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As the conflict between the M3 rebels and the Congolese army persists in the eastern region, the DR Congo government has mandated open and distance learning in public and private universities. The decision was formalized on February 6, via a decree signed by Higher Education Minister Marie-Thérèse Sombo. It took effect the same day.

“Open and distance learning constitutes a mode of teaching accessible to all and it doesn’t in-person teaching,” the decree reads. “It leverages information and communication technologies (ICT) to provide educational content, carry out learning activities, and conduct exams.”

At the Council of Ministers meeting on February 7, Minister Sombo presented distance learning as a “suitable solution for ensuring the continuity of courses despite the Rwandan aggression.”

However, implementing this approach requires urgent action, including deploying digital platforms for online courses, helping teachers and students to appropriate digital tools, and establishing partnerships to strengthen digital training and infrastructure. Safe learning centers should also be set up.

A major barrier to the e-learning project could be power disruption in the eastern region, as many power facilities have been damaged. This threatens the supply chain; a situation that could make running e-learning platforms harder. Internet connection quality, essential for e-learning, also poses a challenge.

The Congolese authorities said they would set up a special commission to oversee the e-learning project to ensure adaptation to local realities and challenges from instability in certain provinces. The commission will also monitor and evaluate the impact of the measures, adjusting the strategy as needed.

While primarily an emergency response, the project could birth a more modern education system in the DRC. Increased use of digital technology could strengthen the sector's resilience and promote wider access to education, particularly in remote or conflict-affected areas.

This article was initially published in French by Olivier de Souza

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Il fait partie de ceux qui façonnent l’émergence de l’industrie du streaming en République Démocratique du Congo. Charles Maleshila est le fondateur de Plustube, une plateforme de streaming 100 % congolaise. Son ambition : réinventer la manière dont les Congolais accèdent à leurs films, séries et contenus culturels locaux.

Diplômé en Technologie de l’information de Stratford University en Inde, Charles Maleshila a été fasciné par le succès des plateformes de streaming indiennes, qui ont su valoriser les contenus audiovisuels locaux. Lorsqu’il rentre au pays en 2015, l’idée de créer Plustube commence à germer.

« J’ai observé comment les Indiens consommaient leurs films et séries via des plateformes locales. Ces plateformes ont permis aux acteurs indiens de devenir des superstars, très riches, grâce aux abonnements et à la consommation en ligne. J’ai vu là une véritable opportunité pour le cinéma congolais », explique Maleshila.

Alternative locale à Canal+

Depuis son retour au Congo, Charles Maleshila s’est consacré au développement de Plustube, une plateforme qu’il présente comme un espace dédié à la diffusion de films et séries locales, mais aussi internationales. Après plusieurs années de travail, Plustube a officiellement vu le jour en 2024.

Pour son fondateur, Plustube est bien plus qu’un simple service de streaming. Il le positionne comme une alternative locale à Canal+. « Plustube ambitionne de devenir une véritable chaîne de télévision en ligne », explique-t-il, soulignant que la plateforme entend regrouper des contenus congolais et internationaux, avec une diffusion directe dans les foyers congolais, avant d’étendre sa portée à l’international.

Le développement de Plustube repose sur six chaînes thématiques, chacune dédiée à un secteur spécifique. Plustube Cinéma diffuse en continu des films et séries, aussi bien locaux qu’internationaux. Plustube Éducation propose des cours en ligne et des tutoriels, offrant aux utilisateurs la possibilité de développer des compétences pratiques dans divers domaines professionnels. Plustube Business s’adresse aux entrepreneurs et hommes d’affaires, avec des contenus axés sur la croissance et l’innovation. Plustube Actualités et Plustube Musique viennent compléter l’offre, visant à toucher un large public.

Récompenses

L’accès à la plateforme est payant, avec un système d’abonnement comprenant deux forfaits : mensuel (3 dollars) et annuel (33 dollars). Pour faciliter l’abonnement, le paiement via Mpesa, largement utilisé en Afrique, a été intégré, permettant ainsi aux utilisateurs de souscrire en toute simplicité, explique Charles Maleshila.

