Le Fonds d’équipement des Nations unies (UNCDF) a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) visant à identifier et à accompagner les entreprises et institutions financières actives dans le secteur de l’énergie propre en République démocratique du Congo (RDC). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Énergie Durable 2 » (2026-2030), dont l’objectif est d’accélérer la transition énergétique tout en réduisant la dépendance au bois-énergie, principal facteur de déforestation dans le pays.
L’AMI cible un large éventail d’acteurs, incluant les PME, les grandes entreprises ainsi que les institutions financières — banques, établissements de microfinance et autres intermédiaires — susceptibles de financer les ménages et les petites entreprises.
Les projets retenus pourront bénéficier de financements compris entre 500 000 et 10 millions de dollars, selon leur maturité, leur viabilité et leur impact. Le dispositif repose sur des montages financiers sur mesure combinant dette concessionnelle, garanties et, dans certains cas, subventions d’investissement en complément des autres instruments. Les financements pourront être accordés directement aux entreprises ou transiter par des institutions financières chargées de les rétrocéder aux bénéficiaires finaux.
Le programme cible en priorité les chaînes de valeur liées au gaz de pétrole liquéfié (GPL), à l’électrification — notamment via des solutions solaires ou micro-hydroélectriques — ainsi qu’aux foyers améliorés et à la production de charbon de bois durable.
Au-delà du financement direct des projets, l’UNCDF entend également soutenir les institutions financières locales afin de réduire les risques liés au financement des ménages et des PME, et de faciliter ainsi l’adoption de solutions énergétiques propres.
Processus de sélection
Les candidats devront notamment être légalement établis en RDC, justifier d’au moins trois années d’activité et démontrer un impact environnemental et social mesurable, en particulier en matière de réduction des émissions et de lutte contre la déforestation.
Le processus de sélection comprend plusieurs étapes, allant de la présélection à une diligence approfondie, avant une décision finale d’investissement. Les candidatures seront examinées par vagues successives, avec des échéances périodiques, notamment fixées aux 15 mai, 15 juin, 15 juillet et 15 août 2026, jusqu’à épuisement des fonds disponibles.
Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large visant à transformer le mix énergétique congolais. En RDC, plus de 90 % des ménages recourent encore au bois ou au charbon pour la cuisson, avec des effets directs sur la déforestation et la santé des populations.
À Kinshasa, le taux de pénétration du GPL reste limité à environ 14 %, soit près de 250 000 ménages. Le gouvernement ambitionne de porter ce chiffre à 1,2 million à l’horizon 2030, en s’appuyant notamment sur des mécanismes de financement innovants comme celui proposé par l’UNCDF.
Ronsard Luabeya
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The Democratic Republic of Congo is set to announce revised fuel prices this week, marking a new phase in price adjustments amid ongoing volatility in global markets.
The announcement was made by Minister of State for Hydrocarbons Acacia Bandubola Mbongo after a meeting with fuel importers on April 14. Operators were urged to maintain supply, with government backing to cover any shortfalls.
An official letter dated April 13 from the Ministry of National Economy said the fuel price monitoring committee will meet on April 16 to update prices in line with global oil market conditions.
These steps follow earlier government directives. During a meeting on April 2 with Prime Minister Judith Suminwa Tuluka, Hydrocarbons Minister Bandubola and Economy Minister Daniel Mukoko Samba discussed a possible fuel price increase to avoid a gap with international prices.
Global conditions continue to strain the market. Disruptions along supply routes, particularly in the Middle East, are driving up the cost of crude oil, shipping and insurance. For the DRC, which relies entirely on fuel imports, this is increasing pressure on regulated prices.
A targeted increase has already been introduced. In mid-March, a new pricing scheme was applied in the southern zone for mining companies, which do not benefit from subsidies. Diesel rose from $1.70 to $2.43 per liter (+43%), while gasoline increased from $1.60 to $2.08 (+30%). This marks an initial step toward aligning prices with international levels.
Boaz Kabeya
La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à publier, au cours de cette semaine, de nouvelles structures des prix des produits pétroliers, marquant une nouvelle phase d’ajustement du dispositif tarifaire dans un contexte de tensions persistantes sur le marché international.
