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Equipe Publication

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Tous les sites miniers situés dans les territoires de Masisi et de Kalehe, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sont désormais classés « rouge », selon un arrêté signé le 12 février 2025 par le ministre des Mines, Kizito Pakabomba. La mesure concerne 38 concessions minières, notamment dans les secteurs de Rubaya et Nyabibwe, où sont exploités du coltan et du minerai d’étain (cassitérite).

« L’exploitation et le commerce illicite des minerais organisés par les agresseurs (…) établissent une chaîne d’approvisionnement illégale (…). Considérant que ces chaînes d’approvisionnement illégales constituent la principale source du financement de cette guerre d’agression, il échet que le gouvernement de la République Démocratique du Congo reconsidère le statut de certains miniers », justifie Kizito Pakabomba dans sa décision.

Cette explication laisse entendre que le gouvernement congolais cherche, à travers cette interdiction, à tarir les sources de financement des rebelles du M23 et de leurs soutiens rwandais. En effet, selon un arrêté antérieur, les sites classés « rouge » sont interdits à toute activité minière. En conséquence, la commercialisation des minerais extraits de ces zones devient illégale, limitant ainsi leur accès aux marchés formels.

Selon l’arrêté, la qualification « rouge » est en place pour six mois. Les sites concernés peuvent faire l’objet d’audits indépendants à l’initiative du ministère des Mines, des organismes internationaux comme l’ONU ou l’OCDEC, ou de tout autre organisme public au privé concerné ou impliqué dans la mise en œuvre des normes d’approvisionnement responsable de minerais.

Cette décision survient alors que les rebelles du M23 et des troupes rwandaises occupent, depuis leur offensive du 23 janvier dernier, plusieurs localités, dont Goma, capitale du Nord-Kivu, et poursuivent leur progression vers Bukavu, capitale du Sud-Kivu. D’après le gouvernement congolais, les combats, du début de l’offensive jusqu’à l’entrée à Goma, auraient déjà fait plus de 3 000 morts et autant de blessés.

Elle intervient également après la publication, en décembre dernier, d’un rapport de l’ONU affirmant que les rebelles du M23 et leurs alliés contrôlent depuis fin avril 2024 Rubaya, qualifiée de « plus grande mine de coltan de la région des Grands Lacs ». Cette mine représenterait 15 % de la production mondiale de coltan.

« Au moins 150 tonnes de coltan ont été frauduleusement exportées par mois (depuis Rubaya, NDLR) vers le Rwanda et mélangées à la production rwandaise, donnant lieu à la plus grande contamination jamais enregistrée à ce jour des chaînes d’approvisionnement en minéraux dans la région des Grands Lacs », indique le Groupe d’experts onusien sur la RDC.

Emiliano Tossou

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Lors du Conseil des ministres du 7 février 2025, le gouvernement congolais a adopté un ensemble de mesures visant à « dégager des marges substantielles de trésorerie à affecter au soutien direct à nos forces armées », selon le compte rendu de la réunion. Parmi ces décisions figure la suspension des acquisitions de véhicules pour les institutions politiques, judiciaires et assimilées. Seuls certains véhicules nécessaires aux opérations sécuritaires, ainsi que les ambulances et les tracteurs, échappent à cette mesure.

Le compte rendu du Conseil des ministres ne précise pas les économies attendues de cette suspension. Par ailleurs, la loi de finances 2025 ne détaille pas non plus les montants spécifiquement alloués à l’achat de véhicules. Elle indique simplement qu’environ 333 milliards de francs congolais (plus de 118 millions de dollars) sont destinés à l’achat d’équipements de construction et de transport.

En plus du gel de l’achat de véhicules, le gouvernement congolais prévoit des coupes budgétaires sur plusieurs postes de dépenses, notamment les frais de fonctionnement des institutions politiques et des cabinets ministériels, ainsi que leurs interventions économiques. Les rémunérations des membres des institutions publiques, des mandataires publics et des cabinets politiques seront également réduites, touchant à la fois les émoluments de base et les primes permanentes après imposition.

