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Conseil congolais de la batterie (CCB) and Standard Bank DRC signed a memorandum of understanding in Kinshasa on May 28 to support the structuring of finance-ready industrial projects across the battery value chain. The signing ceremony was attended by Industry Minister Justin Kalumba.

According to the CCB, the agreement is designed to align national industrial priorities with the requirements needed to secure financing. It is intended to support the development of projects linked to battery manufacturing and the processing of strategic minerals in the Democratic Republic of Congo.

Under the agreement, the CCB will continue to identify, qualify and align industrial projects, while Standard Bank DRC will contribute its expertise in financial structuring and capital mobilization.

The two partners aim to help develop projects that meet investor requirements in a sector where demand for capital, technical expertise and financial credibility remains high.

Standard Bank DRC Chief Executive Marie-Gabrielle Opese said the agreement reflects a shared commitment to supporting the CCB's vision of positioning the DRC within the global battery value chain.

Projects Still to Be Defined

"We are convinced that adding value locally, industrialization and integration into global value chains are essential drivers of sustainable and inclusive growth," she said.

According to the CCB, the signing marks a new step in the DRC's efforts to strengthen its position in industries linked to the global energy transition.

Industry Minister Kalumba said the local processing of strategic minerals could help accelerate the country's industrial development while generating new resources to support other sectors of the national economy.

At this stage, the memorandum does not specify which projects are involved, the amounts to be mobilized or a timeline for implementation. It primarily establishes a framework for collaboration between the CCB and Standard Bank DRC to prepare projects capable of attracting financing.

Ronsard Luabeya

L’utilisation des 50 millions de dollars destinés à la relance de la Société minière de Bakwanga (MIBA) reste conditionnée à la réalisation de plusieurs préalables, dont un audit général de l’entreprise. C’est ce qu’a affirmé le président du conseil d’administration de la société, Jean-Charles Okoto (photo), dans un entretien accordé aux médias locaux. Selon lui, cette exigence émane des actionnaires de la MIBA, notamment l’État congolais, qui détient 80 % du capital, et le groupe ASA Resources, actionnaire minoritaire avec 20 % des parts.

Le processus envisagé comprend un audit général de la société, un inventaire du patrimoine ainsi que la validation du plan minimum de relance avant son exécution effective.

Évalué à environ 70 millions de dollars, ce plan vise une production de près de 2,5 millions de carats en 2026. Il s’articule autour de cinq axes prioritaires : la certification des réserves minières, la sécurisation des concessions, les investissements productifs, la prise en charge des charges du personnel, ainsi que la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation et d’autres investissements stratégiques.

Jean-Charles Okoto affirme que les financements annoncés sont déjà disponibles. « Les 50 millions sont bel et bien existants et disponibles pour la MIBA. Il y a également, selon les dernières informations, 20 millions supplémentaires disponibles, ce qui porte l’enveloppe à plus de 70 millions de dollars pour couvrir le budget du plan minimum de relance actuellement en cours de validation », a-t-il déclaré.

Le président du conseil d’administration a également indiqué que l’actionnaire minoritaire devra mobiliser des ressources additionnelles afin d’accompagner le processus. Au regard de sa participation de 20 %, ASA Resources pourrait être appelée à apporter environ 12,5 millions de dollars, si les actionnaires entendent maintenir l’équilibre actuel du capital.

Ces déclarations interviennent alors que la direction générale de la MIBA a déjà engagé certaines démarches liées à la relance des activités. Début mai, le directeur général André Kabanda Kana a attribué provisoirement à la société sud-africaine Bond Equipment (PTY) LTD un marché portant sur l’acquisition d’équipements industriels destinés aux opérations de la MIBA à Mbuji-Mayi, à l’issue d’un appel d’offres.

Le montant total du contrat s’élève à 57,45 millions de dollars TTC, répartis en cinq lots, auxquels s’ajoutent environ 2,3 millions de dollars de frais de transport. Les spécifications techniques des équipements concernés n’ont toutefois pas été précisées dans l’avis consulté.

À ce stade, les documents disponibles ne permettent pas d’établir si ce marché sera directement financé par les 50 millions de dollars annoncés pour la relance. La validation du plan minimum, l’audit général et l’inventaire du patrimoine apparaissent donc comme des étapes déterminantes avant l’utilisation effective des fonds.

