Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable
Equipe Publication

Equipe Publication

En République Démocratique du Congo (RDC), la problématique de la contrebande des produits pétroliers en provenance de certains pays voisins inquiète de plus en plus les autorités. Les réseaux de contrebande agissent notamment dans le frelatage des produits, le mélange, les fausses déclarations sur la quantité, l’origine des produits et les réexportations.

Mardi dernier, le ministre des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, a déclaré que « la contrebande fait perdre au Trésor plusieurs centaines de millions de dollars par an, privant la République des moyens substantiels dont elle a grandement besoin, ce qui est inacceptable ».

Pour y faire face, Sakombi Molendo a lancé une campagne de marquage moléculaire des produits pétroliers dans le Haut Katanga, sur les routes de l’approvisionnement du sud-est du pays. L’objectif est de « lutter efficacement contre le commerce illicite, organisé par des cartels quasi institués », a-t-il expliqué, avant d’indiquer que le contrôle s’accentuera particulièrement sur l’industrie minière. Cette dernière représente plus de 80 % de la demande en carburant et ses acteurs représentent les plus grands consommateurs des produits pétroliers importés illégalement dans le pays. D’ailleurs, la contrebande engendre aussi un manque à gagner pour les distributeurs, confrontés à une concurrence déloyale.

Techniquement, le marquage moléculaire des produits pétroliers se traduira en amont par la soumission du carburant à un test rapide via un spectrophotomètre pour en déterminer la qualité à travers la présence de la molécule qui garantit effectivement leur fiabilité. Ensuite, les contrôleurs du ministère opéreront un suivi rigoureux du circuit emprunté par le carburant de son entrée dans le pays, jusqu’à la consommation. À terme, le mécanisme permettra d’améliorer la qualité des produits pétroliers en circulation et permettra d’augmenter les recettes du Trésor public. Pour l’instant, aucun chiffre n’a été communiqué sur les attentes des autorités concernant le programme.

L’engagement des autorités congolaises via le marquage moléculaire des produits pétroliers vient en renfort aux efforts de renforcement de la lutte contre le trafic d’essence et de gasoil vers le voisin burundais, qui fait face à une grave crise d’approvisionnement depuis plusieurs semaines. En effet, les réseaux de contrebande acheminent les produits via le fleuve Ruzizi. La situation a même engendré une pénurie dans la région d’Uvira, dans l’est du pays avec pour conséquence une hausse des prix sur place.

Olivier de Souza

Lire aussi :

11-07-2024-Carburants : pour stabiliser les prix à Uvira, les exportations vers le Burundi interdites

Le marché mondial du cobalt, un métal stratégique pour les batteries des véhicules électriques, est confronté depuis quelques années à une surabondance persistante de l’offre. Selon une note publiée le 22 août 2024 par Reuters, qui cite les analystes de Macquarie Bank, cette situation devrait se prolonger jusqu’en 2027.

L’excédent sur le marché du cobalt découle notamment de l’augmentation rapide de la production en RDC, premier producteur mondial. En effet, depuis quelques années, la RDC a intensifié sa production de cobalt. Selon les données du ministère congolais des Mines, la RDC a produit en 2023 un total de 139 840 tonnes de cobalt, contre 77 963 tonnes en 2019. Selon nos calculs, il s’agit d’une hausse de 79,36 %.

Évolution de la production de cobalt en RDC en tonne

123mar

Source : ministère des Mines

Si l’on en croit les données d’Agence Ecofin, la hausse de la production congolaise de cobalt a été principalement portée par deux grandes compagnies, en l’occurrence le chinois CMOC et le Suisse Glencore. CMOC, active sur deux mines en RDC, a surpassé Glencore en 2023 pour devenir le leader mondial de la production avec 55 526 tonnes.