Par ailleurs, certaines dépenses spécifiques seront suspendues, notamment les évacuations sanitaires et les missions de service, sauf celles liées à la mobilisation des recettes, à la sécurité nationale ou aux actions diplomatiques en lien avec le conflit.

Le gouvernement assure néanmoins que ces mesures n’affecteront pas les investissements publics dans les infrastructures stratégiques, comme les routes, les projets énergétiques, le Plan de développement des 145 territoires (PDL-145T), les voiries, les contreparties des projets financés par des bailleurs extérieurs, les actions de mobilisation des recettes fiscales.

Des textes réglementaires sont annoncés afin d’encadrer ces suspensions et coupes budgétaires. Il est également prévu d’établir un rapport hebdomadaire sur l’exécution de ces mesures, qui sera transmis au chef de l’État.

Abigael Kayiba, stagiaire

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vendredi, 14 février 2025 06:11

AGOA: DR Congo Is Still Eligible

The Democratic Republic of Congo (DRC) is featured on the list of countries eligible for the African Growth and Opportunity Act (AGOA) in 2025. Julien Paluku, Congolese Minister of Foreign Trade, confirmed the news on February 11, via a post on X (former Twitter).

Paluku quoted the U.S. Ambassador to the DRC Lucy Tamlyn, and attributed his country’s inclusion to the Congolese government's efforts to enhance workers' rights through structural policy reforms. "The USA welcomes the progress made in strengthening the rule of law and economic reforms, as well as the recruitment of labor inspectors to protect workers' rights," he stated.

A few months ago, the U.S. Department of Labor had classified Congolese cobalt—of which the DRC supplies 70% globally—as a product associated with child labor. The related report mentioned Ziki Swazey, a child exploited in an artisanal mine, was brought up, noting that while industrial mining is regulated, 15% to 30% of Congolese production still comes from artisanal sources where such practices persist. This situation has implications for China, which absorbs 90% of DRC's cobalt exports and plays a pivotal role in the global supply chain.

Access to minerals

Based on recent findings, Washington has issued five recommendations to the Congolese government. Although the full implementation of these suggestions remains uncertain, the DRC's renewal under the African Growth and Opportunity Act (AGOA) for 2025 suggests some progress. Since the Trump administration focuses on reindustrialization, the U.S. might bolster ties with the DRC, a crucial supplier of strategic minerals essential for semiconductor manufacturing—resources often compared to oil in terms of future importance.

The DRC sold $298.7 million of copper to the U.S. last year. It was the mineral that the Central African country exported the most to the U.S., according to Trading Economics. With room for significantly boosting its mineral exports, the DRC has been implementing reforms to better manage its resource sales, particularly by securing a share of minerals from mining joint ventures. Furthermore, with the Lobito rail corridor operational, American buyers could negotiate directly with the DRC to meet their growing demand for critical minerals over the next four years.

Last year, The DRC unveiled a national strategy that aims to diversify its export destinations and expand foreign trade. This roadmap targets 26 sectors, including 21 non-mining sectors such as coffee, cocoa, palm oil, and pineapple, alongside five mining sectors: cobalt, copper, gold, and the three T's—cassiterite, wolframite, and coltan.

Uncertainty

The DRC ambitions to boost its exports with the U.S. from a historic peak of $600 million in 2011 to as much as $3-5 billion annually by 2025-2030. While AGOA's contribution to these exports remains modest, the initiative has spurred local economic growth through several eligible agricultural and industrial products.

Foreign Trade Minister Julien Paluku has urged the Congolese private sector to capitalize on AGOA's renewal to increase exports to the United States. However, it's uncertain whether Chinese firms, which dominate the DRC's mining sector (estimated at 80% by some sources), will readily embrace this directive.

AGOA is set to expire in 2025, and according to some experts, its renewal in its current form is uncertain, given the rise of conservative voices in Washington

This article was initially published in French by Idriss Linge and Moutiou Adjibi Nourou

Edited in English by Ola Schad Akinocho

The Kibali gold mine contributed $316 million to Barrick Gold’s turnover last year. Kibali’s contribution to its co-owner’s revenues shot up 30.8% yearly. The mine’s contribution to Barrick’s operating income also grew, by 15.8%, to $450 million in 2024.

