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Equipe Publication

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La République démocratique du Congo et la Chine sont désormais liées par un accord de coopération policière destiné à renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise. Le texte a été signé le 26 mai 2026 à Pékin par le ministre congolais de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, et le ministre chinois de la Sécurité publique, Wang Xiaohong.

« Cet accord vise notamment à renforcer les capacités opérationnelles de la Police nationale congolaise grâce à l’assistance technique de la Chine dans plusieurs domaines stratégiques, notamment la lutte contre la criminalité, la fraude minière et la cybercriminalité », indique l’ambassade de la RDC en Chine.

Les deux pays ont également convenu de mettre en place un groupe de travail conjoint chargé du suivi et de l’application de l’accord. Côté congolais, cette coopération est portée par le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango.

Elle s’inscrit dans la dynamique de professionnalisation de la Police nationale congolaise, prévue par la loi de programmation relative à la mise en œuvre de la réforme de la police, promulguée par le président Félix Tshisekedi.

Enjeux miniers

La mention de la fraude minière donne à cet accord une portée économique particulière. Le secteur minier congolais reste confronté à d’importants défis de gouvernance, de contrôle et de traçabilité, notamment dans les filières artisanales du cuivre, du cobalt, de l’or et d’autres minerais stratégiques.

Dans la filière cuivre-cobalt artisanale, plusieurs rapports ont déjà mis en évidence la difficulté à suivre les flux de production, la persistance de fausses déclarations, la présence d’acteurs non autorisés et les limites du contrôle public sur certaines chaînes d’approvisionnement.

Ces faiblesses alimentent les pertes de revenus pour l’État, compliquent la formalisation du secteur et fragilisent la crédibilité des minerais congolais sur les marchés internationaux, où les exigences de traçabilité et de diligence responsable sont de plus en plus fortes.

Les autorités congolaises ont d’ailleurs multiplié, ces derniers mois, les mesures contre l’exploitation illégale et les circuits informels. En décembre 2025, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, avait suspendu toutes les entités de traitement des minerais artisanaux de cuivre et de cobalt sur le territoire national, dans le cadre d’une offensive contre la fraude minière et les pratiques non conformes.

Front numérique

L’autre volet important de l’accord concerne la cybercriminalité. La RDC dispose depuis 2022 d’une Stratégie nationale de cybersécurité couvrant la période 2022-2025. Ce document présente la cybersécurité comme un enjeu de souveraineté, dans un contexte de numérisation croissante des administrations, des entreprises et des services publics.

La stratégie nationale souligne notamment la progression rapide des cybermenaces, la vulnérabilité des infrastructures critiques et la nécessité de renforcer les capacités de prévention, de détection et de réponse aux attaques informatiques.

Dans ce contexte, la coopération avec Pékin pourrait permettre à Kinshasa de bénéficier d’un appui technique dans un domaine où les besoins restent importants. Mais les contours pratiques de cet appui ne sont pas encore précisés. Le communiqué ne détaille ni les moyens qui seront mobilisés, ni le calendrier d’exécution, ni les garanties encadrant l’échange éventuel d’informations sensibles.

L’accord RDC-Chine apparaît ainsi comme un nouvel instrument de coopération sécuritaire, mais aussi comme un signal sur les priorités économiques du moment : mieux protéger les ressources stratégiques, renforcer la lutte contre la fraude et sécuriser les systèmes d’information dans un pays au cœur des chaînes mondiales d’approvisionnement en minerais critiques.

Pierre Mukoko avec l’Agence Ecofin

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L’entreprise zambienne ZESCO a interrompu, depuis plus d’une semaine, la fourniture d’électricité dans le territoire de Sakania, dans la province du Haut-Katanga. La coupure affecte plusieurs localités, dont la commune de Mokambo, et perturbe les activités économiques locales.

Selon Radio Okapi, les ateliers de soudure, les moulins, les salons de coiffure, les petits commerces ainsi que d’autres activités dépendantes de l’électricité fonctionnent au ralenti depuis l’interruption de l’alimentation.

