Selon un communiqué publié le 28 avril 2025, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a pris un arrêté interdisant, pour une durée de 12 mois, l’importation de sacs et d’emballages de ciment, ainsi que de sacs destinés aux minerais (big bags) dans la région sud-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Les raisons de cette décision ne sont pas communiquées. Mais il va sans dire que cette mesure devrait profiter à l’industrie locale, dominée par Bags and Sacs (B&S). Premier fabricant de sacs en polypropylène tissé en RDC, l’entreprise dirigée par Hussein Ladha dispose de deux usines dans le pays, l’une à Kimpese (Kongo Central) et l’autre à Lubumbashi (Haut-Katanga).
La première est dotée d’une capacité de production annuelle de 40 millions de sacs de ciment et la seconde d’une capacité de 2 millions de big bags, soit 70 % de la demande nationale, selon l’entreprise, ainsi que 36 millions de sacs pour le ciment et les produits agricoles.
Malgré cette offre, B&S est butée à « la résistance des entreprises minières qui trouvent intérêt à continuer à importer les big bags », a avoué Hussein Ladha lors de la DRC Mining Week 2024, tenue en juillet dernier. La décision du ministre du Commerce extérieur apparaît donc comme une réponse à cette difficulté. Il faut dire que le gouvernement a soutenu l’implantation de cette entreprise avec un prêt du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) dépassant les 12 millions de dollars.
Selon le communiqué, en cas de difficultés d’approvisionnement en produits locaux dans certaines parties du territoire national, les opérateurs économiques auront la possibilité d’obtenir, sans frais, une dérogation d’importation. Cette autorisation exceptionnelle devra être sollicitée auprès du ministre du Commerce extérieur, à travers une demande précise indiquant la destination et les détails de la marchandise concernée. La demande devra également être appuyée par un dossier complet validé par le Guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE-RDC), sous peine de rejet.
Ronsard Luabeya
Le 29 avril 2025, Moody’s Ratings a maintenu la note B3 de la République démocratique du Congo (RDC), avec une perspective stable, soulignant les forces économiques du pays malgré le conflit persistant dans ses provinces de l’est. Le rapport met en avant des perspectives de croissance positives, bien que moins vigoureuses qu’en 2023, ainsi que des réformes fiscales appuyées par le Fonds monétaire international (FMI), tout en alertant sur les risques liés à la dépendance aux matières premières et à l’instabilité régionale.
Selon les analystes de l’agence américaine de notation, l’économie de la RDC devrait croître de 6 % par an entre 2025 et 2027, soutenue par un secteur minier caractérisé par des coûts d’exploitation faibles. Les gisements de cuivre à haute teneur et la main-d’œuvre bon marché favorisent cette croissance, la production devant atteindre 3,5 millions de tonnes en 2026, contre 3,1 millions en 2024.
La discipline budgétaire et les réformes soutenues par le FMI renforcent les finances publiques congolaises. Une nouvelle Facilité élargie de crédit de 1,7 milliard de dollars et une Facilité pour la résilience et la durabilité de 1 milliard de dollars visent à améliorer la transparence et à augmenter les recettes publiques.
Celles-ci sont passées à 14,8 % du PIB grâce aux récents programmes du FMI, contre 12 % en moyenne entre 2015 et 2020. Des mesures telles que la facturation standardisée de la TVA et la mise en place d’un compte unique du Trésor sont en cours de mise en œuvre.
Des risques toujours présents
La dette publique, représentant 17,7 % du PIB en 2024, reste modérée et offre une certaine marge de manœuvre budgétaire. Les réserves de change ont atteint un niveau record de 6,1 milliards de dollars fin 2024, couvrant ainsi trois mois d’importations.
Cependant, selon Moody’s, plusieurs risques nécessitent une vigilance particulière de la part des acteurs économiques, notamment des investisseurs ciblant les titres d’emprunt. La dépendance aux exportations de minerais critiques expose la RDC à la volatilité des prix, particulièrement en cas de ralentissement de la demande chinoise, lié à des tensions commerciales mondiales.
Par ailleurs, le conflit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, alimenté par le groupe rebelle M23 et les rivalités régionales, pèse sur les finances publiques et constitue un risque pour les investisseurs. « Une escalade pourrait perturber les opérations minières », avertit Moody’s. L’agence souligne néanmoins que les développements de ces derniers jours laissent entrevoir une possible désescalade à l’est, même si le M23 continue de contrôler une partie significative du territoire, selon les rapports des Nations unies.
