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CLIMAT DES AFFAIRES

CLIMAT DES AFFAIRES (296)

Le 2 avril 2025, le président américain Donald Trump a annoncé l’imposition de nouveaux tarifs douaniers, qualifiés de « réciproques », sur les importations en provenance de plusieurs pays, dont la République démocratique du Congo (RDC). Selon l’administration américaine, le taux de 11 % désormais appliqué aux produits congolais refléterait, comme pour d’autres pays, le niveau des barrières tarifaires que la RDC imposerait aux exportations américaines.

Cependant, cette justification repose sur une méthode de calcul particulière. Elle consiste à établir le déficit commercial des États-Unis avec un pays donné, à le diviser par la valeur totale des importations en provenance de ce pays, puis à diviser le résultat par deux pour obtenir le taux de douane appliqué. Si ce calcul donne un chiffre inférieur à 10 %, ou en cas d’excédent commercial, un taux plancher de 10 % est appliqué.

La RDC applique des droits de douane standards, conformes aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), sans mesures discriminatoires spécifiques à l’encontre des produits américains. Selon les données officielles, ces droits varient de 5 % à 20 % de la valeur du produit hors frais de transport et d’assurance, en fonction de la nature des marchandises. À ces droits s’ajoutent diverses taxes, dont la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui peut porter le coût total du dédouanement à plus de 44,7 % de la valeur du produit.

Opportunités

Ainsi, le taux de 11 % finalement appliqué reste globalement avantageux pour la RDC. Le pays d’Afrique centrale échappe en réalité à une tarification plus lourde, en raison de la faible valeur des échanges commerciaux avec les États-Unis et d’un excédent commercial modeste (96 millions de dollars en 2024).

Les États-Unis ne figurent pas parmi les principaux clients de la RDC, bien que les échanges soient en progression. Selon le Bureau du représentant américain au Commerce, en 2024, les exportations congolaises vers les États-Unis ont atteint 323,1 millions de dollars, enregistrant une hausse de 17,5 % par rapport à 2023. Ces exportations incluent principalement des minerais et des métaux, tels que le cobalt et le coltan, essentiels à l’industrie technologique américaine. Les exportations agricoles, notamment le café et le cacao, ont quant à elles généré 31,5 millions de dollars en 2022.

Dans ce contexte, l’imposition de droits de douane à 11 % pourrait même ouvrir de nouvelles opportunités pour la RDC, qui dispose d’importants atouts en matière de ressources naturelles.

Dans le secteur minier, qui représente la majeure partie des exportations congolaises, la RDC est soit moins taxée, soit soumise à un niveau similaire de taxation par rapport à ses concurrents. À titre de comparaison : le Chili et le Pérou sont soumis à un tarif de 10 %, la Chine à 54 %, l’Indonésie à 32 % et la Zambie à 17 %. Cette configuration pourrait permettre à la RDC de conserver sa position actuelle sur le marché américain, voire de gagner en compétitivité face à certains concurrents.

AGOA

Par ailleurs, certains minerais et métaux produits par la RDC ne sont pas concernés par ces nouveaux droits de douane. Selon la Maison-Blanche, les lingots d’or, les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs, le cuivre, le bois de construction, les produits énergétiques, ainsi que les minerais non disponibles sur le sol américain, sont exonérés de ces nouvelles mesures tarifaires.

Dans le secteur agroalimentaire, la décision de Donald Trump pourrait également ouvrir des perspectives pour le cacao congolais sur le marché américain. Ce produit pourrait concurrencer celui des deux leaders mondiaux, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux seuls 60 % de l’offre mondiale. Ces deux pays sont désormais taxés respectivement à 21 % et 17 %, contre seulement 11 % pour la RDC.

Ces nouveaux droits de douane interviennent alors que la RDC, comme de nombreux pays africains, bénéficie encore des avantages de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), une loi américaine promulguée en 2000 visant à faciliter l’accès des produits africains au marché américain, en supprimant les droits d’importation sur plus de 6 800 produits.

Cependant, l’entrée en vigueur immédiate des nouveaux tarifs douaniers, prévue pour le 9 avril 2025, soulève des interrogations sur la survie de l’AGOA, dont l’échéance actuelle est fixée au 30 septembre 2025.