Disponible sur mobile, ordinateur et télévision connectée, Plustube ne se limite pas à proposer des contenus à ses utilisateurs ; elle les récompense pour leur engagement. Chaque minute passée sur la plateforme permet de gagner des points, convertibles en argent réel ou utilisables directement sur Plustube.

Cette innovation incite non seulement à consommer du contenu, mais offre également une expérience interactive et rémunératrice. « Nous avons voulu créer un écosystème où les utilisateurs sont récompensés pour leur temps passé sur la plateforme. Cela permet d’instaurer une véritable relation de confiance et d’engagement », explique Charles Maleshila.

Ronsard Luabeya, stagiaire

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Le prix du café arabica, l’un des produits d’exportation de la République Démocratique du Congo (RDC), a connu une hausse sur les marchés internationaux. Selon Reuters, le 12 février 2025, les contrats à terme sur l’arabica se négociaient à environ 4 dollars  américains par livre, soit 8,80 USD par kilogramme.

Cette flambée des prix est principalement attribuée à une augmentation des coûts de transaction sur la bourse ICE, où les marges ont été relevées de 10 % pour atteindre 10 410 USD par contrat, soit presque le double du niveau d’il y a un an. Cette situation a contraint de nombreux traders à liquider leurs positions, contribuant ainsi à accentuer la hausse des prix.

Selon le ministère du Commerce extérieur de la RDC, le prix du kilogramme de café arabica a enregistré une hausse de 7,89 % sur les marchés internationaux. Entre le 10 et le 15 février 2025, il s’est négocié à 7,38 USD, contre 6,84 USD la semaine précédente.

Une étude de l’université de Liège en Belgique a montré que la hausse des prix du café à l’international pourrait profiter aux producteurs congolais. Cependant, l’est de la RDC, qui abrite les principaux bassins de production du pays, est frappé par un regain de tensions depuis le début de l’année. L’offensive des rebelles du M23 et de leurs alliés, notamment rwandais, menace directement les régions productrices de café arabica, situées dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Aujourd’hui, Bukavu et Goma, capitales provinciales du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, sont occupées par ces forces rebelles, ce qui pourrait affecter la production.

Au-delà du conflit, la filière café fait face à de nombreux défis : faible productivité, infrastructures vétustes et exportations illégales massives. En Ituri, par exemple, plus de 80 % du café produit est exporté clandestinement vers les pays voisins, selon les données récentes de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), limitant ainsi les revenus du pays.

En 2023, la production nationale de café a atteint 12 422 tonnes, contre 10 729 tonnes en 2022, selon les chiffres de la Banque Centrale du Congo (BCC). Le robusta représente plus de 70 % de cette production, tandis que l’arabica en constitue le reste.

Boaz Kabeya, stagiaire

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Depuis 2022, Malick Fall est le représentant régional de la Société financière internationale (IFC) pour le Burundi, la République démocratique du Congo (RDC) et la République du Congo. Ce ressortissant sénégalais occupe également, depuis 2021, le poste de représentant résident de l’IFC en RDC. À l’issue de la première édition de l’IFC Day Congo, organisée le 14 janvier 2025 à Brazzaville, l’expert en finance s’est entretenu avec Bankable. Il revient sur les projets de l’IFC au Congo et en RDC, et les enjeux de financement dans ces deux économies en quête de développement.

Bankable : Depuis un an et demi, la Société financière internationale (IFC) a renforcé sa présence au Congo-Brazzaville en y ouvrant un bureau dédié. Toutefois, son portefeuille actuel dans le pays ne compte qu’un investissement d’environ 10 millions de dollars. Quels sont vos objectifs en matière de financement de l’économie dans ce pays ?

Malick Fall : Comme vous l’avez dit, nous avons réalisé l’année dernière un investissement de 10 millions de dollars, mais nous travaillons en parallèle à la préparation de plusieurs autres projets dans les secteurs prioritaires pour le Congo.

