Le Sovereign Gold Reserve Token (SGRT) est déjà en prévente sur la plateforme WinstantGold, a constaté Bankable ce 22 février 2026, alors que son lancement officiel est annoncé plus tard dans l’année à Kinshasa. Cryptoactif adossé à l’or, le SGRT est, selon ses promoteurs, émis par la fondation AXIS-PFF, co-gérée par le Fonds social de la République démocratique du Congo (FSRDC) — établissement public rattaché à la Présidence de la République, chargé notamment de la reconstruction du pays, de l’amélioration des conditions de vie et de la lutte contre la pauvreté — et par son partenaire privé Phoenix Capital.
Pour atteindre ces objectifs, le FSRDC, coordonné par Philippe Ngwala Malemba — un expert en développement social ayant passé dix ans à la Banque africaine de développement (BAD) — s’appuie sur le programme AXIS (Asset-eXchange-Impact-Sovereign) en vue de financer un développement local durable. Ce programme vise à transformer des ressources locales — comme l’or artisanal ou le carbone issu des forêts — en actifs numériques pouvant être vendus à des investisseurs afin de lever des fonds sans recourir à un emprunt classique.
Le SGRT est le premier cryptoactif d’une série. Selon les promoteurs, chaque jeton SGRT acheté correspond à un gramme d’or futur (à produire). Il serait garanti par l’État, avec comme collatéral quatre grammes d’or « souterrain souverain », sur le principe que l’or non extrait demeure la propriété de l’État, conformément aux lois du pays. Mais, ignore, pour l’instant, comment cet engagement vis-à-vis de l’investisseur va formellement se matérialiser.
Nouvelles monnaies ?
Si la valeur du jeton en fonction de celui de l’or, son prix de vente n’a pas été communiqué à ce stade. Toutefois, le coût d’acquisition intégrera une taxe gouvernementale d’émission équivalente à 3 % du prix d’achat des SGRT, prévue par le livre blanc du programme AXIS, rendu public en décembre dernier. Pour la prévente, les promoteurs promettent des tarifs réduits « allant jusqu’à 35 % en dessous de la valeur intrinsèque ».
Selon des documents promotionnels, l’achat d’un SGRT donne aussi droit à un autre jeton offert en bonus : le FCRT (Forest Carbon Reserve Token), qui représenterait « des crédits carbone générés par l’extraction d’or éthique et par des pratiques durables en RDC ». « Les détenteurs de FCRT reçoivent une part des revenus générés par la vente de crédits carbone, ce qui constitue une source potentielle de revenus », affirme un spot vidéo, avec une promesse de rendement de 20 à 50 % par an. Une promesse qui suppose toutefois de surmonter les difficultés d’accès au marché des crédits carbone, régulièrement dénoncées par les pays africains.
Sur son site internet, le programme AXIS affirme également que « le SGRT et le FCRT sont tous deux reconnus comme monnaie légale par la République démocratique du Congo… ». À ce stade, aucun texte de la Banque centrale du Congo (BCC) confirmant ce statut juridique n’a pu être identifié. Le livre blanc, qui attribue à la BCC un rôle central de supervision, recommande d’ailleurs l’adoption d’« une directive spécifique » afin d’encadrer la convertibilité, la circulation et l’interopérabilité du SGRT avec le système bancaire et les monnaies électroniques.
Défi de liquidité
Selon le livre blanc, l’émission des SGRT est plafonnée à 50 millions de jetons et devrait s’étendre sur cinq ans. À partir de la sixième année débuterait l’émission d’un autre cryptoactif, adossé cette fois à de l’or extrait, raffiné et certifié : le SGCT (Secured GoldConnect Token). Les SGRT seraient alors progressivement convertis en SGCT à raison de 10 % du stock total chaque année, sur une période de dix ans. Le projet est ainsi calibré sur 15 ans, durée du partenariat public-privé sur lequel il repose.
