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Equipe Publication

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Deux ans après les tensions de 2024 qui ont abouti à la signature d’un accord transactionnel avec l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Kibali Gold Mine (KGM), premier producteur d’or de la République démocratique du Congo (RDC), est de nouveau visée. Dans une décision signée le 17 février 2026 par son directeur général, Miguel Kashal, le régulateur ordonne l’annulation de plusieurs contrats de sous-traitance conclus par l’entreprise, qui exploite la mine d’or de Kibali dans la province du Haut-Uélé, avec trois prestataires : KMS SAU, Boart Longyear SAU et TAI Services SAS.

Pour l’ARSP, KMS SAU et Boart Longyear SAU ne sont pas des entreprises à capitaux congolais et, de ce fait, ne remplissent pas les conditions d’éligibilité prévues à l’article 6 de la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance. Peu d’informations sont disponibles sur KMS, mais Boart Longyear est un groupe d’origine australienne spécialisé dans le forage minier (exploration et production), les services géotechniques, ainsi que la fourniture d’équipements et de technologies de forage.

Selon le régulateur, Boart Longyear, présent en Australie, en Afrique et dans les Amériques, s’est vu accorder une dérogation en septembre 2024. L’ARSP estime toutefois que les conditions attachées à cette dérogation, notamment en matière de transfert de technologies, n’auraient pas été respectées.

Le cas de TAI Services SAS est distinct. L’ARSP soutient que le contrat relatif à la centrale d’achat institue cette société en « intermédiaire commercial » entre Kibali et des entrepreneurs congolais, situation qui aurait entraîné des tensions au sein des communautés autochtones du territoire de Watsa où est localisée la mine. La décision précise qu’un tel mécanisme, incluant la perception d’une commission en pourcentage sur les marchés attribués à des sous-traitants locaux, « contrevient aux exigences du contenu local ». Le régulateur rappelle que le lien contractuel doit être direct entre l’entreprise principale et le sous-traitant éligible.

Améliorations

La décision du 17 février s’inscrit dans la continuité d’un premier épisode survenu en janvier 2024, lorsque l’ARSP avait menacé de fermer la mine et annoncé des poursuites visant une société de sous-traitance, TCFF, accusée de capter l’essentiel des marchés et de percevoir des commissions. À l’issue des discussions, un accord transactionnel avait été signé entre l’ARSP et Kibali.

À l’époque, le régulateur avait annoncé l’ouverture de plus de 390 marchés aux sous-traitants éligibles et mis en avant une reconfiguration du dispositif contractuel. Barrick Mining, opérateur de la mine de Kibali, avait, de son côté, affirmé dans un communiqué publié le 1er mars 2024 travailler « avec l’ARSP sur une série d’initiatives de contenu local ». On peut aujourd’hui dire que cette collaboration n’a pas garanti un respect intégral et constant de la loi.

On peut néanmoins constater que les faits reprochés aujourd’hui à Kibali sont moins graves. En 2024, la compagnie minière était accusée d’avoir mis en place un système de prête-nom afin de réaliser elle-même les travaux de sous-traitance de ses propres activités de production. « On conclut noir sur blanc que TCFF n'est d'autre que Kibali Gold déguisé », affirmait Miguel Kashal. En 2026, il n’est plus question d’un système de captage généralisé des marchés de sous-traitance, mais de quelques cas de non-conformité.

Une mine stratégique

La décision du 17 février repose sur le rapport de la mission de contrôle menée en novembre 2025. À cette occasion, le directeur général de Kibali Gold s’était engagé à mettre en œuvre ses recommandations. « Nous avons une mission de contrôle qui est présentement ici à Kibali (...). Pour ce qui demandera des améliorations, nous allons travailler avec l’ARSP ainsi que l’autorité provinciale pour voir comment apporter ces améliorations et, pour les actions qui vont déjà dans le bon sens, nous allons voir comment optimiser », avait indiqué Cyrille Mutombo.

