FirstBank RDC, filiale du groupe nigérian First Bank of Nigeria (FBN Holdings), poursuit sa stratégie de développement dans le numérique avec le lancement, le 28 janvier 2026, d’une nouvelle application baptisée FirstMonie. L’initiative s’inscrit dans le plan présenté dans son rapport annuel de l’exercice 2024, qui prévoit de développer et d’approfondir les offres de la banque de détail et de la banque numérique afin de porter la part des revenus générés par les produits numériques à 30 % du chiffre d’affaires total, qui a atteint 331,3 milliards de francs congolais (environ 120 millions de dollars) en 2024.
La banque met en avant comme principale innovation la possibilité d’ouvrir un compte bancaire auprès de FirstBank RDC sans se rendre en agence, dans un temps réduit annoncé à moins de cinq minutes. Cette fonctionnalité vise à simplifier l’accès aux services bancaires et à accélérer l’acquisition de nouveaux clients, dans un contexte marqué par une forte concurrence des services financiers digitaux.
Outre l’ouverture de compte à distance, les annonces indiquent que FirstMonie permet d’envoyer de l’argent vers d’autres portefeuilles électroniques, notamment M-Pesa, Orange Money et Airtel Money, ainsi que vers l’écosystème FirstBank, incluant les comptes bancaires et les wallets FirstMonie.
Selon des médias locaux présents à la cérémonie de lancement, Jérémie Lukusa, directeur E-Business de FirstBank RDC, a indiqué que FirstMonie offre également la possibilité de payer des factures, de régler des abonnements, d’acheter des unités téléphoniques et d’accéder à divers autres services financiers innovants à moindre coût, sans que les frais appliqués ne soient détaillés.
Un enjeu de réseau d’agents
Pour l’approvisionnement du portefeuille, l’utilisateur doit soit passer par un agent FirstMonie, soit effectuer un transfert à partir d’un compte FirstBank, soit se rendre directement dans une agence FirstBank. L’efficacité de FirstMonie dépendra donc du nombre d’agents bancaires déployés sur l’ensemble du territoire. FirstBank RDC ambitionne d’en compter 100 000 d’ici 2029.
Lors de la même cérémonie, le président du conseil d’administration de FirstBank RDC, Kandolo Kasongo, a précisé que l’application continuera d’évoluer avec l’intégration progressive de nouvelles fonctionnalités. « C’est une innovation remarquable et unique sur le marché. L’application a été brillamment testée et elle est très facile à utiliser. Elle continuera d’évoluer : d’ici un an, vous ne la reconnaîtrez plus », a-t-il affirmé, selon les médias locaux.
Dans des pays voisins comme l’Ouganda, les portefeuilles mobiles sont déjà utilisés pour des services élargis, notamment le paiement de taxes au gouvernement. Cette référence illustre le potentiel de ces solutions numériques à devenir des outils centraux des écosystèmes financiers nationaux, au-delà des simples opérations de transfert d’argent.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Paiements numériques : FirstBank s’allie à Visa pour améliorer son offre en RDC
Expansion : First Bank RDC vise 100 000 agents bancaires d’ici 2029
FirstBank RDC : hausse des crédits et dépôts, mais le bénéfice plafonne
L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) affirme avoir agréé 96 projets et requêtes en 2025, pour un volume d’investissement projeté de 5,13 milliards de dollars. Ce volume marque une hausse de 125,7 % par rapport à 2024 et s’inscrit dans une activité accrue du Conseil d’agrément, qui a examiné 190 dossiers, contre 114 l’année précédente, d’après l’agence.
La dynamique observée repose en grande partie sur les investissements directs étrangers, qui ont représenté 84,39 % des montants agréés en 2025. Pour l’ANAPI, ce poids des capitaux étrangers traduit l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour des projets à forte intensité capitalistique en République démocratique du Congo (RDC).
#ANAPI-RDC | Rétrospective 2025
— InvestinDRC (@investindrc) January 31, 2026
Découvrez en images les réalisations majeures de l’ANAPI en 2025, une année marquée par des avancées significatives au service du développement économique de la République Démocratique du Congo.
Sous le leadership de Madame @RachelPungu LUAMBA,… pic.twitter.com/8CifMR0lUx
Les données sectorielles communiquées par l’ANAPI montrent une concentration des investissements dans les services, qui ont capté 61,47 % des montants agréés, principalement à travers des projets dans le secteur de l’énergie. Le secteur industriel arrive en deuxième position avec 32,23 %, confirmant une orientation encore timide vers les activités de transformation.
