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Le ministre des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, a signé, le 1er juillet 2025, un arrêté fixant les modalités d’exercice de la prestation de services et de la sous-traitance dans le secteur des hydrocarbures en République démocratique du Congo (RDC). Selon ce texte, cette activité est désormais conditionnée par l’obtention d’un agrément délivré par le ministère des Hydrocarbures.

Pour l’obtenir, le requérant adresse une demande au ministre des Hydrocarbures. Il doit l’accompagner d’un ensemble de documents prouvant son existence légale, sa qualité de contribuable, son expérience et ses compétences. Ce dernier doit par ailleurs détenir une assurance couvrant les risques liés à l’activité et s’acquitter de la taxe rémunératoire.

Le processus d’examen de la demande intègre une descente de l’administration dans les bureaux ou les installations du requérant. Cette descente, à la charge du demandeur, vise à procéder à un contrôle administratif, technique, juridique et financier, en vue de s’assurer de ses capacités à offrir les prestations envisagées. En cas d’avis favorable, le requérant s’acquitte de nouveau de la taxe rémunératoire et peut alors recevoir l’agrément.

Les entreprises disposent d’un délai de 60 jours pour se mettre en conformité, faute de quoi leurs opérations seront déclarées non valides. Seuls les prestataires agréés pourront désormais bénéficier des avantages prévus par le Code des hydrocarbures, excluant de facto les acteurs non conformes.

Constitution d’un registre

Cet agrément est valable pour une durée de 12 mois et doit donc être renouvelé chaque année. La demande de renouvellement est introduite 45 jours avant l’expiration du titre en cours et aux mêmes conditions que la demande initiale.

Pour s’assurer que seuls les détenteurs de l’agrément ont accès aux activités de prestation de services et de sous-traitance, le ministère des Hydrocarbures prévoit de tenir un registre des prestataires agréés et d’effectuer des contrôles. Pour ce faire, l’arrêté demande que tous les contrats de sous-traitance soient transmis dans les 15 jours suivant leur signature au ministère. Les compagnies pétrolières doivent aussi transmettre, au plus tard le 31 mars, les profils des prestataires de services et des sous-traitants à recruter, ainsi que leur plan annuel de sélection.

Le ministère des Hydrocarbures entend par ailleurs s’appuyer sur son registre des prestataires agréés pour s’assurer que le recours aux sociétés étrangers n’intervient qu’en cas de non-disponibilité locale de l’expertise. Dans ce cas, le prestataire étranger est d’ailleurs tenu de recruter et de former au moins deux Congolais pour chaque projet de sous-traitance autorisé dans le domaine d’expertise faisant l’objet du contrat.

Ce nouveau système, en plus de renforcer la priorisation des entreprises congolaises, entend assainir la base de données des prestataires enregistrés auprès de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), en éliminant les structures fictives ou non qualifiées. Mais plusieurs acteurs du secteur redoutent que cette réforme alourdisse un peu plus l’accès à la sous-traitance, en plus d’en augmenter le coût. Le processus d’examen de l’agrément prévoit en effet de s’acquitter à deux reprises de la taxe rémunératoire et de supporter le coût de la descente des agents chargés de s’assurer des capacités du demandeur.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya, stagiaire

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Lors d’une rencontre tenue le 23 juin 2025 à Kinshasa avec une délégation du Forum mondial sur la transparence fiscale, conduite par sa secrétaire exécutive Zayda Manatta, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a annoncé la création prochaine d’une unité d’échange international de renseignements fiscaux. L’information émane des services de communication du ministère, sans plus de précisions sur l’état d’avancement du projet ni sur son calendrier de mise en œuvre.

La RDC doit être évaluée en 2026 par ses pairs du Forum mondial. La visite de cette délégation s’inscrit dans le cadre du programme d’accompagnement mis en place pour préparer cette évaluation. Selon Zayda Manatta, il s’agit d’aider le pays à tirer pleinement parti des outils de transparence fiscale afin d’accroître ses recettes et de mieux lutter contre l’évasion fiscale et les flux financiers illicites.

Présentée comme un « outil clé » dans cette lutte, la mise en place de l’unité dédiée à l’échange international de renseignements fiscaux apparaît comme une priorité. Elle découle d’un engagement pris par le gouvernement congolais, qui a signé en septembre 2024 l’instrument multilatéral du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales. Cette initiative, portée par l’OCDE, s’inscrit dans le cadre du projet BEPS (Base Erosion and Profit Shifting).

