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Equipe Publication

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Le territoire de Walikale, dans la province du Nord-Kivu, fait face à un risque de rupture d’approvisionnement en produits de première nécessité. Depuis près d’un mois, la dégradation avancée de la route nationale n°3 (RN3), principal axe reliant la région au Maniema, paralyse la circulation des marchandises.

Selon des sources locales, près de 180 camions en provenance de Kisangani sont immobilisés sur le tronçon Makana–Mengwe, à la limite des territoires de Walikale (Nord-Kivu) et Lubutu (Maniema). Les pluies diluviennes ont transformé plusieurs portions de la route en bourbiers, rendant le passage des véhicules presque impossible.

L’Association des chauffeurs du Congo (ACCO), citée par Actualité.cd, indique par ailleurs que 120 véhicules sont bloqués entre Makana et Makote, dans le territoire de Walikale, tandis que 80 autres sont embourbés entre Losso et Mengwe, côté Maniema. Cette situation provoque un ralentissement significatif du trafic sur un corridor vital pour l’approvisionnement des zones enclavées du Nord-Kivu.

Les conséquences se font déjà sentir dans plusieurs centres de consommation, notamment Makana, Biruwe, Logu, Ndjingala, Mubi et Walikale-centre. Les commerçants signalent une hausse des prix des denrées de base et une baisse progressive des stocks, faute de réapprovisionnement régulier. Certains produits importés depuis Kisangani commencent à se raréfier sur les marchés locaux.

Face à cette paralysie, les transporteurs appellent les autorités provinciales et nationales à engager en urgence des travaux de réhabilitation sur ce tronçon. Ils estiment qu’une intervention rapide permettrait non seulement de rétablir le trafic, mais aussi d’éviter une crise d’approvisionnement.

Ronsard Luabeya

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Le pont Mbogu, situé à environ 9 km de Bunia dans le groupement Babiase, s’est effondré le 18 novembre 2025 lors du passage d’un camion en provenance de Kasenyi. Cet incident a interrompu la circulation sur l’un des axes les plus fréquentés de l’Ituri.

L’axe Bunia–Kasenyi joue un rôle essentiel dans l’acheminement des marchandises en provenance de l’Ouganda, notamment via le lac Albert. Ce corridor assure une part importante des flux commerciaux entrant dans la ville de Bunia.

Selon la presse locale, des centaines de camions transportant des produits ougandais, dont certains périssables, sont désormais bloqués, entraînant des retards dans la chaîne d’approvisionnement.

Le pont Mbogu avait déjà cédé en mai 2025 après un débordement dû aux fortes pluies. L’incident actuel survient quelques mois après des interventions provisoires qui n’avaient pas permis de stabiliser durablement l’ouvrage, resté vulnérable aux charges lourdes et aux intempéries.

L’Association des transporteurs et chargeurs du Congo (ATCC) appelle à une intervention urgente afin de rétablir la circulation sur cet axe et d’éviter une accumulation prolongée de marchandises à la frontière.

Boaz Kabeya

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À Belém, au Brésil, les gouvernements d’Allemagne, de Belgique et de Norvège, ainsi que l’Initiative pour la forêt d’Afrique centrale (CAFI), ont annoncé le 17 novembre 2025, en marge de la COP 30, un engagement collectif de 93 millions de dollars au profit de Canopy Trust. Ce mécanisme financier, lancé début 2025 par la Catalytic Finance Foundation, une fondation basée en Suisse, vise à promouvoir l’investissement privé dans des chaînes de valeur durables et sans déforestation dans le Bassin du Congo.

Le principe est d’utiliser des fonds publics pour réduire le risque lié aux projets et les rendre plus attractifs pour les investisseurs privés. Les 93 millions engagés serviront de capital-risque : en cas d’échec des projets financés, ce sont les bailleurs publics qui absorberont les premières pertes, avant les investisseurs privés. Grâce à ce mécanisme — qui inclut également une assistance technique — les promoteurs ambitionnent d’attirer au moins 500 millions de dollars d’investissements privés dans des chaînes de valeur durables en Afrique centrale d’ici 2035.

