In the Democratic Republic of Congo (DRC), robusta coffee producers are poised to benefit from rising global prices. After a 58% increase in 2023, prices have surged another 63% in 2024, reaching a record $4,667 per ton in July. This trend is driven by strong demand from coffee roasters and declining exports from Vietnam, the world's largest robusta producer, which is facing severe drought conditions.
Vietnam's coffee sector has been significantly impacted, with forecasts indicating a 20% drop in exports for the 2023/24 season due to the worst drought in over a decade. This situation has created a supply gap that has contributed to the increase in robusta prices on the global market.
The price hike presents an opportunity for the DRC's coffee industry to attract investment in robusta plantations. This variety is more resilient to dry conditions and accounts for over 70% of the country's total coffee production. In 2022, DRC produced 23,130 tons of robusta coffee, making it the fifth-largest supplier in Africa (after Uganda, Côte d'Ivoire, Tanzania, and Cameroon).
Additionally, the global coffee market is expected to see a 2.2% increase in consumption during the 2023/2024 season, further supporting robusta coffee prices.
According to the United Nations Conference on Trade and Development (UNCTAD), the DRC cultivates coffee on approximately 200,000 hectares.
Espoir Olodo
La contribution financière du segment de l’Internet mobile au revenu global des opérateurs de téléphonie mobile a rattrapé celle du segment voix en République démocratique du Congo. Sur la somme de 475 597 179 $ générée par Vodacom, Airtel, Orange et Africell au premier trimestre 2024, l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo (ARPTC) révèle que l’Internet mobile a pesé pour 218,8 millions $, soit 46,02 %. Le segment voix a enregistré un léger repli pour se stabiliser à 219 millions $, soit 46,05 % du revenu global.
*premier trimestre de chaque année.
La valeur financière que représente aujourd’hui l’Internet mobile dans le revenu des opérateurs de téléphonie mobile traduit à suffisance l’importance qu’il a gagnée au fil des années. En effet, ce segment de marché a réussi à générer une revenue similaire à celui du segment voix bien que son nombre d’utilisateurs soit encore plus faible que celui de la voix. Les dernières statistiques du régulateur des télécoms révèlent près de 29,2 millions internautes mobile sur plus de 57, 5 millions d’abonnés à la téléphonie mobile.
Entre les premiers trimestres 2023 et 2024, la consommation de la data mobile a doublé. Elle est passée de 150,2 milliards de mégabits à 229,2 milliards de mégabits, soit une croissance de 52,62 % représentant 79 milliards de mégabits en plus. Même le revenu moyen par utilisateur a augmenté. Il est passé de 2,13 $ à 2,53 $. A contrario, le volume global du trafic voix a chuté de 1,82 %. Il est passé de plus de 3,85 milliards à plus de 3,78 milliards de minutes.
L’intérêt suscité par la data mobile en RDC doit être soutenu au regard de son effet catalyseur sur la croissance économique. Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), un accroissement de 10 % du taux de pénétration du haut débit mobile dans les pays à faible revenu entraîne une augmentation de 2,0 % du Produit intérieur brut (PIB).
Relever le défi de l’accessibilité requiert des actions à plusieurs niveaux. Améliorer le taux de pénétration qui est environ de 35 %, selon l’Arptc, qui souligne que le marché est encore loin de la saturation. Réduire également les tarifs qui demeurent assez élevés. L’UIT indique que le tarif du gigabit dans le pays équivaut encore à 32,7 % du revenu mensuel moyen par habitant alors que les recommandations internationales préconisent 2 %. Il est également nécessaire de favoriser l’accès aux smartphones pour la majorité.
L’ARTPC affirme « qu’Airtel, fort de son réseau 4G vaste, a pris le leadership sur le marché des données en volume, alors qu’Africell s’est distingué par une consommation de data remarquablement haute par utilisateur. Vodacom a consolidé sa suprématie sur le marché de la téléphonie vocale, et Airtel a devancé la concurrence en termes de revenus issus de la data, grâce à des offres attractives ».
Muriel Edjo
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En République démocratique du Congo (RDC), l’urbanisation galopante en cours dans plusieurs villes comme Kinshasa offre un terreau favorable pour le développement de la filière tomate. En effet, la hausse de la population citadine sur la dernière décennie a conduit à une augmentation de la demande de fruits et légumes en milieu urbain.
