arriérés, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) datant de juillet 2024.
Georges Auréole Bamba
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Lors de la table ronde organisée le 4 décembre 2024 en Angola, dans le cadre de la visite du président américain sortant Joe Biden, le président congolais Félix Tshisekedi a mis en avant l’importance stratégique d’Inga 3 pour maximiser le potentiel du corridor de Lobito. Il a affirmé que ce projet, « ainsi que d’autres initiatives en énergies renouvelables, sont essentiels pour fournir une alimentation énergétique fiable, durable et adaptée aux exigences » de l’industrie de la République démocratique du Congo (RDC), actuellement « en pleine expansion ».
Pour le président congolais, le corridor de Lobito dépasse son rôle de simple voie logistique : il incarne un moteur de transformation économique et sociale. Cette vision rejoint celle des officiels américains. L’un d’eux, cité par le département d’État, a souligné que le corridor de Lobito « n’est pas simplement une infrastructure d’extraction ». Il a ajouté que la rénovation de ce chemin de fer attirera davantage d’investisseurs « aux standards élevés » vers les mines de la Zambie et de la RDC.
À titre d’exemple, il a cité l’entreprise KoBold, une startup californienne soutenue par des personnalités comme Jeff Bezos (Amazon) et Bill Gates (Microsoft), qui prévoit d’investir en RDC après avoir établi une première base en Zambie. Selon les officiels américains, ce n’est qu’un début : d’autres investisseurs de classe mondiale pourraient suivre, dans un secteur aujourd’hui dominé à 90 % par des sociétés principalement contrôlées par des capitaux chinois.
Le responsable américain a également souligné que le corridor de Lobito représente une opportunité de développement rapide pour d’autres secteurs, notamment l’agriculture, en facilitant l’acquisition d’équipements et l’évacuation rapide des produits. En outre, selon le discours officiel des États-Unis, le corridor pourrait rendre le coût des batteries électriques plus compétitif. Cela s’explique non seulement par la réduction des frais de transport, mais aussi par la possibilité d’installer des unités de production à proximité des sites d’extraction des minerais critiques, avec une exportation facilitée par le chemin de fer (moins de 50 heures depuis Luau à la frontière entre l’Angola et la RDC).
Inga 3 : discussions en cours
Cependant, la mise en place de ces différentes chaînes de valeur ne pourra se réaliser que si une énergie abondante et de qualité est disponible, un domaine dans lequel la RDC présente encore une marge de progression significative. Lors d’un panel organisé à l’occasion de la 10 ᵉ édition du forum Makutano, le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Fabrice Lusinde, a révélé que le secteur minier du pays a dû importer l’équivalent de 5 milliards de dollars en électricité et en carburant pour groupes électrogènes au cours des quatre dernières années.
Avec un réseau électrique nécessitant des rénovations et des barrages fournissant moins que leur capacité installée, Inga 3 devient un projet clé pour transformer Lobito en un corridor non seulement dédié au cuivre et au cobalt, mais aussi en une ligne d’affaires reliant trois pays africains (Angola, Zambie et RDC) au marché international.
Cependant, le projet Inga 3 est encore loin de se matérialiser. Les discussions sont toujours en cours concernant le modèle de développement du barrage hydroélectrique, avec une préférence pour une installation progressive des capacités. De plus, une telle infrastructure nécessite une coordination efficace sur l’ensemble de la chaîne de valeur du marché de l’électricité (maintenance, distribution efficace, gestion logistique). Des responsables de la Banque mondiale ont annoncé un investissement d’un milliard de dollars pour les dix prochaines années, mais ce montant doit encore être validé par leur conseil d’administration.
Pour sa part, le président Félix Tshisekedi a affirmé que la République Démocratique du Congo s’engage pleinement à renforcer le corridor de Lobito. « Nous continuons à renforcer le cadre institutionnel et juridique pour encourager les investissements privés et garantir une gestion transparente et responsable de nos ressources. La transparence et la bonne gouvernance restent des priorités absolues pour instaurer un climat de confiance et favoriser des partenariats gagnant-gagnant », a-t-il déclaré.