Ce dispositif vise à lutter contre l’érosion des bases fiscales et le transfert de bénéfices des multinationales. Il prévoit des mécanismes tels que l’échange automatique de rapports financiers pays par pays, l’accès aux données fiscales globales, l’échange de renseignements sur demande dans le cadre de conventions existantes, ou encore le partage d’informations sur la planification fiscale.

L’Île Maurice à surveiller

Dans les faits, si les efforts de la RDC pour se conformer aux directives de l’OCDE sont nécessaires, ils restent insuffisants dans un contexte où la coopération fiscale internationale demeure peu favorable aux pays du Sud. À ce jour, la RDC ne fait pas encore partie du réseau d’échange automatique d’informations fiscales, ce qui limite sa capacité à accéder à des données élargies. D’après l’organisation non gouvernementale Tax Justice Network, cette absence constitue une contrainte majeure dans la traque des pratiques d’évitement fiscal par les multinationales.

Dans un rapport publié le 15 juillet 2024, le Fonds monétaire international (FMI) estime que « des éléments probants indiquent que l’évasion fiscale est importante en RDC ». Pour l’illustrer, le FMI indique que 63 % des flux d’investissements directs étrangers (IDE) de la RDC proviennent de l’Île Maurice, un important « hub » d’investissement caractérisé par une fiscalité légère, favorable aux transferts de bénéfices. Or, en 2023, les dix principales multinationales qui concentrent 67 % des exportations de cuivre et 80 % des ventes de cobalt ont leurs sièges sociaux en Chine, au Canada, en Suisse, au Kazakhstan ou au Royaume-Uni.

On peut donc faire l’hypothèse que ces entreprises s’appuient sur des entités immatriculées à l’Île Maurice pour investir en RDC et payer moins d’impôts sur les activités menées dans pays, profitant d’un cadre de coopération fiscale bilatérale encore peu contraignant. Ces compagnies profitent aussi du fait que le pays ne disposent pas d’assez de ressources techniques ni de cadres juridiques suffisants pour garantir une transparence optimale.

Néanmoins, même en cas de conformité aux normes de l’OCDE, la question de la répartition des droits d’imposition (Pilier 1) et du taux minimum de 15 % applicable aux bénéfices des multinationales (Pilier 2) reste sujette à débat.

Georges Auréole Bamba et Ronsard Luabeya, stagiaire

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Le 10 juillet 2025, le commissaire du district de Kisoro, en Ouganda, Hajji Badru Sebyala, a procédé à la réouverture des postes-frontières de Bunagana et d’Ishasha, que l’Ouganda partage avec la République démocratique du Congo (RDC). Ces postes sont situés dans des zones contrôlées par les rebelles du M23 ou à proximité.

Cette décision, annoncée la veille, a été prise par le président Yoweri Museveni, qui souhaite relancer les activités commerciales à travers ces points de passage, a indiqué l’ancien porte-parole de l’armée ougandaise, le colonel Chris Magezi.

Le poste frontalier de Bunagana était resté fermé depuis la prise de cette cité par les rebelles du M23 en juin 2022, conformément à une décision des autorités congolaises, que l’Ouganda avait été contraint de respecter. Toutefois, selon le média ougandais Daily Monitor, ce poste continuait de fonctionner de manière informelle.

Cette reprise du trafic transfrontalier s’est cependant faite en l’absence des autorités congolaises. Celles-ci ont fermé tous les postes-frontières proches des zones occupées et recommandé que les marchandises à destination de Goma et Bukavu transitent exclusivement par d’autres points de passage échappant au contrôle des rebelles du M23.

En réponse à cette demande, les services douaniers ougandais avaient publié un mémo, en mars dernier, interdisant le transit des marchandises à destination de Goma et Bukavu via les postes de Katuna, Bunagana, Cyanika, Ishasha River, Busanza et Kyeshero.

La reprise du trafic soulève néanmoins des interrogations. Il n’est pas encore clair si cette décision remet en cause la directive précédente. Contactée par Bankable, l’URA (Uganda Revenue Authority) a précisé que cette directive demeure en vigueur, dans l’attente d’une instruction de sa hiérarchie.

En pratique, la réouverture effective de ces postes-frontières pourrait relancer les échanges commerciaux de part et d’autre de la frontière et soulager les commerçants opérant dans les zones sous occupation. Ceux-ci pourraient ainsi approvisionner plus facilement les villes de Goma et Bukavu. Jusqu’à présent, ils étaient contraints de déclarer leurs marchandises comme étant destinées aux villes rwandaises de Gisenyi et Cyangugu, ce qui les obligeait à s’acquitter d’abord des droits de douane au Rwanda, puis, une fois en RDC, des taxes imposées par les rebelles du M23.