L’annonce a été faite par la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, à l’issue d’une réunion du Comité professionnel des importateurs tenue le 14 avril 2026. À cette occasion, les opérateurs ont été appelés à maintenir les approvisionnements, avec l’assurance d’un accompagnement du gouvernement sur le manque à gagner.
En amont, une correspondance officielle datée du 13 avril 2026, émanant du ministère de l’Économie nationale, fait état de la tenue imminente des travaux du Comité de suivi des prix des produits pétroliers. Prévue le 16 avril, cette réunion vise à actualiser la structure des prix en vigueur « au regard des réalités du secteur pétrolier international ».
Cette séquence s’inscrit dans le prolongement des orientations arrêtées début avril. Réuni le 2 avril 2026 autour de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, de la ministre des Hydrocarbures et du ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le gouvernement avait évoqué un « ajustement probable » des prix des carburants afin d’éviter un décalage avec les niveaux pratiqués sur le marché international.
Le contexte international continue de peser sur les équilibres du marché. Les tensions observées sur les routes d’approvisionnement, notamment au Moyen-Orient, contribuent à renchérir les coûts du brut, du transport maritime et des assurances. Pour la RDC, entièrement dépendante des importations de produits pétroliers, ces évolutions se traduisent par une pression accrue sur les prix administrés.
Un ajustement ciblé a déjà été observé. À la mi-mars, une nouvelle structure tarifaire a été appliquée dans la zone Sud pour les entreprises minières, exclues du système de subvention. Le prix du litre de gasoil est alors passé de 1,70 à 2,43 dollars, soit une hausse de près de 43 %. Celui de l’essence a été relevé de 1,60 à 2,08 dollars, soit une augmentation de 30 %. Cette évolution constitue un premier alignement partiel sur les conditions du marché international.
Boaz Kabeya
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The Democratic Republic of Congo is considering sourcing petroleum products from Nigeria’s Dangote refinery amid tensions in refined fuel markets, the Ministry of National Economy said in a statement on April 14, 2026.
Deputy Prime Minister Daniel Mukoko Samba traveled to Nigeria to secure the country’s fuel supply, the ministry said.
During the visit, Mukoko Samba met businessman Aliko Dangote to explore direct supply to the Congolese market. He also held talks with UBA Group Chairman Tony Elumelu and Chief Executive Oliver Alawuba on financing petroleum product imports.
The initiative aims to diversify sources of supply, reduce reliance on a single supply chain and improve the country’s ability to respond to shifts in international markets. Global oil markets have been under pressure since the outbreak of war in the Middle East in February.
Africa’s largest refinery
Located in Lekki, the Dangote refinery has an estimated capacity of 650,000 barrels per day, making it the largest refining facility in Africa. However, a significant share of output is allocated to the domestic market, limiting export volumes.
The DRC is competing with several African countries also seeking supply from the refinery. South Africa and Kenya have taken steps in that direction, according to Bloomberg. Cargoes of refined products have already been delivered to Ghana, Togo, Cameroon, Tanzania and Côte d’Ivoire, according to specialized media reports, including Ecofin Agency.
These commitments leave limited volumes available for new buyers, leaving little room for countries such as the DRC.
According to the Central Bank of Congo’s 2023 annual report, the country consumed 2,804,698 cubic meters of petroleum products that year, equivalent to 17.64 million barrels, or more than 48,000 barrels per day on average. Authorities say consumption has since increased significantly, although more recent data has not yet been published.
Timothée Manoke
La République démocratique du Congo (RDC) explore la possibilité de s’approvisionner auprès de la raffinerie Dangote, au Nigeria, dans un contexte de tensions sur le marché des produits pétroliers. Dans une communication publiée le 14 avril 2026, le ministère de l’Économie nationale indique que le vice-Premier ministre Daniel Mukoko Samba a effectué une mission au Nigeria afin d’identifier des solutions pour sécuriser l’approvisionnement du pays.
Une réunion a notamment été tenue avec l’homme d’affaires Aliko Dangote, avec pour objectif d’étudier la possibilité d’un approvisionnement direct du marché congolais. Selon la même source, Daniel Mukoko Samba a également eu des échanges avec le président du groupe UBA, Tony Elumelu, et son directeur général, Oliver Alawuba, au sujet du financement des importations des produits pétroliers.
