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CLIMAT DES AFFAIRES

CLIMAT DES AFFAIRES (296)

Adoptée en 2018, la loi relative au partenariat public-privé (PPP) est en cours de révision en République démocratique du Congo. Les travaux y afférents ont été officiellement lancés le 15 décembre 2025 à Kinshasa par le ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement, Guylain Nyembo (photo).

Malgré les avancées enregistrées sous le régime juridique en vigueur, le gouvernement souhaite aligner le cadre des PPP sur les standards internationaux, notamment ceux promus par la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD) et plusieurs organisations régionales telles que l’UEMOA, la SADC et le COMESA. L’initiative vise également à renforcer les capacités des cadres et experts nationaux en matière de structuration des PPP.

Cette réforme entend « tirer les enseignements de la mise en œuvre du cadre actuel, corriger les insuffisances observées et intégrer les meilleures pratiques internationales afin de renforcer la crédibilité du pays auprès des investisseurs nationaux et internationaux », a indiqué le ministre. Selon lui, le développement du PPP requiert une approche structurante, fondée sur un cadre juridique et institutionnel adapté, transparent et sécurisant.

Parmi les limites identifiées, Guylain Nyembo cite une coordination institutionnelle insuffisante, une prise en compte encore limitée des risques financiers et climatiques, ainsi que des lacunes dans la définition du cycle de projet. Le ministre a également relevé la faible implication des PME locales, l’insuffisance des mécanismes de valorisation des actifs et de gestion des défaillances contractuelles, ainsi qu’un régime fiscal jugé peu compétitif au regard des standards internationaux.

Malgré ces contraintes, la mise en œuvre de la loi de 2018 a permis des avancées importantes, notamment la création et l’opérationnalisation de l’Unité de conseil et de coordination du PPP (UC-PPP) en octobre 2021, ainsi que l’adoption du décret n°23/38 du 26 octobre 2023 fixant les modalités d’application de la loi.

Le cadre actuel a aussi favorisé l’élaboration d’outils opérationnels tels que des fiches de projets, des guides PPP, des modèles de contrats, des dossiers types et des instruments de contrôle. Entre 2023 et 2025, plus de 25 projets PPP ont été encadrés et validés, parallèlement à la formation des autorités contractantes et à la constitution d’une base de données et d’un portefeuille préliminaire de projets PPP.

Ronsard Luabeya

Posted On jeudi, 18 décembre 2025 16:33 Written by

Après plusieurs appels de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) pour un report de la date de début de la phase obligatoire de la facture normalisée, fixée au 1ᵉʳ décembre, la réponse du ministre des Finances, Doudou Fwamba, est sans ambiguïté : « Il n’y aura pas de report », déclarait-il lors de la séance de travail du 11 décembre 2025 entre l’association patronale et son ministère. Cette rencontre était consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre de la réforme et à l’ajustement de certains paramètres destinés à faciliter son application.

Néanmoins, selon le compte rendu publié par la FEC, le ministre a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement pour répondre aux difficultés techniques et opérationnelles soulevées par les opérateurs économiques. Parmi elles, la neutralisation des sanctions liées au droit de déduction et aux amendes pendant deux mois, couvrant décembre 2025 et janvier 2026. Une lettre officielle du ministère est attendue pour formaliser cette disposition.

Pour justifier le refus de reporter la phase obligatoire, le ministre a rappelé que la réforme s’inscrit dans les engagements conclus avec le Fonds monétaire international (FMI). « C’est une date que nous devons respecter impérativement et pour laquelle nous avons des engagements internationaux avec nos partenaires du FMI », a-t-il précisé, tout en assurant que le gouvernement restera à l’écoute des entreprises. Il a également souligné que la réforme répond à des objectifs stratégiques, notamment la digitalisation de la TVA, qualifiant l’absence de digitalisation de « grand péché ».