Ce PPP, annoncé le 28 juin 2025, lie le Fonds social de la RDC à Phoenix Capital. Basée à Sint Maarten (Pays-Bas), Phoenix Capital se présente comme une entreprise spécialisée dans la tokenisation d’actifs naturels, sans faire référence à une expérience antérieure. Présidée par Alain Lemieux, elle a signé un partenariat avec Winstant Ltd pour le développement de WinstantGold, plateforme d’émission et de gestion des cryptoactifs du programme AXIS. Dirigée par Hervé Lacorne, Winstant Ltd se présente comme un incubateur de start-ups basé à Hong Kong, spécialisé dans les technologies financières, les technologies réglementaires et les solutions biotechnologiques.
Selon la structuration présentée, ce sont les fonds mobilisés grâce à la vente des premiers jetons qui doivent financer la production de l’or et des certificats carbone communautaires, destinés à servir d’endossement, respectivement, aux jetons SGCT et FCRT. Un dispositif qui interroge sur sa liquidité, d’autant que le rachat des jetons par l’émetteur n’est pas clairement mentionné. Pour récupérer sa mise, l’investisseur devrait donc revendre ses jetons à des tiers ou les utiliser comme moyen de paiement. Phoenix Capital affirme avoir réalisé des millions de dollars d’achats de biens et de services à l’international avec le SGRT.
Dépositaire non communiqué
L’or serait produit par l’initiative Goldconnect, censée organiser, tracer et formaliser l’or artisanal congolais. Elle s’appuierait sur plus de 300 coopératives aurifères, encadrées par le Service d’assistance et d’encadrement des mines artisanales et de petite échelle (SAEMAPE) dans le cadre du partenariat entre le FSRDC et Phoenix Capital. Les activités devraient se dérouler sur des zones d’exploitation artisanale (ZEA) mises à disposition par l’État. Un accord-cadre institutionnel a été signé le 19 février entre le ministère des Mines et le Fonds social de la RDC.
Pour endosser un jeton, il faudrait en réalité produire quatre grammes d’or. « Selon le coût d’extraction éthique de Goldconnect, la production d’un gramme d’or requiert environ 3 grammes de réserves souterraines », précise le livre blanc. Sur quinze ans, l’initiative Goldconnect devrait donc être en mesure de produire au moins 200 tonnes d’or, soit plus de 13,5 tonnes par an, alors que le pic de la production artisanale officielle se situe à ce jour à 5 tonnes.
Après extraction, l’or destiné à l’endossement devrait être raffiné à un degré de pureté conforme aux standards du marché international, transformé en lingots, puis stocké chez un dépositaire basé à Dubaï, dont le nom n’a pas été communiqué à ce jour.
Pierre Mukoko
Air Congo has taken delivery of a third Boeing 737-800, expanding the national carrier’s fleet to three aircraft as it moves to scale up operations and launch regional services.
An official reception was held on Feb. 19, 2026, at N’djili International Airport in the presence of Transport Minister Jean-Pierre Bemba.
Chief Executive Weldegeorgis Mesfin said the additional aircraft would improve on-time performance, increase frequencies on certain routes and enhance overall operational efficiency.
“We are welcoming our third aircraft of the same type today, a symbol of our growth and our commitment to providing modern, safe and reliable air transport,” he said.
When the second aircraft was delivered in December 2024, Mesfin said the airline aimed to expand its fleet to between six and eight aircraft to support its medium-term growth strategy.
Air Congo, which is 51% owned by the Congolese state and 49% by Ethiopian Airlines, plans to gradually launch regional services across Central, Southern and West Africa. Destinations targeted this year include Johannesburg; Cotonou; Douala; N’Djamena; Nairobi; and Dar es Salaam.
Mesfin said the expansion is designed to tap growing domestic and regional demand while strengthening the Democratic Republic of Congo’s connectivity with major African hubs.
The airline also expects to take delivery next month of an ATR 72-600 to reinforce its domestic network. The turboprop will serve Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Mbandaka and Kalemie.
Mesfin said the strategy forms part of a broader ambition to develop a coherent air transport network capable of supporting the country’s economic and social development.
