La société américaine ESG Clean Energy porte un projet de production de 100 MW d’électricité dans la ville minière de Kolwezi, située dans la province du Lualaba, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC). L’information a été rendue publique après une rencontre, le 19 octobre 2024, entre les dirigeants de l’entreprise et le directeur général par intérim de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (Anapi), Bruno Tshibangu Kabaji.
Pour l’instant, on sait juste que le projet prévoit la construction d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité nominale de 100 MW, visant à fournir de l’électricité verte à la population et à soutenir les opérations minières ainsi que l’activité économique locale.
D’après l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), la puissance installée dans la province du Lualaba atteignait 614,64 MW fin 2023, principalement à partir de sources hydroélectriques, mais seulement 542,1 MW étaient effectivement disponibles. Du fait de ce déficit de production et des défis liés aux réseaux de transport et de distribution, la région subit des interruptions dans l’approvisionnement en électricité.
Face notamment aux difficultés d’approvisionnement en électricité, Ivanhoe Mines a abaissé ses objectifs de production pour 2024 à la mine de Kamoa-Kakula, située à Kolvezi, dont l’entreprise canadienne détient 39,6 % des parts. Selon un communiqué publié le 7 octobre 2024, on est passé d’une estimation initiale comprise entre 440 000 et 490 000 tonnes à une nouvelle fourchette de 425 000 à 450 000 tonnes de concentrés de cuivre. En raison des problèmes d’électricité, la production avait déjà reculé de 5 % au premier semestre, par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 187 015 tonnes.
Un programme de développement de capacités de production d’énergie de secours est en cours sur le site. Cette capacité de secours, qui atteint aujourd’hui 135 MW, devrait être portée à 201 MW d’ici la fin de l’année. Selon Ivanhoe Mines, des négociations sont en cours pour faire passer la puissance importée d’Afrique australe, via l’interconnexion zambienne, de 65 MW actuellement à 100 MW d’ici la fin de l’année.
Le projet de construction d’une centrale solaire photovoltaïque de 100 MW à Kolwezi devrait donc être suivi de près par les acteurs économiques de la région, notamment les entreprises minières. Si le projet se concrétise, il s’agira du premier parc solaire développé par ESG Clean Energy. Sur son site internet, l’entreprise américaine se décrit comme un développeur de systèmes de production d’électricité à partir de gaz naturel, avec captage de carbone, qui n’émettent pas de dioxyde de carbone. À ce jour, elle ne produit que 3,9 MW d’électricité, en partenariat avec Holyoke Gas & Electric Company, à Holyoke dans le Massachusetts aux États-Unis.
Pierre Mukoko
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Moody’s a récemment exprimé son optimisme quant aux perspectives de croissance de la République Démocratique du Congo (RDC) jusqu’en 2028, tout en soulignant des opportunités prometteuses pour surmonter les défis actuels. « Nous prévoyons que l’économie de la RDC continuera de croître avec un taux de croissance moyen réel du PIB d’environ 6 % jusqu’en 2028 », indique un rapport de l’agence, consulté par Bankable. Cette croissance sera principalement tirée par l’expansion du secteur minier, avec en ligne de mire le cuivre, un minerai clé pour la transition énergétique mondiale et dont la RDC est le premier producteur africain.
La maîtrise de l’inflation est également en bonne voie : Moody’s prévoit que celle-ci se réduira en deçà de 10 % d’ici fin 2025, contre 23,8 % à la fin de 2023. Une telle réduction de l’inflation permettrait non seulement d’améliorer le pouvoir d’achat des Congolais, mais aussi de stabiliser l’environnement économique, essentiel pour attirer les investisseurs étrangers et relancer la consommation au niveau domestique.
