L’Inspection générale des finances (IGF) veut accélérer la modernisation du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo. L’institution prévoit de mobiliser 39 millions de dollars sur trois ans pour financer son Plan stratégique triennal et directeur de digitalisation 2026-2028. Objectif : passer progressivement à un modèle de contrôle fondé sur la donnée, l’interconnexion des systèmes publics et l’intelligence artificielle.
Selon l’institution, à ce stade, 22 millions de dollars de financements auraient déjà été identifiés, soit près de 56 % des besoins. L’IGF devra encore mobiliser environ 17 millions USD, notamment à travers l’inscription de nouveaux crédits dans les rubriques d’investissement du budget de l’État.
Présenté par le chef de service de l’IGF, Christophe Bitasimwa, ce plan vise à transformer les méthodes de contrôle des finances publiques. Il entend réduire la dépendance aux missions ponctuelles sur le terrain, souvent qualifiées de « patrouille financière », au profit d’un contrôle plus permanent, systémique et préventif.
Le dispositif repose notamment sur l’interconnexion de l’IGF avec plusieurs systèmes d’information publics, dont ceux des régies financières, des douanes, de la paie, des marchés publics et d’autres administrations impliquées dans la gestion des recettes et des dépenses de l’État.
Contrôle fondé sur les données
Cette infrastructure devrait permettre de croiser les données, d’identifier les incohérences, de cartographier les risques et de détecter plus rapidement les cas potentiels de fraude, d’évasion ou de gaspillage des ressources publiques.
L’IGF entend ainsi faire évoluer ses pratiques vers une approche plus analytique. Les contrôles a posteriori et concomitants devraient être progressivement complétés par un contrôle prospectif, fondé sur l’exploitation des données historiques, la traçabilité numérique et les outils d’analyse automatisée. L’intelligence artificielle est présentée comme l’un des leviers de cette mutation.
Cette réforme intervient après plusieurs opérations de contrôle qui ont permis à l’IGF de revendiquer des gains importants pour l’État. L’institution affirme notamment avoir contribué à environ 690 millions de dollars d’économies sur les remboursements de crédits accordés par l’État. Elle dit également avoir identifié 38 597 agents fictifs et 1 007 doublons dans les fichiers de paie, avec un impact mensuel évalué à 15,786 milliards de francs congolais.
La réussite du projet dépendra toutefois de plusieurs conditions. L’IGF devra sécuriser le financement restant, renforcer ses capacités techniques et garantir l’interconnexion effective des bases de données publiques. Le projet pose aussi des défis liés à la connectivité, à l’électricité, à la cybersécurité et au stockage souverain des données publiques.
Ronsard Luabeya
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Dans un communiqué conjoint relayé la semaine dernière par le ministère des Postes, Télécommunications et Numérique, les sociétés du secteur sollicitent l’appui des autorités pour améliorer durablement les réseaux en République démocratique du Congo. Elles affirment vouloir travailler avec le gouvernement à des solutions « à court, moyen et long terme », qui devraient être présentées prochainement.
Les opérateurs soutiennent que la dégradation de la qualité des services ne résulte pas uniquement de problèmes internes aux réseaux. Ils évoquent des « facteurs structurels et externes » qui continuent d’affecter les performances du secteur malgré les investissements engagés.
Parmi les difficultés citées figurent l’instabilité de l’alimentation électrique, les coupures répétées de fibre optique, les destructions d’infrastructures, l’insécurité sur plusieurs axes routiers, le déficit de spectre ainsi que la faiblesse des infrastructures de base. Ces contraintes compliquent notamment l’accès des équipes techniques aux sites télécoms et la maintenance des réseaux.
Cette prise de position intervient alors que les autorités congolaises accentuent la pression sur les sociétés télécoms. En janvier dernier, lors d’un Conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi avait exigé l’application « sans faiblesse ni complaisance » des sanctions prévues contre les opérateurs ne respectant pas leurs obligations en matière de qualité, de continuité, de couverture et de protection des usagers.
Le chef de l’État avait également demandé un renforcement des mécanismes de régulation, de contrôle et de suivi permanent des réseaux, dans un contexte marqué par des plaintes récurrentes des consommateurs concernant les coupures d’appels, la lenteur de l’internet mobile et l’instabilité des services.
Coût élevé de l’énergie
Les arguments avancés par les opérateurs rejoignent plusieurs constats établis par la GSMA, l’association mondiale de l’industrie mobile. Dans un rapport publié en septembre 2025 sur l’économie numérique de la RDC, l’organisation souligne que les infrastructures télécoms congolaises restent fortement dépendantes des générateurs électriques.
Selon la GSMA, une grande partie des sites télécoms n’est pas connectée au réseau national d’électricité, une situation appelée à s’aggraver avec l’extension de la couverture vers les zones rurales ou enclavées. L’organisation estime que les opérateurs consacrent déjà entre 40 % et 60 % de leurs dépenses opérationnelles à l’achat et au transport du diesel utilisé pour alimenter les antennes et les équipements techniques. Ces coûts pèsent directement sur les charges d’exploitation des entreprises, fragilisent la continuité des services et peuvent se répercuter sur les prix payés par les consommateurs.