Afin d’éviter toute perturbation brutale des opérations, l’ARSP prévoit une période de transition permettant le lancement de nouveaux appels d’offres conformément à la loi.

Seule entreprise industrielle du Haut-Uélé, Kibali est importante pour le développement économique de la province, et même du pays. En juillet 2025, Barrick affirmait, dans un communiqué, que 3,1 milliards de dollars avaient été versés à des contractants et partenaires locaux depuis 2009. Le groupe a indiqué soutenir plus de 700 entreprises congolaises et souligné que les appels d’offres de Kibali étaient publiés conjointement avec l’ARSP. Il précisait déjà, en mars 2024, que 95 % des plus de 6 500 employés de la mine étaient Congolais.

Kibali est aussi un pilier économique majeur pour ses actionnaires : Barrick Mining (45 %), AngloGold Ashanti (45 %) et l’entreprise publique Sokimo (10 %). La mine d’or a enregistré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 40 % par rapport à 2024. Cette progression s’est, par exemple, traduite par une amélioration (+67 %) de la contribution de Kibali aux résultats de Barrick, passée de 316 millions en 2024 à 527 millions de dollars en 2025, malgré une hausse des charges de 13 %.

Pierre Mukoko et Timothée Manoke 

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La compagnie aérienne nationale Air Congo a réceptionné un nouvel appareil de type Boeing 737-800, portant ainsi sa flotte à trois avions. Cette acquisition vise à renforcer ses capacités opérationnelles, à soutenir l’expansion de son réseau national et à amorcer les dessertes régionales. La cérémonie de réception s’est tenue le 19 février 2026 à l’aéroport international de N’djili, en présence du ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.

Selon le directeur général de la compagnie, Weldegeorgis Mesfin, l’intégration de ce troisième appareil permettra d’améliorer la régularité des vols, d’augmenter les fréquences sur certaines lignes et d’optimiser l’exploitation globale. « Nous accueillons aujourd’hui notre troisième appareil du même type, symbole de notre croissance et de notre engagement à offrir un transport aérien moderne, sûr et fiable », a-t-il déclaré.

En décembre 2024, à l’occasion de la réception du deuxième appareil, ce responsable avait indiqué que la compagnie ambitionne de porter sa flotte, à terme, entre six et huit avions afin de soutenir son expansion.

Dans le cadre de sa stratégie de développement, Air Congo, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, prévoit l’ouverture progressive de nouvelles liaisons régionales en Afrique centrale, australe et de l’Ouest. La compagnie ambitionne de desservir, dès cette année, plusieurs destinations, notamment Johannesburg (Afrique du Sud), Cotonou (Bénin), Douala (Cameroun), N’Djamena (Tchad), Nairobi (Kenya) et Dar es Salaam (Tanzanie).

Selon Weldegeorgis Mesfin, cette montée en puissance vise à capter une demande nationale et régionale en croissance, tout en améliorant la connectivité de la République démocratique du Congo (RDC) avec les principaux hubs africains.

Dans cette dynamique, la compagnie annonce également l’arrivée, dès le mois prochain, d’un appareil de type ATR 72-600 destiné au renforcement du réseau intérieur. Cet avion devrait permettre de desservir les villes de Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Mbandaka et Kalemie.

Pour le directeur général d’Air Congo, cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large : « bâtir une connectivité aérienne structurée capable de soutenir le développement économique et social du pays ».

Fondée en 2024, la compagnie desservait jusqu’ici principalement des destinations domestiques, notamment Goma, Lubumbashi, Kisangani, Mbujimayi, Kananga, Kindu, Kolwezi et Bukavu.

Ronsard Luabeya

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The Democratic Republic of Congo and the United Nations Office for Project Services (UNOPS) have advanced their partnership. On Feb. 18, 2026, in Kinshasa, the Ministry of Infrastructure and Public Works (ITP) and UNOPS signed a memorandum of understanding (MOU).