Sur le plan géographique, l’ANAPI indique que les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ont concentré les volumes d’investissements les plus élevés, avec respectivement 1,38 milliard de dollars et 868,6 millions de dollars. En parallèle, l’agence relève des projets interprovinciaux d’une valeur cumulée de 1,9 milliard de dollars, traduisant un intérêt pour des investissements à portée nationale.
Selon les projections de l’ANAPI, si elles se réalisent, les projets agréés en 2025 devraient générer 8 383 emplois directs.
Priorités de 2026
Cette montée en puissance des agréments intervient après la nomination, le 16 décembre 2024, de Rachel Pungu Luamba à la tête de l’ANAPI. L’ancienne auditeur interne de la Banque centrale entend poursuivre cette dynamique en 2026, avec comme priorités : l’aboutissement de la révision du Code des investissements, l’accélération de la digitalisation complète des services, le renforcement de la présence de l’agence en province, le développement de partenariats stratégiques internationaux et la promotion d’un investissement inclusif, créateur d’emplois et de valeur ajoutée locale.
La RDC a engagé un processus de réformes liées aux investissements et au climat des affaires. Il est notamment question d’élaborer une politique nationale des investissements et du climat des affaires, ainsi que de réviser le Code des investissements. Selon l’ANAPI, le Code actuel présente plusieurs limites, notamment des procédures administratives jugées lourdes, des incitations fiscales peu claires et une faible prise en compte de la nouvelle organisation du pays en 26 provinces.
Boaz Kabeya
Lire aussi :
Climat des affaires : les services publics, talon d’Achille de la RDC
Révision du code des investissements : les travaux lancés à Kinshasa
PPP : Kinshasa veut arrimer sa loi aux standards internationaux
Foncier : un nouveau projet de loi pour sécuriser les terres et numériser le cadastre en RDC
The Democratic Republic of Congo will benefit from a new technical assistance project funded by the African Development Bank (AfDB) to help implement its National Energy Compact. The plan aims to raise the country’s electricity access rate from 21.5% to 62.5% by 2030.
In a statement released on Jan. 30, 2026, the AfDB said its Board of Directors approved the $3.9 million project, which will run for two years. Known as “AESTAP Mission 300 - Phase II,” the initiative also covers several other African countries, including Chad, Gabon, Tanzania, Mauritania, Kenya, Nigeria, Madagascar, Ethiopia, Malawi, Lesotho, Namibia, and Uganda.
The project forms part of the second phase of Mission 300, a joint initiative with the World Bank that aims to connect 300 million Africans to electricity by 2030.
It will provide technical support to help turn national energy plans into real electricity connections for households, schools, hospitals, and businesses. The program also seeks to improve regulation, planning, and tariff-setting in the power sector, with the goal of unlocking investment and strengthening utility performance, including by reducing losses.
In addition, it includes capacity building in data, research, and knowledge-sharing through tools such as the Electricity Regulatory Index for Africa, as well as the organization of regional energy forums.
Technical advisors will also be assigned to the national units responsible for implementing and monitoring energy compacts, helping governments coordinate reforms and track progress. These units were established during the first phase of Mission 300.
Investments and Goals
In the DRC, the National Energy Compact targets an increase in electricity access from the current 21.5% to 62% by 2030, for a population of around 130 million. It also aims to expand access to clean cooking solutions to 30% by the same deadline.
To meet these objectives, the country will need to secure about $17 billion in public funding and $20 billion in private investment, bringing the total to nearly $37 billion. The financing is expected to support new generation, transmission, and distribution infrastructure, the rehabilitation of existing facilities, and the implementation of key sector reforms. A further $20 billion will be needed by 2040 to strengthen infrastructure over the longer term.
Ronsard Luabeya
La République démocratique du Congo devrait bénéficier d’un nouveau projet d’assistance technique financé par la Banque africaine de développement (BAD) pour appuyer la mise en œuvre du Compact énergétique national, feuille de route visant à porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62,5 % d’ici 2030.