Cette augmentation de l’offre congolaise, si elle a permis de conforter la position de leader du pays sur le marché mondial, pose aujourd’hui des questions sur la gestion d’un excédent massif qui fait chuter les prix. Selon la note de Reuters susmentionnée, les prix du cobalt sont passés de 82 000 dollars la tonne en mars 2022 à environ 24 900 dollars actuellement. Cela n’est pas sans rappeler l’histoire récente qui a vu les prix de la tonne de cobalt grimper à plus de 95 000 dollars en 2018, avant de chuter à 26 000 dollars en 2019.

Des enjeux importants pour la RDC

Premier producteur mondial de cobalt, la RDC tire de ce secteur des revenus importants. Dans un rapport publié récemment par le FMI qui fait état d’une hausse des recettes minières du pays de 2018 à 2022, l’institution a indiqué que cette hausse « pourrait s’expliquer par l’augmentation de la production des principaux produits miniers d’exportation de la RDC (cuivre et cobalt) et par la part plus importante des profits des entreprises minières attribuée au gouvernement ».

Pour l’État congolais, une baisse persistante des prix du cobalt dû à la surabondance de l’offre pourrait impliquer des revenus miniers qui croissent moins vite que prévu. Pour le Cobalt Institute qui prédisait un marché excédentaire jusqu’en 2025, la demande de cobalt devrait d’ici 2030 rattraper dans une certaine mesure l’offre, passant à 388 000 tonnes (contre 187 000 tonnes en 2022).

En attendant de voir les prochains développements, la situation de surabondance actuelle de l’offre et l’impact sur les prix devrait être l’occasion pour la RDC d’envisager de diversifier ses revenus miniers. La transformation locale du cobalt pourrait offrir une solution pour ajouter de la valeur au métal extrait, réduire la dépendance aux fluctuations des prix mondiaux, et créer des emplois. Le développement d’une industrie de batteries sur le sol congolais pourrait également positionner le pays en tant qu’acteur clé dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des véhicules électriques.

Louis-Nino Kansoun

Kinshasa accueille, depuis le mardi 20 août 2024, le 14e Forum africain sur le peering et l’interconnexion (AfPIF). Le peering fait référence à l’échange de trafic de données entre différents réseaux, généralement des fournisseurs de services Internet (ISP), de manière directe et souvent gratuite, sans passer par un intermédiaire. Des fournisseurs d’infrastructures, de services et de contenus africains sont réunis dans la capitale de la RDC jusqu’au 22 août pour déterminer les meilleures approches techniques et pratiques pour développer l’interconnexion nationale et transfrontalière des réseaux Internet en Afrique. L’objectif est de réduire le coût de la connectivité et d’accroître le nombre d’utilisateurs d’Internet.

Pour la RDC, cette rencontre revêt une grande importance, compte tenu des ambitions de transformation numérique du gouvernement. Grâce aux avancées dans l’interconnexion et le peering au cours des douze dernières années, avec la création de trois points d’échange Internet (Kinshasa, Lubumbashi, Goma), la RDC a vu le prix du transit Internet chuter de 98 % et le trafic local passer de quelques Mégabits par seconde (Mb/s) à près de 80 Gigabits par seconde (Gb/s), selon João Paulo de Vasconcelos Aguiar, conseiller principal chez Internet Society. Ce dernier explique que cela a permis aux fournisseurs d’accès Internet (FAI) locaux de réduire les coûts, de diminuer le prix de la connectivité pour les utilisateurs, et de connecter un plus grand nombre de personnes.

La RDC, marché de plus de cent millions d’habitants, compte désormais trois IXP (points d’échange Internet) qui offrent un accès rapide et abordable à un peu plus de 30 millions de personnes, selon Nico Tshintu Bakajika, président de l’Association des fournisseurs de services Internet (Ispa) de RDC. Cet environnement de connectivité plus accessible et de meilleure qualité attire déjà des investissements dans d’autres secteurs. OpenAccess a inauguré son Centre de données neutre de type Tier III à Kinshasa le 14 août, et Raxio Group prévoit l’inauguration du sien prochainement.