Cette situation intervient après une mise en demeure adressée par ZESCO à la Société nationale d’électricité (SNEL). Dans une correspondance relayée par les médias locaux, l’entreprise zambienne accordait à la partie congolaise un délai de 48 heures, à compter du 12 mai 2026, pour prendre les dispositions nécessaires avant toute suspension effective de la fourniture d’électricité.

Cette nouvelle interruption s’inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre ZESCO et la SNEL. En février 2026, l’opérateur zambien avait déjà procédé à une coupure similaire dans plusieurs zones du Haut-Katanga, invoquant des arriérés de paiement ainsi que l’absence de régularisation du cadre contractuel de fourniture d’électricité.

Selon les informations rapportées à l’époque par Radio Okapi, le contrat liant les deux parties serait arrivé à échéance en décembre 2018 et n’aurait pas encore été renouvelé. Cette situation créerait un vide juridique compliquant la poursuite des relations commerciales et la continuité de l’approvisionnement des zones concernées.

Solution d’appoint peu efficace

Du côté congolais, la SNEL avait indiqué que des démarches étaient engagées pour régulariser la situation et relancer les discussions avec son partenaire zambien. En février 2026, l’entreprise publique avait également annoncé la mise en place de groupes électrogènes pour alimenter Sakania, Mokambo, Pweto et Kasenga.

Cette solution d’appoint ne semble toutefois pas suffire à compenser le déficit provoqué par les interruptions de fourniture, au regard des plaintes signalées actuellement par les acteurs locaux.

Pour les habitants et les opérateurs économiques, la coupure actuelle confirme la fragilité de l’approvisionnement électrique dans cette partie du Haut-Katanga, encore dépendante de l’électricité importée de Zambie. Elle met aussi en lumière les conséquences locales d’un différend contractuel et financier entre deux sociétés publiques d’électricité.

Face à cette situation, la société civile locale appelle les autorités congolaises à intervenir rapidement afin de relancer le dialogue entre la SNEL et ZESCO et de limiter l’impact de la coupure sur les ménages et les activités économiques.

Ronsard Luabeya

Kazakh mining group Eurasian Resources Group (ERG), which operates copper and cobalt assets in the Democratic Republic of Congo (DRC), announced a major restructuring of its shareholder base on May 22, 2026, marking the exit of two founding shareholders from the group.

Patokh Chodiev and the family of Alexander Machkevitch, both founding members alongside the Kazakh state, sold their respective stakes of 18.6% and 20.7% to Nature Energy Solutions Ltd., a company controlled by Kazakh businessman Shakhmurat Mutalip. Following the transaction, the Kazakh state retains its 40% stake in ERG, while Nature Energy Solutions becomes one of the group's principal private shareholders with 39.3%. The remaining 20.7% stays with the heirs of businessman Alijan Ibragimov.

ERG did not disclose the financial terms of the transactions. Several international media outlets, including the Financial Times as cited by The Insider, reported a deal valued at around $1.4 billion.

In a statement, ERG said the restructuring aims to “strengthen the group’s resilience,” improve governance efficiency and support its long-term growth strategy. The group added that the changes would affect neither its day-to-day operations nor its commitments to employees, partners and host states.

Russian ties under scrutiny

For the DRC, the shareholder reshuffle could spark sensitive questions. The country hosts several of ERG’s strategic copper and cobalt assets — two minerals central to the global energy transition — and has in recent months strengthened ties with the United States.

According to several international media outlets, Shakhmurat Mutalip has ties to Russian financial figures targeted by Western sanctions since the start of the war in Ukraine. The Insider reported that the Kazakh businessman has relationships with several figures in the Russian banking sector, including VTB chairman Andrey Kostin, as well as oligarch Alisher Usmanov.

According to the same sources, Mutalip’s interest in ERG has drawn the attention of the U.S. State Department, which is reportedly concerned that a portion of the group’s strategic assets in the DRC could come under Russian influence.

ERG has previously faced similar geopolitical complications in the DRC. In 2022, the group attributed delays in the development of the Kalukundi copper-cobalt mine — held by Swanmines, a joint venture with state miner Gécamines — to financing difficulties linked to credit lines with Russian banks affected by international sanctions. Those delays fueled tensions between the two shareholders.

In September 2025, during President Félix Tshisekedi’s visit to Kazakhstan, Gécamines and ERG signed a cooperation agreement that resolved several years of disputes over Swanmines.