Georges Auréole Bamba et Boaz Kabeya, stagiaire

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Posted On dimanche, 06 avril 2025 02:37 Written by

Dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le gouvernement congolais prévoit de supprimer progressivement, d’ici à 2031, les droits de douane sur 6 230 produits importés en provenance des pays africains membres de cette zone. Seuls 209 produits, soit environ 3 % de la liste globale, resteront exclus de cette libéralisation tarifaire.

L’annonce a été faite le 3 avril 2025 par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, à l’issue d’une réunion technique du comité national chargé de la mise en œuvre de la Zlecaf, présidée par la Première ministre Judith Suminwa. Le ministre a précisé que les listes des produits concernés par la libéralisation tarifaire et ceux exclus, ont été élaborées en collaboration avec le secteur privé et transmises au secrétariat général de la Zlecaf.

Toutefois, ces listes n’ont pas encore été rendues publiques par le ministère du Commerce extérieur, ce qui empêche, à ce stade, d’identifier précisément les produits concernés par la suppression des droits de douane et ceux maintenus sous protection.

Cette réunion a également statué sur les conditions permettant à la RDC de tirer pleinement profit de son intégration à la Zlecaf. Pour le ministre Julien Paluku, le respect des règles d’origine constitue une condition essentielle pour bénéficier de la libre circulation des biens au sein de la zone. Il précise qu’un produit ne pourra être exempté de droits de douane que si au moins 70 % de ses composants proviennent d’un pays membre de la Zlecaf.

Le gouvernement congolais mise également sur les zones économiques spéciales (ZES) pour tirer parti de cette intégration continentale. Ces zones sont conçues pour stimuler l’industrialisation, attirer les investissements étrangers et favoriser la diversification économique, dans l’objectif de renforcer le commerce intra-africain.

Toutefois, la mise en œuvre de la Zlecaf en RDC soulève plusieurs défis structurels qui vont au-delà des seules questions tarifaires. Julien Paluku a insisté sur la nécessité de développer les infrastructures — routes, chemins de fer, centrales hydroélectriques — indispensables pour améliorer la compétitivité du pays sur le marché continental.

Ronsard Luabeya, stagiaire

Posted On samedi, 05 avril 2025 14:07 Written by

Un contrat de partenariat public-privé a été signé le 1er avril 2025 entre la République démocratique du Congo et le consortium formé par Jintai Mining PTE Ltd et Tembo Majengo Company SARL. L’accord porte sur le financement, la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance du port industriel de Kalemie, situé dans la province du Tanganyika. La cérémonie de signature s’est tenue en présence du vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, et du directeur général de Jintai Mining PTE Ltd, Ye Zhiyong.

Peu d’informations ont été communiquées sur le processus ayant conduit à la sélection de ce groupement, ainsi que sur les détails du partenariat public-privé. À ce stade, Ye Zhiyong a simplement indiqué que le projet se déroulera en deux phases, avec un investissement estimé à 70 millions de dollars pour la première phase, dont la mise en service est prévue d’ici fin 2026. Il a ajouté que le port pourra, à terme, traiter jusqu’à 2 millions de tonnes de marchandises par an une fois les deux phases achevées.

Le port de Kalemie, situé sur le lac Tanganyika, connecte la RDC aux ports de Bujumbura (Burundi), Mpulungu (Zambie) et Kigoma (Tanzanie), permettant ainsi d’alimenter l’est du pays en marchandises. Selon les chiffres du service maritime de Kalemie, obtenus par RFI en 2021, le trafic de marchandises à l’importation était estimé à près de 60 000 tonnes par an, tandis que seulement 2 400 tonnes de coltan étaient exportées annuellement.

Ce port est également considéré comme le poumon économique de la province du Tanganyika, une région qui compte peu d’entreprises. Cependant, sa capacité d’accueil reste limitée, alors même que le trafic ne cesse d’augmenter. Pour y remédier, la RDC avait signé un contrat de 126,9 millions de dollars avec la société chinoise China Gezhouba International Engineering en vue de sa modernisation. Depuis la signature, aucune communication officielle n’a été faite sur l’évolution de ce projet, jusqu’à la signature d’un nouvel accord intervenu ce 1er avril.

