Le ministre centrafricain du Développement de l’énergie et des Ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri, s’est rendu à Kinshasa le 19 août 2025 pour rencontrer son homologue congolaise, Acacias Bandubula. Au cœur des discussions : l’approvisionnement de la République centrafricaine (RCA) en produits pétroliers.
Le ministre centrafricain a souligné qu’en raison de l’organisation de plusieurs scrutins d’ici décembre, la consommation de carburants allait croître en RCA. En plus des besoins habituels, s’ajoutera la consommation liée aux opérations électorales, incluant le déploiement du matériel, la logistique et la sécurisation. Or, le niveau actuel des stocks est jugé « insignifiant » par les autorités centrafricaines.
« Habituellement, à partir du mois de juin, les barges commencent à remonter. Mais cette année, les vraies pluies ont débuté seulement fin juillet. C’est donc seulement au début du mois d’août que nous avons timidement commencé les remontées. Nous avons ainsi accusé un retard de deux mois, ce qui a affecté le stock national », a expliqué le ministre Piri.
Il faut savoir que 80 % de la consommation officielle de carburant en RCA transite par la RDC et est acheminée par voie fluviale. Cette voie, moins coûteuse que la route (environ deux fois moins chère), n’est praticable que pendant une période limitée chaque année, généralement de juillet à décembre.
Pour rattraper ce retard logistique, Bangui sollicite un appui de Kinshasa, notamment sur le plan opérationnel. C’est la société SEP Congo (Services des entreprises pétrolières congolaises) qui assure le déchargement des tankers au port d’Ango-Ango à Matadi, le transfert par pipeline jusqu’à Kinshasa, puis le transport fluvial jusqu’en RCA.
Une réunion tenue le même jour entre la ministre congolaise des Hydrocarbures et le comité professionnel des importateurs de produits pétroliers a permis d’examiner cette situation. Selon nos informations, des orientations ont été données par la ministre pour faciliter le transit des produits pétroliers destinés à la RCA.
Ronsard Luabeya
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La dégradation avancée du pont Lovoy, situé entre les villages de Lueji et Lunge sur la route nationale n°1, a entraîné l’interruption totale du trafic entre Lubumbashi et Kamina depuis plusieurs jours. Cette situation suscite une vive inquiétude au sein de la société civile locale, qui redoute des pénuries de produits sur les marchés de Kamina.
D’après des sources officielles, le pont, initialement conçu pour de petites charges, subit depuis plusieurs années une forte pression due au passage régulier de camions poids lourds. Cette sollicitation excessive a provoqué un affaissement progressif de l’ouvrage, le rendant dangereux, voire impraticable.
Face à l’urgence, le ministre provincial des Infrastructures du Haut-Lomami, Venance Mutombo, a ordonné la suspension immédiate de la circulation sur le pont Lovoy et annoncé des travaux de réhabilitation. Le projet prévoit la construction d’un nouveau pont en béton armé pour remplacer l’actuelle structure métallique, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué quant à la durée des travaux.
Entre-temps, plusieurs camions sont bloqués de part et d’autre du pont, situé à environ 20 kilomètres de Kamina, exposant les marchandises au risque de détérioration, avec des pertes potentielles pour les commerçants et les transporteurs. Cette situation oblige également chauffeurs et voyageurs à passer la nuit à la belle étoile, en l’absence d’infrastructures d’hébergement disponibles sur place.
Boaz Kabeya
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Le gouvernement congolais a adopté, lors du Conseil des ministres du 15 août 2025, un projet de décret portant création du Fonds d’investissement stratégique de la République démocratique du Congo (FIS-RDC), présenté par le ministre des Finance, Doudou Fwamba (photo). Cette décision marque le début de la concrétisation du projet de fonds souverain, évoqué lors du Conseil des ministres du 6 juin dernier.
Après la signature du décret, plusieurs étapes restent à franchir : la nomination des dirigeants, la mise en place opérationnelle de l’institution et le démarrage effectif de ses activités. Aucun calendrier précis n’a encore été communiqué à ce sujet. En revanche, les contours de ses missions sont désormais mieux définis.
