Les réseaux de télécommunications en République démocratique du Congo (RDC) connaissent depuis quelques jours des perturbations, selon le régulateur du secteur. Dans un communiqué publié le mercredi 14 janvier, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) indique que ces dysfonctionnements sont liés à « une panne technique générale » sur la liaison internationale sous-marine à fibre optique West Africa Cable System (WACS), qui relie l’Europe au continent africain et dont l’incident « impacte les services Internet » dans le pays.
L’ARPTC précise que des opérations de maintenance sont en cours afin de rétablir les services « dans les meilleurs délais ». Elle indique également travailler avec les opérateurs télécoms à la mise en œuvre de « mesures appropriées de prise en charge des abonnés », conformément aux dispositions applicables en cas de force majeure.
Cette panne relance des interrogations sur la robustesse de l’infrastructure numérique de la RDC, alors même que les autorités font des TIC un levier du développement socio-économique. Le WACS est l’une des principales liaisons sous-marines internationales utilisées pour l’accès au réseau Internet mondial. La RDC dispose aussi du câble 2Africa, dont l’atterrissement à Muanda a été rapporté en septembre 2023, avec une mise en service commerciale annoncée pour fin 2025.
Le pays s’appuie par ailleurs sur des interconnexions terrestres régionales, notamment une liaison fibre évoquée via le lac Albert vers l’Ouganda, selon la presse spécialisée. Il n’est donc pas exclu que la RDC soit aussi affectée par la coupure de la connexion en Ouganda, décidée à la veille des élections présidentielle et législatives qui se tiennent ce 15 janvier.
Sur le plan des investissements, les autorités ont récemment communiqué sur la signature d’un partenariat de 150 millions de dollars avec la société d’investissement United Investment LMT (UIL), basée à Maurice, présenté comme visant à renforcer l’infrastructure numérique. Les éléments publics disponibles mettent l’accent sur des investissements de connectivité et d’infrastructures, sans que l’installation effective d’un nouveau câble sous-marin international ne soit, à ce stade, explicitement documentée de manière uniforme dans les informations accessibles.
L’épisode rappelle les vulnérabilités mises en évidence lors des coupures majeures survenues sur plusieurs câbles sous-marins en mars 2024, qui avaient provoqué de fortes perturbations dans plusieurs pays africains. À l’époque, parmi les pistes régulièrement évoquées par des analystes et des acteurs du secteur figuraient la diversification des routes de câbles et le recours à des solutions satellitaires.
Cette dernière option est notamment mise en avant par la Global System for Mobile Communications Association (GSMA), qui présente le satellite comme un complément possible des réseaux terrestres et un levier de résilience. À titre d’exemple, le Zimbabwe, pays enclavé sans accès direct à un point d’atterrissement de câble sous-marin, a indiqué explorer des partenariats avec des fournisseurs de connectivité en orbite terrestre basse (LEO), selon des annonces relayées publiquement. La RDC porte également un projet de satellite de télécommunications, présenté comme un axe de souveraineté et de connectivité.
Cette communication de l’ARPTC intervient enfin après des instructions du président de la République, Félix Tshisekedi, demandant aux autorités compétentes de prendre des mesures pour mettre fin aux perturbations récurrentes affectant les réseaux et systèmes de télécommunications sur l’ensemble du territoire, avec la possibilité de sanctions à l’encontre d’opérateurs jugés défaillants.
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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Les sociétés de téléphonie mobile opérant en République démocratique du Congo (RDC) s’exposent à des sanctions en cas de non-respect des exigences de qualité de service en vigueur. Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, le président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit les autorités en charge du secteur de prendre les mesures nécessaires pour endiguer les perturbations récurrentes affectant les réseaux et systèmes de télécommunication sur l’ensemble du territoire national.
Le chef de l’État a exigé l’application, « sans faiblesse ni complaisance », des sanctions prévues par les lois et règlements à l’encontre de tout opérateur défaillant, chaque fois que les obligations de qualité, de continuité, de couverture ou de protection des usagers ne sont pas respectées. Il a également demandé le renforcement des mécanismes de régulation, de contrôle et de monitoring permanent de la qualité des réseaux et des services, ainsi qu’une coordination effective entre les ministères sectoriels, les autorités de régulation et les services techniques spécialisés. Un rapport circonstancié est attendu dans un délai de 30 jours.
