Le 2 avril 2025, le président américain Donald Trump a annoncé l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, qualifiés de « réciproques », sur les importations en provenance de plusieurs pays, dont la République démocratique du Congo (RDC). Selon l’administration américaine, le taux de 11 % désormais appliqué aux produits congolais refléterait, comme pour d’autres pays, le niveau des barrières tarifaires que la RDC imposerait aux exportations américaines.
Cependant, cette justification repose sur une méthode de calcul particulière. Elle consiste à établir le déficit commercial des États-Unis avec un pays donné, à le diviser par la valeur totale des importations en provenance de ce pays, puis à diviser le résultat par deux pour obtenir le taux de douane appliqué. Si ce calcul donne un chiffre inférieur à 10 %, ou en cas d’excédent commercial, un taux plancher de 10 % est appliqué.
La RDC applique des droits de douane standards, conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sans mesures discriminatoires spécifiques à l’encontre des produits américains. Selon les données officielles, ces droits varient de 5 % à 20 % de la valeur du produit hors frais de transport et d’assurance, en fonction de la nature des marchandises. À ces droits s’ajoutent diverses taxes, dont la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui peut porter le coût total du dédouanement à plus de 44,7 % de la valeur du produit.
Opportunités
Ainsi, le taux de 11 % finalement appliqué reste globalement avantageux pour la RDC. Le pays d’Afrique centrale échappe en réalité à une tarification plus lourde, en raison de la faible valeur des échanges commerciaux avec les États-Unis et d’un excédent commercial modeste (96 millions de dollars en 2024).
Les États-Unis ne figurent pas parmi les principaux clients de la RDC, bien que les échanges soient en progression. Selon le Bureau du représentant américain au Commerce, en 2024, les exportations congolaises vers les États-Unis ont atteint 323,1 millions de dollars, enregistrant une hausse de 17,5 % par rapport à 2023. Ces exportations incluent principalement des minerais et des métaux, tels que le cobalt et le coltan, essentiels à l’industrie technologique américaine. Les exportations agricoles, notamment le café et le cacao, ont quant à elles généré 31,5 millions de dollars en 2022.
Dans ce contexte, l’imposition de droits de douane à 11 % pourrait même ouvrir de nouvelles opportunités pour la RDC, qui dispose d’importants atouts en matière de ressources naturelles.
Dans le secteur minier, qui représente la majeure partie des exportations congolaises, la RDC est soit moins taxée, soit soumise à un niveau similaire de taxation par rapport à ses concurrents. À titre de comparaison : le Chili et le Pérou sont soumis à un tarif de 10 %, la Chine à 54 %, l’Indonésie à 32 % et la Zambie à 17 %. Cette configuration pourrait permettre à la RDC de conserver sa position actuelle sur le marché américain, voire de gagner en compétitivité face à certains concurrents.
AGOA
Par ailleurs, certains minerais et métaux produits par la RDC ne sont pas concernés par ces nouveaux droits de douane. Selon la Maison-Blanche, les lingots d’or, les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs, le cuivre, le bois de construction, les produits énergétiques, ainsi que les minerais non disponibles sur le sol américain, sont exonérés de ces nouvelles mesures tarifaires.
Dans le secteur agroalimentaire, la décision de Donald Trump pourrait également ouvrir des perspectives pour le cacao congolais sur le marché américain. Ce produit pourrait concurrencer celui des deux leaders mondiaux, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux seuls 60 % de l’offre mondiale. Ces deux pays sont désormais taxés respectivement à 21 % et 17 %, contre seulement 11 % pour la RDC.
Ces nouveaux droits de douane interviennent alors que la RDC, comme de nombreux pays africains, bénéficie encore des avantages de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), une loi américaine promulguée en 2000 visant à faciliter l’accès des produits africains au marché américain, en supprimant les droits d’importation sur plus de 6 800 produits.
Cependant, l’entrée en vigueur immédiate des nouveaux tarifs douaniers, prévue pour le 9 avril 2025, soulève des interrogations sur la survie de l’AGOA, dont l’échéance actuelle est fixée au 30 septembre 2025.
Georges Auréole Bamba et Boaz Kabeya, stagiaire
Lire aussi :
États-Unis : une proposition de loi pour bloquer le cobalt congolais raffiné par la Chine
Accord minerais contre sécurité : Tshisekedi annonce des avancées avec les États-Unis
Marché américain : pourquoi la RDC conserve son accès sans droits de douane
Dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le gouvernement congolais prévoit de supprimer progressivement, d’ici à 2031, les droits de douane sur 6 230 produits importés en provenance des pays africains membres de cette zone. Seuls 209 produits, soit environ 3 % de la liste globale, resteront exclus de cette libéralisation tarifaire.