The document was signed by ITP Minister John Banza and UNOPS Country Director for the DRC Mouna El-Jaouhari. Presented as a key step in the country’s infrastructure reconstruction, the memorandum aims to transform the country’s infrastructure while strengthening local capacities.

The agreement is structured around four main components. The first covers infrastructure development and rehabilitation, including the construction of new facilities and the restoration of existing infrastructure nationwide. The second focuses on skills transfer, notably strengthening the capacity of Congolese institutions and improving construction standards and methods. The third promotes strategic cooperation, positioning infrastructure as a driver of economic growth. The fourth addresses social impact and progress toward the Sustainable Development Goals (SDGs), through improved connectivity, poverty reduction and better access to basic services, particularly via road projects.

The MOU is described as a flexible framework agreement, with monitoring mechanisms designed to allow adjustments and reinforce cooperation as implementation advances. It does not specify priority projects, funding amounts or a timeline. Instead, it establishes a strategic framework to be implemented through project-specific agreements.

UNOPS specializes in project implementation. It supports states, U.N. agencies, donors and other partners by providing project management, procurement and infrastructure services, operating under a self-financing model based on fees charged to projects. The organization has been active in the DRC for several years. According to its public data, UNOPS carried out more than 53 projects in the country in 2024, with a total value of about $61.2 million and 26 partners. Its portfolio includes transport infrastructure, health, water, vocational training and stabilization programs in the east.

The agency says it has contributed to the construction or rehabilitation of 132 health centers, 27 vaccine depots and 16 regional drug distribution centers. It also reports water infrastructure projects benefiting 45,000 people in rural areas, as well as road rehabilitation and bridge construction operations.

By formalizing their cooperation through this agreement, Kinshasa and UNOPS are placing these activities within a structured framework under the ITP ministry. The key challenge now is to turn this partnership into funded, planned and implemented projects.

Boaz Kabeya

La République démocratique du Congo et le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat. Le 18 février 2026, à Kinshasa, le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP) et l’UNOPS ont conclu un protocole d’accord (MoU). Le document a été signé par le ministre des ITP, John Banza, et la directrice pays de l’UNOPS en RDC, Mouna El-Jaouhari.

Présenté comme un jalon dans la reconstruction des infrastructures, le mémorandum vise à « transformer le paysage infrastructurel du pays tout en renforçant les capacités locales ».

Le texte s’articule autour de quatre piliers. Le premier concerne le développement et la réhabilitation d’infrastructures, avec la construction de nouveaux ouvrages et la remise en état d’infrastructures existantes sur l’ensemble du territoire. Le deuxième porte sur le transfert de compétences : renforcement des capacités des institutions congolaises, amélioration des normes et méthodes de construction. Le troisième met l’accent sur la coopération stratégique, l’infrastructure étant présentée comme un levier de croissance économique. Enfin, le quatrième vise l’impact social et l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), à travers le désenclavement, la réduction de la pauvreté et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, notamment via des projets routiers.

Le MoU est décrit comme un « accord ouvert », assorti de mécanismes de suivi rigoureux, permettant d’ajuster et de renforcer la collaboration au fil de la mise en œuvre. Il ne détaille toutefois ni les projets prioritaires, ni les montants mobilisés, ni le calendrier d’exécution. Il fixe un cadre stratégique appelé à être décliné dans des conventions opérationnelles.

L’UNOPS est centrée sur l’exécution : elle aide ses partenaires (États, agences onusiennes, bailleurs, etc.) à mettre en œuvre des projets en apportant surtout des services de gestion de projets, d’achats et d’infrastructures, avec un modèle autofinancé (facturation de frais sur les projets). Cette entité du système des Nations unies n’est pas un nouvel acteur en RDC. Selon ses données publiques, l’organisation a travaillé en 2024 sur plus de 53 projets dans le pays, pour un volume d’environ 61,2 millions de dollars, avec 26 partenaires. Son portefeuille couvre les infrastructures de transport, la santé, l’eau, la formation professionnelle et des programmes de stabilisation dans l’Est.