Les perturbations relevées concernent notamment la téléphonie mobile et fixe, l’internet, la transmission des données, les services numériques, l’interconnexion des réseaux, ainsi que la radiodiffusion et la télévision numérique.
« Ces défaillances persistantes affectent gravement la vie quotidienne des citoyens, la continuité de l’action publique et le fonctionnement de l’économie nationale, en entraînant des ruptures de communication, des perturbations des transactions bancaires et commerciales, ainsi qu’une dégradation notable des services de radiodiffusion et de télévision numérique », souligne le compte rendu du Conseil des ministres.
Fin décembre, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, José Mpanda Kabangu, a interpellé les opérateurs Orange, Airtel et Vodacom, à la suite de plaintes d’usagers dénonçant des réseaux instables, des appels interrompus et un accès internet limité dans la province du Sankuru.
Déjà en septembre, peu après sa nomination, le ministre avait pointé plusieurs dysfonctionnements à l’échelle nationale, notamment des coupures fréquentes, une saturation des réseaux, des pertes de crédit jugées injustifiées et des transactions de mobile money échouées mais néanmoins facturées. Sur les réseaux sociaux, les consommateurs se plaignent régulièrement de ces problèmes.
La pression exercée sur les opérateurs télécoms intervient dans un contexte où les autorités congolaises ont fait du numérique un levier de développement socio-économique. Elles estiment donc qu’il est impératif de disposer de réseaux fiables, performants, résilients et continus, opérant dans un environnement de concurrence loyale, de couverture équitable du territoire et de protection stricte des consommateurs.
Ces réseaux sont notamment nécessaires pour permettre l’accès aux services publics dématérialisés mis en ligne par les autorités.
Les sanctions susceptibles d’être appliquées n’ont pas encore été précisées. Toutefois, la loi de 2020 sur les télécommunications et les TIC stipule que « toute violation d’une ou de plusieurs clauses de la licence, de l’autorisation ainsi que du cahier des charges y annexé n’entraînant pas la suspension ou le retrait du titre est punie d’une amende ne dépassant pas le quart du titre ».
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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Rawbank, première banque de la République démocratique du Congo, et Visa, leader mondial des paiements numériques, ont renouvelé, le 16 décembre 2025 à Kinshasa, leur partenariat pour une durée de cinq ans. Selon un communiqué conjoint, « cet accord marque l’ouverture d’un nouveau cycle d’une collaboration engagée il y a plus de quinze ans ».
Dans ce nouveau cycle, Rawbank et Visa envisagent de renforcer le développement de solutions destinées aux petites et moyennes entreprises, notamment à travers des outils de gestion des dépenses visant à améliorer la structuration financière des PME. L’accord prévoit également le déploiement d’offres dédiées à la clientèle aisée, ainsi que le renforcement des solutions de paiements transfrontaliers « cross-border » pour accompagner la croissance des échanges internationaux.
Sur le segment des marchands, les deux partenaires prévoient l’extension des solutions d’acceptation, incluant les terminaux de paiement physiques, les solutions en ligne et les outils de paiement à distance. Cette stratégie vise à soutenir le développement du commerce électronique et à renforcer la sécurisation des transactions.
Rawbank et Visa travaillent également au lancement de Companion Cards et de cartes virtuelles, développées avec les opérateurs de télécommunications, afin de répondre à l’essor des usages mobiles et d’offrir davantage de flexibilité aux particuliers comme aux entreprises.
Des initiatives conjointes en matière d’inclusion financière sont aussi annoncées, notamment à travers la Visa Academia Card et de futurs programmes ciblant les jeunes, les femmes et les entrepreneurs. Ces actions mettront l’accent sur l’éducation financière et l’accès aux services bancaires formels.
Rawbank prévoit par ailleurs de promouvoir la tokenisation des paiements en RDC, une technologie destinée à renforcer la sécurité des transactions et à encourager l’adoption de solutions innovantes. Selon la banque, cette démarche s’inscrit dans la volonté commune de « renforcer la confiance dans les paiements digitaux et de soutenir l’évolution vers une économie plus connectée ».
Selon Mustafa Rawji, directeur général de Rawbank, cette collaboration s’inscrit dans la volonté d’élargir l’offre de solutions de paiement modernes, sécurisées et adaptées aux besoins des consommateurs et des entreprises congolaises. De son côté, Sophie Kafuti, directrice générale de Visa en RDC, souligne que le partenariat vise à soutenir la modernisation de l’acceptation des paiements, le développement du commerce électronique et le déploiement de solutions mobiles, dans l’objectif d’élargir l’accès aux services financiers numériques et de renforcer l’inclusion financière.
