Une mission technique de la Société d’infrastructures sino-congolaise (SISC S.A.), chargée de l’exécution du programme financé par la Sino-Congolaise des Mines (Sicomines) dans le cadre du contrat mines contre infrastructures, est attendue en mai 2026 à Tshikapa, dans la province du Kasaï, afin de préparer la réhabilitation de l’aéroport local.
L’annonce fait suite à une réunion tenue le 27 avril à Kinshasa entre le gouverneur Crispin Mukendi Bukasa et les responsables de la société, selon la presse locale.
D’après la même source, cette mission devra mener des travaux préparatoires, notamment une évaluation de terrain, en amont d’un éventuel lancement des travaux de modernisation de l’infrastructure. Les échanges ont porté sur les aspects techniques et organisationnels du projet.
La concrétisation du chantier reste toutefois conditionnée à la résolution de certaines contraintes administratives, notamment liées au contrat précédemment attribué, dont l’issue devra être clarifiée avant tout engagement opérationnel.
L’aéroport de Tshikapa est fermé depuis le 22 novembre 2025, après que sa piste d’atterrissage a été rendue impraticable à la suite de fortes pluies. Sur place, les autorités provinciales avaient indiqué que l’état de dégradation ne permettait plus l’accueil d’appareils.
Le gouverneur du Kasaï avait également évoqué l’existence d’un projet de réhabilitation annoncé depuis environ un an, tout en faisant état d’un préfinancement de 400 000 dollars pour lequel aucun travail n’avait encore été engagé à ce stade.
L’aéroport de Tshikapa figure parmi les infrastructures évoquées dans le cadre du programme sino-congolais, même si les modalités précises de financement et d’exécution restent à consolider. En 2025, des discussions avaient été engagées autour des garanties financières nécessaires au projet. L’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) avait notamment sollicité l’appui d’un établissement bancaire pour accompagner le montage.
Boaz Kabeya
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La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé, le 29 avril 2026 à Abidjan, un financement de 48,83 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo (RDC), dans le cadre du Projet de réponse à la crise en appui aux populations affectées dans l’Est (PRECAPE). L’intervention cible les zones d’Uvira, au Sud-Kivu, ainsi que Beni et Walikale, au Nord-Kivu.
Le financement comprend un prêt de 33,91 millions de dollars, complété par des dons provenant notamment de la Facilité d’appui à la transition et du Fonds africain de développement. Il vise à répondre aux besoins immédiats des populations touchées par la crise, tout en soutenant la relance des activités locales.
Le projet prévoit la réhabilitation et l’équipement de plusieurs infrastructures de base, dont cinq centres de formation professionnelle, sept écoles, sept centres de santé, ainsi que des marchés et des ouvrages d’eau et d’assainissement.
Le PRECAPE comprend également des actions en faveur de l’emploi et du capital humain. Il prévoit la formation de 1 500 jeunes dans des métiers porteurs, le renforcement des capacités entrepreneuriales de 2 000 bénéficiaires, ainsi qu’un appui psychosocial et médical à 4 500 femmes victimes de violences basées sur le genre.
Selon la BAD, plus de 800 000 personnes, dont des déplacés internes et des communautés hôtes, devraient bénéficier des retombées du programme.
Le projet prévoit aussi d’explorer des initiatives innovantes, dont la tokenisation des ressources naturelles, notamment l’or et le carbone, afin de mobiliser des financements alternatifs et d’améliorer les revenus des communautés rurales.
Ce financement s’inscrit dans une série d’interventions récentes de la BAD en RDC. En février 2026, l’institution avait notamment engagé 49,6 millions de dollars pour le Programme régional d’appui au développement des infrastructures et de valorisation des ressources en eau transfrontalière (PREDIRE), couvrant les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et de la Mongala.
Boaz Kabeya
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La société française InnoVent, spécialisée dans le développement, la construction et l’exploitation de parcs éoliens et solaires, envisage de s’implanter en République démocratique du Congo (RDC). L’information a été rendue publique par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), le 28 avril 2026, à l’issue d’une mission de prospection entamée le 25 avril par une délégation du groupe français.
