On en sait désormais un peu plus sur les solutions mises en place par les deux principales banques de la République Démocratique du Congo (RDC) pour assurer le paiement des fonctionnaires dans les zones occupées par les rebelles du M23 et leurs alliés des forces armées rwandaises à l’est du pays. Cela concerne notamment les villes de Goma et Bukavu, où ces deux banques payeuses ont été contraintes de fermer leurs agences.
Ces dispositifs ont été détaillés la semaine dernière lors d’une réunion avec Hilaire Ekobo, directeur en charge du suivi et du paiement à la Direction nationale de contrôle de la paie et de la maîtrise des enseignants et du personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE).
Selon le compte rendu de cette réunion, publié par le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, Equity BCDC a confirmé avoir assuré le paiement des enseignants « en utilisant les solutions digitales mises à leur disposition », sans plus de précisions.
En réalité, les comptes des agents de l’État ont simplement été crédités, leur permettant, via les applications mobiles bancaires, de transférer leurs salaires vers des portefeuilles électroniques comme Airtel Money, M-Pesa (Vodacom) ou Orange Money. Une fois les fonds transférés, ils peuvent les retirer auprès des agents agréés de ces réseaux de télécommunications.
Cependant, cette solution présente des inconvénients. Selon des témoignages recueillis à Goma et Bukavu, les agents appliquent des frais de retrait pouvant atteindre jusqu’à 10 % du montant retiré depuis la fermeture des banques. Ces frais élevés amputent le pouvoir d’achat des travailleurs, déjà confrontés à un contexte économique difficile.
Du côté de la Rawbank, le responsable ayant participé à l’échange avec la DINACOPE recommande aux clients d’utiliser l’application Illico-Cash pour accéder à leurs fonds. Il a également assuré que les distributeurs automatiques de billets (DAB) restent opérationnels pour les retraits, offrant ainsi une alternative aux frais excessifs imposés par les agents des réseaux mobiles.
« Tenant compte des difficultés exprimées par les enseignants concernant l’utilisation des solutions numériques, les délégués des banques ont rassuré quant à leur amélioration », indique le compte rendu de la réunion.
Les travailleurs des ONG et des entreprises privées, qui dépendent également des banques pour percevoir leurs salaires, sont confrontés aux mêmes difficultés.
Timothée Manoke, stagiaire
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