Lors de l’IFC Day, nous a mis en avant nos actions dans le secteur de l’énergie, avec pour objectif de réduire le déficit énergétique et de soutenir le développement du secteur de l’électricité. Un projet de partenariat public-privé (PPP) est également en préparation dans le secteur de l’eau, afin d’améliorer l’approvisionnement et la distribution à l’échelle nationale.

L’IFC collabore aussi avec la Banque mondiale sur un nouveau programme visant à attirer davantage d’investissements privés dans l’agriculture. L’objectif est d’augmenter la production agricole locale et de réduire la dépendance aux importations alimentaires.

Enfin, l’institution travaille avec des banques et des entreprises du numérique pour développer de nouveaux services favorisant l’inclusion financière des PME.

Bankable : Avec ces projets, l’IFC pourrait injecter combien dans le secteur privé congolais ? Et à quelle échéance ?

MF : Il est difficile de donner un montant à ce stade. Plusieurs de ces projets sont en cours de préparation. Vous savez, les projets d’infrastructure demandent un niveau de préparation assez important.

Nous disposons au sein de l’IFC d’une approche appelée Upstream, qui nous permet de préparer des projets pour les rendre finançables. L’IFC travaille donc dans ce cadre au Congo pour identifier des opportunités, les structurer et les financer, tout en mobilisant des financements auprès d’autres partenaires financiers afin de répondre aux besoins du pays.

Nous espérons, très bientôt, grâce à l’ensemble des initiatives lancées, augmenter significativement notre portefeuille d’investissement au Congo. Mais aujourd’hui, il est encore trop tôt pour donner un montant précis concernant ces projets en préparation.

Bankable : En tant que représentant régional, avez-vous une ambition en termes de financement pour le Congo ?

MF : Vous savez, le rôle de l’IFC, c’est de financer, mais notre objectif doit être mesuré en termes d’impact. Aujourd’hui, ce qui nous intéresse, ce n’est pas le financement en soi. Le financement est un moyen.

Ce qui nous importe, c’est de savoir combien de personnes auront accès à l’énergie, combien pourront bénéficier des produits issus de nos projets agricoles, ou encore combien de PME pourront accéder au financement grâce aux initiatives et services que nous développons avec nos partenaires.

Nous sommes une institution de développement, et notre priorité est l’impact. Le financement, lui, n’est qu’un levier pour atteindre ces objectifs.

Bankable : Avez-vous donc des objectifs quantifiables ? Combien de personnes voulez-vous, par exemple, connecter à l’électricité ? Quels sont vos objectifs en matière de production agricole ?

MF : Dans chaque pays, nous établissons une stratégie pays qui va encadrer nos actions. Cette stratégie pays est définie à partir des priorités du gouvernement. En l’occurrence, au Congo, nous nous basons sur le Plan national de développement et sur le cadre de partenariat établi avec la Banque mondiale. L’ensemble de ces données nous a permis aujourd’hui de définir les axes stratégiques sur lesquels l’IFC va se positionner.

Au Congo, nous avons quatre axes stratégiques. Le premier, c’est l’inclusion financière. Les PME sont les principaux acteurs qui contribuent à la création d’emplois. Si nous apportons une solution à leurs besoins de financement, nous contribuons également à la création d’emplois.

La deuxième priorité est le développement des infrastructures de base, notamment l’énergie, l’eau et les télécoms. L’énergie, par exemple, est indispensable à l’industrialisation du pays. S’il n’y a pas d’énergie, il n’y aura pas d’industrie. Et sans industrie, les objectifs de création d’emplois peuvent être compromis.

Si nous n’avons pas encore d’acteurs présents sur ces marchés, notre travail consiste aussi à identifier des partenaires potentiels parmi notre réseau de clients pour les inciter à investir au Congo.

