La République Démocratique du Congo (RDC) place le numérique au cœur de sa stratégie visant à améliorer la gestion des finances publiques. L’objectif est de renforcer la transparence, l'efficacité des institutions et la lutte contre la corruption. Dans la première revue du deuxième programme avec le Fonds Monétaire International (FMI), plusieurs réformes technologiques sont annoncées pour soutenir la croissance économique en 2025. Celles-ci devraient contribuer à l’objectif de hausse du produit intérieur brut (PIB) réel de 5,4 %.
Un accent particulier sera mis sur l’accélération du déploiement du logiciel de gestion intégrée des droits, taxes et redevances (LOGIRAD) dans différentes unités gouvernementales (mines, hydrocarbures, télécommunications, direction générale de la migration, affaires foncières, cadastre minier, portefeuille, justice et garde des sceaux, police du ministère public, emploi et travail, affaires étrangères et transports, voies de communication et systèmes d'ouverture).
Il est également prévu la mise en place d’un système intégré de gestion des impôts (ERP) à la Direction Générale des Impôts (DGI) et la numérisation des procédures douanières à la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA). « Nous visons à finaliser ces déploiements d'ici février 2025 », a déclaré le gouvernement au FMI.
2025 et après
Conscient des enjeux de la numérisation dans la bonne gouvernance, le gouvernement congolais se projette déjà sur de nouvelles solutions qui lui éviteront de gaspiller des ressources publiques. « Nous placerons résolument la dématérialisation et la numérisation des procédures au cœur de nos efforts de modernisation de la PFM (outils de gestion des finances, NDLR). Avec l'élévation de la numérisation des procédures au rang de priorité stratégique depuis l'entrée en fonction du nouveau gouvernement à la mi-juin 2024, nous travaillons à la mise en place d'un système intégré de gestion des finances publiques (SIGeFiP) d'ici septembre 2027 », indique-t-il.
Selon le gouvernement, le nouveau « système comprendra un noyau composé de modules pour la budgétisation et l'exécution des programmes, la comptabilité et la gestion des flux de trésorerie. Les systèmes informatiques existants pour la gestion des impôts, des taxes, de la dette publique, des marchés publics et d'autres à développer seront interfacés avec le SIGeFiP, conformément au plan d'orientation global pour la numérisation du système PFM (POG) adopté en octobre 2023 ».
Si les avancées enregistrées et les futurs projets annoncés pour la modernisation de la gestion des finances publiques rassurent le FMI sur l'engagement de la RDC à mieux gérer ses ressources, des préoccupations persistent tout de même quant au succès à long terme de ces initiatives. Des défis comme la faible couverture Internet et le faible accès à l’électricité sont présentés par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie comme des questions prioritaires à adresser pour soutenir la transformation numérique en Afrique. En RDC, ces deux défis se posent avec acuité.
En avril 2024, le directeur des relations internationales de l'Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC), Bruno Yuma, affirmait que sur les 50 000 km de fibre optiques à déployer à travers le pays, seul près de 20% sont opérationnels. Pour ce qui est du taux d’électrification, il était estimé à 21,5% en 2024. Il est aussi à craindre que la dégradation de la situation sécuritaire à l’Est du pays ne vienne à modifier l’ordre des priorités.
Muriel Edjo
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Plusieurs compagnies aériennes ont annulé leurs vols prévus à l’arrivée ou au départ de l’aéroport international de Ndjili, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Selon des sources médiatiques concordantes, le vol Air France qui devait assurer la liaison le 28 janvier 2025 entre Paris et la RDC via Brazzaville, au Congo voisin, a fait demi-tour. Air France-KLM a ensuite annoncé la suspension temporaire de ses atterrissages à Kinshasa.
Brussels Airlines, la compagnie belge, a pour sa part indiqué que les vols prévus ce 29 janvier entre Bruxelles et Kinshasa étaient annulés, mais que ceux du 30 janvier pourraient être maintenus. « La sécurité de nos collègues et de nos passagers est et reste notre priorité », a expliqué le transporteur dans un communiqué relayé par des médias belges. Uganda Airlines a également annulé ses vols du 28 janvier vers la RDC en raison de la crise dans le pays. Mais
Bien que les combats se déroulent à l’est du pays, à plus de 2 h 30 de vol de Kinshasa, des marches de protestation dans la ville se sont transformées en émeutes. Des ambassades ont été vandalisées et des biens privés, y compris ceux appartenant à des étrangers, ont été pillés. Dans ce contexte, les représentations diplomatiques ont conseillé à leurs ressortissants de rester confinés. Dans une telle situation, même si les compagnies aériennes souhaitaient maintenir leurs opérations, il était difficile d’assurer des vols en raison des contraintes logistiques, notamment pour le changement d’équipage, qui nécessite de traverser une ville sous tension.