Founded in 2024, Air Congo has so far focused on domestic routes, including Goma, Lubumbashi, Kisangani, Mbujimayi, Kananga, Kindu, Kolwezi and Bukavu.
Ronsard Luabeya
Two years after tensions that led to a settlement agreement with the Democratic Republic of Congo's private-sector subcontracting regulator, Kibali Gold Mine is once again under scrutiny. In a decision signed on Feb. 17, 2026, Director General Miguel Kashal of the Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) ordered the cancellation of several subcontracting agreements between Kibali, the DRC's top gold producer, and three service providers: KMS SAU, Boart Longyear SAU and TAI Services SAS. Kibali operates the Kibali gold mine in Haut-Uélé province.
The ARSP contends that KMS SAU and Boart Longyear SAU are not majority Congolese-owned companies and therefore do not meet the eligibility requirements set out in Article 6 of the Feb. 8, 2017 subcontracting law. Little information is publicly available on KMS, but Boart Longyear is an Australian mining group specializing in exploration and production drilling, as well as geotechnical services and drilling equipment and technologies.
According to the regulator, Boart Longyear, which operates in Australia, Africa and the Americas, was granted a waiver in September 2024. However, the ARSP said the conditions attached to that waiver, notably those related to technology transfer, were not complied with.
The situation regarding TAI Services SAS is different. The ARSP argues that the contract for the purchasing center positioned the company as a "commercial intermediary" between Kibali and Congolese contractors, a situation that sparked tensions among local communities in Watsa territory, where the mine is located. The decision states that such an arrangement, including the collection of a percentage-based commission on contracts awarded to local subcontractors, "runs counter to local content requirements." The regulator added that the contractual relationship must be direct between the principal company and the eligible subcontractor.
Earlier dispute
The Feb. 17 decision follows an earlier episode in January 2024, when the ARSP threatened to shut the mine and announced legal proceedings against a subcontracting company, TCFF, which it accused of capturing the bulk of contracts and collecting commissions. A settlement agreement between the ARSP and Kibali was ultimately signed after those discussions.
At the time, the regulator said more than 390 contracts had been opened to eligible subcontractors and highlighted a restructuring of the contractual framework. Mine operator Barrick Mining said in a statement published on March 1, 2024, that it was working "with the ARSP on a series of local content initiatives." That collaboration did not result in full compliance with the law, as the latest decision indicates.
The violations cited in the latest ruling are nonetheless less serious than those raised in 2024. At that time, Kibali was accused of setting up a front company to carry out subcontracting work linked to its own production activities. "We conclude unequivocally that TCFF is none other than Kibali Gold in disguise," Kashal said then. The 2026 decision does not allege a systemic scheme to capture subcontracting contracts but instead cites a limited number of instances of non-compliance.
A strategic mine
The Feb. 17 decision is based on findings from an inspection mission conducted in November 2025. During that visit, Kibali Gold's director general committed to implementing the recommendations. "We have an inspection mission currently at Kibali (...). Where improvements are needed, we will work with the ARSP and the provincial authorities to address them, and where progress has already been made, we will look at how to build on it," Cyrille Mutombo said.
To prevent any abrupt disruption to operations, the ARSP has provided for a transition period to allow new tenders to be launched in compliance with the law.
As the only industrial enterprise in Haut-Uélé province, Kibali is a key driver of economic activity for both the province and the country. In July 2025, Barrick said in a press release that $3.1 billion had been paid to local contractors and partners since 2009. The group said it supports more than 700 Congolese companies and noted that Kibali's tenders are published jointly with the ARSP. Barrick had already stated in March 2024 that 95% of the mine's more than 6,500 employees were Congolese nationals.
Kibali is also a key earnings contributor for its shareholders: Barrick Mining holds 45%, AngloGold Ashanti 45% and state-owned Sokimo 10%. The mine posted revenue of $2.3 billion in 2025, up 40% from 2024. That growth lifted Kibali's contribution to Barrick's results by 67%, from $316 million in 2024 to $527 million in 2025, despite a 13% increase in costs.
