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Equipe Publication

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Lors du Conseil des ministres du vendredi 29 mai 2026, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a annoncé au gouvernement sa décision de mettre en place une Task Force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la ville de Kinshasa.

Placée sous son autorité directe, cette structure sera pilotée par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. Le chef de l’État lui confie ainsi la mission de coordonner la lutte contre l’insalubrité dans la capitale congolaise.

Cette décision intervient après une visite effectuée par le président de la République dans différents quartiers de Kinshasa, notamment aux abords du Grand Marché, où il a constaté la persistance de problèmes d’insalubrité.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le chef de l’État estime que les mécanismes actuellement en place sont marqués par une insuffisance d’anticipation et de coordination, des lenteurs opérationnelles ainsi qu’un déficit de discipline dans l’exécution des missions.

Pour y remédier, Félix Tshisekedi souhaite instaurer une approche fondée sur la discipline paramilitaire, la responsabilité collective, la culture du résultat et une coordination renforcée des interventions.

Missions

La Task Force réunira des experts du Service national ainsi que des représentants des ministères de l’Intérieur, de la Défense nationale, de l’Urbanisme et Habitat, de la Santé publique, de l’Environnement, des Infrastructures et Travaux publics, sans oublier l’Hôtel de Ville de Kinshasa.

Cette structure aura notamment pour missions d’élaborer un plan permanent de salubrité et d’assainissement pour Kinshasa, d’identifier et de traiter les principaux points critiques d’insalubrité, de coordonner les opérations de terrain, de proposer des mesures de discipline urbaine et de civisme environnemental, ainsi que de veiller à la sensibilisation de la population et à l’application des décisions prises.

Militaire de carrière, Jean-Pierre Kasongo Kabwik affirme totaliser plus de trente ans de service au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo. Dans une interview accordée en mars 2026, il explique avoir gravi progressivement tous les échelons, du grade de sous-lieutenant à celui de lieutenant-général.

Au cours de sa carrière, il indique avoir servi notamment au sein de la Garde républicaine, à la Maison militaire du président de la République, au ministère de la Défense, dans les forces terrestres ainsi qu’au sein d’une commission placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. Il précise diriger le Service national depuis juillet 2018.

Le choix du général Kasongo Kabwik s’inscrit dans le prolongement des réalisations attribuées au Service national depuis sa relance. Créée en 1997 sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, cette institution a connu une nouvelle dynamique à partir de 2020, avec pour missions l’encadrement de la jeunesse, la production agricole et la participation aux efforts de reconstruction nationale.

Kaniama Kasese comme vitrine

Sous la direction de Jean-Pierre Kasongo Kabwik, le centre de Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, est devenu la principale vitrine du Service national. Selon les chiffres communiqués par son commandement, les superficies cultivées sont passées de 250 hectares en 2018 à 5 000 hectares en 2024. La production de maïs est, quant à elle, passée de 1 000 tonnes en 2019 à 16 000 tonnes en 2024.

Pour la saison agricole 2025-2026, le Service national annonce une récolte de 40 000 tonnes de maïs, dont le lancement officiel est attendu dans les prochains jours.

Au-delà de la production agricole, le modèle développé à Kaniama Kasese repose également sur la réinsertion sociale de jeunes anciennement impliqués dans la délinquance urbaine, communément appelés « Kuluna ». Après une formation civique, patriotique et professionnelle, ces derniers participent aux activités agricoles ainsi qu’à la construction d’infrastructures.

Selon les responsables du Service national, les bâtiments, routes, logements et équipements publics réalisés sur le site ont été construits avec la participation de ces jeunes, désormais qualifiés de « bâtisseurs de la nation ».

Le Service national affirme également avoir développé des activités dans plusieurs domaines, notamment l’élevage, la pisciculture, la construction d’infrastructures et la formation professionnelle. Dans le cadre de sa stratégie 2026-2030, l’institution prévoit d’étendre ce modèle à plusieurs provinces du pays en combinant centres de production et centres de formation.

