Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en janvier 2026, la République démocratique du Congo (RDC) prévoit de renforcer, dès 2026, les capacités de contrôle de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) par l’acquisition, « auprès de fabricants de renommée mondiale », d’équipements de contrôle non intrusifs, notamment des scanners de conteneurs et des scanners volumétriques, dans le cadre du programme de modernisation des douanes.
L’opération vise à améliorer la capacité de vérification des flux sans ouverture systématique des cargaisons, en s’appuyant sur des dispositifs technologiquement plus avancés. Selon le rapport, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de sécurisation des recettes, en particulier dans les secteurs à forts enjeux de conformité. Les autorités indiquent ainsi vouloir accélérer le renforcement des contrôles sur les flux matériels liés aux exportations, afin de permettre une évaluation plus appropriée « des volumes, de la teneur minérale et de l’humidité des exportations ».
« Des études montrent que notre pays perd près de la moitié de ses recettes minières potentielles en raison de contrôles insuffisants sur les volumes et la teneur en métaux de valeur », affirment les autorités citées par le rapport.
Le document précise également l’approche opérationnelle recherchée : l’augmentation de la mobilisation des recettes doit se faire « sur la base du principe consistant à minimiser les contacts humains », via la mise en place d’outils tels que des bascules de pesage et des mécanismes de contrôle qualité « informatisés et non intrusifs ».
Parallèlement à ces équipements, les autorités annoncent aussi vouloir moderniser le partage d’informations « en s’appuyant davantage sur l’automatisation et la numérisation pour mettre en place une plateforme de partage d’informations au sein des administrations financières et entre elles ».
Le rapport précise que ce système intégré doit reposer sur des données essentielles, dont « les flux commerciaux, les données bancaires et les actifs », afin de renforcer le recoupement des informations et l’efficacité des contrôles.
Dans cette logique d’interconnexion, les autorités indiquent aussi vouloir veiller à ce que « la base de données de l’administration fiscale soit reliée au système d’information de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) ».
Le rapport présente cet ensemble de mesures comme un levier de modernisation et de fiabilisation des contrôles, dans le cadre des engagements du programme appuyé par le FMI.
Boaz Kabeya
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Le différend opposant la République démocratique du Congo (RDC) à PayServices se cristallise autour d’un point central : la portée juridique des protocoles d’accord signés, début 2024, entre la société américaine et certains départements ministériels ainsi que des entités publiques, dans le cadre d’un projet de digitalisation de services publics.
Soutenant que ces documents ont valeur de « contrats », PayServices a saisi, le 8 janvier 2026, la justice de l’État de l’Idaho, où l’entreprise est basée, pour dénoncer leur « violation » et réclamer des dommages évalués à 4 milliards de dollars, selon Africa Intelligence, qui a révélé l’affaire dans un article publié le 13 janvier.
D’après ce média, l’entreprise affirme que l’État devait lui verser 20 millions de dollars au plus tard fin mars 2024, mais que ce paiement aurait été bloqué. Africa Intelligence rapporte aussi que PayServices estime avoir investi à perte plus de 90 millions de dollars, dont 72 millions de dollars pour le déploiement de sa « technologie » dans les systèmes de la Caisse générale d’épargne du Congo (Cadeco), un établissement financier public.
Des documents « à caractère exploratoire »
La publication a fait réagir les autorités congolaises. Dans un communiqué publié le 14 janvier, le ministère des Finances affirme que les protocoles d’accord et mémorandums d’entente signés avec PayServices sont « à caractère exploratoire ». Pour les services de Doudou Fwamba, ces instruments « ne constituaient pas (…) des actes de nature à engager financièrement le Trésor public ». Le ministère souligne qu’« aucune opération financière, aucune prise de participation de l’État, ni aucun engagement budgétaire » n’a été valablement conclu.
Dans ce contexte, les diligences menées par les services du ministère des Finances, après l’introduction d’une demande de paiement de 20 millions de dollars, ont conclu à « l’impossibilité légale de donner suite ». Une conclusion confortée, ajoute le communiqué, par l’existence de décisions de plusieurs autorités américaines « interdisant à la société PayServices de se présenter comme une banque ou d’exercer des activités bancaires ».
Dans un communiqué publié le jour même de la parution de l’article, le ministère du Portefeuille adopte une ligne similaire. Il affirme que PayServices « n’a jamais disposé de la qualité juridique d’établissement bancaire » au regard du droit américain et dénonce une « fausse apparence de régulation et de solvabilité ».