La GSMA évoque aussi un environnement opérationnel particulièrement coûteux pour les télécoms en RDC, en raison notamment de la pression fiscale, des contraintes réglementaires et administratives liées au déploiement des infrastructures, ainsi que des dépenses permanentes de maintenance et d’alimentation énergétique des réseaux.
Pour l’instant, les autorités semblent maintenir la responsabilité principale des opérateurs dans l’amélioration de la qualité des services. La loi de 2020 sur les télécommunications et les TIC prévoit d’ailleurs des sanctions financières en cas de non-respect des obligations fixées dans les licences et cahiers des charges.
Le texte stipule que « toute violation d’une ou de plusieurs clauses de la licence, de l’autorisation ainsi que du cahier des charges y annexé n’entraînant pas la suspension ou le retrait du titre est punie d’une amende ne dépassant pas le quart du prix du titre ».
En attendant les mesures annoncées par les opérateurs, le bras de fer semble désormais se déplacer sur le terrain des responsabilités : les autorités réclament des améliorations immédiates des services, tandis que les entreprises estiment qu’une amélioration durable des réseaux passera aussi par des investissements publics plus importants dans l’électricité, la sécurité et les infrastructures nationales.
Pierre Mukoko, avec l’Agence Ecofin
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Le marché des télécommunications en RDC poursuit sa mutation vers les services numériques. En 2025, les revenus générés par l’Internet mobile ont dépassé la moitié du chiffre d’affaires total du secteur, confirmant le basculement progressif du modèle économique des opérateurs vers la data.
Selon les données de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 2,394 milliards de dollars en 2025, contre 1,287 milliard de dollars pour les seuls services Internet mobile. La data représente ainsi environ 53,8 % des revenus du marché, contre près de 14 % en 2016.
Cette évolution est également relevée par BDO RDC, qui souligne, dans sa note sectorielle publiée en mai 2026, que la data constitue désormais le principal moteur de croissance du secteur télécom congolais.
Le rapport du quatrième trimestre 2025 de l’ARPTC confirme cette transformation des usages. Les services traditionnels, comme la voix et les SMS, reculent, tandis que les consommateurs utilisent davantage les contenus multimédias, les applications de messagerie, le streaming et les services numériques.
La consommation moyenne de données par abonné a fortement progressé. Selon BDO RDC, elle a été multipliée par plus de 24 entre 2016 et 2025, sous l’effet de la diffusion des smartphones, de l’amélioration de la connectivité et du développement des applications numériques.
Airtel, toujours leader
Sur le segment des revenus Internet mobile, Airtel arrive en tête avec 43,02 % de parts de marché au quatrième trimestre 2025, devant Orange avec 28,44 %, Vodacom avec 24,63 % et Africell avec 3,91 %. Le régulateur attribue cette performance à l’attractivité des forfaits d’Airtel, à la solidité de son infrastructure ainsi qu’à l’un des déploiements 4G les plus robustes du pays. Il évoque également une stratégie destinée à faciliter l’accès des entreprises aux services data.
Mais cette croissance de l’Internet mobile s’accompagne d’un défi important : la qualité du service. L’ARPTC relève une dégradation ressentie par les abonnés de tous les opérateurs depuis plusieurs trimestres. Ce problème devient plus sensible à mesure que les usages numériques augmentent.
Au-delà des revenus, la progression de l’Internet mobile s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique. La RDC comptait 73,9 millions d’abonnements mobiles actifs fin 2025, pour un taux de pénétration global de 65,9 %. Le taux de pénétration de l’Internet mobile a atteint 33 %.
Le mobile money poursuit également sa progression. L’ARPTC recense 34,3 millions d’abonnements actifs à la monnaie mobile au quatrième trimestre 2025, soit un taux de pénétration de 30,6 %. Cette évolution confirme l’intégration croissante des télécommunications dans les services financiers numériques.
Boaz Kabeya
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Airtel Money RDC, la filiale de services financiers d’Airtel RDC, a vu ses revenus bondir de 42 % en 2025 pour atteindre 194,8 millions de dollars, contre 137,2 millions un an plus tôt, selon le rapport de l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications du Congo (ARPTC), publié le 10 avril 2026.
L’opérateur indien talonne désormais M-Pesa, le service de Vodacom RDC, qui domine le marché depuis son lancement en 2012, avec 207,1 millions de dollars de revenus en 2025, en hausse de 23 %, selon les mêmes données. L’écart entre les deux acteurs s’est réduit à 12,2 millions de dollars, contre 31,3 millions un an plus tôt. La part de marché moyenne d’Airtel Money sur les transactions de services financiers mobiles est passée de 37,5 % en 2024 à 40,8 % en 2025, tandis que celle de M-Pesa reculait de 46 % à 43,4 %.
