La République démocratique du Congo veut renforcer la participation des entreprises locales aux grands projets publics réalisés dans le cadre des partenariats public-privé (PPP). Cette orientation a été au centre d’une rencontre tenue le 2 juin 2026 entre l’Agence pour la promotion des classes moyennes (APROCM) et l’Unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé (UC-PPP).
Selon l’APROCM, les deux institutions ont engagé des discussions en vue de mettre en place un dispositif destiné à faciliter l’accès des petites et moyennes entreprises congolaises aux opportunités générées par les grands projets PPP.
Cette collaboration devrait notamment passer par l’élaboration d’une feuille de route commune et la mise en place d’une équipe mixte de suivi. L’objectif est de mieux encadrer la participation des PME nationales aux marchés liés aux grands projets publics.
Accès aux marchés
Parmi les pistes évoquées figurent la définition de quotas d’allotissements réservés aux PME congolaises, le recours à des contrats de sous-traitance en faveur des startups locales et le transfert de compétences sur les grands chantiers d’infrastructures.
Ces mécanismes visent à éviter que les projets PPP ne profitent uniquement aux grandes entreprises disposant déjà de capacités techniques, financières et organisationnelles importantes. Ils doivent permettre aux PME locales d’accéder progressivement à des marchés plus structurants, tout en renforçant leurs compétences.
Pour le directeur général de l’APROCM, Tchelo Mazombo Pascal, l’enjeu est de permettre aux entrepreneurs congolais d’apprendre aux côtés de grands groupes à travers l’échange de compétences. Cette approche est présentée comme un moyen d’accélérer la montée en puissance du tissu entrepreneurial national.
De son côté, le directeur général de l’UC-PPP, François Ngenyi, estime que cette démarche pourrait contribuer à la création d’emplois et à l’émergence d’entrepreneurs congolais capables de participer plus activement aux grands projets économiques du pays.
Mise en œuvre attendue
À ce stade, le dispositif reste toutefois à préciser. La communication de l’APROCM ne détaille pas encore les quotas envisagés, les critères d’éligibilité des PME, les projets PPP concernés ni le calendrier de mise en œuvre.
Cette initiative s’inscrit dans la perspective du programme présidentiel « Debout Jeunes Congolais », dont le lancement est annoncé pour le 30 juin. En février, le gouvernement avait évoqué une enveloppe comprise entre 650 millions et 1,3 milliard de dollars à mobiliser sur six ans pour soutenir l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes.
L’enjeu sera désormais de transformer cette orientation en mécanismes contraignants et mesurables. Pour les PME congolaises, l’accès aux PPP dépendra non seulement des quotas ou des lots réservés, mais aussi de leur capacité à répondre aux exigences techniques, financières et de gouvernance imposées par les grands projets publics.
Ronsard Luabeya
La Société de microfinance Guilgal SA a fortement renforcé ses financements à moyen terme en 2025. Selon son Rapport Pilier III 2025, l’encours de cette catégorie de crédits a atteint 58 milliards de francs congolais à fin décembre, contre 34 milliards un an plus tôt, soit une progression de 70,8 %.
Ces financements ont ainsi gagné plus de 24 milliards de francs congolais en une année, confirmant une réorientation du portefeuille vers des échéances plus longues. Cette évolution constitue le principal moteur de la croissance du portefeuille de crédits de l’institution.
Dans le même temps, les crédits à court terme ont reculé de 24 %, à 39,7 milliards de francs congolais. Cette dynamique modifie la structure des crédits de Guilgal : en 2024, les crédits à moyen terme représentaient environ 40 % de l’ensemble des crédits à court et moyen terme ; en 2025, leur poids dépasse désormais celui des crédits à court terme.
Cette orientation s’accompagne d’une hausse de la taille moyenne des prêts. L’encours moyen de crédit par emprunteur est passé de 2,83 millions à 3,57 millions de francs congolais entre 2024 et 2025. Le nombre d’emprunteurs a également progressé de 5,4 %, pour atteindre 29 764 clients à fin décembre.
Risque de crédit
Cette croissance survient alors que la qualité du portefeuille reste un point de vigilance. Le portefeuille à risque à plus de 30 jours, ou PAR30, s’est établi à 5,5 % à fin 2025, contre 3,9 % un an plus tôt. Ce niveau dépasse légèrement la norme de 5 % retenue dans le rapport.