Jintai Mining PTE Ltd se présente comme une société privée à responsabilité limitée par actions, basée à Singapour. Elle est active dans l’exploration, l’exploitation minière et le traitement du zinc et du plomb. En revanche, peu d’informations sont disponibles à ce jour sur Tembo Majengo Company SARL, également membre du consortium signataire.

Ronsard Luabeya, stagiaire

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Posted On jeudi, 03 avril 2025 13:39 Written by

Le ministre congolais de l’Industrie et du Développement des PME, Louis Watum Kabamba, a lancé, le 26 mars 2025, les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo. Située dans la province du Lualaba, riche en cobalt, cette zone, prévue pour s’étendre sur plus de 900 hectares, est dédiée à la production de précurseurs de batteries, de batteries, et potentiellement à l’assemblage de véhicules électriques à partir des matières premières locales.

Kinshasa, Lusaka et plusieurs institutions partenaires ont signé, le 27 mars 2023, un accord-cadre pour la création de ZES destinée à la production de batteries et de véhicules électriques en RDC et en Zambie. Conformément à cet accord, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Afreximbank devaient diriger la création d’une société chargée du développement et de l’exploitation des ZES, en consortium avec des investisseurs publics et privés des deux pays, ainsi que des partenaires internationaux tels que la plateforme d’investissement FEDA d’Afreximbank.

À ce jour, il n’est toutefois pas confirmé que cette société ait été officiellement créée. Dans le compte rendu publié par les services de communication du gouvernement du Lualaba, la société Arise IIP a été mentionnée comme l’un des partenaires du projet, sans plus de détails. Lors de la signature de l’accord-cadre, ce développeur d’infrastructures panafricain avait été désigné comme consultant technique chargé de mener l’étude de préfaisabilité pour l’établissement des ZES en RDC et en Zambie. Cette étude devait s’achever en août 2023, mais à ce jour, aucune information sur la publication de ses résultats n’est disponible.

Selon les autorités provinciales, les travaux d’aménagement de la ZES de Musompo sont évalués à plus de 200 millions de dollars. La durée du chantier, en revanche, n’a pas encore été communiquée.

Avec les ZES, le gouvernement accorde aux entreprises des facilités destinées à soutenir le développement de leurs activités, telles que des exonérations fiscales et douanières, afin d’attirer des investissements privés. À travers la ZES de Musompo, le ministère de l’Industrie et du Développement des PME espère mobiliser près de 2 milliards de dollars d’investissements dans la production de précurseurs de batteries, de batteries et, potentiellement, dans l’assemblage de véhicules électriques. Selon les projections du ministère, un tel niveau d’investissement pourrait générer environ 25 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects.

Cependant, la concrétisation de cette ambition industrielle devra surmonter plusieurs défis, notamment en matière d’infrastructures et d’approvisionnement énergétique. Selon le rapport de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), en 2024, la province du Lualaba disposait d’une puissance installée de 847,2 MW, pour une puissance effectivement disponible non communiquée. En 2023, le taux de disponibilité était de 88,2 %. Le rapport 2023 de l’ARE recense toutefois 17 projets initiés cette année-là, témoignant ainsi des efforts entrepris pour renforcer l’approvisionnement en électricité dans la région.

Boaz Kabeya, stagiaire

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Posted On lundi, 31 mars 2025 14:21 Written by

Le chef de division provinciale des Transports, Voies de communication et Désenclavement de la Tshopo, Jean-Marie Olinda Lituambela, a annoncé avoir informé, lors d’une réunion tenue le 24 mars 2025, le commissaire fluvial, les responsables des régies des voies fluviales, la police fluviale, les forces navales ainsi que le président de l’Association des armateurs de la décision de retirer de la circulation, dans les prochains jours à Kisangani, les embarcations en bois de plus de cinq ans, notamment les baleinières.