Ronsard Luabeya

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Le Conseil congolais de la batterie (CCB) et Standard Bank RDC ont signé, le 28 mai 2026 à Kinshasa, un mémorandum d’entente destiné à soutenir la structuration de projets industriels finançables dans la chaîne de valeur des batteries. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie, Justin Kalumba.

Selon la communication du CCB, cet accord vise à rapprocher les priorités industrielles nationales des exigences de bancabilité et des mécanismes de financement adaptés. Il doit notamment permettre d’accompagner la maturation de projets liés à l’industrie locale des batteries et aux minerais stratégiques en République démocratique du Congo.

Dans ce cadre, le CCB poursuivra son rôle d’identification, de qualification et de mise en cohérence des projets industriels. De son côté, Standard Bank RDC apportera son expertise en matière de structuration financière et de mobilisation de capitaux.

Les deux partenaires entendent ainsi faciliter l’émergence de projets mieux préparés aux exigences des investisseurs, dans un secteur où les besoins en capitaux, en structuration technique et en crédibilité financière restent élevés.

Pour la directrice générale de Standard Bank RDC, Marie-Gabrielle Opese, cet accord s’inscrit dans la volonté d’accompagner la vision portée par le CCB, qui vise à positionner la RDC dans la chaîne de valeur mondiale des batteries.

Des projets encore à préciser

« Nous sommes convaincus que la création de valeur locale, l’industrialisation et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales constituent des leviers essentiels pour une croissance durable et inclusive », a-t-elle déclaré.

Selon le CCB, la signature de ce mémorandum marque une nouvelle étape dans les efforts engagés par la RDC pour renforcer son positionnement dans les industries liées à la transition énergétique.

Le ministre de l’Industrie, Justin Kalumba, a, pour sa part, souligné que la transformation locale des minerais stratégiques pourrait contribuer à accélérer le développement industriel du pays, tout en générant de nouvelles ressources susceptibles de soutenir d’autres secteurs de l’économie nationale.

À ce stade, le mémorandum ne précise pas encore les projets concernés, les montants à mobiliser ni le calendrier de mise en œuvre. Il constitue surtout un cadre de collaboration entre le CCB et Standard Bank RDC pour préparer des projets susceptibles d’attirer des financements.

Ronsard Luabeya

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As the Democratic Republic of Congo steps up efforts to strengthen the credibility of its financial system and accelerate its digital transformation, compliance, anti-money laundering, cybersecurity and financial inclusion have become key priorities. On the sidelines of a financial compliance workshop in Kinshasa, Marie-Gabrielle Opese, President of the Congolese Banking Association (ACB) and Managing Director of Standard Bank DRC, discusses with Ecofin Agency the progress made by the country's banking sector, the challenges involved in securing its removal from the FATF grey list, and how the rapid digitization of financial services is reshaping the industry. 

Ecofin Agency: Kinshasa recently hosted a workshop on financial compliance, gathering regulators, banks and international players around a shared goal of repositioning compliance as a strategic lever for Congo's financial sector. What are your main takeaways from this workshop, and what impact could it have on the banking sector in the DRC?

Marie-Gabrielle Opese: The workshop was first and foremost an opportunity to reaffirm that compliance can no longer be seen as a simple regulatory burden. It is now a genuine strategic lever for the stability, credibility and modernization of the financial sector. The discussions highlighted several realities: the rapid evolution of risks, the growing sophistication of fraud, the rise of digital payments and the constant need to adapt our control and risk management frameworks.

The progress recorded today allows us to look forward with confidence to a favorable outcome in the near future. But beyond exiting the gray list, the real challenge is to embed these gains durably in the practices and governance of the financial sector.

More than anything, the initiative strengthened dialogue between banks, the regulator, international partners and other players in the financial ecosystem. That is essential, because the challenges we face today cannot be addressed in isolation. Beyond the technical aspects, the meeting also helped deepen a culture of compliance within Congo's banking sector and encouraged a gradual convergence toward international best practices.

Ecofin Agency: The DRC has been on the FATF gray list since 2022. What impact has this had on the country's banking sector, and what developments give you confidence that the DRC could be removed from the list in the near future?