Pour permettre à la République démocratique du Congo (RDC), qui abrite environ 60 % des forêts du Bassin du Congo, de tirer pleinement parti de cette initiative, la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie climatique, Marie Nyange Ndambo, a promis d’accélérer les réformes visant à améliorer le climat des affaires. « Nous sommes résolus à accélérer les réformes destinées à améliorer le climat des affaires, afin que les investisseurs puissent s’associer à nous en toute confiance et contribuer à une croissance durable à grande échelle », a-t-elle déclaré.

En RDC, quatre projets pilotes ont déjà été identifiés pour bénéficier d’une assistance technique et d’un financement initial. Ils sont concentrés dans la région de Bankana, à 115 kilomètres à l’est de Kinshasa, et combinent la production de charbon de bois et la transformation de farine de manioc dans un modèle intégré reliant les chaînes de valeur agricoles et énergétiques.

Accroître les revenus

Selon Canopy Trust, ces initiatives visent à développer un système agroforestier reposant sur de petites exploitations agricoles, et à renforcer les chaînes de valeur forestières et agricoles, afin de permettre aux communautés locales d’augmenter leurs revenus et d’améliorer leur sécurité alimentaire et énergétique.

L’étude de faisabilité menée par Canopy Trust souligne que la RDC est confrontée à une déforestation élevée due à la culture itinérante sur brûlis et à la production non durable de charbon de bois. Ces pratiques entraînent chaque année la perte d’environ 0,5 million d’hectares de forêts primaires et 0,8 million d’hectares de forêts secondaires et zones boisées. La production de manioc, qui représente 72 % de la production agricole primaire du pays, repose presque entièrement sur la culture sur brûlis, contribuant fortement à la déforestation et aux émissions de gaz à effet de serre, estimées à 629 millions de tonnes équivalent CO₂ en 2021, selon les données de Canopy Trust.

Les projets soutenus visent à atténuer ces impacts environnementaux en utilisant du bois d’acacia issu de plantations plutôt que du bois de forêt naturelle, et en améliorant l’efficacité des fours à charbon de bois, ce qui permettrait de réduire les émissions de 90 % par rapport aux méthodes traditionnelles. Pour la production de manioc, les approches proposées pourraient augmenter les rendements jusqu’à 300 %, contribuant à l’autonomisation des petits exploitants et à la création d’emplois dans les unités de transformation intégrées, tout en garantissant un débouché stable pour leurs produits.

Boaz Kabeya

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Par un message daté du 14 novembre 2025 et adressé au gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a ordonné la suspension de l’opération « armes contre argent » lancée par le gouvernement provincial. Ce télégramme, diffusé depuis le 19 novembre par des journalistes proches du gouvernorat, enjoint d’interrompre l’opération « toutes affaires cessantes ».

Le ministre de l’Intérieur justifie cette suspension par le risque d’atteinte à « l’image exemplaire du pays vis-à-vis des Nations unies » et par la possibilité d’une aggravation de la situation sécuritaire dans la province, estimant qu’un encadrement préalable est nécessaire. Il précise que l’opération est gelée dans l’attente d’une réunion de cadrage entre son ministère et celui de la Défense nationale et des Anciens combattants.

Cette opération d’achat d’armes détenues illégalement par des tiers avait été initiée, le 29 octobre 2025, par le gouverneur militaire afin de faire face à la recrudescence de l’insécurité dans la province, dans un contexte marqué par la multiplication des braquages d’institutions financières, des incursions nocturnes dans les domiciles et des meurtres attribués à des hommes armés, notamment dans les villes de Beni et Butembo.

