La société SACOR, présentée comme appartenant à un groupe zambien, cherche à introduire sa technologie de traitement des rejets miniers en République démocratique du Congo (RDC). Le 5 mai 2026, une délégation de l’entreprise, conduite par sa directrice générale en RDC, Solange Kappongo (photo), a été reçue par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, pour présenter une solution de séparation des résidus solides et de l’eau issus du procédé de concentration des minerais, communément appelés tailings.
Selon la communication du ministère, cette technologie vise à améliorer la gestion des rejets miniers en séparant les solides de l’eau. L’objectif est de permettre, d’une part, la réutilisation de l’eau dans les circuits industriels et, d’autre part, une meilleure gestion des résidus solides dans les opérations minières.
La technologie présentée ne repose pas sur un principe nouveau. La séparation solide-liquide par centrifugation est utilisée depuis longtemps dans plusieurs industries. Sa nouveauté tient surtout à son application ciblée à la gestion moderne des rejets miniers, avec l’objectif de réduire les volumes de déchets, de récupérer l’eau de procédé et de limiter les risques environnementaux. Sur son site, SACOR évoque une récupération pouvant atteindre jusqu’à 85 % de l’eau de procédé.
Le ministre des Mines a salué l’initiative, tout en restant prudent sur son déploiement. Avant toute mise en œuvre à grande échelle, Louis Watum Kabamba a recommandé la réalisation d’essais pilotes afin d’évaluer l’efficacité de la solution dans les conditions locales. Le ministère a également indiqué qu’il faciliterait la mise en relation de SACOR avec des compagnies minières opérant en RDC.
À ce stade, la démarche reste donc commerciale et exploratoire. Aucun contrat ni projet pilote n’a été annoncé. Les sources publiques disponibles ne permettent pas non plus de confirmer l’utilisation effective de cette technologie sur un site minier précis en Zambie.
Cette initiative intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour de la pollution minière en RDC. En novembre 2025, Congo Dongfang Mining (CDM), active dans le traitement du cobalt, avait été impliquée dans un incident environnemental à Lubumbashi après la rupture d’un bassin de résidus. Le déversement d’eaux contaminées avait affecté des rivières, des sols et plusieurs quartiers périphériques. L’entreprise avait ensuite été condamnée au paiement d’environ 12,6 millions de dollars, assorti de mesures de réparation.
Dans ce contexte, SACOR tente de se positionner sur un besoin réel du secteur minier congolais : mieux traiter les rejets, réduire la consommation d’eau et limiter les risques pour les communautés riveraines. Mais son entrée éventuelle sur le marché dépendra surtout des résultats des essais pilotes et de l’intérêt des opérateurs miniers.
Ronsard Luabeya
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Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reçu, le 4 mai 2026, les responsables de Complast RDC, entreprise spécialisée dans la fabrication de matelas et de mousses. Selon la communication du ministère, la société sollicite une mesure de restriction temporaire des importations de matelas dans la zone du Grand Katanga.
Complast justifie cette demande par sa capacité de production. L’entreprise affirme pouvoir produire jusqu’à 5 000 matelas par jour dans ses usines de Lubumbashi, un niveau qu’elle présente comme supérieur à la demande locale des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Tanganyika, estimée par son directeur général, Vishal Hemnani, à moins de 4 000 pièces par jour.
Cette capacité resterait toutefois sous-exploitée. Selon des propos rapportés par Journal des Nations, Ramji Mazahor, coordonnateur des affaires juridiques et relations publiques de Complast, affirme que l’entreprise produit actuellement entre 1 500 et 2 000 unités par jour, en raison de la concurrence des importations, qualifiée de déloyale par la société.
Complast estime qu’une restriction temporaire permettrait d’accroître l’utilisation de son outil industriel et de renforcer l’emploi local dans la filière de fabrication de matelas et de mousses.
À l’issue de la réunion, le ministère du Commerce extérieur a annoncé la mise en place d’une commission chargée de fournir des données supplémentaires au ministre avant toute décision. Ces éléments devront permettre d’évaluer l’opportunité d’une mesure de restriction temporaire des importations de matelas dans cette partie du pays.
Selon son site, Complast affirme être présente en RDC depuis 1967. Outre Lubumbashi, l’entreprise indique être implantée à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Mbandaka, Kikwit, Boma et Matadi. Elle revendique également plus de 35 canaux de distribution à Kinshasa et 50 sur l’ensemble du territoire national.
Timothée Manoke
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Eastcastle Infrastructure's Democratic Republic of Congo subsidiary is pursuing an expansion project worth about $180 million, the International Finance Corporation (IFC) said on April 27, 2026. The IFC holds an 18.38% stake in the company.