Marie-Gabrielle Opese: The gray-list designation has had significant consequences, particularly in terms of country risk perception, compliance costs, heightened scrutiny from correspondent banks and, at times, slower international financial relationships.

That said, it is important to highlight the significant efforts made in recent years by the Congolese authorities, the Central Bank of Congo, CENAREF and the financial institutions as a whole. Major reforms have been undertaken, both on the regulatory and operational fronts, with a gradual strengthening of frameworks to combat money laundering and the financing of terrorism.

The progress recorded today allows us to look forward with confidence to a favorable outcome in the near future. But beyond exiting the gray list, the real challenge is to embed these gains durably in the practices and governance of the financial sector.

Ecofin Agency: According to Visa, an economy less dependent on cash would facilitate compliance and financial traceability. In a country where cash remains dominant, how far can banks support this transition without excluding part of the population?

Marie-Gabrielle Opese: Reducing reliance on cash is an important step toward improving the traceability of financial flows, strengthening oversight and expanding financial inclusion.

That said, the transition must be gradual and tailored to the realities of the Congolese market. The key challenge is to strike the right balance between increasing the share of transactions conducted through formal channels and ensuring that people who still depend heavily on cash are not left behind.

Achieving that will require further investment in payment infrastructure, stronger financial literacy efforts, broader access to banking and digital financial services, and close cooperation among banks, regulators and technology providers.

Ecofin Agency: In that context, the Monetary Policy Committee of the Central Bank of Congo decided on April 9 to grant the central bank exclusive authority to import foreign-currency banknotes and to prohibit cash transactions in foreign currencies from April 9, 2027. What impact do you expect these measures to have on the banking sector, and what challenges do banks face as they prepare for the transition?

Marie-Gabrielle Opese: This reform is a major development for DR Congo's financial ecosystem and reflects a determination to strengthen the formalization of financial flows as well as the effectiveness of monetary policy and control mechanisms.

Achieving that transition will require further investment in payment infrastructure, stronger financial literacy efforts, broader access to banking and digital financial services, and close cooperation among banks, regulators and technology providers.

Its implementation naturally raises several challenges, particularly around adapting payment habits, the availability of digital infrastructure, raising awareness among economic actors and the operational management of financial flows. Banks are gradually preparing for this transition, notably by strengthening electronic payment solutions, improving compliance frameworks and supporting customers in adopting new practices. The success of the reform will depend on a gradual and well-coordinated implementation process that allows businesses and consumers enough time to adapt.

Ecofin Agency: The growth of digital financial services is creating new challenges, including cyber fraud, money mule schemes and crypto-related risks. To what extent are these issues already affecting the Congolese market, and how are banks responding?

Marie-Gabrielle Opese: These risks are already becoming more visible in the Congolese market, and banks are having to adapt to an increasingly complex threat environment. As financial services become more digital, fraud schemes are also becoming more sophisticated, ranging from money mule networks and social engineering attacks to account takeovers and crypto-related risks.

Strengthening the sector's resilience will require continued investment in security systems, regular staff training, information sharing, cyber-resilience testing and closer collaboration between financial institutions, regulators and other stakeholders

In response, banks are stepping up investment in transaction monitoring, fraud detection and cybersecurity, while also increasing awareness efforts for both customers and employees. Addressing these threats will require even closer cooperation between banks, regulators and technology providers to strengthen the resilience of the financial system.

Ecofin Agency: Digitalization also exposes DR Congo's financial system to cyberattacks. At an international conference on crypto-assets and digital innovation organized by the Central Bank of West African States, the governor of the Central Bank of Congo said the country's financial sector was not sufficiently prepared for the new generation of AI-facilitated cyberattacks. Is this a concern shared by the ACB? What needs to be done to strengthen the sector's defenses against these risks?

Marie-Gabrielle Opese: Cybersecurity has become a top priority for the financial sector, and the concerns raised by the governor reflect a challenge that financial institutions around the world are facing. As artificial intelligence becomes more widely available, cyber threats are becoming increasingly sophisticated and difficult to detect. As a result, cybersecurity can no longer be viewed solely as an IT issue. It has become a core business and governance priority that requires attention at every level of an organization.