L’annonce a été faite le 3 avril 2025 par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, à l’issue d’une réunion technique du comité national chargé de la mise en œuvre de la Zlecaf, présidée par la Première ministre Judith Suminwa. Le ministre a précisé que les listes des produits concernés par la libéralisation tarifaire et ceux exclus, ont été élaborées en collaboration avec le secteur privé et transmises au secrétariat général de la Zlecaf.
Toutefois, ces listes n’ont pas encore été rendues publiques par le ministère du Commerce extérieur, ce qui empêche, à ce stade, d’identifier précisément les produits concernés par la suppression des droits de douane et ceux maintenus sous protection.
Cette réunion a également statué sur les conditions permettant à la RDC de tirer pleinement profit de son intégration à la Zlecaf. Pour le ministre Julien Paluku, le respect des règles d’origine constitue une condition essentielle pour bénéficier de la libre circulation des biens au sein de la zone. Il précise qu’un produit ne pourra être exempté de droits de douane que si au moins 70 % de ses composants proviennent d’un pays membre de la Zlecaf.
Le gouvernement congolais mise également sur les zones économiques spéciales (ZES) pour tirer parti de cette intégration continentale. Ces zones sont conçues pour stimuler l’industrialisation, attirer les investissements étrangers et favoriser la diversification économique, dans l’objectif de renforcer le commerce intra-africain.
Toutefois, la mise en œuvre de la Zlecaf en RDC soulève plusieurs défis structurels qui vont au-delà des seules questions tarifaires. Julien Paluku a insisté sur la nécessité de développer les infrastructures — routes, chemins de fer, centrales hydroélectriques — indispensables pour améliorer la compétitivité du pays sur le marché continental.
Ronsard Luabeya, stagiaire
Un contrat de partenariat public-privé a été signé le 1er avril 2025 entre la République démocratique du Congo et le consortium formé par Jintai Mining PTE Ltd et Tembo Majengo Company SARL. L’accord porte sur le financement, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance du port industriel de Kalemie, situé dans la province du Tanganyika. La cérémonie de signature s’est tenue en présence du vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, et du directeur général de Jintai Mining PTE Ltd, Ye Zhiyong.
Peu d’informations ont été communiquées sur le processus ayant conduit à la sélection de ce groupement, ainsi que sur les détails du partenariat public-privé. À ce stade, Ye Zhiyong a simplement indiqué que le projet se déroulera en deux phases, avec un investissement estimé à 70 millions de dollars pour la première phase, dont la mise en service est prévue d’ici fin 2026. Il a ajouté que le port pourra, à terme, traiter jusqu’à 2 millions de tonnes de marchandises par an une fois les deux phases achevées.
Le port de Kalemie, situé sur le lac Tanganyika, connecte la RDC aux ports de Bujumbura (Burundi), Mpulungu (Zambie) et Kigoma (Tanzanie), permettant ainsi d’alimenter l’est du pays en marchandises. Selon les chiffres du service maritime de Kalemie, obtenus par RFI en 2021, le trafic de marchandises à l’importation était estimé à près de 60 000 tonnes par an, tandis que seulement 2 400 tonnes de coltan étaient exportées annuellement.
Ce port est également considéré comme le poumon économique de la province du Tanganyika, une région qui compte peu d’entreprises. Cependant, sa capacité d’accueil reste limitée, alors même que le trafic ne cesse d’augmenter. Pour y remédier, la RDC avait signé un contrat de 126,9 millions de dollars avec la société chinoise China Gezhouba International Engineering en vue de sa modernisation. Depuis la signature, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de ce projet, jusqu’à la signature d’un nouvel accord intervenu ce 1er avril.
Jintai Mining PTE Ltd se présente comme une société privée à responsabilité limitée par actions, basée à Singapour. Elle est active dans l’exploration, l’exploitation minière et le traitement du zinc et du plomb. En revanche, peu d’informations sont disponibles à ce jour sur Tembo Majengo Company SARL, également membre du consortium signataire.
Ronsard Luabeya, stagiaire
Lire aussi :
Port de Matadi : avec ses nouvelles grues, ICTSI promet de raccourcir les escales
Port de Banana : DP World confie un contrat de près 250 millions $ à Mota-Engil
Le ministre congolais de l’Industrie et du Développement des PME, Louis Watum Kabamba, a lancé, le 26 mars 2025, les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo. Située dans la province du Lualaba, riche en cobalt, cette zone, prévue pour s’étendre sur plus de 900 hectares, est dédiée à la production de précurseurs de batteries, de batteries, et potentiellement à l’assemblage de véhicules électriques à partir des matières premières locales.
Kinshasa, Lusaka et plusieurs institutions partenaires ont signé, le 27 mars 2023, un accord-cadre pour la création de ZES destinée à la production de batteries et de véhicules électriques en RDC et en Zambie. Conformément à cet accord, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Afreximbank devaient diriger la création d’une société chargée du développement et de l’exploitation des ZES, en consortium avec des investisseurs publics et privés des deux pays, ainsi que des partenaires internationaux tels que la plateforme d’investissement FEDA d’Afreximbank.