« La loi sur la navigation fluviale nous dit que lorsqu’une embarcation a duré plus de cinq ans, il faut la déclasser. Les équipes descendront incessamment sur le terrain pour identifier les embarcations, vérifier leur état technique, déterminer leur nombre réel », a précisé Jean-Marie Olinda Lituambela à l’Agence congolaise de presse. Il a ajouté que les propriétaires des embarcations concernées seront ensuite sensibilisés afin qu’ils puissent en construire de nouvelles.

En l’absence d’un tel remplacement, l’offre de transport fluvial, essentielle aux échanges vers ou depuis Kisangani, pourrait être fortement perturbée. Selon une étude de l’anthropologue Peter Lambertz, publiée en 2023, entre 2018 et 2019, le nombre de ces embarcations dans les ports privés de la ville est passé de 66 à 81, appartenant à 56 puis 69 armateurs différents. Ces bateaux, pouvant atteindre 50 mètres de long, relient Kisangani à des localités telles qu’Isangi, Lokutu, Basoko, Opala, et même Mbandaka. Ils transportent du riz, de l’huile de palme, du poisson, du charbon de bois et d’autres produits de première nécessité, assurant ainsi la sécurité alimentaire de la région. Sans eux, de nombreux marchés périodiques — Yafira, Yanonge, Yangambi, etc. — se retrouveraient isolés, privant les populations rurales de débouchés commerciaux.

Comme le souligne l’étude, les barges métalliques modernes, héritées de l’époque coloniale, sont trop coûteuses et mal adaptées aux besoins locaux. Elles servent principalement au transport de marchandises lourdes vers Kinshasa, avec des trajets limités à deux à quatre voyages par an. En outre, elles interdisent officiellement les passagers, contrairement aux baleinières qui leur réservent un étage supérieur.

Boaz Kabeya, stagiaire

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Posted On mardi, 25 mars 2025 13:01 Written by

Matadi Gateway Terminal (MGT), filiale d’International Container Terminal Services (ICTSI), qui exploite l’un des deux terminaux à conteneurs du port de Matadi, en République Démocratique du Congo (RDC), a annoncé, le 18 mars dernier, avoir réceptionné un deuxième lot de quatre grues portiques hybrides et automatisées (RTG), portant ainsi à huit le nombre total de ces équipements.

« Avec ces grues supplémentaires, MGT améliorera les délais d’escale des navires et des camions, ce qui se traduira par des services plus rapides et des standards de sécurité renforcés », promet le directeur général de MGT, Timothée Jeannin. Selon lui, ces équipements modernes permettront aussi de réduire les risques de pannes techniques grâce à une répartition plus efficace de la charge de travail, assurant ainsi une exploitation plus fiable et continue.

L’entreprise n’a pas précisé l’ampleur attendue de la réduction des délais. Mais avec trois grues mobiles, elle affirmait déjà pouvoir traiter un porte-conteneurs de 2 500 EVP en moins de 12 heures d’opérations à quai. Selon l’indice international Container Port Performance Index (CPPI) de la Banque mondiale, le port de Matadi a été classé port le plus efficient d’Afrique subsaharienne en 2021 (171e rang mondial sur 370 ports évalués).

En 2023, MGT avait déjà introduit des grues RTG hybrides. Ces équipements, alimentés par une combinaison de batteries et de moteurs diesel, permettent de réduire les émissions de carbone tout en améliorant l’efficacité opérationnelle. L’entreprise prévoit par ailleurs d’élargir sa flotte avec de nouveaux équipements afin de renforcer sa compétitivité à l’échelle régionale.

Dans cette même dynamique, MGT a engagé des travaux d’aménagement visant à améliorer l’accès au port et à fluidifier le transport des marchandises. Il s’agit notamment de la construction d’une route de 2,65 kilomètres reliant le port de Matadi aux principaux axes de transport — un chantier aujourd’hui achevé à moitié —, de l’agrandissement de l’aire de stockage pour accueillir des volumes de fret plus importants, ainsi que de l’extension des parkings.

Le port de Matadi est engagé dans une transformation de ses deux terminaux à conteneurs. Depuis 2019, ICTSI met en œuvre un plan d’investissement de 100 millions de dollars. En janvier 2025, le groupe français Eiffage a décroché un contrat de plus de 100 millions d’euros pour la rénovation et l’extension du second terminal à conteneurs.