Moody’s observe aussi que la faiblesse institutionnelle, la corruption et l’insuffisance des infrastructures limitent la capacité du pays à absorber ces chocs économiques.
Bonne nouvelle
Si cette notation ne bénéficie pas directement à l’État — qui n’est pas un émetteur majeur de titres d’emprunt sur les marchés internationaux des capitaux — elle représente néanmoins un avantage certain pour les entreprises, notamment celles du secteur minier, souvent actives sur ces marchés.
C’est notamment le cas d’Ivanhoe Mines, qui a levé jusqu’à 750 millions de dollars sur les marchés internationaux, ou de groupes comme Rawbank, la plus grande banque du pays, qui a indiqué en juin 2024 disposer de ressources issues de prêteurs internationaux, même s’il s’agit principalement d’institutionnels engagés dans le financement du développement.
La notation pourrait également modérer les attentes de retour sur investissement des partenaires étrangers, notamment américains, qui suivent de près les négociations en cours pour restaurer la stabilité dans l’est du pays. En général, une mauvaise note reflète un environnement d’affaires complexe et implique une exigence accrue de rendement pour l’engagement de capitaux, y compris dans les investissements de portefeuille.
Georges Auréoles Bamba
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Selon une annonce du gouvernement provincial du Nord-Kivu, les travaux de réhabilitation du pont Semuliki débutent ce 29 avril 2025. Comme il s’agit d’un pont Acrow (pont modulaire préfabriqué en acier), les travaux consisteront à démonter l’ancien pont et à en installer un nouveau. Ils seront réalisés par l’Office des routes, avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
Selon Nana Ombeni Kambale, chargé de la supervision technique du projet au sein de la MONUSCO, la mission onusienne va d’ailleurs offrir le pont complet, contenu dans 12 conteneurs. La MONUSCO a remis un premier lot de matériel à l’Office des routes.
Le pont Semuliki relie la ville de Beni, provisoirement devenue capitale régionale du Nord-Kivu après la prise de Goma par le M23, à la route nationale numéro 4 (RN4). Il s’agit d’un axe vital qui mène directement à Kasindi, principale porte d’entrée en Ouganda. De là, les marchandises poursuivent leur trajet vers Kampala, avant d’atteindre les ports de Mombasa ou Nairobi au Kenya. Et vice-versa.
Face à la dégradation de l’ouvrage, l’accès y a été restreint depuis le 14 avril 2025 pour éviter son effondrement. À l’issue d’une réunion entre le gouverneur militaire, la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office des routes et la MONUSCO, les véhicules d’une charge supérieure à 20 tonnes ont été interdits de traverser le pont.
Cette situation perturbe davantage les échanges commerciaux entre la province et les pays voisins, provoquant une hausse des prix de certaines marchandises et suscitant les inquiétudes des acteurs économiques de la sous-région.
Les autorités provinciales ont néanmoins mis en place des mesures visant à stabiliser les prix des produits de première nécessité durant la période de réhabilitation, qui n’a pas été précisée. Ainsi, un prix unique du carburant a été fixé à 3 900 FC le litre dans les villes de Beni et Butembo. Par ailleurs, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) a reçu des instructions pour accorder la priorité au dédouanement des denrées alimentaires, des produits pétroliers et des médicaments.
Après s’être effondré sous le poids d’un camion en 2017, le pont Semuliki avait déjà été réhabilité avec l’aide de la MONUSCO.
Ronsard Luabeya
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L’engagement de la République démocratique du Congo à lutter contre la corruption dans l’administration publique pourrait franchir une nouvelle étape dans six mois avec l’entrée en vigueur du décret portant régime de déclaration du patrimoine de l’agent public et des membres de sa famille immédiate. Ce délai doit permettre d’adopter le manuel de procédures et les directives d’application du décret.
Selon ce texte, signé le 9 avril 2025 par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, dès décembre 2025, tout agent de l’État (du président de la République au simple agent) devra soumettre « des informations exactes et complètes sur son patrimoine et ses intérêts personnels, ainsi que ceux des membres de sa famille immédiate » auprès de l’Observatoire de surveillance de la corruption et de l’éthique professionnelle (OSCEP). Il devra s’acquitter de cette obligation à son entrée en fonction ou en début de mandat, durant l’exercice, et en fin de fonction ou de mandat.
Le décret précise que les agents publics déjà en fonction disposeront de 90 jours, à compter de l’entrée en vigueur du texte, pour procéder à leur première déclaration.
