Une vaste opération lancée début novembre dans la province de l’Équateur a conduit à la fermeture de 71 ports privés jugés illégaux. Cette mesure, ordonnée par le gouverneur Dieudonné Bobo Boloko, bouleverse les circuits d’approvisionnement de la ville de Mbandaka. Ces ports ont été ciblés parce qu’ils ne remplissaient pas les conditions légales requises : absence de titre de concession, de certificat d’homologation ou encore d’agrément d’exploitation.
Parmi les ports fermés, celui de Bralima suscite une attention particulière. Longtemps utilisé pour l’arrivée de denrées alimentaires depuis Kinshasa et depuis les campements situés le long du fleuve, il est désormais à l’arrêt, ce qui devrait perturber l’approvisionnement local, le temps que les flux de marchandises se réorganisent. Les autorités locales présentent la fermeture comme une mesure conservatoire, conditionnée au dépôt des documents manquants auprès d’une commission chargée de superviser l’opération.
Cette campagne de fermeture s’inscrit dans un contexte national plus large : en mai 2025, le vice-premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, avait transmis une liste de 240 ports fluviaux et lacustres non homologués appelés à être fermés immédiatement, conformément aux résolutions des Conseils des ministres de 2020 et aux directives présidentielles sur la sécurisation de la navigation fluviale et lacustre.
Boaz Kabeya
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A quelques jours du 1er décembre 2025, date retenue pour le lancement de la phase obligatoire de la facture normalisée en République démocratique du Congo (RDC), la Fédération des entreprises du Congo (FEC) affirme avoir saisi le ministre des Finances, Doudou Fwamba, pour solliciter un nouveau report. Elle avait déjà formulé cette demande lors de la matinée fiscale organisée le mardi 18 novembre à Kinshasa par la Direction générale des impôts (DGI), apprend-on du compte rendu de cette réunion.
Pour l’organisation patronale, les préalables nécessaires à la mise en œuvre de cette réforme ne sont toujours pas réunis. Elle évoque notamment la non-remise des modules de contrôle de facturation (MCF), indispensables à la finalisation de la procédure d’homologation des systèmes de facturation d’entreprise (SFE), ainsi que l’absence de publication de la liste des fournisseurs agréés de solutions, censée permettre aux entreprises utilisant encore la facturation manuelle de se conformer aux nouvelles exigences.
L’administrateur délégué de la FEC, Thierry Ngoy Kasumba, pointe également d’autres difficultés : blocage de la plateforme lorsque plusieurs entreprises l’utilisent simultanément, failles de sécurité des comptes en cas d’accès non autorisé, absence de système multiutilisateurs pénalisant les sociétés disposant de plusieurs points de vente, etc.
Face à ces défis, la FEC estime qu’un report de la date de lancement de la phase obligatoire est nécessaire pour garantir la fluidité des activités commerciales, particulièrement en période de fêtes de fin d’année. Selon les statistiques communiquées lors de la matinée fiscale, sur 12 000 assujettis, seules 14 entreprises avaient obtenu les MCF auprès de la DGI pour finaliser la procédure d’homologation.
Malgré cette situation, les responsables du ministère des Finances présents à la rencontre ont maintenu la date du 1er décembre « comme un repère (référence) » pour le début de l’obligation d’émission et de délivrance des factures normalisées. Ils ont plutôt encouragé les entreprises à s’appuyer sur les mécanismes d’accompagnement existants, notamment les sessions d’information et l’assistance en ligne.
Dans un communiqué daté du 10 novembre 2025, la DGI a notamment annoncé l’organisation de webinaires gratuits sur la généralisation de la facture normalisée, programmés du 10 novembre au 19 décembre 2025 chaque lundi, mercredi et vendredi de 9 h à 11 h. Les mardis et jeudis de la même période sont réservés à des sessions de formation sur l’utilisation de « e-UF », un dispositif gratuit permettant aux assujettis n’ayant pas encore obtenu l’homologation de leur système de facturation d’émettre malgré tout des factures normalisées.
La facture normalisée s’inscrit dans la stratégie de modernisation du système fiscal congolais. Elle vise à tracer les transactions commerciales, sécuriser la collecte de la TVA, réduire la fraude, fiabiliser les déclarations fiscales et accroître les recettes internes.