Selon la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, une légère hausse des frais de transfert ou de retrait peut entraîner une baisse beaucoup plus importante du nombre d’utilisateurs ou de transactions. Le niveau des frais reste donc l’un des principaux critères de choix pour les utilisateurs de services de mobile money.
Cette politique tarifaire a porté la conquête commerciale d’Airtel Money en 2025. En avril 2024, l’entreprise avait annoncé une réduction de 30 % des frais de retrait et de 20 % des frais de transfert. Dans la foulée, la base d’abonnés actifs d’Airtel Money a progressé de 22,4 % sur l’année, à 11,1 millions.
Mais cette progression reste inférieure à celle d’Orange Money, filiale d’Orange RDC, dont la base de clients actifs a bondi de 50,4 %, à 7,7 millions, soit la plus forte croissance du marché, selon le rapport de l’ARPTC. M-Pesa conserve la première place en volume, avec 15,4 millions d’abonnés actifs, selon le régulateur, qui prend en compte les clients ayant été actifs au moins une fois sur les 90 derniers jours.
Mécanisme intra-groupe
La compétitivité d’Airtel Money sur le marché congolais repose sur un mécanisme intra-groupe peu connu. Entre avril 2024 et juillet 2025, Airtel RDC ne facturait en moyenne à sa filiale mobile money que 0,61 % du chiffre d’affaires des transactions pour l’utilisation des codes USSD, contre 3,69 % chez Vodacom, 11,48 % chez Orange et 12,47 % chez Africell, d’après les données mensuelles compilées par l’ARPTC.
Cette facturation interne a été multipliée par cinq pour passer à 3,38 % en août 2025, avant de s’établir à 2,90 % en décembre. Mais elle est toujours restée la plus basse du marché.
La capacité d’Airtel à pratiquer une facturation interne inférieure à celle de ses concurrents, Vodacom et Orange, tient à un modèle opérationnel allégé, hérité de l’expansion d’Airtel Africa sur 14 marchés. Le groupe, qui revendique 54,1 millions de clients mobile money à fin mars 2026 selon ses comptes annuels récemment publiés, mutualise une plateforme technique régionale et capitalise sur sa position dominante en RDC dans l’internet mobile. Airtel y détient 43,5 % du chiffre d’affaires et 38,9 % des volumes de données mobiles, soit la première place du marché, d’après le rapport de l’ARPTC.
Toutefois, le marché congolais des paiements numériques évolue rapidement. La Banque centrale du Congo a décidé, le 9 avril 2026, d’interdire les paiements en espèces en devises à partir du 9 avril 2027. La mesure n’interdit pas le dollar, mais oblige l’usage du dollar à passer par des virements bancaires, des cartes bancaires ou des portefeuilles électroniques. Elle devrait donc gonfler les volumes de transactions en mobile money au cours des prochains trimestres, dans une économie congolaise dollarisée à plus de 90 %.
Parallèlement, la fintech américaine Wave, qui revendique 18 millions d’utilisateurs au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, avec une tarification ultra-basse de 1 % sur les transferts, vient de s’installer en RDC. Son arrivée devrait aussi rebattre les cartes.
Idriss Linge, Agence Ecofin
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HT DRC Infraco, entité opérationnelle de Helios Towers en RDC, a signé, le 7 mai 2026, un protocole d’accord avec l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE). L’accord, signé par la directrice générale de l’ARE, Soraya Aziz Moto, et le gérant de HT DRC Infraco, Maixent Bekangba, vise à encadrer l’alimentation énergétique des sites télécoms exploités par le groupe dans le pays.
Selon l’ARE, ce protocole doit faciliter l’accès des infrastructures télécoms à des solutions électriques réglementées, améliorer la coordination avec les opérateurs énergétiques agréés et renforcer la transparence tarifaire. Il prévoit aussi une collaboration autour de solutions adaptées aux sites situés hors réseau ou dans les zones confrontées à des difficultés d’approvisionnement électrique.
En RDC, Helios Towers exploite près de 2 800 sites télécoms, dont une part importante en zones rurales. Dans ces localités, l’alimentation des tours repose souvent sur des groupes électrogènes, des batteries ou des solutions solaires hybrides, afin d’assurer la continuité du service. Le groupe prévoit en outre d’investir plus de 100 millions de dollars pour étendre ses infrastructures dans 23 provinces, ce qui devrait accroître ses besoins en énergie dans un pays où le taux d’accès à l’électricité dépasse à peine les 21%.
L’accord entre l’ARE et HT DRC Infraco illustre le poids croissant de l’énergie dans le modèle économique des opérateurs d’infrastructures télécoms en RDC, un marché où l’internet mobile et le mobile money continuent de progresser.