Parmi les produits les plus consommés figure notamment la tomate qui est la première culture maraîchère du pays. En milieu urbain ce légume-fruit entre dans plusieurs préparations culinaires (potages, sauces, jus) des ménages de toutes les catégories.
Et si la croissance de la demande a stimulé la production qui est passée de 150 000 tonnes en 2012 à 233 000 tonnes en 2022, d’après les données de la Banque centrale du Congo (BCC), l’offre reste encore insuffisante pour suivre la tendance.
Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le pays a importé pour 12,6 millions $ de tomates et produits dérivés (jus et purée) en 2022. Il existe donc d’importantes opportunités économiques pour les acteurs déjà présents ou les nouveaux entrants qui souhaitent investir dans la filière à condition d’être prêts à relever plusieurs défis.
Comme d’autres cultures maraîchères, la filière tomate est en effet confrontée à l’insécurité foncière avec la raréfaction de la terre dans plusieurs sites maraîchers, notamment à Kinshasa, le faible approvisionnement en intrants et les préoccupations liées à la qualité phytosanitaire des produits.
EO
Le gouvernement prépare des mesures visant à accorder le marché de l’approvisionnement en carburant des sociétés du portefeuille de l’État aux entreprises Sonahydroc et Cobil. L’objectif est de maintenir ces deux sociétés publiques, actives dans le secteur pétrolier, en « équilibre financier ». Cette information a été communiquée par le ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Busa, à l’issue d’une réunion intergouvernementale tenue le 28 août 2024. Les ministres des Finances, des Hydrocarbures, ainsi que les responsables de Sonahydroc et Cobil ont également participé à cette réunion, présidée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Pour le même objectif, les autorités ont également mentionné une collaboration plus étroite avec les banques commerciales afin de consolider les lignes de crédit existantes.
Les retombées attendues de ces mesures incluent non seulement une stabilisation des prix des produits pétroliers, mais aussi une amélioration des services offerts par Sonahydroc et Cobil, qui pourront ainsi sécuriser les chaînes d’approvisionnement.
Ces mesures interviennent alors que les problèmes de pénurie, d’irrégularités, et de prix élevés des produits pétroliers prennent de l’ampleur, affectant le portefeuille des consommateurs et freinant le bon fonctionnement des activités économiques sur l’ensemble du territoire. Conscient des enjeux, lors du Conseil des ministres il y a deux semaines, le Président Félix Tshisekedi a appelé les responsables en charge du secteur à mener des réflexions pour assainir le secteur.
Cela passe par la réorganisation de la tarification des produits pétroliers, favorisant ainsi un marché plus transparent et compétitif. Par ailleurs, Kinshasa espère lutter contre la fraude douanière, qui affecte négativement l’offre de produits et la régulation du marché, particulièrement dans les régions du sud du pays. Cette fraude constitue un obstacle majeur à la stabilité des prix, entraînant une forte volatilité des coûts.
Olivier de Souza
En République démocratique du Congo, les acteurs de la filière café robusta pourraient bénéficier de l’amélioration des prix de cette variété sur le marché mondial. Après une hausse de 58 % en 2023, les prix ont déjà augmenté de 63 % cette année, atteignant le mardi 9 juillet dernier, un record de 4 667 $ la tonne sur le marché de Londres.
Cette situation est liée à la forte demande de la part des torréfacteurs, sur fond de ralentissement des ventes du Vietnam, premier exportateur mondial de robusta et second fournisseur de café. Dans le pays asiatique, en effet, les exploitants ont été touchés par la pire sécheresse depuis plus de 10 ans, phénomène qui a assombri les perspectives de la nouvelle campagne qui débutera en novembre prochain.
Pour la filière café congolaise, la hausse du prix à l’export crée une opportunité pour renforcer les investissements dans les plantations de robusta, une variété plus résistante au temps sec, qui fournit plus de 70 % de la production totale de café du pays.
Selon les données de la Banque centrale du Congo (BCC), l’offre de robusta a atteint 23 130 tonnes en 2022, soit 385 500 sacs de 60 kg. Un tel volume fait de la RDC, le 5e fournisseur africain de robusta aux côtés de l’Ouganda, de la Côte d’Ivoire, de la Tanzanie et du Cameroun.
Plus globalement, le second pays le plus vaste d’Afrique devrait bénéficier des perspectives positives concernant la consommation mondiale. Selon les données de l’Organisation internationale du café (OIC), la consommation de la fève devrait grimper de 2,2 % durant la campagne 2023/2024.