L’expansion de l’économie congolaise repose sur un ensemble d’initiatives. Le secteur minier, pilier de la croissance, bénéficie d’une forte demande pour les minerais de la transition, dont les prix sont bien au-delà des prévisions initiales, créant ainsi des opportunités pour la RDC. En parallèle, le gouvernement déploie des efforts pour contrôler l’inflation sans ralentir la croissance, notamment grâce à une balance commerciale excédentaire qui soutient la monnaie nationale, principal vecteur de hausse des prix.
En plus de l’essor du secteur minier, les autorités congolaises prévoient de soutenir cette trajectoire par des investissements publics. Un projet de dépenses publiques de plus de 3,7 milliards USD entre 2025 et 2028 est en discussion au parlement, et offre une base pour le développement des infrastructures. Si ce projet est adopté, il pourrait être financé entièrement par les revenus tirés du secteur extractif, qui ont totalisé 5,7 milliards USD en 2023. Par ailleurs, le Plan de développement couvrant les 145 territoires du pays, dont la seconde phase est en cours de réflexion, promet de stimuler l’économie locale dans chaque province bénéficiaire.
Même si la RDC doit encore renforcer la mobilisation de ses ressources internes, elle dispose d’une carte maîtresse : son faible endettement public, représentant seulement 15 % du PIB, bien en dessous de la moyenne en Afrique subsaharienne de 58 %. Ce potentiel lui permet de lever des capitaux à l’international à des conditions favorables, ce qui pourrait alimenter les investissements nécessaires pour un développement plus rapide. Cette capacité d’emprunt offre aussi un levier pour investir dans des secteurs porteurs, comme l’agriculture, le logement, et l’énergie, où des marges de progression importantes existent.
La RDC, riche en ressources et pleine de promesses, a devant elle des défis qui sont par ailleurs des tremplins pour une croissance inclusive et durable. La diversification économique et l’amélioration des infrastructures restent des priorités, mais avec des politiques solides et une vision claire, ces objectifs sont à portée de main. L’optimisme de Moody’s est un reflet de la résilience et du potentiel de la RDC.
Georges Auréole Bamba
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Last week at the China Mining Forum, François Balumuene, the Democratic Republic of Congo's (DRC) ambassador to China, invited investors to contribute to the local production and processing of resources, not just extraction.
"We have highlighted all our country's mining potential to encourage investors to come not just to extract, but above all to produce, transform, and go as far as possible toward the finished product. This message aims to raise awareness because we are no longer a simple mining community," Balumuene said, stressing the need to create more value for the Congolese people.
The diplomat’s words echo Julien Paluku’s, the Congolese Minister of Foreign Trade. On October 17, speaking at the 10th Rebranding Africa Forum in Brussels, Belgium, Paluku referenced a 2021 BloombergNEF report showing that investing in processing minerals like cobalt and copper in the DRC is more cost-effective.
According to the report, "building a 10,000-ton cathode precursor plant in the DRC would require an investment of $39 million. This is three times less than the cost of a similar plant in the USA. The same plant in China and Poland would cost $112 million and $65 million, respectively."
The DRC is also looking to attract investors for lithium battery production. During a recent visit to Hungary, President Félix Tshisekedi was accompanied by the Managing Director of Congo Battery, highlighting the government's interest in this sector. Hungary, one of Europe’s largest battery producers, could help establish this industry in the DRC.
The recent declarations align with the government’s ambition to leverage the DRC’s position as a leading producer of strategic minerals essential for energy transition. Ultimately, the goal is to build a strong local industry that can compete with major processing countries like China.
In his recent speech, Balumuene clearly relayed this ambition of the DRC to process its mineral resources locally, to ensure that the Congolese people benefit directly.
Georges Auréole Bamba
During the Council of Ministers held on October 18, 2024, the Congolese government approved a pilot project to boost DR Congo’s poultry output. "This project will cover eight areas across the country and aims to organize the poultry sector and connect modern and traditional farming to ensure food security and self-sufficiency in poultry products (meat, eggs, and derivatives)," read the Council’s minutes, published by the Communication Ministry.