À ce jour, il n’est toutefois pas confirmé que cette société ait été officiellement créée. Dans le compte rendu publié par les services de communication du gouvernement du Lualaba, la société Arise IIP a été mentionnée comme l’un des partenaires du projet, sans plus de détails. Lors de la signature de l’accord-cadre, ce développeur d’infrastructures panafricain avait été désigné comme consultant technique chargé de mener l’étude de préfaisabilité pour l’établissement des ZES en RDC et en Zambie. Cette étude devait s’achever en août 2023, mais à ce jour, aucune information sur la publication de ses résultats n’est disponible.
Selon les autorités provinciales, les travaux d’aménagement de la ZES de Musompo sont évalués à plus de 200 millions de dollars. La durée du chantier, en revanche, n’a pas encore été communiquée.
Avec les ZES, le gouvernement accorde aux entreprises des facilités destinées à soutenir le développement de leurs activités, telles que des exonérations fiscales et douanières, afin d’attirer des investissements privés. À travers la ZES de Musompo, le ministère de l’Industrie et du Développement des PME espère mobiliser près de 2 milliards de dollars d’investissements dans la production de précurseurs de batteries, de batteries et, potentiellement, dans l’assemblage de véhicules électriques. Selon les projections du ministère, un tel niveau d’investissement pourrait générer environ 25 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects.
Cependant, la concrétisation de cette ambition industrielle devra surmonter plusieurs défis, notamment en matière d’infrastructures et d’approvisionnement énergétique. Selon le rapport de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), en 2024, la province du Lualaba disposait d’une puissance installée de 847,2 MW, pour une puissance effectivement disponible non communiquée. En 2023, le taux de disponibilité était de 88,2 %. Le rapport 2023 de l’ARE recense toutefois 17 projets initiés cette année-là, témoignant ainsi des efforts entrepris pour renforcer l’approvisionnement en électricité dans la région.
Boaz Kabeya, stagiaire
Lire aussi :
Véhicules électriques : le Maroc invité à rejoindre l’initiative RDC-Zambie
Tesla pris en référence pour le projet congolais de batteries électriques
Projet de raffinerie de cobalt de Lualaba : des investisseurs américains « fortement intéressés »
Le chef de division provinciale des Transports, Voies de communication et Désenclavement de la Tshopo, Jean-Marie Olinda Lituambela, a annoncé avoir informé, lors d’une réunion tenue le 24 mars 2025, le commissaire fluvial, les responsables des régies des voies fluviales, la police fluviale, les forces navales ainsi que le président de l’Association des armateurs de la décision de retirer de la circulation, dans les prochains jours à Kisangani, les embarcations en bois de plus de cinq ans, notamment les baleinières.
« La loi sur la navigation fluviale nous dit que lorsqu’une embarcation a duré plus de cinq ans, il faut la déclasser. Les équipes descendront incessamment sur le terrain pour identifier les embarcations, vérifier leur état technique, déterminer leur nombre réel », a précisé Jean-Marie Olinda Lituambela à l’Agence congolaise de presse. Il a ajouté que les propriétaires des embarcations concernées seront ensuite sensibilisés afin qu’ils puissent en construire de nouvelles.
En l’absence d’un tel remplacement, l’offre de transport fluvial, essentielle aux échanges vers ou depuis Kisangani, pourrait être fortement perturbée. Selon une étude de l’anthropologue Peter Lambertz, publiée en 2023, entre 2018 et 2019, le nombre de ces embarcations dans les ports privés de la ville est passé de 66 à 81, appartenant à 56 puis 69 armateurs différents. Ces bateaux, pouvant atteindre 50 mètres de long, relient Kisangani à des localités telles qu’Isangi, Lokutu, Basoko, Opala, et même Mbandaka. Ils transportent du riz, de l’huile de palme, du poisson, du charbon de bois et d’autres produits de première nécessité, assurant ainsi la sécurité alimentaire de la région. Sans eux, de nombreux marchés périodiques — Yafira, Yanonge, Yangambi, etc. — se retrouveraient isolés, privant les populations rurales de débouchés commerciaux.
Comme le souligne l’étude, les barges métalliques modernes, héritées de l’époque coloniale, sont trop coûteuses et mal adaptées aux besoins locaux. Elles servent principalement au transport de marchandises lourdes vers Kinshasa, avec des trajets limités à deux à quatre voyages par an. En outre, elles interdisent officiellement les passagers, contrairement aux baleinières qui leur réservent un étage supérieur.
