L’occupation des principales villes du Kivu par les rebelles du M23 et leurs soutiens des forces armées rwandaises a bouleversé le marché brassicole dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), selon des témoignages concordants. Les pénuries et la hausse des prix des bières congolaises favorisent l’essor des produits importés du Rwanda et du Burundi.
À Bukavu, le prix d’une bouteille de bière Brasimba est passé de 3 500 à 8 000 francs congolais (FC), tandis qu’à Kiwanja, une Primus grand format se négocie entre 6 000 et 7 000 FC. À l’inverse, les bières rwandaises et burundaises, notamment Primus Rwanda et Amstel, restent plus abordables, oscillant entre 3 000 et 4 000 FC dans certaines buvettes de la commune de Karisimbi, à Goma.
Face à cette situation, les tenanciers de bars et terrasses s’approvisionnent de plus en plus dans les pays voisins pour maintenir leurs activités. Cette dynamique favorise les brasseries rwandaises et burundaises au détriment de la production locale, dont les capacités ont été fortement réduites par les pillages.
En février 2025, lors de l’entrée des rebelles du M23 à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, les entrepôts de la Bralima, l’une des principales entreprises brassicoles en RDC, ont été pillés. Ce saccage menace directement l’emploi de plus de 1 000 personnes, incluant les contractants et sous-traitants, qui risquent de perdre leur source de revenus et de se retrouver en difficulté pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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