D’après le compte rendu du Conseil, le FIS-RDC aura pour mission de mobiliser et structurer des financements afin d’accélérer la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement. Il s’agira aussi de renforcer l’inclusion territoriale, de soutenir la diversification économique et de renforcer sa souveraineté.
Le fonds devra ainsi rechercher des financements innovants, en s’appuyant sur des instruments financiers modernes, au-delà des modèles traditionnels de prêts et d’aides. Il pourra investir dans des secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’énergie, les technologies, l’agriculture, l’immobilier ou encore l’industrie. Le FIS-RDC sera également chargé de valoriser les actifs de l’État et de favoriser les partenariats avec des investisseurs privés ou institutionnels, nationaux et étrangers. Le tout devra s’inscrire dans un cadre transparent, respectueux des normes environnementales et sociales, et guidé par des exigences de performance.
Parallèlement, le gouvernement congolais travaille à la création d’une Caisse des dépôts et consignations (CDC) et d’une Banque de développement. Présentées au Conseil des ministres du 4 juillet, ces structures visent à centraliser les ressources publiques éparpillées dans le système bancaire et à les réorienter vers des projets prioritaires. La Banque de développement, future filiale de la CDC, devrait disposer d’un capital de 150 millions de dollars. Elle aura pour rôle d’offrir des financements de long terme afin de réduire la dépendance du pays aux emprunts extérieurs et de renforcer sa résilience financière.
Boaz Kabeya
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La province du Lualaba s’apprête à lancer la construction du premier double échangeur routier de la République démocratique du Congo (RDC), à Kolwezi, capitale provinciale et principal centre minier du pays. Le démarrage des travaux est prévu pour cette année 2025. Ils seront exécutés par deux filiales du groupe Forrest : Malta Forrest, chargée de la conception et de la construction, et Congo Energy, responsable de l’éclairage public solaire.
L’ouvrage sera érigé à un point stratégique : le rond-point Mwangeji, situé au croisement des avenues Lumumba, LDK, Mandradele et de la RN39. Ce projet, initié par le gouvernement provincial, vise à désengorger le trafic routier dans une ville en pleine expansion. Il prévoit la construction de cinq ponts, plusieurs bretelles de raccordement, près de 3,5 kilomètres de routes et l’installation de 240 lampadaires solaires le long des rampes, ponts et voies d’accès.
Le coût du projet n’a pas encore été communiqué, et peu de détails ont été fournis concernant la nature exacte de la collaboration entre le Lualaba et le Groupe Forrest. Cependant, ce dernier avait déjà réalisé le premier échangeur de Kolwezi, inauguré en juin 2025 par le président Félix Tshisekedi, près de l’aéroport. À cette occasion, la gouverneure du Lualaba avait indiqué que ce type d’infrastructure s’inscrivait dans le cadre du programme d’investissement prioritaire 2024–2028, dans son volet « infrastructures de transport ».
Fondé en 1922, le groupe Forrest est un conglomérat industriel d’origine belge, historiquement implanté en RDC. Il est considéré comme l’un des principaux acteurs privés – et familiaux – encore présents dans le pays depuis l’époque coloniale. Le groupe joue un rôle central dans le développement des infrastructures de transport et des services au secteur minier, deux domaines clés pour l’économie congolaise.
Ronsard Luabeya
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Dans le cadre de la relance des foires commerciales en République démocratique du Congo (RDC), de nouvelles infrastructures modernes sont en projet à Matadi et à Muanda, dans la province du Kongo Central.
Le 19 août 2025, une délégation de la société chinoise Chongqing Civil Engineering Construction Cooperation (CCECC) a inspecté les sites retenus dans les deux villes. Conduite par le ministre provincial du Tourisme et des représentants de la Foire internationale du Congo-Kinshasa (FICKIN), la mission a été accueillie par le vice-gouverneur Prospère Ntela Ntambidila.
Selon la cellule de communication du gouvernorat, les échanges ont porté sur la présentation des projets, les études de faisabilité ainsi que le suivi des procédures administratives et foncières. Le directeur de la Foire provinciale, Hypollite Mukunde, a indiqué que plusieurs recommandations ont été formulées par le vice-gouverneur afin d’accélérer le processus. L’objectif est de renforcer l’attractivité touristique et commerciale du Kongo Central.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du ministère du Commerce extérieur, qui a demandé aux provinces de réserver des terrains pour l’implantation d’infrastructures foraines. Le Kongo Central a ainsi mis à disposition 50 hectares, répartis entre Matadi et Muanda.