Pierre Mukoko & Timothée Manoke
Deux ans après les tensions de 2024 qui ont abouti à la signature d’un accord transactionnel avec l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Kibali Gold Mine (KGM), premier producteur d’or de la République démocratique du Congo (RDC), est de nouveau visée. Dans une décision signée le 17 février 2026 par son directeur général, Miguel Kashal, le régulateur ordonne l’annulation de plusieurs contrats de sous-traitance conclus par l’entreprise, qui exploite la mine d’or de Kibali dans la province du Haut-Uélé, avec trois prestataires : KMS SAU, Boart Longyear SAU et TAI Services SAS.
Pour l’ARSP, KMS SAU et Boart Longyear SAU ne sont pas des entreprises à capitaux congolais et, de ce fait, ne remplissent pas les conditions d’éligibilité prévues à l’article 6 de la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance. Peu d’informations sont disponibles sur KMS, mais Boart Longyear est un groupe d’origine australienne spécialisé dans le forage minier (exploration et production), les services géotechniques, ainsi que la fourniture d’équipements et de technologies de forage.
Selon le régulateur, Boart Longyear, présent en Australie, en Afrique et dans les Amériques, s’est vu accorder une dérogation en septembre 2024. L’ARSP estime toutefois que les conditions attachées à cette dérogation, notamment en matière de transfert de technologies, n’auraient pas été respectées.
Le cas de TAI Services SAS est distinct. L’ARSP soutient que le contrat relatif à la centrale d’achat institue cette société en « intermédiaire commercial » entre Kibali et des entrepreneurs congolais, situation qui aurait entraîné des tensions au sein des communautés autochtones du territoire de Watsa où est localisée la mine. La décision précise qu’un tel mécanisme, incluant la perception d’une commission en pourcentage sur les marchés attribués à des sous-traitants locaux, « contrevient aux exigences du contenu local ». Le régulateur rappelle que le lien contractuel doit être direct entre l’entreprise principale et le sous-traitant éligible.
Améliorations
La décision du 17 février s’inscrit dans la continuité d’un premier épisode survenu en janvier 2024, lorsque l’ARSP avait menacé de fermer la mine et annoncé des poursuites visant une société de sous-traitance, TCFF, accusée de capter l’essentiel des marchés et de percevoir des commissions. À l’issue des discussions, un accord transactionnel avait été signé entre l’ARSP et Kibali.
À l’époque, le régulateur avait annoncé l’ouverture de plus de 390 marchés aux sous-traitants éligibles et mis en avant une reconfiguration du dispositif contractuel. Barrick Mining, opérateur de la mine de Kibali, avait, de son côté, affirmé dans un communiqué publié le 1er mars 2024 travailler « avec l’ARSP sur une série d’initiatives de contenu local ». On peut aujourd’hui dire que cette collaboration n’a pas garanti un respect intégral et constant de la loi.
On peut néanmoins constater que les faits reprochés aujourd’hui à Kibali sont moins graves. En 2024, la compagnie minière était accusée d’avoir mis en place un système de prête-nom afin de réaliser elle-même les travaux de sous-traitance de ses propres activités de production. « On conclut noir sur blanc que TCFF n'est d'autre que Kibali Gold déguisé », affirmait Miguel Kashal. En 2026, il n’est plus question d’un système de captage généralisé des marchés de sous-traitance, mais de quelques cas de non-conformité.
Une mine stratégique
La décision du 17 février repose sur le rapport de la mission de contrôle menée en novembre 2025. À cette occasion, le directeur général de Kibali Gold s’était engagé à mettre en œuvre ses recommandations. « Nous avons une mission de contrôle qui est présentement ici à Kibali (...). Pour ce qui demandera des améliorations, nous allons travailler avec l’ARSP ainsi que l’autorité provinciale pour voir comment apporter ces améliorations et, pour les actions qui vont déjà dans le bon sens, nous allons voir comment optimiser », avait indiqué Cyrille Mutombo.