La nomination de Jean-Pierre Kasongo Kabwik à la tête de la Task Force chargée de la salubrité de Kinshasa traduit ainsi la volonté du chef de l’État de s’appuyer sur une structure qu’il considère comme capable de produire des résultats opérationnels sur le terrain.

Après les défis liés à la production agricole, à la réinsertion sociale et à la construction d’infrastructures, le Service national est désormais appelé à contribuer à la transformation du cadre de vie dans la capitale congolaise.

Timothée Manoke 

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En République démocratique du Congo, le gouvernement a adopté, vendredi 29 mai 2026, un projet de décret visant à élargir la liste nationale des substances minérales stratégiques. Le texte prévoit notamment d’y intégrer le lithium, dans un contexte marqué par la montée en puissance attendue du projet Manono Nord-Est, développé par le groupe chinois Zijin Mining.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, ce projet de décret complète le décret n°18/042 du 24 novembre 2018, qui avait déclaré le cobalt, le germanium et la colombo-tantalite, ou coltan, comme substances minérales stratégiques. Le nouveau texte prévoit d’ajouter à cette liste le tantale, le niobium, le tungstène, le lithium, l’uranium et les terres rares.

« Ce texte tient compte de l’évolution des marchés internationaux des matières premières critiques et de l’importance croissante de plusieurs substances minérales tant pour les filières stratégiques que pour les technologies émergentes et le secteur de l’énergie nucléaire », indique le compte rendu du Conseil des ministres. L’objectif, selon le gouvernement, est de permettre à la RDC de mieux tirer profit du caractère critique et géostratégique de ces ressources présentes dans son sous-sol.

Une fois publié et entré en vigueur, ce décret devrait modifier le traitement fiscal de certaines substances concernées. En RDC, les substances minérales stratégiques sont soumises à une redevance minière de 10 %, contre 3,5 % pour les métaux non ferreux. Pour les opérateurs concernés, cette évolution pourrait donc se traduire par une hausse des prélèvements dus à l’État sur les produits désormais classés comme stratégiques.

À ce stade, les principaux acteurs concernés n’ont pas encore détaillé publiquement les implications de cette mesure pour leurs opérations.

Manono en ligne de mire

L’intégration du lithium à la liste des substances stratégiques intervient alors que Zijin Mining prépare la montée en puissance de son projet de lithium de Manono Nord-Est, dans la province du Tanganyika. Selon les informations publiées par l’entreprise, la phase I du projet, d’une capacité de 5 millions de tonnes par an, prévoit la mise en service progressive du système de séparation par milieu dense entre mars et juin 2026. Le système de broyage et de flottation est attendu d’ici fin septembre 2026, tandis que la fonderie doit être mise en service par étapes entre septembre et fin décembre 2026.

Les données actualisées de Zijin indiquent que le projet est porté par la coentreprise Manono Lithium. Jinxiang Lithium, filiale du groupe chinois, détient 54,9 % des parts, contre 35,1 % pour l’entreprise publique congolaise Cominière et 10 % pour l’État congolais.

La future mine est conçue pour une capacité totale d’extraction et de traitement de 5 millions de tonnes par an, avec une production attendue d’environ 1 million de tonnes de concentré de spodumène par an. Ce concentré devrait ensuite être transformé en 100 800 tonnes de sulfate de lithium brut.

Au-delà de Zijin, d’autres acteurs suivront probablement l’évolution du cadre réglementaire. C’est notamment le cas de KoBold Metals, qui mène actuellement des travaux d’exploration en RDC dans l’espoir d’identifier de nouveaux gisements de lithium. L’entreprise américaine a annoncé un programme d’exploration de 50 millions de dollars dans le pays.

Concernant les autres substances visées par le projet de décret, les statistiques minières récentes recensent notamment des productions ou exportations liées au coltan, à la wolframite et à la monazite, respectivement associées au tantale, au tungstène et aux terres rares.