D’autres provinces ont également répondu à cet appel : le Maniema avec 100 hectares, le Lualaba avec 50 hectares, tandis que la Tshopo attend encore confirmation de la superficie allouée. Ces espaces accueilleront foires, expositions et autres événements économiques destinés à valoriser les potentialités locales et régionales.
Ronsard Luabeya
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En 2024, la Société de microcrédit congolais (SMICO SA), basée à Goma, a réalisé des résultats solides : un bénéfice net de 6,01 milliards de francs congolais, soit environ 2,1 millions de dollars, en hausse de 26 % par rapport à l’année précédente. Son portefeuille de crédits a atteint 101,8 milliards de FC (35,7 millions de dollars), en progression de 43 %, tandis que l’épargne collectée a culminé à 110,5 milliards de FC (38,8 millions de dollars).
Ces performances laissaient entrevoir une trajectoire ascendante en conformité avec son plan stratégique 2023–2027. Dans ce plan, la microfinance vise notamment à porter son portefeuille de crédits à plus de 65 millions de dollars au profit de près de 30 000 micros, petites et moyennes entreprises (MPME), et à dégager un bénéfice net supérieur à 7 millions de dollars à l’horizon 2027.
Cependant, cette dynamique est aujourd’hui compromise par la dégradation sécuritaire dans l’est du pays. Depuis janvier 2025, les villes de Goma et de Bukavu, où se trouvent respectivement le siège et une agence importante de la SMICO, sont sous occupation du M23. Cette situation a entraîné la fermeture des deux agences, perturbant les activités de collecte de l’épargne et de distribution des crédits dans ces zones stratégiques.
Avec un réseau de 10 agences fin 2024 et un total de 82 003 clients, la SMICO compte étendre sa couverture à 12 agences et 110 000 clients d’ici 2027. L’institution vise aussi à mobiliser jusqu’à 70 millions de dollars d’épargne et à développer un réseau de 150 agents bancaires et 40 agents marchands, avec en ligne de mire un chiffre d’affaires de 25 millions de dollars. Mais la fermeture prolongée de ses agences de Goma et Bukavu menace ces objectifs.
Sur le plan de la couverture des emprunteurs, la SMICO a conclu en juillet 2025 un partenariat avec RAWSUR Assurance afin d’assurer l’intégralité de sa clientèle contre les risques, comme prévu. Ce partenariat prévoit aussi la commercialisation de produits d’assurance diversifiés, notamment vie, santé, automobile, incendie et voyage.
Il faudra attendre la publication de ses prochains résultats pour mesurer l’impact concret de l’instabilité sécuritaire de 2025 sur le développement de la SMICO et sur sa capacité à tenir ses engagements dans un environnement aussi incertain.
Timothée Manoke, stagiaire
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Highlights:
• IMF-backed roadmap to be adopted by December 2025
• Focus on transparency, investor diversification, and secondary market
• Bill on mutual funds expected by end of 2025
The government of the Democratic Republic of Congo, in collaboration with the Central Bank of Congo (BCC), plans to adopt a roadmap by December 2025 "to improve the functioning of the public securities market." The International Monetary Fund (IMF) disclosed this in its latest report, released last month.
The roadmap, based on IMF recommendations, will emphasize better planning, predictability and transparency of the issuance process, aligning auction schedules with the annual borrowing plan and the overall debt management strategy.
Another key priority is diversifying the investor base beyond banks, which currently hold 99% of securities. Under the new strategy, training workshops will be regularly held for non-bank investors, while insurance companies will face a compulsory minimum subscription. A bill amending the Insurance Code was passed in April but has yet to be submitted to Parliament.
The plan also includes measures to spur a secondary market, such as differentiated coupons by maturity to improve price formation and liquidity. Authorities will also submit a bill on mutual funds to Parliament by the end of December 2025.
With this roadmap, the DRC aims to deepen its securities market and extend maturities to reduce refinancing risks. For now, the market remains shallow: outstanding public securities rose from 0.14% of GDP in 2019 to 1.65% in December 2024, still dominated by fractional repayment Treasury bills with average maturities of just 18 months, representing 90% of the total.