Rappels fiscaux

Selon la communication du ministère, le gouvernement envisage aussi une amnistie fiscale pour les entreprises qui décideront « de manière patriotique » de se conformer et de déclarer la vérité sur leur chiffre d’affaires, afin d’éviter des rappels fiscaux pouvant remonter jusqu’à quatre ans. En RDC, l’administration fiscale dispose en effet du droit de rappel des impôts, lui permettant de réexaminer une situation fiscale passée et d’exiger le paiement des montants dus. La facture normalisée facilitera désormais l’observation des chiffres réels des entreprises, renforçant l’efficacité de ce mécanisme.

Parmi les autres mesures annoncées, la FEC rapporte que le ministre a indiqué que les travaux d’une commission mixte Finances–DGI–FEC débuteraient dès le 17 décembre 2025. Composée de techniciens des administrations et d’informaticiens des entreprises, elle sera chargée de proposer des solutions adaptées à chaque préoccupation technique ou opérationnelle. Le ministre a également annoncé la création d’une commission spéciale à son cabinet pour répondre aux courriels des entreprises dans un délai maximal de 48 heures.

Toujours selon la FEC, le ministre aurait en outre instruit la DGI de fixer un délai pour le traitement des dossiers d’homologation, en précisant qu’en cas de silence de l’administration, l’homologation serait réputée accordée. Les sessions de la Commission d’homologation ont été convoquées à partir du lundi 15 décembre 2025 pour traiter les demandes en cours.

Enfin, le ministre a autorisé les entreprises produisant un grand volume de factures à combiner leur système de facturation (SFE) avec la plateforme e-UF de la DGI, via un mécanisme d’importation des factures émises dans le SFE directement vers la plateforme.

Timothée Manoke

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Posted On jeudi, 18 décembre 2025 09:25 Written by

La Banque centrale du Congo (BCC) a enclenché, depuis le début du mois de décembre 2025, une opération de toilettage de sa liste des intermédiaires financiers non bancaires opérant sur le territoire national. L’information ressort des communiqués publiés via ses canaux officiels depuis décembre dernier.

Parmi les communiqués rendus publics, l’un, signé le 5 décembre 2025 par Dieudonné Fikiri Alimasi, premier vice-gouverneur de la BCC, annonce la radiation de la liste des messageries financières opérant en République démocratique du Congo (RDC) d’une entité dénommée Force-Unie Sarl. Une messagerie financière est une entreprise de droit congolais, autre qu’un établissement de crédit, qui effectue des transferts de fonds au niveau national ou international. Les plus célèbres sont Western Union et MoneyGram.

Dans son communiqué, la BCC ne donne pas les raisons de la dissolution de cette entreprise. Elle indique simplement que sa décision est fondée sur les dispositions des articles 58 et 59 de l’instruction administrative n°006, modification n°2 du 26 juillet 2023, portant réglementation de l’activité des messageries financières. Selon l’article 58, cette sanction peut intervenir en cas de violations graves ou répétées des obligations légales, de blanchiment, de fraude, d’atteinte à l’ordre public ou d’insolvabilité.

Avant cette radiation, le premier vice-gouverneur avait, dans un communiqué signé le 3 décembre 2025, invité un total de 50 messageries financières à régulariser leur situation administrative auprès de la direction de la surveillance des intermédiaires financiers avant le 18 décembre 2025. À défaut, elles risquaient le retrait de leurs agréments, leur radiation de la liste officielle et leur dissolution.

Discipliner le marché de change

Un autre communiqué, daté du 4 décembre 2025, concerne cette fois les bureaux de change. Dans ce document, 62 bureaux de change étaient appelés à se présenter auprès de la même direction de surveillance afin de régulariser leur situation administrative avant le 19 décembre 2025, sous peine de retrait d’agrément.