Afin d’éviter toute perturbation brutale des opérations, l’ARSP prévoit une période de transition permettant le lancement de nouveaux appels d’offres conformément à la loi.
Seule entreprise industrielle du Haut-Uélé, Kibali est importante pour le développement économique de la province, et même du pays. En juillet 2025, Barrick affirmait, dans un communiqué, que 3,1 milliards de dollars avaient été versés à des contractants et partenaires locaux depuis 2009. Le groupe a indiqué soutenir plus de 700 entreprises congolaises et souligné que les appels d’offres de Kibali étaient publiés conjointement avec l’ARSP. Il précisait déjà, en mars 2024, que 95 % des plus de 6 500 employés de la mine étaient Congolais.
Kibali est aussi un pilier économique majeur pour ses actionnaires : Barrick Mining (45 %), AngloGold Ashanti (45 %) et l’entreprise publique Sokimo (10 %). La mine d’or a enregistré un chiffre d’affaires de 2,3 milliards de dollars en 2025, en hausse de 40 % par rapport à 2024. Cette progression s’est, par exemple, traduite par une amélioration (+67 %) de la contribution de Kibali aux résultats de Barrick, passée de 316 millions en 2024 à 527 millions de dollars en 2025, malgré une hausse des charges de 13 %.
Pierre Mukoko et Timothée Manoke
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La compagnie aérienne nationale Air Congo a réceptionné un nouvel appareil de type Boeing 737-800, portant ainsi sa flotte à trois avions. Cette acquisition vise à renforcer ses capacités opérationnelles, à soutenir l’expansion de son réseau national et à amorcer les dessertes régionales. La cérémonie de réception s’est tenue le 19 février 2026 à l’aéroport international de N’djili, en présence du ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.
Selon le directeur général de la compagnie, Weldegeorgis Mesfin, l’intégration de ce troisième appareil permettra d’améliorer la régularité des vols, d’augmenter les fréquences sur certaines lignes et d’optimiser l’exploitation globale. « Nous accueillons aujourd’hui notre troisième appareil du même type, symbole de notre croissance et de notre engagement à offrir un transport aérien moderne, sûr et fiable », a-t-il déclaré.
En décembre 2024, à l’occasion de la réception du deuxième appareil, ce responsable avait indiqué que la compagnie ambitionne de porter sa flotte, à terme, entre six et huit avions afin de soutenir son expansion.
Dans le cadre de sa stratégie de développement, Air Congo, détenue à 51 % par l’État congolais et à 49 % par Ethiopian Airlines, prévoit l’ouverture progressive de nouvelles liaisons régionales en Afrique centrale, australe et de l’Ouest. La compagnie ambitionne de desservir, dès cette année, plusieurs destinations, notamment Johannesburg (Afrique du Sud), Cotonou (Bénin), Douala (Cameroun), N’Djamena (Tchad), Nairobi (Kenya) et Dar es Salaam (Tanzanie).
Selon Weldegeorgis Mesfin, cette montée en puissance vise à capter une demande nationale et régionale en croissance, tout en améliorant la connectivité de la République démocratique du Congo (RDC) avec les principaux hubs africains.
Dans cette dynamique, la compagnie annonce également l’arrivée, dès le mois prochain, d’un appareil de type ATR 72-600 destiné au renforcement du réseau intérieur. Cet avion devrait permettre de desservir les villes de Beni, Bunia, Isiro, Gbadolite, Mbandaka et Kalemie.
Pour le directeur général d’Air Congo, cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large : « bâtir une connectivité aérienne structurée capable de soutenir le développement économique et social du pays ».
Fondée en 2024, la compagnie desservait jusqu’ici principalement des destinations domestiques, notamment Goma, Lubumbashi, Kisangani, Mbujimayi, Kananga, Kindu, Kolwezi et Bukavu.
Ronsard Luabeya
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The Democratic Republic of Congo and the United Nations Office for Project Services (UNOPS) have advanced their partnership. On Feb. 18, 2026, in Kinshasa, the Ministry of Infrastructure and Public Works (ITP) and UNOPS signed a memorandum of understanding (MOU).