Accusations de corruption
Pour cette administration, les affirmations faisant état d’un investissement de 72 millions de dollars sont dépourvues de toute base juridique, budgétaire ou comptable, et ne correspondraient à aucun engagement ni décaissement effectif de la part de PayServices. Elle évoque une « manœuvre dolosive » visant à obtenir indûment l’accès aux ressources souveraines de l’État, et affirme que les vérifications internes ont établi que PayServices « n’était ni autorisée ni habilitée à recevoir ou gérer des fonds publics ».
Dans sa plainte, la société américaine soutient, pour sa part, que le projet a été saboté parce qu’elle a refusé de donner suite à des demandes de paiement de « pot-de-vin » formulées par plusieurs officiels impliqués dans le dossier. Le gouvernement congolais dément « formellement et catégoriquement » cette allégation, répond le ministère des Finances.
Pour plusieurs juristes approchés, un protocole d’accord peut, en effet, avoir valeur de contrat. « En droit civil, ce qui compte ce n’est pas le nom du document mais l’engagement pris par les parties », soutient l’un d’eux. À les en croire, seule une analyse des documents permettra de trancher. Or, cette analyse reste, pour l’instant, difficile : les protocoles n’étant pas publics, il est impossible de vérifier précisément la pertinence des arguments évoqués par chacune des parties.
Pierre Mukoko
Le ministère de l’Économie nationale a annoncé que le remboursement des pertes et manques à gagner du troisième et du quatrième trimestre 2025 dans le secteur pétrolier interviendra après la certification du quatrième trimestre, prévue pour fin janvier 2026. Cette annonce figure dans un communiqué de presse rendu public le 12 janvier 2026.
Selon le ministère, la certification du troisième trimestre 2025 a déjà été réalisée en décembre 2025. Pour ce trimestre, les autorités ont certifié environ 34 millions de dollars pour la zone Ouest, avant consolidation nationale, selon des données officielles reprises par la presse économique. Le paiement des montants dus pour l’ensemble du second semestre 2025 dépend désormais de la validation finale du quatrième trimestre par le Comité de suivi des prix des produits pétroliers, qui réunit les ministères concernés, la profession pétrolière et les organismes publics impliqués.
Pour le premier semestre 2025, le Comité de suivi a certifié un total de 15,97 millions de dollars, couvrant le premier et le deuxième trimestre. Ces montants ont déjà été entièrement apurés, selon le ministère de l’Économie nationale.
Le communiqué rappelle également que les arriérés des exercices 2020 et 2021 ont été remboursés pour les sociétés pétrolières de la zone Sud (Katanga). Les dettes des sociétés pétrolières nationales envers la Société d’entreposage des produits pétroliers, la Société congolaise des industries de raffinage et la Cobil SPSA, pour la même période, ont aussi été réglées.
D’après les données disponibles, les compensations liées aux carburants en République démocratique du Congo étaient passées de 288,6 millions de dollars en 2023 à 31,5 millions de dollars en 2024, soit une baisse de près de 90 %.
Boaz Kabeya
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Selon un communiqué publié le 7 janvier 2025, le ministère de l’Emploi et du Travail a annoncé le déploiement, à partir de février prochain, d’une mission de contrôle auprès des services privés de placement (SPP) opérant en République démocratique du Congo. Cette mission vise à vérifier la conformité des opérations et des méthodes de placement, ainsi que le respect des obligations légales envers la main-d’œuvre nationale.
Cette annonce fait suite à la clôture des opérations de vérification administrative lancées en octobre 2025, conformément au Code du travail et à l’arrêté portant agrément des SPP. À l’issue de ce processus, 176 services privés de placement sur 625 ont été déclarés en règle avec la réglementation en vigueur.
Le ministère précise que les SPP reconnus conformes disposent soit d’un agrément valide, soit d’une autorisation de fonctionnement pour ceux ayant moins de deux ans d’existence. Ils justifient également d’une situation régulière en matière de déclarations et de paiements des contributions patronales auprès de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), de l’Office national de l’emploi (ONEM) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), ainsi que de la production des rapports trimestriels requis.
Le ministère rappelle que le recours à un SPP non agréé ou non régularisé constitue une infraction grave, passible de sanctions administratives et pénales. Par ailleurs, tout SPP ne figurant pas sur la liste officielle — y compris ceux s’estimant conformes mais omis — est sommé de se présenter au ministère au plus tard le 31 janvier 2026 afin de régulariser sa situation auprès de la commission ad hoc. Passé ce délai, l’agrément sera retiré, l’activité suspendue et des poursuites judiciaires engagées.