L’agence onusienne indique notamment avoir contribué à la construction ou à la réhabilitation de 132 centres de santé, de 27 dépôts de vaccins et de 16 centres régionaux de distribution de médicaments. Elle rapporte également des projets d’infrastructures d’eau ayant bénéficié à 45 000 personnes en milieu rural, ainsi que des opérations de réhabilitation routière et de construction de ponts.

En structurant leur coopération à travers ce protocole, Kinshasa et l’UNOPS inscrivent ces interventions dans un cadre formalisé avec le ministère des ITP. L’enjeu réside désormais dans la traduction concrète de ce partenariat en projets financés, planifiés et exécutés sur le terrain.

Boaz Kabeya

Belgium, the Democratic Republic of Congo and U.S. company KoBold Metals are at odds over access to colonial-era geological records held at the Royal Museum for Central Africa (AfricaMuseum) in Tervuren. Belgian authorities are refusing to allow KoBold to digitize the archival collection under the terms agreed in Kinshasa, according to several Belgian media reports. The archives are considered strategically significant for mineral exploration.

A deal signed between the DRC and KoBold in Kinshasa on July 17, 2025, explicitly aims to provide free public access to historical geoscientific data via the National Geological Service of Congo (SGNC). The agreement also stipulated that KoBold would deploy a team to the DRC's geological archives held at the Royal Museum for Central Africa to begin digitizing documents before July 31, 2025.

Seven months later, that digitization has yet to begin. Belgian authorities have blocked KoBold's team from accessing the archives, arguing that federal public archives cannot be entrusted to a foreign private company that has no direct contractual relationship with the Belgian state. "We cannot delegate full responsibility for managing our archives to a private company," outside the Belgian and European legal framework, AfricaMuseum Director Bart Ouvry said.

Belgium has also pointed to an existing digitization program already underway, funded by the European Union. The project provides for gradual digitization of the archives over several years, with copies to be transferred in stages to Congolese authorities. Museum officials said the program would span four to five years, with completion expected around 2031. The data would then be made accessible under a framework agreed between the relevant institutions, including the SGNC.

Control of geological data

The Tervuren archives are described as a vast collection of maps, reports and technical surveys covering nearly 500 linear meters of documents. For KoBold, which specializes in artificial intelligence-assisted exploration, the historical data represents essential raw material for the "large-scale mineral exploration" program outlined in its agreement with the DRC. Rapid access to the historical records would reduce geological risk and help guide investment decisions.

The agreement ties this effort to a broader strategy of American exploration and investment in the DRC. It cites a desire to "attract more investment from the American private sector, particularly in the critical minerals sector," and refers to "secure supply chains to the United States" in the context of regional initiatives such as the Lobito Corridor. That approach was reinforced by a strategic partnership concluded between Kinshasa and Washington last December.

Belgium has officially cited the public status of the archives and the absence of a direct contractual framework with the Belgian state. By promoting the existing European program and declining to allow KoBold direct access, Belgium has effectively retained control over the pace and conditions under which data described as strategically significant is made available.

In a context of intensifying international competition over critical minerals, the dispute over the colonial archives goes beyond a straightforward administrative matter. It underscores a broader shift: control of geological data has become central to the power dynamics surrounding the DRC's critical resources.

Pierre Mukoko & Boaz Kabeya

Kamoa-Kakula copper mine in the Democratic Republic of Congo generated revenue of $3.28 billion in 2025, up 5% from $3.11 billion in 2024, according to figures published by operator Ivanhoe Mines on Feb. 18, 2026.

The revenue increase came despite lower production and sales following a seismic event in May 2025. Kamoa-Kakula sold 351,674 tonnes of copper in 2025, down 11.4% from 396,972 tonnes in 2024. Production declined by a similar percentage, falling to 388,841 tonnes from 437,061 tonnes.