Le troisième objectif, c’est le développement des industries réelles. Ce qu’on appelle l’industrie réelle, c’est tout ce qui est industrie et agriculture. Le Congo dispose d’un immense potentiel agricole, avec de grandes surfaces de terres arables qui demandent à être exploitées pour répondre aux besoins du pays et de la sous-région. Le Congo est voisin de grands pays comme la RDC et le Cameroun, qui peuvent représenter des marchés importants.

Nous partons de là et nous identifions les partenaires que nous pouvons accompagner pour atteindre ces objectifs. Et si les conditions ne sont pas réunies, nous prenons les mesures nécessaires pour les créer.

Si aujourd’hui des réformes sont nécessaires, nous allons y travailler en partenariat avec la Banque mondiale, d’autres partenaires et le gouvernement. Si nous n’avons pas encore d’acteurs présents sur ces marchés, notre travail consiste aussi à identifier des partenaires potentiels parmi notre réseau de clients pour les inciter à investir au Congo.

Bankable : Vous avez tout à l’heure évoqué l’un des grands voisins du Congo-Brazzaville : la RDC. Vous êtes aussi le représentant pays de l’IFC pour ce pays immense (plus de 2 millions de km², plus de 100 millions d’habitants), mais confronté à d’importants défis en matière de transport, de logements et d’énergie… Quelles sont vos priorités pour la RDC ?

MF : En RDC, nous avons depuis 2021 accéléré nos activités avec des investissements dans le secteur financier, afin d’apporter les fonds nécessaires pour que les banques puissent prêter davantage aux PME.

Nous avons également beaucoup investi dans les infrastructures télécoms. Il existait un retard très important en matière d’investissements dans ce secteur, qui représente aujourd’hui une part significative de nos engagements en RDC ces dernières années.

Nous intervenons sur tous ces fronts pour créer les conditions favorables à l’implantation de promoteurs immobiliers, afin qu’ils puissent réaliser des projets d’envergure et contribuer à réduire le déficit de logements, estimé à environ 4 millions d’unités selon une étude que nous avons menée.

Bien sûr, nous sommes également présents dans le secteur de l’énergie. Le pays affiche un taux d’accès à l’électricité très bas, autour de 19 % ou 20 %, et nous avons l’ambition d’apporter des solutions, parfois innovantes, pour réduire ce déficit énergétique.

Sur ce point, nous travaillons actuellement à la préparation de plusieurs projets dans le secteur de l’énergie, qui devraient permettre, je l’espère, très bientôt, d’améliorer ce taux d’accès encore assez bas.

Bankable : En 2024, vous estimiez qu’il fallait un investissement de 132 milliards de dollars sur les 16 prochaines années pour réduire le déficit de logements en RDC. Et selon nos informations, vous avez un projet dans ce secteur. Où en êtes-vous ?

MF : Le logement est un enjeu très important pour la RDC. Pour vous donner une idée, une ville comme Kinshasa va doubler de population d’ici les 30 prochaines années. Aujourd’hui, elle compte 15 à 20 millions d’habitants, selon les sources, et bientôt, elle sera l’une des plus grandes mégalopoles d’Afrique.

Mais il n’y a pas assez de logements construits chaque année pour répondre à cette demande, en particulier sur le segment des logements accessibles à la classe moyenne. Face à ce constat, nous avons identifié une opportunité d’accroître massivement les investissements dans ce secteur et travaillons actuellement sur les réformes nécessaires pour attirer ces investissements.

Plusieurs défis doivent être levés : des problèmes fonciers, des difficultés dans l’établissement des titres de propriété, ainsi qu’un marché hypothécaire encore insuffisant. Nous intervenons sur tous ces fronts pour créer les conditions favorables à l’implantation de promoteurs immobiliers, afin qu’ils puissent réaliser des projets d’envergure et contribuer à réduire le déficit de logements, estimé à environ 4 millions d’unités selon une étude que nous avons menée.

C’est un projet de longue haleine, mais les enjeux sont majeurs, puisqu’il s’agit de permettre à chaque Congolais d’accéder à un logement décent à un prix compétitif.