La situation reste contrastée. Les créances litigieuses ou en retard ont diminué de 40 %, passant de 21,5 milliards de francs congolais en 2024 à 12,9 milliards en 2025. Le portefeuille à risque à plus d’un jour, ou PAR1, a également reculé, de 20,5 % à 11,9 %.
En revanche, la hausse du PAR30 montre que les retards de remboursement les plus persistants restent à surveiller. Autrement dit, Guilgal a réduit le stock global de créances problématiques, mais n’a pas encore ramené tous ses indicateurs de qualité du portefeuille sous les seuils de référence.
Le rapport identifie d’ailleurs deux points d’attention pour l’exercice 2025 : le PAR30 et le taux d’abandon des créances. L’institution indique avoir engagé des actions correctives à travers un plan stratégique dédié et avoir intégré ces risques dans son Plan de continuité des activités.
Expansion du réseau
Cette vigilance est d’autant plus importante que Guilgal poursuit son expansion. Pour accompagner la croissance de ses activités, l’institution a renforcé son réseau avec l’ouverture des agences de Boma et Moanda, ainsi que des guichets avancés de Lufu, au Kongo Central, et du Rond-point Huileries, à Kinshasa.
Les effectifs ont également augmenté. Guilgal est passée de 512 à 670 agents en une année, soit une hausse de 30,9 %. Le nombre d’agents de crédit a progressé de 203 à 251, renforçant les capacités de distribution et de suivi des prêts.
Cette expansion s’appuie aussi sur un renforcement des ressources financières. Les emprunts et dettes à moyen et long terme ont progressé de 22,6 %, à 55,4 milliards de francs congolais. Les fonds de financement et de garantie ont, pour leur part, augmenté de près de 50 %, à 8,5 milliards.
L’enjeu pour Guilgal sera donc de poursuivre la croissance de son portefeuille, notamment sur les maturités moyennes, tout en renforçant la maîtrise du risque de crédit. La progression des crédits à moyen terme confirme une stratégie d’expansion plus ambitieuse, mais le niveau du PAR30 rappelle que cette croissance devra rester étroitement encadrée.
Boaz Kabeya
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La circulation sur l’axe Mambasa-Beni est de nouveau perturbée après l’effondrement du pont Ituri II, situé sur la Route nationale n°44. Selon la coordination territoriale de la Nouvelle société civile congolaise de Mambasa, l’ouvrage s’est affaissé dimanche 7 juin, interrompant le trafic sur ce tronçon stratégique reliant l’Ituri au Nord-Kivu.
Jeté sur la rivière Ituri, le pont Ituri II constitue un passage important pour les transporteurs, les commerçants et les voyageurs entre Mambasa, en Ituri, et Beni, au Nord-Kivu. L’axe facilite également les échanges avec d’autres zones de l’Est du pays, notamment vers la Tshopo.
Cette nouvelle coupure intervient dans une région déjà fragilisée par l’insécurité liée aux attaques des rebelles ADF. Pour les acteurs locaux, l’interruption du trafic risque de compliquer l’approvisionnement des marchés, la circulation des personnes et le transport des marchandises entre les deux provinces.
L’incident ravive les inquiétudes sur la durabilité de l’ouvrage. Le pont Ituri II s’était déjà effondré le 13 mars 2023, après le passage d’un camion surchargé. Cet effondrement avait entraîné une interruption prolongée du trafic sur l’axe Mambasa-Beni.
Après plusieurs mois de travaux menés par l’Office des routes, avec l’appui du Fonds national d’entretien routier, la circulation avait officiellement repris en mars 2024. Les autorités avaient alors appelé les usagers à respecter les limites de tonnage afin de préserver l’infrastructure.
Impact logistique
La situation du pont faisait encore l’objet d’alertes ces derniers mois. Des sources locales avaient signalé, en mars 2026, l’état préoccupant de plusieurs ouvrages sur l’axe Makeke-Mambasa, dont le pont Ituri II, avec des restrictions évoquées pour les poids lourds.
Pour les opérateurs économiques, cette nouvelle interruption pourrait entraîner une hausse des coûts logistiques. Lors de l’effondrement de 2023, les transporteurs avaient dû recourir à des transbordements par pirogue, avec des pertes de temps, des coûts supplémentaires et des difficultés pour l’acheminement des marchandises.
