Le gouvernement congolais a adopté, lors de la 90ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 22 mai 2026, un programme national de désenclavement et de connectivité routière portant sur un réseau identifié de 22 000 kilomètres.
Présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, ce programme vise à connecter les chefs-lieux des provinces et des territoires, à préserver les axes déjà ouverts ou réhabilités et à moderniser progressivement le réseau routier national.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, il prévoit notamment la stabilisation, le bitumage ou le bétonnage des routes en fonction de leur importance économique, stratégique et sécuritaire.
Un réseau prioritaire
Ce programme intervient après plusieurs réajustements opérés dans la stratégie gouvernementale de désenclavement routier engagée depuis 2025. Au début de cette période, les autorités avaient lancé un vaste programme de réhabilitation de 38 000 km de routes de desserte agricole et de 11 423 km de routes prioritaires à travers le pays, avec l’objectif de renforcer l’intégration territoriale et de soutenir les bassins de production agricole.
Le projet reposait notamment sur le déploiement de brigades routières dans les provinces, ainsi que sur la réhabilitation de plusieurs corridors nationaux jugés structurants pour les échanges économiques.
Mais au fil des mois, son exécution a mis en évidence les contraintes financières, logistiques et techniques liées à l’ampleur des objectifs annoncés. Des données relayées fin 2025 indiquaient qu’environ 8 000 km de routes de desserte agricole avaient été réhabilités, un niveau inférieur aux 38 000 km initialement projetés.
Dans plusieurs provinces, des travaux ciblés ont néanmoins été engagés avec le déploiement progressif de brigades routières et la réhabilitation de certains tronçons prioritaires, notamment dans le Kasaï-Oriental, le Haut-Katanga, la Tshopo et le Kongo-Central.
Des objectifs resserrés
Face à ces contraintes, le gouvernement a progressivement réorienté son approche vers des objectifs plus ciblés. Lors de son discours sur l’état de la Nation du 8 décembre 2025, Félix Tshisekedi a ainsi annoncé la réhabilitation de 3 735 km de routes de desserte agricole pour l’année 2026, en mettant davantage l’accent sur des corridors stratégiques précis.
Le chef de l’État avait alors cité plusieurs axes prioritaires, notamment 115 km entre Tshikapa et la frontière angolaise sur la RN1, 229 km sur la RN39 entre Kamwesha, Bakwanga, Tshimbulu et Mbuji-Mayi, 475 km sur la RN2 pour relier Mbuji-Mayi à Bukavu, 1 184 km sur la RN7 entre Kananga et Kisangani, 856 km sur la RN8 entre Mbandaka et Ikela, ainsi que 750 km sur la RN4 entre Kisangani, Bunia et Mahagi.
Le président congolais avait également annoncé la modernisation du tronçon ferroviaire Kisangani-Ubundu dans le cadre d’un partenariat public-privé.
À travers cette nouvelle orientation, l’exécutif semble désormais privilégier la consolidation d’un réseau routier prioritaire destiné à soutenir la circulation intérieure, les échanges économiques et l’intégration territoriale dans un pays où une grande partie des zones rurales reste difficilement accessible.
Les modalités de mise en œuvre du programme restent toutefois à préciser.
Boaz Kabeya
Lire aussi :
Kongo Central : la réhabilitation de 160 nouveaux kilomètres de routes agricoles lancée
Kongo central : la réhabilitation de 550 km de routes de desserte agricole lancé
Routes agricoles : la réhabilitation de 280 km lancée dans le Mai-Ndombe
Entretien de routes agricoles : le PNDA vise 707 km au Kasaï Central
Plusieurs mois après avoir été choisi pour assurer l’intérim, Danilo Lange a été confirmé au poste de directeur général de Critical Metals, société qui détient 70 % du projet cupro-cobaltifère de Molulu, dans le Haut-Katanga. C’est ce qui ressort d’une annonce publiée par l’entreprise le 12 mai 2026.
Depuis décembre 2025, Danilo Lange occupait cette fonction à titre intérimaire, à la suite de la démission d’Ali Farid Khwaja, qui avait lui-même remplacé Russell Fryer après son départ intervenu le 4 septembre 2025. Ces successions de dirigeants en quelques mois sont intervenues dans un contexte de restructuration et de difficultés financières persistantes pour l’opérateur minier coté à Londres.