Selon un communiqué publié le 30 janvier 2026, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé un projet, doté de 3,9 millions de dollars sur une période de deux ans. Dénommé « AESTAP Mission 300 – Phase II », il concerne d’autres pays africains, dont le Tchad, le Gabon, la Tanzanie, la Mauritanie, le Kenya, le Nigéria, Madagascar, l’Éthiopie, le Malawi, le Lesotho, la Namibie et l’Ouganda. Sa mise en œuvre s’inscrit dans la deuxième phase de la Mission 300, une initiative menée conjointement avec la Banque mondiale et visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Le projet repose sur un appui technique destiné à convertir les plans énergétiques nationaux en raccordements effectifs pour les ménages, les écoles, les hôpitaux et les entreprises. Il doit notamment soutenir l’amélioration de la réglementation, de la planification et des mécanismes tarifaires du secteur électrique, afin de faciliter la concrétisation des investissements et de renforcer la performance des services publics, notamment par la réduction des pertes.
Le programme prévoit également un renforcement des capacités en matière de données, de recherche et d’apprentissage, à travers des outils tels que l’Indice de réglementation de l’électricité en Afrique et l’organisation de forums régionaux sur l’énergie.
Enfin, des conseillers techniques seront déployés au sein des unités nationales chargées de la mise en œuvre et du suivi des pactes énergétiques, afin d’accompagner les gouvernements dans la coordination des réformes et le suivi des progrès. Ces unités nationales ont été mises en place lors de la première phase de la Mission 300.
En RDC, le Compact énergétique ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % actuellement à 62 % à l’horizon 2030, pour une population estimée à 130 millions d’habitants. Il vise également 30 % d’accès aux solutions de cuisson propre d’ici 2030.
Pour atteindre ces objectifs, le pays devra mobiliser environ 17 milliards de dollars de financement public et 20 milliards de dollars d’investissement privé, soit un investissement global de près de 37 milliards de dollars. Ces investissements doivent couvrir le développement des infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité, la réhabilitation des installations existantes, ainsi que la mise en œuvre de réformes stratégiques.
Un effort supplémentaire de 20 milliards de dollars sera nécessaire pour renforcer les infrastructures d’ici 2040.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Électricité : la RDC vise 19,5 milliards $ d’investissements privés d’ici 2030
Gaz domestique : 1,2 million de ménages ciblés à Kinshasa d’ici 2030
Eau et électricité : vers une hausse des tarifs pour soutenir REGIDESO et SNEL
Électricité : vers l’installation du futur régulateur de la CEEAC en RDC dès 2026
The Democratic Republic of Congo (DRC) Ministry of Mines and the Xcalibur group signed a second contract on Jan. 29 in Kinshasa for airborne geophysical and geological mapping of the national territory. Minister of Mines Louis Watum Kabamba and Xcalibur CEO Andres Blanco Grasa, who is based in Spain, signed the document after several months of anticipation.
The Ministry of Mines said last December that the selection was not a direct award but a continuation of the initial program, explaining the choice of the same provider. The ministry also said phase B takes into account the results of phase A. Officials added that they preferred signing a new contract rather than amending the existing one in order to comply with public procurement law and its implementing regulations.
The DRC signed a contract with Xcalibur in 2017 for national airborne geophysical and geological mapping. It was subsequently adjusted through amendments in 2019 and 2022. Documents published by the Ministry of Mines show the program is structured around two distinct components: a phase A described as a priority and a phase B described as optional.
According to Article 19 of the second amendment, the total cost of phase A, covered under the first contract, is set at $60,961,973. The cost of phase B is fixed at $297,873,516, bringing the overall budget to $358.8 million. This second phase, valued at nearly five times the first contract, was to be carried out later under a separate financing agreement and subject to a no-objection from the General Directorate for Control of Public Procurement (DGCMP). It is to be implemented taking into account results obtained during phase A.
The Minister of Mines said the first phase is finished. He said last November during the Makutano 2025 forum that they have submitted a report and collected data. He specified that the contract does not require Xcalibur to identify deposits. Instead, the company defines certain geological districts and formations, after which exploration work will begin.
According to the contract, phase A of the project was to cover mainly the Kasai, Equateur and Katanga blocks. It notably provided for remote sensing and interpretation of satellite images, and airborne geophysical surveys involving magnetic and radiometric data at resolutions allowing a regional-scale view of subsurface structures. It also included targeted gravity and electromagnetic surveys, initial geological and geochemical mapping of priority areas, the development of an open geological information system (GIS), and initial training for national technical staff.