The document was signed by ITP Minister John Banza and UNOPS Country Director for the DRC Mouna El-Jaouhari. Presented as a key step in the country’s infrastructure reconstruction, the memorandum aims to transform the country’s infrastructure while strengthening local capacities.
The agreement is structured around four main components. The first covers infrastructure development and rehabilitation, including the construction of new facilities and the restoration of existing infrastructure nationwide. The second focuses on skills transfer, notably strengthening the capacity of Congolese institutions and improving construction standards and methods. The third promotes strategic cooperation, positioning infrastructure as a driver of economic growth. The fourth addresses social impact and progress toward the Sustainable Development Goals (SDGs), through improved connectivity, poverty reduction and better access to basic services, particularly via road projects.
The MOU is described as a flexible framework agreement, with monitoring mechanisms designed to allow adjustments and reinforce cooperation as implementation advances. It does not specify priority projects, funding amounts or a timeline. Instead, it establishes a strategic framework to be implemented through project-specific agreements.
UNOPS specializes in project implementation. It supports states, U.N. agencies, donors and other partners by providing project management, procurement and infrastructure services, operating under a self-financing model based on fees charged to projects. The organization has been active in the DRC for several years. According to its public data, UNOPS carried out more than 53 projects in the country in 2024, with a total value of about $61.2 million and 26 partners. Its portfolio includes transport infrastructure, health, water, vocational training and stabilization programs in the east.
The agency says it has contributed to the construction or rehabilitation of 132 health centers, 27 vaccine depots and 16 regional drug distribution centers. It also reports water infrastructure projects benefiting 45,000 people in rural areas, as well as road rehabilitation and bridge construction operations.
By formalizing their cooperation through this agreement, Kinshasa and UNOPS are placing these activities within a structured framework under the ITP ministry. The key challenge now is to turn this partnership into funded, planned and implemented projects.
Boaz Kabeya
La République démocratique du Congo et le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat. Le 18 février 2026, à Kinshasa, le ministère des Infrastructures et Travaux publics (ITP) et l’UNOPS ont conclu un protocole d’accord (MoU). Le document a été signé par le ministre des ITP, John Banza, et la directrice pays de l’UNOPS en RDC, Mouna El-Jaouhari.
Présenté comme un jalon dans la reconstruction des infrastructures, le mémorandum vise à « transformer le paysage infrastructurel du pays tout en renforçant les capacités locales ».
Le texte s’articule autour de quatre piliers. Le premier concerne le développement et la réhabilitation d’infrastructures, avec la construction de nouveaux ouvrages et la remise en état d’infrastructures existantes sur l’ensemble du territoire. Le deuxième porte sur le transfert de compétences : renforcement des capacités des institutions congolaises, amélioration des normes et méthodes de construction. Le troisième met l’accent sur la coopération stratégique, l’infrastructure étant présentée comme un levier de croissance économique. Enfin, le quatrième vise l’impact social et l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), à travers le désenclavement, la réduction de la pauvreté et l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, notamment via des projets routiers.
Le MoU est décrit comme un « accord ouvert », assorti de mécanismes de suivi rigoureux, permettant d’ajuster et de renforcer la collaboration au fil de la mise en œuvre. Il ne détaille toutefois ni les projets prioritaires, ni les montants mobilisés, ni le calendrier d’exécution. Il fixe un cadre stratégique appelé à être décliné dans des conventions opérationnelles.
L’UNOPS est centrée sur l’exécution : elle aide ses partenaires (États, agences onusiennes, bailleurs, etc.) à mettre en œuvre des projets en apportant surtout des services de gestion de projets, d’achats et d’infrastructures, avec un modèle autofinancé (facturation de frais sur les projets). Cette entité du système des Nations unies n’est pas un nouvel acteur en RDC. Selon ses données publiques, l’organisation a travaillé en 2024 sur plus de 53 projets dans le pays, pour un volume d’environ 61,2 millions de dollars, avec 26 partenaires. Son portefeuille couvre les infrastructures de transport, la santé, l’eau, la formation professionnelle et des programmes de stabilisation dans l’Est.