Bankable : Un des défis en RDC est la difficulté d’obtenir des prêts longs. Avez-vous des actions précises pour permettre aux banques d’accorder des crédits à long terme ?

MF : L’IFC peut mettre à disposition des banques locales des ressources à long terme, notamment pour développer le marché hypothécaire. Lorsqu’un Congolais souhaite acheter une maison, si on lui propose un crédit sur 10 ans, cela lui permet d’être éligible à certains logements.

Cependant, la mise à disposition de crédits à long terme ne suffira pas à résoudre le problème. Il faut également créer les conditions nécessaires pour produire des logements de qualité. Ces deux actions doivent avancer simultanément.

Depuis 2021, nous avons investi en cumulatif un peu plus de 550 millions de dollars en RDC, dans les différents secteurs que j’ai évoqués tout à l’heure. Mais l’activité de l’IFC en RDC ne se limite pas aux investissements.

On ne peut pas régler le problème de l’offre sans considérer la demande, et inversement, si l’on résout l’aspect demande sans traiter celui de l’offre, le marché restera déséquilibré.

Nous travaillons donc sur ces deux fronts. D’un côté, nous avons la possibilité de mettre à disposition des crédits à long terme, ce qui permettra à un plus grand nombre de Congolais d’accéder au logement. Mais à côté de cela, il faut aussi attirer des promoteurs immobiliers solides, avec l’expérience et la capacité de construire des logements en masse en RDC. »

Bankable : Quel est le volume de votre portefeuille actuel ?

MF : Depuis 2021, nous avons investi en cumulatif un peu plus de 550 millions de dollars en RDC, dans les différents secteurs que j’ai évoqués tout à l’heure. Mais l’activité de l’IFC en RDC ne se limite pas aux investissements. De manière plus générale, nous apportons également un appui en services-conseils pour aider le pays à relever plusieurs défis.

Par exemple, nous travaillons étroitement avec la Banque centrale pour améliorer l’infrastructure financière. Un des projets en cours est la mise en place d’un crédit bureau, qui permettrait aux banques d’avoir une meilleure information sur les emprunteurs et ainsi de prêter avec plus de sûreté. À terme, cela pourrait augmenter le taux de crédit au secteur privé.

Nous avons également collaboré avec le ministère des Finances pour la révision de la loi sur le crédit-bail, afin de le rendre plus attractif et de donner aux banques un outil largement utilisé dans d’autres pays, notamment par les PME.

Interview réalisée par Aboudi Ottou

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Sollicité par Reuters, le groupe suisse Glencore, spécialisé dans la production et la commercialisation des matières premières, a démenti avoir l’intention de céder « tout ou partie » de ses activités en République Démocratique du Congo (RDC). Selon un porte-parole de l’entreprise, cité par l’agence de presse britannique, réputée pour sa proximité avec les marchés financiers internationaux, notamment la Bourse de Londres, aucune banque d’investissement ou société de conseil n’a été mandatée pour une telle opération.

Glencore a ainsi démenti les informations publiées plus tôt dans la journée du 14 février 2025, par le Financial Times, quotidien économique et financier britannique de référence. Toutefois, le groupe anglo-suisse a reconnu avoir reçu en 2024 une offre non sollicitée d’un potentiel investisseur du Moyen-Orient, tout en précisant qu’il l’avait rejetée.

Au moins un pays du Moyen-Orient cherche à établir des chaînes d’approvisionnement durables en minerais de la transition énergétique avec la RDC. En janvier 2024, l’Arabie Saoudite a signé un protocole d’accord avec Kinshasa, visant à améliorer la recherche, l’exploitation et la transformation des minéraux au niveau local, afin de soutenir la transition énergétique.