Phase B provides for a densification of geophysical surveys in areas identified by phase A, as well as more detailed investigations of detected anomalies. It also includes magnetic and radiometric surveys across the rest of the country, standard gravity surveys in the central basin for gas and oil, and detailed geological and geochemical mapping at more actionable scales. The phase further includes advanced strengthening of national capacities and the full implementation of the GIS to support economic use and institutional management of the data. The program also includes the construction of a laboratory for chemical, petrographic and metallogenic analysis.
A boost for exploration
Many sector actors believe exploration in the DRC is stalled. Landry Djimpe, managing partner of Innogence Consulting, observed at Makutano 2025 that all current large mines without exception rely on geological clues identified during the colonial era.
The national airborne geophysical and geological mapping program is presented as an initial response to this problem. According to the Ministry of Mines, its objective is to provide the DRC with reliable and certified scientific data across the entire territory to better understand the country’s subsoil potential. It also aims to strengthen planning and transparency in the mining sector, attract responsible investment, and safeguard national economic sovereignty.
A central challenge remains ensuring rigorous monitoring of implementation so that this investment translates into better knowledge of the national subsoil and sustainable development of the country’s mineral resources. This challenge is further emphasized by the fact that Xcalibur holds no subsidiary in the DRC. The entities that signed the base contract and the various amendments are based in Mauritius, South Africa and Spain.
Pierre Mukoko
Attendue depuis quelques mois, la signature du second contrat entre le ministère des Mines de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe Xcalibur, portant sur les travaux de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national, a eu lieu le 29 janvier 2026 à Kinshasa. Le document a été signé par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et le directeur général de Xcalibur, Andres Blanco Grasa, basé en Espagne.
Après des allégations d’irrégularités ayant précédé la signature, le ministère des Mines a indiqué, en décembre dernier, qu’il ne s’agissait pas « d’une attribution discrétionnaire », mais de la « continuité du programme initial », d’où le choix du même fournisseur. Un choix également justifié par le fait que « la phase B prend en compte les résultats de la phase A ». Selon le même communiqué, l’option de signer un nouveau contrat, au lieu d’un avenant, a été privilégiée « pour respecter la loi sur les marchés publics et ses mesures d’application ».
En 2017, la RDC a signé avec Xcalibur un contrat relatif à la cartographie géophysique aéroportée et géologique nationale. Il a ensuite été ajusté par des avenants successifs en 2019 et 2022. Ces documents publiés par le ministère des Mines montrent que le programme est structuré autour de deux volets distincts : un volet A, dit « prioritaire », et un volet B, dit « optionnel ».
Un programme de près de 360 millions $
Selon l’article 19 de l’avenant n°2, le coût total du volet A — objet du premier contrat — est arrêté à 60 961 973 dollars américains, tandis que le coût du volet B est fixé à 297 873 516 dollars, soit une enveloppe globale de 358,8 millions de dollars. Cette seconde phase, de près de cinq fois la valeur du premier contrat, devait être exécutée ultérieurement sur la base d’un autre accord de financement et moyennant l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP). Elle devrait être mise en œuvre « en tenant compte des résultats obtenus lors de la phase A ».
Selon le ministre des Mines, la première phase est terminée. « Ils ont déposé un rapport, il y a des données qu’ils ont pu récolter », avait-il indiqué en novembre dernier, lors de son passage au forum Makutano 2025, avant de préciser : « leur contrat ne leur demande pas de découvrir des gisements. Xcalibur définit plutôt certains districts géologiques et certaines formations géologiques. Et après, il y a le vrai travail d'exploration qui va commencer ».
Selon le contrat, la phase A du projet devait couvrir principalement les blocs Kasaï, Équateur et Katanga. Elle prévoyait notamment : la télédétection et l’interprétation d’images satellites ; des levés géophysiques aéroportés (magnétiques et radiométriques) réalisés à des résolutions permettant une lecture régionale du sous-sol ; des levés gravimétriques et électromagnétiques ciblés ; une première cartographie géologique et géochimique sur des zones identifiées comme prioritaires ; la structuration d’un système d’information géologique (SIG) ouvert ; ainsi que la formation initiale des cadres techniques nationaux.