Pour rappel, en RDC, la culture de café s’effectue sur près de 200 000 hectares, selon les données du secrétariat de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
Espoir Olodo
Le projet de révision du code minier de la République démocratique du Congo, proposé en 2015, a vu son processus d’adoption suspendu en mars 2016 en raison des vives objections des compagnies minières, qui se plaignaient que cela compromette la rentabilité des investissements dans le secteur. Finaliser ce projet en 2018 n’a pas été facile pour le gouvernement, qui s’est de nouveau heurté aux protestations de l’industrie minière. Mais la RDC, premier producteur mondial de cobalt et leader de la production cuprifère en Afrique, semble, si l’on en croit le FMI, avoir atteint un des premiers objectifs annoncés lors de l’adoption de sa nouvelle charte minière en 2018 : tirer plus de profits de l’exploitation des richesses de son sous-sol.
Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié en juillet 2024, les recettes du secteur minier congolais ont « considérablement » augmenté depuis le nouveau code minier de 2018. Elles sont passées d’une moyenne de 4 milliards $ sur la période 2013-2017 à une moyenne de 5,5 milliards $ sur la période 2018-2022. Ces revenus proviennent principalement de l’impôt sur les sociétés (CIT), des redevances et des paiements échelonnés de primes de signature ainsi que des droits d’importation.
« Cela [la hausse des recettes, NDLR] pourrait s’expliquer par l’augmentation de la production des principaux produits miniers d’exportation de la RDC (cuivre et cobalt) et par la part plus importante des profits des entreprises minières attribuée au gouvernement », peut-on lire dans le rapport. Promulgué en 2018 alors que plusieurs compagnies minières s’y opposaient, le nouveau code minier de la RDC a augmenté les redevances et imposé de nouvelles taxes.
Contre vents et marées
Pourtant, à l’époque, un groupe, constitué de sociétés comme Randgold, Glencore, Ivanhoe Mines ou encore China Molybdenum, avait déclaré que le gouvernement pourrait perdre plus de 3 milliards $ sur une décennie et faire face à des poursuites judiciaires s’il n’abandonne pas certaines clauses du nouveau code minier. « Il ne peut y avoir aucune ambiguïté, d’un point de vue gouvernemental, quant à l’intention des compagnies minières de protéger leurs droits si la législation est appliquée. », avait alors déclaré des représentants l’industrie dans la presse internationale.
Pour sa part, Randgold (racheté plus tard par Barrick), alors propriétaire de la mine Kibali (aujourd’hui plus grande mine d’or d’Afrique), avait indiqué en février 2018 que le pays pourrait perdre annuellement jusqu’à 10 millions de dollars si la nouvelle charte minière de la RDC était promulguée. « Au plus haut, ce serait 10 millions $ par an, ce qui n’est pas important pour un investissement comme celui de Kibali, mais si vous étiez une petite entreprise qui opère sur un petit gisement, vous seriez sous une énorme pression. », expliquait Mark Bristow, le DG de la société.
A son arrivée au pouvoir en 2019, le président Félix Tshisekedi n’a pas reculé face à la pression de l’industrie minière, poursuivant les réformes engagées par son prédécesseur au sujet de la charte minière. « Nous allons assainir le climat des affaires par la vulgarisation du nouveau code minier et la conclusion de contrats gagnant-gagnant. Je serai attentif aux doléances des opérateurs miniers par un dialogue permanent », avait déclaré M. Tshisekedi. Sous le nouveau régime, il faut noter que les plaintes des entreprises au sujet du code minier ont diminué et la RDC a, en plus, renégocié plusieurs contrats conclus avec des sociétés étrangères.
Au-delà du code minier, la hausse de la production et des prix
En dehors de la part plus importante des profits des entreprises minières attribuée au gouvernement dans le cadre du nouveau code, le FMI évoque l’augmentation de la production minière congolaise, un facteur dont l’importance ne doit pas être négligée.
Selon les données du ministère congolais des Mines, la production de cobalt (la RDC est le premier producteur mondial) est passée de 109 402 tonnes en 2018 à 115 371 tonnes en 2022, soit une hausse de 5 %.