Boaz Kabeya, stagiaire
Lire aussi :
Transport fluvial : la RDC investit un million de dollars pour quatre nouveaux ferries
Le naufrage sur le lac Kivu souligne l’urgence d’investir dans la modernisation du transport fluvial
Matadi Gateway Terminal (MGT), filiale d’International Container Terminal Services (ICTSI), qui exploite l’un des deux terminaux à conteneurs du port de Matadi, en République Démocratique du Congo (RDC), a annoncé, le 18 mars dernier, avoir réceptionné un deuxième lot de quatre grues portiques hybrides et automatisées (RTG), portant ainsi à huit le nombre total de ces équipements.
« Avec ces grues supplémentaires, MGT améliorera les délais d’escale des navires et des camions, ce qui se traduira par des services plus rapides et des standards de sécurité renforcés », promet le directeur général de MGT, Timothée Jeannin. Selon lui, ces équipements modernes permettront aussi de réduire les risques de pannes techniques grâce à une répartition plus efficace de la charge de travail, assurant ainsi une exploitation plus fiable et continue.
L’entreprise n’a pas précisé l’ampleur attendue de la réduction des délais. Mais avec trois grues mobiles, elle affirmait déjà pouvoir traiter un porte-conteneurs de 2 500 EVP en moins de 12 heures d’opérations à quai. Selon l’indice international Container Port Performance Index (CPPI) de la Banque mondiale, le port de Matadi a été classé port le plus efficient d’Afrique subsaharienne en 2021 (171e rang mondial sur 370 ports évalués).
En 2023, MGT avait déjà introduit des grues RTG hybrides. Ces équipements, alimentés par une combinaison de batteries et de moteurs diesel, permettent de réduire les émissions de carbone tout en améliorant l’efficacité opérationnelle. L’entreprise prévoit par ailleurs d’élargir sa flotte avec de nouveaux équipements afin de renforcer sa compétitivité à l’échelle régionale.
Dans cette même dynamique, MGT a engagé des travaux d’aménagement visant à améliorer l’accès au port et à fluidifier le transport des marchandises. Il s’agit notamment de la construction d’une route de 2,65 kilomètres reliant le port de Matadi aux principaux axes de transport — un chantier aujourd’hui achevé à moitié —, de l’agrandissement de l’aire de stockage pour accueillir des volumes de fret plus importants, ainsi que de l’extension des parkings.
Le port de Matadi est engagé dans une transformation de ses deux terminaux à conteneurs. Depuis 2019, ICTSI met en œuvre un plan d’investissement de 100 millions de dollars. En janvier 2025, le groupe français Eiffage a décroché un contrat de plus de 100 millions d’euros pour la rénovation et l’extension du second terminal à conteneurs.
Prévu pour démarrer dès 2020, le projet de dragage du chenal du fleuve Congo reste en attente. Ces travaux sont pourtant jugés essentiels pour permettre au port d’accueillir des navires de plus grande capacité et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des ports concurrents de la région.
Boaz Kabeya stagiaire
C’est désormais officiel : la République Démocratique du Congo (RDC) a décidé d’instaurer des quotas sur la production de cobalt et les stocks accumulés à l’issue des quatre mois de suspension des exportations, décidée en février 2025. L’annonce a été faite par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, lors du Conseil des ministres du 14 mars 2025.
Selon le compte rendu de cette réunion, ces quotas seront de deux types : l’un appliqué aux exportations et l’autre à la transformation locale du cobalt. Le document ne donne cependant pas plus de détails. On ignore donc les volumes concernés, ainsi que les modalités de mise en œuvre. On sait seulement que « les responsables concernés par ces actions ont été appelés à les implémenter avec célérité et efficacité ».
Par ailleurs, la RDC entend « obtenir la collaboration de l’Indonésie, autre grand producteur de cobalt, afin de mieux contrôler l’offre sur le marché mondial et, par conséquent, son prix ». L’Indonésie, qui détient 9,66 % des parts de marché, est le deuxième producteur mondial de cobalt. À elles deux, la RDC et l’Indonésie contrôlent plus de 85 % de la production mondiale.
Depuis la suspension des exportations de cobalt, les prix ont bondi sur le marché international. La semaine dernière, l’hydroxyde de cobalt a par exemple atteint 10,5 dollars la livre, soit une hausse de 84 %. Cependant, plusieurs experts estiment que cette tendance pourrait s’inverser si la reprise des exportations entraîne un afflux massif de cobalt sur le marché. Le gouvernement congolais affirme d’ailleurs que les nouvelles mesures visent à assurer un « encadrement efficient » de la suspension des exportations.
La réaction du marché et des acteurs locaux du secteur face à ces nouvelles mesures reste attendue. Mais, selon Africa Intelligence, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) serait opposée à la suspension des exportations de cobalt. D’après le média français, la Chambre des mines de la FEC a même adressé un courrier au ministre des Mines, Kizito Kapinga Mulume, le 7 mars, dans lequel elle exprime ses griefs.