Timothée Manoke
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D’après une annonce du ministère des Mines, le ministre Louis Watum Kabamba a signé, le 3 novembre 2025, un arrêté prorogeant pour six mois le statut « rouge » appliqué à 38 sites miniers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette décision prolonge une première mesure prise en février 2025 par son prédécesseur, valable initialement six mois, et visant les concessions situées dans les territoires de Masisi et de Kalehe, passées sous l’influence du M23 depuis 2024.
Cette prorogation s’inscrit dans la stratégie du gouvernement congolais visant à réduire les ressources financières des rebelles. Kinshasa considère en effet les activités minières illégales comme la principale source de financement du mouvement. En octobre 2024, Bintou Keita, cheffe de la Monusco, estimait que les taxes imposées par les rebelles dans les zones minières sous leur contrôle généraient environ 300 000 dollars par mois. Un rapport publié en décembre de la même année chiffrait ces recettes mensuelles à 800 000 dollars.
À ces revenus s’ajouteraient ceux tirés de la mine d’or de Twangiza, au Sud-Kivu, où l’entreprise exploitante affirme que des ventes illicites réalisées par les rebelles auraient atteint 70 millions de dollars depuis mai 2025. Ces estimations illustrent l’importance du secteur minier dans le financement de la rébellion.
Selon l’arrêté signé le 3 novembre, la nouvelle période de six mois est comptée à partir du 12 août 2025, date d’expiration du précédent acte réglementaire. Le classement « rouge » interdit toute activité d’extraction et rend illégale la commercialisation du coltan, de la cassitérite et d’autres minerais provenant de ces sites, ce qui limite leur accès aux circuits formels.
Pour contourner ces restrictions, les réseaux de contrebande s’appuient sur des mécanismes de blanchiment déjà documentés. Le rapport du Groupe d’experts des Nations unies publié en juillet 2025 indique que les minerais 3T - étain (cassitérite), le tungstène (wolframite) et le tantale (coltan)- provenant des zones contrôlées par le M23 sont systématiquement mélangés à la production rwandaise avant leur exportation. Les experts font état d’environ 686 tonnes de minerais sorties clandestinement de la région depuis janvier 2025.
Ces éléments confortent la position du gouvernement congolais, qui considère la filière minière comme un levier essentiel pour assécher le financement de la rébellion.
Timothée Manoke
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La République démocratique du Congo (RDC) a lancé, le 11 novembre 2025, la révision de son Code des investissements. L’initiative, pilotée par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), est menée en partenariat avec la Cellule des financements en faveur des États fragiles (CFEF) et la Banque africaine de développement (BAD). Les travaux, ouverts par Guylain Nyembo, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, se tiennent à Kinshasa jusqu’au 13 novembre et visent à moderniser le cadre légal pour le rendre plus attractif aux investisseurs.
Adopté en 2002, le Code des investissements montre aujourd’hui des limites qui freinent l’attractivité du pays. Selon Rachel Pungu, directrice générale de l’ANAPI, il souffre notamment de procédures administratives lourdes, d’incitations fiscales peu claires et de lacunes en matière de sécurité juridique et de protection des investissements. L’objectif de cette révision est de rendre le Code plus compétitif à l’échelle régionale, tout en encourageant les investissements créateurs d’emplois et de richesses, grâce à un renforcement de la sécurité juridique et judiciaire dans la pratique des affaires.
Rachel Pungu rappelle également que le Code actuel, fondé sur l’ancienne configuration de 11 provinces, ne tient pas compte de la nouvelle division territoriale du pays à 26 provinces, ce qui en limite la portée. Elle cite aussi d’autres faiblesses : des critères d’éligibilité aux avantages fiscaux mal définis — tel que le taux de valeur ajoutée fixé à 35 % sans justification claire — et l’absence d’indicateurs financiers permettant d’évaluer la rentabilité des projets.
Par ailleurs, le processus d’agrément complexe et le champ d’application restreint du Code figurent parmi les obstacles identifiés, surtout dans un contexte de concurrence régionale accrue au sein de la ZLECAf, du COMESA et de la SADC. L’insuffisance des investissements dans des secteurs clés comme l’agriculture, ainsi que la multiplicité des régimes d’exonération, ont contribué à rendre le Code désuet.