Kalukundi as first test

That agreement led to a restructuring of Swanmines’ capital. Gécamines’ stake was raised from 25% to 49%, while ERG’s share was reduced from 75% to 51%. ERG also committed to completing, within one year, a feasibility study for the construction of a processing plant at Kalukundi.

How ERG delivers on that commitment will be an early test of the practical impact of the group’s new ownership structure on its DRC operations. If the group confirms its investments and accelerates project implementation, the restructuring could be presented as a stabilizing factor. Conversely, any further delays could revive questions about the group’s financial and strategic capacity to develop its Congolese assets.

The DRC holds a central place in ERG’s African ambitions. According to the group’s 2025 financial results, Africa accounted for approximately 24% of its earnings before interest, taxes, depreciation and amortization (EBITDA). ERG says it aims, over the next three to five years, to achieve annual production of around 300,000 tonnes of copper and more than 20,000 tonnes of cobalt.

In the DRC, that strategy is built around the assets of Boss Mining, Frontier, Comide, Swanmines and Metalkol RTR, which the group describes as one of its principal tailings reprocessing projects.

Assets under pressure

ERG faces another major challenge in the DRC: securing its concessions. Since 2024, several of its sites have been affected by repeated incursions from organized networks of illegal miners, particularly at Comide, Boss Mining and Metalkol.

An investigation published in May 2026 by Africa Intelligence said these intrusions are costing ERG nearly $2 billion per year and are also generating significant revenue losses for the Congolese state, which is itself exposed through Gécamines, a 49% shareholder in Boss Mining.

In response, the Kazakh group is exploring several avenues to regain control of its concessions. On Feb. 10, 2026, ERG signed a memorandum of understanding with the Entreprise Générale du Cobalt (EGC), a Gécamines subsidiary tasked with overseeing artisanal cobalt mining in the DRC. The partnership aims to gradually relocate artisanal miners to specially designated mining zones away from the group’s industrial concessions.

Another option under consideration involves strengthening cooperation with the Inspection Générale des Mines (IGM), headed by Raphaël Kabengele. According to Africa Intelligence, ERG is seeking to leverage the agency to intensify its fight against illegal mining networks operating on its concessions.

The case of Metalkol illustrates the tensions surrounding the group’s mining assets most clearly. Third-party operators have reportedly taken control of part of the tailings contained in the basin exploited by the company, allegedly with the backing of networks benefiting from political and security protection. ERG says the situation threatens the mine’s operational lifespan and could result in several billion dollars in lost revenue.

Against this backdrop, ERG’s ownership restructuring is more than an internal corporate matter. It comes at a time when its Congolese assets are under pressure on three fronts: geopolitical, fiscal and security. For Kinshasa, the challenge will be to determine whether the new shareholder balance can help ERG stabilize its investments, honor its industrial commitments and better secure its operations. For ERG, the DRC remains a strategic pillar — and one of its most exposed operating environments.

Timothée Manoke

Le groupe minier kazakh Eurasian Resources Group (ERG), actif dans le cuivre et le cobalt en République démocratique du Congo (RDC), a annoncé, le 22 mai 2026, une réorganisation majeure de sa structure actionnariale. L’opération se traduit par le retrait de deux actionnaires historiques, Patokh Chodiev et la famille d’Alexander Machkevitch, qui faisaient partie des fondateurs du groupe aux côtés de l’État kazakh.

Leurs participations, respectivement de 18,6 % et 20,7 %, ont été rachetées par Nature Energy Solutions Ltd., une société contrôlée par l’homme d’affaires kazakh Shakhmurat Mutalip. À l’issue de cette opération, l’État kazakh conserve sa participation de 40 % dans ERG, tandis que Nature Energy Solutions devient l’un des principaux actionnaires privés du groupe avec 39,3 %. Le solde du capital, soit 20,7 %, reste détenu par les héritiers de l’homme d’affaires Alijan Ibragimov.

Le montant exact des transactions n’a pas été rendu public par ERG. Plusieurs médias internationaux, dont le Financial Times cité par The Insider, évoquent toutefois une opération valorisée autour de 1,4 milliard de dollars.