Kibali, located in the Democratic Republic of Congo (DRC), did better than Barrick’s Malian gold mine, Loulo-Gounkoto. Over the period reviewed, the Malian asset also contributed more, but in lower proportions–respectively 8.25% and 2.25% more on the sales revenue and operating income fronts.  

This financial uptick comes despite a decline in production levels. Indeed, Kibali produced just 686,000 ounces (21.34 tonnes) of gold in 2024, the lowest output since 2019 when production peaked at 813,000 ounces. For the first time since then, Kibali has been surpassed by Mali's Loulo-Gounkoto mine, which produced 22.5 tonnes of gold, snatching the Congolese mine’s crown as Africa’s top producer.

Barrick Gold attributes the production drop at Kibali to lower gold content within the ore extracted. The average gold content per tonne processed fell from 3.8 grams in 2019 to just 2.8 grams in 2024. Additionally, the proportion of ore deemed non-commercially viable increased from 74% in 2022 to 78% in 2024.

Partial positive impact

Though Kibali’s output decreased, Barrick Gold paid more royalties to the Congolese government in 2024 than it ever did since 2019: $39 million. Over the past six years, Barrick paid $169 million in royalties to the DRC, reflecting taxes on extracted gold and duties on mining area usage. Barrick Gold owns 45% of the Kibali mine. 

As for Kibali’s overall impact on Barrick’s net profit—an important metric for corporate income tax calculations—this remains uncertain and heavily influenced by declared expenses. Barrick reported investing $116 million in its operations last year, the highest since 2019. The figure amounts to 26% of all investments made since 2020. However, cash operating costs have also surged to a record average of $905 per ounce produced, despite the lowest production levels since the mine opened.

Barrick Gold did not directly explain why operating costs and capital expenditure rose but this reflects a broader trend of rising production costs that have escalated annually since 2021. Investments aimed at reducing these costs include the installation of a new 16-megawatt solar power plant on-site.

This article was initially published in French by Georges Auréole Bamba

Edited in English by Ola Schad Akinocho

La contribution de la mine d’or de Kibali, située au nord-est de la République Démocratique du Congo (RDC), au chiffre d’affaires de Barrick Gold est en hausse en 2024. A 316 millions dollars, elle demeure inférieur à celle de la mine concurente de Loulo-Gounkoto au Mali (420 millions dollars), mais affiche une progression de 30,8%, contre seulement 8,25% pour le site malien. Pareillement, la contribution de Kibali au résultat d’exploitation de Barrick Gold a atteint 450 millions de dollars en 2024, soit une hausse de 15,8%, contre une augmentation de seulement 2,25% pour Loulo-Gounkoto.

Ces performances financière sont réalisées malgré un en baisse de la production. En dépit d’un volume record de 19,4 millions de tonnes de terres extraites, la mine d’or de Kibali n’a produit que 686 000 onces d’or (21,34 tonnes) en 2024. Il s’agit de son plus bas niveau depuis 2019, année où la production avait atteint un pic de 813 000 onces. Pour la première fois depuis cette date, la mine congolaise est dépassée par celle du Mali qui a produit 22,5 tonnes d’or, lui ravissant ainsi sa place de premier producteur du continent.

L’analyse des indicateurs fournis par Barrick Gold, copropriétaire de Kibali avec 45 % des parts, montre que cette baisse en 2024 s’explique par une teneur en or plus faible dans le minerai extrait. En moyenne, chaque tonne de terre traitée contenait 2,8 grammes d’or, contre 3,8 grammes en 2019. Par ailleurs, la quantité de terre jugée non commercialement exploitable a augmenté, passant de 74 % en 2022 à 78 % en 2024.