La phase B prévoit une densification des levés géophysiques sur les zones identifiées par le volet A, ainsi que des investigations plus fines sur les anomalies détectées. Elle inclut également des levés magnétiques et radiométriques sur le reste du pays, des levés gravimétriques standards sur la cuvette centrale (gaz et pétrole), une cartographie géologique et géochimique détaillée à des échelles plus opérationnelles, un renforcement avancé des capacités nationales, et la mise en exploitation complète du SIG, notamment pour la valorisation économique et institutionnelle des données. Le programme comprend en outre la construction d’un laboratoire d’analyse chimique, pétrographique et métallogénique.
Levier pour relancer l’exploration
En RDC, l’exploration est en panne, estiment de nombreux acteurs du secteur. « Nos grandes mines actuelles reposent toutes — sans exception — sur des indices géologiques identifiés à l’époque coloniale », avait fait observer Landry Djimpe, associé gérant d’Innogence Consulting (cabinet de conseils actifs dans le secteur), lors du Makutano 2025.
Le programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national est donc présenté comme un début de réponse à cette problématique. Selon le ministère des Mines, son objectif est de doter la RDC de « données scientifiques fiables et certifiées sur l’ensemble du territoire », afin de mieux connaître le potentiel réel du sous-sol, renforcer la planification et la transparence du secteur minier, attirer des investissements responsables et garantir la souveraineté économique nationale.
Reste un enjeu central : assurer un suivi rigoureux de l’exécution, afin que cet investissement se traduise effectivement par une meilleure connaissance du sous-sol national et une valorisation durable des ressources minières du pays. Cet enjeu est d’autant plus souligné que Xcalibur ne détient aucune filiale en RDC : les entités ayant signé le contrat de base et les différents avenants sont basées à Maurice, en Afrique du Sud et en Espagne.
Pierre Mukoko
Lire aussi :
Prospection minière : la RDC prend un virage technologique avec KoBold et Solafune
Democratic Republic of Congo’s Vice-Prime Minister and Minister of National Economy, Daniel Mukoko Samba, met regulators from major economic sectors and representatives of consumer rights associations on Jan. 29, 2026, according to a ministry statement. During the meeting, Mukoko Samba presented a digital platform called Loba, which the ministry is preparing to launch.
The initiative has two main aims: to make it easier to manage consumer complaints and reports, and to inform consumers about their rights in regulated industries. The sectors covered include banking, insurance, telecommunications, air transport, pharmaceuticals and food products, as well as electricity and health services.
The ministry expects to officially launch the platform by the end of February 2026.
Part of the platform’s interface, viewed by Bankable, shows that consumers will be required to identify themselves and provide contact details before filing a complaint. They will then be asked to provide information about the case by selecting the relevant sector, the appropriate regulatory authority, the operator involved, and details of the service in question.
The system will also allow complainants to track the progress of their case from the moment a complaint is filed until it is handled by the competent authorities.
According to the Ministry of National Economy, Loba is intended to help build a database that can identify recurring reasons for complaints, analyze the commercial practices involved, and assess the responses provided by operators.
The initiative comes as President Félix Antoine Tshisekedi is awaiting a report on sanctions taken against non-compliant operators in the mobile and fixed telephony, internet, data transmission, digital services, network interconnection, and broadcasting sectors.
During the Council of Ministers on Jan. 9, 2026, the head of state instructed the authorities responsible for these sectors to take the necessary measures to address repeated disruptions affecting telecommunications networks and systems across the country.
Timothée Manoke
Glencore is reshaping its operating strategy in the Democratic Republic of Congo (DRC) as export restrictions on cobalt give way to a quota system expected to remain in place at least until the end of 2027. In its 2025 production report, published on January 29, 2026, the Anglo-Swiss mining group said it is prioritizing copper while adapting cobalt management to tighter commercial and logistical constraints.
Under this approach, “cobalt contained in mixed ores can be kept in solution (and not counted as production), rather than being processed into cobalt hydroxide, in order to minimize nearby processing costs,” the group said. Glencore operates the Kamoto Copper Company (KCC) and Mutanda Mining (MUMI) assets in the DRC.
In practice, this means the company is no longer systematically producing cobalt in a marketable form when export outlets are limited. The rationale is economic: avoiding processing, logistics, and storage costs for volumes that cannot be exported immediately.
2025 figures confirm the shift
Copper production in the DRC will be prioritized over cobalt when commercially appropriate, Glencore said; a stance supported by strong price dynamics for the red metal.
After approaching $13,000 per ton in 2025, up 44%, copper prices for three-month delivery hit a new record on January 29, 2026, reaching $14,268 per ton on the London Metal Exchange, Reuters reported.
