Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable
Equipe Publication

Equipe Publication

Le gouvernement congolais demande à l’ensemble des sociétés minières opérant en République démocratique du Congo (RDC) de transmettre, au plus tard le 16 février 2026, les preuves de constitution des garanties financières destinées à la réhabilitation environnementale de leurs projets. Cette instruction, contenue dans une correspondance du ministère des Mines datée du 30 janvier 2026, vise l’ensemble des projets miniers et de carrières actifs, depuis l’octroi de leurs titres jusqu’au 31 décembre 2025.

Le courrier précise que les entreprises concernées sont tenues de produire les plans environnementaux approuvés ainsi que les justificatifs attestant de la constitution effective des sûretés financières, conformément aux exigences du Code minier et de son règlement d’application.

Le cadre légal congolais impose en effet à tout titulaire de droits miniers ou de carrières l’obligation de constituer, avant le début de l’exploitation, une garantie financière destinée à couvrir les coûts de réhabilitation et de fermeture du site. Cette garantie est calculée sur la base du plan de gestion environnementale du projet, tel qu’approuvé par l’administration, et doit être mobilisable par l’État en cas de défaillance de l’opérateur.

Le Code et le Règlement miniers prévoient que cette sûreté peut prendre la forme d’une garantie bancaire, d’un dépôt en numéraire, d’une police d’assurance ou de tout autre mécanisme jugé équivalent et acceptable par l’administration. Elle doit être maintenue pendant toute la durée de vie du projet et ajustée en fonction de l’évolution des travaux et des impacts environnementaux.

Faible niveau de conformité constaté

La démarche engagée par le ministère des Mines s’appuie sur des constats de faible conformité relevés tant par l’administration que par les partenaires techniques. Lors d’un atelier organisé en juillet 2025 à Lubumbashi, consacré à la sûreté financière de réhabilitation environnementale, les échanges avaient mis en évidence un écart significatif entre les obligations prévues par la loi et leur application effective par les opérateurs.

Sur un échantillon de 93 entreprises minières analysées, seules dix avaient fourni des informations relatives à la constitution de leur sûreté financière, illustrant un niveau de respect très limité de cette exigence pourtant centrale du dispositif de protection environnementale.

Les discussions tenues à Lubumbashi avaient également rappelé que l’absence de garanties financières effectives expose durablement l’environnement et les communautés locales. Jennyfer Imperator, cheffe de mission adjointe à l’ambassade des Pays-Bas, présente à cet atelier, avait souligné que la sûreté financière « assure que, même après le départ des exploitants, les dommages seront réparés, offrant ainsi une seconde chance aux populations affectées ».

La question de la réhabilitation environnementale s’inscrit dans un schéma plus large de manquements aux obligations sociales et financières des sociétés minières. Un rapport de la Cour des comptes publié en juin 2025 avait révélé qu’entre 2018 et 2023, les communautés locales avaient été privées de près de 198 millions de dollars en raison du non-paiement, du paiement partiel ou de la sous-déclaration de la dotation minimale obligatoire de 0,3 % du chiffre d’affaires, destinée au financement des projets communautaires.

Parmi les entreprises mises en cause figuraient notamment Kamoa Copper (Ivanhoe Mines et Zijin Mining), Kamoto Copper Company (Glencore), Sicomines (Crec-Sinohydro-Zhejiang) et Tenke Fungurume Mining (CMOC). La Cour des comptes avait recommandé des mesures de régularisation assorties de sanctions, pouvant aller jusqu’à la suspension des activités, tout en soulignant l’absence de réponses effectives des autorités de tutelle sur la période auditée.

Boaz Kabeya

Lire aussi :

Développement local : 198 millions $ non versés par les sociétés minières en RDC

L’offre de Buenassa pour acquérir Chemaf, producteur de cuivre et de cobalt en République démocratique du Congo (RDC), est chiffrée à 1,5 milliard de dollars. L’entreprise la présente comme le pilier « amont » d’une feuille de route industrielle évaluée à 3,5 milliards de dollars, rendue publique le 29 janvier 2026, à quelques jours du sommet de Washington sur les minerais critiques du 4 février, organisé par le gouvernement américain.