La déclaration concerne tous les avoirs, revenus, engagements financiers, ainsi que les transactions ou dépenses. Elle devra être effectuée sur un formulaire dénommé « Acte de déclaration de patrimoine et intérêt », par voie électronique, via une plateforme en ligne gérée par l’OSCEP. L’établissement public dispose de 12 mois (jusqu’en avril 2026) pour rendre cette plateforme opérationnelle. « Jusqu’au lancement effectif de la plateforme électronique, l’OSCEP désigne une méthode transitoire de soumission (…) en version papier… », précise le décret.
Sortir de la liste grise du GAFI
Tout agent qui se soustrait à cette obligation s’exposera à la fois à des « sanctions disciplinaires » et aux « peines prévues par le Code pénal ».
Pour les personnes politiquement exposées, la déclaration, conformément aux dispositions de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, sera accessible au public, à l’exception des sommes d’argent détenues dans des comptes bancaires en RDC ou à l’étranger. Mais, tous les biens des agents politiquement exposés ne seront pas accessibles au public : la liste des exemptions sera définie ultérieurement.
L’OSCEP doit aussi clarifier plusieurs points. Il s’agit notamment de la détermination des seuils applicables à certains revenus ou dépenses à déclarer.
Pour le ministère des Finances, cette réforme vise notamment à permettre à la RDC de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière international (GAFI). Elle doit également rendre le pays éligible au programme américain Millennium Challenge Corporation (MCC), qui, au cours des 20 dernières années, a joué un rôle de catalyseur pour le financement des infrastructures en Afrique. Toutefois, les activités de ce programme ont été récemment suspendues par l’administration du nouveau président américain, Donald Trump, dans un souci d’efficience budgétaire.
Des réformes encore nécessaires
Si ce décret marque un pas décisif vers la mise en œuvre d’un cadre de transparence avancé en matière de propriété effective, plusieurs points méritent encore une attention particulière. L’accès aux informations sur le patrimoine des agents publics est jugé pertinent, notamment pour un pays riche en ressources minières critiques pour la transition énergétique.
Cependant, la chaîne de valeur des flux financiers criminels implique également des personnes qui ne sont pas des agents publics. Des efforts récents ont été menés pour garantir la disponibilité des informations sur la propriété effective, mais l’examen de 2023 du GAFI a relevé plusieurs aspects à améliorer.
Au-delà de la volonté de restaurer la moralité publique dans un pays où la corruption est régulièrement dénoncée comme un fléau — y compris par les autorités elles-mêmes —, cette mesure de transparence vise aussi d’autres objectifs : faciliter les transactions bancaires entre la RDC et l’étranger et attirer des investisseurs soumis à des normes strictes d’éthique et de moralité dans leurs propres pays, comme c’est notamment le cas pour certaines entreprises américaines.
Georges Auréole Bamba
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La compagnie aérienne Air Tanzania a officiellement lancé, le 25 avril 2025, ses vols directs entre Dar es Salaam et Kinshasa. La cérémonie d’inauguration s’est tenue à l’aéroport international de N’djili. Selon des informations internes à la compagnie, quatre rotations hebdomadaires sont prévues : les lundis, mercredis, vendredis et dimanches.
« Cette nouvelle liaison ouvre la voie à des transactions commerciales plus rapides, simplifie les expériences touristiques et crée un véritable pont entre nos peuples comme jamais auparavant », a souligné le ministre tanzanien des Transports, Makame Mbarawa.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts conjoints de la RDC et de la Tanzanie pour renforcer la connectivité régionale. Elle fait partie du Programme de développement des infrastructures de transport, lancé en 2022 sous la coordination de l’Agence de facilitation du transport de transit du corridor central (CCTTFA). L’objectif est de faciliter les échanges commerciaux et de fluidifier les déplacements entre les deux pays.
Pour accompagner cette dynamique, de nouveaux points d’entrée ont été désignés : Kalemie et Goma pour la RDC, Dodoma et Mwanza pour la Tanzanie, afin de favoriser l’accueil des voyageurs et le transit des marchandises.
Le 7 avril dernier, les deux pays ont conclu un accord portant sur l’attribution de terrains dédiés au développement de ports secs. Chaque pays a mis à disposition 60 hectares : la Tanzanie a obtenu des terrains à Kasumbalesa et Kasenga, tandis que la RDC a reçu des sites à Kwala et Katosho en Tanzanie.
Selon la CCTTFA, la finalisation des titres de propriété a « ouvert la voie au développement de ces infrastructures logistiques stratégiques ».