Ronsard Luabeya
Orange Money Group va bientôt déployer des cartes virtuelles Visa en Afrique et au Moyen-Orient, notamment en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué conjoint, Orange et Visa, leader mondial des paiements numériques, ont annoncé la signature d’un accord visant cet élargissement.
Concrètement, la carte virtuelle Visa sera accessible depuis l’application Maxit, qui compte actuellement 45 millions de clients actifs. L’utilisateur pourra générer instantanément une carte rechargeable à partir de son compte Orange Money, utilisable pour des paiements en ligne sur des sites locaux et internationaux. Une version physique de la carte est également prévue et sera disponible ultérieurement dans les points de vente agréés Orange Money.
En RDC, Orange Money avait déjà lancé, en juin 2021, une carte Visa Orange Money en partenariat avec UBA. Associée au compte Orange Money, elle permettait d’approvisionner la carte à partir du portefeuille mobile de l’utilisateur, et inversement. On ignore si cette initiative a rencontré un succès notable, mais le projet actuel s’inscrit dans la continuité d’expériences menées au Botswana, à Madagascar, en Jordanie et en Côte d’Ivoire. L’ambition est de « fournir à des millions d’utilisateurs une solution de paiement simple, sécurisée et reconnue internationalement ».
Selon Thierry Millet, PDG d’Orange Money Group, la création de cartes virtuelles pour les paiements internationaux constitue la première étape d’un accord plus large visant à renforcer l’acceptation d’Orange Money sur les plateformes d’e-commerce et chez les commerçants de proximité.
Ce partenariat intervient alors que Visa renforce sa présence en RDC à travers plusieurs collaborations avec des banques et des fintech locales. En septembre dernier, l’entreprise a notamment signé un accord avec Onafriq, réseau panafricain de paiements numériques, afin d’interconnecter VisaPay aux principaux portefeuilles mobile money du pays, dont M-Pesa, Airtel Money et Orange Money. Cette interopérabilité permet désormais d’alimenter un compte Visa directement depuis un portefeuille mobile money et de faciliter les paiements électroniques.
En RDC, la valeur des transactions numériques devrait atteindre 3,85 milliards de dollars en 2025, portée par un taux de croissance annuel moyen estimé à 19 %, selon la GSMA. Visa entend capter une partie de ce potentiel à travers le déploiement progressif de ses solutions, dont l’application VisaPay lancée en septembre dernier.
Le marché congolais du mobile money affiche une dynamique soutenue. Selon les données de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), sur un total de 31,160 millions de comptes actifs enregistrés au deuxième trimestre, Orange Money comptait 6,611 millions de comptes, soit une progression de 19,3 % par rapport au trimestre précédent. L’opérateur détenait ainsi 21,22 % de parts de marché, derrière M-Pesa de Vodacom (49,37 %), Airtel Money (29,26 %) et Africell (0,15 %).
Ronsard Luabeya
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Lors de l’Africa Digital Innovation Summit (ADIS 2025), organisé le 25 novembre 2025 à Kinshasa, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa (photo), a annoncé que son ministère prépare un renforcement des politiques de contrôle et de régulation des activités des grandes plateformes numériques actives en République démocratique du Congo, dont Facebook, Twitter et TikTok.
Selon le ministre, ces entreprises opèrent en RDC sans véritable encadrement, alors même qu’elles génèrent d’importants revenus dans le pays. Pour accélérer le processus, il affirme que des discussions sont en cours et que plusieurs pistes sont examinées, notamment une stratégie sous-régionale visant à mobiliser les États voisins. Augustin Kibassa souhaite également s’appuyer sur des coalitions africaines pour renforcer la position des pays face aux multinationales du numérique. Il indique avoir déjà engagé des échanges avec Smart Africa, tout en reconnaissant l’absence d’avancées concrètes à ce stade.
« Ils œuvrent ici. Cela fragilise notre économie alors qu’ils gagnent beaucoup d’argent. Je crois qu’ils ont intérêt à nous écouter », a-t-il déclaré.