Ce 29 janvier, les autorités de Kinshasa ont exprimé leurs regrets et présenté des excuses pour ces dérives. Le gouverneur de la province a, pour sa part, interdit les manifestations.
Selon des données de la plateforme de surveillance des vols commerciaux FlightRadar, l’aéroport de Ndjili n’est cependant pas fermé. Plusieurs vols domestiques ont continué de décoller et d’atterrir ce 29 janvier, et les vols de Uganda Airlines du même jour restent programmés. Un avion de la compagnie Ethiopian Airlines a atterri en milieu de journée à Kinshasa, mais les vols reliant Addis-Abeba à Goma (épicentre du conflit) et Lubumbashi (sud-est du pays) sont incertains.
Georges Auréole Bamba
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Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé qu’il va étendre l’utilisation du système automatisé de collecte de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dès février 2025, après une phase pilote lancée en septembre 2024. Cette initiative a été mise en avant lors de la première revue du deuxième programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Le déploiement comprendra la certification, la configuration technique et l’homologation des logiciels et équipements, avec une généralisation prévue pour l’ensemble des entreprises assujetties d’ici le premier semestre 2025.
Ce système vise à moderniser le processus de collecte de la TVA en s’appuyant sur des logiciels standardisés et des dispositifs électroniques fiscaux (DEF). Ces outils garantiront la conformité des entreprises en enregistrant et surveillant les factures en temps réel. Grâce à cette réforme, le gouvernement prévoit une augmentation des recettes de 242 milliards de francs congolais (84,7 millions USD) dans le budget 2025, soit environ 0,1 % du PIB.
Cette réforme s’inscrit dans un effort plus large de rationalisation des exonérations de TVA, qui constituent une part significative des dépenses fiscales. En 2023, ces exonérations représentaient 52 % des dépenses fiscales, soit 3,4 % du PIB et près de 30 % des recettes du gouvernement central. Le gouvernement prévoit de réformer les régimes fiscaux préférentiels, de réduire les incitations injustifiées et de publier les dépenses fiscales en annexe à la loi de finances. Un plan stratégique visant à réduire ces exonérations sera élaboré d’ici 2025, avec des mesures concrètes prévues pour 2026.
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas encore communiqué sur les enseignements tirés de la phase pilote de mise en œuvre du système automatisé de collecte de la TVA. Il reconnaît toutefois que le projet présente plusieurs défis à relever. Parmi eux, la capacité des entreprises à se conformer aux nouvelles exigences, notamment si cela implique des coûts supplémentaires. Par ailleurs, l’adoption progressive du système pourrait poser des problèmes d’harmonisation des logiciels entre les entreprises et l’administration fiscale, tandis que les aspects techniques liés à l’installation des dispositifs électroniques demeurent des obstacles à surveiller de près.
Les enjeux de cette réforme s’inscrivent pleinement dans les engagements pris par la RDC dans le cadre de son second programme avec le FMI. L’automatisation de la collecte de la TVA vise non seulement à renforcer l’efficacité fiscale, mais également à élargir l’assiette fiscale, afin de réduire la dépendance aux revenus volatils issus des industries extractives. En augmentant les recettes intérieures, le gouvernement ambitionne de stabiliser ses finances publiques tout en finançant des priorités clés telles que la santé, l’éducation et les infrastructures.
Cependant, des défis logistiques et techniques risquent de ralentir sa mise en œuvre. Dans un contexte où les infrastructures technologiques et énergétiques demeurent limitées, le succès de cette réforme dépendra d’une gestion rigoureuse et d’une communication transparente avec l’ensemble des parties prenantes. Si elle aboutit, cette initiative pourrait transformer la gouvernance économique de la RDC en jetant les bases d’une croissance plus inclusive et durable, un objectif partagé par l’État et le FMI.