Évolution de la production de cobalt en RDC
Source : ministère des Mines
L’importance de la hausse de la production de cobalt sur les recettes congolaises s’explique par les niveaux de prix élevés de cette matière première utilisée dans les batteries des véhicules électriques et nécessaire pour la transition énergétique. Selon une analyse du site ressources-naturelles.canada.ca, le prix du cobalt a fluctué entre 26 000 et 30 000 dollars la tonne entre 2013 et 2016. Il va ensuite grimper à 56 000 dollars/t en 2017 puis 95 000 $ en 2018. Cette hausse « spectaculaire » sera suivie en 2019 d’une baisse proportionnelle qui amènera le prix à 33 000 $ la tonne. La pandémie de Covid-19 n’arrangera rien à la chute, expliquée par plusieurs analystes comme une explosion de la bulle spéculative créée autour de cette matière première. Toutefois, vers fin 2020, la hausse du cours du cobalt a progressivement repris jusqu’à 64 000 dollars la tonne en 2022.
Évolution du prix du cobalt entre 2013 et 2022
Source : ressources-naturelles.canada.ca
Quant à la production de cuivre, elle est passée de 1,2 million de tonnes en 2018 à 2,4 millions de tonnes en 2022, soit une hausse de 100 %. Premier producteur de cuivre d’Afrique, la RDC est aujourd’hui dans le top3 mondial, grâce notamment à l’entrée en service du projet Kamoa-Kakula. Ce dernier est présenté comme pouvant devenir la future deuxième plus grande mine de cuivre, avec en plein régime une capacité de production de plus de 800 000 tonnes de concentré de cuivre par an. Elle a livré 393 551 tonnes en 2023.
Évolution de la production de cuivre en RDC
Source : ministère des Mines
Il est également important de souligner que si les revenus miniers de la RDC ont augmenté depuis 2018, c’est également à cause de la hausse du prix du cuivre. Selon le FMI, « il existe une corrélation presque parfaite entre les recettes intérieures et les prix du cuivre ».
Évolution des cours du cuivre et des recettes intérieures
Source : FMI
De bonnes perspectives
Les recettes minières tirées par la RDC de son secteur minier devraient continuer d’augmenter. Selon le FMI, les redevances minières des compagnies, composante importante de ces recettes, devraient passer de 1 499 milliards de francs congolais en 2022 à 2 688 francs congolais en 2024. Les mêmes facteurs qui ont porté la hausse des recettes sur les dernières années devraient également être déterminants dans les prochaines années.
La production de cuivre du pays devrait continuer de croître à mesure que le projet Kamoa-Kakula voit sa capacité augmenter. En 2024 par exemple, Ivanhoe Mines prévoit d’y produire entre 440 000 et 490 000 tonnes. Dans le même temps, les perspectives pour le prix du cuivre sont également reluisantes. Le métal rouge, qui a établi un nouveau record de prix historique à 11 000 dollars en mai dernier, pourrait se négocier à 15 000 dollars d’ici 2025, selon les analystes de Citibank et Macquarie. De plus, son potentiel de croissance à long terme serait plus grand du fait de son importance pour la transition énergétique.
En ce qui concerne le cobalt, si son prix est depuis plusieurs mois assez bas, comparativement au niveau de 2017-2018, les perspectives à long terme restent solides selon plusieurs analystes. Selon le Cobalt Institute (qui prévoit un excédent sur le marché jusqu’en 2025), la demande mondiale de la matière première devrait doubler, passant de 187 000 tonnes en 2022 à près de 388 000 tonnes d’ici 2030, une prévision qui devrait impacter les prix.
Louis-Nino Kansoun
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Le rythme de la hausse des prix continue de ralentir en République Démocratique du Congo. Selon la Banque centrale, les prix affichent globalement une progression de 14,5 % sur une base annuelle sur quatre semaines du mois d’août. En début de mois, l’inflation avait déjà ralenti à 15,25 %, contre 23,75 % fin janvier 2024, selon des données de la Banque centrale du pays (BCC). Toutefois, l’objectif d’une augmentation des prix limitée à 11,5 % par an reste encore loin d’être atteint.
Cette évolution révèle la difficulté pour le gouvernement congolais de contenir l’inflation tout en maintenant un taux de change stable. Dans les rues et marchés de Kinshasa, la capitale qui compte près de 23 millions d’habitants selon plusieurs estimations, la principale cause évoquée pour la hausse des prix est la dépréciation du franc congolais.
Cependant, selon la plus récente note de conjoncture de la Banque centrale, la monnaie nationale a commencé à s’apprécier. Cette évolution correspond mieux à la situation du commerce extérieur, où les exportations de biens et services dépassent les importations. Pourtant, pour des millions de Congolais, ces améliorations macroéconomiques tardent à se traduire par un pouvoir d’achat accru.