Toutefois, les recettes générées par les postes récemment rouverts seront perçues par la rébellion, représentant ainsi pour elle une source de revenus supplémentaire.

Ronsard Luabeya et Timothée Manoke, stagiaires

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Kamoa Copper, owner of the Kamoa-Kakula copper complex, signed a sales contract with Swiss trader Trafigura to sell 20% of the copper anode output from its smelter. The smelter will begin operations in September 2025. Ivanhoe Mines, a major shareholder in Kamoa Copper, revealed this in its quarterly report on July 8.

The deal, finalized in June, spans three years. Trafigura also provided a $200 million advance loan to Kamoa Copper. The loan carries an interest rate based on the US dollar’s average monthly SOFR rate plus 3.75%. Kamoa Copper will repay this advance with copper anodes equal to the loan amount plus interest.

With this contract, Kamoa Copper secures pre-sales for 100% of its smelter’s production, which is expected to reach 500,000 tonnes of copper anodes per year. Earlier in January, Ivanhoe Mines announced agreements covering 80% of smelter output with Chinese firms CITIC Metal and Gold Mountains International Mining Company, affiliates of Zijin Mining. Zijin Mining also holds stakes in Kamoa Copper and Ivanhoe Mines. That deal included a $500 million advance loan on terms similar to Trafigura’s.

Since starting production in mid-2021, Kamoa Copper has favored pre-sale agreements backed by advance payments. However, the Congolese government, holding a 20% minority stake, has expressed concerns. Alongside Ivanhoe Mines (39.6%), Zijin Mining (39.6%), and Crystal River Global Limited (0.8%), Kamoa Copper operates under Kamoa Holding Limited.

Ivanhoe Mines insists these contracts reflect “competitive and independent commercial terms.” Yet, in December, Congo’s Portfolio Minister Jean-Lucien Bussa criticized Kamoa Copper for selling below market prices. He announced plans for the government to participate in selecting buyers to optimize copper revenues and ensure fair resource valuation. No recent updates have emerged on implementing this measure.

This article was initially published in French by Pierre Mukoko

Edited in English by Ange Jason Quenum

  • Council of Ministers approves decree to restructure DR Congo’s Competition Commission.

  • The decree drastically redefines the status, organization, and missions of the Congolese competition watchdog.

 Last week, the Congolese Council of Ministers approved a restructuring decree of the Democratic Republic of Congo’s Competition Commission, the COMCO. The document was greenlit on July 4, on the sidelines of the Commission’s 50th ordinary meeting.

The decree was presented by the Minister of National Economy, Daniel Mukoko Samba. Its restructuring provides legal jurisdiction and financial and administrative autonomy to the COMCO, thus bolstering the entity’s core role in the economic regulatory system.

Positioned under the Ministry of National Economy, the COMCO is an independent public authority, primarily tasked with ensuring compliance with competition rules, price transparency, and consumer protection.

Following its restructuring, the COMCO now has five major sub-bodies: a National Coordination, a Technical Council, a College of Analysts, a Corps of Investigators, and auxiliary staff.

The restructuring, authorities expect, will boost the regulator’s responsiveness and expertise, especially in dealing with sensitive issues linked to strategic sectors such as energy, telecommunications, and imported food products.

The decree also outlines the funding sources for the COMCO, including government allocations. The institution can also benefit from external technical and financial aid, as well as revenue generated from its own activities, such as consulting fees or fines imposed on violators.

Kamoa Copper, propriétaire du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, a signé un contrat de vente avec le négociant suisse Trafigura portant sur 20 % de la production d’anodes de cuivre de sa fonderie, dont l’entrée en service est prévue pour septembre 2025. L’information est issue du rapport trimestriel d’Ivanhoe Mines, l’un des actionnaires de Kamoa Copper, publié le 8 juillet 2025.

Selon ce document, l’accord a été conclu en juin dernier pour une durée de trois ans. Il inclut également une avance de 200 millions de dollars consentie par Trafigura à Kamoa Copper, avec un taux d’intérêt équivalant au taux moyen mensuel pondéré du marché interbancaire américain (SOFR) majoré de 3,75 %. En d’autres termes, l’entreprise recevra une quantité d’anodes de cuivre équivalente à ce montant, augmentée des intérêts, en guise de remboursement.