L’agence onusienne indique notamment avoir contribué à la construction ou à la réhabilitation de 132 centres de santé, de 27 dépôts de vaccins et de 16 centres régionaux de distribution de médicaments. Elle rapporte également des projets d’infrastructures d’eau ayant bénéficié à 45 000 personnes en milieu rural, ainsi que des opérations de réhabilitation routière et de construction de ponts.
En structurant leur coopération à travers ce protocole, Kinshasa et l’UNOPS inscrivent ces interventions dans un cadre formalisé avec le ministère des ITP. L’enjeu réside désormais dans la traduction concrète de ce partenariat en projets financés, planifiés et exécutés sur le terrain.
Boaz Kabeya
Belgium, the Democratic Republic of Congo and U.S. company KoBold Metals are at odds over access to colonial-era geological records held at the Royal Museum for Central Africa (AfricaMuseum) in Tervuren. Belgian authorities are refusing to allow KoBold to digitize the archival collection under the terms agreed in Kinshasa, according to several Belgian media reports. The archives are considered strategically significant for mineral exploration.
A deal signed between the DRC and KoBold in Kinshasa on July 17, 2025, explicitly aims to provide free public access to historical geoscientific data via the National Geological Service of Congo (SGNC). The agreement also stipulated that KoBold would deploy a team to the DRC's geological archives held at the Royal Museum for Central Africa to begin digitizing documents before July 31, 2025.
Seven months later, that digitization has yet to begin. Belgian authorities have blocked KoBold's team from accessing the archives, arguing that federal public archives cannot be entrusted to a foreign private company that has no direct contractual relationship with the Belgian state. "We cannot delegate full responsibility for managing our archives to a private company," outside the Belgian and European legal framework, AfricaMuseum Director Bart Ouvry said.
Belgium has also pointed to an existing digitization program already underway, funded by the European Union. The project provides for gradual digitization of the archives over several years, with copies to be transferred in stages to Congolese authorities. Museum officials said the program would span four to five years, with completion expected around 2031. The data would then be made accessible under a framework agreed between the relevant institutions, including the SGNC.
Control of geological data
The Tervuren archives are described as a vast collection of maps, reports and technical surveys covering nearly 500 linear meters of documents. For KoBold, which specializes in artificial intelligence-assisted exploration, the historical data represents essential raw material for the "large-scale mineral exploration" program outlined in its agreement with the DRC. Rapid access to the historical records would reduce geological risk and help guide investment decisions.
The agreement ties this effort to a broader strategy of American exploration and investment in the DRC. It cites a desire to "attract more investment from the American private sector, particularly in the critical minerals sector," and refers to "secure supply chains to the United States" in the context of regional initiatives such as the Lobito Corridor. That approach was reinforced by a strategic partnership concluded between Kinshasa and Washington last December.
Belgium has officially cited the public status of the archives and the absence of a direct contractual framework with the Belgian state. By promoting the existing European program and declining to allow KoBold direct access, Belgium has effectively retained control over the pace and conditions under which data described as strategically significant is made available.
In a context of intensifying international competition over critical minerals, the dispute over the colonial archives goes beyond a straightforward administrative matter. It underscores a broader shift: control of geological data has become central to the power dynamics surrounding the DRC's critical resources.
Pierre Mukoko & Boaz Kabeya
Kamoa-Kakula copper mine in the Democratic Republic of Congo generated revenue of $3.28 billion in 2025, up 5% from $3.11 billion in 2024, according to figures published by operator Ivanhoe Mines on Feb. 18, 2026.
The revenue increase came despite lower production and sales following a seismic event in May 2025. Kamoa-Kakula sold 351,674 tonnes of copper in 2025, down 11.4% from 396,972 tonnes in 2024. Production declined by a similar percentage, falling to 388,841 tonnes from 437,061 tonnes.