Dans son communiqué, Buenassa explique que ces 1,5 milliard de dollars doivent servir à « stabiliser » l’actif et à « reprofilier la dette », avec un objectif affiché : finaliser des unités industrielles (Etoile II et Mutoshi) afin de « respecter les obligations existantes » et d’établir une source fiable d’alimentation en minerai pour sa raffinerie en projet.

L’autre volet de la feuille de route est centré sur la construction de la raffinerie : 700 millions de dollars pour la première phase, et désormais 1,3 milliard de dollars pour la deuxième, initialement évaluée à 2 milliards de dollars. L’entreprise n’en détaille pas les ressorts, mais maintient ses objectifs de production : 30 000 tonnes de cuivre (cathodes de qualité LME) et 5 000 tonnes de cobalt (sulfate et métal de haute pureté) par an pour la première phase, puis 120 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt pour la deuxième.

Le président-directeur général de Buenassa, Eddy Kioni, défend l’intégration verticale comme une réponse à l’instabilité des marchés : « L’intégration verticale est la meilleure voie pour neutraliser la volatilité de l’approvisionnement et des prix, qui a historiquement découragé l’investissement occidental », affirme-t-il, en ajoutant que l’architecture proposée vise à garantir « une transparence totale » permettant d’éviter « les conflits financiers ou liés aux risques entre les actifs ».

Emploi, sous-traitance…

Buenassa Resources, filiale qui porte le projet industriel, dit vouloir apporter de la visibilité à « plus de 3 000 employés directs de Chemaf » et à « des milliers de sous-traitants », selon les termes du président de son conseil d’administration, l’ancien Premier ministre Samy Badibanga. Ce dernier affirme en outre que le complexe de raffinage générerait environ 5 000 emplois. « En ancrant ce projet dans le tissu industriel de la RDC, nous assurons un avenir durable à nos travailleurs et à notre région », soutient-il.

Buenassa met en avant un montage censé améliorer la « bancabilité » du projet grâce au soutien de l’État congolais, actionnaire de Buenassa Resources à hauteur de 10 %, et de plusieurs partenaires. L’entreprise dit s’appuyer sur Roland Berger pour un audit d’acquisition et le travail sur le rééchelonnement de la dette.

Pour l’ingénierie, Buenassa indique qu’un consortium composé de Bara Consulting (Royaume-Uni) et MET63 (Afrique du Sud) interviendrait comme ingénieur-conseil du maître d’ouvrage de la raffinerie, tout en participant à la gestion des opérations amont.

Sur le volet financier et institutionnel, l’entreprise mentionne des échanges renforcés avec des institutions américaines, dont la US International Development Finance Corporation (DFC). Elle cite également comme soutiens bancaires Rawbank et le groupe nigérian United Bank for Africa (UBA). Buenassa évoque enfin un partenariat recherché avec un « grand groupe industriel du Golfe » et une « grande maison de négoce américaine » pour renforcer ses capacités commerciales.

Sommet de Washington

Dans son communiqué, Buenassa situe explicitement sa communication dans la perspective du sommet de Washington sur les minerais critiques où sont attendus le président Félix Tshisekedi et des membres de son gouvernement. Selon le Financial Times, qui cite des sources proches du dossier, la vente de Chemaf, présentée comme un premier test du partenariat stratégique RDC–États-Unis signé le 4 décembre dernier, pourrait connaître un tournant à l’occasion de ce rendez-vous.

Dans ce contexte, les prétendants au rachat intensifient leurs démarches. D’après Africa Intelligence, Virtus Minerals aurait signé ces derniers jours un contrat de cession d’actions avec Zedra Skye Trustees, présenté comme le représentant près de 95 % des actionnaires de Chemaf. L’entreprise américaine proposerait, selon le journal, de reprendre les dettes de Chemaf, qui dépasseraient 900 millions de dollars. Elle envisage aussi de confier l’exploitation à l’entreprise indienne Lloyds Metals and Energy, décrite comme « peu chevronnée sur les projets de cuivre-cobalt, en particulier sur le continent africain ».