Selon le ministère, cette démarche vise à diversifier les sources d’approvisionnement, à réduire la dépendance à un circuit unique et à renforcer la capacité d’anticipation face aux évolutions du marché international. Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient en février dernier, les marchés pétroliers internationaux sont en effet soumis à de fortes tensions.
Située à Lekki, la raffinerie Dangote dispose d’une capacité de production estimée à 650 000 barils par jour, ce qui en fait la plus grande installation de raffinage du continent. Toutefois, une large part de cette production est destinée au marché domestique nigérian, ce qui limite les volumes disponibles pour l’exportation.
La RDC est, en outre, en concurrence avec plusieurs pays africains qui se tournent vers cette raffinerie pour sécuriser leurs approvisionnements. Selon Bloomberg, l’Afrique du Sud et le Kenya ont engagé des démarches en ce sens. Par ailleurs, des cargaisons de produits raffinés en provenance de Dangote ont déjà été livrées à plusieurs pays du continent, notamment le Ghana, le Togo, le Cameroun, la Tanzanie et la Côte d’Ivoire, selon des informations relayées par des médias spécialisés, dont Agence Ecofin.
Dans ces conditions, les volumes disponibles pour de nouveaux marchés restent limités, ce qui réduit la marge de manœuvre de pays comme la RDC. Selon le rapport annuel 2023 de la Banque centrale du Congo, le pays a consommé 2 804 698 m³ de produits pétroliers en 2023, soit 17,64 millions de barils, ce qui représente une moyenne de plus de 48 000 barils par jour. De l’avis même des autorités, ces volumes ont depuis largement augmenté, même si des chiffres plus récents n’ont pas encore été publiés.
Timothée Manoke
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DRC is considering the construction of an urban viaduct known as the “Baie de Ngaliema” in Kinshasa. The project was presented by Infrastructure and Public Works Minister John Banza Lunda at the Cabinet meeting of April 10, 2026.
According to a government statement, the project is intended to address persistent congestion on several of the capital’s main corridors, particularly those linking outlying areas to the city center.
The plan includes a 3.5-kilometer viaduct with two lanes in each direction, designed to improve traffic flow in the western part of the city.
The viaduct is expected to ease congestion on the Northwest Ring Road and Matadi Road, also known as Avenue de la Montagne, two corridors regularly congested during peak hours. It would also bypass some of the most congested areas, including Kintambo-Magasin and the Kintambo–Boulevard Mondjiba–Socimat corridor.
Planned route
According to details presented at the Cabinet meeting, the route will begin at Avenue du Tourisme near Hôpital de la Rive, pass through the Chanic area and end at Boulevard Tshiatshi near the Pullman hotel.
The structure will include controlled interchanges and access ramps, with a design speed of 60 to 80 kilometers per hour. Part of the route will run along the riverbank to improve traffic flow and ensure smoother connections across the city.
The project is part of broader efforts to modernize road infrastructure in Kinshasa, where strain on urban transport remains high.
In 2025, the government disbursed $40 million to rehabilitate about 30 kilometers of roads, adding to funding already committed for nearly 115 kilometers of urban roadways. In August of the same year, an additional $51 million was announced to accelerate several construction projects in the capital.
The Baie de Ngaliema project is still at the proposal stage. Its implementation timeline and financing arrangements have not yet been specified.
Ronsard Luabeya
Kinshasa's public transport operator Transco plans to introduce electronic ticketing from May 1, 2026, as part of a broader effort to modernize fare collection. The project is backed by the Ministry of Transport.
The initiative builds on a drive launched in October 2025 to digitize ticket sales and improve revenue tracking.
Under the new system, passengers will use a smart transport card to board buses. The cards will be available from Transco agents and can be topped up online via mobile money platforms or at selected company stops.
The reform will gradually phase out physical tickets and cash payments rather than eliminate them outright. It has two main goals: easing access to buses and improving revenue tracking.
In October 2025, then-interim director general Solange Kabedi Odra said digitalization would help upgrade operations and improve the management of financial flows in the capital.