Pour soutenir cette croissance et attirer de nouveaux acteurs ainsi que des investissements locaux et internationaux dans des segments comme le contenu et les services, des défis restent à relever : assurer la croissance des IXP, renforcer la sécurité du routage, et améliorer la politique et la réglementation de l’interconnexion. Ces enjeux sont au cœur des discussions lors du forum de Kinshasa.

Pour la RDC, ce partage d’expériences et d’apprentissages devrait permettre d’identifier des solutions adaptées pour renforcer le paysage national de l’interconnexion et du peering, porteurs d’opportunités économiques pour le marché Internet et l’écosystème numérique national.

Muriel Edjo

Lire aussi :

29-07-2024-Internet : avec le taux de pénétration de 27,2%, la RDC est une opportunité d’investissement

Le directeur général de la Société publique d’électricité (Snel), Fabrice Lusinde wa Lusangi Kabemba (photo), a annoncé, le 20 août 2024, le démarrage imminent des activités d’électrification des localités de Mayidi, Ngeba et Lemfu, situées dans la province du Kongo Central. « J’ai l’honneur de vous confirmer le démarrage des travaux d’électrification des localités de Mayidi, Ngeba et Lemfu dans la province du Kongo Central, dès ce mardi 20 août 2024… Il s’agit des travaux d’extension du poste d’Inkisi et des travaux ligne des tronçons Mayidi-Ngeba, Ngeba-Lemfu et des réseaux basse tension associés », a-t-il affirmé dans une correspondance adressée aux autorités de la province.

Avant le démarrage de cette activité, la société a réalisé une ligne électrique de 14 km reliant le relai d’Inkisi au poste d’opération du séminaire de Mayidi. La Snel a indiqué que ces travaux coûteront plus de 385 000 dollars et qu’elles seront financées sur fonds propres. De plus, contrairement à ce qui était initialement prévu, les activités seront réalisées par les équipes techniques de la société publique, assure le patron de la Snel.

Cette activité est l’un des points saillants des 12 projets prioritaires du partenariat conclu entre la Snel et l’Agence nationale d’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (Anser) en octobre dernier. Il permettra entre autres de satisfaire la demande électrique sans cesse croissante pour plus d’un million de personnes dans cette région. Pour les autorités provinciales, une fois la réalisation de cette infrastructure terminée, l’activité économique dans la région en sera renforcée.

Les autres projets prioritaires sont la construction de la ligne Movo-Miabi-Boya et de son réseau de distribution, l’électrification de Mbata-Kiela et de 12 villages du secteur de Fubu dans le Kongo-Central, ainsi que de N’Djili Brasserie, Walungu, Kaniola, Katogota, Luvingi dans la plaine de la Ruzizi, Kabare, Yakusu, Yangambi, les quartiers Moba, Nse, Nka, et Ngamaba dans la commune de N’Sele, Karawa, et Singini dans le territoire de Tshele.

Olivier de Souza

Le complexe minier de Kamoa-Kakula, situé dans le sud de la RDC, peut désormais livrer 600 000 tonnes de cuivre par an, grâce à l’entrée en production commerciale d’une nouvelle usine de traitement. L’annonce faite le lundi 19 août par Ivanhoe Mines, la compagnie opérant sur le site, permet à ce projet congolais de devenir la troisième plus grande mine de cuivre au monde.

Selon plusieurs sources médiatiques concordantes, seules les mines Escondida (Chili) et Grasberg (Indonésie) devancent actuellement Kamoa-Kakula en matière de capacité de production. D’après le rapport de production publié en janvier dernier par Freeport-McMoRan, compagnie opérant sur le projet Grasberg, ce dernier a livré en 2023 un total de 1,66 milliard de livres de cuivre (environ 752 963 tonnes). Quant à Escondida, la compagnie BHP y a déclaré une production de 1,05 million de tonnes pour le compte de l’exercice 2023.