The World Bank’s private-sector arm said the project aims to expand Eastcastle’s tower network in a country where digital infrastructure remains underdeveloped.
According to the latest data from the ARPTC, the DRC had 73.9 million active mobile subscriptions in the fourth quarter of 2025, for a population estimated at 112.2 million, equivalent to a penetration rate of 65.9%. Mobile internet generates more than 55% of total sector revenue, while mobile money penetration stood at 30.6% at the end of 2025.
To support expansion in a market where access to credit is limited, the IFC is preparing a new financing package for Eastcastle Infrastructure DRC. The package is expected to include a $30 million loan with longer maturities than typical commercial financing, along with up to $30 million mobilized from other lenders. The IFC board is scheduled to vote on the proposal on May 30.
Toward more than 1,000 towers
If approved, the financing will extend the support the IFC has already provided to Eastcastle. In 2023, the institution mobilized $60 million through a similar structure to fund the expansion of the company’s tower network in the DRC.
The new commitment reflects growing interest from international lenders in the Congolese telecommunications sector, seen as one of the most promising in Africa but still among the least developed in terms of infrastructure.
“This amount, combined with $34 million from Standard Bank of South Africa, will allow us to surpass 1,000 towers in the DRC,” said Peter Lewis, co-founder and director of Eastcastle Infrastructure Ltd., at the time.
The project’s expected outcomes have not been disclosed. However, new towers are being deployed, particularly in rural and remote areas that remain underserved by traditional infrastructure.
The DRC is a strategic market for Eastcastle. In 2023, Lewis described it as “one of the best markets in Africa,” citing strong demographic growth and a structural shortage of telecom infrastructure.
The group aims to continue expanding its network to keep pace with rising mobile usage in a country where a significant share of the population remains unconnected or poorly served. Other tower companies, including Helios Towers and Esengo Towers, are pursuing similar expansion projects.
Pierre Mukoko
DR Congo’s Minister of Foreign Trade, Julien Paluku, met Rawbank executives on May 4, 2026, following earlier talks with the outgoing British Ambassador to the Democratic Republic of Congo, Alyson King.
“The objective is to turn British diplomatic commitments into tangible support for our farmers,” Paluku said.
He said Rawbank is considering targeted support for local producers across six value chains: coffee, cocoa, rice, corn, cassava and palm oil, with technical assistance from the International Finance Corporation (IFC).
In March 2026, Rawbank raised $265 million from investors led by the IFC, alongside British International Investment (BII), Proparco and other partners. The package includes a $165 million senior credit facility and a $100 million risk-sharing agreement.
The IFC is also expected to provide advisory services to strengthen Rawbank’s capabilities in areas such as climate finance, agricultural finance and support for women entrepreneurs.
According to the IFC, the program could finance at least 1,500 additional small and medium-sized enterprises over the next four years, particularly in sectors such as telecommunications and fast-moving consumer goods.
Paluku said he wants the program directed toward the coffee, cocoa, rice, corn, cassava and palm oil sectors.
“We emphasized the need for targeted support for post-conflict areas to ensure the recovery is inclusive and reaches all provinces,” he added.
This points to a focus on eastern provinces, where agriculture is seen as a driver of economic recovery and stabilization.
In its latest report on the DRC, published in March 2026, the World Bank said that between 2020 and 2024, about 71.9% of total loans went to private companies, mainly in mining and telecommunications. Agriculture receives less than 5% of bank credit.
Boaz Kabeya
DR Congo's Ministry of National Economy, through its Competition Commission (COMCO), announced a pre-campaign for the LOBA platform, a virtual assistant designed to inform consumers about their rights and streamline complaint and reporting processes across several regulated industries, starting the week beginning May 1, 2026, according to a press release dated April 30, 2026.
The pilot phase, under which LOBA will begin collecting initial consumer complaints in coordination with regulatory authorities, will be conducted in Kinshasa. It will involve the Postal and Telecommunications Regulatory Authority of Congo (ARPTC), the Electricity Sector Regulatory Authority (ARE), the Central Bank of Congo (BCC), the Civil Aviation Authority (AAC), the Regulatory and Control Authority for Universal Health Coverage (ARC-CSU), and the Regulatory and Control Authority for Pharmaceutical Products (ACOREP), alongside operators in those sectors.
The platform's official launch had initially been scheduled for late February 2026, following a meeting held on Jan. 29, 2026. At that meeting, Deputy Prime Minister and Minister of National Economy Daniel Mukoko Samba brought together regulators from the economy's main sectors alongside consumer groups to present the tool.