The project is being implemented with support from Congolese firm Pimacle and Equity BCDC. Pimacle was selected from several technical proposals, while Equity BCDC is providing support on financial and digital inclusion.
The modernization comes as pressure on urban transport in Kinshasa remains high. To strengthen capacity, Transco is also working to rebuild its fleet. In March 2026, several media outlets reported that the company still expected to take delivery of 80 buses under a contract for 230 vehicles signed with Congo Suprême Automobile. It has also announced a public-private partnership to acquire 1,000 Foton buses.
Beyond the technological shift, the digitalization of ticketing forms part of a broader recovery strategy aimed at securing revenue, improving service quality and modernizing management. While May 1, 2026, is the date highlighted in official communications, the system’s rollout in the coming months will determine whether it can deliver lasting change to public transport in Kinshasa.
Ronsard Luabeya
Heineken has agreed to sell its stake in Brasseries, Limonaderies et Malteries S.A. (Bralima) to Mauritius-based ELNA Holdings Ltd. The Dutch brewer announced the transaction on April 10, 2026, marking a new phase in its operations in the Democratic Republic of Congo (DRC). The group did not disclose financial terms. Bralima operates three breweries in Kinshasa, Kisangani and Lubumbashi.
Under the terms of the deal, ELNA Holdings will take over all local operations, including production, distribution, workforce management and stakeholder relations. Heineken said it will retain ownership of its international and local brands produced in the DRC, including Heineken, Primus, Turbo King, Legend and Mützig, and will continue to operate in the Congolese market through long-term licensing agreements.
The deal structure allows the group to maintain a commercial presence without directly managing industrial operations. Heineken said the transaction does not represent an exit from the Congolese market, but rather a shift toward an asset-light model focused on brand ownership and monetizing its rights rather than day-to-day management of production sites.
In its statement, Heineken said the transaction is part of its EverGreen 2030 strategy, which calls for active portfolio management, optimization of its operational footprint and a shift toward an asset-light model in certain markets. As part of that strategy, the group also intends to concentrate its efforts on a limited number of high-potential markets.
The arrangement allows Heineken to reduce its direct industrial exposure while continuing to capture value through its brands, licenses and royalties. For some industry observers, the transaction is designed to improve returns in the DRC: Heineken remains present in the market but with fewer assets on its balance sheet and potentially lower fixed costs.
The sale of Bralima comes months after Heineken transferred its Bukavu brewery to Synergy Ventures Holdings Ltd for a symbolic one euro, following the loss of operational control of the site amid deteriorating security conditions in eastern DRC. Heineken had said at the time that it had lost control of its facilities in Bukavu, Goma and surrounding areas after they were seized by armed men.
In its 2025 accounts, the group also recorded an impairment of 113 million euros linked to its DRC operations, reflecting the tangible financial impact of the disruptions affecting Bralima.
The decision also comes amid broader cost-cutting within the group. Reuters reported in February 2026 that Heineken was targeting up to 6,000 job cuts globally as part of its efficiency drive. In March, the group also announced the gradual phase-out of large-scale production at its Tuas brewery in Singapore by 2027, with output to be transferred to other regional sites.
Timothée Manoke
Le gouvernement congolais envisage la construction d’un viaduc urbain dit de la « Baie de Ngaliema » à Kinshasa. Le projet a été présenté par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026, qui en a pris acte à titre d’information.
Selon le compte rendu officiel, cette infrastructure vise à répondre à la congestion persistante qui affecte plusieurs axes majeurs de la capitale, notamment ceux reliant les zones périphériques au centre-ville.
Le projet prévoit la réalisation d’un viaduc de 3,5 kilomètres, en configuration 2x2 voies, destiné à améliorer la fluidité du trafic dans la partie ouest de la ville.
L’ouvrage doit notamment contribuer à la décongestion de la Rocade Nord-Ouest ainsi que de la route de Matadi (avenue de la Montagne), deux axes régulièrement saturés aux heures de pointe. Il permettra également de contourner des zones identifiées comme particulièrement encombrées, notamment Kintambo-Magasin et l’axe Kintambo–boulevard Mondjiba–Socimat.
Selon les éléments présentés au Conseil, le tracé partira de l’avenue du Tourisme, à hauteur de l’Hôpital de la Rive, traversera la zone de Chanic, avant de déboucher sur le boulevard Tshiatshi, à proximité de l’hôtel Pullman.