L’arrêté provincial prévoyait une contrepartie financière de 100 dollars pour une arme de type AK-47 ou équivalent, 200 dollars pour une arme d’appui et un dollar par munition, tout en garantissant la discrétion des personnes participant à l’opération ainsi que l’absence de poursuites judiciaires pendant toute sa durée.

Timothée Manoke

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Le 19 novembre 2025, FirstBank RDC, filiale du groupe nigérian First Bank of Nigeria (FBN Holdings), et Visa, leader mondial des paiements digitaux, ont signé un partenariat visant à moderniser l’écosystème de paiement numérique de la banque en République démocratique du Congo.

Conclu pour une durée de trois ans, l’accord prévoit l’intégration des solutions technologiques de Visa afin d’enrichir les services numériques et les fonctionnalités des cartes virtuelles proposées aux clients. Dans ce cadre, FirstBank lancera une nouvelle gamme de cartes : Visa Infinix Card (premium) destinée à une clientèle VIP, Corporate Card pour les entreprises, et Prepaid Card dédiée aux transactions des petites et moyennes entreprises (PME). Ces innovations seront accompagnées d’outils de suivi plus flexibles.

Selon Gisele Lutundula, directrice générale adjointe de FirstBank, cette initiative vise à diversifier l’offre de produits pour répondre aux besoins d’un marché congolais en pleine évolution. Les solutions de paiement seront adaptées aux réalités locales, notamment dans les zones peu desservies, afin de garantir des transactions sécurisées, en particulier pour les PME.

De son côté, Sophie Kafuti, directrice générale de Visa RDC, a indiqué que Visa apportera un appui technologique pour accélérer le déploiement des nouveaux produits, ainsi qu’un accompagnement en formation destiné aux équipes de la banque et aux utilisateurs finaux. Le partenariat inclut également un soutien financier pour élargir l’accès aux services et renforcer l’inclusion financière en RDC.

Lors de la cérémonie, Aminata Kane, Senior Vice-président Visa pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique, a salué le potentiel du marché congolais et l’importance du rôle de FirstBank dans l’écosystème financier national. En 2024, FirstBank RDC a enregistré une croissance de 71 % de ses actifs, atteignant 4 476 milliards CDF (1,57 milliard dollars), portée par une hausse des dépôts clients et l’expansion de son portefeuille de crédits. La banque prévoit de renforcer sa présence dans la région minière du Grand Katanga, d’accroître de 30 % les revenus issus des produits numériques et d’atteindre 100 000 agents bancaires d’ici 2029.

Ronsard Luabeya

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The Democratic Republic of Congo (DRC) has received its first shipment of Chinese-made construction equipment under a major road partnership with South African group Guma.

Infrastructure and Public Works Minister John Banza Lunda oversaw the arrival of 200 units of civil engineering machinery from China on November 14, according to an official statement. The shipment included dump trucks, bulldozers and various utility vehicles.

The equipment is the first batch of a 5,600-unit order tied to a partnership announced by the Prime Minister’s Office in February 2024 at the Mining Indaba forum in South Africa. At the time, the government said it had reached an agreement with the Development Bank of Southern Africa (DBSA) and Guma Africa to support an extensive road development program.

The contract covers a planned network of 180,000 kilometers of roads, valued at 450 million dollars. The financing is intended to support equipment purchases, road rehabilitation and maintenance by the Ministry of Infrastructure, and training for operators and technicians within the Roadways and Drainage Authority (OVD) and the Road Office (OR).

Financing and Delays

Although the project was initially expected to roll out over three years, the Ministry of Infrastructure said the contract was not formally signed until August 29, 2025.

The financing structure remains unclear. The Ministry only specified that the project is being “financed without a sovereign guarantee.” The arrangement appears to follow a leasing model in which DBSA acts as the financier, Guma supplies the machinery and the Congolese state leases the equipment. The government would use the machines for road works and repay the cost through lease fees, with ownership passing to the state once the full amount is covered.