The ministry said in January that LOBA is intended to build a database to identify recurring complaint patterns, analyze the practices in question, and assess how operators respond.
Timothée Manoke
Social tensions are mounting in the Democratic Republic of Congo’s mining sector as the phased implementation of the country’s new guaranteed minimum interprofessional wage, known by its French acronym SMIG, begins to have tangible effects. Since May 3, 2026, labor protests have been reported at Metalkol SA, a subsidiary of Eurasian Resources Group (ERG), and at Ruashi Mining, owned by Metorex and Gécamines, over the rollout of the second phase of the SMIG, set at 21,500 Congolese francs (CDF).
According to Radio Okapi, the unrest is most visible at sites in Kolwezi and Lubumbashi, where workers are demanding that their salaries be adjusted in line with the new pay scale and are calling for broader improvements to working conditions. Employees have cited inequalities between local and expatriate staff, as well as what they describe as abusive dismissal practices and restrictions on union representation.
A dispute over the exchange rate used to convert salaries is also fueling the tensions. At Metalkol, worker representatives have accused the company of seeking to apply a rate of 1,800 CDF to the dollar — below the market rate, which is closer to 2,200 CDF — a move they say would effectively reduce workers’ real income.
A sharp increase in labor costs
Enacted under Decree No. 25/22 of May 30, 2025, the new SMIG introduced a phased increase in the minimum wage, rising from 7,075 CDF to 14,500 CDF in May 2025, then to 21,500 CDF starting in January 2026, marking an overall increase of more than 200%. The framework also maintains a wage compression ratio of 1 to 10, automatically pushing up all pay scales.
According to the Federation of Congolese Enterprises (FEC), the first phase of the increase nearly doubled payroll costs in several sectors. A mid-level manager previously earning about 70,500 CDF a day would now receive close to 145,000 CDF, equivalent to approximately $1,700 per month before benefits. Including allowances, total compensation can exceed $2,000.
If the second phase of 21,500 CDF is implemented while maintaining the current wage compression ratio, that same manager would earn more than $2,500 per month. “A level that is unsustainable for the Congolese economy,” the FEC said, warning that “the DRC cannot sustain a SMIG equivalent to that of Belgium without jeopardizing competitiveness and employment.”
The employers’ federation also argued that applying the SMIG uniformly across all sectors would amount to “condemning agriculture and forestry, already in dire straits.” The FEC has called for a more gradual and sector-specific implementation, citing in particular the need for a separate minimum wage for agriculture.
The government has maintained its stance. In January 2026, Prime Minister Judith Suminwa Tuluka reaffirmed the need to implement the revised SMIG of 21,500 CDF while calling for social dialogue within the framework of the National Labor Council.
The unrest at Metalkol and Ruashi Mining highlights a central challenge for the Congolese economy: balancing higher purchasing power with manageable business costs, in an environment marked by sharp sectoral disparities. Whether large extractive companies — generally better capitalized than other segments of the economy — can absorb the rise in labor costs is seen as a leading indicator for other sectors.
Ronsard Luabeya
Un climat de tension sociale s’installe dans le secteur minier congolais, où l’application du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) commence à produire ses premiers effets concrets. Depuis le 3 mai 2026, des mouvements de revendication sont signalés au sein de Metalkol SA, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), et de Ruashi Mining, détenue par Metorex et la Gécamines, autour de la mise en œuvre du deuxième palier du SMIG, fixé à 21 500 francs congolais (FC).
Selon Radio Okapi, les contestations sont particulièrement visibles sur les sites de Kolwezi et de Lubumbashi, où les travailleurs réclament l’ajustement de leurs salaires conformément à la nouvelle grille, mais aussi une amélioration plus large de leurs conditions de travail. Les employés dénoncent notamment des inégalités entre personnel local et expatrié, ainsi que des pratiques jugées abusives en matière de licenciements et de représentation syndicale.
Au cœur des tensions figure également la question du taux de change utilisé pour convertir les salaires. À Metalkol, des représentants du personnel accusent l’entreprise de vouloir appliquer un taux de 1 800 FC pour un dollar, inférieur au niveau observé sur le marché, proche de 2 200 FC, ce qui réduirait mécaniquement le revenu réel des travailleurs.
Entré en vigueur par le décret n°25/22 du 30 mai 2025, le nouveau SMIG prévoit une revalorisation progressive du salaire minimum, passé de 7 075 FC à 14 500 FC en mai 2025, puis à 21 500 FC à partir de janvier 2026, soit une hausse globale de plus de 200 %. Le dispositif maintient en parallèle une tension salariale de 1 à 10, entraînant une revalorisation automatique de l’ensemble des grilles de rémunération.