Les échanges entre les représentants d’InnoVent et l’ANAPI ont principalement porté sur les mécanismes d’accompagnement offerts aux investisseurs étrangers. Selon l’agence, l’entreprise s’intéresse au potentiel énergétique congolais, dans un contexte marqué par une demande croissante en électricité et par un besoin important de nouvelles capacités de production.
Les délégués d’InnoVent ont notamment sollicité des précisions sur les incitations prévues par le Code des investissements, parmi lesquelles les avantages fiscaux et parafiscaux, ainsi que les garanties juridiques accordées aux opérateurs.
De son côté, l’ANAPI a présenté les conditions d’éligibilité à ces incitations. Celles-ci incluent notamment la création d’une société de droit congolais, la présentation d’un plan d’investissement structuré, le respect des normes environnementales, ainsi que des engagements en matière de formation de la main-d’œuvre locale et de création de valeur ajoutée.
L’agence a également réaffirmé sa disponibilité à accompagner l’investisseur dans les différentes étapes du processus, depuis l’implantation juridique jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle du projet.
Selon l’ANAPI, InnoVent prévoit de lancer ses premières activités en RDC avant la fin de l’année 2026. Le groupe ambitionne notamment de mettre en service une première centrale solaire et éolienne à Kinshasa dans un délai d’environ douze mois après le démarrage effectif des travaux.
Fondée en 2001 par Grégoire Verhaeghe, InnoVent développe, construit et exploite des infrastructures de production d’énergie renouvelable. L’entreprise revendique une présence dans plusieurs marchés africains, notamment en Namibie, au Sénégal, au Maroc et au Kenya.
Cette démarche intervient dans un contexte où la RDC cherche à diversifier ses sources de production électrique et à améliorer l’accès à l’énergie, encore limité dans une grande partie du pays. Selon les chiffres officiels, moins d’un quart de la population a actuellement accès à l’électricité. Le gouvernement vise un taux d’accès de 62,5 % d’ici 2030.
Ronsard Luabeya
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Les décisions de la Banque centrale du Congo (BCC) de se réserver l’exclusivité de l’importation physique des billets en monnaies étrangères et d’interdire les transactions en espèces en devises à partir du 9 avril 2027 partent d’un constat : la République démocratique du Congo (RDC) importe chaque mois une quantité de dollars pratiquement constante. Pour le gouverneur de la BCC, André Wameso (photo), cette situation révèle qu’une partie de cet argent alimente les circuits de blanchiment de capitaux, voire de financement du terrorisme.
« La durée de vie du dollar, selon la Réserve fédérale, est de plus ou moins 18 mois, voire deux ans. Si, malgré cela, vous devez en importer chaque mois, cela veut dire que vous ne maîtrisez pas le cash introduit dans votre économie. Ce cash en sort. Dès lors, nous sommes face à un problème de blanchiment de capitaux et, éventuellement, de financement du terrorisme », a soutenu André Wameso dans une interview diffusée le 18 avril dernier sur Top Congo.
« Figurez-vous, la plupart des pays limitrophes n’importent pas de dollars, mais ils en ont dans leur économie. Ces dollars viennent de notre économie. J’irai même plus loin : le dollar utilisé aujourd’hui par la rébellion, il vient d’où, puisqu’elle n’importe pas de cash, le dirigeant de cette rébellion étant sanctionné par les États-Unis d’Amérique ? », a-t-il ensuite illustré.
En mars dernier, près de 4 millions de dollars ont été saisis à l’aéroport de N’djili. Selon le gouverneur de la BCC, il s’agissait de fonds appartenant à une agence de transfert d’argent et destinés à sa succursale dans l’est du pays. Mais, d’après la même source, le montant saisi dépassait celui déclaré à la Banque centrale, illustrant les failles dans la circulation du cash.