Georges Auréole Bamba
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TikTok dans le viseur du régulateur en République Démocratique du Congo. Le dimanche 19 janvier, sur X (anciennement Twitter), Christian Bosembe (photo), président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a réagi à la suspension du réseau social chinois aux États-Unis. Selon lui, cette situation renforce la légitimité des préoccupations déjà exprimées en RDC sur le même sujet.
« Alors que les États-Unis viennent de suspendre TikTok, […] la RDC suit avec attention cette décision, qui met en lumière les graves menaces posées par ce réseau social. Cette mesure souligne des préoccupations légitimes concernant la sécurité nationale, la protection des données personnelles et la sacralité de la vie privée, des principes souvent violés par le manque de transparence et de contrôle rigoureux de TikTok », affirme-t-il.
Alors que les États-Unis viennent de suspendre TikTok, privant ainsi plus de 170 millions d’utilisateurs de cette plateforme, la République Démocratique du Congo suit avec attention cette décision, qui illustre les graves menaces que représente ce réseau social. Cette mesure met… pic.twitter.com/IDbj9fULJI
— Christian Bosembe (@CBosembe) January 19, 2025
« En tant que président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, je déplore profondément que TikTok soit devenu un vecteur de propagande nuisible dans notre pays », poursuit-il, allant jusqu’à accuser la plateforme de faciliter l’enrôlement des jeunes par des groupes terroristes.
Pour rappel, Christian Bosembe critique TikTok depuis 2023, année où il avait accusé la plateforme de promouvoir l’immoralité en diffusant des contenus inappropriés. Dans son post du 19 janvier, le président du CSAC affirme que « la RDC pourrait être contrainte d’envisager des mesures similaires à celles prises par les États-Unis, pouvant aller jusqu’à une suspension » si les préoccupations soulevées ne sont pas adressées.
Avec 672 millions d’installations en 2022, TikTok est l’application Android la plus téléchargée en RDC. La plateforme appartient à ByteDance, société fondée par le milliardaire chinois Zhang Yiming.
Servan Ahougnon, Agence Ecofin
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Pour justifier l’instruction donnée au ministre de l’Emploi et du Travail de rapporter son arrêté du 31 décembre 2024 portant ajustement du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) en République démocratique du Congo (RDC), la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, invoque dans son courrier daté du 10 janvier 2025 un « vice de forme » et l’« incompétence matérielle de l’auteur ». Outre ces irrégularités juridiques, un regroupement d’organisations patronales, comprenant la Fédération des entreprises du Congo (FEC), l’Association nationale des entreprises du portefeuille de la RDC (ANEP), la Confédération des PME du Congo (COPEMECO) et la Fédération nationale des PME du Congo (FANAPEC), met en avant « des risques d’injustice sociale et de déséquilibre économique et social ».
« Cet arrêté omet d’intégrer une tension salariale conforme aux dispositions légales, rendant son application techniquement impossible, d’une part, et engendre une injustice sociale manifeste, en excluant de nombreuses catégories de travailleurs, principalement dans les secteurs agroindustriel et pastoral, des salaires minimums garantis, les privant ainsi des avantages du SMIG et de la sécurité sociale, d’autre part », écrit le regroupement patronal dans une lettre adressée le 15 janvier au ministre de l’Emploi et du Travail, Éphraïm Akwakwa Nametu.
Tension salariale
Dans l’arrêté contesté, la question de la tension salariale (écart entre le salaire le plus élevé et le salaire le plus bas) n’est pas abordée. Le texte se limite à revaloriser le taux journalier du SMIG du manœuvre ordinaire à 14 500 francs congolais (5,07 $). Il précise également que ce nouveau taux, applicable dès février 2025, est majoré « de 3 % au moins par année entière de service ininterrompu passé par le travailleur dans une même entreprise ».
Le décret du Premier ministre du 22 mai 2018, qui fixe le taux journalier du SMIG actuellement en vigueur, établit une tension salariale allant de 1 à 10 entre le manœuvre ordinaire et le cadre de collaboration. Ainsi, le SMIG journalier du manœuvre ordinaire est fixé à 7075 francs congolais (FC), tandis que celui d’un cadre de collaboration de 4e échelon et de la 17e classe s’élève à 70 750 FC. Pour le patronat, l’absence d’une précision similaire dans l’arrêté du 31 décembre 2024 rend impossible la déduction des SMIG journaliers pour les autres catégories de travailleurs.