La coupure pourrait également peser sur les recettes liées au trafic routier et aux échanges commerciaux dans la zone, comme cela avait été signalé lors de la précédente interruption. À ce stade, aucune estimation officielle des pertes économiques ni aucun calendrier de réhabilitation n’a encore été communiqué.
La priorité porte désormais sur l’évaluation technique de l’ouvrage, l’identification des causes de l’effondrement et la mise en place d’une solution provisoire pour rétablir la circulation entre Mambasa et Beni.
Boaz Kabeya
Congo Motors and U.S. agricultural equipment brand Case IH plan to launch the first phase of a local tractor assembly plant in the Democratic Republic of Congo before the end of 2026. On June 5, Minister of State for Agriculture and Food Security Muhindo Nzangi Butondo presided over the groundbreaking ceremony for the assembly plant in Kinzalandi, in the Mbanza-Ngungu territory of Kongo Central province.
According to the agriculture ministry, the facility is led by Congo Motors, with Case IH providing technological support. In its first phase, the plant will focus on tractor assembly. The aim is then to gradually increase the share of local manufacturing, in order to develop a national agricultural equipment supply chain and reduce dependence on imported machinery.
The project is part of the government's agricultural mechanisation strategy. The ministry estimates that the DRC needs around 5,000 tractors per year to meet producers' needs, improve yields and support the transformation of the rural sector. The government says it has already placed a firm order for 3,000 tractors destined for agricultural producers across the country. That order could represent one of the first outlets for the future assembly unit.
Local maintenance
Beyond assembly, the project is also intended to address the challenge of maintenance. According to the ministry, many tractors acquired in recent years have remained idle due to a lack of qualified technicians or available spare parts. The future facility is therefore expected to include a training centre for specialist technicians, a maintenance service and a spare parts supply system. The aim is to extend equipment service life and prevent tractors distributed to producers from falling out of use.
Congo Motors is already established in the DRC in the distribution of vehicles, equipment and after-sales services. Its involvement in the project marks an attempt to move from distributing imported equipment toward a first local industrial capacity in agricultural machinery. Case IH, an international brand specialising in agricultural equipment, is to provide technological support for the project.
For Kinshasa, the collaboration is intended to gradually build local expertise in assembly, maintenance and, eventually, the manufacture of certain components. At this stage, authorities have not yet released details on the project's total cost, the plant's initial annual capacity, the exact share of components to be produced locally or the timeline for scaling up toward fuller manufacturing.
Ronsard Luabeya
Après une première acquisition dans le Nord-Kivu, Copper Intelligence étend ses activités dans le sud de la République démocratique du Congo. La société a annoncé l’acquisition du permis de recherche PR-15880, correspondant au projet Kitungu, situé dans le territoire de Kasenga, dans la province du Haut-Katanga.
Dans une communication datée du 29 avril 2026, l’entreprise indique que le permis couvre une superficie de 764,55 hectares et se trouve dans le Copperbelt congolais, à environ 73 kilomètres à vol d’oiseau de Lubumbashi. Le site serait accessible depuis la capitale provinciale par la route nationale 5.
Cette acquisition marque une nouvelle étape dans la stratégie de Copper Intelligence en RDC. La société s’était auparavant positionnée dans le Nord-Kivu, à travers le projet cuprifère de Butembo, où elle affirme poursuivre des travaux d’exploration, notamment en vue d’une campagne de forages.
Données historiques
Copper Intelligence cible des actifs présentant déjà des indications géologiques préliminaires. À Butembo, l’intérêt du projet reposait notamment sur des échantillons de surface et des données issues de puits artisanaux et de tranchées d’exploration, avec des teneurs ponctuelles en cuivre pouvant atteindre 18 %. Ces résultats restent toutefois préliminaires et ne constituent pas une estimation certifiée de ressources.
Pour le projet Kitungu, l’intérêt de l’acquisition repose en partie sur des données historiques. Selon Copper Intelligence, d’anciens opérateurs avaient estimé la présence d’environ 18,2 millions de tonnes de minerai à une teneur moyenne de 1,74 % de cuivre.
En retraitant ces anciennes données avec ses propres modèles, la société évoque une estimation conceptuelle plus large, pouvant aller jusqu’à environ 27 millions de tonnes à une teneur moyenne de 1,54 % de cuivre. Dans un scénario plus prudent, limité aux zones les plus riches, elle mentionne environ 24,8 millions de tonnes à 1,62 % de cuivre.
Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec prudence. Ils ne proviennent pas de nouveaux forages réalisés par Copper Intelligence, mais d’une réinterprétation de données anciennes. Ils ne constituent donc ni des réserves minières ni des ressources certifiées au sens des standards internationaux.
Exploration à confirmer
La société précise que les neuf forages historiques disponibles ne couvrent qu’une portion limitée du terrain, sur environ 700 mètres. Cette information suggère un potentiel d’extension de la zone minéralisée, qui devra toutefois être confirmé par des travaux supplémentaires.
Copper Intelligence indique également avoir réalisé de premières simulations économiques pour tester le potentiel du projet. Ces analyses restent préliminaires et dépendront des résultats de futurs forages, étape nécessaire avant toute estimation de ressources conforme aux standards internationaux et toute décision de développement industriel.
D’après les éléments disponibles auprès du Cadastre minier, le permis PR-15880 était précédemment associé à Rock Mining SARL. Les informations publiées par cette société sur son site Internet la présentent comme une structure engagée dans l’exploration et la valorisation de projets miniers en RDC.
L’opération intervient dans un contexte international marqué par une compétition accrue autour du cuivre et des minerais critiques, alors que les acteurs industriels cherchent à sécuriser de nouvelles sources d’approvisionnement.
À ce stade, les actifs de Copper Intelligence en RDC demeurent en phase d’exploration. Leur développement éventuel dépendra des résultats des programmes de forages, de la certification des ressources, des études techniques et économiques, ainsi que des autorisations réglementaires nécessaires.
Timothée Manoke
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More than two months after the takeover of Chemaf was finalised, the role of Lloyds Metals and Energy, Virtus Minerals' partner in the deal, in the management of the Congolese mining assets is coming into focus. A new Chemaf organisational chart, dated late May to early June and reviewed by Bankable, places several executives from the Lloyds-Thriveni ecosystem in key positions.
The document lists Virtus chief executive Phillip Braun as Chemaf's CEO. It also identifies Sooryanarayanan (Soorya) Prabhakaran, executive director of the Lloyds & Thriveni group, as the copper-cobalt producer's CEO-designate. "He is currently tasked with setting up, operationalising and ramping up Chemaf's mining assets in the Democratic Republic of Congo," the document states.
The new organisational chart also shows Subramanian Alagappan as deputy chief executive. Alagappan is the Lloyds & Thriveni group's country head in the DRC.
Lloyds Metals and Energy, the operator of Chemaf's mining and industrial assets, is historically an iron ore producer, while Thriveni Earthmovers has established itself as one of India's leading private mining contractors, particularly in coal and large-scale mining operations. In 2025, Lloyds strengthened its control over Thriveni by raising its stake to nearly 80%.
Like their employers, the executives now overseeing Chemaf's restart have backgrounds in running large-scale mining operations. Their direct exposure to the copper and cobalt sector, however, remains more limited.
Before taking on responsibility for Chemaf, Soorya Prabhakaran led Thriveni's iron ore operations in the Indian state of Odisha, where he helped double output from 20 million to 40 million tonnes per year.
Subramanian Alagappan has nearly three decades of experience in coal mining, iron ore and large open-pit mining projects in India, Indonesia, China and Mozambique. He also heads Surya Mines SARL, indirectly controlled by the group through its acquisition of 50% of Nexus Holdco, which holds 90% of Surya, according to a group statement dated January 6, 2026.
Key shareholder
Lloyds' first asset in Africa, Surya Mines operates in Haut-Katanga and holds a hydrometallurgical plant at Kitemina with an announced annual capacity of 30,000 tonnes of copper cathodes and 5,000 tonnes of cobalt hydroxide. Operations began there in March 2026, according to a company document. Surya is also carrying out exploration activities across 16 mining concessions in the Likasi region.
Beyond its operational role, Lloyds is also a key shareholder in Chemaf. According to an investor note dated March 30 and obtained by Bankable, the Indian group controls 41% of Virtus Lloyds Minerals Holding (VLMH), the vehicle that acquired 100% of Chemaf's assets for $30 million. Virtus Minerals holds 51%.
Even with the announced transfer of a 10% stake to the Congolese state, Lloyds' weight in Chemaf's shareholding structure is expected to remain significant. The success of efforts to revive Chemaf therefore rests largely on the Indian group. It will need to overcome several challenges: debt estimated at close to one billion dollars, production facilities to restart, the Mutoshi project to complete, and significant social obligations, including arrears owed to more than 3,000 employees and subcontractors.