À l’Association congolaise des banques (ACB), la prédominance des opérations en numéraire et du secteur informel est en effet présentée comme l’une des principales difficultés rencontrées par les banques dans la mise en œuvre des exigences de conformité, notamment en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Avec ces décisions, prises lors de la réunion du Comité de politique monétaire tenue le 9 avril dernier, la BCC tente donc de répondre à cette difficulté en interdisant les transactions en cash en dollars, les plus importantes en valeur dans le pays.
Soutien des États-Unis
Dès le 9 avril 2027, « toute transaction en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale », c’est-à-dire par virement, carte bancaire ou mobile money, notamment M-Pesa, Orange Money ou Airtel Money. L’objectif est de renforcer la traçabilité des flux financiers afin de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Mais le succès de ces mesures dépendra de leur mise en œuvre. À ce sujet, le gouverneur de la BCC prévient : celui qui tentera d’importer des dollars en dehors du circuit officiel n’ira pas seulement à l’encontre de la volonté des autorités congolaises, mais aussi de celle du gouvernement américain, qui, à l’en croire, soutient ces décisions « à 100 % ».
Selon la BCC, les responsables du Trésor américain, rencontrés le 16 avril dernier, auraient exprimé la disponibilité de leur institution à appuyer « cette dynamique de modernisation du système financier congolais ». Ils auraient souligné que ces mesures contribueront non seulement au renforcement de la transparence, mais aussi à l’amélioration de la qualité et de la disponibilité des renseignements financiers.
« Cette évolution réglementaire va naturellement accélérer l’adoption des paiements digitaux », estime Sophie Kafuti, directrice générale de Visa en RDC, dans une interview à l’Agence Ecofin. André Wameso présente d’ailleurs ces mesures comme des incitations à investir dans le développement des moyens de paiement numérique.
« Pour que cette transition soit un succès, il est essentiel qu’elle soit collective, progressive, encadrée et sécurisée », soutient Sophie Kafuti. La directrice générale en RDC de l’un des leaders mondiaux des technologies de paiement numérique plaide ainsi pour un accompagnement étroit des banques et des commerçants, à travers l’unification et l’accélération des moyens de paiement, la mise en place de dispositifs solides et inclusifs de vérification de l’identité des clients, ainsi qu’une surveillance renforcée des transactions.
Car la digitalisation s’accompagne aussi de nouveaux risques : fraudes numériques, money mules, crypto-actifs ou encore multiplication des transactions à faible montant mais à forte fréquence.
Pierre Mukoko
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A petroleum storage infrastructure project in the Grand Kasaï region has entered a new phase with the involvement of a private-sector partner.
On April 28, 2026, Hydrocarbons Minister Acacia Bandubola chaired a meeting with a delegation from Okapi International, in the presence of the Public-Private Partnership Advisory and Coordination Unit (UCPPP).
UCPPP’s presence suggests the project is being structured as a public-private partnership. However, no timeline has been announced and no detailed financing framework has been made public. Okapi International’s director general, Simplice Mulumba, nonetheless expressed optimism about the project’s prospects.
Securing supply
As early as January 2026, a joint team from the ministries of Hydrocarbons and Land Affairs was sent to Grand Kasaï to assess potential sites for the infrastructure. Key locations include Kabeya Kamwanga, Ndomba and Mwene-Ditu. The mission confirmed the project’s land and logistical feasibility.
The project includes petroleum storage centres aimed at building local reserves and ensuring supply, as well as modular stations to facilitate distribution in landlocked areas and reduce the risk of shortages. The broader goal is to create an integrated logistics chain that brings fuel closer to consumption zones and reduces reliance on distant supply networks.
Okapi International is described in sector records as a company operating in downstream petroleum activities, particularly in distribution and supply chains. Its involvement points to logistics and operational solutions tailored to local constraints.