Impact positif sur certaines taxes

Malgré cette baisse de production, les redevances versées par Barrick Gold à l’État congolais ont atteint en 2024 un niveau record depuis 2019, s’établissant à 39 millions de dollars. Sur les six dernières années, le groupe minier, coté à la Bourse de Toronto, a déclaré 169 millions de dollars de royalties versées l’État du Congo. Ces paiements correspondent, selon la réglementation en vigueur, à la taxation de la valeur de l’or extrait ainsi qu’à un droit progressif sur l’utilisation des surfaces d’exploitation octroyées.

Il reste donc à savoir quelle aura été la contribution de Kibali au bénéfice net du groupe canadien. Cet indicateur, qui est la base de calcul de l’impôt sur les sociétés prélévé par l’administration fiscale, dépend notamment des charges diverses déclarés par les sociétés. Dans le cas de Barrick Gold, on note une hausse des investissements. L’entreprise dit avoir engagé 116 millions de dollars en 2024, soit son plus haut niveau depuis 2019. Ce montant représente aussi 26 % de l’ensemble des investissements réalisés depuis 2020. En parallèle, les charges d’exploitation en cash sont également annoncées à un niveau record, avec un coût moyen de 905 dollars par once d’or produite, alors même que la production est à son niveau le plus bas depuis l’ouverture de la mine.

Cette augmentation des charges opérationnelles sur Kibali, combinée à la hausse des investissements, n’a pas été directement expliquée par l’opérateur canadien. Toutefois, elle s’inscrit dans un contexte où les coûts de production ont augmenté à deux chiffres chaque année depuis 2021, alors que des investissements pouvant réduire les charges comme l’installation d’une centrale solaire de 16 mégawatts, ont été réalisés sur le site.

Georges Auréole Bamba

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D’après les données disponibles dans le Compact énergétique national, publié il y a quelques semaines, la Société nationale d’électricité (SNEL) — qui assure 90 % de la production électrique en République Démocratique du Congo (RDC) — a perdu 5,74 gigawatts d’électricité en 2022. Cela représente près de 46 % de la production totale de l’année.

Dans le détail, 35 % des pertes surviennent au stade de la distribution, entre les postes de transformation et les consommateurs finaux, selon le document. La vétusté du réseau électrique, dont la détérioration s’est aggravée au fil des années faute de rénovations adéquates, est identifiée comme la principale cause de ces pertes. À cela s’ajoutent des pertes dues à la fraude et aux raccordements illégaux. Pour comprendre l’ampleur de la situation, il faut savoir que dans un pays voisin comme l’Ouganda, ces pertes se situent à 16,2 % en 2023, selon le rapport annuel de l’entreprise chargée de la distribution d’électricité.

Déséquilibre financier

En principe, la SNEL peut répercuter ces pertes sur la facturation des clients. Sur la base du coût moyen de production, estimé à 0,4 dollar par kWh dans le Compact énergétique national, ces pertes représentent un manque à gagner de 2,29 milliards de dollars en 2022. Pourtant, selon une publication du ministère du Budget, le chiffre d’affaires de l’entreprise cette année-là n’était que de 875 millions de dollars.

Cet écart illustre les difficultés de l’entreprise publique à mobiliser les ressources nécessaires pour réduire ses pertes, améliorer sa capacité de distribution et répondre à la forte demande non satisfaite. Aujourd’hui, selon les chiffres officiels, près de 80 % de la population n’a pas accès à l’électricité, tandis que les entreprises industrielles et minières évoquent régulièrement le coût élevé et le déficit énergétique comme un frein à leur compétitivité.

Il faut rappeler que les tarifs appliqués par la SNEL sont fixés par le gouvernement. Selon un arrêté du 5 novembre 2022, le kilowattheure d’électricité est vendu aux clients, selon les catégories et les zones, à un prix moyen pondéré de 0,17 de dollar. Le Compact énergétique national l’estime à 0,09 de dollar, en tenant compte des prix forfaitaires. Ce niveau tarifaire est jugé insuffisant pour couvrir les coûts de production.

Création d’une autre société…

Face à ce déséquilibre financier, la SNEL a souvent eu recours à des mécanismes de financement spécifiques avec le secteur minier. Un système de prêts, accordés sur sept ans, permet aux entreprises minières de payer seulement 60 % de leur consommation, avec un remboursement différé. À la fin décembre 2022, la dette accumulée par l’entreprise publique dans ce cadre atteignait près d’un milliard de dollars.