Selon les dernières données de l’ARPTC, la RDC comptait 73,9 millions d’abonnements mobiles actifs au quatrième trimestre 2025, pour une population estimée à 112,2 millions d’habitants, soit un taux de pénétration de 65,9 %. L’internet mobile représente désormais plus de 55 % du chiffre d’affaires total du secteur, tandis que le taux de pénétration de la monnaie mobile atteignait 30,6 % à fin 2025.
Boaz Kabeya
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La filiale en République démocratique du Congo (RDC) d’Eastcastle Infrastructure, entreprise créée en 2020 et spécialisée dans la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms partagées, porte un projet d’expansion d’environ 180 millions de dollars. L’information a été donnée le 27 avril 2026 par la Société financière internationale (SFI ou IFC), actionnaire à 18,38 % d’Eastcastle Infrastructure.
Selon la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, l’objectif est de soutenir le développement du réseau de tours télécoms exploité par Eastcastle dans un pays où les infrastructures numériques demeurent insuffisantes.
Selon les dernières données de l’ARPTC, la RDC comptait 73,9 millions d’abonnements mobiles actifs au quatrième trimestre 2025, pour une population estimée à 112,2 millions d’habitants, soit un taux de pénétration de 65,9 %. L’Internet mobile représente désormais plus de 55 % du chiffre d’affaires total du secteur, tandis que le taux de pénétration de la monnaie mobile atteignait 30,6 % à fin 2025.
Pour accompagner cette expansion dans un pays où l’accès au crédit reste limité, l’IFC prépare un nouveau soutien financier à Eastcastle Infrastructure DRC. Dans le détail, sa contribution devrait comprendre un financement de 30 millions de dollars, avec des maturités plus longues que les prêts commerciaux, ainsi que la mobilisation de ressources pouvant atteindre 30 millions de dollars auprès d’autres prêteurs. Le conseil d’administration devrait se prononcer sur cet engagement le 30 mai prochain.
Cap sur plus de 1 000 tours
S’il est adopté, ce financement prolongera l’appui déjà apporté par l’IFC à Eastcastle. En 2023, l’institution avait déjà mobilisé 60 millions de dollars, avec un montage similaire, pour financer l’extension du réseau de tours télécoms en RDC. Ce nouvel appui confirme la volonté des bailleurs internationaux de renforcer leur exposition au secteur des télécommunications congolais, considéré comme l’un des plus prometteurs mais aussi l’un des moins équipés du continent.
« Ce montant, qui s’ajoute aux 34 millions de dollars de la Standard Bank of South Africa, nous permettra de franchir le cap des 1 000 tours en RDC », déclarait alors Peter Lewis, cofondateur et directeur d’Eastcastle Infrastructure Ltd. Pour l’heure, les résultats attendus de ce projet de 180 millions de dollars ne sont pas indiqués. On sait néanmoins que les nouvelles tours sont notamment déployées dans des zones rurales ou enclavées, souvent peu desservies par les infrastructures traditionnelles.
La RDC constitue un marché stratégique pour Eastcastle. Son cofondateur, Peter Lewis, indiquait en 2023 que « la RDC est l’un des meilleurs marchés d’Afrique », en raison de la combinaison entre une forte croissance démographique et un déficit structurel d’infrastructures télécoms.
L’ambition du groupe est de poursuivre l’extension de son réseau pour accompagner la montée en puissance des usages mobiles, dans un pays où une part importante de la population reste encore non connectée ou mal desservie. D’autres towerco, comme Helios Towers ou Esengo Towers, portent également des projets similaires.
Pierre Mukoko
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La biométrie palmaire fait son entrée sur le marché des paiements en République démocratique du Congo (RDC). La solution MainMoney, développée par la fintech éponyme, a été officiellement lancée le 29 avril 2026 à Kinshasa, avec l’ambition de proposer une alternative aux transactions en espèces, encore largement dominantes dans le pays.
Développé comme un terminal de paiement, le dispositif permet d’effectuer des transactions sans carte bancaire ni téléphone mobile, en utilisant la paume de la main comme identifiant. La technologie repose sur le système dit « Palm Vein », qui analyse le réseau veineux interne de la main pour authentifier les utilisateurs.
« Ce que nous voulons expliquer derrière le concept MainMoney, c’est que votre main devient votre portefeuille », a déclaré Sylvain Mubenga, directeur général de MainMoney, lors du lancement. « Nous savons qu’il y a au moins 29 millions de Congolais qui ont un compte mobile money […] mais le cash domine toujours dans notre communauté. Nous avons voulu élargir notre inclusion financière », a-t-il ajouté, selon des propos rapportés par Actualite.cd.
Dans un pays où les paiements en espèces restent prépondérants malgré la progression du mobile money, la solution se positionne comme une alternative destinée à simplifier l’accès aux services financiers numériques. Le système nécessite un enregistrement préalable, permettant de lier les données biométriques de l’utilisateur à son profil de paiement.