Les travaux engagés portent également sur l’élaboration d’une politique nationale du climat des affaires et d’une politique nationale des investissements. Ces outils visent à poser des bases durables pour améliorer le climat des affaires et promouvoir les investissements sur l’ensemble du territoire.
Le cabinet Youmann Consulting Group, mandaté par la CFEF, apporte son appui technique à ces travaux et devra produire, d’ici la fin de l’année, trois livrables : un Code des investissements révisé, une politique nationale du climat des affaires et une politique nationale des investissements. Ces textes feront ensuite l’objet d’un processus de validation au niveau gouvernemental avant leur adoption finale.
Ronsard Luabeya
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L’acheminement des marchandises et des denrées alimentaires vers la ville de Kikwit, dans la province du Kwilu, est fortement perturbé par l’état avancé de dégradation de la route reliant cette agglomération au territoire de Bulungu. La situation s’est aggravée avec le retour des pluies diluviennes, qui rendent la circulation quasi impossible sur ce tronçon. La route de desserte agricole Kikwit–Bumbaputa, longue d’environ 35 kilomètres, est désormais impraticable.
Selon Claude Uzimesa, agriculteur du village de Bumbaputa cité par l’Agence congolaise de presse (ACP), les pluies répétées ont accéléré l’érosion de la chaussée en terre battue, coupant plusieurs points de passage pour les véhicules. Cette situation isole les localités rurales dépendantes de Kikwit pour leur approvisionnement en produits manufacturés et bloque l’acheminement des produits agricoles vers les marchés urbains.
Dans le secteur de Kipuka, les habitants peinent à écouler leurs récoltes, tandis que les commerçants de Kikwit rencontrent des difficultés pour livrer les produits de première nécessité aux zones enclavées. Face à cette situation, des jeunes volontaires ont entrepris des travaux d’entretien provisoires, insuffisants toutefois pour enrayer la détérioration continue de la route, aggravée par l’absence d’entretien régulier.
Le territoire de Bulungu, considéré comme l’un des principaux greniers agricoles du Kwilu, abrite plusieurs bassins de production soutenus par des programmes agricoles. Mais la dégradation généralisée des routes de desserte compromet sérieusement l’évacuation des récoltes. Les organisations de la société civile appellent à la réhabilitation urgente de la RN19, principale voie reliant Bulungu à Kikwit sur environ 100 kilomètres.
En juin dernier, une équipe d’ingénieurs de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) avait été dépêchée dans la région pour collecter les données techniques en vue de la construction d’une route moderne de 65 km, mais le démarrage effectif des travaux n’a pas encore été annoncé.
Ronsard Luabeya
Le trafic ferroviaire entre Kananga, dans le Kasaï Central, et Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, a repris officiellement ce 11 novembre 2025, a annoncé Emmanuel Kalonji, directeur du département Région Nord de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC).
Initialement prévue pour le 15 novembre, la reprise a été anticipée à la suite d’une réunion avec les opérateurs économiques. « La clientèle ne pouvait plus attendre. Nous avons donc décidé, après concertation, de relancer le trafic le 11 novembre », a déclaré Emmanuel Kalonji, précisant que l’urgence était de dégager les marchandises bloquées et de reprendre le transport de personnes et de biens afin d’éviter des pertes financières importantes pour l’entreprise et ses clients.
La circulation des trains sur ce tronçon était interrompue depuis début octobre, en raison de travaux antiérosifs menés à Kamupongo, une localité proche de Kananga, par l’entreprise Safrimex.
Cette interruption avait provoqué le blocage des marchandises dans les entrepôts de la SNCC à Kananga, perturbé l’approvisionnement des marchés régionaux et causé des retards dans la chaîne logistique. Durant tout le mois d’octobre, aucun train-courrier n’a circulé sur les axes Ilebo–Kananga et Kananga–Lubumbashi.
Malgré la reprise effective du trafic, la SNCC insiste sur la nécessité de sécuriser la voie ferroviaire pour garantir le transport des ballasts et autres matériaux dans les délais requis. L’entretien régulier des infrastructures ferroviaires est jugé essentiel pour soutenir le commerce interprovincial et maintenir la continuité logistique.
En septembre dernier, la SNCC avait déjà lancé des travaux de construction de caniveaux équipés de buses à Tshimbulu, deuxième ville du Kasaï Central, pour endiguer une érosion menaçant la voie ferrée et une portion de la Route nationale n°1. Ces travaux doivent durer trois mois.