According to the Minister of Fisheries and Livestock, the project will run for 24 months, starting this year. While specific details were not provided, reports suggest the project will focus on training producers, improving access to quality supplies, and developing poultry farming infrastructure.
According to the Central Bank of Congo (BCC), the DRC's poultry flock was estimated at over 18.9 million birds in 2023. However, since the local production fails to meet demand, the country has been importing more.
Data from the Trade Map platform shows that Congolese poultry meat imports have grown by an average of 3.72% per year over the past five years, rising from 122,964 tonnes in 2019 to over 142,300 tonnes in 2023. Over this period, import costs have also increased by an average of 8.05% per year–from $66.4 million in 2019 to nearly $91 million in 2023.
Stéphanas Assocle, Ecofin Agency
Fabrice Lusinde, Managing Director of the DR Congo’s Electricity company, Société National d’Electricité (SNEL), visited the Funa high-voltage substation on October 20, 2024. During the visit, he said power would gradually be restored in Kinshasa, the capital, after recent power outages.
"Yesterday at 7 am, there was water everywhere. This morning at 6:20, there was still 10 centimeters of water. It's now 5:30 pm, and we're ready to put transformer number 1 back into service. This means that in less than 48 hours, we will be able to resume normal operation of the Funa substation," he said.
The Funa substation was shut down after flooding from heavy rains on October 19 left nearly two million residents without power. The substation has two transformers and supplies several neighborhoods, including parts of Gombe, Lingwala, Barumbu, Kinshasa, Kalamu, Bumbu, Selembao, Makala, Lemba, and Masina, as well as the Limete industrial zone.
Lusinde explained that the flooding was caused by construction works that obstructed the Kalamu River, a tributary of the Congo River. He then added that the Ministry of Hydroelectric Resources and Electricity is working on a project to clear the riverbed.
« Le temps d'indisponibilité ayant été réduit, le transfo numéro 1 devrait déjà être remis en service » pour rétablir l'électricité dans plusieurs quartiers de Kinshasa qui sont encore dans le noir, rassure le DG de la SNEL, à l'issue de la visite du poste de la Funa, inondé… pic.twitter.com/as04ocReFQ
— TOP CONGO FM (@TopCongo) October 20, 2024
Before the recent power cuts, some neighborhoods like Huilerie had already been without electricity for several days. According to SNEL, electricity capacity has not changed much since 2021, and transmission and distribution infrastructure is still in poor condition. As a result, many households and businesses depend on generators for power, which is not an option for everyone.
In addition to distributing electricity, SNEL is a key company in the state’s portfolio. A recent government report and statements from Minister Jacques-Lucien Bussa indicate that all entities need restructuring to improve efficiency.
Georges Auréole Bamba
Gécamines has offered to buy the assets of Chemaf Resources in the Democratic Republic of Congo (DRC). Chemaf has been running since 208 the Mutoshi project. The latter can produce 16,000 tonnes of cobalt and 50,000 tonnes of copper annually. Due to financial issues, however, Chemaf announced in June 2024 that it planned to sell itself and its subsidiaries, including Mutoshi, to the Chinese company Norin Mining. Gécamines, the State company for Mines, opposed this sale and quickly voiced its objections, which the government supported.
The mining license for Mutoshi belongs to Gécamines. In 2015, Gécamines gave Chemaf a 25-year lease for the project. Gécamines has a "discretionary right of prior approval" for any changes in control, which Chemaf is said to have ignored before trying to finalize the sale. After canceling the deal with Norin Mining, Gécamines is now looking to regain control of Mutoshi and other licenses held by Chemaf.
For now, details of Gécamines’s offer are unknown, and it’s unclear what will happen next. This bid comes as the DRC seeks to diversify its partnerships in strategic minerals, which are mostly controlled by Chinese companies. For example, China's CMOC operates two mines in the DRC and is set to become the world’s leading cobalt producer by 2023. Ivanhoe Mines, which co-owns the largest copper mine in the DRC, is also over 34% controlled by Chinese firms, China CITIC Bank and Zijin Mining Group. The latter, it should be noted, co-owns the Kamoa-Kakula project with Ivanhoe and the Congolese State. The State owns 20% of the project, while the other own 39.6% each.