Les biens de consommation, qu’ils soient produits localement ou importés, doivent transiter par des corridors de transport coûteux, limitant la marge d’intervention de l’État, qui ne peut agir, à court termes, que sur les taxes. Selon le ministère de l’Économie, ces taxes ne représentent pas plus de 23 % du coût des produits. De plus, pour un produit de base comme le maïs, la RDC souffre d’un important déficit de production et doit recourir à l’importation.
La situation exige une approche plus complexe que celles envisagées par les théories économiques classiques. En RDC, l’essentiel de la masse monétaire est en dollars américains, une devise sur laquelle la Banque centrale congolaise n’a aucun contrôle. Le reste de la masse monétaire (18 %), représenté par la monnaie locale, est non seulement insuffisant pour la majorité de la population, mais est d’autant plus coûteux à obtenir en raison des taux d’intervention élevés de la Banque centrale (25 %).
Georges Auréole Bamba
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Le groupe minier chinois CMOC a annoncé en fin de semaine dernière une hausse en glissement annuel de 670% à 762 millions $ de son bénéfice net attribuable au premier semestre 2024. Selon les détails énoncés dans son bilan, cette performance a été portée entre autres par la croissance de sa production (qui a dépassé les objectifs) et « des progrès majeurs réalisés sur ses opérations en RDC ».
Si les détails fournis ne permettent pas de mesurer le poids réel des opérations congolaises (TFM et KFM) dans les performances de CMOC, ils permettent de s’en faire une idée. La production de cuivre de CMOC a augmenté de 100,74% au premier semestre, totalisant 313 788 tonnes, alors que celle de cobalt a augmenté de 178,22% à 54 024 tonnes sur la même période.
En effet, ces hausses interviennent alors que la société chinoise signale que l’usine de traitement de TFM Est a atteint ses objectifs de production au cours de la période, « avec cinq lignes de production désormais opérationnelles ». Grâce à ce progrès, le projet dispose maintenant d’une capacité de production annuelle de 450 000 tonnes de cuivre et 37 000 tonnes de cobalt, ce qui en fait la 5e plus grande mine de cuivre et la 2e plus grande mine de cobalt au monde. Quant au second projet, il a maintenu une « production élevée » avec une « capacité annuelle dépassant 150 000 tonnes de cuivre et 50 000 tonnes de cobalt, consolidant ainsi sa position de plus grande mine de cobalt au monde ».
L’analyse de ces données montre que CMOC a donc une capacité de production annuelle de 600 000 tonnes de cuivre et 87 000 tonnes de cobalt. Si la compagnie chinoise produit également du molybdène, du tungstène, du niobium, des engrais phosphatés, la hausse de ses performances au premier semestre est à mettre principalement à l’actif du cobalt et du cuivre. CMOC cite par exemple comme autres facteurs expliquant ses bonnes performances « la hausse des prix des métaux sur les marchés mondiaux, notamment du cuivre et du cobalt ».
Pour la RDC, l’amélioration des capacités de production de CMOC présente un certain nombre d’enjeux. Leader mondial de la production de cobalt et 2e producteur mondial de cuivre, le pays d’Afrique central devrait pouvoir compter sur les mines TFM et KFM pour consolider ses statuts dans ces deux secteurs. L’objectif final reste pour la RDC de tirer davantage de revenus (impôts, taxes, redevances, etc.) de l’exploitation de ses ressources minières.
Selon les données du FMI, ces revenus sont passés d’une moyenne de 4 milliards $ sur la période 2013-2017 à une moyenne de 5,5 milliards $ sur la période 2018-2022, « grâce à l’augmentation de la production des principaux produits miniers d’exportation (cuivre et cobalt) et par la part plus importante des profits des entreprises minières attribuée au gouvernement ».
Louis-Nino Kansoun
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Le président congolais Félix Tshisekedi se rendra en Chine la semaine prochaine pour rencontrer son homologue Xi Jinping, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié sur sa plateforme X (anciennement Twitter).
Le chef de l’État congolais assistera à Pékin au neuvième Forum Chine-Afrique (Focac), qui se tiendra du 4 au 6 septembre 2024 en présence de plusieurs autres chefs d’État africains. Lors de cette visite, les deux dirigeants devraient aborder des questions essentielles de coopération bilatérale.