Le ministre a aussi insisté sur la nécessité de réguler plus strictement les contenus diffusés par ces plateformes. Il a évoqué le cas de TikTok, dont les contenus en Chine seraient, selon lui, soumis à un contrôle plus rigoureux et davantage orienté vers l’éducation, contrairement à ceux accessibles en RDC. Il estime qu’un cadre plus strict, accompagné de sanctions, est indispensable pour limiter les dérives observées sur les réseaux sociaux. Il dit vouloir travailler avec le ministère de la Communication afin de renforcer la politique nationale de régulation des contenus et des activités numériques.
Les initiatives engagées par Kinshasa s’inscrivent dans une dynamique internationale plus large. En Europe, l’Union européenne et plusieurs États membres ont multiplié ces dernières années les actions visant à encadrer l’activité des géants du numérique. Le règlement européen sur les services numériques, entré en vigueur le 25 août 2023 et appliqué à l’ensemble des services numériques depuis le 17 février 2024, vise notamment à mieux protéger les citoyens et à encadrer les pratiques des plateformes en ligne.
Ronsard Luabeya
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L’entreprise Embed Financial Group Holdings (EFGH), basée à Singapour, a annoncé avoir signé, le 20 novembre, un accord-cadre de services avec la Régie de distribution d’eau (REGIDESO SA) visant à accélérer la transformation numérique de l’entreprise publique, notamment en modernisant le recouvrement des recettes auprès des ménages et des entreprises.
Selon l’annonce, la REGIDESO et EFGH développeront ensemble des canaux numériques sécurisés pour le paiement des factures, des dispositifs de protection ainsi que de nouveaux outils financiers destinés à simplifier, accélérer et rendre les paiements plus accessibles au public. L’objectif affiché est clair : faciliter et tracer les paiements, renforcer la transparence, accroître la confiance des investisseurs et, à terme, permettre à la REGIDESO de lever des capitaux pour financer sa modernisation.
La REGIDESO propose déjà des solutions de paiement digital à ses abonnés. D’après les informations publiées sur son site et ses canaux officiels, il est possible de régler ses factures via une application mobile disponible sur App Store et Google Play, ou encore via le site web de l’entreprise. À ce stade, ces services couvrent 11 provinces sur les 26 que compte la RDC. Pour les abonnés ne disposant pas d’accès à Internet, un code USSD est également disponible, permettant une utilisation simple depuis n’importe quel téléphone mobile.
Du côté d’EFGH, l’entreprise singapourienne se présente comme spécialiste des paiements numériques, des plateformes financières et de la conception d’écosystèmes digitaux. Elle affirme opérer dans plusieurs pays africains, dont le Ghana où elle a annoncé, le 29 octobre dernier, une joint-venture avec la Ghana’s District Assemblies Common Fund (DACF). Ce partenariat porte sur le développement d’une « Finternet », une infrastructure financière numérique destinée à connecter gouvernements, populations et entreprises. Selon EFGH, cette Finternet reliera paiements, crédit et assurance de la même manière qu’Internet relie l’information, afin de permettre aux districts ghanéens de gérer plus efficacement les fonds et les services publics, tout en créant de nouvelles sources de revenus pour le développement national.
Timothée Manoke.
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Visa, leader mondial des paiements numériques, a réitéré sa volonté d’établir un partenariat avec la Banque centrale du Congo (BCC) afin d’accélérer la modernisation du système financier congolais. Le 20 novembre 2025, Aminata Kane, Senior Vice-Présidente de Visa pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, a transmis au gouverneur de la BCC, André Wameso, une correspondance signée au nom du président de Visa, Oliver Jenkyn, confirmant cet engagement.
Selon une note de la BCC, cette coopération devrait s’articuler autour de trois axes. Le premier concerne la création du Centre d’innovation financière de la BCC (CIF-BCC), destiné à positionner la RDC comme un hub technologique et réglementaire francophone dans les paiements numériques, les infrastructures financières de marché et les solutions fintech.
Le deuxième axe porte sur le renforcement de l’inclusion financière, notamment à travers des programmes ciblant les universités et l’administration publique, afin d’accélérer l’adoption de moyens de paiement modernes et sécurisés. Enfin, Visa prévoit de soutenir l’investissement dans les fintech congolaises, en particulier celles développant des solutions digitales au service de l’inclusion financière.