Higher copper prices helped offset the decline. The average realized price rose to $4.40 per pound, or roughly $9,700 per tonne, in 2025, compared with $4.09 per pound the previous year, an increase of 7.6%.

On the operational side, Kamoa-Kakula reported EBITDA of $1.45 billion in 2025, representing a margin of 44%, down from $1.81 billion and a 58% margin in 2024.

Profit down

Rising costs weighed on profitability. The cost of sales increased to $2.82 per pound in 2025 from $1.71 per pound in 2024, equivalent to roughly $6,220 per tonne versus $3,770 per tonne. That increase of more than 65% squeezed margins by narrowing the spread between the selling price and production costs.

Net profit after tax fell 56.6% to $439.7 million from $776.9 million, even as the tax charge declined to $317.7 million in 2025 from $345.5 million in 2024.

For 2026, Kamoa-Kakula has set production guidance of up to 420,000 tonnes, unchanged from 2025. Ivanhoe expects sales to rise by around 30,000 tonnes as the mine draws down unsold inventory. Revenue could increase further, with the company anticipating “copper prices close to record levels.”

Ivanhoe Mines and its Chinese partner Zijin Mining each hold a 39.6% stake in Kamoa-Kakula, while the Congolese state owns 20% and Crystal River holds 0.8% through the Kamoa Copper joint venture.

Pierre Mukoko

La mine de cuivre de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, a clôturé l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de 3,28 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport aux 3,11 milliards de dollars enregistrés en 2024, selon les résultats annuels publiés le 18 février 2026 par son opérateur, Ivanhoe Mines.

Cette progression des revenus intervient malgré une baisse de la production et des ventes consécutive à l’événement sismique survenu en mai 2025. En 2025, Kamoa-Kakula a vendu 351 674 tonnes de cuivre, contre 396 972 tonnes en 2024, soit un recul de 11,4 %. La production a enregistré une contraction comparable, passant de 437 061 tonnes à 388 841 tonnes.

La hausse des prix du cuivre a toutefois atténué l’impact de ce repli. Le prix moyen réalisé s’est établi à 4,40 dollars la livre (environ 9 700 dollars la tonne) en 2025, contre 4,09 dollars l’année précédente, soit une augmentation de 7,6 %.

Sur le plan opérationnel, Kamoa-Kakula a enregistré un EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciation) de 1,45 milliard de dollars en 2025, soit une marge de 44 %, contre 1,81 milliard de dollars et une marge de 58 % en 2024.

Baisse du bénéfice

La pression sur la rentabilité s’explique notamment par une hausse significative des coûts. Le coût des ventes est passé de 1,71 dollar la livre en 2024 à 2,82 dollars en 2025 (soit environ 3 770 dollars la tonne contre 6 220 dollars la tonne). Malgré un prix moyen du cuivre en hausse, cette progression des charges de plus de 65 % a réduit l’écart entre prix de vente et coût de production, pesant mécaniquement sur la rentabilité.

En conséquence, le bénéfice net après impôts a reculé de 56,6 %, passant de 776,9 millions à 439,7 millions de dollars, malgré une baisse des charges fiscales, passées de 345,5 millions de dollars en 2024 à 317,7 millions de dollars en 2025.

En 2026, la production maximale de Kamoa-Kakula est projetée à 420 000 tonnes. Malgré cette prévision identique à celle de 2025, Ivanhoe prévoit une augmentation des ventes d’environ 30 000 tonnes, grâce à la commercialisation des stocks invendus. Le chiffre d’affaires pourrait ainsi encore progresser, la compagnie anticipant « des prix du cuivre proches de niveaux records ».

Pour rappel, Ivanhoe Mines et son partenaire chinois Zijin Mining détiennent chacun 39,6 % du capital de Kamoa-Kakula, tandis que l’État congolais en possède 20 % et Crystal River 0,8 %, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.