La réduction des pertes techniques d’électricité est donc un enjeu central pour la diversification énergétique prônée par les autorités. Pour la SNEL, des financements de long terme à des taux concessionnels pour moderniser le réseau et réduire les coûts de distribution sont difficiles à mobiliser. Du coup, avec les modifications récemment apportées à la loi sur l’électricité, la création d’un nouvel acteur avec une meilleure assise financière est en réflexion.

Ces défis s’inscrivent dans un contexte où la RDC, avec son immense potentiel hydroélectrique, pourrait théoriquement alimenter toute l’Afrique centrale jusqu’au Nigeria, et l’Afrique australe jusqu’en Afrique du Sud. Le projet du Grand Inga, qui reste un symbole de cette ambition, met en évidence le rôle que pourrait jouer la RDC en tant que « pays solution » pour la transition énergétique mondiale. Avec une population de plus de 100 millions d’habitants en forte croissance, il est impératif que le pays puisse garantir une offre d’énergie abondante, abordable et fiable pour favoriser l’émergence de nouvelles chaînes de valeur économique, au-delà du seul secteur minier.

Idriss Linge et Timothée Manoke, stagiaire

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La mine d’or de Kibali, en République Démocratique du Congo (RDC), a produit 686 000 onces en 2024, contre 763 000 onces en 2023, enregistrant ainsi une baisse de 10 % en glissement annuel. L’annonce a été faite le 12 février 2025 par le groupe minier canadien Barrick Gold, copropriétaire de l’actif.

Barrick Gold et son principal partenaire de coentreprise AngloGold Ashanti (45 % d’intérêts dans la mine pour chacun d’eux) n’ont pas atteint leurs prévisions initiales de 711 000 à 800 000 onces. Après une hausse de 4 % au premier semestre 2024, Barrick avait pourtant réaffirmé sa confiance quant à l’atteinte de ces objectifs, finalement non atteints.

Après une progression au premier semestre, la production d’or de Kibali a chuté de 21 % en glissement annuel au second semestre 2024, sans que Barrick Gold n’explique officiellement les raisons de cette contre-performance. Son partenaire AngloGold Ashanti a toutefois attribué la baisse observée au troisième trimestre à des teneurs en or plus faibles dans le minerai traité.

Pour 2025, une stabilisation est attendue au mieux, par rapport à 2023. Barrick Gold vise une production d’or attribuable de 310 000 à 340 000 onces, contre 320 000 à 360 000 onces prévues en 2024. Selon les estimations de Bankable, la mine de Kibali devrait produire entre 688 000 et 755 000 onces en 2025, un volume inférieur aux 763 000 onces de 2023.

Emiliano Tossou

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Dans un post publié le 11 février 2025 sur la plateforme X (anciennement Twitter), le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku, citant l’ambassadrice des États-Unis en RDC, Lucy Tamlyn, a annoncé que la République Démocratique du Congo (RDC) est une fois de plus éligible à la loi sur la croissance et les opportunités économiques en Afrique (AGOA) pour l’année 2025. Cette reconduction, confirmée par la liste officielle des pays bénéficiaires, consultée par Bankable, permet aux exportateurs congolais de conserver un accès au marché américain avec exonération des droits de douane.

La reconduction de la RDC sur la liste des pays bénéficiaires de l’AGOA, programme américain de coopération pour le développement via le commerce, est présentée par le ministre congolais du Commerce extérieur comme une reconnaissance des politiques structurelles mises en place pour améliorer les droits des travailleurs. « Les USA saluent les progrès réalisés pour renforcer l’État de droit et les réformes économiques ainsi que le recrutement des inspecteurs de travail pour protéger les droits des travailleurs », a-t-il déclaré.