Dans sa communication, ERG indique que cette réorganisation vise à « renforcer la résilience du groupe », améliorer l’efficacité de sa gouvernance et soutenir sa stratégie de développement à long terme. Le groupe affirme également que ces changements n’affecteront ni ses opérations quotidiennes, ni ses engagements envers ses employés, partenaires et États hôtes.

Des liens russes scrutés

Pour la RDC, cette recomposition actionnariale pourrait toutefois soulever des questions sensibles. Le pays accueille plusieurs actifs stratégiques d’ERG dans le cuivre et le cobalt, deux minerais au cœur de la transition énergétique mondiale. Il s’agit aussi d’une économie fortement dollarisée, qui a renforcé ces derniers mois son rapprochement stratégique avec les États-Unis.

Or, selon plusieurs médias internationaux, Shakhmurat Mutalip entretiendrait des liens avec des acteurs financiers russes visés par les sanctions occidentales depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. The Insider affirme notamment que l’homme d’affaires kazakh aurait des relations avec plusieurs figures du secteur bancaire russe, dont Andrey Kostin, président de VTB, ainsi qu’avec l’oligarque Alisher Usmanov.

Toujours selon ces sources, l’intérêt de Mutalip pour ERG aurait attiré l’attention du département d’État américain, qui redouterait qu’une partie des actifs stratégiques du groupe en RDC ne passe sous influence russe.

Cette dimension géopolitique n’est pas sans précédent pour ERG en RDC. En 2022, le groupe avait expliqué les retards dans le développement de la mine de cuivre-cobalt de Kalukundi, détenue par Swanmines, coentreprise avec la Gécamines, par des difficultés financières liées à ses lignes de crédit auprès de banques russes affectées par les sanctions internationales. Ces retards avaient alimenté des tensions entre les deux actionnaires.

En septembre 2025, lors de la visite du président Félix Tshisekedi au Kazakhstan, la Gécamines et ERG avaient finalement signé un accord de collaboration mettant fin à plusieurs années de différends autour de Swanmines.

Kalukundi comme premier test

Cet accord a notamment conduit à une recomposition du capital de Swanmines. La participation de la Gécamines est passée de 25 % à 49 %, tandis que celle d’ERG a été réduite de 75 % à 51 %. Le groupe s’est également engagé à réaliser, dans un délai d’un an, une étude de faisabilité pour la construction d’une usine de traitement à Kalukundi.

La suite donnée à cet engagement constituera l’un des premiers indicateurs de l’impact concret de la nouvelle structure actionnariale d’ERG sur ses activités en RDC. Si le groupe confirme ses investissements et accélère la mise en œuvre de ses projets, la recomposition pourrait être présentée comme un facteur de stabilisation. À l’inverse, tout ralentissement supplémentaire pourrait raviver les interrogations sur la capacité financière et stratégique du groupe à développer ses actifs congolais.

La RDC occupe une place centrale dans les ambitions africaines d’ERG. Selon ses résultats financiers pour 2025, l’Afrique représentait environ 24 % de son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (EBITDA). Le groupe affirme viser, dans les trois à cinq prochaines années, une production annuelle totale d’environ 300 000 tonnes de cuivre et plus de 20 000 tonnes de cobalt.

En RDC, cette stratégie repose notamment sur les actifs de Boss Mining, Frontier, Comide, Swanmines et Metalkol RTR, présenté comme l’un des principaux projets de retraitement de résidus miniers du groupe.

Des actifs sous pression

Mais ERG fait face à un autre défi majeur en RDC : la sécurisation de ses concessions. Depuis 2024, plusieurs de ses sites sont touchés par des invasions récurrentes de réseaux structurés d’exploitants illégaux, notamment à Comide, Boss Mining et Metalkol.

Une enquête publiée en mai 2026 par Africa Intelligence affirme que ces intrusions feraient perdre près de 2 milliards de dollars par an à ERG et entraîneraient également un manque à gagner important pour l’État congolais. Ce dernier est lui-même exposé à travers la Gécamines, actionnaire à hauteur de 49 % dans Boss Mining.