Conçu comme un viaduc urbain, l’ouvrage intégrera des échangeurs et des rampes d’accès contrôlés, avec une vitesse de référence estimée entre 60 et 80 km/h. Une partie du tracé longera la bordure fluviale, dans une logique d’optimisation des flux et de continuité urbaine.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation des infrastructures routières à Kinshasa, où la pression sur la mobilité urbaine reste élevée.
En 2025, le gouvernement avait notamment décaissé 40 millions de dollars pour la réhabilitation d’environ 30 kilomètres de routes, en complément de financements déjà engagés sur près de 115 kilomètres de voiries urbaines. En août de la même année, 51 millions de dollars supplémentaires avaient été annoncés pour accélérer plusieurs chantiers dans la capitale.
À ce stade, le projet de viaduc de la Baie de Ngaliema en est encore au stade de la présentation. Son calendrier de mise en œuvre et ses modalités de financement n’ont pas encore été précisés par les autorités.
Ronsard Luabeya
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Heineken a annoncé, le 10 avril 2026, la cession de sa participation dans Brasseries, Limonaderies et Malteries S.A. (Bralima) à la société mauricienne ELNA Holdings Ltd, marquant un nouveau tournant dans sa présence en République démocratique du Congo (RDC). Le groupe néerlandais précise que cette opération, dont le montant n’a pas été révélé, concerne sa filiale congolaise, qui exploite trois brasseries à Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi.
Selon les termes de l’opération, ELNA Holdings prendra en charge l’ensemble des opérations locales, y compris la production, la distribution, la gestion des employés et les relations avec les parties prenantes. De son côté, Heineken conserve la propriété de ses marques internationales et locales brassées en RDC, notamment Heineken, Primus, Turbo King, Legend et Mützig, et continuera d’opérer sur le marché congolais à travers des accords de licence à long terme.
Ce montage permet ainsi au groupe de préserver sa présence commerciale sans continuer à assumer directement l’exploitation industrielle. Pour Heineken, il n’est donc pas question de quitter le marché congolais, mais d’y rester sous une forme plus légère, davantage centrée sur la marque et la monétisation de ses droits que sur la gestion quotidienne des sites de production.
Dans son communiqué, Heineken explique d’ailleurs que l’opération s’inscrit dans sa stratégie EverGreen 2030, qui prévoit une gestion active du portefeuille, une optimisation de l’empreinte opérationnelle et une évolution vers un modèle plus asset-light sur certains marchés. Dans ce cadre, le groupe entend également concentrer davantage ses efforts sur un nombre limité de marchés à fort potentiel.
Concrètement, ce schéma permet au groupe de réduire son exposition industrielle directe tout en continuant à capter de la valeur via ses marques, ses licences et les redevances associées. Pour certains acteurs du secteur, l’opération vise ainsi à améliorer le rendement en RDC : Heineken reste présent sur le marché, mais avec moins d’actifs à porter et potentiellement moins de coûts fixes à supporter.
La décision de Heineken de céder ses actions dans Bralima intervient quelques mois après le transfert de la brasserie de Bukavu à Synergy Ventures Holdings Ltd pour un euro symbolique, à la suite de la perte du contrôle opérationnel du site dans un contexte de dégradation sécuritaire dans l’est de la RDC. Heineken avait alors indiqué avoir perdu le contrôle de ses installations de Bukavu, Goma et des environs, après leur prise par des hommes armés.
Dans ses comptes 2025, le groupe a également fait état d’une dépréciation de 113 millions d’euros liée à ses activités en RDC, signe d’un impact financier tangible des perturbations subies par Bralima.
Cette décision s’inscrit aussi dans un contexte plus large de rationalisation au sein du groupe. Reuters a rapporté, en février 2026, que Heineken visait jusqu’à 6 000 suppressions de postes à l’échelle mondiale dans le cadre de ses efforts d’efficacité. En mars, le groupe a également annoncé l’arrêt progressif de la production à grande échelle dans sa brasserie de Tuas, à Singapour, d’ici 2027, avec un transfert vers d’autres sites régionaux.
Timothée Manoke
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