Pierre Mukoko

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La Belgique, la République démocratique du Congo (RDC) et la société américaine KoBold Metals s’opposent sur l’accès à des archives géologiques de l’époque coloniale conservées au Musée royal de l’Afrique centrale (AfricaMuseum), à Tervuren. Selon plusieurs médias belges, les autorités de Bruxelles refusent de permettre à KoBold de mener, dans les conditions prévues par Kinshasa, la numérisation de ce fonds documentaire, présenté comme stratégique pour l’exploration minière.

L’accord RDC–KoBold, signé à Kinshasa le 17 juillet 2025, fixe explicitement comme objectif de « fournir un accès public et gratuit aux données géoscientifiques historiques via le Service géologique national du Congo (SGNC) ». Le texte prévoit également que KoBold « déploiera une équipe aux archives géologiques de la RDC conservées au Musée royal de l’Afrique centrale pour commencer la numérisation des documents avant le 31 juillet 2025 ».

Mais sept mois plus tard, cette numérisation n’a toujours pas débuté. Et pour cause : les autorités belges s’opposent au déploiement de l’équipe de KoBold, estimant que des archives publiques fédérales ne peuvent être confiées à une entreprise privée étrangère sans relation contractuelle avec l’État belge. « Nous ne pouvons pas déléguer la gestion complète de l’archivage de nos documents à une entreprise privée », en dehors du cadre juridique belge et européen, explique le directeur de l’AfricaMuseum, Bart Ouvry.

Pour justifier sa position, la Belgique met également en avant un programme de numérisation déjà en cours, financé par l’Union européenne. Ce projet prévoit une digitalisation progressive des archives sur plusieurs années, avec transmission graduelle des copies aux autorités congolaises. Selon les responsables du musée, ce programme s’étalerait sur quatre à cinq ans, avec un aboutissement envisagé à l’horizon 2031. Les données seraient ensuite rendues accessibles selon un cadre convenu entre les institutions concernées, notamment le SGNC.

Contrôle des données géologiques

Les archives de Tervuren sont décrites comme un ensemble massif de cartes, rapports et relevés techniques couvrant près de 500 mètres linéaires de documents. Pour KoBold, spécialisée dans l’exploration assistée par intelligence artificielle, ces données constituent une matière première essentielle pour le lancement de son programme d’« exploration minérale à grande échelle » prévu dans l’accord avec la RDC. L’accès rapide aux données historiques permettrait, en effet, de réduire le risque géologique et d’orienter les investissements.

L’accord relie cette démarche à une stratégie plus large d’exploration et d’investissements américains en RDC. Il mentionne la volonté d’« attirer davantage d’investissements du secteur privé américain, notamment dans le secteur des minéraux critiques », et fait référence à des « chaînes d’approvisionnement sécurisées vers les États-Unis » dans le cadre d’initiatives régionales telles que le corridor de Lobito. Une démarche renforcée par le partenariat stratégique conclu entre Kinshasa et Washington en décembre dernier.

Officiellement, Bruxelles invoque le statut public des archives et l’absence de cadre contractuel direct avec l’État belge. Mais en promouvant un programme européen déjà engagé et en refusant une intervention directe de KoBold, la Belgique conserve de facto la maîtrise du rythme et des conditions de mise à disposition de données décrites comme stratégiques.

Dans un contexte de compétition internationale autour des minerais critiques, le différend sur les archives coloniales dépasse donc la simple question administrative. Il illustre une réalité: le contrôle des données géologiques est désormais au cœur des rapports de force autour des ressources critiques de la RDC.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

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The Democratic Republic of Congo, Zambia, Mozambique, Zimbabwe and Botswana are developing a financing model for the construction of one-stop border posts. On Feb. 18, 2026, trade ministers from the five countries reviewed the project with officials from DP World and the secretary-general of the African Continental Free Trade Area (AfCFTA) during a meeting in Dubai.

According to a statement from the Congolese Ministry of Foreign Trade, the initiative aims to cut waiting times and ease cross-border transit, two factors that directly affect logistics costs and the competitiveness of goods in the region. The one-stop border post model is based on coordinated controls and harmonized procedures, eliminating duplication between neighboring countries and speeding up trade flows.