Dans le communiqué, Kelvin Williams, administrateur non exécutif de Critical Metals, justifie cette décision du conseil d’administration par les performances de Danilo Lange durant son intérim. Selon lui, ce dernier a démontré une compréhension claire des activités de l’entreprise, ce qui a conduit le conseil à le considérer comme le meilleur candidat pour poursuivre la stratégie du groupe.
Critical Metals continue toutefois d’évoluer dans un environnement financier difficile. Le projet Molulu, situé à environ 100 kilomètres au nord de Lubumbashi, n’a pas encore généré de ventes commerciales de cuivre et de cobalt.
Pour l’exercice financier clôturé le 30 juin 2025, la société a enregistré une perte d’environ 2,4 millions de livres sterling, soit près de 3,2 millions de dollars. Ce résultat reste néanmoins meilleur que celui de l’exercice précédent, grâce notamment à une réduction d’environ 25 % des charges salariales et à des coupes importantes dans les effectifs en République démocratique du Congo, particulièrement parmi les techniciens présents sur le terrain.
NIU Invest en soutien
Dans ce contexte, l’entreprise dépend largement des appuis financiers de son actionnaire majoritaire, NIU Invest SE, qui contrôle près de 70 % du capital de Critical Metals. Fin décembre 2025, la société d’investissement dirigée par l’homme d’affaires autrichien Cevdet Caner avait accordé à Critical Metals un prêt convertible de 2,1 millions de livres sterling, soit environ 2,84 millions de dollars, destiné notamment au financement des activités sur le projet Molulu. Le mécanisme retenu permet à NIU Invest de convertir ce financement en actions de Critical Metals, ce qui pourrait renforcer davantage sa participation dans la société.
Cette stratégie de montée progressive au capital n’est pas anodine dans un contexte où Cevdet Caner cherche à se positionner plus largement dans le secteur des minerais critiques. Selon des informations publiées par Africa Intelligence, l’homme d’affaires autrichien figurait également parmi les acteurs intéressés par le rachat des actifs miniers de Chemaf en RDC à travers Global Critical Resources (GCR), une société minière créée aux États-Unis et soutenue par des intérêts américains.
Cette offensive illustre les ambitions croissantes de NIU Invest et de ses partenaires dans le secteur minier congolais, alors que les minerais critiques comme le cuivre et le cobalt attirent une concurrence internationale de plus en plus forte.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Projet Molulu : Critical Metals reçoit une bouffée d’oxygène de 2,8 millions $
Étienne Tshimanga Mutombo is set to return as Director General of the Office Congolais de Contrôle (OCC), the Democratic Republic of Congo’s state quality control agency, on May 28, 2026, after the lifting of a temporary suspension imposed on Feb. 16, Trade Minister Julien Paluku said.
In a statement published on May 25, Paluku said he had signed a ministerial order revoking the suspension, citing a provision in Congolese administrative law stating that a suspension cannot exceed three months unless a final conviction has been issued.
He added that Tshimanga’s return would take place under the supervision of the Secretary General for Foreign Trade.
However, the decision does not end the broader disciplinary proceedings. Paluku said the case file had been referred to the relevant authorities for further action, indicating that investigations launched against the OCC chief could continue despite his reinstatement.
Allegations of Mismanagement
Tshimanga was suspended as part of disciplinary proceedings over alleged serious management failures, insubordination and conduct considered harmful to the institution. The ministerial order issued in February referred to administrative and financial irregularities that may have resulted in losses of public revenue.
According to several local media outlets, including Radio Okapi, Tshimanga was also accused of setting up a parallel computer system to monitor imports, allegedly used to issue fraudulent verification certificates for import and export inspections. Authorities suspected the system contributed to significant financial losses for the agency in 2025.
The case also involved other disputed practices within the OCC. In August 2025, the Ministry of Foreign Trade formally requested explanations from OCC management over the continued charging of a $10-per-tonne levy on certain agricultural exports, including cocoa and coffee, despite the tax having been officially abolished in February 2024. Industry groups at the time denounced the charges as an illegal burden on exporters.
During Tshimanga’s suspension, Deputy Director General Christelle Muabilu served as acting head of the OCC.