Cette évolution réglementaire confirme la volonté de Kinshasa de renforcer la captation de valeur autour des minerais critiques. Elle devra toutefois être suivie dans sa mise en œuvre effective, notamment à travers la publication du décret, ses modalités d’application et les réactions des opérateurs concernés.

Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin

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DR Congo's state water utility REGIDESO is moving forward with plans to build a bottled water production facility in Kinshasa. The company has published a tender notice to select a contractor for the industrial complex, as part of a broader effort to diversify its revenue streams.

According to documents reviewed by Bankable, the tender file bears an approval stamp from the Directorate General for Public Procurement Control (DGCMP), dated April 22, 2026. The notice for the construction of a turnkey industrial bottled drinking water complex in Kinshasa was subsequently published on May 28, 2026, on the portal of the Public Procurement Regulatory Authority (ARMP).

The document states that the contract is included in the supplementary procurement plan for works for fiscal year 2026, approved by the DGCMP on March 2, 2026, and published on the ARMP website on March 13, 2026.

Through this tender, REGIDESO is seeking a contractor capable of delivering a fully operational industrial complex. The selected firm will be responsible for designing the entire production process, from water intake through to bottling.

According to the tender notice, the selected contractor will also be required to supply equipment for water treatment and packaging, and to carry out the civil engineering works and associated infrastructure.

To allow prospective bidders to assess site conditions, REGIDESO has scheduled a mandatory site visit on Tuesday, June 16, 2026, beginning at 10:30 a.m. The meeting point is the commercial directorate of REGIDESO Kinshasa-Est, at the N'djili site.

Strict Criteria

Interested companies may obtain the full tender file from REGIDESO's Supply and Logistics Directorate. Procurement of the file requires a non-refundable payment of $500.

Bids must be submitted no later than Wednesday, July 1, 2026, at 2:00 p.m. Kinshasa local time, and must be accompanied by a bank guarantee equivalent to at least 2% of the submitted bid amount. Bids will be opened the same day at 2:30 p.m.

The state utility has set several qualification criteria. On the administrative side, bidders must provide documents attesting to their legal existence, including notarized articles of association, incorporation documents or their equivalent. They must also provide their registration certificate with the RCCM (Trade and Personal Property Credit Register), a national identification number, a valid tax clearance certificate and a certificate confirming compliance with social security contribution obligations.

On the financial side, REGIDESO requires certified financial statements for fiscal years 2023, 2024 and 2025. Companies must also demonstrate that their average annual turnover over the past three years is at least equal to the value of their submitted bid.

Technical qualifications will also play a key role in the evaluation. Candidates must provide documentary evidence of having successfully completed, within the past 10 years, at least three projects of comparable scale involving the design and construction of industrial drinking water bottling facilities.

They must also provide certificates of origin for the proposed equipment, along with proof that the relevant manufacturers comply with applicable standards, including ISO 9001, ISO 14001 and ISO 22000.

The estimated contract value, planned production capacity and commissioning schedule for the future plant are not specified in the tender notice reviewed.

Timothée Manoke  

DR Congo's Finance Minister Doudou Fwamba has given Valornet, a subsidiary of South African group Syntell, 72 hours to transfer control of the national vehicle identification platform (INV) to the state. The ultimatum was contained in a letter dated May 25, 2026, revealed by Africa Intelligence.

Should the company fail to comply, the minister said he reserves the right to take measures to protect the state's interests. Options mentioned include suspending payments owed to the company, opening proceedings for embezzlement of public funds and breach of trust, and seeking reimbursement of certain fees already collected.

As the deadline passed, Bankable was unable to confirm whether Valornet had complied with the government's demand.

The company maintains that its contract with the Congolese state expressly stipulates that software and source code developed under the project remain the property of the service provider. The government contests that interpretation, citing digital sovereignty and national security concerns to justify its bid to regain control of the infrastructure.