Ronsard Luabeya
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Dans un communiqué publié le 23 avril 2025, le ministère des Finances a mis en demeure 11 717 opérateurs économiques de régulariser leur situation fiscale d’ici au 5 mai 2025, sous peine de sanctions prévues par la législation en vigueur en République démocratique du Congo (RDC).
Cette décision découle d’un travail de fiabilisation du répertoire général des contribuables mené par l’Inspection générale des finances (IGF). En croisant les données de la Direction générale des impôts (DGI) avec celles des banques commerciales et de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), les autorités ont découvert que de nombreuses entreprises considérées comme inactives étaient en réalité toujours actives, soit via des comptes bancaires opérationnels, soit par la détention de contrats de sous-traitance.
Les entreprises identifiées sont invitées à se présenter auprès de leurs services gestionnaires pour régulariser leur situation.
« Passé le délai du 5 mai, des mesures contraignantes seront appliquées, telles que des pénalités fiscales, le gel des comptes bancaires, des poursuites judiciaires et l'annulation des contrats de sous-traitance », avertit le communiqué.
Les opérateurs estimant être en règle sont également appelés à contacter l’administration fiscale afin de fournir les justificatifs prouvant leur conformité. Le ministère rappelle l’obligation, pour toute entreprise, de vérifier la situation fiscale de ses partenaires avant d’engager une collaboration.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des actions menées depuis février 2025 par l’IGF, qui avait déjà transmis à la DGI une liste de 11 038 entreprises non soumises à l’impôt. Certaines d’entre elles, bien que déclarées inactives, disposaient de comptes bancaires alimentés ou opéraient sans numéro d’identification fiscale.
Selon l’IGF, la mise en conformité de ces entreprises pourrait générer une hausse des recettes fiscales d’environ 30 % en 2025.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Le projet de loi portant organisation et fonctionnement des marchés boursiers a été adopté lors du Conseil des ministres tenu le 18 avril 2025 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba (photo), a précisé que ce texte prévoit la mise en place d’institutions spécialisées destinées à encadrer l’activité boursière en RDC. Il s’agit notamment de deux bourses — l’une dédiée aux valeurs mobilières et l’autre aux matières premières — ainsi qu’une autorité de régulation, un dépositaire central, une banque de règlement, des entreprises de marché et des organismes de placement collectif.
La RDC fait ainsi un pas supplémentaire vers la création de ces deux bourses. Le pays poursuit simultanément deux projets majeurs : la création d’une bourse des matières premières et celle d’une bourse des valeurs mobilières.
La première, baptisée Kinshasa Mercantile Exchange (KME), a pour objectif de centraliser et structurer le commerce des ressources stratégiques du pays, telles que les minerais, les produits agricoles ou encore les crédits carbone. Un rapport préliminaire, détaillant la structure organisationnelle du KME, les ajustements réglementaires nécessaires, le modèle économique et les partenariats en négociation, avait été présenté lors du Conseil des ministres du 7 février 2025.
La seconde vise à développer un marché financier où s’échangeront actions, obligations et autres titres. Les autorités espèrent ainsi faciliter la mobilisation de capitaux pour financer à long terme l’économie nationale. Avec le soutien du Fonds africain de développement, un appel d’offres a été lancé en avril 2025 pour recruter une firme chargée de réaliser l’étude de faisabilité et d’élaborer le plan d’affaires de cette bourse.
La réussite de ces projets dépendra de plusieurs conditions. La stabilité politique reste essentielle, dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes, notamment à l’est du pays. Ce climat pourrait refroidir les investisseurs potentiels, tant locaux qu’étrangers.
Par ailleurs, la prédominance de l’économie informelle limite le vivier d’entreprises susceptibles de s’introduire en bourse, en raison de pratiques insuffisantes en matière de gouvernance, de transparence et de conformité financières.
Pierre Mukoko
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Selon le compte rendu du Conseil des ministres tenu le 18 avril 2025 à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, la République démocratique du Congo a engagé des démarches pour se réengager dans la Convention du Cap. Adoptée en 2001, cette convention internationale vise à faciliter l’accès au financement pour l’acquisition d’actifs mobiles de grande valeur, tels que les avions, locomotives ou satellites. Elle établit un cadre juridique permettant la constitution de garanties sur ces équipements, sécurise les droits des créanciers en cas de défaut et réduit le risque juridique, abaissant ainsi les coûts de financement.