Pris ensemble, ces communiqués révèlent une situation préoccupante au sein du secteur des intermédiaires financiers non bancaires. Selon les listes disponibles sur le site de la BCC, 82 messageries financières et 114 bureaux de change sont officiellement recensés. Les injonctions adressées à 50 messageries et 62 bureaux de change suggèrent ainsi que plus de la moitié d’entre eux opéreraient dans l’irrégularité, ce qui souligne l’ampleur des manquements constatés et l’urgence de l’opération de nettoyage engagée par l’autorité monétaire.

Cette opération de toilettage s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la discipline sur le marché de change en République démocratique du Congo. La BCC cherche à faire respecter strictement la réglementation en vigueur après avoir constaté des pratiques jugées contraires aux règles du marché, notamment l’affichage de taux de change spéculatifs, l’élargissement excessif des écarts entre cours acheteurs et vendeurs, ainsi que diverses manipulations non conformes à l’instruction administrative n°007, modification n°3 de 2023, qui encadre l’activité de change.

Dans un avis public publié le 13 octobre 2025, la BCC rappelle à la corporation des cambistes manuels l’exigence de se conformer aux dispositions réglementaires. Elle annonce également le déploiement de contrôles sur place et la mise en œuvre de sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au retrait d’agrément, à l’encontre des bureaux de change et cambistes manuels ne respectant pas la réglementation du marché de change.

Timothée Manoke

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Posted On mercredi, 17 décembre 2025 08:59 Written by

La Fédération des entreprises du Congo (FEC) remet en cause la légalité des prélèvements effectués par la Commission nationale de prévention routière (CNPR) sur les véhicules de transport de marchandises dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba. Dans une correspondance datée du 11 décembre 2025 et adressée à Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre en charge des Transports, l’organisation patronale dénonce la persistance de perceptions qu’elle qualifie d’« irrégulières, ainsi que des tracasseries » à l’encontre des opérateurs économiques. Elle sollicite l’intervention du vice-Premier ministre afin de mettre fin à ces prélèvements.

La FEC affirme que la CNPR perçoit des redevances liées à l’identification des véhicules, des personnes et des marchandises transportées, alors que ses textes organiques ne lui attribuent pas explicitement cette compétence. Selon l’organisation patronale, ces pratiques affectent directement les entreprises actives dans les secteurs des transports, des mines, de l’agro-industrie ou encore des boissons, en alourdissant les coûts logistiques et en détériorant le climat des affaires.

La FEC rappelle que des concertations tenues en mai 2025 avaient recommandé la suppression de certaines perceptions jugées non conformes. Pourtant, les prélèvements se seraient non seulement maintenus, mais également intensifiés. La CNPR aurait ainsi instauré une nouvelle redevance dite de « surveillance de chargement », fixée à 25 dollars par course et par véhicule, destinée à couvrir la présence de ses agents lors des opérations de chargement au sein des entreprises. À ces frais s’ajoutent d’autres redevances pouvant atteindre 100 dollars par conteneur, ainsi que des amendes transactionnelles en cas d’accident.

Selon les estimations avancées par la FEC, une entreprise produisant environ 18 000 tonnes de cuivre pourrait supporter jusqu’à 950 000 dollars par an au titre de cette seule redevance de surveillance, hors frais liés aux conteneurs et aux éventuelles amendes.

L’organisation patronale indique également que la CNPR agirait tant pour le compte du gouvernement central que des provinces, voire pour son propre compte, en se fondant notamment sur un arrêté ministériel du 30 juillet 2020, dont la légalité est contestée par les opérateurs économiques. La FEC estime que ces pratiques seraient contraires à plusieurs dispositions légales en vigueur.

La CNPR est un service technique spécialisé du ministère des Transports, créé par arrêté ministériel du 18 décembre 2006, et dont les activités couvrent l’ensemble du territoire national. Sa mission consiste à proposer au gouvernement une politique concertée de prévention routière et à coordonner les études et actions sectorielles visant à améliorer la sécurité sur le réseau routier national. La commission a son siège à Kinshasa et dispose de directions provinciales pour mener ses activités dans tout le pays.