Higher copper prices helped offset the decline. The average realized price rose to $4.40 per pound, or roughly $9,700 per tonne, in 2025, compared with $4.09 per pound the previous year, an increase of 7.6%.
On the operational side, Kamoa-Kakula reported EBITDA of $1.45 billion in 2025, representing a margin of 44%, down from $1.81 billion and a 58% margin in 2024.
Profit down
Rising costs weighed on profitability. The cost of sales increased to $2.82 per pound in 2025 from $1.71 per pound in 2024, equivalent to roughly $6,220 per tonne versus $3,770 per tonne. That increase of more than 65% squeezed margins by narrowing the spread between the selling price and production costs.
Net profit after tax fell 56.6% to $439.7 million from $776.9 million, even as the tax charge declined to $317.7 million in 2025 from $345.5 million in 2024.
For 2026, Kamoa-Kakula has set production guidance of up to 420,000 tonnes, unchanged from 2025. Ivanhoe expects sales to rise by around 30,000 tonnes as the mine draws down unsold inventory. Revenue could increase further, with the company anticipating “copper prices close to record levels.”
Ivanhoe Mines and its Chinese partner Zijin Mining each hold a 39.6% stake in Kamoa-Kakula, while the Congolese state owns 20% and Crystal River holds 0.8% through the Kamoa Copper joint venture.
Pierre Mukoko
La mine de cuivre de Kamoa-Kakula, en République démocratique du Congo, a clôturé l’exercice 2025 sur un chiffre d’affaires de 3,28 milliards de dollars, en hausse de 5 % par rapport aux 3,11 milliards de dollars enregistrés en 2024, selon les résultats annuels publiés le 18 février 2026 par son opérateur, Ivanhoe Mines.
Cette progression des revenus intervient malgré une baisse de la production et des ventes consécutive à l’événement sismique survenu en mai 2025. En 2025, Kamoa-Kakula a vendu 351 674 tonnes de cuivre, contre 396 972 tonnes en 2024, soit un recul de 11,4 %. La production a enregistré une contraction comparable, passant de 437 061 tonnes à 388 841 tonnes.
La hausse des prix du cuivre a toutefois atténué l’impact de ce repli. Le prix moyen réalisé s’est établi à 4,40 dollars la livre (environ 9 700 dollars la tonne) en 2025, contre 4,09 dollars l’année précédente, soit une augmentation de 7,6 %.
Sur le plan opérationnel, Kamoa-Kakula a enregistré un EBITDA (résultat avant intérêts, impôts, amortissements et dépréciation) de 1,45 milliard de dollars en 2025, soit une marge de 44 %, contre 1,81 milliard de dollars et une marge de 58 % en 2024.
Baisse du bénéfice
La pression sur la rentabilité s’explique notamment par une hausse significative des coûts. Le coût des ventes est passé de 1,71 dollar la livre en 2024 à 2,82 dollars en 2025 (soit environ 3 770 dollars la tonne contre 6 220 dollars la tonne). Malgré un prix moyen du cuivre en hausse, cette progression des charges de plus de 65 % a réduit l’écart entre prix de vente et coût de production, pesant mécaniquement sur la rentabilité.
En conséquence, le bénéfice net après impôts a reculé de 56,6 %, passant de 776,9 millions à 439,7 millions de dollars, malgré une baisse des charges fiscales, passées de 345,5 millions de dollars en 2024 à 317,7 millions de dollars en 2025.
En 2026, la production maximale de Kamoa-Kakula est projetée à 420 000 tonnes. Malgré cette prévision identique à celle de 2025, Ivanhoe prévoit une augmentation des ventes d’environ 30 000 tonnes, grâce à la commercialisation des stocks invendus. Le chiffre d’affaires pourrait ainsi encore progresser, la compagnie anticipant « des prix du cuivre proches de niveaux records ».
Pour rappel, Ivanhoe Mines et son partenaire chinois Zijin Mining détiennent chacun 39,6 % du capital de Kamoa-Kakula, tandis que l’État congolais en possède 20 % et Crystal River 0,8 %, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.
Pierre Mukoko
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