Ronsard Luabeya
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Dans la province du Kongo-Central, la route nationale n°16 (RN16), qui relie la cité de Kisantu au territoire de Kimvula en traversant Madimba, continue de se dégrader, compromettant la circulation des personnes et des marchandises. Cette route assure l’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommation de la province et joue un rôle clé dans le désenclavement de plusieurs localités rurales.
La RN16 revêt également une importance stratégique pour les populations riveraines, en facilitant les déplacements entre Kisantu, les différents secteurs du territoire de Madimba et, au-delà, jusqu’à Kimvula, proche de la frontière avec l’Angola.
Dès juin 2023, des alertes avaient été lancées sur la progression de têtes d’érosion le long de la RN16, notamment dans le secteur de Ngeba, où des effondrements menaçaient déjà la continuité du trafic entre Kisantu et Kimvula.
En octobre 2024, une autre érosion active avait été signalée à Ngidinga, à proximité d’installations communautaires, avec un risque réel de coupure de la route si aucune intervention n’était engagée. Malgré ces alertes successives, les travaux de réhabilitation durable n’ont pas été entrepris.
Depuis le début de la saison pluvieuse actuelle, la dégradation s’est accentuée. Plusieurs tronçons de la RN16 sont devenus difficilement praticables, la chaussée étant envahie par une boue argileuse qui ralentit fortement la circulation.
Les villages et secteurs de Ngeba, Nzuma, Kipemba, Ngidinga et Kinkosi-Luidi sont particulièrement affectés. Les temps de parcours se sont allongés et les transporteurs réduisent leurs rotations, exposant les usagers à des risques accrus d’accidents et d’isolement.
Boaz Kabeya
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Le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a reçu en audience, le 6 janvier 2026, l’ambassadeur de la Zambie en République démocratique du Congo (RDC), Paulu Kosita. Les échanges ont porté principalement sur les questions de sécurisation transfrontalière, avec un accent sur le corridor routier Kolwezi–Lubumbashi, régulièrement emprunté par les transporteurs zambiens.
Selon la communication du ministère de l’Intérieur, cette rencontre s’inscrit dans un contexte marqué par des signalements d’actes d’insécurité dont seraient récemment victimes certains conducteurs zambiens sur cet axe du sud de la RDC, essentiel pour le commerce régional et l’acheminement des marchandises.
Face à ces préoccupations, le diplomate zambien a sollicité des garanties de la part des autorités congolaises quant à la protection des transporteurs. En réponse, Jacquemain Shabani a assuré de l’implication du gouvernement congolais afin de mettre un terme aux incidents signalés, en renforçant les dispositifs sécuritaires le long du corridor et en veillant à la protection effective des usagers de la route, sans distinction de nationalité.
Cette démarche intervient à la suite d’un incident survenu récemment à Sakania, cité frontalière entre la RDC et la Zambie. Selon des médias locaux, un transporteur zambien, identifié comme Golden Siwakwi, aurait été interpellé et placé en garde à vue après avoir menacé un ressortissant congolais à l’aide d’une machette. Relâché le 6 janvier 2025, le conducteur aurait invoqué la légitime défense.
La rencontre entre le ministre congolais de l’Intérieur et l’ambassadeur zambien s’inscrit également dans la perspective de la tenue prochaine de la Commission mixte défense et sécurité RDC–Zambie, prévue à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Jacquemain Shabani a précisé que cette commission constituera un cadre de concertation privilégié pour ajuster et harmoniser les mesures sécuritaires le long de la frontière commune, dans le but de préserver les intérêts mutuels des deux États et de renforcer la sécurité transfrontalière.
Ronsard Luabeya
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La société OK Plast Sarl, spécialisée dans le recyclage des déchets plastiques en République démocratique du Congo (RDC), pourrait bénéficier du renouvellement des exonérations fiscales accordées par le décret du 19 décembre 2023. Lors de la 76ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le 2 janvier 2026, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndembo, a présenté les conclusions de l’évaluation de ce texte, portant suspension de la perception de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des droits de douane sur certaines matières et biens issus du recyclage des déchets plastiques.