Georges Auréole Bamba
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L’Agence nationale de promotion des investissements (ANAPI) de la République démocratique du Congo (RDC) a été primée lors de la 28 ᵉ Conférence mondiale sur l’investissement, tenue à Riyad, en Arabie Saoudite, du 25 au 27 novembre 2024. Elle s’est distinguée en Afrique en remportant un prix spécial dans la catégorie contribution au développement durable pour avoir facilité la réalisation du projet de la société congolaise Raxio Data Center DRC SAS, dédié à l’établissement d’un centre de données de classe mondiale de niveau Tier III à Kinshasa.
Inaugurée officiellement le 23 août dernier, l’infrastructure baptisée Raxio DRC1 dispose d’une capacité de 1,5 MW. Ce centre de données neutre a été réalisé grâce à un investissement de 30 millions de dollars.
« Dans le contexte actuel, où l’accent est mis sur la durabilité, ce projet illustre notre engagement envers les Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’Objectif 8 (travail décent et croissance économique) et l’Objectif 9 (industrie, innovation et infrastructures, y compris l’accès aux technologies de l’information) », a souligné l’ANAPI. « Le développement de cette infrastructure attire des investissements dans le secteur numérique et favorise l’émergence de startups et de PME, essentielles pour la création d’emplois », a ajouté l’agence publique.
Pour prétendre à une distinction lors de cette conférence, l’ANAPI a procédé à une sélection parmi 2 082 projets agréés dans le cadre des avantages du Code des investissements, en tenant compte de leur contribution aux ODD.
Au final, quatre projets ont été retenus par le jury, mis en place sous la supervision du professeur Bruno Tshibangu Kabaji, directeur général par intérim de l’ANAPI. Ces projets ont été soumis dans deux catégories : contribution au développement durable et excellence dans la facilitation de l’investissement.
Dans la catégorie contribution au développement durable, d’autres agences ont également été primées, notamment l’Autorité générale pour l’investissement et les zones franches d’Égypte, l’Agence de promotion des investissements privés du Pérou (ProInversión), ainsi que la Uganda Investment Authority.
Muriel Edjo
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Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale (BC), réuni le 19 novembre 2024, a conservé des mesures qui limitent la consommation en République Démocratique du Congo (RDC). Il a décidé de maintenir à 25 % le principal taux auquel les banques commerciales peuvent se refinancer en francs congolais (FC) et à 10 % le coefficient de réserves obligatoires des dépôts à long terme en FC.
L’institution indique que son objectif est de « soutenir le pouvoir d’achat de la population ». Mais en réalité, ces mesures ne profitent qu’à ceux qui possèdent déjà une épargne ou un revenu en monnaie locale, et ce, au détriment d’une expansion monétaire qui pourrait bénéficier à la consommation intérieure.
En effet, un taux directeur aussi élevé pénalise l’accès des agents économiques aux crédits, limitant ainsi leur capacité à mobiliser des ressources financières. Cela pourrait freiner la stratégie tant souhaitée de diversification de l’économie nationale, censée favoriser la production locale de biens et services ainsi que la création d’emplois.
En outre, un coefficient de réserves obligatoires de ce niveau rend l’épargne à long terme en franc congolais peu attractive, car pour les banques, immobiliser des réserves dans une monnaie sujette à des dévaluations externes est peu profitable. En conséquence, pour les épargnants, la rémunération offerte sur ces dépôts reste souvent inférieure au taux d’inflation, les obligeant à chercher d’autres alternatives, comme des investissements dans l’immobilier. Cela entretient la spéculation sur les coûts des facteurs et la hausse des prix dans le secteur.