Strengthening the sector's resilience will require continued investment in security systems, regular staff training, information sharing, cyber-resilience testing and closer collaboration between financial institutions, regulators and other stakeholders. Ultimately, the objective is not only to respond effectively to cyberattacks, but also to identify and prevent emerging threats before they materialize.

Interview by Ecofin Agency

La présidente de l’Association congolaise des banques (ACB) et directrice générale de Standard Bank RDC, Marie-Gabrielle Opese, a accordé une interview à l’Agence Ecofin. Conformité, lutte contre le blanchiment des capitaux, cybersécurité et fin annoncée des transactions en espèces en dollars : elle revient sur plusieurs dossiers sensibles pour le secteur bancaire congolais. Bankable vous propose l’intégralité de cet entretien.

Agence Ecofin : Kinshasa a récemment accueilli un atelier consacré à la conformité financière, réunissant régulateurs, banques et acteurs internationaux autour d’un objectif commun : repositionner la conformité comme un levier stratégique pour le secteur financier congolais. Que retenez-vous de cet atelier et quelles pourraient être ses retombées pour le secteur bancaire en RDC ?

Marie-Gabrielle Opese : Cet atelier a d’abord permis de rappeler que la conformité ne peut plus être perçue comme une simple contrainte réglementaire. Elle constitue aujourd’hui un véritable levier stratégique pour la stabilité, la crédibilité et la modernisation du secteur financier.

Les échanges ont mis en évidence plusieurs réalités : l’évolution rapide des risques, la sophistication croissante des fraudes, l’essor des paiements digitaux, mais également la nécessité d’adapter en permanence nos dispositifs de contrôle et de gestion des risques.

Cette initiative a surtout permis de renforcer le dialogue entre les banques, le régulateur, les partenaires internationaux et les autres acteurs de l’écosystème financier. C’est essentiel, car les défis actuels ne peuvent être traités de manière isolée.

Au-delà des aspects techniques, cette rencontre contribue également à renforcer la culture de conformité au sein du secteur bancaire congolais et à favoriser une convergence progressive vers les meilleurs standards internationaux.

AE : Depuis 2022, la RDC figure sur la liste grise du GAFI. Quelles conséquences cette situation a-t-elle eu pour le secteur bancaire congolais et quels progrès vous rendent aujourd’hui optimiste quant à une sortie prochaine de cette liste ?

MGO : L’inscription sur la liste grise a eu des conséquences importantes, notamment en termes de perception du risque pays, de coûts de conformité, de vigilance accrue de la part des correspondants bancaires et parfois de ralentissement dans certaines relations financières internationales.

Toutefois, il est important de souligner les efforts significatifs réalisés ces dernières années par les autorités congolaises, la Banque Centrale du Congo, la CENAREF ainsi que l’ensemble des institutions financières. Des réformes importantes ont été engagées, tant sur le plan réglementaire qu’opérationnel, avec un renforcement progressif des dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

« Des réformes importantes ont été engagées, tant sur le plan réglementaire qu’opérationnel, avec un renforcement progressif des dispositifs de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. »

Aujourd’hui, les avancées enregistrées permettent d’envisager avec confiance une issue favorable dans un avenir proche. Mais au-delà de la sortie de la liste grise, le véritable enjeu consiste à inscrire durablement ces progrès dans les pratiques et dans la gouvernance du secteur financier.

AE : Visa défend l’idée qu’une économie moins dépendante des espèces faciliterait la conformité et la traçabilité financière. Dans un pays où le cash reste dominant, jusqu’où les banques peuvent-elles accompagner cette transition sans exclure une partie de la population ?

MGO : La réduction progressive de la dépendance au cash constitue une évolution naturelle et nécessaire pour renforcer la traçabilité des flux, améliorer l’efficacité des contrôles et favoriser l’intégration financière.

Toutefois, cette transition doit être progressive, pragmatique et adaptée aux réalités socio-économiques de notre pays. Le défi consiste à concilier deux impératifs : renforcer la formalisation et la traçabilité des opérations, tout en préservant l’inclusion financière pour les populations qui restent encore largement dépendantes des espèces. Cela suppose notamment le développement des infrastructures de paiement, le renforcement de l’éducation financière, l’amélioration de l’accès aux services bancaires et digitaux, ainsi qu’une coordination étroite entre les banques, les pouvoirs publics et les acteurs technologiques.