The initiative is part of the Hydrocarbons Ministry’s 2026 priorities, which include expanding storage capacity, building new logistics infrastructure and rehabilitating existing facilities. It also builds on earlier announcements on the creation of new storage centres across the country to improve energy security and fuel availability.
Grand Kasaï, encompassing Kasaï Oriental, Kasaï Central, Kasaï, Lomami and Sankuru, remains a landlocked region far from main supply corridors, including maritime ports and logistics hubs in Katanga. For several years, petroleum operators have highlighted challenges affecting distribution in the region, citing limited storage capacity, reliance on long and costly supply routes, deteriorating roads and weak logistics capacity.
As early as 2022, recommendations were made to address these issues, including building storage centres, developing service stations in remote areas, rehabilitating roads and waterways, and strengthening transport capacity, particularly rail.
Ronsard Luabeya
President Félix Tshisekedi outlined six priority areas to modernize the Democratic Republic of Congo’s postal and telecommunications sector and strengthen digital security at the opening of the first national conference on Posts and Telecommunications on Monday in Kinshasa.
The priorities include expanding infrastructure, updating the legal, regulatory and tax framework, improving service quality, promoting digital and financial inclusion, developing human capital, and strengthening technological sovereignty and digital security.
For the government, the challenge is no longer simply to connect more citizens, but also to exert greater control over key infrastructure, data and networks. The initiative comes as the country prepares its National Digital Plan 2026–2030 (PNN2) and its first National Artificial Intelligence Strategy, both aimed at positioning the DRC as a regional digital hub by 2030.
Connectivity
Expanding connectivity remains the most immediate priority. The government plans to accelerate fiber optic deployment, strengthen the national backbone, develop inter-provincial links and use satellite or hybrid solutions to reach remote areas. The goal is to reduce the wide access gap between urban centers and rural regions.
Reform of the regulatory and tax framework is also seen as critical. Tshisekedi called for a clearer and more attractive environment for private investment. The reform is widely expected in a sector where tax pressure is frequently cited as a major obstacle to network expansion and lower costs for users.
Digital inclusion is another priority. The government aims to bring rural populations, youth, women and small businesses further into the digital economy. This includes expanding digital education, seen as a driver of employability, innovation and competitiveness.
By placing technological sovereignty and digital security at the core of its roadmap, the government aims to turn the DRC into a digital nation by 2030, while strengthening protection for data, public systems and critical infrastructure.
PM
DR Congo's competition regulator has ordered the closure of a Kinshasa-based beverage manufacturer after laboratory tests found an unauthorized pharmaceutical compound in two of its energy drinks.
The Commission de la concurrence (Comco) said on April 27, 2026, that it had shut down the factory operated by Revin SARL in Kinshasa’s Limete district, in coordination with the Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (Acorep).
Laboratory tests found sildenafil, a prescription drug used to treat erectile dysfunction, in energy drinks sold under the names "Power Plus" and "Mutu Rouge," Comco said.
The substance was not listed on the label and was detected at toxic levels. Health authorities warned that consuming the drinks could expose users to serious risks, including potentially fatal cardiovascular complications.
Authorities told the public to stop consuming the products immediately and ordered their withdrawal from the market. They also urged people to report any vendors still selling them.
Comco said a judicial investigation was underway to determine who introduced and sold the substance.
The factory closure was carried out under Decree No. 25/032 of October 10, 2025, which sets out Comco’s mandate, including consumer protection and the fight against fraudulent commercial practices.
The move is part of a broader push to strengthen coordination between state institutions led by Deputy Prime Minister and Minister of the National Economy Daniel Mukoko Samba.
The case comes amid growing concerns over the safety of some energy drinks sold locally. In November 2025, media reported the death of a man in Kinshasa after he consumed a mixture of substances that included stimulants and a drink similar to "Mutu Rouge." Authorities have not established a direct link between that case and the products targeted in Comco’s statement.
Revin SARL is a Kinshasa-based company that produces and distributes beverages for the local market, including bottled water, juices, carbonated drinks and energy drinks.