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a indiqué avoir signé les déclarations qualifiantes exigées par l’OCDE. Ces documents seront prochainement déposés auprès de l’Institut international pour l’Unification du droit privé (UNIDROIT), l’organisme chargé de superviser la Convention du Cap. Une fois cette étape franchie, la RDC pourrait officiellement bénéficier des avantages offerts par ce cadre juridique international.
La Convention du Cap s’articule autour de protocoles sectoriels spécifiques. À ce jour, trois protocoles sont en vigueur : le protocole aéronautique (2001), ferroviaire (2007) et spatial (2012). Un quatrième, dédié au secteur minier, est en discussion.
Le gouvernement congolais reconnaît qu’il a, pour l’instant, avancé sur le seul le protocole aéronautique. Selon l’exécutif, ce texte devrait permettre aux compagnies aériennes locales de bénéficier d’un accès facilité au financement, à des conditions plus avantageuses, tout en améliorant la gestion de leur flotte et en contribuant au désenclavement du territoire.
L’impact réel de ce réengagement reste toutefois difficile à évaluer. Les déclarations qualifiantes, qui précisent la manière dont la RDC appliquera la Convention (choix des règles, garanties pour les investisseurs, engagements en matière de transparence), n’ont pas été rendues publiques.
Des exemples internationaux illustrent pourtant les bénéfices potentiels. La banque américaine Exim Bank applique une réduction d’un tiers de sa prime d’exposition pour les pays ayant ratifié et mis en œuvre la Convention du Cap, abaissant cette prime de 3 % à 2 % pour le financement d’avions commerciaux. Certaines compagnies comme Copa Airlines, Ethiopian Airlines ou Pakistan International Airlines ont ainsi économisé jusqu’à un million de dollars par appareil grâce à ces dispositifs.
La RDC ambitionne de tirer profit de l’ensemble des protocoles de la Convention, au-delà du seul secteur aérien. La Première ministre a demandé aux ministres concernés de prendre les mesures nécessaires pour assurer la conformité du pays avec les exigences de la Convention. Le pays prévoit également de mettre en place un comité chargé de la mise en œuvre et du suivi de l’application du texte devrait être prochainement mis en place.
Boaz Kabeya, stagiaire
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Le gouvernement congolais vient de se doter de nouveaux instruments pour lutter contre la contrebande des produits pétroliers dans la zone d’approvisionnement Sud, qui couvre les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, deux pôles industriels majeurs du pays. Cette zone est particulièrement exposée aux pratiques frauduleuses, l’approvisionnement s’effectuant principalement par route et par rail depuis des pays voisins comme la Zambie ou l'Afrique du Sud.
Lors du Conseil des ministres du 18 avril 2025 à Lubumbashi, l’exécutif a validé l’introduction de scellés électroniques sur les camions-citernes, une mesure proposée par le ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi (photo). Ces dispositifs de verrouillage sont équipés de circuits GSM et de géolocalisation GPS permettant un suivi en temps réel des transports de produits pétroliers. Selon le ministre, ils garantiront un meilleur contrôle et une transparence accrue.
Cette initiative s’accompagne de l’intégration du système de monitoring SigOil, basé sur la technologie RFID, souvent utilisée pour stocker et récupérer des données à distance. Les détails techniques de l’application SigOil restent pour l’instant inconnus mais Molendo Sakombi affirme que ce système va permettre de détecter les fraudes, sécuriser le transport des hydrocarbures, centraliser les données sur la chaîne d’approvisionnement et faciliter l’émission de rapports et statistiques. Il devrait également à améliorer l’octroi et le renouvellement des autorisations pour les opérateurs du secteur.
Des pertes en centaines de millions de dollars
Ces mesures répondent à l’urgence de limiter les pertes financières causées par la contrebande. Selon le gouvernement, l’entrée clandestine de produits pétroliers aux postes frontaliers prive le Trésor public de plusieurs centaines de millions de dollars par an. Officiellement, les volumes déclarés dans la zone Sud atteignent 120 000 m³ par mois, alors que les estimations réelles dépasseraient 300 000 m³.
Le 17 avril 2025, les opérateurs pétroliers du Haut-Katanga, regroupés au sein de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), ont alerté le ministre de l’Économie nationale sur la nécessité d’un assainissement du secteur. Leur représentant, Joseph Twite Maloba, a estimé que l’État perd près de 57 millions de dollars de recettes rien que dans cette province, soit 71 % des revenus potentiels, en raison des pratiques frauduleuses et d’un manque d’encadrement.