Il y a encore quelques mois, le département américain du Travail a inscrit le cobalt congolais dont la RDC assure 70 % de l’approvisionnement mondial sur sa liste des produits issus du travail des enfants. L’administration américaine citait notamment le cas de Ziki Swazey, un enfant exploité dans une mine artisanale, rappelant que, bien que l’exploitation industrielle soit réglementée, 15 % à 30 % de la production congolaise provient encore de mines artisanales où ces pratiques persistent. Le rapport soulignait également que cette situation bénéficie directement à la Chine, qui absorbe 90 % du cobalt exporté par la RDC et reste un acteur clé de l’industrie mondiale, y compris pour les États-Unis.

Accès aux minerais

Face à ces constats, Washington avait formulé cinq recommandations au gouvernement congolais. Si leur mise en œuvre entière reste incertaine, la reconduction de la RDC à l’AGOA en 2025 pourrait refléter des avancées. Par ailleurs, il n’est pas exclu, dans un contexte où la nouvelle administration américaine affiche une volonté claire de réindustrialisation, que Washington cherche à sécuriser ses relations avec la RDC, un pays clé dans l’approvisionnement des minéraux stratégiques essentiels à la fabrication des semi-conducteurs, souvent comparés au pétrole des prochaines décennies.

Actuellement, le minerai congolais le plus exporté vers les États-Unis est le cuivre, avec 298,7 millions de dollars de ventes enregistrées en 2024, selon les données de Trading Economics. Toutefois, des opportunités existent pour accroître ces exportations. Le gouvernement congolais met progressivement en place une réforme visant à mieux contrôler la vente de ses ressources, notamment en s’assurant d’une part des minerais issus des coentreprises minières où il est impliqué. Par ailleurs, avec le corridor du chemin de fer de Lobito, des acheteurs américains, dont la demande en minéraux critiques devrait augmenter au cours des quatre prochaines années, pourraient négocier directement avec la RDC.

En 2024, le gouvernement congolais a dévoilé une stratégie nationale de diversification des destinations d’exportation, visant à élargir son commerce extérieur. Cette feuille de route cible 26 filières, dont 21 non minières (café, cacao, huile de palme, ananas) et cinq minières (cobalt, cuivre, or et les 3 T : cassitérite, wolframite, coltan).

Incertitudes

L’objectif affiché est notamment d’accroître les échanges avec Washington, en faisant passer les exportations congolaises du pic historique de 600 millions de dollars en 2011 à trois, voire cinq milliards de dollars par an d’ici 2025-2030. Bien que la part de l’AGOA dans ces exportations reste modeste, plusieurs produits agricoles et industriels éligibles à l’initiative permettent déjà à l’économie locale d’en tirer profit.

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a appelé le secteur privé congolais à capitaliser sur cette reconduite dans l’AGOA pour renforcer les exportations vers les États-Unis. Toutefois, il n’est pas certain que les Chinois, qui domine la production dans le secteur minier (80 % selon une estimation officielle), suivent cette directive dans l’immédiat.

Par ailleurs, l’avenir de la coopération commerciale avec les États-Unis reste incertain. L’AGOA arrive à son terme en 2025 et, selon plusieurs experts, sa reconduction sous sa forme actuelle est peu probable, notamment avec la montée en puissance de dirigeants conservateurs à Washington.

Idriss Linge et Moutiou Adjibi Nourou

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Courtisé depuis plusieurs années par les autorités congolaises, l’agro-industriel sud-africain Futurelife a franchi une étape vers son implantation en République Démocratique du Congo (RDC). Le 10 février 2025, l’entreprise a signé un protocole d’accord avec le ministère de l’Industrie et du Développement des PME, portant sur la construction d’une usine de transformation agroalimentaire.

D’après le ministre Louis Kabamba, « cette initiative démarre dans six mois ». Mais pour l’instant, le montant de l’investissement et le lieu exact de l’usine restent à préciser. En décembre 2022, alors ministre de l’Industrie, Julien Paluku avait évoqué, lors d’une visite dans les usines de l’entreprise à Durban, en Afrique du Sud, la possibilité d’installer l’usine à Maluku ou dans une des zones économiques spéciales (ZES) en province.