Les deux institutions ont convenu de mettre en place des équipes techniques conjointes pour finaliser une feuille de route opérationnelle dans les prochains jours. Cette démarche s’inscrit dans la continuité des échanges tenus en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale en octobre dernier.
Le marché des paiements mobiles en RDC connaît une croissance soutenue. D’après la GSMA, la valeur des transactions devrait atteindre 3,85 milliards de dollars en 2025, correspondant à un taux de croissance annuel composé d’environ 19 %. Dans ce contexte, Visa multiplie les initiatives pour étendre son offre locale, notamment via des partenariats avec les banques commerciales et les fintech présentes en RDC.
En septembre dernier, l’entreprise a lancé VisaPay, une application permettant aux consommateurs d’effectuer facilement leurs paiements numériques. Au même moment, Visa a conclu un partenariat avec Onafriq, réseau panafricain de paiement digital, afin de connecter VisaPay aux principaux portefeuilles mobiles money du pays (M-Pesa, Airtel Money, Orange Money). Cette interopérabilité permet désormais d’alimenter un compte Visa directement depuis une plateforme mobile money et de faciliter les paiements électroniques au quotidien.
Ronsard Luabeya
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Le 19 novembre 2025, FirstBank RDC, filiale du groupe nigérian First Bank of Nigeria (FBN Holdings), et Visa, leader mondial des paiements digitaux, ont signé un partenariat visant à moderniser l’écosystème de paiement numérique de la banque en République démocratique du Congo.
Conclu pour une durée de trois ans, l’accord prévoit l’intégration des solutions technologiques de Visa afin d’enrichir les services numériques et les fonctionnalités des cartes virtuelles proposées aux clients. Dans ce cadre, FirstBank lancera une nouvelle gamme de cartes : Visa Infinix Card (premium) destinée à une clientèle VIP, Corporate Card pour les entreprises, et Prepaid Card dédiée aux transactions des petites et moyennes entreprises (PME). Ces innovations seront accompagnées d’outils de suivi plus flexibles.
Selon Gisele Lutundula, directrice générale adjointe de FirstBank, cette initiative vise à diversifier l’offre de produits pour répondre aux besoins d’un marché congolais en pleine évolution. Les solutions de paiement seront adaptées aux réalités locales, notamment dans les zones peu desservies, afin de garantir des transactions sécurisées, en particulier pour les PME.
De son côté, Sophie Kafuti, directrice générale de Visa RDC, a indiqué que Visa apportera un appui technologique pour accélérer le déploiement des nouveaux produits, ainsi qu’un accompagnement en formation destiné aux équipes de la banque et aux utilisateurs finaux. Le partenariat inclut également un soutien financier pour élargir l’accès aux services et renforcer l’inclusion financière en RDC.
Lors de la cérémonie, Aminata Kane, Senior Vice-président Visa pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique, a salué le potentiel du marché congolais et l’importance du rôle de FirstBank dans l’écosystème financier national. En 2024, FirstBank RDC a enregistré une croissance de 71 % de ses actifs, atteignant 4 476 milliards CDF (1,57 milliard dollars), portée par une hausse des dépôts clients et l’expansion de son portefeuille de crédits. La banque prévoit de renforcer sa présence dans la région minière du Grand Katanga, d’accroître de 30 % les revenus issus des produits numériques et d’atteindre 100 000 agents bancaires d’ici 2029.
Ronsard Luabeya
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Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a effectué, le 10 novembre 2025, une visite de travail au Centre de formation de Huawei à Hangzhou, en République populaire de Chine, selon une communication de la Cellule de presse du ministère.
Cette mission portait sur la coopération entre la République démocratique du Congo (RDC) et Huawei dans le domaine de la formation en intelligence artificielle (IA), dans le cadre du Plan national du numérique 2026-2030 et de la première Stratégie nationale en intelligence artificielle.
Les échanges ont porté sur la création d’une académie congolaise d’intelligence artificielle, un projet gouvernemental visant à former des spécialistes, soutenir la recherche appliquée et développer des solutions adaptées aux besoins locaux, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la santé et des mines.
Selon la communication officielle, Huawei a été sollicité comme partenaire technique pour ce projet, en raison de son expérience mondiale en formation aux technologies de l’information et de la communication, notamment à travers le Huawei ICT Competition, un concours international qui a réuni plus de 210 000 étudiants et instructeurs lors de sa dernière édition.