AE : Dans cette même logique, lors de sa réunion du 9 avril, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo (BCC) a décidé de réserver à la Banque centrale l’exclusivité de l’importation physique des billets en devises et d’interdire les transactions en espèces en monnaies étrangères à partir du 9 avril 2027. Une telle mesure aura nécessairement des conséquences pour le secteur bancaire. Quels défis avez-vous identifiés et comment les banques se préparent-elles à sa mise en œuvre ?

MGO : Cette réforme constitue une évolution majeure pour l’écosystème financier congolais et traduit une volonté de renforcer la formalisation des flux ainsi que l’efficacité de la politique monétaire et des dispositifs de contrôle.

Sa mise en œuvre soulève naturellement plusieurs défis, notamment en matière d’adaptation des habitudes de paiement, de disponibilité des infrastructures digitales, de sensibilisation des acteurs économiques et de gestion opérationnelle des flux.

La cybersécurité ne peut plus être considérée comme une question purement technique ou informatique ; elle devient un enjeu stratégique de gouvernance et de résilience institutionnelle.

Les banques se préparent progressivement à cette transition, notamment à travers le renforcement des solutions de paiement électronique, l’amélioration des dispositifs de conformité et l’accompagnement de la clientèle dans l’adoption de nouveaux usages.

Il sera toutefois essentiel que cette évolution s’inscrive dans une démarche progressive, coordonnée et inclusive, afin de garantir son efficacité et son acceptabilité.

AE : Avec la montée des paiements digitaux, de nouveaux risques émergent, notamment les fraudes numériques, les « money mules » ou encore les cryptoactifs. Observez-vous déjà ces phénomènes en RDC ? Comment les banques congolaises s’adaptent-elles concrètement à ces nouvelles menaces ?

MGO : Oui, ces phénomènes sont désormais une réalité à laquelle les institutions financières congolaises sont de plus en plus confrontées.

L’accélération de la digitalisation des services financiers s’accompagne naturellement d’une sophistication des schémas de fraude, qu’il s’agisse des « money mules », de l’ingénierie sociale, de la compromission de comptes ou encore des risques liés aux cryptoactifs.

Face à ces nouvelles menaces, les banques renforcent progressivement leurs dispositifs de surveillance des transactions, leurs mécanismes de détection des anomalies, leurs outils de cybersécurité ainsi que la sensibilisation des clients et des équipes internes.

Mais cette évolution appelle également une coopération renforcée entre les institutions financières, les autorités de régulation et les partenaires technologiques.

AE : La digitalisation expose aussi le système financier congolais à des cyberattaques. Lors d’une conférence internationale sur les cryptoactifs et les innovations numériques organisée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le gouverneur de la BCC a indiqué que le secteur financier du pays n’était pas suffisamment préparé face à la nouvelle génération de cyberattaques facilitées par l’intelligence artificielle. Est-ce une préoccupation partagée par l’ACB ? Que faut-il faire pour renforcer la protection du secteur face à ces risques ?

MGO : La cybersécurité constitue aujourd’hui une préoccupation majeure pour l’ensemble du secteur financier, et les observations formulées par le Gouverneur de la Banque Centrale traduisent une réalité mondiale : les cybermenaces évoluent extrêmement rapidement, notamment avec l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les mécanismes d’attaque.

Cette situation impose un changement d’approche. La cybersécurité ne peut plus être considérée comme une question purement technique ou informatique ; elle devient un enjeu stratégique de gouvernance et de résilience institutionnelle.

Le renforcement de la protection du secteur passe notamment par l’investissement dans les infrastructures de sécurité, la formation continue des équipes, le partage d’information sur les menaces, les tests de résilience, ainsi qu’une coopération plus étroite entre les acteurs du secteur et les autorités compétentes. L’enjeu est de construire un écosystème capable non seulement de réagir aux attaques, mais également de les anticiper.

Interview réalisée par l’Agence Ecofin

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Canada has suspended entry for foreign nationals traveling from the Democratic Republic of Congo (DRC), Uganda and South Sudan as part of new measures aimed at containing the spread of Ebola.