The INV platform now centralizes the entire vehicle registration process in the Democratic Republic of Congo. It stores data on vehicles and their owners, as well as payment systems and revenue-sharing mechanisms among the various parties involved in the registration process. These elements are considered essential to the government's planned rollout of automated camera-based traffic enforcement.

A project launched in 2016

The dispute has its roots in August 2016, when the Congolese government signed a partnership agreement with South African company Syntell to modernize traffic management in Kinshasa.

The project called for the installation of traffic lights, cameras and radar systems at 36 intersections in the capital to ease traffic flow and improve road safety. Authorities also sought to increase traffic-related revenue by digitizing the processing of traffic violations and fines.

Before any equipment was deployed, Syntell was required to build a national database covering all vehicles and their owners. That step was considered indispensable for identifying motorists and enabling the future automation of traffic violation processing.

The overall cost of the project was estimated at $10 million, to be entirely pre-financed by the South African company, which planned to recoup its investment through revenue generated by traffic fines.

Years after its launch, however, the project was never fully implemented. Because the automated fines system never generated revenue, the executing company Valornet was instead paid for each pair of license plates sold.

The partnership with Syntell was nonetheless extended in 2021 for a period of five years. According to Africa Intelligence, the Finance Ministry is now refusing a further extension of the contract, which expires in August 2026. The state clearly intends to take back ownership of the project.

Change of supplier

The government's investment plan also includes the acquisition of a road surveillance and license plate recognition system, at an estimated total cost of nearly $2 million, spread across 2026 and 2027.

The government has also changed its license plate supplier. A contract previously held by Utsch Congo was awarded in July 2025 to Castillo Valere. The Belgian company is responsible for manufacturing and supplying the new license plates.

The new plates incorporate a QR code presented as a security and traceability feature. The innovation is intended to enable more reliable vehicle identification, a condition considered essential for the deployment of automated camera surveillance systems.

That change also appears to have affected the contractual relationship between the state and Syntell. According to Africa Intelligence, since November 2025, Valornet's fee, previously set at $20 per pair of plates sold, has been cut in half. The amounts deducted are now redistributed to a committee responsible for overseeing the execution of the contract with Castillo Valere.

Beyond the commercial dispute, the case highlights a broader issue: the state's dependence on digital infrastructure developed by private contractors. In the context of automated traffic enforcement, control over software, source code and vehicle registration data has become a central issue for public service continuity, digital sovereignty and government revenue collection.

Timothée Manoke

La Régie de distribution d’eau (REGIDESO) avance dans son projet de création d’une usine de production d’eau en bouteille à Kinshasa, avec l’objectif de diversifier ses sources de revenus. Une nouvelle étape a été franchie avec la publication d’un avis d’appel d’offres destiné à sélectionner l’entreprise chargée de réaliser cette infrastructure industrielle.

Selon les documents consultés par notre rédaction, le dossier d’appel d’offres porte le cachet d’approbation de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP), daté du 22 avril 2026. L’avis relatif aux travaux de construction d’un complexe industriel « clé en main » de production d’eau de boisson en bouteille à Kinshasa a ensuite été publié le 28 mai 2026 sur le portail de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP).

Le document indique que ce marché fait suite au Plan de passation des marchés additif, volet « Travaux », pour l’exercice 2026, approuvé par la DGCMP le 2 mars 2026, puis publié le 13 mars 2026 sur le site de l’ARMP.

À travers ce marché, la REGIDESO recherche un prestataire capable de livrer un complexe industriel entièrement opérationnel. L’entreprise retenue devra assurer la conception de l’ensemble du processus industriel, depuis le captage de l’eau jusqu’à sa mise en bouteille.

Selon l’avis d’appel d’offres, le futur adjudicataire sera également chargé de fournir les équipements liés au traitement et au conditionnement de l’eau, ainsi que de réaliser les ouvrages de génie civil et les infrastructures associées au projet.