Ronsard Luabeya
Le projet de construction d’infrastructures de stockage de produits pétroliers dans le Grand Kasaï franchit une nouvelle étape avec l’entrée en scène d’un partenaire privé. Le 28 avril 2026, la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, a présidé une séance de travail avec une délégation de la société Okapi International, en présence de l’Unité de conseil et de coordination du partenariat public-privé (UCPPP).
L’implication de l’UCPPP suggère que le projet entre dans une logique de structuration en partenariat public-privé (PPP). Toutefois, à ce stade, aucun calendrier de mise en œuvre n’a été officiellement annoncé et aucun schéma de financement détaillé n’a été rendu public. Le directeur général d’Okapi International, Simplice Mulumba (photo), a néanmoins exprimé son optimisme quant à la concrétisation de cette initiative.
Dès janvier 2026, une mission conjointe des ministères des Hydrocarbures et des Affaires foncières avait été dépêchée dans le Grand Kasaï pour identifier et inspecter les sites destinés à accueillir les infrastructures. Parmi les localités évoquées figurent notamment Kabeya Kamwanga, Ndomba et Mwene-Ditu, identifiées comme des points stratégiques pour améliorer la desserte régionale. Cette phase a permis de valider la faisabilité foncière et logistique du projet.
Le projet prévoit la mise en place de centres de stockage de produits pétroliers destinés à constituer des réserves locales et à sécuriser l’approvisionnement, ainsi que des stations modulaires conçues pour faciliter la distribution dans les zones enclavées et réduire les risques de rupture. L’objectif est de créer une chaîne logistique intégrée, permettant de rapprocher les stocks des zones de consommation et de limiter la dépendance aux circuits d’approvisionnement éloignés.
Sécuriser l’approvisionnement
Okapi International est présentée, dans les registres du secteur, comme une entreprise active dans l’aval pétrolier, notamment dans la distribution et la chaîne d’approvisionnement en produits pétroliers. Son implication suggère une orientation vers des solutions logistiques et opérationnelles adaptées aux contraintes locales.
Cette initiative s’inscrit dans les priorités du ministère des Hydrocarbures pour 2026, qui incluent le renforcement des capacités de stockage, la construction de nouvelles infrastructures logistiques et la réhabilitation d’installations existantes. Elle prolonge également des annonces antérieures sur la création de nouveaux centres de stockage à travers le pays, visant à améliorer la sécurité énergétique et la disponibilité des carburants.
Le Grand Kasaï — qui regroupe le Kasaï Oriental, le Kasaï Central, le Kasaï, la Lomami et le Sankuru — reste une région structurellement enclavée, éloignée des principaux corridors d’approvisionnement, notamment des ports maritimes et des hubs logistiques du Katanga. Depuis plusieurs années, les opérateurs pétroliers alertent sur les contraintes qui pèsent sur la distribution, notamment l’insuffisance des infrastructures de stockage, la dépendance à des circuits longs et coûteux, la dégradation des routes et la faible capacité logistique.
Dès 2022, des recommandations avaient été formulées pour améliorer la situation, notamment la construction de centres de stockage, le développement de stations-service dans les territoires, la réhabilitation des routes et des voies fluviales, ainsi que le renforcement des capacités de transport, notamment ferroviaire.
Ronsard Luabeya
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La Commission de la concurrence (Comco) a annoncé, dans un communiqué publié le 27 avril 2026, la fermeture de l’usine de la société Revin SARL, installée à Limete, à Kinshasa. Cette décision fait suite à la détection d’un principe actif pharmaceutique non autorisé dans l’une de ses boissons énergisantes. Selon le communiqué, cette annonce a été faite en collaboration avec l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (Acorep).
D’après la Comco, des analyses ont révélé la présence de sildénafil, une substance médicamenteuse utilisée notamment dans le traitement des troubles érectiles. Celle-ci aurait été introduite clandestinement dans une boisson énergisante commercialisée sous les appellations « Power Plus » et « Mutu Rouge ».