L’enjeu porte aussi sur la capacité à sécuriser le financement. Sur cet aspect, Virtus Minerals se serait tournée vers le fonds d’investissement new-yorkais Orion Resource Partners et le géant anglo-suisse du négoce Glencore. Mais selon Africa Intelligence, comme pour Buenassa, aucun accord contraignant n’aurait été signé à date.

Avec un contrat de cession d’actions, il ne resterait plus qu’à Virtus Minerals d’obtenir l’agrément du gouvernement congolais pour conclure l’achat. Selon la presse internationale, l’entreprise fondée par des vétérans des services de sécurité américains bénéficierait du soutien de l’administration Trump. Mais à Kinshasa, son offre ne rassure pas : au-delà des questions de financement, elle est perçue comme accordant peu de place aux intérêts locaux.

Arbitrage délicat

De son côté, Buenassa affirme concilier les intérêts américains et congolais. En plus d’une promesse de préserver les emplois et les contrats des sous-traitants, l’entreprise congolaise présente son projet comme s’inscrivant dans la volonté du gouvernement de transformer localement ses minerais afin de créer davantage de valeur.

L’entreprise congolaise se positionne aussi comme le bras opérationnel du partenariat RDC–États-Unis sur les minerais critiques, en s’engageant à réserver sa production au marché américain afin de bâtir une chaîne d’approvisionnement sécurisée hors influence chinoise. Elle se dit en plus ouverte à l’idée d’un consortium RDC (Gécamines, Buenassa…)–États-Unis, présentée comme l’alternative la plus réaliste, compte tenu des défis financiers, opérationnels et de sécurité des sites.

L’accord stratégique du 4 décembre dernier accorde aux entreprises américaines un droit de première offre sur des gisements de minerais critiques. Le texte précise toutefois que si, au bout de neuf mois, aucune offre américaine n’est retenue, les projets peuvent être ouverts aux « alliés », dont les entreprises congolaises. Reste que Kinshasa doit arbitrer ce dossier sans fragiliser la relation avec Washington, sur laquelle le pouvoir congolais compte aussi dans le contexte sécuritaire à l’est du pays.

Pierre Mukoko

Lire aussi :

Cuivre-cobalt : Buenassa veut acquérir Chemaf pour sécuriser son projet de raffinerie

Cathodes de cuivre : Chemaf prévoit d’arrêter sa production en novembre 2025

Cuivre de TFM : Gécamines veut orienter 100 000 tonnes vers les États-Unis en 2026

Minerais critiques, sécurité, fiscalité… : ce que prévoit l’accord RDC–États-Unis

 

FirstBank DRC, a subsidiary of Nigeria’s First Bank of Nigeria (FBN Holdings), is stepping up its digital strategy with the launch of a new mobile application, FirstMonie, on Jan. 28, 2026.

The initiative follows the roadmap outlined in the bank’s 2024 annual report, which aims to expand its retail and digital banking services and raise the share of revenue generated by digital products to 30%. FirstBank DRC reported total revenue of 331.3 billion Congolese francs (about $120 million) in 2024.

The bank’s main new feature is the ability to open an account remotely, without visiting a branch. The process is expected to take less than five minutes, a move designed to widen access to banking services and attract new customers amid growing competition from digital finance providers.

Beyond remote onboarding, FirstMonie allows users to transfer funds to other mobile wallets, including M-Pesa, Orange Money and Airtel Money. It also supports transfers within the FirstBank ecosystem, covering bank accounts as well as FirstMonie wallets.

Speaking at the launch ceremony, FirstBank DRC’s E-Business Director Jérémie Lukusa said the app also enables bill payments, subscription services, airtime purchases and other digital financial transactions. The bank did not disclose details on the fees that will apply.

Agent network challenge

To fund a FirstMonie wallet, users must go through a FirstMonie agent, transfer money from a FirstBank account, or deposit directly at a branch. The platform’s expansion will therefore depend largely on how quickly the bank can scale up its agent network nationwide. FirstBank DRC has set a target of 100,000 agents by 2029.

FirstBank DRC Board Chairman Kandolo Kasongo said the application will continue to evolve as new features are rolled out. Local media quoted him as describing it as a major innovation in the market, adding that further upgrades are expected over the coming year.

In neighbouring countries such as Uganda, mobile wallets are already used for a wider range of services, including government tax payments. The comparison highlights how such platforms can become central tools in national financial ecosystems, extending well beyond basic money transfers.