En RDC, il existe sept grandes catégories de travailleurs : manœuvre, travailleur spécialisé, travailleur semi-qualifié, travailleur qualifié, travailleur hautement qualifié, agent de maîtrise, et cadre de collaboration. La tension salariale permet ainsi de déterminer les SMIG journaliers des autres catégories à partir de celui du manœuvre ordinaire, en tenant compte des échelons et des classes.
Allégement fiscal
Selon nos informations, le patronat souhaite d’ailleurs une révision de la tension salariale. Il est question de privilégier « le personnel relevant de la classification générale des emplois ». Dans leur lettre adressée au ministre de l’Emploi et du Travail, la FEC, l’ANEP, la COPEMECO et la FANAPEC posent aussi comme condition préalable à la revalorisation du SMIG, l’adoption de mesures d’allégement fiscal en faveur des secteurs agroalimentaire et pastoral, présentés comme étant en difficulté. « En l’absence de ces mesures, attendues depuis la revalorisation du SMIG en 2018, ces secteurs appliquent toujours le SMIG de 2008, avec des conséquences négatives sur les prestations de sécurité sociale », explique un acteur du secteur.
Ces questions seront sans doute au cœur des discussions avant l’adoption d’un nouveau texte sur l’ajustement du SMIG. La Première ministre a en effet demandé au ministre de l’Emploi et du Travail de reprendre le processus à zéro, « en impliquant cette fois-ci toutes les parties prenantes, notamment le Conseil national du travail ». La non-consultation préalable de cet organe, qui regroupe plusieurs représentants des organisations patronales, a été identifiée comme l’un des vices de forme ayant conduit Judith Suminwa Tuluka à instruire l’annulation de l’arrêté du 31 décembre 2024.
Combien de temps prendra ce nouveau processus ? Difficile à prévoir. La Première ministre a néanmoins exhorté Éphraïm Akwakwa Nametu à agir rapidement. « Compte tenu de l’actualité de la problématique (…) de protéger le pouvoir d’achat des populations, je vous demande de me présenter, dans les plus brefs délais, les éléments pertinents et nécessaires à la prise du décret sur le SMIG », a-t-elle justifié.
Pierre Mukoko
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Trois ressortissants chinois ont été condamnés, le 14 janvier 2025, à sept ans de prison ferme pour des infractions liées à l’exploitation minière illégale en République démocratique du Congo (RDC). Les prévenus ont été arrêtés dans la province minière du Sud-Kivu, en possession de dix lingots d’or et de 400 000 dollars en espèces.
Selon les médias locaux, le tribunal a retenu cinq des sept chefs d’accusation initialement portés contre eux. Parmi ces charges figurent le séjour irrégulier en RDC, l’achat illicite et la détention illégale de minerais, l’entrave à la transparence dans l’industrie minière, ainsi que le blanchiment de capitaux. Gale Mambuba, président du tribunal, a également annoncé que les condamnés devront payer solidairement une amende de 600 000 dollars et seront expulsés de la RDC à l’issue de leur peine.
Le tribunal a ordonné que les fonds saisis soient versés au Trésor public, tandis que l’or confisqué sera remis à la Banque centrale du Congo (BCC).
Charlène N’dimon, Agence Ecofin
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La Sino-Congolaise des Mines (Sicomines) a annoncé le lancement, en ce début d’année 2025, de la deuxième phase des travaux de construction et de réhabilitation de la route nationale 12 (RN12), une voie stratégique dans la province du Kongo Central, située à l’ouest de la République démocratique du Congo. Le coût des travaux, réalisés par la Société d’infrastructures Sino-Congolaise (SISC), est estimé à 47 millions de dollars, selon des informations rapportées par la presse locale.
« Seule voie d’accès au territoire de Tshela via la RN1, elle traverse le territoire de Lukula, passe par Manterne, une agglomération située entre Matadi et Boma. La même route relie Tshela à Seke-Banza et atteint également Mbanza Ngungu via Luozi », a précisé la Sicomines dans un post sur Twitter. Les détails spécifiques des travaux n’ont pas été communiqués. On sait toutefois que le tronçon concerné par les première et deuxième phases s’étend sur 120 km.