Ronsard Luabeya

Posted On mardi, 16 décembre 2025 18:18 Written by

La bataille pour le client congolais entre Airtel, Orange, Vodacom et Africell prend désormais une nouvelle dimension. Le 5 décembre 2025, le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information, José Mpanda Kabangu, a officiellement remis, lors d’une cérémonie à Kinshasa, aux quatre opérateurs mobiles les licences unifiées de réseaux et services de télécommunications, marquant une étape clé dans l’histoire du secteur en République démocratique du Congo (RDC).

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi 20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux TIC. Le nouveau dispositif met ainsi fin à une longue période d’« insécurité juridique » dénoncée depuis des années par les entreprises, dont les différents titres – 2G, 3G, 4G, fibre ou encore services à valeur ajoutée – avaient été délivrés à différentes époques et selon des régimes distincts.

Pour le directeur général de Vodacom Congo, cette réforme « marque une étape essentielle dans l’évolution du secteur télécom en RDC ». « Elle nous offre un cadre moderne, cohérent et aligné sur la neutralité technologique, ce qui nous permettra d’apporter encore plus d’innovation aux Congolais », ajoute Khalil Al Americani.

Dans la plupart des pays ayant adopté ce système, la licence unifiée permet à un opérateur de proposer, sous un seul titre, un large éventail de services – téléphonie mobile et fixe, internet, données – en toute neutralité technologique. La RDC rejoint désormais ce mouvement de convergence, qui consacre la fin des monopoles, la neutralité technologique et l’ouverture à la concurrence de l’ensemble du secteur.

Avec la licence unifiée, chaque opérateur peut désormais déployer plus facilement de nouveaux services – offres convergentes fixe-mobile, solutions pour entreprises, IoT, préparation à la 5G – sans repasser par un processus complet de délivrance de titres pour chaque technologie. Cette flexibilité devrait accélérer l’innovation commerciale et renforcer la concurrence sur les prix, la qualité de service et la couverture, autant d’atouts pour la croissance du secteur numérique congolais et l’attractivité pour les investisseurs internationaux.

Marché en forte expansion

La réforme s’accompagne toutefois de responsabilités accrues. Les cahiers des charges annexés aux licences unifiées définissent les obligations en matière de couverture, de qualité de service, d’identification des abonnés et de protection des consommateurs. L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), chargée de garantir la sécurité juridique et réglementaire des investissements, devra renforcer ses capacités de contrôle afin que la concurrence ne se fasse ni au détriment des usagers, ni au détriment de l’aménagement numérique du territoire.

Ce tournant intervient sur un marché en croissance rapide. Selon l’Observatoire de l’ARPTC, la pénétration de la téléphonie mobile est passée de 56,7 % à 61,84 % entre le premier et le deuxième trimestre 2025, soit une progression de 5 %, avec une hausse des abonnements actifs de 63,6 à 69,4 millions.

Sur le total des abonnements mobiles au deuxième trimestre, Vodacom détenait 35,52 % de parts de marché, devant Orange (30,37 %), Airtel (28,59 %) et Africell (5,52 %). Et sur un chiffre d’affaires global de 1,1 milliard de dollars à fin juin, Airtel détenait 36 % de parts de marché, devant Vodacom (32,2 %), Orange (28,1 %) et Africell (3,5 %).

Le segment de l’internet mobile est encore plus stratégique : à fin juin, il a généré 594 millions de dollars, soit près de 52,7 % du chiffre d’affaires global du secteur. Au deuxième trimestre, le nombre d’utilisateurs actifs d’internet mobile a atteint 34,5 millions, pour un taux de pénétration de 30,79 % (+0,81 %), tandis que le volume de données consommées a progressé de 26,91 % par rapport au premier trimestre 2025.

Sur ce segment, à fin juin, Vodacom détenait 36,4 % des parts de marché en termes d’abonnements, devant Airtel (30,8 %), Orange (29,8 %) et Africell (3 %). En termes de chiffre d’affaires, Airtel restait leader avec 41,6 %, devant Orange (29,5 %), Vodacom (24,7 %) et Africell (4,1 %).