Une hausse structurelle des charges
Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le relèvement du premier palier a entraîné un quasi-doublement de la masse salariale dans plusieurs secteurs. Un cadre de niveau intermédiaire, rémunéré auparavant autour de 70 500 FC par jour, percevrait désormais près de 145 000 FC, soit environ 1 700 dollars par mois hors avantages. Avec les indemnités, la rémunération totale peut dépasser 2 000 dollars.
Si le deuxième palier de 21 500 FC est appliqué, en maintenant la tension salariale actuelle, ce même cadre atteindrait plus de 2 500 dollars par mois. « Un niveau insoutenable pour l’économie congolaise », estime la FEC, qui alerte : « la RDC ne peut supporter un SMIG équivalent à celui de la Belgique sans mettre en péril la compétitivité et l’emploi ».
L’organisation patronale estime en outre qu’appliquer le SMIG uniformément à tous les secteurs reviendrait à « condamner l’agriculture et la foresterie, déjà sinistrées ». La FEC plaide pour une mise en œuvre plus graduelle et différenciée selon les secteurs, évoquant notamment la nécessité d’un salaire minimum spécifique pour l’agriculture (SMAG).
Le gouvernement, de son côté, maintient sa position. En janvier 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait réaffirmé la nécessité d’appliquer le SMIG révisé à 21 500 FC, tout en appelant au dialogue social dans le cadre du Conseil national du travail.
Les tensions observées chez Metalkol et Ruashi Mining illustrent un enjeu central pour l’économie congolaise : trouver un équilibre entre amélioration du pouvoir d’achat et soutenabilité des coûts pour les entreprises, dans un environnement marqué par de fortes disparités sectorielles. La capacité — ou non — des grandes entreprises extractives, généralement mieux capitalisées que d’autres segments de l’économie, à absorber la hausse du coût du travail constitue un indicateur avancé pour les autres secteurs.
Ronsard Luabeya
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Dans un communiqué de presse publié le 30 avril 2026, le ministère de l’Économie nationale, à travers la Commission de la concurrence (COMCO), a annoncé le lancement de la pré-campagne de la plateforme LOBA, un outil numérique conçu comme un assistant virtuel, à partir de la semaine du 1er mai 2026. Cette plateforme vise à informer les consommateurs sur leurs droits et à faciliter la gestion des plaintes et des dénonciations dans plusieurs secteurs régulés.
Selon le même communiqué, la phase pilote de LOBA, qui permettra de récolter les premières plaintes auprès des consommateurs en collaboration avec les autorités de régulation, sera expérimentée à Kinshasa. Cette étape implique notamment l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), la Banque centrale du Congo (BCC), l’Autorité de l’aviation civile (AAC), l’Autorité de régulation et de contrôle de la couverture santé universelle (ARC-CSU), ainsi que l’Autorité de régulation et de réglementation des produits pharmaceutiques (ACOREP), en lien avec les opérateurs des secteurs concernés.
Le lancement officiel de cette plateforme avait initialement été annoncé pour la fin du mois de février 2026, à l’issue d’une rencontre tenue le 29 janvier 2026, au cours de laquelle le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, avait réuni les régulateurs des principaux secteurs de l’économie ainsi que des associations de défense des droits des consommateurs afin de leur présenter l’outil.
Le ministère indiquait déjà en janvier que LOBA doit permettre la constitution d’une base de données destinée à identifier les motifs récurrents de plaintes, à analyser les pratiques commerciales mises en cause et à apprécier les réponses apportées par les opérateurs.
Timothée Manoke
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La filiale en République démocratique du Congo (RDC) d’Eastcastle Infrastructure, entreprise créée en 2020 et spécialisée dans la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms partagées, porte un projet d’expansion d’environ 180 millions de dollars. L’information a été donnée le 27 avril 2026 par la Société financière internationale (SFI ou IFC), actionnaire à 18,38 % d’Eastcastle Infrastructure.
Selon la branche de la Banque mondiale dédiée au secteur privé, l’objectif est de soutenir le développement du réseau de tours télécoms exploité par Eastcastle dans un pays où les infrastructures numériques demeurent insuffisantes.
Selon les dernières données de l’ARPTC, la RDC comptait 73,9 millions d’abonnements mobiles actifs au quatrième trimestre 2025, pour une population estimée à 112,2 millions d’habitants, soit un taux de pénétration de 65,9 %. L’Internet mobile représente désormais plus de 55 % du chiffre d’affaires total du secteur, tandis que le taux de pénétration de la monnaie mobile atteignait 30,6 % à fin 2025.