The restrictions apply to temporary resident visas, electronic travel authorizations (eTAs), and certain permanent resident visas that had already been approved. Residents of the three countries holding these documents will not be allowed to travel to Canada while the measures remain in effect.

Ottawa also said it would temporarily suspend the processing of some new immigration applications submitted by residents of the affected countries.

Canadian citizens, permanent residents and individuals registered under the Indian Act will still be allowed to enter the country, including those who recently traveled to the affected regions.

Starting May 30 at 11:59 p.m., asymptomatic travelers arriving from the three countries will be required to complete a 21-day quarantine. Travelers showing symptoms will be transferred to hospital facilities for further medical assessment under Canada’s Quarantine Act.

Authorities said foreign nationals already in Canada will not be affected by the new measures and may continue to stay in the country under the existing conditions of their permits or visas.

International response

The move comes as countries tighten health controls in response to the Ebola outbreak. The United States has already imposed entry restrictions on non-U.S. citizens who recently visited the DRC, Uganda or South Sudan. Uganda has also introduced restrictions on passenger travel to and from the DRC, although cargo shipments and essential supplies continue to move freely.

According to data released in late May by Congolese health authorities, the DRC had recorded 121 confirmed Ebola cases, including 17 deaths. Authorities also reported more than 1,077 suspected cases and 238 suspected deaths. At the time, the outbreak had spread across 13 health zones in the provinces of Ituri, North Kivu and South Kivu.

Ronsard Luabeya

The Democratic Republic of Congo (DRC) and China have signed a police cooperation agreement aimed at strengthening the operational capabilities of the Congolese National Police (PNC), with a particular focus on fighting mining fraud and cybercrime.

The agreement was signed on May 26 in Beijing by Congolese Interior Minister Jacquemain Shabani and Chinese Public Security Minister Wang Xiaohong.

According to a statement from the DRC Embassy in China, the partnership will provide Chinese technical assistance in several strategic areas, including crime prevention, combating mining-related fraud, and tackling cybercrime.

The two countries will establish a joint working group to oversee implementation of the agreement. On the Congolese side, the initiative is being led by Vice Prime Minister and Interior Minister Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.

The agreement supports the ongoing professionalization of the Congolese National Police, one of the objectives set out in the police reform law promulgated under President Félix Tshisekedi.

Focus on mining fraud

The explicit focus on mining fraud gives the agreement a strong economic dimension. The Congolese mining sector continues to face major governance, oversight, and traceability challenges, particularly in the artisanal mining supply chains for copper, cobalt, gold, and other strategic minerals.

In the artisanal copper and cobalt sector, several reports have highlighted persistent difficulties in tracking production flows, fraudulent declarations, the involvement of unauthorized operators, and weak state control over key supply chains.

These shortcomings contribute to substantial revenue losses for the state, complicate efforts to formalize the sector, and weaken the credibility of Congolese minerals on international markets, where traceability and responsible sourcing standards are becoming increasingly stringent.

Congolese authorities have recently stepped up efforts to curb illegal mining and informal trading networks. In December 2025, Mines Minister Louis Watum Kabamba suspended all artisanal copper and cobalt processing entities across the country as part of a broader crackdown on fraud and non-compliant practices.

Cybersecurity cooperation

The agreement’s second major pillar focuses on cybercrime. Since 2022, the DRC has operated under a National Cybersecurity Strategy for 2022–2025, which treats cybersecurity as a matter of national sovereignty amid the rapid digitization of public institutions, businesses, and public services.

The strategy highlights the growing pace of cyber threats, the vulnerability of critical infrastructure, and the need to strengthen prevention, detection, and incident response capacities.

Against this backdrop, cooperation with Beijing could provide Kinshasa with technical support in an area where capacity gaps remain significant. However, the specifics of the assistance have not yet been disclosed.

The official communiqué did not specify the resources to be deployed, the implementation timeline, or the safeguards surrounding the potential exchange of sensitive information.

Ultimately, the agreement marks a new phase in DRC-China security cooperation while reflecting Kinshasa’s broader economic priorities: protecting strategic resources, reducing fraud, and strengthening digital security in a country central to global critical mineral supply chains.