Améliorations
La Banque centrale a justifié ces décisions du 19 novembre par les risques d’inflation, exacerbés par l’approche de la période des fêtes, la persistance des risques externes et l’impact potentiel de l’épidémie de Mpox sur les ressources en devises.
Il est vrai que, comme beaucoup de pays africains, la RDC ne produit pas les médicaments et les vaccins pour lutter contre cette maladie et doit les importer, ce qui alourdit la pression sur les réserves de change. Cependant, la balance commerciale des biens est devenue excédentaire, avec un solde de 1,2 milliard de dollars à fin octobre 2024, contre un déficit de 800 millions de dollars sur la même période en 2023.
En outre, les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) permettent d’être optimiste quant à la possibilité de deux nouveaux programmes, qui pourraient apporter 2,9 milliards de dollars de devises au pays sur les trois prochaines années, en sus d’autres apports, comme ceux de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, qui investissent dans l’agriculture, les infrastructures aéroportuaires, la connectivité et l’énergie.
Par ailleurs, avec une inflation de seulement 10,6 % depuis le début de l’année 2024, le taux directeur réel est sorti de la zone négative observée au premier semestre 2023 et est désormais largement positif. Sur le marché officiel, la monnaie locale s’est dépréciée de seulement 6 % par rapport au dollar, contre 19 % sur la même période l’année dernière.
Georges Auréole Bamba
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En vue de stimuler les exportations de la République démocratique du Congo (RDC), l’Agence nationale de promotion des exportations (ANAPEX) et Trade Mark Africa (TMA) ont décidé de collaborer afin de renforcer les capacités des producteurs locaux et d’améliorer leur accès aux marchés internationaux.
Le mercredi 20 novembre, Monica Hangi, directrice régionale de Trade Mark Africa, a rencontré Mike Tambwe Lubemba, directeur général de l’ANAPEX, pour discuter des actions à mener. Cette rencontre a permis de réaffirmer la volonté commune des deux institutions de dynamiser les échanges commerciaux en soutenant les secteurs stratégiques, notamment le café et le cacao, tout en sensibilisant les producteurs congolais aux opportunités offertes par des cadres comme l’AGOA (African Growth and Opportunity Act), qui ouvre l’accès au marché américain.
Selon un communiqué publié par l’ANAPEX, madame Hangi a insisté sur la nécessité de consolider le partenariat avec l’institution congolaise, qualifiée de partenaire clé, pour mobiliser davantage le secteur privé congolais et vulgariser les stratégies de diversification des exportations. Un projet de cartographie des produits agricoles a d’ailleurs été lancé pour mieux identifier les opportunités et positionner les produits congolais sur les marchés mondiaux. Mike Tambwe Lubemba, a de son côté rappelé l’importance d’accompagner les producteurs locaux et d’intensifier les efforts pour positionner la RDC comme un acteur compétitif sur la scène internationale.
À travers leur collaboration axée sur le renforcement des infrastructures et des compétences locales, les deux entités ambitionnent de faire des produits congolais une référence mondiale et de réduire les obstacles à leur exportation.
Depuis sa création en 2010, Trade Mark Africa s’est imposée comme un acteur majeur du développement commercial en Afrique, soutenu par divers pays et fondations. Dans le cadre de son plan stratégique 2023-2030, l’organisation avait annoncé vouloir mobiliser 700 millions $ pour renforcer les capacités commerciales du continent. Une stratégie qui devrait notamment s’appuyer sur la RDC, où elle collabore depuis sept ans avec les autorités pour lever les obstacles au commerce et renforcer les filières d’exportation.
Rappelons que l’ANAPEX, a été créée en 2020 par le décret n° 20/003. Elle s’est donné pour mission de promouvoir les produits agricoles, industriels et artisanaux du pays.