Timothée Manoke
Étienne Tshimanga Mutombo reprendra ses fonctions de directeur général de l’Office congolais de contrôle (OCC) le 28 mai 2026, après la levée de la suspension conservatoire qui le frappait depuis le 16 février 2026. L’annonce a été faite par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku.
Dans une communication publiée le 25 mai 2026, le ministre affirme avoir signé un arrêté levant cette suspension conservatoire. Julien Paluku justifie sa décision par les dispositions réglementaires en vigueur en République démocratique du Congo, selon lesquelles « la durée d'une suspension ne peut excéder trois mois, sauf en cas de condamnation définitive ».
Il précise également que la reprise des fonctions du directeur général interviendra sous la supervision du secrétaire général au Commerce extérieur.
La levée de la suspension ne signifie toutefois pas la fin des poursuites administratives annoncées lors de l’ouverture de la procédure disciplinaire. Dans sa communication, Julien Paluku précise que « le dossier administratif a été transmis à l'Autorité compétente pour dispositions utiles », laissant entendre que les investigations et procédures engagées pourraient se poursuivre malgré le retour du directeur général à ses fonctions.
« Fautes lourdes… »
Étienne Tshimanga avait été suspendu dans le cadre d’une procédure disciplinaire engagée pour « fautes lourdes de gestion, insubordination et mise en péril des intérêts de l’établissement public ». L’arrêté ministériel rendu public en février évoquait des irrégularités administratives et financières susceptibles d’avoir causé un manque à gagner pour les finances publiques.
Selon plusieurs médias locaux, dont Radio Okapi, le directeur général de l’OCC était également accusé d’avoir mis en place un système informatique parallèle de contrôle des importations. Ce dispositif aurait permis l’émission de fausses attestations de vérification (AV) utilisées dans le contrôle des importations et des exportations. Les autorités soupçonnaient ce mécanisme d’avoir contribué à des pertes financières pour l’établissement public au cours de l’année 2025.
Le dossier faisait aussi référence à d’autres pratiques contestées au sein de l’OCC. En août 2025, le ministère du Commerce extérieur avait demandé des explications à la direction générale concernant le maintien d’une taxe de 10 dollars par tonne sur certains produits agricoles exportés, notamment le cacao et le café, alors que cette taxe avait été officiellement supprimée depuis février 2024. Des organisations professionnelles du secteur dénonçaient alors des charges supplémentaires pesant sur les exportateurs.
Pendant la période de suspension d’Étienne Tshimanga, la direction générale de l’OCC était assurée par la directrice générale adjointe, Christelle Muabilu, désignée pour assurer l’intérim à la tête de l’établissement public.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Office congolais de contrôle : Étienne Tshimanga suspendu pour faute de gestion
Africa CDC, the African Union’s public health agency, has estimated the cost of a coordinated continent-wide Ebola response plan at $318.97 million, the agency announced on May 24. The budget, covering the period from June to November 2026, is part of a regional response coordinated with African and international health partners. The plan aims to contain the outbreak and prevent the virus from spreading across Central and East Africa, where several countries still have fragile health systems and limited surveillance capacity.
Of the total budget, $264.97 million, or 84.1%, will be allocated to frontline response operations in the two affected countries. The funds will support treatment centers, surveillance, testing, infection prevention, case management and public awareness campaigns.
A further $54 million will be used to strengthen health preparedness in ten African countries considered at high risk. The funding will help improve contingency plans, surveillance at points of entry, laboratory capacity, infection prevention and the creation of strategic stockpiles of medical supplies.
The plan also includes risk communication and community engagement activities aimed at encouraging compliance with health measures. It further provides support for research into medical countermeasures, with the goal of strengthening long-term response capacity against the virus.
The initiative comes amid heightened vigilance among African health authorities following several major Ebola outbreaks reported in recent years in the Democratic Republic of Congo (DRC). It also reflects the determination of Africa CDC and the African Union to reinforce continental mechanisms for responding to health emergencies.
According to the WHO office in the DRC, more than 900 suspected cases have been recorded so far, including 101 confirmed cases.
“The African Union stands in full solidarity with the peoples and Governments of the Democratic Republic of the Congo and Uganda at this critical time,” Mahmoud Ali Youssouf, president of the AU Commission, said at a press briefing.