Pour permettre aux candidats potentiels d’évaluer les caractéristiques du projet, la REGIDESO prévoit l’organisation d’une visite obligatoire du site destiné à accueillir le complexe industriel. Cette visite est programmée le mardi 16 juin 2026 à partir de 10h30. Le point de rencontre est fixé à la direction commerciale de la REGIDESO Kinshasa-Est, sur le site de N’djili.

Des critères stricts

Les entreprises intéressées peuvent obtenir le dossier complet d’appel d’offres auprès de la Direction des approvisionnements et logistique de la REGIDESO. L’acquisition du dossier est soumise au paiement d’un montant non remboursable de 500 dollars américains.

Les offres devront être déposées au plus tard le mercredi 1er juillet 2026 à 14 heures, heure locale de Kinshasa. Elles devront être accompagnées d’une garantie bancaire équivalente à au moins 2 % du montant de l’offre soumise. L’ouverture des offres est prévue le même jour à 14h30.

L’entreprise publique a fixé plusieurs critères de qualification. Sur le plan administratif, les soumissionnaires devront notamment fournir les documents attestant de leur existence légale, tels que les statuts notariés, l’acte constitutif ou tout document équivalent. Ils devront également présenter le Registre de commerce et du crédit mobilier (RCCM), le numéro d’identification nationale harmonisé, un quitus fiscal en cours de validité ainsi qu’une attestation de régularité des cotisations à la CNSS.

Sur le plan financier, la REGIDESO exige la présentation des états financiers certifiés des exercices 2023, 2024 et 2025. Les entreprises devront également démontrer que leur chiffre d’affaires annuel moyen sur les trois dernières années est au moins équivalent au montant de l’offre soumise.

Les critères techniques figurent aussi parmi les éléments déterminants de l’évaluation. Les candidats devront prouver, documents à l’appui, avoir réalisé avec succès, au cours des dix dernières années, au moins trois projets de conception et de construction d’unités industrielles de mise en bouteille d’eau de boisson d’envergure comparable.

Ils devront également fournir des attestations d’origine et de provenance des équipements proposés, ainsi que des preuves de conformité aux normes applicables, notamment ISO 9001, ISO 14001 et ISO 22000 pour les fabricants concernés.

À ce stade, le montant estimé du marché, la capacité de production envisagée et le calendrier de mise en service de la future usine ne sont pas précisés dans l’avis consulté.

Timothée Manoke  

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Dans une correspondance datée du 25 mai 2026, révélée par Africa Intelligence, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a sommé Valornet, filiale du groupe sud-africain Syntell, de procéder, dans un délai de 72 heures, au transfert à l’État de la plateforme d’identification nationale des véhicules (INV).

Faute d’exécution, le ministre indique se réserver le droit de prendre des mesures conservatoires destinées à sauvegarder les intérêts de l’État. Parmi les options évoquées figureraient la suspension des paiements dus à l’entreprise, l’ouverture de procédures pour « détournement de deniers publics » et « abus de confiance », ainsi que des actions visant à obtenir le remboursement de certaines quotes-parts déjà perçues.

Alors que ce délai est arrivé à échéance, Bankable n’a pas pu confirmer si Valornet a obtempéré à la demande du gouvernement.

L’entreprise soutient que le contrat signé avec l’État congolais prévoit expressément que les logiciels et les codes sources développés dans le cadre du projet demeurent la propriété du prestataire. Une interprétation contestée par le gouvernement, qui invoque de son côté un impératif de souveraineté numérique et de sécurité nationale pour justifier la reprise du contrôle de cette infrastructure.

La plateforme INV centralise aujourd’hui l’ensemble du processus d’immatriculation en République démocratique du Congo. Elle regroupe les données relatives aux véhicules et à leurs propriétaires, mais aussi les moyens de paiement ainsi que les mécanismes de répartition des recettes entre les différents intervenants du système d’immatriculation. Ces éléments sont considérés comme essentiels à la mise en œuvre du projet gouvernemental de vidéoverbalisation des infractions routières.

