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At the United Nations Security Council meeting on March 27, 2025, the United States called for the immediate reopening of Goma International Airport in eastern Democratic Republic of Congo (DRC), a critical lifeline for humanitarian and economic operations in North Kivu province. Acting U.S. Ambassador to the UN, Dorothy Shea, emphasized the urgency of the situation, stating, “We demand that the M23 (...) take the necessary steps to reopen the airport without delay.”

Goma airport has been under M23 rebel control since January, following their seizure of Goma amid intensified fighting between the group—backed by Rwanda—and Congolese government forces. The airport’s closure has paralyzed relief efforts for millions of displaced civilians and disrupted vital supply chains for medical aid, food, and other necessities. Humanitarian organizations, including the UN and European Union, have repeatedly urged its reopening to establish a humanitarian corridor.

According to reports from Radio France Internationale (RFI), M23 has initiated demining operations at the airport, a crucial step toward resuming operations. However, significant obstacles remain: explosives must be fully neutralized to ensure air safety, the control tower must be restored, and baggage handling systems reactivated. Additionally, questions persist about who will oversee airport management. Collaboration between Kinshasa and M23 appears unlikely given ongoing hostilities, leaving the United Nations Mission in the DRC (MONUSCO) as a potential mediator or operator.

Dorothy Shea further demanded that M23 cease obstructing MONUSCO’s activities: “We demand that the M23 immediately cease obstructing Monusco operations.” Her statement underscores growing international frustration with the group’s actions amid a worsening humanitarian crisis.

The diplomatic context surrounding Goma’s airport is complicated by broader tensions in the region. Earlier in March, Ronny Jackson—a U.S. Congressman reportedly acting as an emissary for former President Donald Trump—visited several Great Lakes nations. While Jackson reaffirmed U.S. support for the DRC’s territorial integrity and advocated for a regional security framework, his comments sparked mixed reactions among regional leaders.

Speaking before a committee in the United States, Jackson reaffirmed the inviolability of the DRC's borders. However, he felt that a military solution would not end the conflict. He and other speakers at the session called for the establishment of a regional framework guaranteeing the security and economic interests of all players in the zone, while calling on Kinshasa to strengthen its governance.

This article was initially published in French by Georges Auréole Bamba

Edited in English by Ola Schad Akinocho

United Bank for Africa (UBA) DRC, the Congolese subsidiary of the eponymous Lagos-based bank,  posted a net profit of 21 billion naira ($13.6 million) in 2024, up from 4.3 billion naira ($4.3 million) in 2023. According to our sources, the Congolese branch contributed five times more to the group’s profit between 2023 and 2024.

This remarkable growth was driven by a sharp rise in operating income, which soared to 22.8 billion naira, up from 4.3 billion naira the previous year. UBA RDC expanded its traditional lending activities while aggressively entering the debt securities market, investing approximately $76.7 million in this segment last year.

The subsidiary’s performance also benefited from macroeconomic factors, particularly the depreciation of the naira against the U.S. dollar, as nearly 91% of banking assets in the DRC are dollar-denominated. Adjusted for exchange rate fluctuations, UBA RDC’s profit growth remains impressive at 216%, underscoring its operational efficiency despite currency volatility.

While UBA DRC has emerged as an important growth driver for the Nigerian banking giant, it is not yet among the group’s most strategic subsidiaries. Countries like Cameroon, Côte d’Ivoire, Mozambique, Senegal, and Congo Brazzaville contribute more to UBA’s overall profits. Moreover, UBA RDC remains a relatively small player in the Congolese banking sector, prompting the bank to launch an ambitious five-year strategic plan (2024–2028) to scale its operations.

The plan includes expanding its branch network from three locations in 2024 to 21 by 2028 and increasing ATMs across key regions. It also targets mobilizing $1.8 billion in deposits by the end of the period—up from $269 million in 2023—positioning UBA RDC for long-term growth. As part of this strategy, the bank recently opened a new branch in Matadi, focusing on import-export activities that have proven successful in other markets like Cameroon.