Ce développement s’inscrit dans la continuité du protocole d’accord signé le 23 mai 2025 entre la RDC et Huawei, portant sur le projet pilote de “village intelligent”, destiné à améliorer l’accès à Internet, connecter les services publics locaux et former les jeunes aux compétences numériques.
Boaz Kabeya
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En marge du Forum sino-africain sur la coopération économique, commerciale et culturelle, tenu le 7 novembre 2025 à Jinhua, en Chine, le ministre congolais de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a rencontré les responsables des groupes chinois Alibaba Group et Isoftstone Corporate, deux acteurs majeurs du secteur numérique.
Selon le ministère de l’Économie numérique, les échanges ont porté sur le modèle chinois du commerce électronique et les possibilités de son adaptation en République démocratique du Congo (RDC). Plusieurs sujets clés ont été abordés, notamment la réglementation, la technologie et la mise en place d’un écosystème numérique performant.
À l’issue des discussions, les parties ont convenu de créer un groupe mixte de travail chargé d’approfondir la réflexion et de formuler des propositions concrètes pour le développement du e-commerce en RDC.
Le ministère a précisé que des réunions techniques se tiendront dans les prochains jours afin de finaliser un rapport stratégique destiné au ministre Kibassa. Ce document servira de base à la mise en œuvre d’un modèle national de commerce électronique, simplifié et accessible, notamment pour les jeunes entrepreneurs congolais.
Le groupe Alibaba, fondé en 1999 par Jack Ma, a réaffirmé son intérêt pour le marché africain, considérant la RDC comme un hub stratégique pour l’expansion de ses activités sur le continent. Présent dans le commerce en ligne, le cloud computing, la finance numérique, la logistique et le divertissement, le géant chinois opère à travers des plateformes telles que Alibaba.com, Taobao, Tmall, AliExpress et Alipay, formant un écosystème intégré reliant commerçants, consommateurs et prestataires de services.
Fondé en 2001, Isoftstone Group est spécialisé dans les technologies de l’information et la transformation numérique. L’entreprise fournit des solutions en intelligence artificielle, cloud computing, big data et villes intelligentes, destinées aux gouvernements et aux entreprises opérant dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie, du transport, de la finance et de la santé.
Ronsard Luabeya
Les opérateurs télécoms Africell et Vodacom, actifs en République démocratique du Congo (RDC), explorent une collaboration avec Starlink, le fournisseur mondial d’accès Internet par satellite, en vue d’un partenariat destiné à étendre leurs réseaux sur l’ensemble du territoire.
Le directeur général d’Africell RDC, Kory Webster, a confirmé au média américain Semafor que l’entreprise menait des « discussions actives » avec Starlink pour un partenariat opérationnel. Un cadre de Vodacom, cité par le même média, a pour sa part indiqué que l’opérateur étudiait également une collaboration satellitaire, présentée comme une solution complémentaire pour renforcer la couverture dans les zones rurales et enclavées. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué.
Grâce à un accord signé en mai 2025 entre Airtel Africa et SpaceX, Airtel est déjà en partenariat avec Starlink en RDC. Les démarches de Vodacom et Africell apparaissent donc comme une réponse à cette avance concurrentielle.
Selon des experts, le réseau Starlink pourrait être utilisé pour relier les antennes-relais (BTS) situées dans les zones isolées au cœur des réseaux télécoms des opérateurs, là où transitent les communications et les données (voix, Internet, etc.). Cette solution représente une alternative moins coûteuse, en termes d’équipement et de déploiement, que la technologie VSAT actuellement utilisée. Un partenariat avec Starlink permettrait ainsi aux opérateurs de renforcer leur couverture tout en améliorant leurs performances commerciales et financières.
De ce fait, le partenariat entre Airtel Africa et SpaceX constitue un avantage stratégique pour la filiale congolaise d’Airtel dans la course aux 15 millions de nouveaux abonnés à l’Internet mobile attendus en RDC entre 2025 et 2030, selon les projections de la GSMA (Association mondiale des opérateurs de téléphonie).
D’après les données de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), à fin 2024, le pays comptait 32,94 millions d’abonnements actifs à l’Internet mobile (sur 90 jours). Airtel totalisait 9,66 millions de clients, soit 29,33 % de parts de marché, derrière Vodacom (37,78 %) et Orange (29,97 %), mais devant Africell (2,92 %). En revanche, sur le segment des revenus Internet, Airtel occupe la première place avec 365,5 millions de dollars (soit 37,7 % de parts de marché), devant Orange (31,5 %), Vodacom (27 %) et Africell (3,8 %).