“Africa has overcome major public health challenges before, and through unity, coordination, and collective action, we shall overcome this one as well,” he added.
Carelle Yourann, with Ecofin Agency
The Democratic Republic of Congo's rural electrification agency has awarded two solar power plant contracts to Solution For Africa SAS worth more than $3.5 million less than two weeks apart.
The most recent decision, signed on May 20, 2026, by ANSER Director General Cyprien Musimar Ndele, covers the construction of a 500 kWc photovoltaic solar power plant in Lusambo, the administrative capital of Sankuru province. The contract has a maximum value of $2.22 million, tax included.
Several days earlier, on May 8, 2026, ANSER had provisionally awarded the same company a separate contract for the construction of a 250 kWc photovoltaic solar plant in Djolu, in Tshuapa province, worth up to $1.29 million, tax included.
Both projects target urban centers in provinces that remain poorly connected to the national grid. They are part of ANSER's strategy, which relies heavily on decentralized solutions, especially solar energy, to accelerate electricity access in rural and peri-urban areas.
According to the procurement decisions reviewed, both awards followed public procurement procedures, including the opening and evaluation of bids, the drafting of procurement commission minutes, and the issuance of non-objection notices by the General Directorate for Public Procurement Control (DGCMP).
At this stage, however, the awards remain provisional. The contracts must still undergo additional regulatory review before final agreements are signed and construction work can begin.
Solution For Africa SAS is a Lubumbashi-based company historically active in drilling, water solutions and technical services. Through its Solution4Energy division, the company also operates in solar energy, including the design, supply and construction of solar power plants, as well as solar pumping, lighting and backup power systems.The company will need to demonstrate strong execution capacity to handle two projects simultaneously in landlocked provinces with limited infrastructure access.
Ronsard Luabeya
United Bank for Africa inaugurated a branch in Kolwezi, capital of Lualaba province, on May 20, 2025, marking its entry into one of the Democratic Republic of Congo's most strategic mining regions.
The opening is part of UBA's expansion strategy in the DRC under its 2024-2028 strategic plan. In its Pillar 3 report published in March 2025, the Congolese subsidiary of the Nigerian banking group said it plans to expand its network from three branches in 2024 to 21 by 2028.
The strategy aims to strengthen the bank's presence in the country's main economic hubs, particularly mining, commercial and port areas, while increasing customer deposits. By establishing itself in Kolwezi, UBA is seeking to attract more funds generated by mining operations and subcontracting firms active in Lualaba, a province driven by copper and cobalt production.
The bank aims to raise deposits to $1.8 billion by 2028, up from about $269 million in 2023. UBA DRC's strategic plan projects average deposit growth of 30% in fiscal years 2024 and 2025, accelerating to 40% in subsequent years.
Figures published by the bank show the strategy initially produced strong growth. Customer deposits rose from 236.3 billion naira in 2023 to 476.3 billion naira in 2024, representing a year-on-year increase of 101.6%.
Profitability Under Pressure
That momentum reversed in 2025, with deposits falling 19.9% to 381.5 billion naira. The bank attributed the decline to slower commodity-related flows and more cautious liquidity management by some large mining-sector clients.
Despite the decline, deposit levels remain above those recorded in 2023, reflecting the continued expansion of UBA's presence in the Congolese market.
With new branches in Matadi and now Kolwezi, the bank appears to be pursuing a medium-term growth strategy focused on the country's main economic corridors. It aims to gradually increase its market share in a banking sector still dominated by Rawbank and EquityBCDC.
The expansion drive has weighed on the bank's financial performance. According to data published for fiscal year 2025, UBA's DRC subsidiary posted a pre-tax profit of 14.8 billion naira, down from 22.8 billion naira in 2024, a decline of 35.1%. Net profit fell 43.3% to 11.9 billion naira from 20.9 billion naira a year earlier.
The bank said the decline in profitability was partly due to a 12.9% year-on-year increase in operating expenses. According to the financial report, the rise was driven by investment in digital infrastructure and costs linked to expanding the bank's branch network in a country with significant logistical constraints.
Timothée Manoke
Africa CDC, l’agence de santé publique de l’Union africaine, estime à 318,97 millions de dollars le coût du plan continental conjoint de riposte à l’épidémie d’Ébola en cours en République démocratique du Congo et en Ouganda. L’annonce a été faite le 24 mai dernier.