Selon la ministre, la commission ad hoc mixte chargée d’analyser l’impact de ce texte a émis un avis technique favorable à son renouvellement, en faveur des opérateurs du secteur. Les travaux de cette commission mettent notamment en avant la contribution du dispositif à la réduction de la pollution plastique, ainsi que son impact positif sur la création d’emplois.
À l’issue de cette présentation, le Conseil des ministres a recommandé que le dossier soit soumis formellement lors d’une prochaine réunion, afin de permettre un examen approfondi, assorti d’un avis circonstancié et de délibérations devant aboutir à une décision, notamment sur la gestion des déchets plastiques à Kinshasa et à l’échelle nationale.
Pour rappel, le décret concerné prévoit, pour une durée de 24 mois, la suspension des droits de douane et de la TVA à l’importation sur certaines matières premières utilisées dans la fabrication de préformes issues du recyclage des déchets plastiques. Les produits concernés incluent notamment le polyéthylène téréphtalate (PET), la soude caustique, les agents de surface organiques à usage industriel, les silicones sous forme primaire, le chlorure de sodium, ainsi que les colorants.
Ce texte fait suite à la convention de partenariat signée en 2022 entre le ministère de l’Environnement et OK Plast. Cette convention vise à encadrer leur collaboration dans le domaine de l’assainissement, en particulier pour la collecte, le traitement et le recyclage des déchets plastiques. Elle est conclue pour une durée de cinq ans, renouvelable après évaluation.
Ronsard Luabeya
Lors de la soixante-douzième réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 26 décembre 2025, le président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement de réfléchir à un mécanisme permettant d’immatriculer les véhicules dès leur dédouanement. Cette mesure vise à mettre fin à la pénurie récurrente de plaques d’immatriculation et à sécuriser le processus d’enregistrement des véhicules importés.
Le chef de l’État a relevé que la persistance de la pénurie de plaques d’immatriculation a conduit de nombreux propriétaires à circuler sans plaques réglementaires ou à recourir à des plaques temporaires délivrées de manière irrégulière. Cette situation complique l’identification des véhicules impliqués dans des infractions, des accidents ou des actes criminels. Elle entraîne également des pertes de recettes pour le Trésor public et contribue à une dégradation de la gouvernance administrative dans le secteur des transports.
Une première initiative de modernisation du système d’enregistrement des véhicules avait été engagée par le ministère des Finances en février 2024. Cette réforme avait introduit une procédure de demande de plaques d’immatriculation en ligne, permettant aux requérants de soumettre leurs dossiers et de s’acquitter des frais correspondants via la Direction générale des Impôts, sans déplacement physique. Elle avait également prévu la remise gratuite des cartes roses aux détenteurs de véhicules.
S’inscrivant dans cette dynamique, Félix Tshisekedi a demandé au ministre des Finances, Doudou Fwamba, de proposer un mécanisme sécurisé garantissant la traçabilité, la transparence et la prévention de toute fraude. Un rapport détaillé, assorti de propositions concrètes, d’un calendrier de mise en œuvre et de responsabilités clairement établies, est attendu au cours de la deuxième quinzaine de janvier 2026.
Boaz Kabeya
La Banque centrale du Congo (BCC) a rappelé aux messageries financières opérant en République démocratique du Congo (RDC) leur obligation de permettre aux clients d’effectuer des transferts de fonds en monnaie nationale. Ce rappel a été formulé lors d’une réunion présidée, le 16 décembre 2025, par le gouverneur de la BCC, André Wameso, avec les responsables de ces établissements.
Tout en rappelant que la réglementation des changes autorise le dénouement des opérations en monnaies étrangères sur la base d’un accord entre les parties, la banque centrale précise qu’« aucune disposition ne permet de refuser les transactions en monnaie nationale, le franc congolais étant consacré par la Constitution comme devise officielle de la RDC ».
Selon le constat de la BCC, certaines messageries financières continuent de restreindre l’accès aux opérations de transfert en franc congolais (CDF), obligeant les clients à recourir aux devises étrangères pour l’envoi et la réception de fonds. Les données présentées lors de la réunion indiquent que plus de 80 % des transferts domestiques et la totalité des transferts internationaux effectués par ces messageries sont actuellement dénoués en devises étrangères.
Cette situation va à l’encontre des orientations portées par le gouverneur de la BCC. Nommé en juillet dernier, l’ancien conseiller économique du président Félix Tshisekedi a fait de la restauration de la confiance dans le franc congolais et de la réduction de la dépendance au dollar américain des priorités de son mandat. La BCC souligne par ailleurs que le développement des transferts en franc congolais, notamment par la diaspora, contribuerait à renforcer les réserves de change et à soutenir la stabilité monétaire du pays.