For now, details of the restart remain limited. In its communications with investors, Lloyds has focused mainly on Chemaf's industrial potential.
According to the Indian group, Chemaf currently has an industrial capacity of 20,000 tonnes per year of copper cathodes and 4,000 tonnes per year of cobalt, centred on the Etoile plant. Once completed, the Mutoshi project is expected to add 50,000 tonnes per year of copper and 16,000 tonnes per year of cobalt. In total, Chemaf's capacity could reach 70,000 tonnes of copper and 20,000 tonnes of cobalt per year, if the expansion projects are completed as planned.
Factoring in Lloyds' other DRC operations through Surya Mines, the Indian group is targeting a total capacity of around 100,000 tonnes of copper and 20,000 tonnes of cobalt per year in the country.
Pierre Mukoko
Congo Motors et Case IH ambitionnent de lancer, avant la fin de l’année 2026, une première phase d’assemblage local de tracteurs agricoles en République démocratique du Congo. Le 5 juin 2026, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a présidé la cérémonie de pose de la première pierre de l’usine d’assemblage à Kinzalandi, dans le territoire de Mbanza-Ngungu, au Kongo Central.
Selon le ministère de l’Agriculture, l’unité est portée par Congo Motors et la marque américaine Case IH apporte un appui technologique. Dans sa première phase, l’usine sera consacrée à l’assemblage de tracteurs. L’objectif est ensuite d’accroître progressivement la part de fabrication locale, afin de développer une filière nationale d’équipements agricoles et de réduire la dépendance aux matériels importés.
Le projet s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de mécanisation agricole. Le ministère estime que la RDC a besoin d’environ 5 000 tracteurs par an pour répondre aux besoins des producteurs, améliorer les rendements et soutenir la transformation du secteur rural. Le gouvernement affirme avoir déjà passé une commande ferme de 3 000 tracteurs destinés aux producteurs agricoles sur l’ensemble du territoire national. Cette commande pourrait constituer l’un des premiers débouchés de la future unité d’assemblage.
Maintenance locale
Au-delà de l’assemblage, le projet doit aussi répondre au défi de la maintenance. Selon le ministère, de nombreux tracteurs acquis ces dernières années sont restés immobilisés faute de techniciens qualifiés ou de pièces de rechange disponibles. La future unité devrait donc intégrer un centre de formation pour techniciens spécialisés, un service de maintenance et un dispositif d’approvisionnement en pièces détachées. L’objectif est de prolonger la durée d’utilisation des équipements et d’éviter que les tracteurs distribués aux producteurs ne restent hors service.
Congo Motors est déjà positionné en RDC dans la distribution de véhicules, d’équipements et de services après-vente. Son implication dans ce projet marque une tentative de passage de la distribution de matériels importés vers une première capacité industrielle locale dans les machines agricoles. Case IH, marque internationale spécialisée dans les équipements agricoles, doit apporter l’appui technologique au projet.
Pour Kinshasa, cette collaboration doit permettre d’installer progressivement un savoir-faire local dans l’assemblage, l’entretien et, à terme, la fabrication de certains composants. À ce stade, les autorités n’ont pas encore communiqué de détails sur le coût global du projet, la capacité annuelle initiale de l’usine, la part exacte des composants qui seront produits localement ni le calendrier de montée en puissance vers une fabrication plus complète.
Ronsard Luabeya
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Plus de deux mois après la finalisation de la reprise de Chemaf, le rôle dans l’exploitation des actifs miniers congolais de Lloyds Metals and Energy, partenaire de Virtus Minerals dans cette opération, prend forme. Un nouvel organigramme de Chemaf, daté de fin mai-début juin et consulté par Bankable, place désormais plusieurs dirigeants issus de l’écosystème Lloyds-Thriveni à des postes clés.
Le document présente certes le directeur général de Virtus, Phillip Braun, comme directeur général (CEO) de Chemaf. Mais, il indique également que Sooryanarayanan (Soorya) Prabhakaran, directeur exécutif du groupe Lloyds & Thriveni, est le directeur général « désigné » du producteur de cuivre-cobalt. « Il est actuellement chargé de la mise en place, de l’opérationnalisation et de la montée en puissance des actifs miniers de Chemaf en République démocratique du Congo », précise le document.