Timothée Manoke 

The National Investment Promotion Agency (ANAPI) said it approved 96 projects and applications in 2025, representing expected investment of $5.13 billion. This total marks a 125.7% increase from 2024 and reflects heightened activity by the Approval Board, which reviewed 190 cases compared with 114 the previous year, the agency said.

ANAPI noted that the momentum was largely driven by foreign direct investment, which accounted for 84.39% of the amounts approved in 2025. The agency said the strong share of foreign capital highlights growing interest among international investors in large-scale projects in the Democratic Republic of Congo (DRC).

Sectoral data released by ANAPI show that services attracted the largest share of approved investment, capturing 61.47% of the total, mainly through projects in the energy sector. Industry ranked second with 32.23%, indicating that investment in processing and manufacturing activities remains relatively limited.

Geographically, ANAPI said the provinces of Lualaba and Haut-Katanga received the highest investment totals, with $1.38 billion and $868.6 million respectively. The agency also reported interprovincial projects worth a combined $1.9 billion, pointing to increased interest in investments with nationwide scope.

If implemented, the projects approved in 2025 are expected to create 8,383 direct jobs, according to ANAPI projections.

2026 priorities

The surge in approvals follows the appointment on Dec. 16, 2024, of Rachel Pungu Luamba as head of ANAPI. The former internal auditor at the Central Bank has said she intends to maintain this momentum in 2026. Her priorities include completing the revision of the Investment Code, accelerating the full digitalisation of services, and strengthening the agency’s presence across the provinces. She also aims to develop strategic international partnerships and promote more inclusive investment that generates jobs and local added value.

The DRC has launched a broader reform process aimed at improving investment conditions and the business environment. The objectives include developing a national investment and business environment policy and updating the Investment Code. ANAPI said the current Code has several shortcomings, including administrative procedures seen as burdensome, unclear tax incentives, and provisions that do not fully reflect the country’s current structure of 26 provinces.

Boaz Kabeya

FirstBank RDC, filiale du groupe nigérian First Bank of Nigeria (FBN Holdings), poursuit sa stratégie de développement dans le numérique avec le lancement, le 28 janvier 2026, d’une nouvelle application baptisée FirstMonie. L’initiative s’inscrit dans le plan présenté dans son rapport annuel de l’exercice 2024, qui prévoit de développer et d’approfondir les offres de la banque de détail et de la banque numérique afin de porter la part des revenus générés par les produits numériques à 30 % du chiffre d’affaires total, qui a atteint 331,3 milliards de francs congolais (environ 120 millions de dollars) en 2024.

La banque met en avant comme principale innovation la possibilité d’ouvrir un compte bancaire auprès de FirstBank RDC sans se rendre en agence, dans un temps réduit annoncé à moins de cinq minutes. Cette fonctionnalité vise à simplifier l’accès aux services bancaires et à accélérer l’acquisition de nouveaux clients, dans un contexte marqué par une forte concurrence des services financiers digitaux.

Outre l’ouverture de compte à distance, les annonces indiquent que FirstMonie permet d’envoyer de l’argent vers d’autres portefeuilles électroniques, notamment M-Pesa, Orange Money et Airtel Money, ainsi que vers l’écosystème FirstBank, incluant les comptes bancaires et les wallets FirstMonie.

Selon des médias locaux présents à la cérémonie de lancement, Jérémie Lukusa, directeur E-Business de FirstBank RDC, a indiqué que FirstMonie offre également la possibilité de payer des factures, de régler des abonnements, d’acheter des unités téléphoniques et d’accéder à divers autres services financiers innovants à moindre coût, sans que les frais appliqués ne soient détaillés.

Un enjeu de réseau d’agents

Pour l’approvisionnement du portefeuille, l’utilisateur doit soit passer par un agent FirstMonie, soit effectuer un transfert à partir d’un compte FirstBank, soit se rendre directement dans une agence FirstBank. L’efficacité de FirstMonie dépendra donc du nombre d’agents bancaires déployés sur l’ensemble du territoire. FirstBank RDC ambitionne d’en compter 100 000 d’ici 2029.