Avec cet accord, Kamoa Copper boucle la prévente de l’intégralité de la production de sa fonderie, dont la capacité est estimée à 500 000 tonnes d’anodes de cuivre par an. En janvier, Ivanhoe Mines avait déjà annoncé la signature d’un contrat de vente portant sur 80 % de cette production avec CITIC Metal Limited et Gold Mountains International Mining Company Limited, deux entités affiliées à Zijin Mining. Ce dernier est également actionnaire de Kamoa Copper et d’Ivanhoe Mines. Ce premier accord était assorti d’une avance de 500 millions de dollars aux mêmes conditions que celle négociée avec Trafigura.

Depuis son entrée en production à la mi-2021, Kamoa Copper privilégie ce mécanisme de prévente adossée à des avances sur production. Une stratégie qui suscite des réserves du côté de l’État congolais, actionnaire minoritaire à hauteur de 20 %, aux côtés d’Ivanhoe Mines (39,6 %), Zijin Mining (39,6 %) et Crystal River Global Limited (0,8 %), tous les trois regroupés au sein de Kamoa Holding Limited.

Ivanhoe Mines affirme que ces accords sont conclus « selon des conditions commerciales compétitives et indépendantes ». Mais en décembre dernier, le ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa, a estimé que Kamoa Copper vendait sa production en dessous des prix du marché. En conséquence, il a annoncé que l’État entend désormais participer à la sélection des acheteurs. L’objectif affiché est d’optimiser les revenus issus de l’exploitation du cuivre congolais et de garantir une valorisation plus équitable des ressources naturelles. Aucune information récente n’a toutefois été communiquée sur la mise en œuvre de cette mesure.

Pierre Mukoko

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Le Conseil des ministres a adopté, lors de sa 50ᵉ réunion ordinaire tenue le 4 juillet 2025, un décret structurant la Commission de la concurrence, désormais abrégée Comco (et non plus Conac). Ce texte, proposé par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, redéfinit en profondeur le statut, l’organisation et les missions de l’autorité nationale chargée de veiller à la régulation concurrentielle des marchés en République démocratique du Congo (RDC).

Désormais dotée d’une personnalité juridique et d’une autonomie administrative et financière, la Comco s’affirme comme un acteur central du dispositif de régulation économique. Placée sous la tutelle du ministère de l’Économie nationale, elle agit en qualité d’autorité publique indépendante, avec pour mandat principal de veiller au respect des règles de concurrence, à la transparence des prix et à la protection des consommateurs.

La structuration de la Comco repose sur cinq organes majeurs : une Coordination nationale, un Conseil technique, un Collège des analystes, un Corps des enquêteurs et un personnel d’appoint. Cette nouvelle organisation vise à améliorer la réactivité et l’expertise de l’institution, notamment dans le traitement des dossiers sensibles liés à des secteurs stratégiques comme l’énergie, les télécommunications ou encore les produits alimentaires importés.

Le décret précise également les sources de financement de la Comco : outre les dotations de l’État, l’institution pourra bénéficier d’appuis techniques et financiers extérieurs, ainsi que de revenus issus de ses propres activités, tels que les frais de consultance ou les amendes infligées aux contrevenants.

Boaz Kabeya, stagiaire

U.S. President Donald Trump announced on July 8 a 50% tariff on all copper imports, a move intended to repatriate copper production and reduce foreign dependence, which he described as a national security risk.

The United States ranks as the world’s second-largest copper importer after China. It mainly imports refined copper. According to the U.S. Department of Commerce, copper imports hit $17 billion in 2024, with $6 billion coming from Chile alone.

The administration has not confirmed an official start date for the tariff but hinted it could take effect as early as August. The announcement immediately sent copper prices soaring on the U.S. market. On the Commodity Exchange (COMEX), futures contracts jumped 13%, marking the largest single-day gain since 1968. Prices then settled just below $5.60 per pound the next day.

Traders reacted to the prospect of costlier copper imports by anticipating shortages. Some signs point to speculative buying, as investors seek to profit from expected price hikes once the tariffs kick in.

Ripple Effects on the DRC

This price surge comes amid strong global demand for copper, a metal essential for electric vehicles (about 80 kg per car), renewable energy, and infrastructure projects. Analysts project a global supply shortfall of 4.5 million tonnes by 2030. This deficit supports prices on international markets, including the London Metal Exchange (LME). Meanwhile, Trump’s push to curb Chinese influence in supply chains adds to trade tensions.