Face à cette situation, la banque centrale a insisté sur la nécessité de garantir aux clients la liberté de choisir la monnaie de leurs transactions, qu’il s’agisse du franc congolais ou d’une devise étrangère, conformément à la réglementation en vigueur. Elle a en outre recommandé aux messageries financières d’intégrer systématiquement, dans leurs applications et dispositifs opérationnels, l’option d’envoi et de réception de fonds en franc congolais.
Ronsard Luabeya
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Adoptée en 2018, la loi relative au partenariat public-privé (PPP) est en cours de révision en République démocratique du Congo. Les travaux y afférents ont été officiellement lancés le 15 décembre 2025 à Kinshasa par le ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo (photo).
Malgré les avancées enregistrées sous le régime juridique en vigueur, le gouvernement souhaite aligner le cadre des PPP sur les standards internationaux, notamment ceux promus par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et plusieurs organisations régionales telles que l’UEMOA, la SADC et le COMESA. L’initiative vise également à renforcer les capacités des cadres et experts nationaux en matière de structuration des PPP.
Cette réforme entend « tirer les enseignements de la mise en œuvre du cadre actuel, corriger les insuffisances observées et intégrer les meilleures pratiques internationales afin de renforcer la crédibilité du pays auprès des investisseurs nationaux et internationaux », a indiqué le ministre. Selon lui, le développement du PPP requiert une approche structurante, fondée sur un cadre juridique et institutionnel adapté, transparent et sécurisant.
Parmi les limites identifiées, Guylain Nyembo cite une coordination institutionnelle insuffisante, une prise en compte encore limitée des risques financiers et climatiques, ainsi que des lacunes dans la définition du cycle de projet. Le ministre a également relevé la faible implication des PME locales, l’insuffisance des mécanismes de valorisation des actifs et de gestion des défaillances contractuelles, ainsi qu’un régime fiscal jugé peu compétitif au regard des standards internationaux.
Malgré ces contraintes, la mise en œuvre de la loi de 2018 a permis des avancées importantes, notamment la création et l’opérationnalisation de l’Unité de conseil et de coordination du PPP (UC-PPP) en octobre 2021, ainsi que l’adoption du décret n°23/38 du 26 octobre 2023 fixant les modalités d’application de la loi.
Le cadre actuel a aussi favorisé l’élaboration d’outils opérationnels tels que des fiches de projets, des guides PPP, des modèles de contrats, des dossiers types et des instruments de contrôle. Entre 2023 et 2025, plus de 25 projets PPP ont été encadrés et validés, parallèlement à la formation des autorités contractantes et à la constitution d’une base de données et d’un portefeuille préliminaire de projets PPP.
Ronsard Luabeya
Après plusieurs appels de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) pour un report de la date de début de la phase obligatoire de la facture normalisée, fixée au 1ᵉʳ décembre, la réponse du ministre des Finances, Doudou Fwamba, est sans ambiguïté : « Il n’y aura pas de report », déclarait-il lors de la séance de travail du 11 décembre 2025 entre l’association patronale et son ministère. Cette rencontre était consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme et à l’ajustement de certains paramètres destinés à faciliter son application.
Néanmoins, selon le compte rendu publié par la FEC, le ministre a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement pour répondre aux difficultés techniques et opérationnelles soulevées par les opérateurs économiques. Parmi elles, la neutralisation des sanctions liées au droit de déduction et aux amendes pendant deux mois, couvrant décembre 2025 et janvier 2026. Une lettre officielle du ministère est attendue pour formaliser cette disposition.
Pour justifier le refus de reporter la phase obligatoire, le ministre a rappelé que la réforme s’inscrit dans les engagements conclus avec le Fonds monétaire international (FMI). « C’est une date que nous devons respecter impérativement et pour laquelle nous avons des engagements internationaux avec nos partenaires du FMI », a-t-il précisé, tout en assurant que le gouvernement restera à l’écoute des entreprises. Il a également souligné que la réforme répond à des objectifs stratégiques, notamment la digitalisation de la TVA, qualifiant l’absence de digitalisation de « grand péché ».