Inclusion financière en progression
La biométrie ne remplace pas le compte : elle remplace la carte, le téléphone ou le code pour y accéder. Le système doit donc être connecté soit à un compte bancaire, soit à un compte mobile money, soit à un portefeuille propre à MainMoney. Une fois activé, il permet de réaliser des transactions directement sur terminal, sans support physique ni appareil mobile.
Selon ses promoteurs, la technologie utilisée est difficile à falsifier, car elle repose sur des caractéristiques biologiques internes à la main, contrairement aux empreintes digitales classiques.
MainMoney cible à la fois les particuliers et les entreprises. Le dispositif est destiné à être utilisé dans des environnements tels que les supermarchés, les stations-service ou les établissements de santé, ainsi que dans des contextes professionnels, notamment pour la gestion des paiements ou des rémunérations.
Ces usages restent toutefois à déployer à grande échelle. À ce stade, la solution est présentée comme un outil pouvant s’intégrer aux circuits existants, dans un marché déjà structuré autour du mobile money et des paiements en espèces.
Le lancement intervient dans un contexte où l’inclusion financière progresse. Selon la Stratégie nationale d’inclusion financière 2023-2028, publiée en juillet 2023, le taux d’inclusion financière était de 38 % en 2022. La Banque centrale situe désormais ce taux à 50 %. La stratégie s’est fixé pour objectif d’atteindre 65 % d’ici 2028.
Pierre Mokoko
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À l’ouverture des premiers États généraux des Postes et Télécommunications, lundi 27 avril à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a défini six chantiers prioritaires pour moderniser le secteur et renforcer la sécurité numérique de la République démocratique du Congo (RDC).
Ces priorités portent sur l’extension des infrastructures, la modernisation du cadre légal, réglementaire et fiscal, l’amélioration de la qualité de service, l’inclusion numérique et financière, le développement du capital humain, ainsi que la souveraineté technologique et la sécurité numérique.
Pour Kinshasa, l’enjeu n’est donc plus seulement de connecter davantage de Congolais, mais aussi de mieux contrôler les infrastructures, les données et les réseaux considérés comme stratégiques. Cette orientation intervient alors que le pays élabore son Plan national du numérique 2026-2030 (PNN2) et sa première Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), deux documents destinés à propulser la RDC au rang de hub numérique régional à l’horizon 2030.
La première urgence reste néanmoins la connectivité. Le gouvernement veut accélérer le déploiement de la fibre optique, renforcer le backbone national, développer les interconnexions entre provinces et recourir à des solutions satellitaires ou hybrides pour atteindre les zones enclavées. L’objectif est de réduire les fortes disparités d’accès entre centres urbains et zones rurales.
Le chantier réglementaire et fiscal apparaît également déterminant. Félix Tshisekedi a appelé à la mise en place d’un cadre plus lisible et plus attractif pour l’investissement privé. Cette réforme est attendue dans un secteur où la pression fiscale est régulièrement présentée comme l’un des freins à l’expansion des réseaux et à la baisse des coûts pour les usagers.
L’inclusion numérique figure aussi parmi les priorités. Le gouvernement entend intégrer davantage les populations rurales, les jeunes, les femmes et les petites entreprises à l’économie digitale. Cette ambition passe également par le développement de l’éducation numérique, considérée comme un levier pour l’employabilité, l’innovation et la compétitivité.
En plaçant la souveraineté technologique et la sécurité numérique au cœur de sa feuille de route, Kinshasa cherche à faire de la RDC une nation digitale à l’horizon 2030, tout en renforçant la protection des données, des systèmes publics et des infrastructures critiques.
PM avec l’Agence Ecofin
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La filiale congolaise du groupe tanzanien CRDB Bank a lancé, le 10 avril 2026 à Kinshasa, la TemboCard Visa, en partenariat avec Visa, leader mondial des paiements numériques. Cette initiative s’inscrit dans un contexte d’accélération de la transformation digitale du secteur bancaire en République démocratique du Congo.
Adossée au réseau international Visa, la TemboCard permet d’effectuer des paiements sécurisés, tant au niveau local qu’à l’international, en ligne et sur les terminaux de paiement électronique. Elle offre également la possibilité d’effectuer des retraits d’espèces via les distributeurs automatiques compatibles.
L’offre se décline en deux segments : une carte Visa classique, destinée au grand public, et une version Gold, ciblant une clientèle à revenus plus élevés. À travers cette segmentation, la banque entend répondre aux besoins d’une base de clients diversifiée, allant des particuliers aux entreprises.
Selon le directeur général adjoint de CRDB Bank Congo, Patient Mweze, ce produit s’intègre dans une stratégie visant à moderniser l’offre bancaire et à encourager l’adoption des moyens de paiement électroniques dans un marché encore dominé par le cash. Il souligne que cette carte facilite l’accès des clients congolais à des services financiers interopérables à l’échelle mondiale.