Avec La Tribune Afrique

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Posted On jeudi, 11 décembre 2025 11:16 Written by

Malgré la publication, le 2 décembre 2025, de la note circulaire interministérielle Mines/Finances, les exportations de cobalt n’ont toujours pas repris en République démocratique du Congo (RDC). Ce texte, qui fixe les dispositions pratiques relatives à l’exportation du cobalt, était pourtant présenté comme le dernier acte administratif nécessaire à la reprise des expéditions, après la fin de près de huit mois d’embargo intervenue le 15 octobre.

En réalité, le système de quotas et les nouvelles formalités d’exportation préoccupent les exportateurs. C’est ce qui ressort d’une correspondance adressée le 4 décembre au ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, par la Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Selon l’organisation patronale, ses membres rencontrent « de sérieuses difficultés dans l’application des quotas qui leur ont été attribués », et la note circulaire publiée le 2 décembre « ne répond pas aux préoccupations soulevées par les exportateurs de cobalt ».

Dans cette correspondance, la Chambre des mines pointe plusieurs zones d’ombre dans le dispositif de régulation adopté par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms).

Sujets d’inquiétudes

Premier point : le quota stratégique. Fixé à 9 600 tonnes pour 2026, en plus des quotas non consommés par les sociétés minières, il est présenté comme un instrument de souveraineté et de financement de projets nationaux. Mais ses modalités d’attribution ne sont pas connues.

Deuxième point : l’obligation de prépaiement de la redevance minière avant toute exportation. Cette mesure est jugée incompatible avec le Code minier, son règlement d’application et l’ordonnance-loi n° 13/003 encadrant les recettes non fiscales.

Troisième point : l’omission de certaines entreprises dans la liste des bénéficiaires de quotas, malgré leur présence dans des fichiers antérieurs. Les opérateurs signalent que les critères appliqués (seuil minimal de 100 tonnes, statut du gisement, antériorité de l’activité) ne prévoient aucun mécanisme de recours.

Quatrième point : l’incertitude sur la définition de la « quantité de cobalt métal » servant de base au calcul des quotas. Les minier soutiennent qu’aucune méthodologie officielle n’est fournie, ouvrant la voie à des divergences entre laboratoires et à des litiges potentiels.

Dernier point : les nouvelles formalités d’exportation. Elles incluent une attestation de vérification du quota (AVQ), des prélèvements supervisés par plusieurs services, un certificat Arecoms et des analyses croisées. Le nouveau dispositif place aussi le régulateur au centre de la chaîne d’exportation. Son intervention dans les inspections, analyses, contrôles documentaires et la délivrance d’autorisations crée, selon les opérateurs, un chevauchement de compétences avec les régies financières (DGDA, DGRAD) et les organismes techniques (CEEC, OCC). Ces étapes successives rallongent par ailleurs les délais et multiplient les risques de blocage.

Des concertations sollicitées

« Il est donc urgent de lever les ambiguïtés actuelles afin de garantir la sécurité juridique des opérateurs, d’assurer la fluidité des exportations et de préserver l’attractivité de notre secteur minier auprès des investisseurs », écrit la Chambre des mines dans le courrier signé par son président, Kassongo Bin Nassor, et l’administrateur délégué de la FEC, Thierry Ngoy Kasumba.

Pour y parvenir, l’organisation patronale — qui dit avoir sollicité à plusieurs reprises une rencontre avec les autorités de l’Arecoms sans succès — saisit donc le ministre Louis Watum en vue d’obtenir une séance de travail dans le Cadre de concertation entre les opérateurs miniers et le ministère, mécanisme mis en place en octobre dernier pour structurer le dialogue institutionnel.