Moutiou Adjibi Nourou
La Première ministre de la République démocratique du Congo (RDC), Judith Suminwa Tuluka, est au Maroc depuis le 24 novembre 2024. Elle participera à la 16ᵉ édition du forum MEDays, qui se tiendra du 27 au 30 du même à Tanger, au Maroc. Cet événement, placé sous le thème « Souverainetés et résiliences : vers un nouvel équilibre mondial », réunira des dirigeants politiques, des experts et des acteurs économiques pour discuter des défis géopolitiques actuels.
Créé en 2008, le MEDays est reconnu comme une plateforme stratégique pour le dialogue entre les pays du Sud, favorisant la coopération et le partage d'expériences. La participation de Mme Suminwa reflète l'engagement de la RDC à s'impliquer dans les discussions internationales en vue de promouvoir le pays comme une destination privilégiée pour les investissements.
Au cours de ce forum, la Première ministre interviendra lors de la cérémonie d'ouverture dans un panel réunissant d'autres dirigeants de gouvernements africains. Une session intitulée Invest in DRC est prévue le deuxième jour de l'événement. Mme Suminwa, accompagnée de plusieurs membres du gouvernement — notamment les ministres de l'Économie, des Mines, de l'Agriculture, du Commerce extérieur et de l'Industrie — ainsi que de responsables d'institutions telles que la Fédération des Entreprises du Congo et l'Agence nationale de promotion des investissements (ANAPI), présentera les opportunités offertes par la RDC.
#Diplomatie #PartenariatGagnantGagnant
— Primature de la République Démocratique du Congo (@PrimatureRDC) November 26, 2024
26 novembre 2024 | La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a été reçue à Rabat par le Chef du Gouvernement marocain, Aziz Akhannouch. Cette rencontre s’est concentrée sur le renforcement des relations bilatérales entre la RDC et le… pic.twitter.com/R2sTbEBobE
Les relations commerciales entre le Maroc et la RDC ont connu une dynamique positive ces dernières années. Selon les données de l'International Trade Centre (ITC), les échanges bilatéraux se sont diversifiés, notamment dans les secteurs de l'agroalimentaire, des produits pharmaceutiques et des matériaux de construction. Les importations de la RDC en provenance du Maroc ont triplé entre 2019 et 2023, atteignant 21,4 millions de dollars. Cependant, cela ne représente que 0,08 % des importations totales de la RDC, qui s'élèvent à 25,6 milliards de dollars. Actuellement, cette relation commerciale profite davantage au Maroc, qui a réalisé un excédent de 19,3 millions de dollars en 2023.
La connectivité aérienne joue un rôle déterminant dans cette coopération. La compagnie nationale Royal Air Maroc assure des liaisons régulières entre Casablanca et Kinshasa, facilitant ainsi les échanges commerciaux et les déplacements d'affaires. De plus, la présence économique marocaine en RDC est notable, avec des entreprises marocaines opérant dans divers secteurs tels que la banque, les assurances et les télécommunications, contribuant ainsi au développement économique local.
Au cours des 16 derniers mois, plusieurs initiatives ont témoigné de la volonté des deux pays de faire progresser leurs relations commerciales. Le 27 mai 2024, une mission économique a été organisée au Maroc sous le leadership du patronat de la RDC. En juillet 2023, l'ANAPI a signé un protocole d'accord avec l'Association marocaine des exportateurs (ASMEX), visant à renforcer la coopération économique entre les deux nations.
Georges Auréole Bamba
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La République Démocratique du Congo a entamé la procédure de ratification de deux conventions internationales destinées à réduire l’évasion fiscale des multinationales. Les projets de loi portant ratification de ces textes ont été présentés le 22 novembre 2024 à l’Assemblée nationale par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde (photo). Selon ce dernier, l’entrée en vigueur de ces conventions devrait permettre « de mobiliser davantage de ressources pour financer les programmes d’action du gouvernement » en ciblant les « multinationales qui utilisent des systèmes sophistiqués pour échapper à l’imposition et réduire la base taxable ».
