The Democratic Republic of Congo faces a potential double supply shock in its beef market, following the suspension of livestock imports from South Africa and disruptions along the Kasumbalesa corridor, a key transit route between Zambia and southeastern Congo.
The Congolese Ministry of Fisheries and Livestock announced on Feb. 26, 2026, that it was suspending imports of cattle and other cloven-hoofed livestock, as well as certain related products, citing a resurgence of foot-and-mouth disease in South Africa. Import permits have been canceled or suspended, and veterinary checks tightened at border posts. The ministry said it is monitoring developments in South Africa.
At the same time, Zambia has begun exporting beef to the Congolese market. President Hakainde Hichilema announced the first shipment to the DRC on Oct. 14, 2025. According to the Daily Mail, the initial consignment, valued at $62,635, forms part of a national strategy to raise beef exports to $1 billion by 2030. The DRC and Angola have been identified as priority markets. Farmers are expected to receive about $4.5 per kilogram, with final market prices estimated at around $9 per kilogram.
To ensure exports meet health standards, the Zambian presidency said small-scale farmers have been integrated into a system aligned with export requirements. Cattle undergo at least one month of quarantine before being slaughtered in licensed abattoirs. The veterinary department certifies that animals are disease-free through Animal Disease-Free Compartments (ADFC), supported by accredited laboratories including the National Livestock Epidemiology and Information Centre (NALEIC), as well as private partners overseeing pre-export health surveillance.
However, the main transport route used for these shipments is currently disrupted. ZNBC reported that the first consignment, slaughtered in Kalomo in October 2025, was transported to the DRC via the Kasumbalesa border post. Traffic along this route has been affected since the night of Feb. 28, 2026, after the Kakoso bridge collapsed following heavy rains, according to the Road Development Agency. The agency said work is underway to build a temporary bypass and restore traffic.
Timothée Manoke
The Ministry of Finance of the Democratic Republic of Congo (DRC) on March 1, 2026 launched a program to help businesses comply with the new standardized invoicing system, according to a statement issued on Feb. 28.
The initiative is designed to support access to electronic fiscal devices (EFDs), which are required under the reform. The General Directorate of Taxes (DGI) is overseeing the rollout.
Under the new system, standardized invoices must be issued through secure electronic fiscal devices directly connected to the tax authorities.
The government will distribute 4,000 EFDs free of charge to eligible businesses, on a first-come, first-served basis while supplies last. Companies receiving the devices will be responsible for activation, training, maintenance and technical support.
The ministry urged businesses to take part in the modernization and digitization of invoicing practices, adding that the reform is intended to strengthen tax compliance.
To qualify, businesses must be registered for VAT and must not have any permanent or temporary exemption from using EFDs. Applicants may request either one Invoicing Unit (IU) or up to two Invoicing Control Modules (ICM). They must also formally commit to complying with regulations requiring the issuance of standardized invoices.
Applications must be signed, stamped and submitted through the Ministry of Finance’s online platform. They must include the company’s legal name, tax identification number (TIN), the type of EFD requested, the full address of the head office, telephone contact details and an email address. Applicants will receive details on how to collect the devices within five business days.
Ronsard Luabeya
Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé, à partir du 1er mars 2026, un programme destiné à accompagner les opérateurs économiques dans leur mise en conformité avec la réforme de la facture normalisée, selon un communiqué officiel daté du 28 février 2026. Cette initiative vise à faciliter l’acquisition d’un dispositif électronique fiscal (DEF) physique.
Dans le cadre de cette réforme portée par la Direction générale des impôts (DGI), la facture normalisée est présentée comme un document commercial électronique sécurisé, émis à l’aide d’un DEF directement relié à l’administration fiscale.
Selon le communiqué, le programme d’accompagnement met à disposition des opérateurs un lot de 4 000 DEF gratuits, attribués selon le principe du premier arrivé, dans la limite du stock disponible. Le ministère précise toutefois que les services après-vente liés à ces dispositifs — activation, formation, maintenance et assistance technique — restent à la charge de l’entreprise bénéficiaire.
Le ministère des Finances invite les opérateurs à saisir cette opportunité pour s’inscrire dans une dynamique de modernisation et de digitalisation des pratiques de facturation et de renforcement du civisme fiscal.