Il faut rappeler qu’avant le démarrage de la production commerciale sur la nouvelle usine de traitement (la troisième du projet), la capacité du complexe Kamoa-Kakula était de 450 000 tonnes. Selon les prévisions d’Ivanhoe et ses partenaires (l’État congolais et le chinois Zijin Mining), le projet devrait devenir la deuxième plus grande mine de cuivre au monde, avec une production totale de plus de 800 000 tonnes, avec l’entrée en service d’une quatrième usine de traitement.

Pour la RDC, héberger la plus grande mine de cuivre d’Afrique et l’une des plus grandes mines de cuivre au monde est une bonne nouvelle dans un contexte de hausse des prix du cuivre et de perspectives reluisantes pour le marché selon l’Agence Ecofin. D’après le FMI, qui a rapporté une augmentation des revenus miniers de la RDC depuis 2018, il existe une « corrélation presque parfaite » entre les recettes intérieures du pays et les prix du cuivre.

Louis-Nino Kansoun

Lire aussi :

08-08-2024- Instabilité électrique sur la mine Kamoa-Kakula : une solution annoncée pour fin 2025

29-07-2024-Le cuivre à 15 000 $ la tonne : une opportunité pour la RDC, 2e producteur mondial

29-07-2024-Robert Friedland, l’homme derrière la plus grande mine de cuivre de RDC

Le Fonds monétaire internationale a élaboré la contribution projetée du secteur des télécommunications aux revenus de l’État de République démocratique du Congo entre 2024 et 2029. Elle s’élève à 701 millions de dollars (1995 milliards de Francs congolais). Dans son rapport pays n° 23/434, publié en début juillet 2024, l’institution financière entrevoit pour 2024 un revenu de 236 milliards de francs congolais (83 millions $) pour les caisses de l’État. Il était projeté à 159 milliards de francs congolais (55,9 millions $) en 2023, plus faible que les 254 milliards de francs congolais (89,4 millions $) enregistrés en 2022. Le FMI considère que le revenu tiré par l’État du secteur des télécoms au cours des cinq prochaines années connaîtra une croissance continue jusqu’en 2029.

1 evolution 

Les prévisions de croissance établies par le FMI découlent d’un ensemble de réformes engagées par la République démocratique du Congo. Elles portent entre autres sur l’amélioration du climat des affaires pour encourager les investissements privés et la diversification de l’économie, et l’efficacité fiscale.

Le gouvernement congolais a annoncé au FMI le déploiement de la plateforme de gestion des recettes (LOGIRAD) au sein des différents services de l’État (mines, hydrocarbures, télécommunications, Direction générale de la migration, des affaires foncières et du cadastre minier) et l’intégration du progiciel de gestion fiscale PGI à la Direction générale des impôts et à la Direction générale des douanes et accises. Par ailleurs, la facturation normalisée et les systèmes fiscaux électroniques pour les grandes entreprises sont annoncés pour ce mois d’août 2024.

Muriel Edjo

Les travaux de réhabilitation du tronçon Aru-Kengezi base, long de 100 kilomètres et situé à la frontière avec le Soudan du Sud, ont été lancés samedi 17 août. Ce projet, dont le coût n’a pas été précisé, est financé par le gouvernement provincial, apprend-on.

D’après les autorités provinciales, le projet, dont la consistance n’a pas été révélée, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à revitaliser le commerce transfrontalier entre les provinces de l’Ituri et du Haut-Uele. Il est également soutenu par la Fédération des entreprises du Congo (FEC), qui s’est félicité du lancement des travaux.

Cette route, en mauvais état depuis des années, avait gravement affecté la circulation des personnes et des marchandises notamment agricoles, entre les centres commerciaux d’Aru, Ariwara, Ingbokolo, et les villes du Haut-Uele, telles que Durba, Watsa, Faradje, Dungu et Isiro. De nombreux opérateurs économiques, reliant la République démocratique du Congo au Soudan du Sud via ce tronçon, avaient suspendu leurs activités à cause de ces difficultés.

Le lancement des travaux a été accueilli avec une grande satisfaction par la population locale, qui voit en cette réhabilitation une opportunité de redynamiser l’économie de la région. Pour les habitants cités par les médias, cette route facilitera l’évacuation des produits agricoles tels que le maïs, le soja, le haricot et le manioc vers d’autres marchés de l’Ituri et du Haut-Uele.