Selon lui, 115 sociétés importent des produits pétroliers dans le Haut-Katanga, mais seulement 35 sont effectivement encadrées par la FEC.
En août 2024, le ministère des Hydrocarbures avait déjà lancé un programme de marquage moléculaire des carburants pour lutter contre le commerce illicite et garantir la qualité des produits distribués. Manifestement, cette mesure n’a pas suffi à enrayer la fraude.
Avec le déploiement des scellés électroniques et du système SigOil, le gouvernement espère désormais inverser la tendance et sécuriser davantage les recettes issues du secteur pétrolier.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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La 37e session ordinaire du Conseil national du travail s’ouvre ce 25 avril 2025 à Kinshasa, après une semaine de travaux préparatoires entamés le 8 avril, dont aucun détail n’a été communiqué. Parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour de cette réunion prévue pour s’étendre jusqu’au 29 avril, figure « l’épineuse question de l’ajustement du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) annoncée en début d’année par le gouvernement », selon la formule utilisée par la Fédération des entreprises du Congo (FEC), principale organisation patronale du pays.
Cette session tripartite — réunissant gouvernement, employeurs et représentants des travailleurs — est un passage obligé pour toute réforme du SMIG.
Avant la tenue du Conseil, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a exprimé ses attentes lors du Conseil des ministres tenu le 18 avril à Lubumbashi. Il a estimé que « l’augmentation du SMIG devrait, avant tout, bénéficier aux travailleurs les plus vulnérables, dont les revenus actuels ne permettent pas de couvrir les besoins essentiels », rapporte le compte rendu officiel. Selon lui, « cette mesure représenterait un véritable levier de dignité et de justice sociale » pour une catégorie de travailleurs exposée « le plus durement aux effets de la précarité ».
Pour concrétiser cette orientation, il faudrait revoir en profondeur le décret du Premier ministre du 22 mai 2018, qui encadre actuellement le SMIG. Ce texte définit sept grandes catégories de travailleurs — du manœuvre au cadre de collaboration — chacune disposant de son propre salaire minimum. Le montant varie aussi selon les échelons et les classes. Ce système repose sur un mécanisme appelé « tension salariale », un coefficient qui permet de déterminer les SMIG des catégories supérieures à partir de celui du manœuvre ordinaire. Ce principe rend techniquement difficile toute revalorisation ciblée.
Une hausse ciblée, favorable au patronat
L’arrêté du ministre de l’Emploi et du Travail du 31 décembre 2024, qui avait porté le SMIG du manœuvre ordinaire de 7 075 à 14 500 francs congolais (soit de 2,5 à environ 5 dollars par jour), avait justement été critiqué pour avoir ignoré ce mécanisme. Face à la pression du patronat, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait demandé au ministre Éphraïm Akwakwa Nametu de rapporter l’arrêté, qui devait entrer en vigueur en février 2025.
Dans le fond, la recommandation présidentielle pourrait satisfaire les employeurs. En limitant la revalorisation aux catégories les plus vulnérables, l’impact sur les charges salariales des entreprises resterait contenu. Un argument de poids, surtout dans un contexte économique fragilisé par l’insécurité persistante dans l’est du pays.
Dans ce contexte, le SMIG pourrait difficilement augmenter pour redonner suffisamment du pouvoir d’achat aux « travailleurs les plus vulnérables ». À Kinshasa, selon plusieurs sites spécialisés, une famille de quatre personnes aurait besoin d’environ 3 000 dollars par mois pour vivre décemment — logement, transport, soins et éducation inclus. Or, même doublé, le SMIG d’un manœuvre ordinaire ne permettrait pas d’atteindre 200 dollars mensuels, même en travaillant tous les jours.
Par ailleurs, une hausse du SMIG, même ciblée, pourrait avoir des effets pervers sur l’économie. L’augmentation des revenus risque de stimuler la demande, dans un contexte de production locale limitée. Cela pourrait faire grimper les prix sur les marchés, alimentant l’inflation. Une telle dynamique compromettrait les efforts du gouvernement pour stabiliser les prix des produits de première nécessité, un objectif central dans la lutte pour le pouvoir d’achat.
Pierre Mukoko
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Le 18 avril 2025, lors d’un Conseil des ministres tenu à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté un projet de loi portant création, organisation, fonctionnement et compétences du Tribunal pénal économique et financier (TPEC) ainsi que d’un parquet national rattaché.