La RDC reste le premier producteur mondial de cobalt, avec plus de 74 % des approvisionnements en 2024. Depuis l’embargo sur les exportations institué en février, le prix du métal a bondi d’environ 110 %, atteignant 52 220 dollars la tonne lundi soir à la Bourse des métaux de Londres.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 09 décembre 2025 16:59 Written by

Les exportations de cobalt de la République démocratique du Congo (RDC) peuvent désormais reprendre. La note circulaire interministériel Mines/Finances fixant les dispositions pratiques relatives à l’exportation du cobalt a été rendu public ce 2 décembre 2025. Dans l’attente de ce document, les exportations n’avaient toujours pas redémarré, malgré la fin de l’embargo intervenue le 15 octobre.

Les compagnies minières s’impatientaient. « Je viens d’une réunion avec la Gécamines. On nous fait aujourd’hui comprendre que nous devons attendre un arrêté interministériel Mines/Finances. Quand est-ce que cet arrêté sera disponible ? Et c’est quoi le sous-bassement de cet arrêté ? », interrogeait, le 25 novembre, le directeur général adjoint de Tenke Fungurume Mining (TFM), John Woto, lors de la session mines du Forum Makutano.

En réponse, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait indiqué qu’à sa connaissance, les exportations auraient dû reprendre lors de la semaine du 24 au 30 novembre. Selon lui, la seule raison qui retardait la reprise tenait à la mise à jour du manuel de procédures pour intégrer les nouvelles directives introduites par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms), notamment le paiement anticipatif de certaines redevances.

« Il a fallu qu’on mette nos services ensemble (Mines, Finances…) pour intégrer toute cette nouvelle donne que l’ARECOMS a amenée… C’est cela qui a pris ce temps. La semaine dernière [lundi ou mardi], on a fait un test grandeur nature avec tous les services d’une exportation. Et à ma connaissance, les exportations devraient reprendre cette semaine », avait-il expliqué, promettant de veiller à la signature du texte codifiant la nouvelle procédure.

La note circulaire publiée ce jour a été signée le 26 novembre par le ministre des Mines. Selon un membre de la Chambre des mines de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), c’est la signature du ministre des Finances qui était attendue.

Avec la publication du texte, les exportations de cobalt peuvent désormais reprendre. Toutefois, la première tonne ne devrait quitter le territoire que vers la fin du mois, la procédure d’exportation s’étendant sur plusieurs dizaines de jours.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 02 décembre 2025 15:49 Written by

Le 28 novembre 2025, le Sénat de la République démocratique du Congo a déclaré recevable le projet de loi présenté par la ministre des Affaires foncières, O’Neige N’Sele, visant à modifier et compléter la loi n° 73-021 du 20 juillet 1973. Adopté en première lecture par le gouvernement le 7 novembre 2025, ce texte constitue la première réforme majeure en plus de cinquante ans et ambitionne de sécuriser les droits fonciers, moderniser l’administration et mettre fin aux irrégularités telles que les chevauchements de parcelles et les lotissements illicites.

Le projet introduit plusieurs mesures innovantes, notamment la numérisation intégrale du cadastre, la suppression de la prescription foncière, la protection des terres frontalières, la fin des paiements en nature, la mise en place d’une mercuriale foncière, la réduction des concessions gratuites et un audit national des terres non mises en valeur. Il prévoit également une conciliation préalable obligatoire avant tout litige, ainsi qu’un renforcement de la responsabilité civile et pénale des agents publics.

Parallèlement, la RDC a lancé en juin 2025 un projet pilote de gestion foncière basé sur la blockchain Solana, en collaboration avec des experts locaux et l’entreprise Duna RWA. Ce dispositif convertit les titres fonciers en jetons numériques sécurisés et traçables, garantissant l’authenticité des documents et la protection des données sensibles des citoyens. Les transferts de propriété sont validés via les mécanismes officiels — notaires ou administration — afin d’éviter les fraudes et les doublons.