In an October 2024 interview, Congolese Mining Minister Kizito Pakabomba said the DRC is looking for new investors, including from the United Arab Emirates. He stressed the need to "attract better investors, more investors, and diversified investors," as most of the country’s copper and cobalt mines are currently controlled or linked to Chinese companies.
Becoming a key player in production and distribution
Gécamines has started renegotiating agreements with Chinese companies. After blocking CMOC exports for nearly a year, last year the Congolese company secured the right to acquire a production volume proportional to its 20% stake in the Tenke-Fungurume mine. At the beginning of 2024, Gécamines obtained similar production rights from Sicomines, a joint venture with Chinese companies where it holds a 32% stake. Gécamines is also negotiating similar agreements with other joint ventures it is involved in. Once a major player in copper and cobalt production in the 1980s, Gécamines aims to become a key trader in Congolese copper and cobalt.
Last month, Bloomberg reported that Gécamines made its first copper sales thanks to an agreement with CMOC. The Congolese company sold undisclosed quantities of copper to Glencore, Mercuria Energy Group, and Trafigura Group.
Tenke Fungurume has an annual production capacity of 450,000 tonnes of copper and 37,000 tonnes of cobalt. If the plant operates at full capacity this year, Gécamines could directly market 90,000 tonnes of copper and 7,400 tonnes of cobalt.
Umicore and STL (Societé pour le Traitement du Terril de Lubumbashi) , subsidiary of Gécamines, have signed an exclusive, long-term partnership agreement whereby Umicore will support STL to valorize germanium from the Big Hill tailings site in Lubumbashi: https://t.co/RFWqpPd8NZ pic.twitter.com/avWPJtEtaa
— Umicore (@UmicoreGroup) May 8, 2024
Besides copper and cobalt, Gécamines is working to strengthen its position in other metals, including Germanium. In 2023, Gécamines’ subsidiary STL built and launched a hydrometallurgical plant to process Germanium tailings from the "Big Hill" site in Lubumbashi. This project aims to secure 30% of the world’s germanium supply, currently dominated by China. Germanium is an essential metal used to make semiconductors.
On this project, Gécamines teamed up with Umicore, a Belgian company. Under their partnership agreement announced in May 2024, Umicore will provide technical expertise to refine germanium concentrates locally. In mid-October 2024, Gécamines announced its first shipment of germanium to Umicore.
"This first shipment of germanium confirms our ambition to make Congo a global hub for strategic metals, both for their extraction, which we already are in part, and for their local transformation in the future," said Gécamines President Guy Robert Lukama.
#News - Ivanhoe Mines and Gécamines sign a new joint venture agreement to restart the ultra-high-grade Kipushi Mine, a century since first opening.
— Ivanhoe Mines (@IvanhoeMines_) January 16, 2024
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Gécamines also aims to become a major zinc supplier, at the global level. This year, in partnership with Ivanhoe Mines, it reopened the Kipushi mine, inactive since 1993. Gécamines wants Kipushi one of the world’s 10 largest zinc mines. At full capacity, Kipushi is expected to produce 278,000 tonnes of zinc annually, averaging 240,000 tonnes per year over 14 years.
Under an agreement signed last January, Gécamines' stake in the Kipushi project will increase from 38% to 43% on January 25, 2027. It will rise to 80% once at least 2 million tonnes of ore have been extracted and processed, compared to Ivanhoe's current 20% stake as majority shareholder.
Avoid past mistakes
The measures taken by the Democratic Republic of Congo (DRC) in recent years to control its mineral wealth could boost mining’s economic impacts. In addition to previous successes, Kinshasa has revised the "mines for infrastructure" contract with China (Socomines), securing over $7 billion in infrastructure investments and a 1.2% royalty on Socomines' annual revenue. Under the agreement with CMOC, Gécamines will receive $800 million between 2023 and 2028, plus at least $1.2 billion in dividends over the life of the Tenke Fungurume mine.