Le nouvel organigramme fait également apparaître Subramanian Alagappan au poste de directeur général adjoint. Ce dernier est le responsable pays du groupe Lloyds & Thriveni en RDC.
Lloyds Metals and Energy, opérateur des actifs miniers et industriels de Chemaf, est historiquement un producteur de minerai de fer, tandis que Thriveni Earthmovers s’est imposé comme l’un des principaux prestataires miniers privés d’Inde, notamment dans le charbon et les travaux miniers de grande échelle. En 2025, Lloyds a renforcé son contrôle sur Thriveni en portant sa participation à près de 80 % du capital.
Comme leurs employeurs, les dirigeants désormais en charge de la relance opérationnelle de Chemaf disposent d’une expérience dans la conduite d’opérations minières industrielles. Leur exposition directe à l’univers du cuivre et du cobalt reste toutefois plus limitée.
Avant d’être associé au dossier Chemaf, Soorya Prabhakaran dirigeait notamment l’activité minerai de fer de Thriveni dans l’État indien d’Odisha, où il a contribué à doubler la production, passée de 20 à 40 millions de tonnes par an.
De son côté, Subramanian Alagappan totalise près de trois décennies d’expérience dans les mines de charbon, le minerai de fer et les grands projets miniers à ciel ouvert en Inde, en Indonésie, en Chine et au Mozambique. Il dirige également Surya Mines SARL, indirectement contrôlée par le groupe grâce à l’acquisition de 50 % de Nexus Holdco, qui détient 90 % de Surya, selon une communication du groupe datée du 6 janvier 2026.
Actionnaire clé
Premier actif de Lloyds en Afrique, Surya Mines, active dans le Haut-Katanga, détient une usine hydrométallurgique à Kitemina, d’une capacité annuelle annoncée de 30 000 tonnes de cathodes de cuivre et 5 000 tonnes d’hydroxyde de cobalt. Ses opérations ont débuté en mars 2026, selon un document de l’entreprise. Surya mène également des activités d’exploration sur 16 concessions minières dans la région de Likasi.
Au-delà de son rôle opérationnel, Lloyds est aussi un actionnaire de référence de Chemaf. Selon une note produite, le 30 mars dernier, à l’attention des investisseurs, dont Bankable a obtenu copie, le groupe indien contrôle 49 % de Virtus Lloyds Minerals Holding (VLMH), le véhicule qui a acquis 100 % des actifs de Chemaf pour 30 millions de dollars. Virtus Minerals en détient 51 %.
Même avec la cession annoncée de 10 % des parts à l’État congolais, le poids de Lloyds dans l’actionnariat de Chemaf devrait rester significatif. Le succès de la relance repose donc en grande partie sur le groupe indien. Il devra surmonter plusieurs défis : une dette estimée à près d’un milliard de dollars, une production à relancer, le projet Mutoshi à finaliser, ainsi que d’importantes attentes sociales, avec des arriérés dus à plus de 3 000 employés et sous-traitants.
Pour l’heure, les modalités concrètes de la relance restent peu détaillées. Devant les investisseurs, Lloyds met surtout en avant le potentiel industriel de Chemaf.
Selon le groupe indien, Chemaf dispose aujourd’hui d’une capacité industrielle de 20 000 tonnes par an de cathodes de cuivre et de 4 000 tonnes par an de cobalt, concentrée autour de l’usine d’Étoile. Une fois achevée, le projet Mutoshi est censé ajouter 50 000 tonnes par an de cuivre et 16 000 tonnes par an de cobalt. Au total, les capacités de Chemaf pourraient donc atteindre 70 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an, si les projets d’expansion sont finalisés comme prévu.
En intégrant les autres opérations de Lloyds en RDC via Surya Mines, le groupe indien vise une capacité totale d’environ 100 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an dans le pays.
Pierre Mukoko
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Repeated power outages in the DRC territories of Sakania, Kasenga and Pweto, as well as in the commune of Mokambo in Haut-Katanga province, are linked to a financial dispute between state utility Société nationale d'électricité (SNEL) and Zambian power company ZESCO.
At the 11th edition of the ExpoBeton forum, held May 27-30, 2026 in Kalemie, Hydraulic and Electrical Resources Minister Aimé Molendo Sakombi said the dispute centers on a claim estimated at $33 million. SNEL disputes the claim, saying the alleged debt has not been substantiated, the minister said.