Pour accompagner cette expansion dans un pays où l’accès au crédit reste limité, l’IFC prépare un nouveau soutien financier à Eastcastle Infrastructure DRC. Dans le détail, sa contribution devrait comprendre un financement de 30 millions de dollars, avec des maturités plus longues que les prêts commerciaux, ainsi que la mobilisation de ressources pouvant atteindre 30 millions de dollars auprès d’autres prêteurs. Le conseil d’administration devrait se prononcer sur cet engagement le 30 mai prochain.
Cap sur plus de 1 000 tours
S’il est adopté, ce financement prolongera l’appui déjà apporté par l’IFC à Eastcastle. En 2023, l’institution avait déjà mobilisé 60 millions de dollars, avec un montage similaire, pour financer l’extension du réseau de tours télécoms en RDC. Ce nouvel appui confirme la volonté des bailleurs internationaux de renforcer leur exposition au secteur des télécommunications congolais, considéré comme l’un des plus prometteurs mais aussi l’un des moins équipés du continent.
« Ce montant, qui s’ajoute aux 34 millions de dollars de la Standard Bank of South Africa, nous permettra de franchir le cap des 1 000 tours en RDC », déclarait alors Peter Lewis, cofondateur et directeur d’Eastcastle Infrastructure Ltd. Pour l’heure, les résultats attendus de ce projet de 180 millions de dollars ne sont pas indiqués. On sait néanmoins que les nouvelles tours sont notamment déployées dans des zones rurales ou enclavées, souvent peu desservies par les infrastructures traditionnelles.
La RDC constitue un marché stratégique pour Eastcastle. Son cofondateur, Peter Lewis, indiquait en 2023 que « la RDC est l’un des meilleurs marchés d’Afrique », en raison de la combinaison entre une forte croissance démographique et un déficit structurel d’infrastructures télécoms.
L’ambition du groupe est de poursuivre l’extension de son réseau pour accompagner la montée en puissance des usages mobiles, dans un pays où une part importante de la population reste encore non connectée ou mal desservie. D’autres towerco, comme Helios Towers ou Esengo Towers, portent également des projets similaires.
Pierre Mukoko
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Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, a échangé, ce 4 mai 2026, avec la direction commerciale de Rawbank, dans la foulée d’une rencontre avec l’ambassadrice sortante du Royaume-Uni en RDC, Alyson King. « L’objectif est de transformer les engagements diplomatiques britanniques en solutions concrètes pour nos agriculteurs », a indiqué le ministre.
Ce dernier a également annoncé qu’un appui ciblé de Rawbank aux producteurs locaux était envisagé dans six chaînes de valeur : le café, le cacao, le riz, le maïs, le manioc et l’huile de palme. Ce soutien devrait être mis en œuvre avec l’appui technique de la Société financière internationale (IFC, en anglais).
En mars 2026, Rawbank a mobilisé 265 millions de dollars auprès d’un pool d’investisseurs conduit par l’IFC, aux côtés notamment de British International Investment (BII), Proparco et d’autres partenaires. Ce financement comprend une facilité de crédit senior de 165 millions de dollars et un accord de partage des risques de 100 millions de dollars.
En complément du financement, l’IFC doit également apporter des services de conseil destinés à renforcer les capacités de Rawbank dans plusieurs domaines, notamment la finance climatique, le financement agricole et l’accompagnement des femmes entrepreneures.
Selon l’IFC, le programme devrait permettre de financer au moins 1 500 PME supplémentaires au cours des quatre prochaines années, notamment dans des secteurs tels que les télécommunications et les biens de consommation courante.
C’est ce programme que Julien Paluku souhaite manifestement voir bénéficier aux filières café, cacao, riz, maïs, manioc et huile de palme.
« Nous avons particulièrement insisté sur la nécessité d’un accompagnement spécifique pour les zones sortant de conflits, afin que la relance économique soit inclusive et touche toutes les provinces », a ajouté le ministre. Cette approche suggère un ciblage prioritaire de certaines provinces de l’Est du pays, où l’agriculture est perçue comme un levier de relance économique et de stabilisation.
Dans son dernier rapport sur la RDC, publié en mars 2026, la Banque mondiale estime qu’entre 2020 et 2024, environ 71,9 % du total des prêts ont été accordés à des entreprises privées, principalement dans les secteurs des mines et des télécommunications. Le secteur agricole recevrait moins de 5 % des crédits bancaires.
Boaz Kabeya
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