Des actifs entachés de soupçons

Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi publiquement à cette actualité, laissant en suspens l’impact potentiel de ces révélations sur leurs relations avec Glencore. L’enjeu du renouvellement des licences de Kamoto Copper Company (KCC), la filiale la plus importante du groupe suisse en RDC, ne se pose plus. Les permis de KCC, détenu désormais à 70 % par Glencore (Gécamines a obtenu une participation supplémentaire de 5%), ont été renouvelés en 2024 pour une période de 15 ans. De même, les licences du site de Mutanda (détenu à 95 % par Glencore) restent valides pour la même durée.
 
Dans la communauté des investisseurs, la perspective d’un éventuel départ de Glencore de la RDC semble rassurer certains acteurs. Après l’annonce du Financial Times, l’action du groupe a bondi de 4,8 % avant de clôturer sur une hausse de 3 %, bien que l’information ait été démentie. Les accusations de corruption et les conflits avec l’administration fiscale autour de taxes et redevances non payées entretiennent un climat d’incertitude pour certains actionnaires, qui voient un retrait du pays comme une opportunité.

Il faut rappeler qu’en 2024, Glencore a accepté de payer 152 millions de dollars pour des actes de corruption en RDC. La même année, l’administration fiscale congolaise lui a exigé le paiement de 895 millions de dollars, correspondant au total des retenues à la source sur les sommes que le groupe aurait versées à Dan Gertler. Cet homme d’affaires israélien, associé à plusieurs scandales de corruption en RDC, est présenté comme un « partenaire commercial » de Glencore.

Baisse de la production

À l’inverse, les opérations de Glencore en RDC pourraient ne plus être stratégiques à l’horizon 2039. Malgré un solide quatrième trimestre (68 800 tonnes), la production de cuivre à Kamoto et Mutanda a reculé de 7 % en 2024 (224 500 tonnes), après une baisse de 5 % en 2023. Il s’agit de la troisième année consécutive de déclin, selon des données consultées par Bankable. La production de cobalt a également enregistré un recul de 10 % en 2024, atteignant 35 100 tonnes, soit sa plus forte baisse depuis 2022.

Les mines congolaises de Glencore arrivent progressivement en fin de cycle. Kamoto ne dispose plus que de quinze ans de durée de vie, soit exactement la période couverte par les permis récemment renouvelés jusqu’en 2039. À Mutanda, le permis expire en 2037, et une exploitation prolongée jusqu’en 2040 ne serait envisageable qu’à condition d’obtenir l’autorisation d’investissements complexes.

Toutefois, même si ces éléments peuvent inciter les actionnaires de Glencore à faire pression pour une cession des actifs congolais, la décision mérite réflexion. Les dernières évaluations du potentiel en ressources indiquent que les permis de Mutanda abriteraient encore 3,8 millions de tonnes de cuivre et 1,2 million de tonnes de cobalt, des réserves quasiment prouvées.

Georges Auréole Bamba

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Confronté à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo et à l’occupation de certaines zones du territoire, le gouvernement congolais a décidé d’adopter l’enseignement ouvert et à distance dans les universités publiques et privées du pays. Un arrêté signé par la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Thérèse Sombo, le 6 février 2025, matérialise cette décision, qui prend effet dès sa signature.

« L’enseignement ouvert et à distance constitue un mode d’enseignement accessible à tous et qui n’implique pas nécessairement la présence physique de l’enseignant. Il repose sur l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour fournir des contenus pédagogiques, réaliser des activités d’apprentissage et effectuer des évaluations », explique l’arrêté ministériel.

Lors du Conseil des ministres du 7 février dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur a présenté l’enseignement à distance comme une « solution idoine pour garantir la continuité des cours en dépit de l’agression rwandaise ».

Toutefois, pour assurer la mise en œuvre de cette approche, plusieurs actions doivent être entreprises en urgence. Il s’agit notamment du déploiement de plateformes numériques permettant aux étudiants d’accéder aux cours en ligne, de la formation des enseignants et des étudiants aux outils numériques, ainsi que de l’établissement d’accords avec des partenaires techniques et financiers afin de renforcer la formation numérique et fournir des infrastructures adaptées. Par ailleurs, la création de centres d’apprentissage sécurisés est envisagée pour garantir l’accès à l’éducation dans des conditions appropriées.