This positioning is reflected in Glencore’s 2025 figures. Copper production from its own DRC operations, KCC and MUMI, reached 247,800 tons, up 10% from 2024.
By contrast, cobalt production declined. Glencore reported output of 36,100 tons in 2025, down from 38,200 tons in 2024, a 5% drop. The decrease “primarily reflects proactive planning to prioritize copper production over cobalt, given cobalt export restrictions in the DRC,” the group said.
Limited visibility for 2026
For 2026, Glencore provided a global copper production range of between 810,000 and 870,000 tons but declined to issue any forecast for cobalt.
“Given the dynamic context of cobalt export restrictions and the need for ongoing operational optimization, current uncertainty is too high to provide reliable cobalt production guidance for the 2026 financial year,” the company said.
Glencore added, however, that KCC and Mutanda hold sufficient cobalt inventories to meet short-term quota requirements. Expected quotas for the group are estimated at 22,765 tons in 2026, including carryover from 2025, and 18,840 tons in 2027.
Impact on the local value chain
The strategy is expected to have knock-on effects across the Congolese mining ecosystem. On the logistics side, Glencore said the DRC is “progressively putting in place its quota and control systems,” but delays affected exports initially planned for the fourth quarter of 2025. As a result, “KCC and Mutanda exported no cobalt in the fourth quarter of 2025.”
Storage has become a central issue. Excess cobalt is being held within the DRC, increasing the need for secure warehousing, traceability, and risk management, while tying up financial value.
The impact on employment and subcontracting is more mixed. Prioritizing copper helps maintain high activity levels at mines and processing plants. However, lower volumes of marketable cobalt and periods without exports weigh on cobalt-linked segments, including export logistics, packaging, specialized transport, and related services.
From an operational risk perspective, keeping cobalt “in solution” alters industrial processes and requires heightened attention to safety, environmental management, and maintenance.
Pierre Mukoko
Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale, le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a réuni le 29 janvier 2026 les régulateurs des principaux secteurs de l’économie et les associations de défense des droits des consommateurs afin de leur présenter une plateforme numérique dénommée Loba, que son ministère s’apprête à lancer.
L’initiative poursuit deux objectifs : faciliter la gestion des plaintes et dénonciations des consommateurs, et informer ces derniers sur leurs droits dans les secteurs régulés. Sont notamment concernés les banques, les assurances, les télécommunications, le transport aérien, les produits pharmaceutiques et alimentaires, ainsi que les secteurs de l’électricité et de la santé.
Le ministère prévoit un lancement officiel de la plateforme d’ici la fin du mois de février 2026.
Une partie de l’interface de la plateforme, visualisée par Bankable, montre que les consommateurs devront s’identifier et renseigner leurs coordonnées avant d’introduire une plainte. Ils seront ensuite appelés à fournir les informations relatives au dossier, en sélectionnant le secteur concerné, l’autorité de régulation compétente, l’opérateur mis en cause, ainsi que les détails du service faisant l’objet de la plainte.
Sanctions attendues
Le dispositif prévoit également la possibilité, pour le plaignant, de suivre l’évolution du traitement de son dossier, depuis le dépôt de la plainte jusqu’à sa prise en charge par les instances concernées.
Du côté du ministère de l’Économie nationale, Loba doit permettre la constitution d’une base de données destinée à identifier les motifs récurrents de plaintes, à analyser les pratiques commerciales mises en cause et à apprécier les réponses apportées par les opérateurs.
Cette initiative intervient alors que le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, attend un rapport sur les sanctions prises à l’encontre des opérateurs défaillants dans les secteurs de la téléphonie mobile et fixe, de l’Internet, de la transmission de données, des services numériques, de l’interconnexion des réseaux, ainsi que des réseaux de radiodiffusion et de télévision numérique.
Lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026, le chef de l’État avait instruit les autorités en charge de ces secteurs de prendre les mesures nécessaires pour endiguer les perturbations récurrentes affectant les réseaux et les systèmes de télécommunication sur l’ensemble du territoire national.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Télécoms : Tshisekedi demande des sanctions contre les opérateurs défaillants
Dans son rapport de production 2025, publié le 29 janvier 2026, Glencore met en lumière un ajustement de cap en République démocratique du Congo (RDC), dicté par les restrictions imposées aux exportations de cobalt, désormais remplacées par un système de quotas au moins jusqu’à fin 2027. Il s’agit de donner la priorité au cuivre tout en adaptant la gestion du cobalt à des contraintes commerciales et logistiques accrues.