The Democratic Republic of Congo produced roughly 2.5 million tonnes of copper in 2024, about 11% of the world’s supply. The country stands to benefit indirectly from rising prices. Major foreign companies such as CMOC, Zijin Mining, Ivanhoe Mines, and Glencore dominate Congolese copper production. The state usually holds only a minority stake.

Most copper production in the DRC sells through forward contracts, often with entities linked to producers. These agreements fix prices in advance or use past averages, limiting the government’s ability to immediately profit from price spikes. In contrast, mining companies see their stock values rise directly. The Congolese government has expressed interest in joining marketing processes but has made little concrete progress so far.

On the fiscal front, the DRC collects export royalties. However, these taxes often rely on anticipated average prices, which means the government misses out on sudden price jumps.

Medium-Term Prospects

The 2018 Mining Code’s superprofit tax could become a key tool. This 50% tax applies when commodity prices exceed by 25% the economic assumptions in feasibility studies. For example, if a study assumes $4 per pound ($8,818.5 per tonne), the tax applies from $5 per pound ($11,023 per tonne). With U.S. copper prices currently at $5.60 per pound ($12,368 per tonne), this tax is now relevant.

Copper prices rose 38.8% between January and July 2025, from $4.04 to $5.61 per pound, and nearly doubled over five years. Many projects now exceed the superprofit tax threshold. However, estimating the exact fiscal gain remains challenging.

The long-term impact of the U.S. tariff on the DRC depends on how it influences prices and demand. Analysts agree U.S. copper imports will not drop immediately despite the tariffs. The U.S. lacks the mines, smelters, and refineries to meet its needs alone. Projects like Resolution Copper require 7 to 10 years and billions in investment to come online.

The U.S. imports about 45% of its copper needs. Washington may even increase copper purchases to support its reindustrialization plans. Global demand should grow 3 to 5% annually through 2030, driven by the energy transition.

If the DRC boosts production to 3.5 to 4 million tonnes, as planned with expansions like Kamoa-Kakula, the country could earn $30 to $40 billion annually in export revenues by then.

Georges Auréole Bamba

La République démocratique du Congo (RDC) et la République unie de Tanzanie ont repris les discussions autour de l'exploration et de la production pétrolière dans le Graben Tanganyika, un bassin partagé entre les deux pays, réputé pour son potentiel en hydrocarbures. Une réunion ministérielle s’est tenue le 8 juillet 2025 à Dar es Salaam entre le ministre congolais des Hydrocarbures, Aimé Sakombi Molendo, et son homologue tanzanien de l’Énergie, Doto Biteko.

À l’issue de la rencontre, les deux parties ont convenu de la mise en place d’un comité technique conjoint chargé de l’actualisation du protocole d’accord bilatéral (MoU) signé en octobre 2016, ainsi que de l’élaboration d’une feuille de route sur les prochaines étapes à entreprendre, a indiqué le ministère congolais des Hydrocarbures. Selon la même source, une prochaine réunion est prévue le 28 juillet 2025 pour la signature du MoU révisé par les experts.

Signé il y a huit ans à Dar es Salaam, sous les présidences de Joseph Kabila et John Magufuli, ce MoU avait pour but d’établir les bases d’une coopération dans l’exploration et la production pétrolière sur le Graben Tanganyika. L’accord couvrait notamment l’échange d’informations techniques, la coordination des stratégies d’exploration, ainsi que le développement d’infrastructures conjointes.

Les deux ministres ont également souligné l’importance de développer les infrastructures pétrolières, notamment l’évacuation du pétrole brut et le transport des produits pétroliers, via les corridors Hoima–Tanga et Dar es Salaam–Ndola–Sakania, pour répondre aux besoins croissants en énergie de leurs pays respectifs. Ils ont aussi échangé sur les bonnes pratiques en matière de gestion des ressources énergétiques et sur la promotion des investissements dans le secteur.

Boaz Kabeya, stagiaire

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Le président américain Donald Trump a annoncé, le 8 juillet 2025, l’imposition d’un droit de douane de 50 % sur tout le cuivre importé aux États-Unis. Pour justifier cette mesure, il a déclaré vouloir « ramener la production de cuivre à la maison », estimant que la dépendance aux importations constitue un problème de sécurité nationale.

Les États-Unis sont le deuxième importateur mondial de cuivre, derrière la Chine. Ils achètent principalement du cuivre raffiné. Selon les données du ministère américain du Commerce, relayées par plusieurs médias, les importations de cuivre ont atteint 17 milliards de dollars en 2024, dont 6 milliards en provenance du Chili.