Prévu sur six mois, de juin à novembre 2026, ce budget a été approuvé dans le cadre d’une réponse régionale impliquant les partenaires africains et internationaux de santé publique. L’objectif est de contenir rapidement la flambée actuelle et d’empêcher une propagation du virus en Afrique centrale et de l’Est, où plusieurs pays disposent encore de systèmes de santé fragiles et de capacités de surveillance limitées.
Selon le plan, 264,97 millions de dollars, soit 84,1 % de l’enveloppe totale, seront consacrés à la riposte directe dans les deux pays actuellement touchés. Ces fonds couvriront notamment les centres de traitement, la surveillance, le dépistage, la prévention des infections, la prise en charge des cas ainsi que les campagnes de sensibilisation.
Parallèlement, 54 millions de dollars seront mobilisés pour renforcer la préparation sanitaire dans dix pays africains considérés comme à haut risque. Ces ressources serviront à améliorer les plans de contingence, la surveillance aux points d’entrée, les capacités des laboratoires, la prévention des infections et la constitution de stocks stratégiques de matériel médical.
Le programme prévoit également des actions de communication des risques et d’engagement communautaire afin de renforcer l’adhésion des populations aux mesures sanitaires. Il inclut aussi un appui à la recherche sur les contre-mesures médicales, afin de consolider durablement les capacités de réponse face au virus.
Cette mobilisation intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités sanitaires africaines, après plusieurs flambées majeures enregistrées ces dernières années en RDC. Elle traduit aussi la volonté d’Africa CDC et de l’Union africaine de renforcer les mécanismes continentaux de gestion des urgences sanitaires.
Selon l’OMS en RDC, plus de 900 cas suspects ont été recensés à ce jour, dont 101 cas confirmés.
« L’Union africaine exprime sa pleine solidarité avec les peuples et les gouvernements de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda en cette période critique », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, lors de la déclaration de presse. « L’Afrique a déjà surmonté de grands défis de santé publique, et grâce à l’unité, à la coordination et à l’action collective, nous surmonterons également celui-ci », a-t-il ajouté.
Carelle Yourann, Agence Ecofin
Lire aussi :
Ebola : tous les vols suspendus à l’aéroport de Bunia, sauf dérogation spéciale
Ébola : l’Ouganda suspend les vols et le transport de passagers avec la RDC
Ebola: Africa CDC redoute l’impact économique des restrictions de voyage
Le 20 mai 2025, United Bank for Africa (UBA) a inauguré une agence bancaire à Kolwezi, chef-lieu de la province du Lualaba, marquant ainsi son entrée dans cette province minière stratégique de la République démocratique du Congo.
L’ouverture de cette agence s’inscrit dans la stratégie d’expansion d’UBA en RDC, conformément à son plan stratégique 2024-2028. Dans son rapport Pilier 3 publié en mars 2025, la filiale congolaise du groupe bancaire nigérian indique vouloir porter son réseau de trois agences en 2024 à 21 agences d’ici 2028.
Cette stratégie vise à renforcer la présence de la banque dans les principaux pôles économiques du pays, notamment les zones minières, commerciales et portuaires, avec l’objectif stratégique de mobilisation des dépôts clients. En s’implantant à Kolwezi, UBA cherche notamment à capter davantage de liquidités issues des activités minières et des entreprises de sous-traitance opérant dans le Lualaba, un secteur en expansion portée par l’exploitation du cuivre et du cobalt.
La banque ambitionne d’atteindre 1,8 milliard de dollars de dépôts d’ici 2028, contre environ 269 millions dollars en 2023. Dans son plan stratégique, UBA RDC projette une croissance moyenne des dépôts de 30 % sur les exercices 2024 et 2025, avant une accélération à 40 % au cours des années suivantes.
Les chiffres publiés par la banque montrent qu’une première phase de croissance importante a déjà été enregistrée. Les dépôts clients sont passés de 236,3 milliards de nairas en 2023 à 476,3 milliards en 2024, soit une progression de 101,6 % sur un an.