Détenue à 68 % par un consortium de sociétés chinoises (Crec, Sinohydro, Zhejiang Huayou) et à 32 % par l’État congolais via la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines), Sicomines contribue régulièrement au financement d’infrastructures routières. Cette intervention s’inscrit dans le cadre du cahier des charges révisé en 2024, associé au permis d’exploitation minière de la Sicomines. Ce document impose la réalisation de diverses infrastructures, notamment des routes, des écoles, des centres de santé, ainsi que des projets liés à l’énergie, à l’environnement, à l’accès à l’eau potable et à l’agriculture.
L’entreprise a annoncé plusieurs réalisations achevées ou en cours, telles que la construction de stades et d’infrastructures de stockage de produits agricoles. Cependant, les mécanismes de sélection des projets et leur état d’exécution restent peu documentés.
Selon le nouveau contrat signé entre l’État congolais et la Sicomines, des travaux routiers d’une valeur de 624 millions $ étaient prévus en 2024, avec un engagement annuel de (plus ou moins) 324 millions $ dès 2025 et jusqu’en 2040. Le programme prioritaire d’investissements du gouvernement prévoit également 714 millions $ pour divers projets routiers. Toutefois, il n’est pas précisé si ce montant est complémentaire ou inclus dans les redevances attendues de la Sicomines.
Georges Auréole Bamba
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Le poste frontalier de Kasumbalesa, reliant la RDC à la Zambie, est confronté à une grave congestion, paralysant le commerce international et réduisant les recettes publiques congolaises, estimées à plusieurs millions de dollars par mois. Ces dernières semaines, des centaines de camions sont restés immobilisés sur plus de 50 km du côté zambien, mettant en lumière des dysfonctionnements dans la gestion de ce point de transit stratégique en Afrique australe.
Pour remédier à cette situation, les autorités des deux pays se sont réunies le 11 janvier 2025 à Chililabombwe, en Zambie. Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, et Chipoka Mulenga, ministre zambien du Commerce et de l’Industrie, ont annoncé plusieurs mesures. Les douanes des deux pays fonctionneront désormais de 6 h à 20 h, avec pour objectif de traiter au moins 500 camions par jour. Par ailleurs, il a été décidé de rediriger une partie du trafic vers les postes frontaliers de Mokambo et Sakania afin de réduire la pression sur Kasumbalesa.
Commerce extérieur / RDC - Zambie : « Comment décongestionner la frontière de Kasumbalesa et fluidifier le trafic international », la délégation congolaise conduite par le Gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula Katwe a eu des échanges avec la partie zambienne conduite par le… pic.twitter.com/2IKnUppONR
— Gouvernement du Haut-Katanga (@GouvernementHK) January 12, 2025
La congestion actuelle s’explique en grande partie par les horaires limités des services douaniers congolais, qui fonctionnent actuellement de 9 h à 15 h seulement. Ces horaires restreints ne suffisent pas à gérer l’augmentation des importations, particulièrement en période de fêtes, entraînant des retards dans le traitement des marchandises. Cette situation incite certains transporteurs à contourner les procédures officielles en déchargeant leurs cargaisons en Zambie. Ces produits pénètrent ensuite en RDC via des circuits illégaux, privant ainsi l’État congolais de revenus douaniers cruciaux.
Bien que ces mesures constituent un bon début, elles resteront insuffisantes sans un engagement durable. Les normes de la SADC préconisent une ouverture des postes frontaliers 24 h/24. En outre, il sera indispensable de renforcer les infrastructures, d’augmenter les effectifs et de lutter efficacement contre la fraude douanière. Une coordination accrue entre la RDC et la Zambie sera essentielle pour assurer un commerce transfrontalier fluide et sécurisé à long terme.
Olivier de Souza
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La hausse du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) pour les manœuvres ordinaires, désormais fixé à 5 dollars par journée de travail en République Démocratique du Congo (RDC) à partir de la paie de février 2025, représente plus du double du seuil de pauvreté international, estimé à 2,12 dollars. Selon la Banque mondiale, ce seuil concernait 72 % de la population congolaise en 2022.