Un projet lancé en 2016

Le projet remonte à août 2016. Cette année-là, le gouvernement congolais signe un contrat de partenariat avec la société sud-africaine Syntell en vue de moderniser la gestion du trafic routier à Kinshasa.

Le projet prévoyait notamment l’installation de feux de signalisation, de caméras et de radars sur 36 intersections de la capitale afin de fluidifier la circulation et de renforcer la sécurité routière. L’ambition des autorités était également d’améliorer la mobilisation des recettes issues du trafic routier grâce à l’informatisation du système de gestion des infractions et des contraventions.

Avant même le déploiement de ces équipements, Syntell devait constituer une base de données nationale regroupant l’ensemble des véhicules et de leurs propriétaires. Cette étape était considérée comme indispensable pour permettre l’identification des usagers de la route et l’automatisation future du traitement des infractions.

Le coût global du projet était alors estimé à 10 millions de dollars américains. Ce montant devait être entièrement préfinancé par la société sud-africaine, qui prévoyait de récupérer son investissement à travers les recettes générées par les contraventions routières.

Toutefois, plusieurs années après son lancement, le projet n’a jamais été pleinement exécuté. Faute de recettes issues du système automatisé de contraventions, la société d’exécution Valornet a été rémunérée sur chaque paire de plaques d’immatriculation vendue.

Le partenariat conclu avec Syntell aurait néanmoins été prolongé en 2021 pour une durée de cinq ans. Mais, selon Africa Intelligence, le ministère des Finances refuse désormais une nouvelle prolongation du contrat, qui arrive à échéance en août 2026. L’État souhaite manifestement reprendre la conduite du projet.

Changement de fournisseur

Le plan d’investissement du gouvernement prévoit d’ailleurs l’acquisition d’un système de surveillance routière et de lecture des plaques d’immatriculation, pour un coût total estimé à près de 2 millions de dollars américains, réparti entre 2026 et 2027.

Le gouvernement a également changé de fournisseur de plaques d’immatriculation. Jusqu’ici attribué à Utsch Congo, ce marché a été confié en juillet 2025 à Castillo Valere. L’entreprise belge doit fabriquer et fournir les nouvelles plaques d’immatriculation.

Ces plaques intègrent notamment un code QR présenté comme un élément de sécurité et de traçabilité. Cette innovation doit permettre une identification plus fiable des véhicules, condition jugée essentielle au déploiement de systèmes automatisés de contrôle par caméra.

Ce changement aurait également eu des conséquences sur la relation contractuelle entre l’État et Syntell. Selon Africa Intelligence, depuis novembre 2025, la rémunération de Valornet, auparavant fixée à 20 dollars par paire de plaques vendue, aurait été réduite de moitié. Les montants retranchés seraient désormais redistribués à un comité chargé du suivi de l’exécution du contrat conclu avec Castillo Valere.

Au-delà du différend commercial, le dossier met en lumière un enjeu plus large : la dépendance de l’État à des infrastructures numériques développées par des prestataires privés. Dans le cas de la vidéoverbalisation, le contrôle des logiciels, des codes sources et des données d’immatriculation devient un point central pour la continuité du service public, la souveraineté numérique et la mobilisation des recettes.

Timothée Manoke

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The release of $50 million earmarked for the revival of Société Minière de Bakwanga (MIBA) remains contingent on the completion of several preconditions, including a comprehensive audit of the company. Jean-Charles Okoto, chairman of the company's board of directors, made the statement in an interview with local media.

He said the requirement comes from MIBA's shareholders, namely the Congolese state, which holds an 80% stake, and ASA Resources Group, the minority shareholder with a 20% interest.

The process includes a general audit of the company, an inventory of its assets and the validation of the minimum recovery plan before it can be implemented.

Valued at approximately $70 million, the plan targets production of nearly 2.5 million carats in 2026. It is structured around five priority areas: the certification of mineral reserves, the securing of mining concessions, productive investments, the management of personnel costs, and the establishment of a monitoring and evaluation framework alongside other strategic investments. 