Rentabilité sous pression
Cette dynamique s’est toutefois inversée en 2025, avec un recul de 19,9 %, les dépôts retombant à 381,5 milliards de nairas. Selon la banque, cette baisse intervient dans un contexte marqué par le ralentissement des flux liés aux matières premières et par une gestion plus prudente des liquidités de certains grands clients opérant dans le secteur minier.
Malgré ce repli, le niveau des dépôts reste supérieur à celui observé en 2023, traduisant la poursuite de la montée en puissance d’UBA sur le marché congolais.
Avec ses nouvelles implantations à Matadi et désormais à Kolwezi, la banque semble privilégier une stratégie de croissance à moyen terme centrée sur les principaux corridors économiques du pays. L’objectif est de renforcer progressivement sa part de marché dans un secteur bancaire encore dominé par Rawbank et EquityBCDC.
Cette politique d’expansion n’est toutefois pas sans conséquence sur les résultats financiers de la banque. Selon les données publiées pour l’exercice 2025, la filiale en RDC de UBA a enregistré un bénéfice avant impôts de 14,8 milliards de nairas, contre 22,8 milliards en 2024, soit une baisse de 35,1 %. Le bénéfice net a également reculé de 43,3 %, passant de 20,9 milliards à 11,9 milliards de nairas.
Parmi les facteurs expliquant cette contraction de la rentabilité, la banque cite notamment la hausse des charges d’exploitation, qui ont progressé de 12,9 % sur un an. Selon le rapport financier, cette augmentation est portée par les investissements dans l’infrastructure numérique ainsi que par les coûts liés à l’expansion du réseau de distribution dans un pays confronté à d’importants défis logistiques.
Timothée Manoke
Lire aussi :
UBA RDC vise une multiplication de ses dépôts pour atteindre 1,8 milliard $ d’ici 2028
UBA : la contribution de la RDC au bénéfice du groupe multipliée par 5 en 2024
Congolisation du management : UBA RDC nomme Michael Kayembe à sa tête
L’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) a attribué à Solution For Africa SAS deux marchés de construction de centrales solaires photovoltaïques en moins de deux semaines, pour un montant cumulé de plus de 3,5 millions de dollars.
La dernière décision, signée le 20 mai 2026 par le directeur général de l’ANSER, Cyprien Musimar Ndele, concerne la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 500 kWc à Lusambo, chef-lieu de la province du Sankuru. Le montant du marché est plafonné à 2,22 millions de dollars TTC.
Quelques jours plus tôt, le 8 mai 2026, l’ANSER avait déjà attribué provisoirement à la même entreprise un autre marché portant sur la construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 250 kWc à Djolu, dans la province de la Tshuapa, pour un montant maximal de 1,29 million de dollars TTC.
Ces deux projets visent à électrifier des centres urbains situés dans des provinces encore faiblement desservies par le réseau national. Ils s’inscrivent dans la stratégie de l’ANSER, qui mise notamment sur des solutions décentralisées, en particulier solaires, pour accélérer l’accès à l’électricité dans les zones rurales et périurbaines.
Selon les décisions consultées, les deux attributions sont intervenues après les étapes prévues par la procédure de passation des marchés publics, notamment l’ouverture et l’évaluation des offres, le procès-verbal de la commission des marchés publics ainsi que les avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP).
À ce stade, il s’agit toutefois d’attributions provisoires. Les marchés devront encore franchir les étapes prévues par la réglementation avant la signature définitive des contrats et le démarrage effectif des travaux.
Solution For Africa SAS est une société basée à Lubumbashi, historiquement active dans le forage, les solutions d’eau et les services techniques. À travers sa branche Solution4Energy, elle revendique également une activité dans les solutions solaires, notamment la conception, la fourniture et la construction de centrales solaires, le pompage solaire, l’éclairage solaire et les systèmes de secours.
L’entreprise devra faire preuve de solides capacités d’exécution pour conduire deux chantiers distincts dans deux provinces enclavées.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Électrification rurale : la RDC mobilise 150 millions d’euros pour le projet confié à Gauff
Électrification rurale : Infinite Capital vise 100 millions $ d’investissements pour la RDC
Solaire : l’Allemand Off-Grid Europe signe un contrat de 25 millions € en RDC
Centrale hydroélectrique de Mbombo : l’ANSER porte le projet de 10 à 20 MW