Ce salaire, qui doit en outre augmenter de 3 % chaque année si le travailleur reste dans la même entreprise pendant plus d’un an, pourrait contribuer à réduire le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Cependant, cela suppose que le texte soit effectivement appliqué, ce qui n’est pas encore garanti.
D’abord, parce que les manœuvres ordinaires concernés par cette décision restent vulnérables dans les négociations salariales. De plus, le fait que le SMIG soit fixé à la journée pourrait être exploité par les employeurs pour réduire le nombre de jours travaillés, évitant ainsi une hausse significative des salaires. Une telle stratégie, si elle se généralisait, pourrait atténuer l’impact positif attendu sur les revenus des travailleurs.
D’un autre côté, si l’augmentation des salaires est appliquée de manière optimale, deux conséquences microéconomiques potentielles doivent être envisagées. Pour les entreprises, cette hausse entraînera une augmentation des charges salariales sans garantie d’une amélioration correspondante de la productivité ni de revenus ou de marges supplémentaires. Le budget 2025 de l’État prévoit une augmentation de 22,5 % des dépenses brutes de personnel. Toutefois, il est difficile de mesurer la contribution du SMIG à cette prévision, car celle-ci intervient à la suite d’un ensemble de réformes et d’initiatives mises en œuvre en 2024, dont l’objectif était de résoudre les défis sociaux dans la fonction publique.
Du côté des consommateurs, les revenus additionnels pourraient accroître la demande de biens et services, alimentant une inflation déjà difficile à maîtriser depuis plusieurs années.
Par ailleurs, dans des économies largement dominées par le secteur informel, les hausses annoncées de revenus sont souvent interprétées par les commerçants comme une augmentation du pouvoir d’achat. Ces derniers tendent alors à relever leurs prix pour capitaliser sur ce pouvoir d’achat présumé. Cette réaction intervient même lorsque les effets réels d’une hausse du SMIG sur les coûts des facteurs et les possibilités de consommation supplémentaires ne sont pas encore totalement mesurés.
Georges Auréole Bamba
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Le taux journalier du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) du manœuvre ordinaire est revalorisé à 14 500 francs congolais (5,07 $), apprend-on d’un arrêté du ministre du Travail et de l’Emploi, Ephraïm Akwakwa Nametu, signé le 31 décembre 2024. Il passe donc du simple au double puisqu’il était de 7 075 francs congolais (2,47 $) depuis 2018.
Selon le texte, le nouveau taux journalier du SMIG entrera en vigueur dès février 2025. Il est majoré « de 3 % au moins par année entière de service ininterrompu passé par le travailleur dans une même entreprise », précise l’arrêté ministériel.
Cette décision est le résultat d’un dialogue social engagé en octobre 2024 entre le ministère du Travail et l’Emploi, les organisations patronales et les syndicats des travailleurs. Lors des discussions, les parties prenantes ont reconnu l’urgence d’une révision du SMIG pour réduire l’écart croissant entre le salaire minimum et le coût de la vie.
Cette décision intervient dans un contexte où l’inflation enregistre une nette amélioration passant de 23,75 % au 31 décembre 2023 à 11 % au 28 décembre 2024 selon les données de la Banque centrale. De plus, le gouvernement a annoncé le 10 décembre 2024 la baisse des prix des produits de première nécessité, allant de 5 % à 11 %. Une mesure visant à alléger le fardeau économique des ménages et à renforcer le pouvoir d’achat des Congolais.
Il faut rappeler qu’en RDC, la semaine de travail compte cinq jours, soit 20 jours ouvrés par mois, ce qui pourrait correspondre à un SMIG mensuel de 290 000 francs congolais, soit 101,5 $. Le défi consiste désormais à garantir l'application effective du texte par tous.
Charlène N’dimon
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A l’issue de sa deuxième audience depuis le début de l’année 2025 avec Meenu Pirohit, directrice générale de l’entreprise Zahira SPRL, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a annoncé avoir discuté de la possibilité d’établir une usine d’assemblage automobile ainsi que de créer un parc industriel.
Les détails de cette discussion n’ont pas été révélés, mais cette initiative marque une nouvelle étape pour Zahira SPRL. Depuis 1993, l’entreprise agit en tant que distributeur officiel des marques TATA Motors et Mahindra en République Démocratique du Congo (RDC), offrant une large gamme de véhicules, notamment des jeeps, des voitures, des pickups, des véhicules utilitaires, des camions, ainsi que des minibus et bus de 20 à 60 places.