« Partout où vous êtes, vous pouvez utiliser la TemboCard pour effectuer des paiements en ligne, via les terminaux de paiement ou les distributeurs automatiques, que ce soit au niveau local ou international. Nous ouvrons la RDC au monde. Cela contribue à l’inclusion financière », a-t-il déclaré.
Pour sa part, la directrice générale de Visa RDC, Sophie Kafuti, indique que ce lancement vise à soutenir la transition vers une économie moins dépendante des espèces, en favorisant des paiements plus rapides, traçables et sécurisés. Selon elle, cette initiative contribuera à l’élargissement de l’accès aux services financiers formels dans un environnement marqué par une forte informalité.
« Nous voulons créer une économie sans cash, favorisant la transparence, la sécurité et la rapidité des paiements. L’objectif est surtout de renforcer l’inclusion financière. CRDB, banque tanzanienne, a choisi la RDC pour élargir l’accès aux services financiers et contribuer à la transformation d’un écosystème encore largement informel », a-t-elle précisé.
Présente en RDC depuis deux ans, avec une implantation initiale à Lubumbashi, CRDB Bank a renforcé son dispositif en inaugurant, en décembre 2025, une agence à Kinshasa, dans la commune de la Gombe. Cette expansion vise à élargir sa base de clientèle et à diversifier ses sources de revenus.
D’après les données du rapport Pilier 3 du premier semestre 2025, l’activité de la banque reste dominée par les revenus issus des bons du Trésor, qui ont généré environ 8 milliards de francs congolais sur un produit net bancaire de 10,4 milliards, soit près de 77 %. Les revenus liés aux opérations avec la clientèle, notamment les crédits, ont représenté 1,6 milliard de francs congolais, soit environ 15,6 % du total.
Ronsard Luabeya
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Le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) a officiellement lancé, le 8 avril à Kinshasa, son système de gestion intégré (ERP), une plateforme numérique destinée à automatiser et à centraliser ses opérations. L’institution présente cet outil comme une étape majeure de sa modernisation, avec l’ambition de renforcer la performance, la transparence et la rationalisation de ses coûts de gestion.
Selon le directeur général, Hervé Claude Ntumba Batukonke, ce basculement numérique marque une rupture avec des méthodes de travail jusque-là fragmentées. Le nouvel outil doit permettre au FPI de mieux structurer ses flux d’information et d’améliorer le pilotage de ses activités.
Développée avec l’appui de la société tunisienne Système Informatique de Gestion Automatisée (SIGA), la solution couvre plusieurs fonctions clés de l’établissement. Elle intègre notamment la gestion des dossiers de financement, le suivi des décaissements et des projets, le recouvrement des créances, la gestion de la taxe de promotion de l’industrie, ainsi que la comptabilité, la trésorerie, le reporting financier, le contrôle interne et la gestion des risques.
Pour Stéphane Tshitende, directeur des systèmes d’information et chef de projet, cette plateforme renforce également l’interconnexion avec les partenaires de l’institution. Elle offre désormais aux promoteurs et aux entreprises assujetties un accès en temps réel à leur situation financière.
Ce lancement s’inscrit dans un chantier engagé depuis plusieurs mois. En octobre 2025, le FPI indiquait déjà que son projet de digitalisation avançait avec SIGA, retenue à l’issue d’un appel d’offres international, et que la transformation numérique figurait parmi les priorités de la nouvelle direction.
L’initiative s’aligne par ailleurs sur le plan d’action triennal 2026-2028 de l’institution, élaboré comme nouvelle feuille de route de la direction générale. Ce document place la performance institutionnelle et la modernisation des outils de gestion au cœur des réformes engagées par le FPI.
Établissement public chargé de soutenir l’industrialisation en République démocratique du Congo, le FPI finance et accompagne des projets productifs dans plusieurs secteurs. Avec ce système intégré, l’institution veut améliorer le suivi de ses opérations et disposer d’une meilleure visibilité sur l’exécution de ses missions.
Ronsard Luabeya
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Le ministère congolais des Postes et Télécommunications a signé, le 7 avril 2026 en Chine, un mémorandum d’entente (MoU) avec Unicom Airnet, filiale de l’opérateur public China Unicom, en vue de la construction d’un satellite de télécommunications. Selon la communication officielle, cet accord vise à « soutenir la souveraineté numérique et améliorer la connectivité nationale ».
Pour les mêmes objectifs, la République démocratique du Congo (RDC) avait déjà conclu, en novembre 2024, un protocole d’accord avec Monacosat. En septembre 2025, un représentant de l’opérateur monégasque, Jean-Philippe Anvam, avait même été reçu à Kinshasa par le président de la République, Félix Tshisekedi. À cette occasion, il avait été indiqué que le projet de satellite était évalué à 400 millions de dollars. « Les fonds sont disponibles via une banque partenaire », affirmait alors Jean-Philippe Anvam.