Georges Auréole Bamba

Selon des témoins contactés sur place, le litre de carburant se vend, ce 31 mars 2025, à 4 000 francs congolais (FC) à Bunia, capitale provinciale de l’Ituri. Il y a quelques jours, le prix avait pratiquement doublé, passant de 3 200 à 7 000 FC, selon Daniel Mugisha, président des importateurs de produits pétroliers de la province.

Cette baisse des prix intervient à la suite de la reprise du trafic sur la route nationale 27 (RN27), qui relie Bunia à Mahagi, à la frontière ougandaise. Cette voie constitue la principale porte d’entrée des produits pétroliers dans la province de l’Ituri.

L’entrée des forces ougandaises (UPDF, Uganda People's Defence Forces) à Fataki le 18 mars, dans le cadre de l’élargissement de l’opération Shujaa, a transformé cette localité, située sur la RN27, en zone de combats. Les affrontements ont opposé les soldats ougandais à la milice locale Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), pour des raisons encore inconnues à ce jour.

Ces combats ont entraîné le blocage d’environ 300 véhicules transportant des produits pétroliers entre les localités de Ngote et Mahagi, selon Daniel Mugisha.

La stabilisation des prix est désormais attendue, à la suite des réunions d’évaluation des opérations, qui se sont conclues le 28 mars dernier à Bunia entre les commandements des UPDF et des FARDC. Lors de ces discussions, les deux parties ont convenu de déployer des forces conjointes chargées d’effectuer des patrouilles et d’assurer la protection des convois civils circulant sur l’axe Mahagi-Bunia (RN27), selon un compte rendu publié par Chris Magezi, porte-parole des UPDF, sur son compte X.

Cette baisse du prix du carburant est bien accueillie par la population. Avec la récente flambée des prix, le tarif d’une course à moto — principal moyen de transport dans la ville — avait doublé, passant de 1 000 à 2 000 FC.

Timothée Manoke, stagiaire

Kinshasa : la demande de carburant triple, accentuant la pression sur les finances publiques

Carburants : pénuries et hausse des prix au Haut-Katanga et au Kasaï oriental depuis plus d’un mois

Le ministre congolais de l’Industrie et du Développement des PME, Louis Watum Kabamba, a lancé, le 26 mars 2025, les travaux d’aménagement de la Zone économique spéciale (ZES) de Musompo. Située dans la province du Lualaba, riche en cobalt, cette zone, prévue pour s’étendre sur plus de 900 hectares, est dédiée à la production de précurseurs de batteries, de batteries, et potentiellement à l’assemblage de véhicules électriques à partir des matières premières locales.

Kinshasa, Lusaka et plusieurs institutions partenaires ont signé, le 27 mars 2023, un accord-cadre pour la création de ZES destinée à la production de batteries et de véhicules électriques en RDC et en Zambie. Conformément à cet accord, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et Afreximbank devaient diriger la création d’une société chargée du développement et de l’exploitation des ZES, en consortium avec des investisseurs publics et privés des deux pays, ainsi que des partenaires internationaux tels que la plateforme d’investissement FEDA d’Afreximbank.

À ce jour, il n’est toutefois pas confirmé que cette société ait été officiellement créée. Dans le compte rendu publié par les services de communication du gouvernement du Lualaba, la société Arise IIP a été mentionnée comme l’un des partenaires du projet, sans plus de détails. Lors de la signature de l’accord-cadre, ce développeur d’infrastructures panafricain avait été désigné comme consultant technique chargé de mener l’étude de préfaisabilité pour l’établissement des ZES en RDC et en Zambie. Cette étude devait s’achever en août 2023, mais à ce jour, aucune information sur la publication de ses résultats n’est disponible.