L’organisation patronale estime notamment que cette décision va à l’encontre des dispositions du Code minier congolais. Selon la FEC, ce texte, qui a une valeur juridique supérieure, garantit aux opérateurs la liberté de commercialiser leurs produits. Elle propose alors la création d’une commission ad hoc public-privé afin de résoudre les problèmes engendrés par cette décision.
Pierre Mukoko
Lire aussi :
Cobalt : les prix explosent moins d’un mois après la suspension des exportations de RDC, mais…
Pour renforcer la sécurité juridique des investissements et améliorer le climat des affaires en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) prévoit d’ouvrir un centre d’arbitrage à Kinshasa. L’annonce a été faite le 17 mars 2025 par le secrétaire permanent de l’Ohada, Mayata Ndiaye, lors d’une rencontre avec le vice-Premier ministre en charge du Plan, Guylain Nyembo.
« En ce qui concerne le climat d’investissement, l’échange a porté sur le projet de mise en place d’un bureau du centre d’arbitrage ici à Kinshasa. Nous sommes très heureux d’annoncer son appui pour la réalisation immédiate et urgente de ce projet, qui peut nous être utile non seulement pour les contrats d’investissement, mais aussi pour la gestion des contentieux liés à l’exploitation des ressources naturelles de la RDC », a-t-il déclaré.
L’ouverture de ce centre d’arbitrage a été décidée lors du 57 ᵉ conseil des ministres de l’Ohada, tenu à Dakar en août 2024, en réponse à une sollicitation du président de la RDC lors de la 56 ᵉ réunion.
En RDC, ce centre d’arbitrage devrait offrir aux opérateurs économiques une alternative efficace aux tribunaux étatiques pour la résolution des litiges commerciaux, dans un pays où la sécurité juridique demeure un véritable défi. Pour y remédier, les états généraux de la justice se sont tenus en novembre dernier. À cette occasion, le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est engagé à « purger » la justice de tous ses « fléaux ». La mise en œuvre des recommandations issues de ce conclave de dix jours reste toutefois attendue.
En 2021, la RDC a été classée 183 ᵉ sur 190 dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale. Ce classement mesurait la facilité de faire des affaires à travers plusieurs indicateurs, notamment la création d’entreprise, l’accès au crédit, le paiement des taxes et la protection des investisseurs.
Ronsard Luabeya, stagiaire
L’occupation des principales villes du Kivu par les rebelles du M23 et leurs soutiens des forces armées rwandaises a bouleversé le marché brassicole dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), selon des témoignages concordants. Les pénuries et la hausse des prix des bières congolaises favorisent l’essor des produits importés du Rwanda et du Burundi.
À Bukavu, le prix d’une bouteille de bière Brasimba est passé de 3 500 à 8 000 francs congolais (FC), tandis qu’à Kiwanja, une Primus grand format se négocie entre 6 000 et 7 000 FC. À l’inverse, les bières rwandaises et burundaises, notamment Primus Rwanda et Amstel, restent plus abordables, oscillant entre 3 000 et 4 000 FC dans certaines buvettes de la commune de Karisimbi, à Goma.
Face à cette situation, les tenanciers de bars et terrasses s’approvisionnent de plus en plus dans les pays voisins pour maintenir leurs activités. Cette dynamique favorise les brasseries rwandaises et burundaises au détriment de la production locale, dont les capacités ont été fortement réduites par les pillages.
En février 2025, lors de l’entrée des rebelles du M23 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, les entrepôts de la Bralima, l’une des principales entreprises brassicoles en RDC, ont été pillés. Ce saccage menace directement l’emploi de plus de 1 000 personnes, incluant les contractants et sous-traitants, qui risquent de perdre leur source de revenus et de se retrouver en difficulté pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Ronsard Luabeya, stagiaire
Lire aussi :
Conflit à l’est de RDC : des « pertes considérables » pour les entreprises
Commerce transfrontalier : des trajets plus longs entre Goma, Bukavu et l’Ouganda
Conflit à l’est de la RDC : vers la relocalisation de l’activité bancaire de Goma à Beni
Conflit à l’est de la RDC : des compagnies aériennes en difficulté à Kisangani
Goma : les prix de certaines denrées bondissent de 160 % en une semaine
Le gouvernement envisage la création d’un programme d’accompagnement destiné aux exportateurs et producteurs congolais, a annoncé le 12 mars 2025 le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, sur le réseau social X (anciennement Twitter). Selon lui, ce programme vise à permettre aux exportateurs de mieux tirer parti des accords commerciaux, notamment l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) avec les États-Unis et l’accord commercial récemment signé avec la Chine.
« Nos producteurs et exportateurs congolais ont besoin de financements innovants pour renforcer leur capacité à conquérir ces marchés et ainsi améliorer notre balance commerciale », a déclaré le ministre du Commerce extérieur.