Le communiqué précise que cette substance, non mentionnée sur l’étiquetage, a été détectée à des concentrations jugées toxiques. Les autorités sanitaires estiment que la consommation de ce produit expose les utilisateurs à des risques importants, notamment des troubles cardiovasculaires pouvant entraîner la mort.
En conséquence, les autorités ont ordonné l’arrêt immédiat de la consommation de ces boissons, ainsi que leur retrait du marché. Elles appellent également la population à signaler tout point de vente qui continuerait à les distribuer. La Commission indique qu’une enquête judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités dans l’introduction et la commercialisation de cette substance.
La fermeture de l’usine s’inscrit dans le cadre du décret n°25/032 du 10 octobre 2025, qui définit les missions de la Comco, notamment en matière de protection des consommateurs et de lutte contre les pratiques commerciales frauduleuses. Cette opération s’inscrit également dans une dynamique de renforcement de la coopération interinstitutionnelle impulsée par le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par des préoccupations croissantes autour de la qualité et de la sécurité de certains produits énergisants commercialisés localement. En novembre 2025, des médias avaient notamment rapporté le décès d’un homme à Kinshasa après la consommation d’un mélange de substances incluant des stimulants, dont une boisson de type « Mutu Rouge ». À ce stade, aucun lien direct n’a été officiellement établi entre ce cas et les produits visés par le communiqué.
Revin SARL est une entreprise basée à Kinshasa, active dans la production et la distribution de boissons industrielles, notamment des eaux en bouteille, des jus, des boissons gazeuses et des boissons énergisantes destinées au marché congolais.
Ronsard Luabeya
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À l’ouverture des premiers États généraux des Postes et Télécommunications, lundi 27 avril à Kinshasa, le président Félix Tshisekedi a défini six chantiers prioritaires pour moderniser le secteur et renforcer la sécurité numérique de la République démocratique du Congo (RDC).
Ces priorités portent sur l’extension des infrastructures, la modernisation du cadre légal, réglementaire et fiscal, l’amélioration de la qualité de service, l’inclusion numérique et financière, le développement du capital humain, ainsi que la souveraineté technologique et la sécurité numérique.
Pour Kinshasa, l’enjeu n’est donc plus seulement de connecter davantage de Congolais, mais aussi de mieux contrôler les infrastructures, les données et les réseaux considérés comme stratégiques. Cette orientation intervient alors que le pays élabore son Plan national du numérique 2026-2030 (PNN2) et sa première Stratégie nationale de l’intelligence artificielle (IA), deux documents destinés à propulser la RDC au rang de hub numérique régional à l’horizon 2030.
La première urgence reste néanmoins la connectivité. Le gouvernement veut accélérer le déploiement de la fibre optique, renforcer le backbone national, développer les interconnexions entre provinces et recourir à des solutions satellitaires ou hybrides pour atteindre les zones enclavées. L’objectif est de réduire les fortes disparités d’accès entre centres urbains et zones rurales.
Le chantier réglementaire et fiscal apparaît également déterminant. Félix Tshisekedi a appelé à la mise en place d’un cadre plus lisible et plus attractif pour l’investissement privé. Cette réforme est attendue dans un secteur où la pression fiscale est régulièrement présentée comme l’un des freins à l’expansion des réseaux et à la baisse des coûts pour les usagers.
L’inclusion numérique figure aussi parmi les priorités. Le gouvernement entend intégrer davantage les populations rurales, les jeunes, les femmes et les petites entreprises à l’économie digitale. Cette ambition passe également par le développement de l’éducation numérique, considérée comme un levier pour l’employabilité, l’innovation et la compétitivité.
En plaçant la souveraineté technologique et la sécurité numérique au cœur de sa feuille de route, Kinshasa cherche à faire de la RDC une nation digitale à l’horizon 2030, tout en renforçant la protection des données, des systèmes publics et des infrastructures critiques.
PM avec l’Agence Ecofin
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