Les commerçants, qui importent des marchandises d’Ouganda, se réjouissent également de cette initiative, anticipant une meilleure fluidité des échanges.

MN

En RDC, l’Association africaine de défense des droits de l’homme (Asadho) a récemment émis des allégations de détournement de 940 millions $ à l’encontre de la Snel, la compagnie publique d’électricité. Si la Snel n’a pas encore réagi, cette nouvelle sortie visant une entreprise appartenant à l’État montre l’importance que revêt pour la RDC la poursuite de la lutte contre la corruption.

Selon les détails relayés par plusieurs médias, le détournement présumé dénoncé par Asadho porte sur des fonds liés à des droits de douane et des amendes payées par des compagnies minières pour l’importation d’électricité dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. L’association indique que ces sommes, qui devaient être reversées à la Direction générale des douanes et accises (DGDA), n’ont pas été transférées par la Snel, malgré le fait que les entreprises minières avaient déjà effectué les paiements requis. Elle affirme qu’un réseau de corruption au sein de la Snel serait responsable et appelle la justice à mener des enquêtes.

Il faudra attendre davantage d’éléments et d’éventuels développements pour évaluer le niveau de crédibilité de ces allégations. Néanmoins, il est important de rappeler que la lutte contre la corruption est l’une des priorités du programme politique de Felix Tshisekedi depuis son arrivée au pouvoir en 2019.

Ces dernières semaines des hommes politiques invitent les populations et les agents économiques à ne plus se taire et à dénoncer les actes de corruption. Le ministère de la Justice a indiqué pour sa part que son administration travaille à assainir au mieux la gestion publique. Au niveau du ministère des Finances enfin, une mission est annoncée dans l’ensemble des régions du pays, pour effectuer divers contrôles sur le travail des représentants de cette administration.

Dans un entretien accordé en décembre 2023 à BBC, Jules Alingete, chef de l’Inspection générale des finances (IGF), a évoqué les efforts consentis par cet organisme depuis 2020 pour assainir la gestion des finances publiques. Selon lui, si en 2020, la situation était « catastrophique » marquée par des cas de corruption dans tous les secteurs ; les différents efforts auraient conduit à « des améliorations sensibles en termes de mobilisation des recettes, en termes de budgets, en termes de croissance économique, en termes de réserves de changes et d’autres paramètres économiques ».

Si la RDC a occupé en 2023 la 162e place sur 180 pays classés selon le niveau perçu de corruption dans le secteur public, il faut noter que le score du pays a progressé par rapport à 2019. De 18 sur 100 en 2019, l’indice de perception de la corruption (Corruption perceptions Index-CPI) de la RDC est passé à 20/100 en 2023, 100/100 étant la note attribuée aux pays perçus comme non corrompus.

Louis-Nino Kansoun

Lire aussi :

20-08-2024-Lutte contre le détournement des frais judiciaires : Rawbank apporte son soutien à l’État

14-08-2024-Constant Mutamba annonce une guerre contre la « mafia judiciaire » en RDC

En République Démocratique du Congo (RDC), Vodacom a déclaré un chiffre d’affaires de 37,5 millions de dollars pour ses services financiers au cours de son 1er trimestre se terminant le 30 juin 2024, principalement porté par son portefeuille M-Pesa. Cette performance représente une augmentation de 24,4 % par rapport à la même période en 2023, reflétant l’expansion continue des services financiers numériques dans le pays.

En dehors de sa participation de 34,7 % dans Safaricom au Kenya, la RDC se classe comme le troisième marché le plus important pour les services financiers de Vodacom, derrière la Tanzanie (51 millions de dollars) et l’Afrique du Sud (47,5 millions de dollars). La croissance en RDC est alimentée par une augmentation du nombre d’utilisateurs de M-Pesa, qui atteint désormais 5,48 millions.