Grâce à une offre de solutions de mobilité abordables et à un service après-vente performant, Zahira SPRL, présente dans les villes de Kinshasa, Lubumbashi et Kolwezi, s’est imposée sur le marché automobile de la RDC. Avec près de 500 employés, l’entreprise est devenue bien plus qu’un simple concessionnaire et pourrait désormais chercher à renforcer son statut en lançant des activités d’assemblage local.
Dans le cadre de sa stratégie, le gouvernement de la RDC vise à réduire la valeur des importations tout en optimisant le fonctionnement de ses zones économiques spéciales, notamment celle de Maluku, située près de Kinshasa. L’installation d’une usine d’assemblage de véhicules s’inscrirait parfaitement dans cette démarche.
Par ailleurs, en 2023, l’entreprise Suprême Auto a inauguré une usine d’assemblage de bus, devenant ainsi un fournisseur clé pour la société des transports publics. Au-delà de la stratégie d’industrialisation, le ministre Julien Paluku a souligné que ces discussions s’inscrivent pleinement dans l’ambition des autorités de créer davantage d’emplois dans le pays et de réduire la facture des importations.
GAB
Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku (photo), a affirmé le 28 décembre 2024 que le cacao et le café congolais sont exclusivement issus de terres arables disponibles, et non de zones déboisées. La République démocratique du Congo (RDC) entend défendre cette position lors d’un dialogue tripartite entre l’Union européenne (UE), la Monusco et le gouvernement congolais.
La RDC fait face à une menace de restriction de ses exportations de cacao et de café vers l’Union européenne (UE) en raison de l’application du règlement « Zéro déforestation », entré en vigueur le 30 juin 2023. Ce texte interdit l’importation de produits agricoles provenant de terres déboisées. Prévu pour être pleinement appliqué à partir 31 décembre 2025 pour les grande entreprises et à partir 30 juin 2026 pour les PME, il impose notamment aux producteurs, exportateurs et importateurs de fournir les coordonnées géographiques de l’origine des produits. Cette exigence vise à garantir qu’ils ne proviennent pas de zones déboisées.
Sauf que l’UE invoque l’impossibilité de déployer ses enquêteurs sur le terrain pour s’assurer de la conformité du cacao et du café exportés par la RDC, en raison de l’insécurité qui sévit dans la région orientale, principal bassin de production du pays. Pour les mêmes raisons, le pays a déjà perdu ses certifications Fairtrade et BIO. « L’exclusion de l’Union européenne sape les efforts visant à repositionner le cacao et le café congolais sur le marché international », déplore un collectif de producteurs de Beni, dans le Nord-Kivu, en soulignant les sacrifices consentis pour répondre aux exigences des normes européennes.
Diversification des débouchés
Pour remédier à la situation, le ministre Paluku propose que la Monusco, présente dans les zones de conflit, certifie que les champs de production ne sont pas situés sur des terres déboisées. Cette proposition sera examinée lors du dialogue tripartite envisagé, dont l’objectif, selon Julien Paluku, est de faire retirer la RDC de la liste des pays accusés d’avoir détruit l’environnement.
Par ailleurs, la RDC élabore un plan B centré sur deux axes : l’intensification des zones économiques spéciales pour encourager la transformation locale des produits agricoles et la diversification des marchés d’exportation. Cette stratégie vise à réduire la dépendance envers l’UE, à diversifier les débouchés et à renforcer la résilience économique du pays en valorisant ses matières premières. « On nous impose ce genre de mesures parce que nous ne transformons pas nos produits sur place », a notamment regretté Julien Paluku.
En parallèle, le pays s’est fixé l’objectif de produire 3 millions de tonnes de cacao d’ici 2030, un projet susceptible de faire croître considérablement le Produit intérieur brut (PIB) du pays. Cet objectif est ambitieux, étant donné que le monde a produit 5 millions de tonnes de cacao en 2023, dont 50 % proviennent du Ghana et de la Côte d’Ivoire.