Ronsard Luabeya
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Un an après la signature du partenariat public-privé (PPP) entre le ministère congolais des Transports et la société Pads Corporation Sarl pour la digitalisation et la collecte des redevances perçues au sein de ce ministère, le projet fait désormais l’objet d’un réexamen. Cette réévaluation intervient à la suite de contestations formulées par la société publique Lignes Maritimes Congolaises (LMC), qui dénonce notamment sa non-implication dans le projet et la nouvelle répartition des droits de trafic maritime induite par le contrat.
Pour trouver une issue, des réunions de concertation se sont tenues les 3 et 4 novembre 2025 à Kinshasa. Autour de la table figuraient les ministres des Transports, Jean-Pierre Bemba, et du Portefeuille, Julie Mbuyi, les dirigeants de la LMC, ainsi que le comité directeur de Pads Corporation.
À l’issue des discussions, le président du Conseil d’administration de la LMC, Lambert Mende, a salué un dialogue constructif, estimant que ces premières rencontres ont permis de clarifier le cadre du partenariat et d’obtenir des « ajustements du gouvernement », sans plus de précisions. Selon la même source, les deux ministres ont instruit les experts de la LMC et de Pads Corporation d’élaborer un document de procédure définissant les mécanismes de collaboration entre les deux parties.
Signé en mars 2024, le PPP porte sur la conception, le financement, l’exploitation et la maintenance d’une plateforme numérique dédiée à la collecte automatisée des redevances perçues au sein du ministère des Transports. Le projet, d’un coût de 11 millions de dollars pour une durée de 10 ans, a introduit une nouvelle répartition des droits de trafic maritime, jusqu’ici entièrement alloués à la LMC : 10 % pour Pads Corporation, 17,5 % pour le fonctionnement de certaines administrations, et le reste pour la LMC.
La société publique dénonce cette répartition, qu’elle considère comme une perte de revenus et une réduction de ses prérogatives financières. Du côté du ministère des Transports, le PPP avec Pads Corporation est présenté comme une initiative de modernisation, visant à améliorer la transparence et sécuriser les flux financiers, en vue d’accompagner la reconstruction de la flotte nationale de la LMC.
Créée en 1974, la Lignes Maritimes Congolaises est chargée d’assurer le transport maritime international des marchandises congolaises. En mai 2025, l’entreprise avait annoncé un projet d’acquisition de deux nouveaux navires pour moderniser sa flotte.
Ronsard Luabeya
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Dans la province du Kasaï Central, un total de 707 kilomètres de routes de desserte agricole sont concerné par le Programme national de développement agricole (PNDA). Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), qui cite une note officielle, les études techniques sont en cours et devraient s’achever d’ici fin 2025, en vue du lancement effectif des travaux en 2026.
Ces interventions visent à améliorer l’accès des zones de production aux marchés et à renforcer la connectivité rurale dans trois territoires : Demba (201 km), Luiza (246 km) et Dibaya (260 km), afin de soutenir les petits exploitants agricoles. Environ 70 % des travaux seront exécutés par la Direction des voies de desserte agricole (DVDA) selon la méthode haute intensité de main-d’œuvre (HIMO), « une méthode d’exécution de travaux publics qui privilégie l’emploi de la main-d’œuvre locale plutôt que l’usage intensif de machines ».
Un protocole d’accord a été signé le 24 février 2025 entre le PNDA et la DVDA pour accélérer la mise en œuvre du programme. Il prévoit notamment la formation des chefs d’équipe HIMO au sein des comités locaux d’entretien routier (CLER), des petites et moyennes entreprises (PME) et des organisations non gouvernementales de développement (ONGD) locales.
Financé par la Banque mondiale à hauteur de 300 millions de dollars, le PNDA couvre les provinces du Kasaï, Kasaï Central, Kongo Central et Kwilu. Le programme ambitionne de stimuler les chaînes de valeur agricoles, notamment celles du maïs amélioré, du manioc, du soja et de la volaille, tout en facilitant la circulation des produits agricoles. À terme, il prévoit la construction et la réhabilitation de 3 049 km de routes de desserte agricole à travers douze territoires des quatre provinces ciblées.
Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) s’engage à former 100 000 jeunes et femmes au cours des cinq prochaines années dans les métiers verts. Cet engagement figure dans le Plan national de développement des emplois verts (PNDEV), un programme visant à doter le pays de compétences adaptées aux défis du changement climatique. Le plan a été validé lors d’un atelier tenu du 21 au 28 octobre dernier à Kinshasa, en même temps que le Répertoire national des métiers verts. Un arrêté interministériel a d’ailleurs été signé à cette occasion pour conférer à ces documents une existence légale.
Les métiers verts regroupent l’ensemble des activités contribuant à la protection et à la restauration de l’environnement. La RDC en recense 84, répartis en 11 familles professionnelles, couvrant notamment l’agriculture durable, la gestion forestière, les énergies renouvelables, la valorisation des déchets, la gestion de l’eau et la production d’hydrogène vert.
Le PNDEV, qui n’a pas encore été rendu public, constitue selon des sources officielles un instrument central pour concilier la transformation socio-économique du pays avec la lutte contre la double crise du chômage et du changement climatique. En plus de la formation de 100 000 jeunes et femmes, il prévoit l’acquisition d’équipements didactiques, la réhabilitation des centres de l’Institut national de préparation professionnelle (INPP), le renforcement des capacités des formateurs, ainsi que la création d’un Observatoire des métiers verts et d’un Pôle système d’information.
Pour le ministre de l’Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, la validation de ces documents constitue « une étape historique » dans l’organisation du marché de l’emploi en RDC. « Pour la première fois, le pays dispose d’un cadre légal pour structurer l’offre et la demande de compétences dans les métiers verts », a-t-il indiqué, soulignant que cette démarche traduit la volonté du gouvernement d’adosser sa politique d’emploi à la transition écologique.
De son côté, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, estime que ces outils renforcent la position de la RDC dans les négociations internationales liées aux Contributions déterminées au niveau national (CDN). « En valorisant nos ressources naturelles par la formation et l’emploi, nous démontrons que la RDC n’est pas seulement le poumon du monde, mais aussi un acteur moteur de la transition écologique », a-t-elle déclaré.
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a, pour sa part, exhorté les différents ministères à intégrer la dimension « emplois verts » dans leurs programmes sectoriels. « La RDC veut passer du statut de réservoir écologique à celui d’usine mondiale des emplois verts », a-t-elle affirmé, soulignant l’importance de traduire ces engagements en résultats tangibles.
Boaz Kabeya
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Le trafic ferroviaire est interrompu depuis début octobre entre les villes d’Ilebo (Kasaï Central) et de Lubumbashi (Haut-Katanga), à la suite d’une importante érosion survenue dans la cité de Kamupongo. Cette coupure affecte le transport de marchandises et de passagers sur cet axe stratégique reliant le centre au sud de la République démocratique du Congo (RDC).
La société Safrimex a lancé, le 6 octobre 2025, des travaux antiérosifs destinés à stabiliser le sol et à réhabiliter le tronçon endommagé. Ces travaux sont toujours en cours d’exécution, a indiqué le directeur du département Région Nord (DRN) de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC), Emmanuel Kalonji, sans fournir de précisions sur le taux d’avancement.
L’interruption du trafic entre Kamupongo et la gare de Kalumba entraîne d’importantes conséquences socioéconomiques. Le chemin de fer demeure en effet le principal moyen de transport pour les populations locales, ainsi que pour l’acheminement des produits pétroliers, agricoles et manufacturés.
En conséquence, selon son DRN, la SNCC n’a pu organiser aucun train-courrier sur les axes Ilebo–Kananga et Kananga–Lubumbashi durant tout le mois d’octobre. Cinq citernes de kérosène appartenant à la SEP-Congo sont ainsi immobilisées dans les installations de la SNCC à Kananga, perturbant la fourniture de carburant dans cette partie du pays.
La dégradation du tronçon avait pourtant été signalée dès avril dernier. Selon les constats des techniciens, l’érosion avait déjà provoqué d’importants affaissements de la voie, rendant le passage des convois dangereux.
Ronsard Luabeya
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Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a alerté sur l’introduction illégale de cargaisons de ciment, notamment de la marque Dangote, via les ports de Linda et Bouming, dans la zone de Maluku, en violation des restrictions en vigueur. L’information a été publiée le 27 octobre 2025 sur le compte officiel X (Twitter) du ministère.