Cependant, ces accords ne concernent actuellement que la Belgique et l’Afrique du Sud, avec lesquels la RDC a des conventions fiscales bilatérales de non-double imposition. Cela signifie que, même si le parlement autorise la ratification de ces accords, ils ne s’appliqueront pas à des pays comme la Chine, le Canada, l’Île Maurice ou le Royaume-Uni, qui figurent parmi les principaux investisseurs en RDC.
Dans le secteur minier, par exemple, la majorité des investisseurs utilisent des structures immatriculées à l’Île Maurice, comme l’a souligné un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en juin 2024. Et bien qu’étant le premier investisseur dans le secteur minier en RDC, ce pays n’a pas signé d’accord fiscal avec l’Île Maurice.
L’Île Maurice agit souvent comme une plaque tournante pour des investissements bénéficiant principalement à des juridictions comme la Chine ou les Émirats arabes unis, réputées pour leur faible transparence financière. En revanche, la Belgique, si l’on ne s’en tient qu’aux règles actuelles de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), n’est pas considérée comme une source majeure d’évasion ou d’évitement fiscal.
Les obstacles à l’application des conventions
Les deux accords en question sont la convention BEPS et la règle d’assujettissement à l’impôt. Concrètement, le premier accord vise à empêcher les multinationales d’exploiter des accords fiscaux entre deux pays pour transférer leurs bénéfices vers des juridictions à fiscalité faible, privant ainsi les États de recettes fiscales importantes. Et avec le deuxième accord, la RDC obtient le droit de réclamer un complément de taxes sur les revenus passifs (dividendes, intérêts, redevances) si ces derniers sont taxés à un taux inférieur au seuil minimum conventionnel fixé à 9 %.
En septembre dernier, le ministre Doudou Fwamba s’est rendu au siège de l’OCDE, à Paris, pour finaliser ces deux accords. Une fois les conventions ratifiées, la RDC pourra déposer les instruments de ratification, rendant leur contenu applicable pour les partenaires concernés. Cependant, ces règles fiscales internationales restent complexes et parfois inaccessibles, même pour des experts de l’administration fiscale.
La mise en œuvre des règles BEPS nécessite une transformation des compétences au sein de l’administration fiscale et une meilleure gestion des exonérations fiscales, particulièrement dans le secteur minier. Quant à la règle d’assujettissement à l’impôt, peu de pays dans le monde ont signé cette convention. De plus, son application dépend d’un ensemble de réformes fiscales internationales de l’OCDE, qui reste menacée par le refus des États-Unis de valider ces règles.
Avec un ratio impôts/PIB de 13,4 % en 2023, la RDC dispose d’une marge pour améliorer la mobilisation de ses recettes fiscales. Le FMI estime que des réformes efficaces pourraient porter ce ratio à 19,9 %, offrant ainsi un levier significatif pour financer les programmes gouvernementaux et soutenir le développement économique. Mais le cadre de négociation fiscale internationale sous l’égide des Nations Unies, plutôt que de l’OCDE, dans lequel sont engagés de nombreux pays africains et du Sud global, pourrait mieux aider le pays à atteindre cet objectif.
Georges Auréole Bamba
A la suite de la conclusion d’un accord avec les services du Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé, le 14 novembre 2024, le lancement d’une plateforme numérique visant à moderniser la chaîne des paiements publics. Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le ministre a précisé que cette plateforme permettra aux citoyens et aux entreprises de suivre en temps réel l’évolution de leurs dossiers dans le système de paiement de l’État.
« Avec cette plateforme, tous les bénéficiaires de dossiers de paiement peuvent désormais suivre l’évolution de leurs dossiers en ligne, depuis chez eux. Dès qu’un dossier est enregistré dans la chaîne des dépenses, le bénéficiaire reçoit un message contenant un numéro unique. Celui-ci permet de localiser précisément le dossier : au cabinet du ministre, dans les services techniques compétents ou ailleurs. En cas de pièces manquantes, la plateforme indique immédiatement les documents à fournir », a expliqué le ministre des Finances.