Le gouvernement congolais mise sur ces ZES pour stimuler l’industrialisation, en offrant aux entreprises des conditions économiques avantageuses, telles que des exonérations fiscales. Dans ce contexte, Futurelife négocie certainement ces incitations en position de force avant de finaliser son implantation.

Pour les autorités congolaises, l’installation de l’entreprise sud-africaine Futurelife, spécialisée dans la production de produits alimentaires, devrait contribuer à réduire les importations de denrées, qui ont atteint 3 milliards de dollars en 2023. « Cette initiative (…) marque un tournant pour le développement industriel et la sécurité alimentaire en RDC. Un grand pas pour notre économie et notre indépendance alimentaire ! », a déclaré le ministre de l’Industrie et du Développement des PME.

D’après la même source, la future usine de transformation agroalimentaire de Futurelife devrait créer 350 emplois directs dès son lancement et dépasser les 1 000 emplois directs en un an. Ce projet pourrait également structurer une véritable chaîne de valeur agro-industrielle, l’entreprise s’approvisionnant en matières premières pouvant être produites localement : farine de maïs, de soja et de riz, arachide, cacao, lait de vache…

Boaz Kobeya, stagiaire

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mercredi, 12 février 2025 03:39

Mpox : baisse du nombre de cas suspects

La République Démocratique du Congo (RDC) semble enregistrer des progrès dans la lutte contre l’épidémie du Mpox. Selon le Compte rendu du Conseil des ministres du 7 février 2025, le pays observe une tendance à la baisse du nombre de cas suspects. « La tendance à la quatrième semaine est marquée par une diminution de cas suspects passant de 2 707 à 1 842 », indique le document. Pour le gouvernement, c’est le signe que les mesures mises en place pour lutter contre cette épidémie commencent à produire des « effets positifs ».

Pour faire face à cette crise sanitaire, le gouvernement congolais a jusqu’ici pu compter sur un appui extérieur important des États-Unis. L’Agence américaine pour le développement international (USAID) avait livré 50 000 doses de vaccins contre le Mpox. L’année dernière, avant l’élection de Donald Trump, plusieurs initiatives majeures avaient été annoncées. Parmi celles-ci, une aide supplémentaire de 10 millions de dollars pour renforcer l’assistance sanitaire contre l’épidémie.

Fin janvier, le Japon a également livré 50 000 doses du vaccin LC16 ainsi que des aiguilles bifurquées. C’est un premier lot de vaccins que le pays du soleil levant a accepté de livrer à titre initial, alors que le gouvernement congolais a demandé plus de trois millions de doses.

Le 11 février, le ministère de la Santé a annoncé l’arrivée, la semaine prochaine de 200 000 doses de vaccins, données par le Canada et facilitées par Gavi, l’Alliance du Vaccin. Ces vaccins ont été répartis conformément au Mécanisme d’accès et d’allocation (AAM) pour le Mpox, établi par Gavi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et d’autres partenaires.

« La RDC exprime sa gratitude au gouvernement du Canada et à Gavi pour leur partenariat dans la fourniture de 200 000 doses de vaccins contre le Mpox. Ceci témoigne d’une bonne solidarité internationale dans la lutte contre cette épidémie. Avec la persistance de l’épidémie, ces vaccins protégeront les communautés vulnérables et préserveront la santé mondiale », a déclaré le ministre de la Santé de la RDC, Samuel Roger Kamba.

Malgré ces efforts, la gestion de la crise sanitaire soulève des inquiétudes au vu du conflit à l’est du pays. « Bien que le nombre de cas signalés se soit stabilisé en RDC, la dégradation de la situation sécuritaire a conduit de nombreux patients à quitter les centres de traitement, augmentant ainsi les risques de transmission », a averti la semaine dernière, le patron de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesusm.

En août 2024, l’OMS a déclaré le Mpox comme une urgence de santé publique de portée mondiale. Il a été classé comme une menace pour la sécurité sanitaire du continent, par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique). En novembre, le Centre avait annoncé un bilan dépassant les 629 décès dans le pays.

Olivier de Souza

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