Face à cette situation, le groupe kazakh explore plusieurs pistes afin de tenter de reprendre le contrôle de ses concessions. Le 10 février 2026, ERG a notamment signé un protocole d’accord avec l’Entreprise générale du cobalt (EGC), filiale de la Gécamines chargée d’encadrer l’exploitation artisanale du cobalt en RDC. Ce partenariat vise à transférer progressivement les creuseurs artisanaux vers des zones d’exploitation artisanale (ZEA) spécialement aménagées, afin de les éloigner des concessions industrielles du groupe.

Une autre piste envisagée consisterait à renforcer la coopération avec l’Inspection générale des mines (IGM), dirigée par Raphaël Kabengele. Selon Africa Intelligence, ERG chercherait à s’appuyer sur cette structure pour améliorer la lutte contre les réseaux d’exploitation illégale opérant sur ses concessions.

Le cas de Metalkol illustre particulièrement les tensions autour des actifs miniers du groupe. Des opérateurs extérieurs auraient pris le contrôle d’une partie des résidus miniers contenus dans le bassin exploité par l’entreprise, avec l’appui présumé de réseaux bénéficiant de relais politiques et sécuritaires. ERG affirme que cette situation menace la durée de vie de l’exploitation et pourrait entraîner plusieurs milliards de dollars de pertes de revenus.

Dans ce contexte, la recomposition de l’actionnariat d’ERG ne se limite pas à une opération interne au groupe. Elle intervient à un moment où ses actifs congolais sont soumis à une triple pression : géopolitique, fiscale et sécuritaire.

Pour Kinshasa, l’enjeu sera de vérifier si le nouvel équilibre actionnarial permettra au groupe de stabiliser ses investissements, de respecter ses engagements industriels et de mieux sécuriser ses opérations. Pour ERG, la RDC reste un pilier stratégique, mais aussi l’un de ses terrains d’opération les plus exposés.

Timothée Manoke

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Les Lignes maritimes congolaises (LMC SA) and Société congolaise de transport maritime (SOCOTRAM) signed an agreement on May 26, 2026, in Kinshasa to launch a joint feeder and coastal shipping service between the ports of Pointe-Noire and Matadi.

According to LMC SA, the partnership marks the start of a joint service aimed at strengthening maritime and trade integration between the Democratic Republic of Congo and the Republic of Congo. The service is expected to facilitate the transhipment of containers between Pointe-Noire, Congo-Brazzaville’s main seaport, and Matadi, the DRC’s main Atlantic gateway.

LMC’s five-year recovery plan

For LMC SA, the agreement comes as the state-owned shipping company seeks to implement its 2023-2027 recovery plan. The plan targets an increase in market share from 0.3% in 2021 to 2% by 2027, with transported volumes projected to rise from 45,000 metric tons to 395,195 metric tons.

In recent months, the company has taken steps to reposition itself through ship acquisition projects and by signalling interest in handling Congolese freight transiting through Dar es Salaam. The partnership with SOCOTRAM could allow LMC to resume maritime operations before completing its fleet renewal programme.

According to LMC, the joint service forms part of wider efforts to modernize the Congolese maritime sector and strengthen bilateral cooperation between Kinshasa and Brazzaville. Operational details, including rotation frequency, vessels to be deployed, targeted volumes and the launch date, have not yet been disclosed.

Matadi’s connectivity challenge

For Matadi, the project is strategically important. The Congolese port is seeking to improve its connectivity with major regional hubs, as Pointe-Noire has emerged as one of Central Africa’s leading logistics platforms.

Speaking at the signing ceremony, LMC SA acting director general Gisèle Mbwansiem Mbiung Mupa described the partnership as combining LMC’s maritime and port expertise with SOCOTRAM’s operational capacity.

Through this signing, our two companies demonstrate that with trust, vision and shared commitment, our countries can jointly develop long-term solutions for regional development,” she said.

SOCOTRAM director general Louis-Gabriel Missatou welcomed what he described as “the beginning of a strong, ambitious and lasting partnership” between the two countries.

Ronsard Luabeya

Les Lignes maritimes congolaises (LMC SA) et la Société congolaise de transport maritime (SOCOTRAM) ont signé, le 26 mai 2026 à Kinshasa, un contrat d’exploitation d’un service commun de feedering-cabotage entre les ports de Pointe-Noire et de Matadi.