Technical details for the planned roads have not yet been released, but the announced budget indicates that the work will mainly involve dirt roads.

In February 2024, the Prime Minister’s Office described the program as a major boost to the Local Development Program for 145 Territories (PDL-145T). The second phase of the PDL-145T, launched in the third quarter of 2022, covers the rehabilitation of more than 38,000 kilometers of rural access roads and related infrastructure, at a cost of 1.25 billion dollars. How the two road programs will be coordinated is still unclear.

During his visit to the DRC on August 29, Guma Group CEO Robert Gumede said the project “will transform the lives of Congolese people by reducing transport costs and stimulating agriculture and industry.” He added that the main objective is to improve links between urban and rural areas to support mobility and strengthen regional integration.

Pierre Mukoko & Timothée Manoke

Entreprise Générale du Cobalt (EGC), a subsidiary of state-owned Gécamines, presented 1,000 tons of artisanally mined cobalt on November 13, 2025, describing the material as “structured, ethical and traceable.”

The event, titled “1,000 Tons of Future,” aimed to demonstrate to markets and investors that artisanal cobalt can meet international expectations on transparency, profitability, and ESG compliance.

EGC General Director Eric Kalala said the company hopes to attract investment that will help build a competitive, nationally controlled artisanal mining industry.

An Informal Sector with Heavy Reliance

The Democratic Republic of Congo (DRC) holds about 72 percent of global cobalt reserves and supplies more than 74 percent of world production. EGC estimates that a significant share of this output comes from artisanal mining, a sector that employs between 1.5 million and 2 million people and supports more than 10 million others.

Despite its economic importance, the sector operates largely outside formal structures. It is marked by non-transparent buying practices, low prices, unsafe working conditions and the dominance of unregulated intermediaries. These problems prompted the U.S. Labor Department to add Congolese cobalt to its 2024 list of goods suspected of being produced with child labor.

Created in 2019, EGC is mandated to organize, purchase and market artisanal cobalt while improving traceability, compliance and fair pay. The company also aims to increase local value addition through small-scale processing, strengthen cooperatives and offer miners more predictable incomes.

Push for Transparency

To carry out its mission and secure financing, EGC says it has developed a model designed to bring the artisanal segment up to international standards.

The company is deploying controlled mining zones with weighing stations, direct-payment systems and digital tracking tools to ensure every ton is traceable from the mining site to processing,” EGC said.

However, EGC did not disclose where the 1,000 tons presented in Kolwezi were mined. The lack of clarity is significant for industrial buyers, who frequently accuse artisanal miners of entering their concessions illegally. Such incursions regularly spark disputes and, according to the Federation of Congolese Enterprises, have caused nearly 3 billion dollars in losses for one mining company.

Government Response

In response, President Félix-Antoine Tshisekedi announced several measures during the 47th Council of Ministers in Kolwezi on June 13, 2025. These include quickly designating legal artisanal mining zones and opening discussions with mining companies, including Gécamines, to release specific land parcels.

Gécamines had already made five pilot sites available to EGC around Kolwezi in February 2024. The sites were intended to support a roadmap to gradually formalize the artisanal cobalt sector. An exploration program began soon after, and EGC announced in September 2024 that targeted drilling would start on one of the locations. Results have not yet been published.

Pierre Mukoko & Ronsard Luabeya   

Rome Resources a annoncé, le 19 novembre 2024, son intention de lever 1,9 million de livres sterling (2,4 millions USD) via un placement d’actions. Les fonds serviront à financer un nouveau programme de forage sur le projet d’étain Bisie North, que la société britannique explore en République démocratique du Congo.

Selon Rome Resources, la campagne visera à tester les cibles prioritaires du site, notamment les zones plus profondes des gisements Kalayi et Mont Agoma. La société estime que ces travaux présentent un potentiel de découverte compris entre 53 000 et 144 000 tonnes de ressources minérales, ce qui permettrait d’accroître ou d’affiner les 10 600 tonnes de ressources inférées déclarées le mois dernier à Bisie North.