Selon les autorités provinciales, les travaux d’aménagement de la ZES de Musompo sont évalués à plus de 200 millions de dollars. La durée du chantier, en revanche, n’a pas encore été communiquée.

Avec les ZES, le gouvernement accorde aux entreprises des facilités destinées à soutenir le développement de leurs activités, telles que des exonérations fiscales et douanières, afin d’attirer des investissements privés. À travers la ZES de Musompo, le ministère de l’Industrie et du Développement des PME espère mobiliser près de 2 milliards de dollars d’investissements dans la production de précurseurs de batteries, de batteries et, potentiellement, dans l’assemblage de véhicules électriques. Selon les projections du ministère, un tel niveau d’investissement pourrait générer environ 25 000 emplois directs et 60 000 emplois indirects.

Cependant, la concrétisation de cette ambition industrielle devra surmonter plusieurs défis, notamment en matière d’infrastructures et d’approvisionnement énergétique. Selon le rapport de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), en 2024, la province du Lualaba disposait d’une puissance installée de 847,2 MW, pour une puissance effectivement disponible non communiquée. En 2023, le taux de disponibilité était de 88,2 %. Le rapport 2023 de l’ARE recense toutefois 17 projets initiés cette année-là, témoignant ainsi des efforts entrepris pour renforcer l’approvisionnement en électricité dans la région.

Boaz Kabeya, stagiaire

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On March 24, 2025, Jean-Marie Olinda Lituambela, head of Tshopo province’s Transport, Communication Routes, and Opening-up division, announced plans to phase out wooden boats over five years old from circulation in Kisangani. This decision, aimed at enhancing safety and compliance with river navigation laws, could significantly impact trade and transportation in the region.

The wooden boats in question, including whaleboats, have been a lifeline for Kisangani, connecting it to towns like Isangi, Lokutu, Basoko, Opala, and Mbandaka. These vessels transport essential goods such as rice, palm oil, fish, and charcoal, ensuring food security for local communities. However, their removal could disrupt supply chains and isolate rural markets, including Yafira, Yanonge, and Yangambi, unless replaced with suitable alternatives.

"The law on river transport imposes the decommissioning of any boat more than five years old. Teams will shortly be dispatched to identify the boats, check their technical condition, and determine their actual number", Jean-Marie Olinda Lituambela told Agence Congolaise de Presse. Boat owners affected by the measure will be sensitized so that they can build new vessels.

A study by anthropologist Peter Lambertz highlights the importance of these wooden boats. Between 2018 and 2019, their numbers increased from 66 to 81 in Kisangani’s private ports, owned by 56 to 69 different shipowners. In contrast, modern metal barges—mainly used for heavy cargo to Kinshasa—are too expensive and ill-suited for local needs, limiting passenger transport.

As the study points out, modern metal barges, inherited from the colonial era, are too costly and ill-suited to local needs. They are mainly used to transport heavy goods to Kinshasa, with journeys limited to two to four trips per year. What's more, they officially prohibit passengers, unlike the whaleboats, which reserve an upper deck for them.

Boaz Kabeya (intern)

 

Rio Tinto, the Australian mining behemoth, is setting its sights on Africa's lithium reserves as it seeks to bolster its position in the global supply chain for this critical battery metal. Citing sources close to the matter, Bloomberg reported on March 28, 2025, that the company is in preliminary talks with the Democratic Republic of Congo (DRC) regarding the potential development of the southern portion of the Manono lithium deposit.

This move comes on the heels of Rio Tinto's recent $6.7 billion acquisition of Arcadium Lithium, which significantly expanded its lithium portfolio across Argentina, the United States, and Asia.

The company is also advancing its lithium projects, including the Rincon development in Argentina and in Jadar, Serbia.

The Manono deposit, considered one of the world's largest untapped lithium resources, boasts estimated mineral resources of at least 400 million tonnes. Rio Tinto's interest in this African asset marks a strategic pivot, following its 2024 partnership with Rwanda to explore strategic mineral deposits, including lithium.