Lors de la même cérémonie, le président du conseil d’administration de FirstBank RDC, Kandolo Kasongo, a précisé que l’application continuera d’évoluer avec l’intégration progressive de nouvelles fonctionnalités. « C’est une innovation remarquable et unique sur le marché. L’application a été brillamment testée et elle est très facile à utiliser. Elle continuera d’évoluer : d’ici un an, vous ne la reconnaîtrez plus », a-t-il affirmé, selon les médias locaux.

Dans des pays voisins comme l’Ouganda, les portefeuilles mobiles sont déjà utilisés pour des services élargis, notamment le paiement de taxes au gouvernement. Cette référence illustre le potentiel de ces solutions numériques à devenir des outils centraux des écosystèmes financiers nationaux, au-delà des simples opérations de transfert d’argent.

Timothée Manoke 

Lire aussi :

Paiements numériques : FirstBank s’allie à Visa pour améliorer son offre en RDC

Expansion : First Bank RDC vise 100 000 agents bancaires d’ici 2029

FirstBank RDC : hausse des crédits et dépôts, mais le bénéfice plafonne

L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) affirme avoir agréé 96 projets et requêtes en 2025, pour un volume d’investissement projeté de 5,13 milliards de dollars. Ce volume marque une hausse de 125,7 % par rapport à 2024 et s’inscrit dans une activité accrue du Conseil d’agrément, qui a examiné 190 dossiers, contre 114 l’année précédente, d’après l’agence.

La dynamique observée repose en grande partie sur les investissements directs étrangers, qui ont représenté 84,39 % des montants agréés en 2025. Pour l’ANAPI, ce poids des capitaux étrangers traduit l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour des projets à forte intensité capitalistique en République démocratique du Congo (RDC).

Les données sectorielles communiquées par l’ANAPI montrent une concentration des investissements dans les services, qui ont capté 61,47 % des montants agréés, principalement à travers des projets dans le secteur de l’énergie. Le secteur industriel arrive en deuxième position avec 32,23 %, confirmant une orientation encore timide vers les activités de transformation.

Sur le plan géographique, l’ANAPI indique que les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga ont concentré les volumes d’investissements les plus élevés, avec respectivement 1,38 milliard de dollars et 868,6 millions de dollars. En parallèle, l’agence relève des projets interprovinciaux d’une valeur cumulée de 1,9 milliard de dollars, traduisant un intérêt pour des investissements à portée nationale.

Selon les projections de l’ANAPI, si elles se réalisent, les projets agréés en 2025 devraient générer 8 383 emplois directs.

Priorités de 2026

Cette montée en puissance des agréments intervient après la nomination, le 16 décembre 2024, de Rachel Pungu Luamba à la tête de l’ANAPI. L’ancienne auditeur interne de la Banque centrale entend poursuivre cette dynamique en 2026, avec comme priorités : l’aboutissement de la révision du Code des investissements, l’accélération de la digitalisation complète des services, le renforcement de la présence de l’agence en province, le développement de partenariats stratégiques internationaux et la promotion d’un investissement inclusif, créateur d’emplois et de valeur ajoutée locale.

La RDC a engagé un processus de réformes liées aux investissements et au climat des affaires. Il est notamment question d’élaborer une politique nationale des investissements et du climat des affaires, ainsi que de réviser le Code des investissements. Selon l’ANAPI, le Code actuel présente plusieurs limites, notamment des procédures administratives jugées lourdes, des incitations fiscales peu claires et une faible prise en compte de la nouvelle organisation du pays en 26 provinces.

Boaz Kabeya

Lire aussi :

Climat des affaires : les services publics, talon d’Achille de la RDC

Révision du code des investissements : les travaux lancés à Kinshasa

PPP : Kinshasa veut arrimer sa loi aux standards internationaux

Foncier : un nouveau projet de loi pour sécuriser les terres et numériser le cadastre en RDC

The Democratic Republic of Congo will benefit from a new technical assistance project funded by the African Development Bank (AfDB) to help implement its National Energy Compact. The plan aims to raise the country’s electricity access rate from 21.5% to 62.5% by 2030.