Okoto said the announced funding is already in place. "The $50 million has been secured and is available for MIBA. There are also, according to the latest information, an additional $20 million available, bringing the total funding package to more than $70 million to cover the budget of the minimum recovery plan currently under validation," he said.

The board chairman also indicated that the minority shareholder would need to mobilize additional resources to support the process. Based on its 20% stake, ASA Resources could be called upon to contribute approximately $12.5 million should the shareholders seek to maintain the current capital structure.

The statements come as MIBA's management has already taken steps toward restarting operations. In early May, Director General André Kabanda Kana made a provisional award to South African firm Bond Equipment (PTY) LTD for a contract covering the supply of industrial equipment for MIBA's operations in Mbuji-Mayi, following a call for tenders.

The total value of the contract stands at $57.45 million, inclusive of taxes, divided into five lots, with approximately $2.3 million in additional transport costs. The technical specifications of the equipment were not detailed in the notice reviewed.

At this stage, available documents do not establish whether the contract will be financed directly from the $50 million allocated to the revival effort. The validation of the minimum recovery plan, the general audit and the asset inventory therefore remain key steps before the funds can be disbursed.

Ronsard Luabeya

Conseil congolais de la batterie (CCB) and Standard Bank DRC signed a memorandum of understanding in Kinshasa on May 28 to support the structuring of finance-ready industrial projects across the battery value chain. The signing ceremony was attended by Industry Minister Justin Kalumba.

According to the CCB, the agreement is designed to align national industrial priorities with the requirements needed to secure financing. It is intended to support the development of projects linked to battery manufacturing and the processing of strategic minerals in the Democratic Republic of Congo.

Under the agreement, the CCB will continue to identify, qualify and align industrial projects, while Standard Bank DRC will contribute its expertise in financial structuring and capital mobilization.

The two partners aim to help develop projects that meet investor requirements in a sector where demand for capital, technical expertise and financial credibility remains high.

Standard Bank DRC Chief Executive Marie-Gabrielle Opese said the agreement reflects a shared commitment to supporting the CCB's vision of positioning the DRC within the global battery value chain.

Projects Still to Be Defined

"We are convinced that adding value locally, industrialization and integration into global value chains are essential drivers of sustainable and inclusive growth," she said.

According to the CCB, the signing marks a new step in the DRC's efforts to strengthen its position in industries linked to the global energy transition.

Industry Minister Kalumba said the local processing of strategic minerals could help accelerate the country's industrial development while generating new resources to support other sectors of the national economy.

At this stage, the memorandum does not specify which projects are involved, the amounts to be mobilized or a timeline for implementation. It primarily establishes a framework for collaboration between the CCB and Standard Bank DRC to prepare projects capable of attracting financing.

Ronsard Luabeya

L’utilisation des 50 millions de dollars destinés à la relance de la Société minière de Bakwanga (MIBA) reste conditionnée à la réalisation de plusieurs préalables, dont un audit général de l’entreprise. C’est ce qu’a affirmé le président du conseil d’administration de la société, Jean-Charles Okoto (photo), dans un entretien accordé aux médias locaux. Selon lui, cette exigence émane des actionnaires de la MIBA, notamment l’État congolais, qui détient 80 % du capital, et le groupe ASA Resources, actionnaire minoritaire avec 20 % des parts.

Le processus envisagé comprend un audit général de la société, un inventaire du patrimoine ainsi que la validation du plan minimum de relance avant son exécution effective.

Évalué à environ 70 millions de dollars, ce plan vise une production de près de 2,5 millions de carats en 2026. Il s’articule autour de cinq axes prioritaires : la certification des réserves minières, la sécurisation des concessions, les investissements productifs, la prise en charge des charges du personnel, ainsi que la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation et d’autres investissements stratégiques.