Prévu pour démarrer dès 2020, le projet de dragage du chenal du fleuve Congo reste en attente. Ces travaux sont pourtant jugés essentiels pour permettre au port d’accueillir des navires de plus grande capacité et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des ports concurrents de la région.

Boaz Kabeya stagiaire

Posted On dimanche, 23 mars 2025 15:30 Written by

C’est désormais officiel : la République Démocratique du Congo (RDC) a décidé d’instaurer des quotas sur la production de cobalt et les stocks accumulés à l’issue des quatre mois de suspension des exportations, décidée en février 2025. L’annonce a été faite par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, lors du Conseil des ministres du 14 mars 2025.

Selon le compte rendu de cette réunion, ces quotas seront de deux types : l’un appliqué aux exportations et l’autre à la transformation locale du cobalt. Le document ne donne cependant pas plus de détails. On ignore donc les volumes concernés, ainsi que les modalités de mise en œuvre. On sait seulement que « les responsables concernés par ces actions ont été appelés à les implémenter avec célérité et efficacité ».

Par ailleurs, la RDC entend « obtenir la collaboration de l’Indonésie, autre grand producteur de cobalt, afin de mieux contrôler l’offre sur le marché mondial et, par conséquent, son prix ». L’Indonésie, qui détient 9,66 % des parts de marché, est le deuxième producteur mondial de cobalt. À elles deux, la RDC et l’Indonésie contrôlent plus de 85 % de la production mondiale.

Depuis la suspension des exportations de cobalt, les prix ont bondi sur le marché international. La semaine dernière, l’hydroxyde de cobalt a par exemple atteint 10,5 dollars la livre, soit une hausse de 84 %. Cependant, plusieurs experts estiment que cette tendance pourrait s’inverser si la reprise des exportations entraîne un afflux massif de cobalt sur le marché. Le gouvernement congolais affirme d’ailleurs que les nouvelles mesures visent à assurer un « encadrement efficient » de la suspension des exportations.

La réaction du marché et des acteurs locaux du secteur face à ces nouvelles mesures reste attendue. Mais, selon Africa Intelligence, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) serait opposée à la suspension des exportations de cobalt. D’après le média français, la Chambre des mines de la FEC a même adressé un courrier au ministre des Mines, Kizito Kapinga Mulume, le 7 mars, dans lequel elle exprime ses griefs.

L’organisation patronale estime notamment que cette décision va à l’encontre des dispositions du Code minier congolais. Selon la FEC, ce texte, qui a une valeur juridique supérieure, garantit aux opérateurs la liberté de commercialiser leurs produits. Elle propose alors la création d’une commission ad hoc public-privé afin de résoudre les problèmes engendrés par cette décision.

Pierre Mukoko

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Posted On mardi, 18 mars 2025 20:11 Written by

Pour renforcer la sécurité juridique des investissements et améliorer le climat des affaires en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) prévoit d’ouvrir un centre d’arbitrage à Kinshasa. L’annonce a été faite le 17 mars 2025 par le secrétaire permanent de l’Ohada, Mayata Ndiaye, lors d’une rencontre avec le vice-Premier ministre en charge du Plan, Guylain Nyembo.

« En ce qui concerne le climat d’investissement, l’échange a porté sur le projet de mise en place d’un bureau du centre d’arbitrage ici à Kinshasa. Nous sommes très heureux d’annoncer son appui pour la réalisation immédiate et urgente de ce projet, qui peut nous être utile non seulement pour les contrats d’investissement, mais aussi pour la gestion des contentieux liés à l’exploitation des ressources naturelles de la RDC », a-t-il déclaré.

L’ouverture de ce centre d’arbitrage a été décidée lors du 57 ᵉ conseil des ministres de l’Ohada, tenu à Dakar en août 2024, en réponse à une sollicitation du président de la RDC lors de la 56 ᵉ réunion.