In a statement released on Jan. 30, 2026, the AfDB said its Board of Directors approved the $3.9 million project, which will run for two years. Known as “AESTAP Mission 300 - Phase II,” the initiative also covers several other African countries, including Chad, Gabon, Tanzania, Mauritania, Kenya, Nigeria, Madagascar, Ethiopia, Malawi, Lesotho, Namibia, and Uganda.

The project forms part of the second phase of Mission 300, a joint initiative with the World Bank that aims to connect 300 million Africans to electricity by 2030.

It will provide technical support to help turn national energy plans into real electricity connections for households, schools, hospitals, and businesses. The program also seeks to improve regulation, planning, and tariff-setting in the power sector, with the goal of unlocking investment and strengthening utility performance, including by reducing losses.

In addition, it includes capacity building in data, research, and knowledge-sharing through tools such as the Electricity Regulatory Index for Africa, as well as the organization of regional energy forums.

Technical advisors will also be assigned to the national units responsible for implementing and monitoring energy compacts, helping governments coordinate reforms and track progress. These units were established during the first phase of Mission 300.

Investments and Goals

In the DRC, the National Energy Compact targets an increase in electricity access from the current 21.5% to 62% by 2030, for a population of around 130 million. It also aims to expand access to clean cooking solutions to 30% by the same deadline.

To meet these objectives, the country will need to secure about $17 billion in public funding and $20 billion in private investment, bringing the total to nearly $37 billion. The financing is expected to support new generation, transmission, and distribution infrastructure, the rehabilitation of existing facilities, and the implementation of key sector reforms. A further $20 billion will be needed by 2040 to strengthen infrastructure over the longer term.

Ronsard Luabeya

La République démocratique du Congo devrait bénéficier d’un nouveau projet d’assistance technique financé par la Banque africaine de développement (BAD) pour appuyer la mise en œuvre du Compact énergétique national, feuille de route visant à porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62,5 % d’ici 2030.

Selon un communiqué publié le 30 janvier 2026, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé un projet, doté de 3,9 millions de dollars sur une période de deux ans. Dénommé « AESTAP Mission 300 – Phase II », il concerne d’autres pays africains, dont le Tchad, le Gabon, la Tanzanie, la Mauritanie, le Kenya, le Nigéria, Madagascar, l’Éthiopie, le Malawi, le Lesotho, la Namibie et l’Ouganda. Sa mise en œuvre s’inscrit dans la deuxième phase de la Mission 300, une initiative menée conjointement avec la Banque mondiale et visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.

Le projet repose sur un appui technique destiné à convertir les plans énergétiques nationaux en raccordements effectifs pour les ménages, les écoles, les hôpitaux et les entreprises. Il doit notamment soutenir l’amélioration de la réglementation, de la planification et des mécanismes tarifaires du secteur électrique, afin de faciliter la concrétisation des investissements et de renforcer la performance des services publics, notamment par la réduction des pertes.

Le programme prévoit également un renforcement des capacités en matière de données, de recherche et d’apprentissage, à travers des outils tels que l’Indice de réglementation de l’électricité en Afrique et l’organisation de forums régionaux sur l’énergie.

Enfin, des conseillers techniques seront déployés au sein des unités nationales chargées de la mise en œuvre et du suivi des pactes énergétiques, afin d’accompagner les gouvernements dans la coordination des réformes et le suivi des progrès. Ces unités nationales ont été mises en place lors de la première phase de la Mission 300.

En RDC, le Compact énergétique ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % actuellement à 62 % à l’horizon 2030, pour une population estimée à 130 millions d’habitants. Il vise également 30 % d’accès aux solutions de cuisson propre d’ici 2030.

Pour atteindre ces objectifs, le pays devra mobiliser environ 17 milliards de dollars de financement public et 20 milliards de dollars d’investissement privé, soit un investissement global de près de 37 milliards de dollars. Ces investissements doivent couvrir le développement des infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité, la réhabilitation des installations existantes, ainsi que la mise en œuvre de réformes stratégiques.

Un effort supplémentaire de 20 milliards de dollars sera nécessaire pour renforcer les infrastructures d’ici 2040.

Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Électricité : la RDC vise 19,5 milliards $ d’investissements privés d’ici 2030

Gaz domestique : 1,2 million de ménages ciblés à Kinshasa d’ici 2030

Eau et électricité : vers une hausse des tarifs pour soutenir REGIDESO et SNEL

Électricité : vers l’installation du futur régulateur de la CEEAC en RDC dès 2026 

The Democratic Republic of Congo (DRC) Ministry of Mines and the Xcalibur group signed a second contract on Jan. 29 in Kinshasa for airborne geophysical and geological mapping of the national territory. Minister of Mines Louis Watum Kabamba and Xcalibur CEO Andres Blanco Grasa, who is based in Spain, signed the document after several months of anticipation.

The Ministry of Mines said last December that the selection was not a direct award but a continuation of the initial program, explaining the choice of the same provider. The ministry also said phase B takes into account the results of phase A. Officials added that they preferred signing a new contract rather than amending the existing one in order to comply with public procurement law and its implementing regulations.

The DRC signed a contract with Xcalibur in 2017 for national airborne geophysical and geological mapping. It was subsequently adjusted through amendments in 2019 and 2022. Documents published by the Ministry of Mines show the program is structured around two distinct components: a phase A described as a priority and a phase B described as optional.

According to Article 19 of the second amendment, the total cost of phase A, covered under the first contract, is set at $60,961,973. The cost of phase B is fixed at $297,873,516, bringing the overall budget to $358.8 million. This second phase, valued at nearly five times the first contract, was to be carried out later under a separate financing agreement and subject to a no-objection from the General Directorate for Control of Public Procurement (DGCMP). It is to be implemented taking into account results obtained during phase A.

The Minister of Mines said the first phase is finished. He said last November during the Makutano 2025 forum that they have submitted a report and collected data. He specified that the contract does not require Xcalibur to identify deposits. Instead, the company defines certain geological districts and formations, after which exploration work will begin.

According to the contract, phase A of the project was to cover mainly the Kasai, Equateur and Katanga blocks. It notably provided for remote sensing and interpretation of satellite images, and airborne geophysical surveys involving magnetic and radiometric data at resolutions allowing a regional-scale view of subsurface structures. It also included targeted gravity and electromagnetic surveys, initial geological and geochemical mapping of priority areas, the development of an open geological information system (GIS), and initial training for national technical staff.

Phase B provides for a densification of geophysical surveys in areas identified by phase A, as well as more detailed investigations of detected anomalies. It also includes magnetic and radiometric surveys across the rest of the country, standard gravity surveys in the central basin for gas and oil, and detailed geological and geochemical mapping at more actionable scales. The phase further includes advanced strengthening of national capacities and the full implementation of the GIS to support economic use and institutional management of the data. The program also includes the construction of a laboratory for chemical, petrographic and metallogenic analysis.

A boost for exploration

Many sector actors believe exploration in the DRC is stalled. Landry Djimpe, managing partner of Innogence Consulting, observed at Makutano 2025 that all current large mines without exception rely on geological clues identified during the colonial era.

The national airborne geophysical and geological mapping program is presented as an initial response to this problem. According to the Ministry of Mines, its objective is to provide the DRC with reliable and certified scientific data across the entire territory to better understand the country’s subsoil potential. It also aims to strengthen planning and transparency in the mining sector, attract responsible investment, and safeguard national economic sovereignty.

A central challenge remains ensuring rigorous monitoring of implementation so that this investment translates into better knowledge of the national subsoil and sustainable development of the country’s mineral resources. This challenge is further emphasized by the fact that Xcalibur holds no subsidiary in the DRC. The entities that signed the base contract and the various amendments are based in Mauritius, South Africa and Spain.

Pierre Mukoko

Attendue depuis quelques mois, la signature du second contrat entre le ministère des Mines de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe Xcalibur, portant sur les travaux de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national, a eu lieu le 29 janvier 2026 à Kinshasa. Le document a été signé par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et le directeur général de Xcalibur, Andres Blanco Grasa, basé en Espagne.

Après des allégations d’irrégularités ayant précédé la signature, le ministère des Mines a indiqué, en décembre dernier, qu’il ne s’agissait pas « d’une attribution discrétionnaire », mais de la « continuité du programme initial », d’où le choix du même fournisseur. Un choix également justifié par le fait que « la phase B prend en compte les résultats de la phase A ». Selon le même communiqué, l’option de signer un nouveau contrat, au lieu d’un avenant, a été privilégiée « pour respecter la loi sur les marchés publics et ses mesures d’application ».