« Le conseil d’administration est très encouragé par les fondements techniques établis par la première estimation des ressources minérales, qui met clairement en évidence le potentiel à haute teneur de Kalayi et de Mont Agoma. Nous sommes impatients de tester le potentiel à haute teneur en étain de Kalayi en profondeur, un atout majeur indiqué par la récente estimation des ressources », a déclaré Paul Barrett, directeur général de Rome Resources.

Dans l’attente du financement, la compagnie prévoit de démarrer les forages « dans environ deux semaines ». Les travaux devraient s’étendre sur 3 à 4 mois. Si les objectifs sont atteints, Bisie North pourrait renforcer la production congolaise d’étain, aujourd’hui portée à 99 % par la mine Bisie d’Alphamin Resources.

Aurel Sèdjro Houenou, Agence Ecofin

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Le 13 novembre 2025, l’Entreprise générale du cobalt (EGC), filiale de la Gécamines, a présenté à Kolwezi une production de 1 000 tonnes de cobalt artisanal, qualifiée de « structurée, éthique et traçable ». Pour l’entreprise, l’évènement, baptisé « 1 000 Tonnes d’Avenir », constitue un « signal fort » envoyé aux marchés et aux investisseurs, démontrant que « son cobalt peut être propre, rentable et aligné sur les standards ESG internationaux ».

L’objectif est d’attirer des investissements dans un secteur que l’EGC veut « transformer en une fierté nationale et un actif stratégique sous contrôle congolais », selon son directeur général, Eric Kalala.

La RDC détient environ 72 % des réserves mondiales connues de cobalt et fournit plus de 74 % de la production mondiale de ce minerai critique, essentiel aux batteries et aux véhicules électriques. Selon l’EGC, une part non négligeable de cette production provient de l’exploitation artisanale, un secteur employant entre 1,5 et 2 millions de Congolais, et dont vivent indirectement plus de 10 millions de personnes.

Malgré son importance socio-économique, ce segment reste largement informel, dominé par des intermédiaires souvent illégaux, avec des pratiques d’achat opaques, des prix injustes et des conditions de travail précaires. Fin 2024, le ministère américain du Travail a d’ailleurs inscrit le cobalt congolais sur sa « liste noire » des produits susceptibles d’être issus du travail des enfants.

Pour remédier à ces dérives, l’EGC a été créée en 2019 avec pour mission d’organiser, acheter et commercialiser les minerais stratégiques issus de la production artisanale, en assurant traçabilité, conformité et équité. Elle ambitionne également de renforcer la valeur locale grâce à la transformation semi-industrielle, de professionnaliser les coopératives minières et de garantir des revenus stables et équitables pour les creuseurs.

Besoin de plus de transparence

Pour remplir ce mandat, l’EGC a besoin de financements. Et pour attirer les investisseurs, elle doit aligner le secteur artisanal sur les standards internationaux afin de faciliter la commercialisation de sa production. EGC affirme avoir développé un modèle en ce sens : « L’entreprise déploie des zones minières contrôlées, équipées de dispositifs de pesée, de mécanismes de paiement direct et de systèmes numériques de suivi, garantissant que chaque tonne soit traçable du site artisanal jusqu’à l’usine de transformation », décrit-elle.

Cependant, l’EGC n’a pas précisé les sites exacts d’où proviennent les 1 000 tonnes présentées à Kolwezi. Ces informations sont pourtant essentielles pour rassurer les mineurs industriels susceptibles de racheter cette production, eux qui accusent régulièrement les exploitants artisanaux d’empiéter illégalement sur leurs concessions. Ces intrusions provoquent des tensions récurrentes entre creuseurs et sociétés minières. Selon la Fédération des entreprises du Congo, elles auraient déjà fait perdre près de 3 milliards de dollars à une société minière de la région.