The government’s efforts come as the country’s mining industry, especially the copper, cobalt, and lithium sectors, appeal more to investors. These minerals are vital for the energy transition. However, the government and Gécamines must avoid past mistakes, such as poor management, unfavorable agreements, corruption, and legal disputes with foreign investors that have diminished Gécamines' influence over the years.
Emiliano Tossou, Ecofin Agency
Dans un communiqué publié le 23 octobre 2024, le ministère de la Santé a annoncé la résiliation, à compter de ce jour, du contrat de partenariat public-privé entre l’État et l’entreprise indienne Padiyath Health Care Sarl pour la gestion de l’hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa. Toutefois, le document précise qu’un « préavis de résiliation de six mois a été accordé ». Durant cette période, « un comité d’accompagnement supervisera la transition afin d’assurer la gestion par le gouvernement ». Ce comité est chargé de garantir la continuité des services, mais le communiqué reste silencieux sur les dispositions qui seront prises par la suite.
Cette décision a été prise après « une évaluation approfondie, révélant des manquements graves », a précisé le ministère de la Santé. Parmi les motifs évoqués figurent le non-versement d’un apport de 40 millions de dollars, la non-rétrocession de 5 % des recettes générées, la non-réalisation des investissements prévus, la non-conformité de la comptabilité aux normes en vigueur et l’absence de rapports annuels d’activités.
Pour l’instant, Padiyath Health Care n’a pas encore réagi publiquement à ces accusations. Cependant, dans un article publié le 28 juillet 2016, le journal en ligne 7sur7 affirmait, sans fournir de preuves ni citer de source, que le partenaire privé « s’est bien acquitté de ses engagements en fournissant à l’hôpital du Cinquantenaire des équipements médicaux de qualité, d’une valeur avoisinant les 40 millions USD ». L’article reprochait également à l’État de ne pas respecter ses propres engagements, notamment le paiement de sa contribution annuelle de 5 millions de dollars.
Signé en 2013, le contrat entre l’État congolais et le groupe indien, qui gère plusieurs hôpitaux, notamment en Inde, à Abu Dhabi et aux Émirats arabes unis, n’a pas été rendu public. Il ne figure même pas dans le répertoire des projets en partenariat public-privé en phase d’exécution annexé au projet de loi de finances 2025. Il est donc difficile de connaître les engagements des parties.
D’après les informations rapportées par la presse à l’époque, le contrat aurait été signé pour une durée de 25 ans. Il prévoyait une évaluation technique tous les cinq ans, à l’issue de laquelle les dysfonctionnements éventuels devaient être corrigés. Chaque partie pouvait mettre fin au contrat si elle estimait que l’autre ne remplissait pas ses engagements. À ce jour, il n’est pas possible de confirmer si ces évaluations ont bien eu lieu.
De l’aveu même des autorités du pays, les partenariats public-privé (PPP) restent un défi en République démocratique du Congo. Afin de limiter les risques budgétaires associés à ces contrats, le gouvernement envisage plusieurs mesures, notamment la finalisation du recensement des projets de PPP, l’amélioration de la préparation et de la structuration de ces projets, ainsi que la publication des contrats afin de permettre leur analyse et d’évaluer leur impact financier sur le budget de l’État. Le gouvernement souhaite également conclure des contrats de PPP qui préservent les finances publiques, renforcer les capacités des acteurs impliqués dans l’analyse des risques budgétaires, et doter les structures concernées des outils et logiciels adéquats pour évaluer ces risques.
Pierre Mukoko
Alors que la campagne de vaccination se poursuit, les données communiquées par le ministère de la Santé de la République Démocratique du Congo suggèrent que la réponse gouvernementale à l’épidémie de mpox (également connue sous le nom de variole du singe) commence à porter ses fruits. Pour la semaine s’achevant le 19 octobre 2024, seuls 17 cas sur 688 suspectés ont été confirmés, avec un décès enregistré. Cela représente un taux de létalité de 0,001 4 % parmi les cas confirmés, contre 1,2 % la semaine précédente.