En 2017, la RDC a signé avec Xcalibur un contrat relatif à la cartographie géophysique aéroportée et géologique nationale. Il a ensuite été ajusté par des avenants successifs en 2019 et 2022. Ces documents publiés par le ministère des Mines montrent que le programme est structuré autour de deux volets distincts : un volet A, dit « prioritaire », et un volet B, dit « optionnel ».

Un programme de près de 360 millions $

Selon l’article 19 de l’avenant n°2, le coût total du volet A — objet du premier contrat — est arrêté à 60 961 973 dollars américains, tandis que le coût du volet B est fixé à 297 873 516 dollars, soit une enveloppe globale de 358,8 millions de dollars. Cette seconde phase, de près de cinq fois la valeur du premier contrat, devait être exécutée ultérieurement sur la base d’un autre accord de financement et moyennant l’avis de non-objection de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP). Elle devrait être mise en œuvre « en tenant compte des résultats obtenus lors de la phase A ».

Selon le ministre des Mines, la première phase est terminée. « Ils ont déposé un rapport, il y a des données qu’ils ont pu récolter », avait-il indiqué en novembre dernier, lors de son passage au forum Makutano 2025, avant de préciser : « leur contrat ne leur demande pas de découvrir des gisements. Xcalibur définit plutôt certains districts géologiques et certaines formations géologiques. Et après, il y a le vrai travail d'exploration qui va commencer ».

 

Selon le contrat, la phase A du projet devait couvrir principalement les blocs Kasaï, Équateur et Katanga. Elle prévoyait notamment : la télédétection et l’interprétation d’images satellites ; des levés géophysiques aéroportés (magnétiques et radiométriques) réalisés à des résolutions permettant une lecture régionale du sous-sol ; des levés gravimétriques et électromagnétiques ciblés ; une première cartographie géologique et géochimique sur des zones identifiées comme prioritaires ; la structuration d’un système d’information géologique (SIG) ouvert ; ainsi que la formation initiale des cadres techniques nationaux.

La phase B prévoit une densification des levés géophysiques sur les zones identifiées par le volet A, ainsi que des investigations plus fines sur les anomalies détectées. Elle inclut également des levés magnétiques et radiométriques sur le reste du pays, des levés gravimétriques standards sur la cuvette centrale (gaz et pétrole), une cartographie géologique et géochimique détaillée à des échelles plus opérationnelles, un renforcement avancé des capacités nationales, et la mise en exploitation complète du SIG, notamment pour la valorisation économique et institutionnelle des données. Le programme comprend en outre la construction d’un laboratoire d’analyse chimique, pétrographique et métallogénique.

Levier pour relancer l’exploration

En RDC, l’exploration est en panne, estiment de nombreux acteurs du secteur. « Nos grandes mines actuelles reposent toutes — sans exception — sur des indices géologiques identifiés à l’époque coloniale », avait fait observer Landry Djimpe, associé gérant d’Innogence Consulting (cabinet de conseils actifs dans le secteur), lors du Makutano 2025.

Le programme de cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire national est donc présenté comme un début de réponse à cette problématique. Selon le ministère des Mines, son objectif est de doter la RDC de « données scientifiques fiables et certifiées sur l’ensemble du territoire », afin de mieux connaître le potentiel réel du sous-sol, renforcer la planification et la transparence du secteur minier, attirer des investissements responsables et garantir la souveraineté économique nationale.

Reste un enjeu central : assurer un suivi rigoureux de l’exécution, afin que cet investissement se traduise effectivement par une meilleure connaissance du sous-sol national et une valorisation durable des ressources minières du pays. Cet enjeu est d’autant plus souligné que Xcalibur ne détient aucune filiale en RDC : les entités ayant signé le contrat de base et les différents avenants sont basées à Maurice, en Afrique du Sud et en Espagne.

Pierre Mukoko

Lire aussi :

Prospection minière : la RDC prend un virage technologique avec KoBold et Solafune

 

Page 2 sur 225

Please publish modules in offcanvas position.