Selon LMC SA, cet accord marque le lancement effectif d’un service conjoint destiné à renforcer l’intégration maritime et commerciale entre la République démocratique du Congo et la République du Congo. Le dispositif doit permettre d’organiser le transport de conteneurs en transbordement entre Pointe-Noire, principal port maritime du Congo-Brazzaville, et Matadi, principale porte maritime de la RDC sur l’Atlantique.

Pour LMC SA, ce contrat intervient alors que l’armateur public cherche à redonner un contenu opérationnel à son plan de relance quinquennal 2023-2027. Ce plan vise notamment à faire passer la part de marché de l’entreprise de 0,3 % en 2021 à 2 % en 2027, soit une progression du volume transporté de 45 000 tonnes à 395 195 tonnes.

Ces derniers mois, l’entreprise a multiplié les signaux de repositionnement, notamment avec ses projets d’acquisition de navires et son intérêt pour le fret congolais transitant par Dar es-Salaam. Le partenariat avec SOCOTRAM pourrait ainsi permettre à LMC de reprendre pied dans l’exploitation maritime sans attendre la reconstitution complète de sa flotte.

Selon LMC, le service commun s’inscrit dans une dynamique de modernisation du secteur maritime congolais et de renforcement de la coopération bilatérale entre Kinshasa et Brazzaville. Les détails opérationnels — fréquence des rotations, navires mobilisés, volumes ciblés et calendrier de démarrage effectif — n’ont pas encore été précisés.

Pour Matadi, l’enjeu est important. Le port congolais cherche à améliorer sa connectivité avec les grandes plateformes régionales, dans un contexte où Pointe-Noire s’est imposé comme l’un des hubs logistiques majeurs d’Afrique centrale.

Dans son allocution, la directrice générale ad intérim de LMC SA, Gisèle Mbwansiem Mbiung Mupa, a présenté ce partenariat comme l’association de « deux forces complémentaires » : l’expérience maritime et portuaire de LMC et la capacité de SOCOTRAM à « impulser le changement ».

« À travers cette signature, nos deux entreprises démontrent qu’avec de la confiance, de la vision et une volonté partagée, nos pays peuvent construire ensemble des solutions durables au service du développement régional », a-t-elle déclaré.

De son côté, le directeur général de la SOCOTRAM, Louis-Gabriel Missatou, a salué « le début d’une coopération forte, ambitieuse et porteuse d’avenir » entre les deux pays.

Ronsard Luabeya

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Bienvenu Bolangi has become the first Congolese player to enter the ATP rankings, marking a milestone for tennis in the Democratic Republic of Congo. The 25-year-old earned his place in the professional rankings after two victories at a tournament in the neighbouring Republic of Congo.

At Cercle Elaïs, a tennis club in Kinshasa's Gombe district, Bolangi moved quietly through a morning training session on May 26, repeating baseline drills and serve routines with measured focus.

Ranked 1,565th in the world, Bolangi knows he still has a long way to go. But he remains focused on improving and establishing himself on the international circuit.

"My biggest dream is to play in the Roland Garros qualifiers, win a round and become the first Congolese player to compete there," he said.

Born in Goma, in North Kivu province, Bolangi built his career largely away from the spotlight. Before entering the ATP rankings, he had already collected more than 20 titles across various competitions.

We Act de Rawbank

His journey has also been shaped by difficult moments, including the capture of Goma by M23 rebels in January 2025, which disrupted his routine and forced him to adapt. Like many athletes facing instability, he chose to continue pursuing his ambitions.

After that period, he spent time in Europe, where he worked to better structure his career and gain access to higher-level tournaments. The move brought him closer to the professional circuit.

He later competed in his first professional tournament in Angola. He lost in the opening round. The result was modest, but he drew lessons from it for his continued progress.

His entry into the ATP rankings represents more than a personal achievement. It marks an important step for Congolese tennis, a sport that is still developing in the country but showing growing potential.

As an ambassador for Rawbank's We Act programme, Bolangi is also active off the court. He encourages young people to believe in their ambitions and develop their skills.

"Every young person with a dream in entrepreneurship or in sports, I invite them to join the programme to bring their projects to life," he said, convinced that hard work and opportunity can change lives.