Le gouvernement souhaite associer la banque Equity BCDC, dont il détient 12,17 % des parts, à la mise en œuvre de cette initiative. À cet effet, Julien Paluku a échangé avec Hugues Efole, directeur groupe d’Equity en charge des paiements, des envois de fonds transfrontaliers et de la diaspora.. Il en est ressorti la création d’une commission technique réunissant des experts du ministère du Commerce extérieur et d’Equity BCDC pour concrétiser le projet.
Déjà engagée dans le soutien aux exportateurs, Equity BCDC propose des financements relais et accompagne les coopératives agricoles en finançant la collecte, la transformation et l’exportation, facilitant ainsi leur accès aux marchés internationaux.
En septembre 2024, le gouvernement congolais a adopté une stratégie nationale visant à dynamiser les exportations vers les États-Unis dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette stratégie ambitionne de relancer 21 filières hors mines et 5 filières minières, avec pour objectif de faire passer le volume des échanges de 600 millions de dollars en 2021 à une fourchette comprise entre 3 et 5 milliards de dollars d’ici 2030.
Ronsard Luabeya, Stagiaire
Lire aussi :
Marché américain : pourquoi la RDC conserve son accès sans droits de douane
Exportations des produits agricoles : la RDC réalise un record à 433 millions $ en 2024
Plusieurs indicateurs laissent présager une dépréciation du dollar américain en 2025, une monnaie largement utilisée en République démocratique du Congo (RDC). Parmi ces signaux figurent l’évolution du taux de change face à l’euro, la flambée des prix de l’or et certains indicateurs économiques en provenance des États-Unis.
L’or, souvent considéré comme une valeur refuge, a récemment atteint des sommets historiques, frôlant les 3 000 dollars l’once. Cette hausse reflète généralement une perte de confiance des investisseurs envers les actifs libellés en dollars, qui cherchent ainsi à se prémunir contre une éventuelle dépréciation de la monnaie américaine.
Parallèlement, selon les plateformes de change, le dollar a perdu jusqu’à 3,5 % de sa valeur face à l’euro au cours des 30 derniers jours. Cette baisse s’explique par plusieurs facteurs, notamment la qualité de la dette américaine.
Selon le Bureau du budget du Congrès américain (CBO), le déficit public des États-Unis devrait atteindre 1 900 milliards de dollars en 2025, soit 6,2 % du produit intérieur brut (PIB), un niveau presque deux fois supérieur à la moyenne annuelle des 50 dernières années (3,4 %). Cette situation alimente les interrogations sur la viabilité d’un investissement massif dans le dollar.
En plus, des investisseurs clés de la dette américaine, comme la Chine et le Japon, réduisent progressivement leurs positions. Pékin, engagé dans une guerre commerciale avec Washington, diminue ses achats d’obligations américaines, tandis que Tokyo, premier détenteur étranger de cette dette, en a vendu une partie afin de renforcer ses réserves de change et stabiliser le yen. L’Europe, confrontée à ses propres défis économiques, pourrait également réduire ses investissements en dollars.
91 % des dépôts bancaires de la RDC concernés
Un autre facteur de la baisse attendue du dollar est le recul de la valeur des actions américaines, en particulier dans le secteur technologique. Les attentes élevées autour de l’innovation et de l’intelligence artificielle ont été refroidies par l’émergence d’alternatives chinoises, proposant des outils d’IA à moindre coût. Cette dynamique a contribué à une baisse de 8,7 % de l’indice S&P 500 en un mois.
Enfin, la politique commerciale américaine privilégie une réduction des importations via l’imposition de tarifs douaniers, avec pour objectif de stimuler la réindustrialisation du pays. Stephan Miran, principal conseiller économique du président Donald Trump et partisan de cette approche, estime qu’une dépréciation du dollar rendrait les produits américains plus compétitifs à l’international, favorisant ainsi un excédent commercial.
Si ces tendances se confirment, la RDC pourrait être fortement impactée. Selon la dernière note de conjoncture hebdomadaire de la Banque centrale du Congo (BCC), le dollar représente 91 % des dépôts bancaires dans le pays, soit un total de 14,7 milliards de dollars à fin janvier 2025. Une dépréciation du billet vert pourrait ainsi réduire la valeur de cette épargne. En revanche, elle pourrait aussi entraîner une baisse du coût des importations, faciliter les investissements étrangers non américains et renforcer le rôle du franc congolais.
À ce stade, les autorités congolaises ne se sont pas encore exprimées sur cette évolution possible, qui comporte à la fois des risques et des opportunités pour le pays. L’attention reste pour l’instant tournée vers la crise sécuritaire dans l’est du territoire.