In February and again in May 2026, the Zambian company suspended electricity supply to several localities in Haut-Katanga, citing unpaid obligations and issues related to the contractual framework between the two companies.
Also speaking at the forum, SNEL's director of studies and planning, Albéric Tukuzu, said the outages were carried out in violation of established procedures. Congolese authorities moved quickly to limit disruptions and reduce the affected communities' reliance on imported electricity, he said.
Alternatives
Generators have already been deployed to maintain supply in the affected areas, Tukuzu said. He added that SNEL's studies and planning department has completed assessments for the installation of two 2-MW solar power plants intended to serve Mokambo and Pweto. The facilities will operate on a hybrid energy system combining solar power and generators.
As explained at the forum, solar panels will generate electricity during periods of sufficient sunlight. When solar conditions are inadequate, generators will provide backup power and recharge the batteries. The hybrid setup is expected to provide up to 22 hours of electricity per day in the affected areas.
For Sakania, Tukuzu said a separate solution is under way, involving the construction of an approximately four-kilometer power line that would allow the town to be supplied from an alternative energy source.
SNEL has described these projects as transitional measures aimed at strengthening energy resilience in border areas, pending the implementation of longer-term solutions.
According to media reports, the 2026 outages are not an isolated occurrence. Similar episodes were recorded in the same border zone as early as 2016, also in the context of debt disputes involving ZESCO.
Timothée Manoke
Les coupures répétées d’électricité observées ces derniers mois dans les territoires de Sakania, Kasenga et Pweto, ainsi que dans la commune de Mokambo, dans la province du Haut-Katanga, seraient liées à un différend financier opposant la Société nationale d’électricité (SNEL) à la société zambienne ZESCO.
Lors de la 11e édition du forum ExpoBeton, tenue du 27 au 30 mai 2026 à Kalemie, le ministre des Ressources hydrauliques et électriques, Aimé Molendo Sakombi, a expliqué que le litige porterait sur un montant estimé à 33 millions de dollars. Selon le ministre, la SNEL considère toutefois cette créance comme « non établie » et la conteste.
En février puis en mai 2026, l’entreprise zambienne a suspendu la fourniture d’électricité à certaines localités du Haut-Katanga, invoquant notamment l’absence de règlement de certaines obligations ainsi que des questions liées au cadre contractuel entre les deux sociétés.
Présent également à ce forum, le directeur des études et de la planification de la SNEL, Albéric Tukuzu, a affirmé que les interruptions observées ont été exécutées « en dehors des normes et des standards ». Selon lui, les autorités congolaises ont réagi rapidement afin de limiter les conséquences de ces coupures sur les populations concernées et de réduire la dépendance de ces localités à l’électricité importée.
Alternatives
Selon Albéric Tukuzu, des groupes électrogènes ont déjà été déployés pour assurer l’approvisionnement dans les zones affectées. Le responsable a également indiqué que le département des études et de la planification de la SNEL a finalisé les études relatives à l’installation de deux microcentrales solaires de 2 MW destinées à Mokambo et à Pweto. Ces infrastructures fonctionneront selon un système de mix énergétique associant l’énergie solaire et des groupes électrogènes.
Selon les explications fournies lors du forum, les panneaux solaires assureront la production d’électricité pendant les périodes d’ensoleillement. Lorsque les conditions solaires seront insuffisantes, les groupes électrogènes prendront le relais afin d’alimenter le système et de recharger les batteries. Ce dispositif hybride devrait permettre d’assurer une disponibilité de l’électricité pouvant atteindre 22 heures sur 24 dans les localités concernées.
Pour Sakania, Albéric Tukuzu a indiqué qu’une autre solution est en cours de mise en œuvre, avec la construction d’une ligne électrique d’environ quatre kilomètres destinée à permettre l’alimentation de la cité à partir d’une autre source d’énergie.
Ces projets sont présentés par la SNEL comme des mesures transitoires visant à renforcer la résilience énergétique des zones frontalières, en attendant la mise en place de solutions plus durables.
D’après plusieurs informations relayées par les médias, les interruptions enregistrées en 2026 ne constituent toutefois pas un cas isolé. La rédaction a notamment retrouvé des épisodes similaires survenus dans cette zone frontalière dès 2016, dans un contexte déjà marqué par des différends liés à des créances réclamées par ZESCO.
Timothée Manoke
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