Présenté par le ministre de la Justice, Constant Mutamba (photo), ce projet vise à renforcer la lutte contre les crimes économiques, notamment la corruption et le détournement de fonds publics. Selon le compte rendu du Conseil, le texte entend améliorer la coordination entre les structures spécialisées en matière d’enquête, d’instruction et de jugement. Il introduit également des corrections structurelles et procédurales destinées à rendre les mécanismes de répression plus efficaces.
Si les attributions précises du futur TPEC ne sont pas encore rendues publiques, cette juridiction devrait se concentrer sur les affaires impliquant l’argent public. Le tribunal devrait avoir pour vocation de juger les cas de malversations financières, de détournement de fonds publics, mais aussi de corruption sous ses diverses formes, notamment les pots-de-vin et les abus de pouvoir.
Il reste toutefois à savoir si le tribunal aura compétence sur les infractions économiques commises par des acteurs privés, en particulier dans des secteurs comme les mines, qui représentent un pilier de l’économie congolaise et une source majeure de recettes budgétaires.
Le gouvernement congolais présente cette réforme comme une suite logique des engagements pris dans le cadre du Programme de réforme de la justice (PRJ), du Programme de gouvernance et des accords conclus avec les institutions financières internationales, notamment en matière de transparence, de lutte contre la corruption et de bonne gestion des finances publiques.
Le gouvernement fonde aussi des espoirs sur l’impact de cette mesure sur la préservation des ressources publiques nécessaires au développement. Reste à savoir si cette juridiction produira des résultats tangibles. Des expériences similaires dans des pays comme le Nigeria ou le Cameroun ont souvent débouché sur des effets limités en matière de récupération de fonds.
La création du TPEC constitue néanmoins un signal politique important dans un pays où les scandales de corruption à haut niveau continuent de miner la confiance des citoyens et des partenaires économiques.
Georges Auréole Bamba
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L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un régime de préférences commerciales accordé par les États-Unis aux pays d’Afrique subsaharienne depuis mai 2000, sera au centre des discussions lors de la 16e réunion du Conseil des ministres du Commerce des pays membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui se tient ce 15 avril 2025 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« L'AGOA doit expirer en septembre, et les ministres du Commerce du continent se réuniront le mardi 15 avril en République démocratique du Congo pour discuter d'une solution collective », a annoncé le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, le jeudi 10 avril sur les ondes de Radio 702.
Selon lui, des discussions entre les pays africains et les États-Unis sont prévues en juin ou en juillet autour de ce pacte commercial, qui garantit un accès en franchise de droits de douane au marché américain. Parks Tau estime toutefois qu’il « sera difficile de sauver le programme de préférences commerciales » après la récente annonce de nouvelles mesures tarifaires par l’administration Trump.
Le président américain Donald Trump a en effet décidé, le mercredi 2 avril, d’imposer des droits de douane allant de 10 % à 50 % à l’encontre de 51 pays africains. Il a toutefois annoncé, une semaine plus tard, la suspension pour 90 jours de ces surtaxes mondiales dites « réciproques », tout en maintenant un taux minimum uniforme de 10 %.
Même le maintien d’un tarif douanier minimal de 10 % sur les importations américaines en provenance des pays d’Afrique subsaharienne signifierait la fin de l’AGOA. Ce dispositif permettait jusque-là aux pays éligibles d’exporter près de 1800 produits vers les États-Unis sans acquitter de droits de douane.
Depuis sa mise en place en 2000, Washington actualise chaque année la liste des pays bénéficiaires en fonction de critères comme l’engagement en faveur de l’économie de marché, le respect de l’État de droit ou les politiques de lutte contre la pauvreté. L’évolution démocratique des États concernés fait également partie des paramètres pris en compte.
Durant le mandat de Joe Biden, un groupe bipartisan de sénateurs a présenté au Sénat une proposition de loi visant à proroger l’AGOA jusqu’en 2041. Mais de fortes incertitudes subsistent quant à la reconduction de ce programme, qui avait pourtant survécu à la première administration Trump malgré une rhétorique protectionniste similaire à celle qui prévaut aujourd’hui à Washington.
Walid Kéfi, Agence Ecofin
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Grâce à un accord de libre-échange actuellement en négociation avec les Émirats arabes unis (EAU), la République Démocratique du Congo (RDC) ambitionne de porter ses exportations annuelles vers ce pays du Moyen-Orient à au moins 3 milliards de dollars d’ici 2030, a indiqué le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, à l’issue du 14e Congrès annuel de l’investissement (AIM Congress) tenu à Abou Dhabi. L’objectif affiché est de corriger le déficit commercial structurel entre les deux pays, a-t-il précisé.