La dollarisation de l’économie congolaise est un phénomène ancien, et le franc congolais peine à retrouver son statut dominant. La BCC maintient ses taux directeurs à 25 % pour la monnaie locale, redoutant qu’une expansion du crédit en francs congolais ne génère une surliquidité et une nouvelle dépréciation de la devise nationale.
Idriss Linge
Lire aussi :
Le franc congolais déprécié malgré des réserves extérieures en hausse
La République Démocratique du Congo (RDC) et la Chine discutent d’un accord de coopération visant à permettre au pays de produire annuellement 5 millions de poussins de poules à plumes blanches. Cette initiative a été évoquée le 11 mars 2025, lors de la visite d’une délégation chinoise au ministère de la Pêche et de l’Élevage. Concrètement, il est question d’importer de la Chine chaque année de 50 000 couples de reproducteurs parentaux, capables de fournir ces 5 millions de poussins, afin de garantir un approvisionnement en volailles de qualité.
Plus largement, l’objectif est de moderniser la chaîne de valeur avicole en RDC. La coopération sino-congolaise en gestation devrait donc également comprendre un transfert de technologies et une formation des éleveurs congolais. La Chine se dit prête à fournir des manuels techniques, des solutions de gestion intelligente et un appui en sélection génétique pour améliorer la résistance des volailles aux maladies. Chaque année, des experts chinois devraient aussi dispenser deux formations sur site, bénéficiant à 100 éleveurs locaux, afin de moderniser la filière et de renforcer l’autosuffisance alimentaire en RDC.
À ce stade, les discussions portent sur l’élaboration d’un mémorandum d’entente entre les opérateurs chinois et les autorités congolaises. Conduite par le vice-ministre chinois du Commerce extérieur, Zhang Qingwei, la délégation comprenait des représentants de Shandong Guangming Biotech et de Luchuan International Trade, laissant ainsi penser que ces deux entreprises jouent un rôle central dans la mise en place de cet accord de coopération en cours de négociation.
Shandong Guangming Biotech est une entreprise chinoise spécialisée dans l’élevage de poulets de chair. Elle a récemment conclu un partenariat avec Yike Food, un transformateur avicole chinois, en vue de collaborer sur des projets de développement du secteur, notamment à travers la co-application et la mise en œuvre de programmes nationaux et provinciaux de reproduction avicole.
Filière locale non compétitive
De son côté, Shanghai Lusheng International Trade est une société commerciale chinoise spécialisée dans la fabrication et l’exportation de divers produits industriels, notamment des vannes, des tuyaux en acier inoxydable et des accessoires conformes aux normes GB, ASTM, BS, JIS et DIN.
Le 18 octobre 2024, le Conseil des ministres a approuvé un projet pilote visant à relancer la production avicole en RDC. Ce programme, qui devrait être déployé sur huit pôles à travers le pays, ambitionne de structurer les filières avicoles et de renforcer les interactions entre l’aviculture moderne et paysanne afin de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaire en matière de produits avicoles, incluant la viande, les œufs et leurs dérivés. On ignore pour l’instant si le projet de coopération s’inscrit dans la perspective de la mise en œuvre de ce programme.
Une chose est sûre, ces discussions interviennent dans un contexte marqué par une hausse des importations de poulet en RDC, notamment en provenance de l’Union européenne (UE). Selon le Département américain de l’Agriculture (USDA), ces importations pourraient atteindre jusqu’à 140 000 tonnes en 2024.
L’attractivité des importations repose sur des prix particulièrement bas. En 2024, le prix FOB de la tonne de viande de poulet européenne destinée à la RDC était inférieur à 1 000 dollars, contre près de 4 000 dollars pour la Guinée et 2 250 dollars pour le Bénin. Cette forte compétitivité des importations met en difficulté les producteurs locaux, d’autant que le coût de production d’un poulet à Kinshasa dépasse souvent 2,3 dollars, soit un niveau supérieur au prix d’importation.
Boaz Kabeya, stagiaire
Lire aussi :
La RDC s'active pour profiter des 50 milliards de dollars promis par la Chine à l'Afrique
Poulets, œufs et dérivés : un projet pilote de relance de la production en vue
Poulet : les importations de la RDC depuis l’UE devraient atteindre un record en 2024
Le bouclage du financement de la centrale hydroélectrique Ruzizi III, initialement prévu pour le troisième trimestre 2025, est désormais incertain, selon plusieurs bailleurs de fonds du projet cités par Reuters dans une dépêche publiée le 13 mars.
« Avec la progression du M23 au Sud-Kivu, le site du projet Ruzizi III se retrouve dans la zone de conflit (…) Nous adoptons une approche attentiste pour déterminer la suite du projet (…) Nous coordonnons également étroitement avec nos co-financiers », a déclaré un responsable de la Banque européenne d’investissement (BEI), principal arrangeur du financement.