Ronsard Luabeya
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La société Esengo Towers envisage d’investir 179 millions de dollars sur quatre ans pour déployer 1 000 tours de télécommunication à travers la République démocratique du Congo (RDC), afin d’améliorer la couverture du réseau mobile. L’annonce a été faite le 22 octobre 2025 par son directeur général, Jean-Philippe Léonard, à l’issue d’une audience avec le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu.
Créée en janvier 2025, Esengo Towers est une coentreprise détenue à parts égales par Orange RDC et Vodacom Congo. Sa mission est d’étendre la connectivité dans les zones rurales en construisant des stations de base alimentées à l’énergie solaire et équipées des technologies 2G et 4G. L’entreprise ambitionne d’ériger 2 000 tours sur une période de six ans.
La première station devait être opérationnelle avant la fin de 2025, mais le projet accuse du retard. La société ne dispose pas encore d’une licence d’exploitation. Selon Jean-Philippe Léonard, l’acquisition de cette licence constitue une étape clé pour la sélection des équipementiers et la mise en place du mécanisme de financement. Il prévoit désormais le lancement effectif des travaux en 2026.
Le directeur général d’Esengo Towers a sollicité auprès du ministre des Postes et Télécommunications l’appui du gouvernement afin de faciliter l’obtention de l’autorisation de l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC).
Selon le compte rendu du ministère, José Mpanda a assuré son hôte du soutien de l’État à cette initiative, tout en soulignant le déficit structurel en infrastructures de télécommunication. La RDC aurait besoin d’environ 300 000 tours pour une couverture optimale, contre 5 105 actuellement, réparties entre Helios (2 591), East Castle (711), Vodacom (1 433), Airtel (88), Orange (60) et d’autres opérateurs (222).
« Les 2 000 tours envisagées par Esengo Towers, bien qu’insuffisantes face aux besoins nationaux, représentent un apport significatif, notamment pour les zones rurales », a déclaré le ministre José Mpanda.
Orange RDC et Vodacom Congo partageront les infrastructures déployées par Esengo Towers en tant que locataires principaux pendant 20 ans. La coentreprise proposera également ses installations à d’autres opérateurs mobiles, afin de mutualiser les coûts et d’étendre la couverture réseau.
Avec ce projet, les deux opérateurs visent à offrir une couverture mobile à près de 19 millions de personnes, tout en réduisant la fracture numérique et en soutenant l’accès aux services financiers mobiles ainsi qu’à la croissance économique inclusive.
Ronsard Luabeya
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La République démocratique du Congo (RDC) a finalisé, le 20 octobre 2025, un accord avec la société d’investissement United Investment LMT (UIL), basée à Maurice. Initialement signé en 2023, ce partenariat technique et financier, d’un montant estimé à 150 millions de dollars, vise à renforcer l’infrastructure numérique du pays.
Selon le média en ligne Scoop RDC, le projet comprend notamment la réalisation d’études de faisabilité, le déploiement de 60 000 à 80 000 kilomètres de fibre optique à travers le territoire national, l’installation d’un câble sous-marin d’une capacité de 192 térabits par seconde, la construction de trois centres de données, ainsi que la création d’une société nationale de télécommunications filaires et sans fil, dotée en équipements modernes. Le calendrier de mise en œuvre de l’accord n’a toutefois pas été précisé.
« La RDC a besoin d’au moins 40 à 50 000 km de fibre optique pour assurer la connectivité. L’accès à Internet est aujourd’hui inférieur à 30 %. Or, le président de la République souhaite que les 145 territoires du pays soient bien connectés à Internet. Je souhaite bonne chance à ce projet et j’apporterai tout mon soutien pour qu’il aboutisse », a déclaré José Mpanda Kabangu (photo, à droite), ministre des Postes et Télécommunications, lors de la cérémonie de signature des annexes de l’accord avec UIL, cité par Scoop RDC.