Rappels fiscaux
Selon la communication du ministère, le gouvernement envisage aussi une amnistie fiscale pour les entreprises qui décideront « de manière patriotique » de se conformer et de déclarer la vérité sur leur chiffre d’affaires, afin d’éviter des rappels fiscaux pouvant remonter jusqu’à quatre ans. En RDC, l’administration fiscale dispose en effet du droit de rappel des impôts, lui permettant de réexaminer une situation fiscale passée et d’exiger le paiement des montants dus. La facture normalisée facilitera désormais l’observation des chiffres réels des entreprises, renforçant l’efficacité de ce mécanisme.
Parmi les autres mesures annoncées, la FEC rapporte que le ministre a indiqué que les travaux d’une commission mixte Finances–DGI–FEC débuteraient dès le 17 décembre 2025. Composée de techniciens des administrations et d’informaticiens des entreprises, elle sera chargée de proposer des solutions adaptées à chaque préoccupation technique ou opérationnelle. Le ministre a également annoncé la création d’une commission spéciale à son cabinet pour répondre aux courriels des entreprises dans un délai maximal de 48 heures.
Toujours selon la FEC, le ministre aurait en outre instruit la DGI de fixer un délai pour le traitement des dossiers d’homologation, en précisant qu’en cas de silence de l’administration, l’homologation serait réputée accordée. Les sessions de la Commission d’homologation ont été convoquées à partir du lundi 15 décembre 2025 pour traiter les demandes en cours.
Enfin, le ministre a autorisé les entreprises produisant un grand volume de factures à combiner leur système de facturation (SFE) avec la plateforme e-UF de la DGI, via un mécanisme d’importation des factures émises dans le SFE directement vers la plateforme.
Timothée Manoke
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La Banque centrale du Congo (BCC) a enclenché, depuis le début du mois de décembre 2025, une opération de toilettage de sa liste des intermédiaires financiers non bancaires opérant sur le territoire national. L’information ressort des communiqués publiés via ses canaux officiels depuis décembre dernier.
La BCC rappelle à l’opinion que la messagerie financière FORCE-UNIE SARL, dont le siège social était situé au numéro 127, Avenue Baraka, Quartier Mongala, dans la Commune de Kinshasa, a déjà été radiée de la liste des messageries financières opérant en RDC.
— Banque Centrale du Congo (@BCC_RDC) December 12, 2025
Par conséquent, le… pic.twitter.com/TpwGZXBlsi
Parmi les communiqués rendus publics, l’un, signé le 5 décembre 2025 par Dieudonné Fikiri Alimasi, premier vice-gouverneur de la BCC, annonce la radiation de la liste des messageries financières opérant en République démocratique du Congo (RDC) d’une entité dénommée Force-Unie Sarl. Une messagerie financière est une entreprise de droit congolais, autre qu’un établissement de crédit, qui effectue des transferts de fonds au niveau national ou international. Les plus célèbres sont Western Union et MoneyGram.
Dans son communiqué, la BCC ne donne pas les raisons de la dissolution de cette entreprise. Elle indique simplement que sa décision est fondée sur les dispositions des articles 58 et 59 de l’instruction administrative n°006, modification n°2 du 26 juillet 2023, portant réglementation de l’activité des messageries financières. Selon l’article 58, cette sanction peut intervenir en cas de violations graves ou répétées des obligations légales, de blanchiment, de fraude, d’atteinte à l’ordre public ou d’insolvabilité.
Dans le cadre de la supervision du secteur financier, la Banque Centrale du Congo invite les messageries financières listées ci-dessous à se présenter auprès de la Direction de la Surveillance des Intermédiaires Financiers avant le 18 décembre 2025 afin de régulariser leur… pic.twitter.com/pMzZ9Owsap
— Banque Centrale du Congo (@BCC_RDC) December 12, 2025
Avant cette radiation, le premier vice-gouverneur avait, dans un communiqué signé le 3 décembre 2025, invité un total de 50 messageries financières à régulariser leur situation administrative auprès de la direction de la surveillance des intermédiaires financiers avant le 18 décembre 2025. À défaut, elles risquaient le retrait de leurs agréments, leur radiation de la liste officielle et leur dissolution.
Discipliner le marché de change
Un autre communiqué, daté du 4 décembre 2025, concerne cette fois les bureaux de change. Dans ce document, 62 bureaux de change étaient appelés à se présenter auprès de la même direction de surveillance afin de régulariser leur situation administrative avant le 19 décembre 2025, sous peine de retrait d’agrément.