À court terme, la mise en place de l’enseignement à distance pourrait se heurter à des difficultés, notamment la disponibilité de l’électricité dans l’est du pays. Depuis l’offensive des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, plusieurs installations électriques ont été endommagées par les combats, compromettant l’alimentation en énergie nécessaire au fonctionnement des plateformes numériques. L’autre défi majeur concerne la qualité de la connexion Internet, essentielle au bon déroulement de l’enseignement en ligne.

Pour mieux encadrer cette initiative, une commission spécialisée sera chargée de superviser l’ensemble du dispositif. Elle veillera à son adaptation aux réalités locales et aux défis posés par l’instabilité dans certaines provinces. Son rôle inclura également le suivi rigoureux et l’évaluation de l’impact des mesures mises en place, avec la possibilité d’ajuster la stratégie en fonction des besoins identifiés sur le terrain.

Si cette mesure répond avant tout à une urgence, elle pourrait aussi marquer un tournant dans la modernisation du système éducatif congolais. L’introduction accrue du numérique dans l’enseignement supérieur pourrait renforcer la résilience du secteur face aux crises futures et favoriser un accès plus large à l’éducation, en particulier dans les zones reculées ou affectées par des conflits.

Olivier de Souza

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Selon plusieurs sources médiatiques locales, relayées par des médias internationaux, les rebelles du M23 et leurs soutiens rwandais sont entrés à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, ce 14 février 2025. Un peu plus tôt, ils avaient pris le contrôle de l’aéroport de Kavumu, situé à 30 kilomètres de Bukavu.

Cette avancée contredit l’annonce faite il y a quelques semaines par le M23, qui affirmait ne pas vouloir s’emparer de Bukavu. Elle constitue également une violation flagrante de la demande de cessez-le-feu formulée par les chefs d’État d’Afrique de l’Est et australe, réunis le week-end dernier.

Cette escalade survient alors que le président Félix Tshisekedi est en tournée diplomatique à Munich, en Allemagne. Lors de son intervention, il a accusé son prédécesseur, Joseph Kabila, d’être le véritable instigateur de la crise actuelle. « Il n’a pas le courage d’assumer ses actes », a-t-il déclaré.

Malgré les implications humanitaires, sociales, politiques et économiques du conflit, la RDC continue de privilégier la diplomatie. En marge du sommet de Munich, le président Tshisekedi a eu des discussions avec le ministre belge des Affaires étrangères ainsi qu’un envoyé de Donald Trump.

Sur le plan économique, la RDC a pris plusieurs mesures de rétorsion, comme la fermeture de son espace aérien au Rwanda et l’interdiction d’activités minières dans des zones sous contrôle des rebelles.

Pierre Mukoko

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Les travaux de création de la bourse des matières premières en République Démocratique du Congo progressent, selon le compte rendu du Conseil des ministres du 7 février 2025. Ce projet, annoncé lors de la réunion du Conseil des ministres du 29 novembre dernier, portera le nom de Kinshasa Mercantile Exchange (KME). Il vise à faciliter la commercialisation et la régulation des ressources stratégiques, notamment les minerais, les produits agricoles et les actifs environnementaux, tels que les crédits carbone.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, une feuille de route préliminaire et des orientations initiales sont déjà disponibles pour structurer les travaux de création du KME. Toutefois, le document ne détaille pas leur contenu. Il précise simplement que la structure organisationnelle de la bourse est définie, qu’un état des lieux réglementaire a été réalisé et que les ajustements nécessaires sont identifiés.

Par ailleurs, le gouvernement a adopté la méthodologie de transformation rapide de Pemandu pour accélérer la mise en œuvre du projet. Développée en Malaisie, cette approche vise à accélérer l’exécution des projets stratégiques, en garantissant des résultats concrets sur une courte période.