Pierre Mukoko

Face à la recrudescence des cas d’Ébola dans la région des Grands Lacs, le gouvernement canadien a annoncé des mesures temporaires aux frontières visant les résidents de pays considérés comme présentant un risque élevé ou très élevé d’éclosion de la maladie. À ce stade, la mesure concerne la République démocratique du Congo, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Dans un communiqué publié le 26 mai 2026, Ottawa indique que certains documents d’immigration seront suspendus pour une durée de 90 jours à compter du 27 mai à 23h59. Les autorités canadiennes justifient cette décision par la volonté de limiter le risque d’introduction et de propagation du virus Ébola sur leur territoire.

La suspension concerne notamment les visas de résident temporaire, les autorisations de voyage électroniques ainsi que certains visas de résident permanent déjà approuvés. Les personnes résidant dans les pays concernés et détentrices de ces documents ne pourront pas voyager vers le Canada tant que leur autorisation restera suspendue.

Durant cette période, le gouvernement canadien prévoit également de suspendre temporairement les décisions relatives à certaines nouvelles demandes de documents d’immigration introduites par des résidents de ces trois pays.

Les citoyens canadiens, les résidents permanents ainsi que les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens pourront toutefois continuer à entrer au Canada, même après un séjour récent dans les zones concernées. À partir du 30 mai à 23h59, ces voyageurs devront observer une quarantaine obligatoire de 21 jours s’ils ne présentent aucun symptôme. Les personnes symptomatiques seront isolées dans des structures hospitalières pour des examens approfondis, conformément à la Loi sur la mise en quarantaine.

Les autorités canadiennes précisent également que les ressortissants déjà présents sur le territoire canadien ne sont pas concernés par ces nouvelles restrictions et peuvent poursuivre leur séjour selon les conditions habituelles de leur permis ou visa.

Cette décision intervient dans un contexte de durcissement des mesures sanitaires internationales liées à Ébola. Les États-Unis ont déjà annoncé des restrictions d’entrée visant les personnes non américaines ayant séjourné récemment en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud. De son côté, l’Ouganda a pris plusieurs mesures de restriction sur les mouvements de passagers avec la RDC, tout en maintenant la circulation des marchandises et des biens essentiels.

Selon les données officielles communiquées fin mai par les autorités sanitaires congolaises, la RDC comptait 121 cas confirmés d’Ébola, dont 17 décès confirmés. Plus de 1 077 cas suspects et 238 décès suspects avaient également été recensés. L’épidémie touchait alors 13 zones de santé réparties dans trois provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Ronsard Luabeya

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La République démocratique du Congo et la Chine sont désormais liées par un accord de coopération policière destiné à renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise. Le texte a été signé le 26 mai 2026 à Pékin par le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et le ministre chinois de la Sécurité publique, Wang Xiaohong.

« Cet accord vise notamment à renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise grâce à l’assistance technique de la Chine dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la lutte contre la criminalité, la fraude minière et la cybercriminalité », indique l’ambassade de la RDC en Chine.

Les deux pays ont également convenu de mettre en place un groupe de travail conjoint chargé du suivi et de l’application de l’accord. Côté congolais, cette coopération est portée par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.

Elle s’inscrit dans la dynamique de professionnalisation de la Police nationale congolaise, prévue par la loi de programmation relative à la mise en œuvre de la réforme de la police, promulguée par le président Félix Tshisekedi.

Enjeux miniers

La mention de la fraude minière donne à cet accord une portée économique particulière. Le secteur minier congolais reste confronté à d’importants défis de gouvernance, de contrôle et de traçabilité, notamment dans les filières artisanales du cuivre, du cobalt, de l’or et d’autres minerais stratégiques.

Dans la filière cuivre-cobalt artisanale, plusieurs rapports ont déjà mis en évidence la difficulté à suivre les flux de production, la persistance de fausses déclarations, la présence d’acteurs non autorisés et les limites du contrôle public sur certaines chaînes d’approvisionnement.

Ces faiblesses alimentent les pertes de revenus pour l’État, compliquent la formalisation du secteur et fragilisent la crédibilité des minerais congolais sur les marchés internationaux, où les exigences de traçabilité et de diligence responsable sont de plus en plus fortes.