Dans une correspondance datée du même 27 octobre, adressée au ministère public près le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe et relayée par la presse locale, le ministre a demandé l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire afin d’identifier les auteurs des opérations clandestines et de les poursuivre conformément à la loi.
Julien Paluku a saisi la Société d’exploitation du guichet unique intégral en République démocratique du Congo (SEGUCE RDC) afin de renforcer les contrôles sur le marché du ciment dans le pays.
Le ministère qui rappelle que de telles pratiques constituent une menace pour l’industrie locale. Julien Paluku a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’agir rapidement pour préserver une concurrence loyale, garantir le respect des règles commerciales et prévenir toute récidive dans la région.
En juillet 2024, des mesures restrictives avaient déjà été renforcées pour protéger et stimuler la production nationale, notamment la suspension temporaire de l’importation de ciment gris et de clinkers dans les régions Ouest et Sud-Est du pays.
Cette mesure ne fait toutefois pas l’unanimité. Certains consommateurs la jugent responsable de la hausse des prix du ciment, dont le sac serait passé de 8 à 15 dollars dans le Sud-Est du pays.
Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) veut se doter de normes encadrant le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP).
L’information provient d’une communication du ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP) datée du 22 octobre 2025, faisant suite à la signature d’un arrêté portant création d’une Commission nationale des normes. Celle-ci disposera de dix-huit mois pour élaborer un référentiel adapté aux réalités géologiques, climatiques et socio-économiques du pays, avec une mise en application attendue d’ici 2027.
Selon cet arrêté, la Commission nationale des normes réunira des représentants des ministères sectoriels, de l’Office des voiries et drainage (OVD), de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), de l’Ordre des ingénieurs, des universités, ainsi que de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Cette composition vise à intégrer l’expertise technique, les besoins du marché, et les contributions des acteurs publics et privés dans l’élaboration des futures normes.
Six catégories de normes seront élaborées, chacune prise en charge par des sous-commissions spécialisées, afin d’assurer une approche adaptée aux différents types de chantiers et matériaux.
L’arrêté précise également que ces normes devront être harmonisées avec les standards régionaux et internationaux, afin de faciliter l’intégration des entreprises étrangères sur le marché congolais et, inversement, de permettre aux entreprises nationales de participer plus aisément aux projets régionaux.
Cette décision fait suite au plaidoyer présenté en janvier par le secrétaire exécutif du Club BTP et de la Chambre des métiers et artisans, Jean Kakwende, qui dénonçait l’absence de cadre normatif dans le secteur de la construction en RDC. Selon lui, cette carence fragilise la sécurité des populations et la qualité des infrastructures. « Sans normes, il ne peut y avoir de développement durable », avait-il rappelé.
Cette initiative rejoint l’ambition du président Félix-Antoine Tshisekedi, qui fait du secteur de la construction, des infrastructures et de l’habitat un levier majeur de transformation économique.
Le secteur du BTP génère au moins 500 000 emplois par an en RDC, mais reste marqué par des chantiers non conformes, entraînant des effondrements récurrents et des pertes humaines.
À Bunia, l’effondrement d’un immeuble en construction avait causé plusieurs victimes, tandis que cinq ouvriers ont récemment perdu la vie à Kinshasa, dans la commune de Matete, lors de l’effondrement d’un bloc de béton pendant des travaux de curage de caniveaux.
Ces incidents illustrent les conséquences du non-respect des règles techniques dans l’exécution des travaux publics.
La mise en place de cette Commission nationale des normes répond à un constat largement partagé : la malfaçon dans la réalisation des infrastructures publiques, notamment les routes, entraîne leur dégradation rapide, parfois quelques mois seulement après leur mise en service.
L’introduction de normes contraignantes pourrait ainsi réduire les dépenses de réhabilitation, sécuriser les chantiers et améliorer la durabilité des investissements publics.
Timothée Manoke
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Dans un communiqué publié le 17 octobre 2025, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et TradeMark Africa (TMA) ont annoncé la signature d’un accord visant à étendre la plateforme numérique d’information commerciale développée par TMA et à renforcer le dialogue logistique en République démocratique du Congo (RDC).