Point de situation Mpox.⁰⁰⁰📊 Le taux de létalité est passé de 1,20 % (S41) à 0,0014 % (S42) cette semaine. Depuis le début de l'épidémie (S1-S34), 35 925 cas suspects ont été signalés, dont 7 534 confirmés et 1 006 décès. La campagne de vaccination se poursuit activement avec… pic.twitter.com/a4L8rymD4X
— Ministère de la Santé RDC 🇨🇩 (@MinSanteDRC) October 22, 2024
Avec l’appui de plusieurs bailleurs de fonds, le pays est parvenu à obtenir des vaccins pour lancer la première campagne de vaccination. Toutefois, les besoins restent nombreux, selon des experts de la Banque mondiale. « Les vaccins disponibles ne couvrent pas plus de 10 % des besoins du pays. Cette situation est la même en termes de besoins de communication et de surveillance à base communautaire », a fait savoir un des experts de cette institution.
Pour faire face à cette crise, le gouvernement avait annoncé une intervention spéciale de 10 millions de dollars, mais les données les plus récentes montrent que seulement 2,5 millions de dollars ont été décaissés. La capacité à contenir la maladie influencera non seulement l’exécution budgétaire du dernier trimestre 2024, mais aussi celle de l’année 2025.
Il faut souligner que le défi avec des maladies comme la mpox réside dans le fait que les vaccins nécessaires, ainsi que la logistique pour les maîtriser, exigent souvent des dépenses importantes, dont une partie en devises, dans un contexte où l’aide internationale tarde souvent à s’organiser. L’expérience de la Covid-19 illustre bien cette situation, lorsque le gouvernement de la RDC avait dû dépasser de 1 348 % les engagements prévus dans le fonds spécial de la santé.
Même si le pays évolue dans un contexte relativement favorable, avec des réserves de change équivalentes à 3,4 mois d’importations et une dette publique extérieure représentant 9,8 % du PIB en 2023, les besoins croissants de la population, les plans ambitieux de développement, ainsi que la situation sécuritaire dans le nord-est du pays, exercent une pression sur le budget. La communauté des bailleurs peut continuer à fournir des ressources complémentaires, mais celles-ci ont toujours été insuffisantes par le passé.
Le recul annoncé de la mpox constitue donc une bonne nouvelle pour l’exécution budgétaire, car il réduit le risque que les fonds destinés à d’autres dépenses importantes, comme l’investissement public, soient réaffectés pour lutter contre la maladie.
Georges Auréole Bamba
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Des informations concordantes indiquent que le prix du ciment gris a baissé dans la localité de Muanda, au Kongo Central, pour atteindre environ 27 000 francs congolais (un peu moins de 10 $). Cette baisse est attribuée à la fin de la grève des chauffeurs de camions, qui a duré près d’un mois (du 16 septembre au 2 octobre 2024), perturbant la livraison des produits entre la province de Kinshasa et la circonscription voisine.
« La plupart des chantiers de construction étaient bloqués, mais après la levée de la grève des chauffeurs de poids lourds, nous avons connu la baisse du prix du ciment gris qui est passé de 32 000 à 27 000 francs congolais, à la grande joie de la population », a déclaré le président de l’association des maçons de Muanda, Mansia Nzambi Moyo, cité par l’Agence Congolaise de Presse.
Cette correction ultime devrait ramener de la sérénité dans le secteur de la construction. Au début du mois d’octobre 2024, le prix du sac de ciment gris utilisé pour les travaux de construction avait grimpé à 55 000 francs congolais (plus de 20 $) dans la ville de Kinshasa, en raison des mêmes problèmes d’approvisionnement. Le Vice-Premier Ministre en charge de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, avait alors exprimé sa préoccupation, pointant du doigt l’influence néfaste des spéculateurs.