Dans ce contexte, « le cobalt contenu dans les minerais mixtes peut être maintenu en solution (et non comptabilisé comme production), plutôt que transformé en hydroxydes de cobalt, afin de minimiser les coûts de traitement à proximité », explique le groupe, opérateur des mines de Kamoto Copper Company (KCC) et Mutanda Mining (MUMI).
Autrement dit, Glencore choisit de ne pas systématiquement produire du cobalt sous forme commercialisable tant que les débouchés à l’export sont limités. La motivation est économique : éviter d’engager des coûts de transformation, de logistique et de stockage pour un produit qui ne peut pas être exporté immédiatement.
Les chiffres 2025 confirment l’orientation
« La production de cuivre en RDC sera priorisée par rapport au cobalt lorsque cela est commercialement pertinent », assume la multinationale anglo-suisse. Et le niveau des prix du métal rouge encourage cette stratégie.
Après avoir approché les 13 000 dollars la tonne en 2025 (+44 %), le prix du cuivre pour livraison dans trois mois a atteint un nouveau record historique le 29 janvier 2026 sur la London Metal Exchange, à 14 268 dollars la tonne, rapporte Reuters.
Ce positionnement se reflète dans les chiffres de 2025. La production de cuivre issue des sources propres en RDC (KCC et MUMI) atteint 247 800 tonnes, en hausse de 10 % par rapport à 2024.
À l’inverse, la production de cobalt recule. Glencore fait état de 36 100 tonnes en 2025, contre 38 200 tonnes en 2024, soit une baisse de 5 %. Ce recul « reflète principalement une planification proactive visant à privilégier la production de cuivre par rapport au cobalt, compte tenu des restrictions à l’exportation du cobalt en RDC », précise la multinationale.
Visibilité limitée sur 2026
Pour 2026, Glencore publie une fourchette de production pour le cuivre de l’ensemble de ses mines dans le monde (entre 810 000 et 870 000 tonnes), mais renonce à toute prévision pour le cobalt.
« Compte tenu du contexte dynamique des restrictions à l’exportation du cobalt et de la nécessité d’une optimisation opérationnelle continue, l’incertitude actuelle est trop élevée pour fournir des prévisions fiables de production de cobalt pour l’exercice 2026 », explique le groupe.
Néanmoins, « KCC et Mutanda disposent de stocks de cobalt suffisants pour satisfaire leurs quotas à court terme ». Les quotas attendus pour Glencore sont estimés à 22 765 tonnes en 2026 (incluant un report de 2025) et 18 840 tonnes en 2027.
Conséquences sur la chaîne de valeur locale
Cette stratégie devrait avoir des effets sur l’écosystème minier congolais. D’abord sur la logistique : Glencore souligne que la RDC « met progressivement en place ses systèmes de quotas et de contrôles », mais que des retards ont affecté les exportations initialement prévues au quatrième trimestre 2025. Résultat, « KCC et Mutanda n’ont exporté aucun cobalt au quatrième trimestre 2025 ».
Le stockage devient un enjeu central. Le cobalt excédentaire est conservé sur le territoire congolais, ce qui implique des besoins accrus en entreposage sécurisé, en traçabilité et en gestion des risques, tout en immobilisant de la valeur financière.
L’impact sur l’emploi et la sous-traitance est plus contrasté. La priorité accordée au cuivre permet de maintenir un niveau d’activité élevé dans les mines et les usines. En revanche, la baisse de production de cobalt commercialisable et l’absence d’exportations sur certaines périodes peuvent peser sur les segments liés au cobalt : logistique d’export, conditionnement, transport spécialisé et services associés.
Sur le plan des risques opérationnels, le maintien du cobalt « en solution » modifie la conduite des procédés industriels et impose une vigilance renforcée en matière de sécurité, d’environnement et de maintenance.
Pierre Mukoko
Lire aussi :
Fusion Rio Tinto–Glencore : les mines Kamoto et Mutanda au cœur des enjeux en RDC
Cobalt : la RDC prolonge jusqu’au 31 mars 2026 les quotas d’exportation de 2025
Cobalt : la RDC attribue les quotas, CMOC capte la plus grosse part mais…