L’initiative, a-t-il ajouté, vise à mettre un terme aux pratiques douteuses tirant profit du manque d’information. « Il n’y aura plus de place pour les appels informels ou les interventions suspectes. Tout est désormais transparent et traçable », a-t-il affirmé.
Le service est déjà opérationnel sur le site Internet du ministère des Finances. Les utilisateurs munis d’un « numéro de suivi » peuvent y accéder pour consulter l’état d’avancement de leurs dossiers. Cependant, des marges d’amélioration subsistent. Actuellement, le suivi semble limité aux dossiers une fois qu’ils atteignent le ministère des Finances. Pour plus d’efficacité, il est nécessaire d’élargir la portée de la plateforme à d’autres entités impliquées dans les dépenses publiques, telles que l’administration centrale, les gouvernements provinciaux ou encore les entreprises publiques. Une autre incertitude porte sur la capacité de la plateforme à traiter un volume élevé de requêtes utilisateurs.
Cette réforme s’inscrit dans un cadre plus large visant à renforcer la transparence et l’efficacité dans le processus des dépenses publiques. On peut par exemple constater que la digitalisation progresse au sein du ministère des Finances et des administrations qui lui sont rattachées. Malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent pour instaurer un service public entièrement digitalisé. L’accès limité à Internet et à une alimentation électrique fiable reste un obstacle majeur. Rappelons que le gouvernement avait adopté, il y a quelques années, un plan de numérisation à l’horizon 2025. Cependant, il demeure incertain que cet objectif pourra être atteint dans les délais fixés.
Georges Auréoles Bamba
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Lobito Atlantic Railway, opérateur du corridor de Lobito, a pris livraison du premier lot de wagons porte-conteneurs, dans le cadre de sa commande de 275 unités passée en mai dernier auprès du groupe sud-africain Galison Manufacturing. Chaque wagon, d’un poids de 13,5 tonnes, est conçu pour transporter un conteneur de 40 pieds ou deux conteneurs de 20 pieds. La livraison complète, qui s’étalera sur 30 mois, devrait se poursuivre jusqu’en 2026. Ces unités font partie du plan d’investissement du consortium, qui avait annoncé un investissement de 455 millions USD pour le développement du corridor. Une portion de ce montant sera allouée à l’acquisition de 35 locomotives et de 1 555 wagons.
Cette livraison intervient alors que la récente reprise des expéditions de minerais critiques de la RDC vers les ports angolais via ce corridor a permis un gain de temps significatif, présageant ainsi une augmentation des flux. Les nouveaux véhicules ferroviaires devraient renforcer les capacités opérationnelles du groupe pour l’exportation des minerais via le corridor, qui relie les mines de cobalt et de cuivre de la RDC et de la Zambie à l’océan Atlantique.
Le corridor occupe une position logistique stratégique dans cette chaîne de valeur et tient désormais une place clé dans les politiques mondiales visant à garantir l’approvisionnement en minéraux critiques. Les États-Unis, l’Union européenne, l’Italie et plusieurs autres bailleurs ont annoncé des investissements massifs sur cette route. À terme, le plan prévoit d’étendre le corridor depuis les ports angolais sur l’océan Atlantique vers les pays côtiers de l’Afrique de l’Est, dont les ports sont situés sur l’océan Indien.
Agence Ecofin
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L’application « TALO », développée par de jeunes talents congolais, marque une avancée dans le contrôle économique de la République démocratique du Congo. Présentée en conseil des ministres le 8 novembre 2024 par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, cette innovation permettra une surveillance en temps réel des pratiques commerciales et des flux de stocks, renforçant ainsi la transparence et la régulation des prix.