Entre 2021 et 2023, les exportations congolaises vers les Émirats ont atteint en moyenne 1,059 milliard de dollars par an, contre 1,89 milliard de dollars d’importations, générant un déficit commercial annuel moyen de 650 millions de dollars. Ces exportations sont essentiellement constituées de produits miniers, notamment le cuivre raffiné, l’or et les diamants.
La négociation de cet accord de libre-échange a été l’un des points d’une rencontre entre la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa, et le ministre émirati du Commerce extérieur, Dr Thani bin Ahmed Al Zeyoudi. Selon Julien Paluku, la proposition tarifaire d’Abou Dhabi a déjà été transmise à la partie congolaise, et la cheffe du gouvernement a donné un délai d’environ un mois pour finaliser l’accord.
Un accord de libre-échange vise à faciliter le commerce en réduisant ou en éliminant les barrières tarifaires. Mais, à l’observation, la mise en place d’un tel accord entre un pays africain et un pays développé ne garantit pas automatiquement une augmentation des exportations du pays africain. Conscient de cela, le gouvernement appelle le secteur privé à se préparer à saisir les opportunités de l’accord en vue avec les Émirats arabes unis.
Il exhorte également les opérateurs économiques à tirer parti des autres instruments existants tels que l’AGOA avec les États-Unis, les Accords de partenariat économique avec l’Union européenne, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ou encore l’accord-cadre de coopération signé avec la Chine en septembre 2024.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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La Tanzanie et la République démocratique du Congo (RDC) ont conclu un accord portant sur l’attribution de terrains dédiés au développement de ports secs dans les deux pays. La documentation relative à l’échange des titres fonciers liés aux zones concernées a été finalisée lors de réunions bilatérales tenues à Lubumbashi, en RDC, du 3 au 5 avril 2025.
Ces rencontres visaient à évaluer l’état d’avancement du Programme de développement des infrastructures de transport, une initiative lancée en 2022 sous la coordination de l’Agence de facilitation du transport de transit du corridor central (CCTTFA, en anglais). Ce programme a pour objectif d’améliorer les échanges commerciaux et la connectivité entre les deux pays.
Selon la CCTTFA, chaque pays mettra à disposition 60 hectares de terres. La Tanzanie bénéficiera de terrains situés à Kasumbalesa et Kasenga, en RDC, tandis que la RDC obtiendra des sites à Kwala et Katosho, en Tanzanie. La finalisation des titres de propriété « ouvre la voie au développement de ces infrastructures logistiques stratégiques », précise l’agence.
Selon des médias tanzaniens, l’aménagement des ports secs devrait être achevé dans les 18 prochains mois. Les mêmes sources indiquent que le développement de ces infrastructures se fera dans le cadre de partenariats public-privé (PPP), bien qu’aucune information ne soit encore disponible sur le processus de sélection des partenaires privés.
Au cours des quatre dernières années, le fret en provenance du port de Dar es-Salaam à destination de la RDC a connu une hausse de 180 %, selon le secrétaire permanent du ministère tanzanien des Transports, Godius Kahyarara. D’après ce dernier, le volume traité par le port est passé de 14 à 28 millions de tonnes sur la même période.
Vols directs entre Dar es-Salaam et Kinshasa
Cette pression logistique rend urgente la création de ports secs afin de désengorger Dar es-Salaam, améliorer la fluidité du transit régional et accélérer le transport des marchandises vers les pays enclavés, comme la RDC ou le Burundi.
Les réunions bilatérales tenues du 3 au 5 avril 2025 ont également permis de constater des progrès sur d’autres projets inscrits dans le cadre du Programme de développement des infrastructures de transport entre la RDC et la Tanzanie.
La CCTTFA cite notamment la construction en cours du port de Kalemie, dont le contrat de partenariat public-privé a été signé il y a quelques jours, la réhabilitation en cours de la route Kalemie–Nyunzu–Manono (468 km), ainsi que des investissements dans les lignes ferroviaires en Tanzanie et en RDC.
Des avancées ont également été enregistrées dans le secteur aérien, avec la désignation de Kalemie et Goma (en RDC), ainsi que Mwanza et Dodoma (en Tanzanie), comme nouveaux points d’entrée officiels pour les voyageurs et les marchandises. Par ailleurs, la compagnie Air Tanzania (ATCL) prévoit de lancer ce mois d’avril 2025 des vols directs entre Dar es-Salaam et Kinshasa.
Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin
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