Jean-Charles Okoto affirme que les financements annoncés sont déjà disponibles. « Les 50 millions sont bel et bien existants et disponibles pour la MIBA. Il y a également, selon les dernières informations, 20 millions supplémentaires disponibles, ce qui porte l’enveloppe à plus de 70 millions de dollars pour couvrir le budget du plan minimum de relance actuellement en cours de validation », a-t-il déclaré.

Le président du conseil d’administration a également indiqué que l’actionnaire minoritaire devra mobiliser des ressources additionnelles afin d’accompagner le processus. Au regard de sa participation de 20 %, ASA Resources pourrait être appelée à apporter environ 12,5 millions de dollars, si les actionnaires entendent maintenir l’équilibre actuel du capital.

Ces déclarations interviennent alors que la direction générale de la MIBA a déjà engagé certaines démarches liées à la relance des activités. Début mai, le directeur général André Kabanda Kana a attribué provisoirement à la société sud-africaine Bond Equipment (PTY) LTD un marché portant sur l’acquisition d’équipements industriels destinés aux opérations de la MIBA à Mbuji-Mayi, à l’issue d’un appel d’offres.

Le montant total du contrat s’élève à 57,45 millions de dollars TTC, répartis en cinq lots, auxquels s’ajoutent environ 2,3 millions de dollars de frais de transport. Les spécifications techniques des équipements concernés n’ont toutefois pas été précisées dans l’avis consulté.

À ce stade, les documents disponibles ne permettent pas d’établir si ce marché sera directement financé par les 50 millions de dollars annoncés pour la relance. La validation du plan minimum, l’audit général et l’inventaire du patrimoine apparaissent donc comme des étapes déterminantes avant l’utilisation effective des fonds.

Ronsard Luabeya

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Le Conseil congolais de la batterie (CCB) et Standard Bank RDC ont signé, le 28 mai 2026 à Kinshasa, un mémorandum d’entente destiné à soutenir la structuration de projets industriels finançables dans la chaîne de valeur des batteries. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie, Justin Kalumba.

Selon la communication du CCB, cet accord vise à rapprocher les priorités industrielles nationales des exigences de bancabilité et des mécanismes de financement adaptés. Il doit notamment permettre d’accompagner la maturation de projets liés à l’industrie locale des batteries et aux minerais stratégiques en République démocratique du Congo.

Dans ce cadre, le CCB poursuivra son rôle d’identification, de qualification et de mise en cohérence des projets industriels. De son côté, Standard Bank RDC apportera son expertise en matière de structuration financière et de mobilisation de capitaux.

Les deux partenaires entendent ainsi faciliter l’émergence de projets mieux préparés aux exigences des investisseurs, dans un secteur où les besoins en capitaux, en structuration technique et en crédibilité financière restent élevés.

Pour la directrice générale de Standard Bank RDC, Marie-Gabrielle Opese, cet accord s’inscrit dans la volonté d’accompagner la vision portée par le CCB, qui vise à positionner la RDC dans la chaîne de valeur mondiale des batteries.

Des projets encore à préciser

« Nous sommes convaincus que la création de valeur locale, l’industrialisation et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales constituent des leviers essentiels pour une croissance durable et inclusive », a-t-elle déclaré.

Selon le CCB, la signature de ce mémorandum marque une nouvelle étape dans les efforts engagés par la RDC pour renforcer son positionnement dans les industries liées à la transition énergétique.

Le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a, pour sa part, souligné que la transformation locale des minerais stratégiques pourrait contribuer à accélérer le développement industriel du pays, tout en générant de nouvelles ressources susceptibles de soutenir d’autres secteurs de l’économie nationale.

À ce stade, le mémorandum ne précise pas encore les projets concernés, les montants à mobiliser ni le calendrier de mise en œuvre. Il constitue surtout un cadre de collaboration entre le CCB et Standard Bank RDC pour préparer des projets susceptibles d’attirer des financements.

Ronsard Luabeya

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