Olivier de Souza
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Le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, Augustin Kibassa Maliba (photo), a réaffirmé aux investisseurs l’engagement de l’État à créer un environnement favorable au développement du numérique en République Démocratique du Congo (RDC). Il s’est exprimé le 16 décembre 2024, lors d’un évènement organisé par Airtel RDC et Helios Towers pour célébrer le franchissement de la barre des 2000 tours télécoms mises sous-contrats de location à Kinshasa. Une collaboration qui permet d’étendre la couverture réseau dans la capitale.
Se réjouissant de ce type de partenariat qui cadre avec la volonté de l’État de faire de la transformation numérique un levier de croissance socio-économique, Augustin Kibassa Maliba a déclaré : « nous travaillons d’arrache-pied pour améliorer le cadre réglementaire, investir dans les infrastructures critiques de télécommunications pour permettre l’inclusion numérique ».
Le ministre a affirmé que le cadre réglementaire propice au développement du numérique ciblera aussi particulièrement l’acquisition des compétences spécialisées, les innovations locales et l’entrepreneuriat de la jeunesse.
La RDC a besoin des réformes réglementaires propres aux télécoms et au numérique au regard de l’importance que l’État accorde à ce secteur qu’il veut positionner comme atout de croissance et de diversification économique. Actuellement, le pays figure parmi les 41 nations africaines qui enregistrent un faible développement numérique à cause d’un cadre politique et réglementaire défavorable, selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA).
Dans ce groupe de pays auquel appartient la RDC, un ou plusieurs freins politiques et réglementaires s’accumulent notamment l’absence de fonds de service universel efficace, transparent et performant ; l’absence d’un régulateur télécoms fort ; le manque de clarté réglementaire dans la protection des données, la cybersécurité et le transfert transfrontalier de données.
Le nombre élevé de taxes sectorielles est aussi une réalité dans plusieurs de ces marchés, tout comme l’attribution incomplète des fréquences télécoms disponibles et l’interdiction de la location ou de la vente de fréquences, le niveau élevé des redevances d’utilisation du spectre et l’absence de licences neutres en termes de technologie ou de service, des frais onéreux de droits de passage de l’infrastructure de fibre optique.
Augustin Kibassa Maliba présente l’environnement politique et réglementaire adéquat qu’il promet aux investisseurs comme l’un des piliers « des fondations d’un Congo numérique prospère, un Congo où chaque citoyen pourra accéder aux services numériques, où les entreprises pourront innover et se développer, et où notre pays pourra jouer un rôle de plus en plus important dans l’économie mondiale ».
Muriel Edjo
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Le gouvernement de la RDC veut moderniser son administration publique avec l’adoption de la technologie blockchain. Pour cela, il a signé le 18 décembre avec la société singapourienne Trident Digital Tech Holdings, un accord visant à mettre en place un système gouvernemental électronique (e-GOV) complet, selon un communiqué de l’entreprise. Celui-ci s’appuiera sur la blockchain pour renforcer la sécurité, l'efficacité et la transparence des services publics.
Selon Justin Inzun Kakiak (photo), directeur général de l’Agence nationale de renseignement de la RDC, « ce système de gouvernement électronique améliorera considérablement l’accès aux services gouvernementaux » ajoutant : « Nous sommes ravis d’aller de l’avant avec Trident sur cette initiative révolutionnaire ».
Trident to Explore Digital Transformation of Government Services in the Democratic Republic of the CongoTrident’s Blockchain-Powered Digital Authentication...
— Roger bosh (@Prometheus_006) December 18, 2024
Source: GlobeNewswire News Room https://t.co/8Db0MDdHS5
En intégrant la blockchain, la RDC peut réduire la corruption dans les services publics, améliorer la responsabilité et rationaliser la fourniture de services publics. La nature décentralisée de la blockchain devrait permettre aux citoyens d'accéder en toute sécurité à des services gouvernementaux essentiels, tels que l'enregistrement des entreprises, les registres fonciers et les services publics en général, garantissant l'intégrité et la transparence de ces processus.
Avec l'adoption de la blockchain les entreprises peuvent travailler dans un environnement plus sécurisé et fiable pour opérer dans le pays. De plus, en numérisant les fonctions clés du gouvernement, la RDC pourra rationaliser ses procédures administratives, réduire les problèmes liés à la lourdeur administrative et améliorer l'efficacité des opérations du secteur public, notamment dans les régions éloignées.
Olivier de Souza