Mue par son engagement à garantir la conformité, la transparence et la stabilité du secteur des changes en RDC, la Banque Centrale du Congo invite les bureaux de change repris ci-dessous à se présenter auprès de la Direction de la Surveillance des Intermédiaires Financiers avant… pic.twitter.com/pJEMPxfgTs
— Banque Centrale du Congo (@BCC_RDC) December 12, 2025
Pris ensemble, ces communiqués révèlent une situation préoccupante au sein du secteur des intermédiaires financiers non bancaires. Selon les listes disponibles sur le site de la BCC, 82 messageries financières et 114 bureaux de change sont officiellement recensés. Les injonctions adressées à 50 messageries et 62 bureaux de change suggèrent ainsi que plus de la moitié d’entre eux opéreraient dans l’irrégularité, ce qui souligne l’ampleur des manquements constatés et l’urgence de l’opération de nettoyage engagée par l’autorité monétaire.
Cette opération de toilettage s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la discipline sur le marché de change en République démocratique du Congo. La BCC cherche à faire respecter strictement la réglementation en vigueur après avoir constaté des pratiques jugées contraires aux règles du marché, notamment l’affichage de taux de change spéculatifs, l’élargissement excessif des écarts entre cours acheteurs et vendeurs, ainsi que diverses manipulations non conformes à l’instruction administrative n°007, modification n°3 de 2023, qui encadre l’activité de change.
Face aux mauvaises pratiques observées sur le marché des changes en ce contexte d’appréciation du franc congolais, la Banque Centrale du Congo rappelle à la corporation des cambistes manuels l’exigence de se conformer aux dispositions de l’instruction 007 - modification n°3 de… pic.twitter.com/ydJz4YnV3X
— Banque Centrale du Congo (@BCC_RDC) October 13, 2025
Dans un avis public publié le 13 octobre 2025, la BCC rappelle à la corporation des cambistes manuels l’exigence de se conformer aux dispositions réglementaires. Elle annonce également le déploiement de contrôles sur place et la mise en œuvre de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au retrait d’agrément, à l’encontre des bureaux de change et cambistes manuels ne respectant pas la réglementation du marché de change.
Timothée Manoke
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La Fédération des entreprises du Congo (FEC) remet en cause la légalité des prélèvements effectués par la Commission nationale de prévention routière (CNPR) sur les véhicules de transport de marchandises dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Dans une correspondance datée du 11 décembre 2025 et adressée à Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, l’organisation patronale dénonce la persistance de perceptions qu’elle qualifie d’« irrégulières, ainsi que des tracasseries » à l’encontre des opérateurs économiques. Elle sollicite l’intervention du vice-Premier ministre afin de mettre fin à ces prélèvements.
La FEC affirme que la CNPR perçoit des redevances liées à l’identification des véhicules, des personnes et des marchandises transportées, alors que ses textes organiques ne lui attribuent pas explicitement cette compétence. Selon l’organisation patronale, ces pratiques affectent directement les entreprises actives dans les secteurs des transports, des mines, de l’agro-industrie ou encore des boissons, en alourdissant les coûts logistiques et en détériorant le climat des affaires.
La FEC rappelle que des concertations tenues en mai 2025 avaient recommandé la suppression de certaines perceptions jugées non conformes. Pourtant, les prélèvements se seraient non seulement maintenus, mais également intensifiés. La CNPR aurait ainsi instauré une nouvelle redevance dite de « surveillance de chargement », fixée à 25 dollars par course et par véhicule, destinée à couvrir la présence de ses agents lors des opérations de chargement au sein des entreprises. À ces frais s’ajoutent d’autres redevances pouvant atteindre 100 dollars par conteneur, ainsi que des amendes transactionnelles en cas d’accident.
Selon les estimations avancées par la FEC, une entreprise produisant environ 18 000 tonnes de cuivre pourrait supporter jusqu’à 950 000 dollars par an au titre de cette seule redevance de surveillance, hors frais liés aux conteneurs et aux éventuelles amendes.
L’organisation patronale indique également que la CNPR agirait tant pour le compte du gouvernement central que des provinces, voire pour son propre compte, en se fondant notamment sur un arrêté ministériel du 30 juillet 2020, dont la légalité est contestée par les opérateurs économiques. La FEC estime que ces pratiques seraient contraires à plusieurs dispositions légales en vigueur.