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Aucun calendrier d’entrée en vigueur n’a encore été officiellement confirmé, mais l’administration évoque une mise en œuvre possible d’ici début août. L’annonce a immédiatement provoqué une envolée des cours du cuivre sur le marché américain. Sur la Commodity Exchange (COMEX), l’une des principales bourses de matières premières, les contrats à terme ont bondi de 13%, marquant la plus forte hausse intrajournalière depuis 1968, avant de se stabiliser en deçà de 5,6 dollars le lendemain.

La perspective d’un renchérissement du cuivre à l’importation a incité les traders à anticiper une pénurie. Certains indicateurs laissent également penser que le marché a été stimulé par des achats spéculatifs, visant à profiter des hausses de valeur attendues après l’entrée en vigueur des tarifs.

Impact indirect pour la RDC

Ces dynamiques interviennent dans un contexte de forte demande mondiale en cuivre, métal indispensable à la fabrication des véhicules électriques (environ 80 kg par véhicule), aux énergies renouvelables et aux infrastructures. Un déficit d’approvisionnement de 4,5 millions de tonnes est projeté d’ici 2030, ce qui soutient les prix sur les marchés internationaux, y compris à la Bourse des métaux de Londres (LME). Par ailleurs, la rhétorique de Donald Trump, visant à limiter l’influence chinoise sur les chaînes d’approvisionnement, accentue les tensions commerciales.

La République démocratique du Congo, qui a produit environ 2,5 millions de tonnes de cuivre en 2024 (soit 11 % de l’offre mondiale), pourrait bénéficier indirectement de cette hausse des prix. Plusieurs grandes entreprises étrangères dominent sa production — notamment CMOC, Zijin Mining, Ivanhoe Mines et Glencore — et l’État n’est généralement qu’actionnaire minoritaire.

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En pratique, une grande partie de la production est vendue à travers des contrats d’achat à terme, souvent conclus avec des entités liées aux producteurs. Ces contrats fixent les prix à l’avance ou se basent sur des moyennes passées, limitant la capacité de l’État à profiter immédiatement des flambées de prix. En revanche, les groupes miniers, eux, enregistrent une revalorisation directe de leurs stocks. Le gouvernement congolais a exprimé sa volonté de participer aux processus de commercialisation, mais les avancées concrètes dans ce domaine restent floues.

Sur le plan fiscal, la RDC perçoit des redevances à l’exportation. Cependant, le mode de calcul de ces taxes, souvent basé sur des prix moyens anticipés, empêche de profiter pleinement des hausses soudaines.

Perspectives à moyen terme

Toutefois, la taxe sur les superprofits instaurée par le Code minier de 2018 pourrait constituer un levier important. Cette taxe de 50 % s’applique lorsque les prix des matières premières dépassent de 25 % les hypothèses économiques des études de faisabilité. Par exemple, si une étude prévoit un prix de 4 dollars par livre (8 818,5 $/t), la taxe s’enclenche à partir de 5 dollars (11 023 $/t). Avec un prix actuel aux Etats-Unis de 5,6 dollars par livre (12 368 $/t), cette taxe serait applicable.

Entre janvier et juillet 2025, le cours du cuivre a augmenté de 38,8 % (de 4,04 à 5,61 dollars par livre) et de 98,8 % sur cinq ans, ce qui signifie que de nombreux projets dépassent ce seuil. Le potentiel fiscal reste néanmoins difficile à estimer précisément.

Les effets à long terme de cette décision américaine sur la RDC dépendront de son impact sur les cours et la demande. Selon plusieurs analystes, les importations américaines de cuivre ne devraient pas reculer dans l’immédiat, malgré les tarifs. Les États-Unis n’ont ni les mines, ni les fonderies, ni les raffineries nécessaires pour assurer leur autosuffisance. Des projets tels que Resolution Copper nécessitent 7 à 10 ans de développement et des milliards d’investissements.

Importateur à hauteur de 45 % de ses besoins, Washington pourrait même accroître ses achats de cuivre pour accompagner son programme de réindustrialisation. La demande mondiale devrait croître de 3 à 5 % par an jusqu’en 2030, tirée par la transition énergétique. En cas de production nationale portée à 3,5 à 4 millions de tonnes  — comme prévu avec l’expansion de mines comme Kamoa-Kakula —  la RDC pourrait enregistrer des recettes d’exportation comprises entre 30 et 40 milliards de dollars par an à cette échéance.

Georges Auréole Bamba

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