Le développement des infrastructures numériques et de la connectivité constitue l’un des quatre piliers du Plan national du numérique 2026–2030 (PNN2), qui vise à faire du pays un hub digital régional. Pour soutenir cette stratégie, le gouvernement prévoit un investissement public d’un milliard de dollars sur cinq ans, auquel s’ajoutent 500 millions dollars d’appuis extérieurs déjà garantis par les partenaires internationaux. La RDC explore également d’autres partenariats public-privés, notamment avec la banque nigériane Fidelity Bank, qui a manifesté son intérêt pour le financement du projet de satellite télécoms national.
À titre de référence, la RDC a obtenu un score de 31 sur 100 à l’Indice de développement des TIC 2024 de l’Union internationale des télécommunications (UIT), se classant 41ᵉ sur 47 pays africains. Selon la GSMA, environ 32 % de la population congolaise n’était toujours pas couverte par l’Internet mobile en 2024. L’organisation rapporte également que le pays comptait 9 631 km de fibre optique installée, avec 29 000 km supplémentaires en projet. Sur le plan de la connectivité internationale, la RDC est reliée à deux câbles sous-marins majeurs : WACS et 2Africa, d’après la plateforme The Submarine Cable Map.
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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Numérique : la RDC élabore un plan quinquennal de plus de 1,5 milliard $
Le projet d’extension du réseau national de fibre optique de Tanzanie (NICTBB) vers la République démocratique du Congo (RDC) a été au centre d’une réunion tenue le 20 octobre 2025 au siège de la Tanzania Telecommunications Corporation (TTCL) à Dar es Salaam. Ce projet prévoit la pose d’une liaison sous-marine entre Kigoma (Tanzanie) et Kalemie (RDC), sur une distance estimée entre 160 et 186 km à travers le lac Tanganyika.
La délégation tanzanienne était conduite par Moremi Marwa, directeur général de la TTCL, et Leo Magomba, directeur de l’infrastructure TIC au ministère tanzanien de la Communication et des Technologies de l’information. Côté congolais, la délégation était dirigée par Prosper Ghislain Mpeye, directeur général de la Société congolaise de fibre optique (SOCOF).
Peu d’informations ont filtré de ces discussions, encadrées par un accord de confidentialité signé en février 2023. Les deux parties devraient toutefois être en train de franchir les dernières étapes avant le lancement des travaux, prévu pour début 2026, après l’obtention des autorisations environnementales finales. La mise en service complète est projetée pour la fin de l’année 2027.
Estimé entre 15 et 20 millions de dollars, le projet repose sur un partenariat public-privé impliquant notamment la société mauricienne Bandwidth and Cloud Services Group pour l’expertise technique. Les gouvernements tanzanien et congolais ont convenu de réunions trimestrielles afin de suivre l’avancement du projet, respecter les délais et réduire les risques financiers.
Ce chantier s’inscrit dans le plan d’action prioritaire 2021–2030 de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), qui identifie cette interconnexion comme un axe clé pour l’intégration numérique de l’Afrique orientale et australe. Le réseau NICTBB relie déjà six pays voisins — Zambie, Malawi, Kenya, Ouganda, Rwanda et Burundi. L’ajout de la RDC permettrait de compléter un corridor Est-Ouest de fibre optique, avec des effets démultiplicateurs sur l’économie numérique régionale.
« Ce projet stratégique devrait significativement accélérer la transformation digitale de la RDC et stimuler sa croissance économique », a souligné la TTCL, maître d’œuvre du projet.
À ce jour, les provinces de l’Est de la RDC dépendent encore largement de connexions satellitaires onéreuses et instables. L’arrivée de la fibre optique pourrait réduire de moitié les coûts de bande passante, selon les projections. Les secteurs les plus concernés seraient les mines (cuivre, cobalt, or), qui bénéficieront d’analyses en temps réel et de connexions à faible latence, ainsi que l’e-commerce, la finance numérique, l’éducation, la santé et l’administration, grâce à de meilleures infrastructures. Les retombées économiques sont estimées entre 1 et 2 milliards de dollars de valeur commerciale additionnelle dans la sous-région sur dix ans.
Le câble sous-marin utilisera une fibre optique monomode G.652D, avec une capacité initiale de 100 Gbps, extensible à plusieurs térabits. Il devra traverser des zones de grande profondeur — jusqu’à 1 470 mètres — et intégrer des dispositifs de protection sismique. Des études environnementales conjointes menées par la TTCL et la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT) devraient garantir le respect des normes internationales, notamment celles de la Convention de Ramsar, applicable au lac Tanganyika.
PM avec Ecofin Agency