Boaz Kabeya
Highlights:
• Kinshasa and Brasília sign multiple agreements covering visas, diplomatic work, and military cooperation.
• Collaboration expands to agriculture, health, environment, and electoral projects.
• Trade reached a record $259 million in 2024, up 28% from the previous year.
The Democratic Republic of the Congo (DRC) and Brazil signed several agreements and memorandums of understanding on August 11, reinforcing diplomatic, security and economic cooperation, the DRC government said.
The agreements include visa exemptions for holders of special passports and authorization for paid work for diplomats’ dependents. In the security sector, both countries pledged to strengthen the operational capabilities of the DRC Armed Forces (FARDC), acquire equipment, exchange expertise in the military industry, and train special jungle units.
“The signing of these agreements testifies to the shared desire of the two States to consolidate their diplomatic relations in the service of the well-being of their peoples,” the DRC Ministry of Foreign Affairs said on X.
The countries also collaborate on strategic sectors including agriculture, health, biofuels, environment, and elections. A technical cooperation program launched in 2022 trains small-scale Congolese agricultural producers.
Trade between the two nations hit a record $259 million in 2024, up 28% against 2023. Last year, Brazil exported $191.5 million worth of sugar, poultry, and pork to the DRC while the Central African nation exported crude oil valued at $67.6 million. In 2023, Félix Tshisekedi became the first Congolese president to pay an official visit to Brazil.
Lydie Mobio
Highlights:
• Tax breaks for mining, oil and industry cost over 3% of GDP in 2023
• Exemptions absorb 75% of lost revenue, but jobs grew just 3% in 2024
• World Bank urges targeted incentives, more transparency and efficiency
The Democratic Republic of Congo (DRC) grants significant tax exemptions to the mining, oil and industrial sectors, but their impact on employment remains limited, according to the World Bank’s report “Reassessing Tax Incentives – Far from the Promised Growth and Equity” published at the end of July 2025.
The report estimates that tax expenditures, mainly from corporate income tax (CIT) and value-added tax (VAT) exemptions, accounted for over 75% of lost public revenue. In 2023, they represented 1.6% of GDP for the mining sector, 1.5% for oil and 0.7% for industry. By contrast, employment grew only 3% in 2024, with the labor market still dominated by informality and insecurity.
Although the DRC’s corporate tax rate of 30% is above the African average of 28%, the country offers temporary exemptions of three to five years in certain economic zones, coupled with customs and tax benefits. But the World Bank warns that these schemes are “often poorly targeted and profit-based,” distorting investment choices and even encouraging companies to delay projects until exemption periods expire.
Instead, the institution recommends replacing broad exemptions with targeted measures such as accelerated depreciation, while broadening the tax base and ensuring greater transparency. It further calls for rationalizing tax expenditure, harmonizing rates and strengthening budget analysis to enhance efficiency, equity and domestic revenue mobilization.
Ronsard Luabeya
Highlights:
• Beijing, Kinshasa move closer to duty exemption deal for Congolese exports.
• Agreement expected to boost shipments of soybeans, sesame, coffee, cocoa, and chillies.
• Talks build on China’s unilateral decision to scrap tariffs for 33 African nations.
The Democratic Republic of Congo (DRC) and China are finalizing a duty-free export agreement expected to be completed within 60 days, Congolese Commerce Minister Julien Paluku said after meeting Chinese ambassador Zhao Bin in Kinshasa on Friday.
The move follows a September 2024 memorandum of understanding signed in Beijing granting DRC exemptions on exports to China. Negotiators from both sides have been tasked with drafting the final text, which will also involve the Agriculture Ministry to align local production with export plans.
The deal is structured around trade facilitation, inclusive development, supply chain resilience, industrial upgrading and the use of e-commerce and e-payments, according to the ministry.
Under the agreement, Kinshasa aims to ship one million tonnes of soybeans, 20,000 tonnes of sesame, 10,000 tonnes of chillies, 5,000 tonnes of coffee and 3,000 tonnes of cocoa to China.
The talks come after Beijing scrapped customs duties, without compensation, on imports from 33 African low-income countries, including the DRC.
Ronsard Luabeya