La CNPR est un service technique spécialisé du ministère des Transports, créé par arrêté ministériel du 18 décembre 2006, et dont les activités couvrent l’ensemble du territoire national. Sa mission consiste à proposer au gouvernement une politique concertée de prévention routière et à coordonner les études et actions sectorielles visant à améliorer la sécurité sur le réseau routier national. La commission a son siège à Kinshasa et dispose de directions provinciales pour mener ses activités dans tout le pays.
Ronsard Luabeya
La bataille pour le client congolais entre Airtel, Orange, Vodacom et Africell prend désormais une nouvelle dimension. Le 5 décembre 2025, le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information, José Mpanda Kabangu, a officiellement remis, lors d’une cérémonie à Kinshasa, aux quatre opérateurs mobiles les licences unifiées de réseaux et services de télécommunications, marquant une étape clé dans l’histoire du secteur en République démocratique du Congo (RDC).
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi 20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux TIC. Le nouveau dispositif met ainsi fin à une longue période d’« insécurité juridique » dénoncée depuis des années par les entreprises, dont les différents titres – 2G, 3G, 4G, fibre ou encore services à valeur ajoutée – avaient été délivrés à différentes époques et selon des régimes distincts.
Pour le directeur général de Vodacom Congo, cette réforme « marque une étape essentielle dans l’évolution du secteur télécom en RDC ». « Elle nous offre un cadre moderne, cohérent et aligné sur la neutralité technologique, ce qui nous permettra d’apporter encore plus d’innovation aux Congolais », ajoute Khalil Al Americani.
Dans la plupart des pays ayant adopté ce système, la licence unifiée permet à un opérateur de proposer, sous un seul titre, un large éventail de services – téléphonie mobile et fixe, internet, données – en toute neutralité technologique. La RDC rejoint désormais ce mouvement de convergence, qui consacre la fin des monopoles, la neutralité technologique et l’ouverture à la concurrence de l’ensemble du secteur.
Avec la licence unifiée, chaque opérateur peut désormais déployer plus facilement de nouveaux services – offres convergentes fixe-mobile, solutions pour entreprises, IoT, préparation à la 5G – sans repasser par un processus complet de délivrance de titres pour chaque technologie. Cette flexibilité devrait accélérer l’innovation commerciale et renforcer la concurrence sur les prix, la qualité de service et la couverture, autant d’atouts pour la croissance du secteur numérique congolais et l’attractivité pour les investisseurs internationaux.
Marché en forte expansion
La réforme s’accompagne toutefois de responsabilités accrues. Les cahiers des charges annexés aux licences unifiées définissent les obligations en matière de couverture, de qualité de service, d’identification des abonnés et de protection des consommateurs. L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), chargée de garantir la sécurité juridique et réglementaire des investissements, devra renforcer ses capacités de contrôle afin que la concurrence ne se fasse ni au détriment des usagers, ni au détriment de l’aménagement numérique du territoire.
Ce tournant intervient sur un marché en croissance rapide. Selon l’Observatoire de l’ARPTC, la pénétration de la téléphonie mobile est passée de 56,7 % à 61,84 % entre le premier et le deuxième trimestre 2025, soit une progression de 5 %, avec une hausse des abonnements actifs de 63,6 à 69,4 millions.
Sur le total des abonnements mobiles au deuxième trimestre, Vodacom détenait 35,52 % de parts de marché, devant Orange (30,37 %), Airtel (28,59 %) et Africell (5,52 %). Et sur un chiffre d’affaires global de 1,1 milliard de dollars à fin juin, Airtel détenait 36 % de parts de marché, devant Vodacom (32,2 %), Orange (28,1 %) et Africell (3,5 %).
Le segment de l’internet mobile est encore plus stratégique : à fin juin, il a généré 594 millions de dollars, soit près de 52,7 % du chiffre d’affaires global du secteur. Au deuxième trimestre, le nombre d’utilisateurs actifs d’internet mobile a atteint 34,5 millions, pour un taux de pénétration de 30,79 % (+0,81 %), tandis que le volume de données consommées a progressé de 26,91 % par rapport au premier trimestre 2025.
Sur ce segment, à fin juin, Vodacom détenait 36,4 % des parts de marché en termes d’abonnements, devant Airtel (30,8 %), Orange (29,8 %) et Africell (3 %). En termes de chiffre d’affaires, Airtel restait leader avec 41,6 %, devant Orange (29,5 %), Vodacom (24,7 %) et Africell (4,1 %).
Avec La Tribune Afrique
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