Ce projet a pour objectif de structurer les échanges entre les acteurs économiques congolais et leurs homologues d’Afrique centrale, tout en réduisant les coûts et délais liés au transport des marchandises, notamment sur le corridor RDC–Zambie.
Financé par le gouvernement britannique à travers UK International Development, l’accord, valable jusqu’en mars 2026, entend faciliter l’accès des commerçants congolais — en particulier les femmes et les jeunes — à des données commerciales fiables et en temps réel.
Les petits commerçants du Haut-Katanga figurent parmi les principaux bénéficiaires de cette initiative, qui mettra à leur disposition de nouveaux outils numériques destinés à accroître leur compétitivité sur les marchés régionaux.
L’accord s’appuie sur l’expérience réussie de TMA en Afrique de l’Est. Selon le rapport Making Trade Work for Women in East Africa (2024), la plateforme a déjà connecté plus de 95 000 commerçants, dont 90 % de femmes au Burundi, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda, à de nouveaux acheteurs et marchés, générant une augmentation moyenne de 70 % des ventes annuelles.
Organisation à but non lucratif, TradeMark Africa œuvre pour un commerce inclusif et une croissance économique durable sur le continent. En RDC, elle soutient plusieurs initiatives visant à moderniser les infrastructures logistiques, promouvoir la digitalisation des échanges et faciliter le commerce transfrontalier.
TMA exécute également plusieurs projets d’infrastructures à travers le pays, notamment la construction des postes frontaliers à arrêt unique de Mahagi (Ituri) et de Ruzizi, ainsi que celle du port de Kalundu au Sud-Kivu, destinés à fluidifier les échanges régionaux.
Ronsard Luabeya
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Selon des membres de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a ordonné, dans une instruction datée du 9 octobre 2025, à la Direction générale des impôts (DGI) de prolonger jusqu’au 31 décembre 2025 le moratoire sur l’application du quitus fiscal. Cette mesure, qui ne concerne que certaines opérations visées dans la précédente instruction du 25 juillet, accorde un nouveau répit aux entreprises.
Le ministre a toutefois précisé qu’aucun autre moratoire ne serait accordé après cette échéance. Les entreprises assujetties devront donc régulariser leur situation. Cette position nourrit des interrogations au sein du secteur privé, alors que l’exécutif avait promis d’engager un dialogue avec les organisations professionnelles afin de clarifier et d’adapter le dispositif du quitus fiscal, pour qu’il ne soit plus perçu comme un frein à l’activité économique, mais remplisse pleinement son rôle initial de promotion du civisme fiscal.
Lors du Conseil des ministres du 12 septembre 2025, le président Félix Tshisekedi avait qualifié certaines modalités du quitus fiscal de « disproportionnées au regard de leurs effets immédiats sur l’activité économique ». Il avait alors chargé la Première ministre de conduire des consultations avec le ministre des Finances, la DGI et les représentants du secteur privé pour réviser le dispositif. La question avait d’ailleurs été discutée le 25 septembre lors d’une réunion du cadre d’échanges entre la FEC et le ministre des Finances. À cette occasion, Doudou Fwamba avait annoncé la création d’un cadre de dialogue permanent avec la FEC et la mise en place prochaine d’une Commission nationale de médiation fiscale. Ces instances auront pour mission de promouvoir le dialogue, renforcer la transparence et favoriser une réforme fiscale inclusive.
Selon l’arrêté du ministère des Finances du 9 avril 2025 fixant les modalités pratiques de délivrance du quitus fiscal, le document devait être accordé dans un délai maximal de dix jours après le dépôt de la demande. Passé ce délai, si le receveur des impôts ne répond pas, la demande est réputée acceptée. Dans la pratique, cette disposition est rarement respectée, dénoncent les entreprises, qui pointent des délais largement prolongés.
Une autre zone d’ombre persiste quant à l’identité de la partie tenue de présenter le quitus lors des opérations de dédouanement : le propriétaire de la marchandise ou le commissionnaire en douane.
La réforme du quitus fiscal avait été introduite pour renforcer la discipline fiscale dans un contexte où la culture du civisme fiscal demeure faible en RDC. La pression fiscale y reste en effet inférieure à 15 %, loin derrière la moyenne d’Afrique subsaharienne estimée à 23 %, selon l’OCDE.
Timothée Manoke
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