Rio Tinto is not the only giant eyeing Manono's riches. KoBold Metals, a California-based firm backed by tech luminaries Bill Gates and Jeff Bezos, recently proposed a development plan for the southern section of the deposit. 

These overtures come amid ongoing legal disputes involving AVZ Minerals, the current permit holder for the southern portion, and state-owned Cominière over the alleged illegal partitioning of the Manono mining permit.

The northern section of Manono is already under development by Manono Lithium SAS, a joint venture between Cominière and China's Zijin Mining Group. 

Rio Tinto's renewed focus on lithium aligns with long-term market projections. Despite recent price declines due to temporary oversupply, analysts anticipate a market reversal driven by the global energy transition. The International Energy Agency (IEA) predicts a lithium deficit exceeding 150,000 tonnes by 2030, underscoring the strategic importance of securing future supply sources.

This article was initially published in French by Aurel Sèdjro Houenou (Ecofin Agency)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

 

AstraZeneca, one of the world’s leading pharmaceutical brands, bought his company two weeks ago. Jean-Pierre Latere is his name, and his startup, EsoBiotec, was purchased by the British giant. Latere, a Congolese-born Belgian scientist, founded EsoBiotec in 2020 in Mont-Saint-Guibert, Belgium. The deal with AstraZeneca is valued at one billion dollars. 

Under the deal, the behemoth will make an upfront payment of $425 million and potential future payments of $575 million tied to performance milestones. AstraZeneca's substantial investment hinges on EsoBiotec's groundbreaking in vivo cell therapy technology, which aims to simplify cancer treatment to a single injection, dramatically reducing costs and expanding patient access.

From Lubumbashi to the World

Latere's journey from Lubumbashi to the forefront of biotechnology innovation is a testament to perseverance and scientific ingenuity. After growing up in Kinshasa and attending the prestigious Boboto High School, Latere left his home country at 18, in 1994. He went on to Belgium, where he earned a Ph.D. in polymer chemistry from the University of Liège. He subsequently completed postdoctoral work at the University of Michigan.

His career path led him through Johnson & Johnson and Celyad Oncology, where he honed his expertise in cellular therapies. Motivated by personal experience with cancer in his family, Latere founded EsoBiotec to address the limitations of existing CAR-T cell therapies, which are effective but time-consuming and expensive.

EsoBiotec's Engineered NanoBody Lentiviral (ENaBL) platform represents a paradigm shift in cancer treatment. By leveraging the patient's body as its own cellular factory, the technology eliminates the need for complex ex vivo cell manipulation, potentially slashing treatment times from weeks to days and significantly reducing costs.

Six Years to Launch

EsoBiotec's Engineered NanoBody Lentiviral (ENaBL) platform represents a paradigm shift in cancer treatment. By leveraging the patient's body as its own cellular factory, the technology eliminates the need for complex ex vivo cell manipulation, potentially slashing treatment times from weeks to days and significantly reducing costs.

With the first patient treated in December 2024 and "exceptional" results published in January, EsoBiotec caught the attention of pharmaceutical giants. The AstraZeneca acquisition now positions Latere's innovation for rapid development and commercialization, with the first product expected to reach the market within five to six years.

Pierre Mukoko and Ronsard Luabeya (intern)

 

En vue de renforcer ses positions dans la chaîne d’approvisionnement mondiale en lithium, le géant minier australien Rio Tinto s’intéresse à l’Afrique. Selon des informations rapportées le 28 mars 2025 par Bloomberg, qui cite des sources proches du dossier, la compagnie mène actuellement des discussions avec la République démocratique du Congo (RDC) concernant l’exploitation de la partie sud du gisement de Manono.

Rio Tinto s’est récemment imposé comme l’un des principaux fournisseurs mondiaux de ce métal stratégique, à la suite de l’acquisition d’Arcadium Lithium pour 6,7 milliards de dollars. Cette société détient plusieurs projets de développement en Argentine, aux États-Unis et en Asie.