Aucun contrat définitif n’a toutefois été rendu public à ce stade, laissant ouverte la question de sa mise en œuvre effective. Dans ce contexte, la signature d’un MoU avec Unicom Airnet introduit une nouvelle variable. Un tel accord constitue généralement un cadre de coopération non contraignant, permettant de définir les bases techniques et financières d’un projet sans engager encore les parties sur un contrat d’exécution.
Le groupe chinois dispose d’un ancrage industriel significatif dans les télécommunications. Unicom Airnet se présente comme une plateforme spécialisée dans les services satellitaires, adossée à China Unicom, l’un des trois grands opérateurs publics chinois.
À ce stade, les autorités congolaises n’ont pas précisé si cette nouvelle piste chinoise remplace, complète ou met en concurrence le projet porté par Monacosat. L’absence de clarification officielle entretient une incertitude sur la trajectoire du programme, qui s’inscrit dans une stratégie de souveraineté numérique.
Le gouvernement congolais cherche à réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères en développant ses propres capacités satellitaires, dans un contexte de croissance rapide des besoins en connectivité.
Pierre Mukoko
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Helios Towers RDC a annoncé, mardi 31 mars, un programme de plus de 100 millions de dollars destiné à étendre ses infrastructures télécoms en République démocratique du Congo. Le projet, dévoilé à Kinshasa avec l’accompagnement de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), doit couvrir 23 provinces et vise à améliorer l’accès aux services de télécommunications et à internet, en particulier dans les zones encore mal desservies.
Selon l’ANAPI, Helios Towers déploiera ses infrastructures notamment à Kinshasa, dans le Haut-Katanga, le Kongo Central, le Maniema, l’Ituri, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Kwilu, le Mai-Ndombe, la Mongala, le Nord-Kivu, le Nord-Ubangi, le Sankuru, le Sud-Kivu, le Lualaba, le Tanganyika, la Tshopo, l’Équateur, le Haut-Uélé, le Sud-Ubangi, le Haut-Lomami et le Kasaï. L’agence précise aussi qu’elle accompagne Helios Towers en RDC depuis 2011 et présente ce nouveau programme comme un investissement structurant pour l’économie numérique du pays.
Helios Towers n’est pas un opérateur mobile au sens classique du terme, mais une towerco, spécialisée dans la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms mutualisées. Son modèle consiste à fournir des infrastructures passives et des services énergétiques à plusieurs opérateurs mobiles à la fois, afin de réduire leurs coûts de déploiement et d’accélérer l’extension de la couverture. En RDC, le groupe se présente comme le principal opérateur indépendant de tours et souligne qu’il contribue déjà à connecter des millions de personnes, souvent pour la première fois.
Cet investissement intervient dans un marché encore largement sous-couvert. D’après les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), reprises par l’Agence Ecofin, les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise en 2024. La même source fait état d’un taux de pénétration de la téléphonie mobile de 44,3 % et d’un taux de pénétration d’internet de 19,7 %. En parallèle, Helios Towers met en avant un marché à fort potentiel, avec une population de plus de 100 millions d’habitants et un faible niveau de pénétration mobile.
L’extension d’infrastructures mutualisées s’inscrit aussi dans l’orientation prise par les autorités congolaises. Le Fonds de développement du service universel (FDSU) a présenté en février une stratégie 2026-2035 fondée sur le modèle « TowerCo Lead », dans lequel les fournisseurs de tours financent et déploient les infrastructures passives en accès ouvert, tandis que les opérateurs mobiles installent les équipements actifs et commercialisent les services. L’objectif affiché est de connecter près de 68 millions de personnes, principalement dans les zones rurales.
Ce choix s’explique par l’ampleur de la fracture numérique. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), 46 % de la population congolaise ne dispose pas de couverture en haut débit mobile et 25 % n’ont accès à aucun réseau mobile, y compris la 2G. La même source souligne que l’effort d’extension devient de plus en plus coûteux à mesure que l’on vise les zones les plus isolées : faire passer la couverture de 75 % à 80 % de la population nécessiterait environ 150 nouveaux sites, contre près de 5 700 pour atteindre 95 %.
Dans ce contexte, le programme d’Helios Towers apparaît comme un appui concret à la stratégie publique de connectivité. En misant sur la mutualisation des infrastructures, il peut aider les opérateurs à étendre plus rapidement leurs réseaux, tout en limitant les coûts de déploiement dans un pays où les besoins restent immenses.
PM avec Agence Ecofin
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La République démocratique du Congo se dote d’un nouveau cadre d’encadrement pour certaines activités et services numériques. Dans un arrêté signé le 11 mars 2026, le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, fixe les conditions et modalités d’examen des demandes ainsi que de délivrance des autorisations pour les activités relevant du régime d’autorisation prévu par le Code du numérique.
Le texte accorde une période transitoire jusqu’au 30 juin 2026 afin de permettre aux acteurs concernés de se conformer aux nouvelles exigences. À compter du 1er juillet 2026, les dispositions de l’arrêté deviendront pleinement applicables.