L’application « TALO » intègre deux modules clés : un module mobile conçu pour les enquêteurs de terrain, qui leur permettra de collecter et de centraliser les données de prix de façon hebdomadaire, et une plateforme dédiée aux opérateurs économiques. Ce second module offre aux entreprises la possibilité de soumettre directement des informations sur leurs stocks, les prix pratiqués et les structures tarifaires, en respect des réglementations en vigueur. Ce dispositif vise à améliorer la transparence des pratiques commerciales et à renforcer la régulation économique au profit des consommateurs.
L’adoption de l’application TALO reflète la volonté du gouvernement congolais de renforcer la transparence et de restaurer la confiance des opérateurs économiques ainsi que de la population vis-à-vis du contrôle économique. Daniel Mukoko Samba, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, a souligné que cette initiative vise à transformer les missions de contrôle en véritables outils de régulation, loin des abus, afin de garantir un environnement commercial plus fiable et équitable.
L’application TALO s’inscrit dans une démarche globale visant à renforcer la régulation économique en République Démocratique du Congo. En complément d’une série de mesures de supervision et de régulation, l’application permet une gestion plus transparente et efficace des contrôles économiques. Elle permet notamment de renforcer la conformité aux normes établies, d’évaluer les missions de contrôle, et d’assurer le respect du droit au contradictoire pour les opérateurs économiques. Par ailleurs, elle facilite la collecte des plaintes et la détection d’éventuels abus.
Grâce à ce dispositif, le gouvernement espère créer un cadre économique plus juste, favorisant une meilleure transparence et la confiance des acteurs économiques. La sensibilisation des opérateurs à travers la diffusion d’un guide sur le contrôle économique est également un élément clé pour garantir un environnement d’affaires plus régulé et propice aux investissements en RDC.
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Pour sa 10e édition, le forum d’affaires international Makutano s’est donné un objectif ambitieux : élaborer « un new deal pour une RDC et une Afrique fortes et prospères ». Pour ce faire, la fondatrice de Makutano, Nicole Sulu, a convié à Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDC), un millier de personnalités, des décideurs publics, des dirigeants du secteur privé, ainsi que des leaders de la société civile. Du 13 au 15 novembre 2024, ils proposeront « des actions concrètes » pour transformer non seulement la RDC, mais aussi le continent.
« Il est temps de poser les bases d’un nouveau pacte ! Ce “New Deal” doit être construit avec les décideurs économiques et politiques, les investisseurs, la société civile et la diaspora. L’Afrique doit établir des fondations solides pour son développement économique, sociétal et culturel, en harmonie avec ses propres valeurs et en s’affranchissant des modèles dépassés. C’est ainsi que le continent africain pourra exploiter pleinement son industrie locale, déployer tout son plein potentiel et s’affirmer comme un acteur incontournable sur la scène mondiale. », explique Nicole Sulu, fondatrice de Makutano.
Pour atteindre cet objectif, le forum d’affaires se réinvente cette année avec un format entièrement repensé pour stimuler les interactions et prendre la mesure du potentiel économique de la RDC. Le ton est d’ailleurs donné dès l’ouverture du forum avec la table ronde sur le thème « Quel New Deal pour une RDC forte, émergente et prospère ? ». Pour répondre à cette question, un panel de choix est constitué de la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa Tuluka, du vice-président de la Société financière internationale, Sérgio Pimenta, de l’ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Nicolas Berlanga-Martinez, de l’ambassadeur de la Suède en RDC, Joakim Vaverka, du président de la Fédération des entreprises du Congo, Robert Malumba, et de Bajabulile Swazi Tshabalala, candidate à la présidence de la Banque mondiale.
Le lendemain, une journée de réflexion thématique affinera les propositions. Les thèmes choisis concernent d’ailleurs des secteurs stratégiques de la RDC. Ainsi, il y aura une journée sur les mines et l’énergie, sur la finance et la tech, les hydrocarbures, la santé, les industries créatives et culturelles, ainsi que les femmes.
PM