Les défis de la gestion foncière apparaissent également dans le projet des Rocades de Kinshasa, lancé en juin 2024 pour désengorger le centre-ville et stimuler le développement urbain. Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et le Gouvernement avaient identifié les risques de conflits fonciers liés aux occupations informelles et aux expropriations, et avaient ainsi instauré un dispositif associant transparence, concertation locale, indemnisation et médiation pour encadrer sa mise en œuvre.

Boaz Kabeya

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Posted On mardi, 02 décembre 2025 02:23 Written by

Le 29 novembre 2025, le pont Nizi, reliant l’axe Iga-Barrière–Mongwalu dans le territoire de Djugu (Ituri), s’est effondré. L’annonce a été faite par des acteurs de la société civile locale : le tablier aurait cédé sous le passage d’un camion. Le véhicule s’est renversé, mais les chauffeurs en sont sortis indemnes. Depuis, la circulation sur cet axe est totalement interrompue.

« La route coupée empêche désormais l’accès à une zone essentielle pour l’alimentation des villages environnants. Les habitants ne peuvent plus se ravitailler facilement en denrées de première nécessité », a déclaré le président de la société civile des Bahema Baguru, Dhino Gédéon, cité par la presse.

Les effets se font déjà sentir. Selon Jean-Pierre Bikilisende, député provincial, la rupture de l’axe Iga-Barrière–Mongbwalu provoque une flambée des prix de certains biens. Le riz, le carburant et d’autres denrées de base deviennent plus chers, tandis que certains produits se raréfient sur les marchés. Pour les populations riveraines, cela se traduit par un coût de la vie plus élevé et des difficultés d’accès aux biens essentiels.

La société civile alerte également sur les implications sécuritaires. Comme le rapporte Radio Okapi, la coupure de l’axe complique désormais la mobilité des FARDC et pourrait ralentir leurs interventions en cas d’incident dans cette zone déjà instable. Cette contrainte renforce l’urgence de rétablir la route afin d’assurer à la fois l’approvisionnement et la protection des populations.

Boaz Kabeya

 

Posted On mardi, 02 décembre 2025 02:01 Written by

Lors d’une cérémonie de présentation à l’exécutif provincial des lots de cacao saisis par les services de la province, David Kamuha, directeur de cabinet du gouverneur militaire, a annoncé que les cargaisons interceptées alors qu’elles tentaient de traverser illicitement la frontière seront désormais vendues. Les recettes de ces ventes seront affectées à la construction d’infrastructures dans la province. C’est ce qui ressort d’une publication du gouvernorat datée du 25 novembre 2025.

Au cours de cette cérémonie, les services de contrôle ont notamment présenté un camion de marque FUSO qui, selon le directeur de cabinet, transportait du cacao frauduleux, ainsi que 16 bidons censés contenir de l’huile de palme mais utilisés en réalité pour dissimuler du cacao destiné à être acheminé clandestinement vers l’Ouganda.

Même si les quantités actuellement détenues par les services provinciaux n’ont pas été révélées, les données disponibles illustrent l’ampleur du phénomène. Au début du mois de novembre, Kakule Justin, chef de bureau de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) au poste frontalier de Kasindi, indiquait que 118 tonnes de cacao avaient été interceptées en cinq mois par les services de contrôle. Il précisait que les fraudeurs opèrent essentiellement de nuit, empruntant des pistes échappant à la surveillance.

Selon ce responsable, les produits saisis proviennent majoritairement de plantations des secteurs de Ruwenzori, Mutwanga et Bulongo, zones où l’activité cacaoyère est importante. Les commerçants qui alimentent ces circuits clandestins recherchent les prix légèrement plus élevés proposés en Ouganda, au détriment des circuits légaux. Cette contrebande prive la République démocratique du Congo de milliers de dollars de recettes fiscales, selon l’ONAPAC, tout en fragilisant le marché intérieur du cacao.

Timothée Manoke

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Posted On jeudi, 27 novembre 2025 06:46 Written by
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