Ronsard Luabeya

Premier Congolais à intégrer le classement ATP, Bienvenu Bolangi, 25 ans, marque une étape historique pour le tennis en République démocratique du Congo. Son entrée dans le classement mondial des joueurs professionnels fait suite à deux victoires obtenues lors d’un tournoi organisé en République du Congo, un résultat qui lui permet de franchir un cap important dans son parcours.

En ce 26 mai 2026, c’est au Cercle Elaïs, dans la commune de la Gombe, à Kinshasa, que le joueur poursuit sa préparation. Dans une atmosphère calme, raquette en main, il répète ses gammes, concentré sur chaque geste.

Classé 1 565ᵉ mondial, Bienvenu Bolangi sait que le chemin reste long. Mais son regard demeure tourné vers l’essentiel : progresser et s’installer durablement sur le circuit international.

« Mon plus grand rêve est de jouer les qualifications de Roland-Garros, passer un tour et devenir le premier Congolais à y participer », confie-t-il.

Originaire de Goma, dans la province du Nord-Kivu, Bienvenu Bolangi a construit son parcours loin des projecteurs. Avant d’atteindre ce niveau, il compte déjà plus d’une vingtaine de titres remportés dans différentes compétitions.

We Act de Rawbank

Son histoire sportive est aussi marquée par des moments difficiles, notamment les événements liés à la prise de Goma par le M23 en janvier 2025, qui ont bouleversé son environnement et ses repères. Comme beaucoup d’athlètes confrontés à l’instabilité, il a choisi de continuer à avancer.

Après cette période, il passe par l’Europe, où il tente de structurer davantage son parcours et d’accéder à des compétitions plus relevées. Cette transition lui permet de se rapprocher progressivement du circuit professionnel.

Il dispute ensuite sa première compétition professionnelle en Angola. L’expérience est brève, puisqu’il s’incline dès le premier tour. Un résultat modeste, mais formateur, qui ne freine pas sa motivation. Au contraire, il en tire des enseignements pour la suite de sa progression.

Aujourd’hui, son entrée dans le classement ATP dépasse sa seule trajectoire individuelle. Elle représente un signal pour le tennis congolais, encore en construction, mais porteur de potentiel.

Ambassadeur du programme We Act de Rawbank, Bienvenu Bolangi s’engage aussi en dehors des courts. Il encourage les jeunes à croire en leurs projets et à développer leurs compétences.

« Tout jeune qui a un rêve en entrepreneuriat ou dans le sport, je les invite à rejoindre le programme pour concrétiser leurs projets », affirme-t-il, convaincu que le travail et l’opportunité peuvent changer des trajectoires.

Ronsard Luabeya

Democratic Republic of Congo President Felix Tshisekedi instructed the government on May 22 to accelerate work on a new national forest policy and produce, within 30 days, an interministerial road map for the management of forest and environmental resources.

The initiative forms part of Kinshasa’s strategy to leverage the country’s vast forest resources to attract more climate financing, strengthen its diplomatic position and reinforce its role in the global energy transition.

The DRC holds around 60% of the Congo Basin rainforest, the world’s second-largest tropical forest after the Amazon. The country also possesses substantial reserves of critical minerals needed for the energy transition. It is the world’s leading cobalt producer, with 220,000 tonnes produced in 2024, representing 76% of global output, and the second-largest copper producer, with nearly 3.5 million tonnes produced in 2025. The country is also a major producer of coltan, with the Rubaya site alone accounting for around 15% of global production.

Those resources place the DRC at the center of global discussions on climate and energy security. Tshisekedi, however, said that position could not gain lasting international credibility without stronger forest governance based on transparency, accountability, respect for local communities and coherent public policies.

Governance challenges remain

Kinshasa has for several years sought to capitalize on its forest resources in discussions with international donors, multilateral institutions and investors specializing in low-carbon projects. In June 2025, the World Bank announced the disbursement of $19.47 million to the DRC under the Forest Carbon Partnership Facility in exchange for reducing 3.89 million tonnes of carbon emissions in Mai-Ndombe province.

That ambition nevertheless faces persistent challenges. International partners regularly cite weaknesses in governance, institutional coordination, legal certainty and transparency in project implementation. The new forest policy is intended to address those concerns through a cross-ministerial road map.