Le gouvernement congolais indique que des « partenariats stratégiques » sont en cours de négociation pour la mise en place de KME. Pourtant, à l’issue du Conseil des ministres du 29 novembre dernier, il avait été précisé que le développement de cette bourse s’inscrit dans un partenariat public-privé, associant l’État – représenté par Congo Ressources, un acheteur de minerais auprès des coopératives minières (conformément à un arrêté ministériel des Mines) – et l’entreprise américano-saoudienne Sage Intel Inc (SAGINT). Cette dernière société dispose d’une plateforme permettant d’accéder aux capitaux mondiaux grâce à une bourse d’actifs numériques et un système de conformité et d’enregistrement dédié aux matières premières et aux éco-actifs du monde réel, selon les informations disponibles sur son site web.

À l’image d’autres bourses des matières premières comme la London Metal Exchange au Royaume-Uni ou la Chicago Mercantile Exchange aux États-Unis, le Kinshasa Mercantile Exchange ambitionne de structurer et centraliser les échanges des ressources naturelles de la RDC. Pour y arriver, le gouvernement estime l’investissement nécessaire à 650 millions de dollars sur 10 ans.

Ronsard Luabeya, stagiaire

vendredi, 14 février 2025 15:49

DR Congo: Suspected Mpox Cases Drop

During the February 7th council of ministers, the Democratic Republic of Congo (DRC) reported a drop in suspected Mpox cases nationwide, from 2,707 to 1,842 in the fourth week of the outbreak. "The trend indicates that the measures implemented to combat this epidemic are beginning to produce positive effects," the council’s minutes note.

The U.S. significantly helped the DRC tackle the crisis. The U.S. Agency for International Development (USAID) provided 50,000 doses of the Mpox vaccine and last year, the U.S. provided the African country $10 million to better handle the health situation.

In late January, Japan also contributed 50,000 doses of the LC16 vaccine and bifurcated needles. This was Japan’s first shipment out of three million doses requested by the DRC.

On February 11, the Ministry of Health announced that Canada would donate 200,000 doses of vaccine next week, facilitated by Gavi, the Vaccine Alliance. These vaccines will be distributed according to the Access and Allocation Mechanism established by Gavi, the World Health Organization (WHO), and other partners.

"The DRC expresses its gratitude to the Government of Canada and Gavi for their partnership in providing 200,000 doses of Mpox vaccine. This demonstrates international solidarity in the fight against this epidemic," said DRC Health Minister Samuel Roger Kamba.

Despite these efforts, concerns remain about managing the health crisis amid ongoing conflict in eastern DRC. "Although reported cases have stabilized, the deteriorating security situation has led many patients to leave treatment centers, increasing transmission risks," warned WHO Director-General Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus last week.

In August 2024, WHO declared Mpox a public health emergency of global concern. The African Centre for Disease Control and Prevention classified it as a threat to regional health security. By November, more than 629 deaths had been reported in the DRC due to the outbreak.

Olivier de Souza

The Kibali gold mine in the Democratic Republic of Congo (DRC) produced 686,000 ounces in 2024, down from 763,000 ounces in 2023, thus down 10% year-on-year. Barrick Gold, the Canadian from which co-owns the mine, disclosed the figure on February 12, 2025.

Kibali thus fell short of the forecast of its owners for 2024. Indeed, Barrick Gold and its main partner, AngloGold Ashanti, had projected the mine’s output at 711,000 to 800,000 ounces. Barrick’s expectations were based on a 4% increase in the first half of 2024.

However, in H2 2024, the mine’s output dropped by 21% year-on-year. While Barrick has not officially explained this underperformance, AngloGold Ashanti attributed the third-quarter drop to lower gold grades in the processed ore.

This year, Barrick expects its attributable gold production to stand between 310,000 and 340,000 ounces, against 320,000 to 360,000 ounces anticipated in 2024. Bankable estimates that Kibali will produce between 688,000 and 755,000 ounces in 2025, down from its output in 2023.

Barrick and AngloGold each hold a 45% stake in Kibali.

Emiliano Tossou

 

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