Les autorités congolaises ont d’ailleurs multiplié, ces derniers mois, les mesures contre l’exploitation illégale et les circuits informels. En décembre 2025, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait suspendu toutes les entités de traitement des minerais artisanaux de cuivre et de cobalt sur le territoire national, dans le cadre d’une offensive contre la fraude minière et les pratiques non conformes.

Front numérique

L’autre volet important de l’accord concerne la cybercriminalité. La RDC dispose depuis 2022 d’une Stratégie nationale de cybersécurité couvrant la période 2022-2025. Ce document présente la cybersécurité comme un enjeu de souveraineté, dans un contexte de numérisation croissante des administrations, des entreprises et des services publics.

La stratégie nationale souligne notamment la progression rapide des cybermenaces, la vulnérabilité des infrastructures critiques et la nécessité de renforcer les capacités de prévention, de détection et de réponse aux attaques informatiques.

Dans ce contexte, la coopération avec Pékin pourrait permettre à Kinshasa de bénéficier d’un appui technique dans un domaine où les besoins restent importants. Mais les contours pratiques de cet appui ne sont pas encore précisés. Le communiqué ne détaille ni les moyens qui seront mobilisés, ni le calendrier d’exécution, ni les garanties encadrant l’échange éventuel d’informations sensibles.

L’accord RDC-Chine apparaît ainsi comme un nouvel instrument de coopération sécuritaire, mais aussi comme un signal sur les priorités économiques du moment : mieux protéger les ressources stratégiques, renforcer la lutte contre la fraude et sécuriser les systèmes d’information dans un pays au cœur des chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques.

Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin

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L’entreprise zambienne ZESCO a interrompu, depuis plus d’une semaine, la fourniture d’électricité dans le territoire de Sakania, dans la province du Haut-Katanga. La coupure affecte plusieurs localités, dont la commune de Mokambo, et perturbe les activités économiques locales.

Selon Radio Okapi, les ateliers de soudure, les moulins, les salons de coiffure, les petits commerces ainsi que d’autres activités dépendantes de l’électricité fonctionnent au ralenti depuis l’interruption de l’alimentation.

Cette situation intervient après une mise en demeure adressée par ZESCO à la Société nationale d’électricité (SNEL). Dans une correspondance relayée par les médias locaux, l’entreprise zambienne accordait à la partie congolaise un délai de 48 heures, à compter du 12 mai 2026, pour prendre les dispositions nécessaires avant toute suspension effective de la fourniture d’électricité.

Cette nouvelle interruption s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre ZESCO et la SNEL. En février 2026, l’opérateur zambien avait déjà procédé à une coupure similaire dans plusieurs zones du Haut-Katanga, invoquant des arriérés de paiement ainsi que l’absence de régularisation du cadre contractuel de fourniture d’électricité.

Selon les informations rapportées à l’époque par Radio Okapi, le contrat liant les deux parties serait arrivé à échéance en décembre 2018 et n’aurait pas encore été renouvelé. Cette situation créerait un vide juridique compliquant la poursuite des relations commerciales et la continuité de l’approvisionnement des zones concernées.

Solution d’appoint peu efficace

Du côté congolais, la SNEL avait indiqué que des démarches étaient engagées pour régulariser la situation et relancer les discussions avec son partenaire zambien. En février 2026, l’entreprise publique avait également annoncé la mise en place de groupes électrogènes pour alimenter Sakania, Mokambo, Pweto et Kasenga.

Cette solution d’appoint ne semble toutefois pas suffire à compenser le déficit provoqué par les interruptions de fourniture, au regard des plaintes signalées actuellement par les acteurs locaux.

Pour les habitants et les opérateurs économiques, la coupure actuelle confirme la fragilité de l’approvisionnement électrique dans cette partie du Haut-Katanga, encore dépendante de l’électricité importée de Zambie. Elle met aussi en lumière les conséquences locales d’un différend contractuel et financier entre deux sociétés publiques d’électricité.

Face à cette situation, la société civile locale appelle les autorités congolaises à intervenir rapidement afin de relancer le dialogue entre la SNEL et ZESCO et de limiter l’impact de la coupure sur les ménages et les activités économiques.

Ronsard Luabeya

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