En RDC, ce centre d’arbitrage devrait offrir aux opérateurs économiques une alternative efficace aux tribunaux étatiques pour la résolution des litiges commerciaux, dans un pays où la sécurité juridique demeure un véritable défi. Pour y remédier, les états généraux de la justice se sont tenus en novembre dernier. À cette occasion, le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est engagé à « purger » la justice de tous ses « fléaux ». La mise en œuvre des recommandations issues de ce conclave de dix jours reste toutefois attendue.

En 2021, la RDC a été classée 183 ᵉ sur 190 dans le rapport Doing Business de la Banque mondiale. Ce classement mesurait la facilité de faire des affaires à travers plusieurs indicateurs, notamment la création d’entreprise, l’accès au crédit, le paiement des taxes et la protection des investisseurs.

Ronsard Luabeya, stagiaire

 

Posted On mardi, 18 mars 2025 17:52 Written by

L’occupation des principales villes du Kivu par les rebelles du M23 et leurs soutiens des forces armées rwandaises a bouleversé le marché brassicole dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), selon des témoignages concordants. Les pénuries et la hausse des prix des bières congolaises favorisent l’essor des produits importés du Rwanda et du Burundi.

À Bukavu, le prix d’une bouteille de bière Brasimba est passé de 3 500 à 8 000 francs congolais (FC), tandis qu’à Kiwanja, une Primus grand format se négocie entre 6 000 et 7 000 FC. À l’inverse, les bières rwandaises et burundaises, notamment Primus Rwanda et Amstel, restent plus abordables, oscillant entre 3 000 et 4 000 FC dans certaines buvettes de la commune de Karisimbi, à Goma.

Face à cette situation, les tenanciers de bars et terrasses s’approvisionnent de plus en plus dans les pays voisins pour maintenir leurs activités. Cette dynamique favorise les brasseries rwandaises et burundaises au détriment de la production locale, dont les capacités ont été fortement réduites par les pillages.

En février 2025, lors de l’entrée des rebelles du M23 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, les entrepôts de la Bralima, l’une des principales entreprises brassicoles en RDC, ont été pillés. Ce saccage menace directement l’emploi de plus de 1 000 personnes, incluant les contractants et sous-traitants, qui risquent de perdre leur source de revenus et de se retrouver en difficulté pour subvenir aux besoins de leurs familles.

Ronsard Luabeya, stagiaire

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Posted On mardi, 18 mars 2025 16:12 Written by

Le gouvernement envisage la création d’un programme d’accompagnement destiné aux exportateurs et producteurs congolais, a annoncé le 12 mars 2025 le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, sur le réseau social X (anciennement Twitter). Selon lui, ce programme vise à permettre aux exportateurs de mieux tirer parti des accords commerciaux, notamment l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) avec les États-Unis et l’accord commercial récemment signé avec la Chine.

« Nos producteurs et exportateurs congolais ont besoin de financements innovants pour renforcer leur capacité à conquérir ces marchés et ainsi améliorer notre balance commerciale », a déclaré le ministre du Commerce extérieur.

Le gouvernement souhaite associer la banque Equity BCDC, dont il détient 12,17 % des parts, à la mise en œuvre de cette initiative. À cet effet, Julien Paluku a échangé avec Hugues Efole, directeur groupe d’Equity en charge des paiements, des envois de fonds transfrontaliers et de la diaspora.. Il en est ressorti la création d’une commission technique réunissant des experts du ministère du Commerce extérieur et d’Equity BCDC pour concrétiser le projet.

Déjà engagée dans le soutien aux exportateurs, Equity BCDC propose des financements relais et accompagne les coopératives agricoles en finançant la collecte, la transformation et l’exportation, facilitant ainsi leur accès aux marchés internationaux.

En septembre 2024, le gouvernement congolais a adopté une stratégie nationale visant à dynamiser les exportations vers les États-Unis dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Cette stratégie ambitionne de relancer 21 filières hors mines et 5 filières minières, avec pour objectif de faire passer le volume des échanges de 600 millions de dollars en 2021 à une fourchette comprise entre 3 et 5 milliards de dollars d’ici 2030.

Ronsard Luabeya, Stagiaire

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Posted On mardi, 18 mars 2025 15:13 Written by
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