Vodacom n’a pas fourni de détails spécifiques sur les moteurs de cette croissance en RDC, mais a souligné l’importance stratégique du pays dans son expansion internationale. « Dans nos opérations internationales, les revenus normalisés de M-Pesa ont augmenté de 10,9 %, soutenus par la Tanzanie et la RDC. Nos services financiers avancés, incluant les prêts, l’épargne, les transferts d’argent internationaux, l’assurance et les services aux commerçants, visent à approfondir l’inclusion financière sur tous nos marchés », a déclaré l’entreprise.

Bien que ce premier trimestre soit exceptionnel pour ce segment d’activités, Vodacom RDC doit encore rattraper la croissance de 48 % enregistrée sur la même période en 2023, laquelle s’est stabilisée à 40 % à la fin de l’exercice clos le 30 mars 2024. Cette dynamique laisse entrevoir des marges de progression importantes pour Vodacom et ses concurrents en RDC, pays dont le taux de bancarisation totale (mobile money inclu) était juste de 38 % à la fin mars 2024.

Avec plus de 21,74 millions d’abonnés, Vodacom RDC couvre une part significative du marché national. Bien que ce chiffre puisse sembler modeste par rapport à une population estimée à 105,6 millions d’habitants, il convient de considérer la structure démographique du pays. Selon les estimations des Nations Unies, 41 % de la population est âgée de moins de 14 ans et jusqu’à 52 % a moins de 19 ans, ce qui donne un aperçu plus précis de la pénétration de Vodacom.

Ce contexte démographique révèle également un potentiel de croissance considérable. Malgré les défis économiques, notamment un coût élevé de la vie, la RDC bénéficie d’une croissance soutenue, stimulée par son rôle clé dans l’approvisionnement en minéraux essentiels à la transition énergétique mondiale. Le revenu par habitant, bien que modeste, a progressé ces dernières années, renforçant ainsi les perspectives de développement pour Vodacom RDC.

Gorges Auréole Bamba

Moody’s Investors Service a salué les performances financières de Rawbank en améliorant sa note de dépôt à long terme de Caa1 à B3, une évolution notable annoncée le 16 août 2024. Cette décision est justifiée par une rentabilité accrue et un solide niveau de fonds propres, reflétant la robustesse financière de la banque. En 2023, les revenus d’intérêts sur les prêts ont bondi de 48 %, principalement grâce à la dynamique du secteur minier, en particulier dans la chaîne de valeur du cuivre, un pilier de l’économie de la République Démocratique du Congo où Rawbank est basée.

L’amélioration de la capitalisation de Rawbank a également été un facteur déterminant, avec un ratio de fonds propres sur actifs pondérés par les risques passant de 11,0 % en 2022 à 15,7 % en 2023. Cette solidité financière témoigne d’une meilleure résistance aux risques et renforce les perspectives de croissance future de la banque, soutenue par une gestion prudente des marges et une rétention des bénéfices nets qui ont presque doublé en 2023.

Cependant, quelques points d’attention subsistent, notamment un léger accroissement du ratio des prêts non performants, passé de 2,5 % en 2022 à 3,1 % en 2023. Ce phénomène reflète également l’expansion dynamique du portefeuille de prêts, particulièrement dans les segments de détail et PME, secteurs en pleine croissance pour Rawbank.

Malgré un contexte économique complexe en République Démocratique du Congo, Moody’s reste optimiste quant à la capacité de Rawbank à maintenir, voire améliorer, sa rentabilité et sa capitalisation à long terme. Cette nouvelle notation consolide la stratégie de la banque, visant à renforcer son rôle sur la scène internationale. À cet égard, le 6 août 2024, Rawbank a pris une participation dans l’Africa Finance Corporation, une institution multilatérale spécialisée dans le financement des infrastructures en Afrique, avec plus de 200 millions de dollars mobilisés uniquement pour la République Démocratique du Congo.

Georges Auréole Bamba 

Page 81 sur 91

Please publish modules in offcanvas position.