According to the minutes of the Council of Ministers meeting, the road map will cover priorities including forest governance, environmental monitoring systems, community forest concessions and the principle of free, prior and informed consent.

Tshisekedi also wants to integrate the Kivu-Kinshasa Green Corridor project into the new framework. Authorities present the initiative as a strategic program combining forest conservation, local development and green transition objectives.

The president further stressed that environmental governance standards are becoming increasingly important in international financing mechanisms and in the investment criteria used by industrial and financial partners.

Against that backdrop, the government plans to coordinate forest policy with strategic sectors including mining, agriculture, infrastructure, energy, finance and land-use planning. The approach is also intended to attract ESG-focused investment, as environmental, social and governance standards play a growing role in global capital allocation decisions.

Pierre Mukoko & Boaz Kabeya

Le président Félix Tshisekedi veut repositionner la gouvernance forestière de la République démocratique du Congo au cœur de la stratégie économique du pays. Lors de la 90ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres du 22 mai 2026, le chef de l’État a demandé au gouvernement d’accélérer la finalisation de la nouvelle politique forestière nationale et d’élaborer, dans un délai de 30 jours, une feuille de route interministérielle sur la gestion des ressources forestières et environnementales.

L’objectif affiché est de faire des forêts congolaises un actif stratégique capable d’attirer davantage de financements climatiques, de renforcer la position diplomatique de la RDC et de soutenir son ambition de « pays-solution » face à la transition énergétique mondiale.

La RDC abrite environ 60 % des forêts du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète après l’Amazonie. Le pays possède aussi un potentiel considérable en minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale. Il est notamment le premier producteur mondial de cobalt, avec 220 000 tonnes produites en 2024, soit 76 % de la production mondiale, ainsi que le deuxième producteur mondial de cuivre, avec près de 3,5 millions de tonnes produites en 2025. Le pays est aussi un important producteur de coltan. Le seul site de Rubaya représenterait environ 15 % de la production mondiale.

Cette réalité confère à la RDC un rôle naturel de « pays-solution » face à la transition énergétique mondiale. Pour Félix Tshisekedi, ce leadership ne pourra toutefois être durablement reconnu sans « une gouvernance forestière exemplaire, fondée sur la transparence, la redevabilité, le respect des communautés locales ainsi que la cohérence des politiques publiques ».

Depuis plusieurs années, Kinshasa cherche à valoriser son capital forestier auprès des bailleurs internationaux, des institutions multilatérales et des investisseurs spécialisés dans les projets bas carbone. En juin 2025, la Banque mondiale a annoncé un décaissement de 19,47 millions de dollars en faveur de la RDC dans le cadre du Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), en contrepartie de la réduction de 3,89 millions de tonnes d’émissions de carbone dans la province du Mai-Ndombe.

Gouvernance à renforcer

Cette volonté se heurte toutefois à plusieurs défis. Les partenaires internationaux pointent régulièrement des faiblesses liées à la gouvernance, à la traçabilité des projets, à la coordination institutionnelle et à la sécurité juridique. La nouvelle politique forestière vise à répondre à ces critiques à travers une feuille de route impliquant plusieurs ministères.

Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette feuille de route devra intégrer plusieurs priorités, notamment la gouvernance forestière, les mécanismes de surveillance environnementale, les concessions forestières des communautés locales (CFCL) ainsi que le principe du consentement libre, informé et préalable (CLIP).

Le chef de l’État souhaite également intégrer le projet du Couloir vert Kivu-Kinshasa dans cette nouvelle dynamique. Ce programme est présenté par Kinshasa comme une initiative stratégique combinant conservation des forêts, développement local et transition verte.

Félix Tshisekedi a aussi souligné que les enjeux liés à la gouvernance environnementale prennent une place croissante dans les mécanismes internationaux de financement et dans les critères d’investissement appliqués par plusieurs partenaires financiers et industriels.

Dans cette perspective, le gouvernement prévoit d’articuler la politique forestière avec plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, les finances et l’aménagement du territoire. Cette approche vise aussi à attirer des investissements dits « responsables », de plus en plus sensibles aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

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