Parallèlement, le groupe australien développe ses propres actifs de lithium, notamment à Rincon, en Argentine, et à Jadar, en Serbie. En 2024, Rio Tinto a également signé un partenariat avec le Rwanda en vue d’exploiter des gisements de minéraux stratégiques, dont le lithium.

Ce nouveau contact avec Kinshasa constitue néanmoins la première approche directe de Rio Tinto sur le continent africain pour un actif dont le potentiel est déjà reconnu. Manono est en effet considéré comme l’un des plus grands gisements de lithium inexploités au monde, avec des ressources minérales estimées à au moins 400 millions de tonnes.

Les discussions en cours en sont encore à un stade préliminaire, précisent les sources, et aucun accord n’a pour l’instant été conclu entre les parties.

Rio Tinto n’est d’ailleurs pas la seule compagnie internationale à s’intéresser au projet de Manono. Bloomberg a révélé la semaine dernière que l’Américain KoBold Metals — soutenu par Bill Gates et Jeff Bezos — a également proposé aux autorités congolaises un plan de développement pour la partie sud du gisement.

Des intérêts qui pourraient toutefois se heurter à ceux de la société australienne AVZ Minerals, détentrice actuelle du permis couvrant la partie sud du projet. L’entreprise est par ailleurs engagée dans une procédure judiciaire contre la société d’État Cominière, qu’elle accuse d’avoir scindé illégalement le permis d’exploitation de Manono. Cette scission avait conduit à la création de Manono Lithium SAS, une coentreprise entre Cominière et le groupe chinois Zijin Mining, qui développe aujourd’hui la partie nord du gisement.

L’intérêt manifesté par Rio Tinto intervient dans un contexte où les perspectives à long terme du marché du lithium sont jugées favorables. Si le prix de ce minerai a fortement chuté depuis 2022, en raison d’un excès d’offre temporaire, les analystes prévoient un retournement de tendance dans les prochaines années, porté par la dynamique de la transition énergétique.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de lithium devrait croître fortement, au point de provoquer un déficit de plus de 150 000 tonnes d’ici 2030.

Aurel Sèdjro Houenou, Agence Ecofin

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Lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies tenue le 27 mars 2025, les États-Unis ont exigé la réouverture immédiate de l’aéroport de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). « Nous exigeons que le M23 (…) prenne les mesures nécessaires pour rouvrir l’aéroport sans délai », a déclaré Dorothy Shea (photo), qui assure l’intérim en tant qu’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU depuis le 20 janvier 2025.

L’aéroport de Goma constitue une infrastructure essentielle pour l’approvisionnement des acteurs économiques et humanitaires opérant dans la province du Nord-Kivu, difficilement accessible par voie terrestre ou fluviale. Depuis la prise de la ville de Goma, l’ONU, l’Union européenne et d’autres organisations réclament la réouverture de cet aéroport, en vue d’y établir un couloir humanitaire destiné à venir en aide aux victimes d’un conflit qui s’est intensifié depuis le début de l’année. Ce conflit oppose, depuis plusieurs années, les forces gouvernementales au M23, un mouvement soutenu par le Rwanda.

Selon Radio France Internationale (RFI), le M23 aurait déjà entamé des opérations de déminage, une étape indispensable à la réouverture de l’aéroport. Mais d’importants obstacles subsistent : neutraliser totalement les engins explosifs pour garantir la sécurité aérienne, rétablir la tour de contrôle, et relancer la gestion des bagages ainsi que les opérations quotidiennes.