The project prioritizes full digitization of procedures, with reduced manual intervention, improved traceability and faster data processing. The objective is to improve the predictability of transit times while reducing administrative bottlenecks and the costs faced by businesses.

The participation of DP World and the AfCFTA secretariat signals a shift toward implementation. Discussions moved beyond general commitments to focus on a structure compatible with public-private partnerships (PPPs). Under this model, a logistics operator would manage project engineering, including design, equipment, digital systems and logistics integration, while customs, immigration and security functions would remain under state authority.

The delegations agreed to adopt a financial model developed by a joint team of experts tasked with the assignment. They set a 15-day deadline to finalize the financing framework, project timeline and country-specific administrative procedures within the PPP framework.

The initiative forms part of the operational rollout of AfCFTA instruments and broader regional integration efforts in southern Africa. In that context, the DRC and Zambia signed an agreement in December 2025 to modernize and build border infrastructure. The deal includes the development of facilities at Kasumbalesa, Kambimba, Kipushi and Mokambo, as well as other entry points to be identified later by mutual agreement.

The two countries have yet to define the technical, financial and operational arrangements needed to make the one-stop border posts fully operational, in line with regional coordination requirements.

Ronsard Luabeya

La République démocratique du Congo, la Zambie, le Mozambique, le Zimbabwe et le Botswana travaillent à l’élaboration d’un modèle de financement pour la construction de postes frontaliers à arrêt unique. Le 18 février 2026, les ministres en charge du Commerce extérieur de ces cinq pays ont examiné le projet avec des responsables de DP World et le secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), lors d’une réunion tenue à Dubaï (Émirats arabes unis).

Selon une note du ministère congolais du Commerce extérieur, l’initiative vise à réduire les temps d’attente et à fluidifier le transit aux frontières, des facteurs qui pèsent directement sur les coûts logistiques et la compétitivité des marchandises dans la région. Le principe des postes à arrêt unique repose sur une logique de contrôles coordonnés et de formalités harmonisées, afin d’éviter les doublons entre pays voisins et d’accélérer le passage des flux commerciaux.

Le projet met l’accent sur une numérisation intégrale des procédures : limitation des interventions manuelles, meilleure traçabilité des opérations et traitement plus rapide des données. L’objectif affiché est de renforcer la prévisibilité des délais, tout en réduisant les pratiques de blocage administratif et les coûts induits pour les opérateurs économiques.

La présence de DP World et du secrétariat de la ZLECAf donne à la réunion une portée opérationnelle : au-delà d’une déclaration d’intention, les discussions portent sur un montage compatible avec des partenariats public-privé (PPP). Dans ce type de dispositif, un opérateur logistique intervient généralement sur l’ingénierie du projet (conception, équipements, solutions numériques, intégration logistique), tandis que les fonctions régaliennes (douanes, immigration, sécurité) restent du ressort des États.

Les délégations ont convenu d’adopter un modèle financier élaboré par une équipe mixte d’experts mandatée à cet effet. Un délai de 15 jours a été fixé pour finaliser le schéma de financement, le chronogramme des travaux et les procédures administratives propres à chaque État, dans le cadre des PPP.

Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre opérationnelle des instruments de la ZLECAf et dans la dynamique d’intégration des marchés en Afrique australe. Dans ce cadre, la RDC et la Zambie avaient signé en décembre 2025 un accord relatif à la modernisation et à la construction d’infrastructures frontalières. Il prévoit notamment l’aménagement des postes de Kasumbalesa, Kambimba, Kipushi et Mokambo, ainsi que d’autres points d’entrée à définir ultérieurement d’un commun accord.

Les deux pays doivent encore préciser les modalités techniques, financières et opérationnelles afin de rendre effectifs ces postes frontaliers à arrêt unique, dans un calendrier aligné avec les exigences de coordination régionale.

Ronsard Luabeya

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