Face à ces enjeux, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avait annoncé, lors du 47ᵉ Conseil des ministres tenu à Kolwezi le 13 juin 2025, plusieurs mesures, dont l’identification rapide de zones légales dédiées à l’artisanat minier et l’ouverture de discussions avec les entreprises minières, notamment la Gécamines, pour libérer certaines parcelles.

En février 2024, la Gécamines avait déjà mis à disposition de l’EGC cinq sites pilotes autour de Kolwezi afin d’élaborer un schéma directeur visant à transformer progressivement l’ensemble du secteur artisanal. Un programme d’exploration y a été lancé, et en septembre 2024, l’entreprise avait annoncé le démarrage imminent d’un forage ciblé sur l’un de ces sites. Les résultats n’ont toutefois pas encore été rendus publics.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya    

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En marge de sa mission de travail en République populaire de Chine, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a supervisé, le 14 novembre dernier, l’expédition d’un lot de 200 engins de génie civil à destination de la RDC, selon une communication officielle de son ministère. Il s’agit de camions-bennes, de bulldozers et de véhicules d’itinérance.

Selon la même communication, ce premier lot constitue une partie d’une commande totale de 5 600 équipements prévue dans le cadre du partenariat conclu avec le groupe sud-africain Guma. En février 2024, lors du forum minier Mining Indaba en Afrique du Sud, la Primature avait annoncé la signature d’un contrat entre le gouvernement congolais, la Development Bank of Southern Africa (DBSA) et Guma Africa.

Toujours selon la Primature, ce contrat porte sur la construction de 180 000 kilomètres de routes pour un montant global de 450 millions de dollars américains. Le financement devait permettre l’acquisition des équipements de construction, la réhabilitation et l’entretien des routes par le ministère des ITPR, ainsi que le renforcement des capacités de l’Office des voiries et drainage (OVD) et de l’Office des routes (OR), incluant la formation des opérateurs et techniciens.

Zones d’ombre

Si la mise en œuvre était initialement prévue sur trois ans, le contrat n’aurait finalement été signé que le 29 août 2025, selon une communication du ministère des ITPR. Pour l’heure, le montage financier du projet demeure peu clair. Le ministère s’est limité à préciser qu’il est « financé sans garantie souveraine ». À l’observation, le partenariat s’apparente à un contrat de leasing indirect d’équipements de génie civil. Dans cette hypothèse, la DBSA jouerait le rôle de bailleur, Guma celui de fournisseur et l’État congolais celui de preneur. Ce dernier utiliserait ensuite les équipements pour construire et réhabiliter ses routes, et paierait des loyers destinés à couvrir le coût d’achat desdits équipements. Et ceux-ci ne deviendraient sa propriété qu’une fois l’argent complètement remboursé.

Les caractéristiques techniques des routes à construire ne sont pas encore connues, mais le coût annoncé laisse supposer qu’il s’agirait essentiellement de routes en terre. En février 2024, la Primature présentait ce programme comme « un véritable coup d’accélérateur pour le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) ».

Dans son deuxième volet, dont la mise en œuvre a débuté au troisième trimestre 2022, le PDL-145T prévoit la réhabilitation et l’entretien de plus de 38 000 km de routes de desserte agricole et d’ouvrages d’art, pour un coût total de 1,250 milliard de dollars, selon un rapport du ministère des Finances. Pour l’instant, on dispose pas d’éléments sur la manière dont les deux programmes s’articulent.

« Ce programme transformera la vie des Congolais, en réduisant les coûts de transport et en stimulant l’agriculture et l’industrie », déclarait le PDG du groupe Guma, Robert Gumede, lors de sa visite en RDC le 29 août dernier. Son objectif serait d’améliorer la connexion entre zones urbaines et rurales afin de faciliter la mobilité et de renforcer l’intégration régionale.

Pierre Mukoko et Timothée Manoke

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