L’arrêté ne vise pas indistinctement tous les opérateurs du numérique. Il s’applique aux activités et services expressément soumis à autorisation.
Sont notamment concernés les opérateurs construisant des centres de données ; les prestataires de services de confiance qualifiés, comme la signature électronique, le cachet électronique, l’horodatage, l’archivage électronique, la certification, l’authentification de sites internet, l’envoi recommandé électronique et la cryptologie ; les fournisseurs de services d’hébergement d’applications ; certaines grandes plateformes numériques, notamment les services cloud, les places de marché, les boutiques d’applications, les réseaux sociaux, les plateformes de partage de contenus, les plateformes de banque en ligne, les fintechs, les plateformes de mise en relation et les moteurs de recherche ; ainsi que les services numériques essentiels.
À titre transitoire, l’instruction des demandes d’autorisation est confiée à l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC). Celle-ci est chargée de vérifier la complétude et la conformité des dossiers, d’évaluer les capacités juridiques, techniques, organisationnelles et financières des demandeurs, puis d’émettre un avis à destination du ministre, qui conserve la décision finale.
Autorisation valable cinq ans
Pour obtenir l’autorisation, les requérants devront déposer un dossier comprenant notamment des éléments juridiques, fiscaux, techniques et administratifs, ainsi qu’une présentation détaillée des activités concernées et un business plan.
L’autorisation est délivrée pour une durée de cinq ans, avec possibilité de renouvellement. Elle n’exonère pas son titulaire du respect des autres obligations légales et réglementaires applicables.
Le texte prévoit également des sanctions administratives en cas de non-respect des obligations : amende, réduction de la durée de validité du titre, suspension ou retrait de l’autorisation. L’exercice d’une activité soumise à autorisation sans titre régulièrement délivré expose aussi aux sanctions prévues par la législation en vigueur.
Avec cet arrêté, le gouvernement cherche à opérationnaliser le Code du numérique et à encadrer plus strictement certains segments jugés sensibles ou stratégiques de l’économie numérique congolaise.
Boaz Kabeya
L’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) a publié, le 4 mars 2026, la décision d’attribution du marché relatif à l’acquisition et à l’installation des équipements destinés à la digitalisation du paiement de l’Idef passagers, communément appelée Go-Pass. Selon ce document, le marché est attribué à la société Mayeles SAS pour un montant de 4,069 millions de dollars TTC. La décision a été signée le 2 mars 2026 par le directeur général de la RVA, Blaise Londole Lokoy.
Cette décision reste néanmoins provisoire. La réglementation congolaise sur les marchés publics prévoit en effet un délai de cinq jours ouvrables permettant aux soumissionnaires évincés d’introduire un recours. En l’absence de contestation, ou une fois les éventuels recours examinés, l’attribution peut devenir définitive et ouvrir la voie à la signature du contrat.
Le document ne fournit pas d’informations sur la société Mayeles SAS. En revanche, une entreprise portant le même nom, créée en 2019 et immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Créteil, apparaît comme radiée depuis le 8 juillet 2025, selon des bases publiques d’information sur les entreprises. Elle exerçait dans la location ou la location-bail d’autres biens personnels et domestiques. Ces éléments concernent la société immatriculée en France et ne préjugent pas de l’existence d’autres structures portant le même nom dans d’autres pays.
Cette attribution intervient dans le cadre de l’appel d’offres international lancé par la RVA le 23 septembre 2025, portant sur la fourniture de machines, de matériels et de logiciels destinés à digitaliser le paiement de cette redevance aéroportuaire. Le projet vise notamment à remplacer le système actuel de perception, fondé sur des coupons papier remis aux voyageurs après paiement de la redevance.
Ce mécanisme a régulièrement été critiqué pour ses failles de contrôle, notamment la circulation de carnets portant les mêmes numéros de série, l’existence de circuits parallèles de délivrance des coupons et les difficultés à tracer l’ensemble des recettes générées par cette redevance.
Lors du Forum Makutano, en novembre 2025, le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, avait déjà annoncé que deux banques avaient soumis des offres pour financer ce projet de digitalisation, présenté comme un moyen de sécuriser les recettes liées au Go-Pass. Il expliquait que le système envisagé permettrait aux passagers d’effectuer le paiement de manière électronique et d’obtenir un QR code à présenter lors des contrôles à l’aéroport.
Selon ces explications, des portiques de contrôle devraient être installés afin de permettre aux voyageurs de scanner ce code avant l’accès aux zones d’embarquement, un dispositif destiné à assurer une traçabilité directe des paiements au profit de la RVA.
Les détails concernant le nombre d’aéroports couverts par le contrat attribué à Mayeles SAS n’ont pas encore été communiqués. Le ministre des Transports indiquait toutefois que la mise en œuvre du système de digitalisation du Go-Pass devrait commencer par les aéroports internationaux du pays.
Timothée Manoke
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