« Les experts congolais et chinois se sont accordés sur les points essentiels à aborder, soulignant ainsi la volonté des deux États de renforcer leur coopération sur des enjeux de développement économique, au-delà du cadre du Focac », précise le ministère congolais des Affaires étrangères.
La Chine est le principal partenaire commercial de la RDC, avec des échanges estimés à près de 19 milliards de dollars en 2023, et une balance commerciale largement excédentaire pour le pays d’Afrique centrale. Au cours des sept premiers mois de 2024, Kinshasa a enregistré un excédent commercial de 10,3 milliards de dollars dans ses échanges avec Pékin, soit le chiffre le plus élevé des cinq dernières années.
Ces échanges sont principalement dominés par les matières premières que la RDC exporte vers la Chine, notamment le cobalt et le cuivre, dont 90 % des exportations sont destinées au pays asiatique. Cependant, la Chine investit également dans d’importants projets d’infrastructure en RDC, tels que le port sec de Sakania, la centrale hydroélectrique de Busanga, et l’avenue Nzolana.
Dans le cadre de son ambition de diversifier l’économie congolaise, le président Félix Tshisekedi a lancé plusieurs initiatives pour attirer les investissements étrangers vers d’autres secteurs clés, notamment les infrastructures. Bien qu’aucun accord spécifique n’ait encore été annoncé, il est probable que ces sujets d’intérêt soient abordés lors de ses discussions avec le président chinois.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin
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Paul Hinks, le dirigeant de la société américaine Symbion Power, producteur indépendant d’énergie, a rencontré la Première ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, le 27 août 2024. Les ministres des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, et des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Teddy Lwamba, étaient également présents. A l’ordre du jour de la rencontre figurait les procédures administratives nécessaires au lancement de son projet visant à transformer le gaz contenu dans le lac Kivu en électricité, apprend-on de médias ayant couvert l’évènement.
« Nous sommes venus pour régler certaines questions de nature administrative avec la cheffe du gouvernement. Nous pensons que les questions qui étaient pendantes vont être résolues le plus rapidement possible. Si tel est le cas, dans les trois mois à venir, nous allons initier les différentes étapes pour l’exploitation », a fait savoir monsieur Hinks à sa sortie de la rencontre avec les membres du gouvernement. Il est question d’investir 300 millions de dollars pour installer une capacité de production de 60 mégawatts.
Aucun détail n’a filtré sur la nature des procédures administratives à surmonter. En janvier 2023, Symbion Power a remporté l’appel d’offres du gouvernement de RDC pour le développement du projet de biogaz de Makelele sur le lac Kivu, via sa filiale locale Renewable Energy Development. À l’analyse d’une autre initiative menée par Kivu Power, la société de projet mise en place par le Tunisien EPPM pour développer un projet similaire, on note que, même après avoir remporté l’appel d’offres, il a fallu encore obtenir une concession gazière et une licence de producteur d’électricité. Il n’est pas exclu que Symbion Power soit dans ce processus.
Avec la Première ministre, Paul Hinks dit avoir également discuté du projet visant à produire jusqu’à 150 mégawatts d’électricité, via 33 micro-barrages. Ce projet est porté par MyHydro, une coentreprise formée par Symbion Power et Natel, une startup américaine qui a inventé des turbines adaptées à des petits barrages électriques. Pour ce projet, l’entreprise américaine a déjà obtenu les autorisations réglementaires.
Le premier site est annoncé à Kabeya-Kamwanga, sur la rivière Lubi, près de Mbuji-Mayi, capitale du diamant de la RDC. La localité ne compte pas moins de 3 millions d’habitants qui ne sont pas tous connectés au réseau national, alors qu’elle est proche d’une rivière au débit d’eau jugé intéressant. Ici, il était prévu un développement en deux phases : une première de 1,2 mégawatt, dont la livraison est attendue avant fin septembre 2024, et l’autre de 3,6 mégawatts, prévue pour être livrée avant la fin du mois de mars 2025. Pour l’heure, on n’a pas d’informations sur les prix que compte pratiquer la joint-venture MyHydro.
Ces différents projets menés par des producteurs indépendants sont désormais possibles grâce à la libéralisation du secteur de l’électricité. L’objectif est d’adresser le déséquilibre entre l’offre et le demande d’électricité, notamment dans les zones rurales.
Georges Auréole Bamba
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