« Le calendrier de la clôture financière dépendra de l’évolution de la situation », a précisé un porte-parole de l’Agence française de développement (AFD), l’un des bailleurs du projet. Du côté de la banque publique allemande de développement KfW, un autre financeur, on affirme que tout nouvel engagement financier est suspendu, conformément à la décision du gouvernement allemand annoncée le 4 mars dernier.
En maturation depuis au moins 2015, le projet Ruzizi III prévoit une capacité installée de 206 MW, pour un coût estimé à 760 millions de dollars. Ce budget inclut la construction d’une ligne d’évacuation d’énergie de 220 kV jusqu’au poste de dispatching régional de Kamanyola. L’infrastructure doit être développée sur la rivière Ruzizi III, un cours d’eau reliant le lac Kivu au lac Tanganyika, qui matérialise une partie de la frontière entre le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC).
Cette incertitude repousse indéfiniment le début des travaux de construction de cette infrastructure, initialement prévus pour le quatrième trimestre 2025. L’électricité produite devait être répartie équitablement entre le Rwanda, le Burundi et la RDC, bénéficiant à environ 30 millions de personnes.
Une participation de 30 % est d’ailleurs réservée à ces trois pays dans la société de projet Ruzizi III Energy Ltd, aux côtés des partenaires privés, dont SN Power, désormais filiale de TotalEnergies, et Industrial Promotion Services (IPS), basé à Nairobi. Le montage financier prévoit que les bailleurs de fonds (AFD, BAD, BEI, BM, KfW et UE) accordent aux États contractants des dons et prêts concessionnels, qui sont ensuite rétrocédés à la société de projet pour financer la construction de la centrale et de ses infrastructures associées.
Le Burundi, la RDC et le Rwanda font encore face à d’importants défis énergétiques. Selon la Banque mondiale, leurs taux d’accès à l’électricité sont estimés respectivement à 10 %, 21,5 % et 50,6 %. La centrale Ruzizi III permettrait de presque doubler la capacité actuelle du Burundi, d’augmenter de 30 % la capacité installée du Rwanda et d’améliorer l’accès à une énergie fiable pour l’est de la RDC.
Pierre Mukoko
Lire aussi :
Électricité : vers une restructuration de la dette de la SNEL, évaluée à 3 milliards $
Interconnexion électrique avec Kinshasa : Brazzaville lance ses études de faisabilité
Kamoa-Kakula : le projet Somagec, une alternative pour importer l’électricité d’Angola
.
Après plusieurs jours de tractations, la société égyptienne Safrimex, chargée de la réhabilitation des voiries urbaines dans plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo (RDC), a obtenu des assurances quant au règlement de ses factures. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP) a saisi son collègue du Budget pour faciliter le paiement des sommes dues, a indiqué, le 12 mars 2025, le directeur général adjoint de l’Office de voirie et drainage (OVD), Venant Burume Muhigirwa, lors d’une rencontre avec le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbuebua Kapo. Ce dernier s’est rendu à Mbujimayi pour inspecter les travaux en cours, notamment ceux liés à la modernisation de la voirie et à la lutte contre l’érosion.
Cette avancée fait suite aux discussions engagées entre Safrimex et l’OVD à Kinshasa, visant à trouver une solution aux difficultés financières ayant entraîné des menaces d’interruption des travaux.
Le 8 mars, le directeur provincial de Safrimex, Rida Mroue, avait confié au gouverneur du Kasaï-Oriental que les tensions de trésorerie empêchaient l’entreprise de poursuivre ses chantiers à Mbujimayi. « Effectivement, l’entreprise rencontre quelques difficultés de trésorerie en cette période de guerre. Elle a sollicité certains paiements auprès du ministère des Finances afin d’alléger sa situation et de pouvoir poursuivre les travaux », a déclaré le directeur provincial de l’OVD, Trésor Kashala, à l’issue de la réunion.
Cette situation a également suscité l’intervention du député national Tobi Kayumbi, qui a adressé, le 11 mars, une question écrite au ministre des Finances sur le taux d’exécution financière des travaux de voirie et de lutte antiérosive à Mbujimayi.
Présente en RDC depuis 2022, Safrimex, filiale du groupe Socimex, mène plusieurs projets d’infrastructures routières dans le cadre du programme « Tshilejelu », doté d’un budget de 138 millions USD pour la construction de 142 km de routes.
À Mbujimayi, l’entreprise est engagée sur 25,32 km de voirie, en complément d’autres chantiers situés à Kinshasa (72 km), Kabinda (10,5 km), Lusambo (10 km), Kananga (35 km), Mwene-Ditu (5,5 km) et Tshikapa (15,39 km). En novembre 2024, l’OVD estimait que le taux d’exécution des travaux au Kasaï-Oriental atteignait 30 %.
Ronsard Luabeya, stagiaire