Au cours des dix dernières années, la production de ciment a été multipliée par 6,4, atteignant 2,3 millions de tonnes en 2023, selon les données de la Banque centrale. Bien qu’il s’agisse d’un niveau record pour le pays, la disponibilité de ce matériau essentiel pour le secteur de la construction demeure insuffisante. Des experts soulignent régulièrement que la consommation moyenne de ciment en RDC, estimée actuellement à 45 kilogrammes par personne et par an, reste bien en dessous de la moyenne africaine, qui dépasse 90 kilogrammes.
Le pays poursuit également l’accélération de ses projets d’infrastructures, notamment dans le cadre du plan de développement des 145 territoires. Ce programme comprend plusieurs volets liés à la construction de bâtiments pour les services publics, ce qui continuera d’accroître la demande en ciment. Par ailleurs, la RDC dispose d’une importante marge de progression en matière de logement. Selon une estimation récente du représentant local de la Société financière internationale, il faudrait jusqu’à 4 milliards de dollars par an, rien qu’à Kinshasa, pour répondre aux besoins en logements.
Malgré l’écart croissant entre l’offre et la demande, le gouvernement a interdit l’importation de ciment gris. Parmi les justifications avancées figure la nécessité de protéger l’industrie locale, encore émergente. Cependant, l’évolution récente du marché suggère qu’une approche plus pragmatique pourrait être nécessaire.
Georges Auréole Bamba
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Les travaux de construction d’une centrale solaire de 200 MW ont été lancés le 19 octobre 2024 à Fipango, un village situé dans le territoire de Kipushi, dans la province du Haut-Katanga. Le projet est réalisé par l’entreprise indienne de développement des énergies renouvelables Soleos Energy et la société congolaise d’ingénierie électrique Melci Holdings. D’un coût de 200 millions de dollars, les travaux devraient s’achever d’ici la fin de l’année 2025, selon les porteurs du projet.
Une fois opérationnelle, cette centrale solaire devrait jouer un rôle déterminant dans la réponse à la demande énergétique croissante de la région. En effet, elle permettra de tripler pratiquement la puissance installée du Haut-Katanga. Selon l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), à la fin de 2023, la puissance installée de cette province, entièrement constituée d’hydroélectricité, se chiffrait à seulement 119,52 MW. Avec ce parc solaire, cette puissance passera à 319,52 MW.
Avec une production attendue de près de 350 millions de kilowattheures par an, le projet cible plus d’un million de personnes. L’électricité sera d’abord vendue à la Société nationale d’électricité (SNEL) dans le cadre d’un contrat de 25 ans, qui la revendra ensuite aux ménages et aux entreprises. Par ailleurs, le projet devrait créer plus de 2 000 emplois durant la construction et plus de 500 emplois permanents pendant l’exploitation.
Selon Jason Temasfield, directeur financier de Soleos Energy, le partenariat avec Melci Holdings renforce la capacité de Soleos à livrer des infrastructures solaires à grande échelle. Il souligne d’ailleurs que l’entreprise vise à mettre en œuvre jusqu’à 1 000 MW de projets solaires dans le pays. À l’issue d’une rencontre avec les promoteurs du projet, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a déclaré à la presse que le projet actuel constitue la phase pilote d’un programme visant à installer des parcs solaires d’une capacité de 500 MW.
La République Démocratique du Congo représente l’un des marchés les plus prometteurs pour le secteur de l’énergie. Le pays, qui cherche à diversifier son économie en développant l’agro-industrie et en transformant localement ses ressources minières, a un besoin crucial d’électricité, tandis que ses capacités disponibles sont en deçà de la demande potentielle. Selon le rapport « The Energy Progress Report 2023 » de la Banque mondiale et de l’Agence internationale de l’énergie, le taux d’électrification du pays est de 21 %, l’un des plus bas du continent africain.
Pierre Mukoko
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