Par ailleurs, l’identité de l’acteur chargé d’assurer le fonctionnement de l’aéroport reste inconnue. Les autorités de la RDC ne se sont pas encore publiquement exprimées sur le sujet, et une collaboration entre Kinshasa et le M23 semble difficilement envisageable, même sur cette question logistique. La Mission des Nations unies en RDC (Monusco) pourrait toutefois jouer un rôle de médiateur ou d’opérateur. « Nous exigeons du M23 qu’il cesse immédiatement d’entraver les opérations de la Monusco », a d’ailleurs souligné Dorothy Shea.

Cette déclaration américaine intervient dans un contexte diplomatique marqué par la controverse. Ronny Jackson, membre du Congrès américain et présenté comme un émissaire de Donald Trump par plusieurs gouvernements de la région des Grands Lacs qu’il a rencontrés à la mi-mars, a récemment fait un compte rendu de sa tournée, suscitant des réactions contrastées.

Devant un comité aux États-Unis, Jackson a réaffirmé l’inviolabilité des frontières de la RDC. Toutefois, il a estimé qu’une solution militaire ne mettrait pas fin au conflit. Lui et d’autres intervenants lors de cette séance ont plaidé pour la mise en place d’un cadre régional garantissant la sécurité et les intérêts économiques de tous les acteurs de la zone, tout en appelant Kinshasa à renforcer sa gouvernance.

Georges Auréole Bamba

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La filiale congolaise du groupe bancaire panafricain United Bank for Africa (UBA), basé à Lagos, au Nigeria, a vu sa contribution au bénéfice du groupe multipliée par près de cinq en 2024 (4,8 fois exactement), selon des documents officiels consultés par Bankable. La banque, qui publie ses résultats consolidés en nairas — la monnaie nigériane —, a annoncé un bénéfice net de 21 milliards de nairas pour UBA RDC en 2024, contre 4,3 milliards un an plus tôt. Cela représente une hausse de 388 % sur un an.

Cette performance exceptionnelle s’explique principalement par la forte progression du résultat d’exploitation (valeur ajoutée nette des charges) de la filiale congolaise, qui s’élève à 22,8 milliards de nairas en 2024, contre 4,3 milliards en 2023. UBA RDC a poursuivi ses activités traditionnelles de crédit bancaire à la clientèle, tout en renforçant sa présence sur le marché des titres d’emprunt. La banque a ainsi investi environ 76,7 millions de dollars américains dans ce segment au cours de l’année.

Au-delà de la stratégie d’expansion du groupe UBA sur le marché bancaire congolais, cette croissance spectaculaire s’explique aussi par la forte dépréciation du naira face au dollar américain, devise dans laquelle sont libellés près de 91 % des actifs bancaires en RDC. Après ajustement, en tenant compte des variations du taux de change, le bénéfice réel de UBA RDC est passé de 4,3 millions de dollars en 2023 à 13,6 millions en 2024, soit une hausse significative, mais plus modérée, de 216 %.

Même si la RDC reste un levier de croissance important parmi les filiales du groupe nigérian, elle n’est pas la plus stratégique. Les filiales du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Mozambique, de la Sierra Leone, du Burkina Faso, du Sénégal et même de la République du Congo voisine affichent une contribution plus substantielle aux bénéfices nets du groupe.

Par ailleurs, sur les principaux indicateurs, UBA reste en queue de peloton dans le secteur bancaire en RDC. Pour améliorer sa position, la banque s’est dotée d’un plan stratégique quinquennal couvrant la période 2024-2028. Ce document prévoit une expansion significative de son réseau, avec le passage de trois agences en 2024 à 21 en 2028, ainsi qu’une augmentation du nombre de distributeurs automatiques de billets.

La banque ambitionne également de mobiliser un volume de dépôts de 1,8 milliard de dollars d’ici la fin de la période, contre 269 millions en 2023.

Dans cette dynamique, UBA a ouvert une nouvelle agence dans la ville portuaire de Matadi. Le groupe nigérian y cible notamment les activités d’import-export, qui soutiennent sa croissance dans d’autres marchés, comme le Cameroun.

Georges Auréole Bamba

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