Pour être éligibles, les opérateurs doivent être régulièrement assujettis à la TVA, ne bénéficier d’aucune dérogation permanente ou temporaire relative à l’utilisation du DEF et introduire une demande portant soit sur une Unité de facturation (UF), soit, au maximum, sur deux Modules de contrôle de facturation (MCF). Les candidats doivent également s’engager formellement à respecter l’obligation de délivrance de la facture normalisée conformément à la réglementation en vigueur.
La demande, dûment signée et cachetée, doit être transmise via la plateforme du ministère des Finances. Elle doit obligatoirement mentionner la dénomination sociale de l’entreprise, son numéro d’identification fiscale (NIF), le type de DEF sollicité, l’adresse complète du siège social ainsi que les coordonnées téléphoniques et l’adresse électronique de contact. Une réponse précisant les modalités de retrait sera communiquée dans un délai de cinq jours ouvrables.
Ronsard Luabeya
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La RDC fait face à un double choc potentiel d’approvisionnement sur le marché de la viande bovine : d’une part, la suspension des importations de bétail et de produits associés en provenance d’Afrique du Sud ; d’autre part, la perturbation du corridor zambien de Kasumbalesa, principal axe d’acheminement entre la Zambie et le sud-est congolais.
La suspension a été annoncée le 26 février 2026 par le ministère congolais de la Pêche et de l’Élevage. Elle concerne les importations de bovins, d’autres ongulés domestiques ainsi que certains produits dérivés, invoquant une résurgence de la fièvre aphteuse en Afrique du Sud. Les permis d’importation ont été annulés ou suspendus et les contrôles vétérinaires renforcés aux postes frontaliers. Le ministère indique suivre l’évolution de la situation sanitaire sud-africaine.
Dans le même temps, la Zambie a lancé ses premières exportations officielles de bœuf vers le marché congolais. Le président zambien Hakainde Hichilema avait annoncé, dès le 14 octobre 2025, l’exportation du premier lot vers la RDC. D’après le Daily Mail, ce premier envoi, évalué à 62 635 dollars, s’inscrit dans un objectif national visant 1 milliard de dollars d’exportations de bœuf à l’horizon 2030, la RDC et l’Angola étant identifiés comme marchés prioritaires. Les éleveurs doivent percevoir 4,5 dollars par kilogramme, pour un prix de chaîne de valeur estimé à 9 dollars par kilogramme.
Pour garantir la conformité sanitaire des lots exportés, la présidence zambienne indique que les petits éleveurs sont intégrés à un dispositif répondant aux normes d’exportation. Les bovins sont soumis à une quarantaine d’au moins un mois avant abattage dans des abattoirs agréés. Le département vétérinaire est chargé d’attester l’absence de maladies via les Animal Disease-Free Compartments (ADFC), appuyés par des laboratoires vétérinaires accrédités, dont le National Livestock Epidemiology and Information Centre (NALEIC), ainsi que par des partenaires privés assurant la surveillance sanitaire préalable à l’exportation.
Mais l’axe logistique utilisé pour ces flux est actuellement perturbé. Selon la chaîne publique ZNBC, le premier lot exporté en octobre 2025 a été abattu à Kalomo puis acheminé vers la RDC via le poste-frontière de Kasumbalesa. Or, cet itinéraire est affecté depuis la nuit du 28 février 2026, après l’effondrement du pont de Kakoso sous l’effet de fortes pluies, d’après une communication de la Road Development Agency (RDA). L’agence indique que des travaux sont en cours pour aménager une voie temporaire afin de rétablir la circulation.
Timothée Manoke
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DRC President Félix Tshisekedi has appointed Baraka Kabemba as director general of state miner Gecamines, nearly three weeks after the first meeting of the Joint Steering Committee overseeing the strategic partnership between Kinshasa and Washington, held on Feb. 5 in Washington.
A chartered accountant, Kabemba will play a central role in implementing the partnership signed on Dec. 4, 2025. He contributed to the agreement as a member of the strategic coordination unit set up in May 2025 to oversee negotiations and execution.
Kabemba, who has pledged “total commitment,” takes over as Gecamines is expected to drive the agreement’s rollout. The company holds multiple mining permits and stakes in producing joint ventures, with the partnership focused on critical minerals.
Under the agreement, the DRC and its state-owned enterprises will use their marketing rights, based on existing holdings and contracts, to allocate offtake volumes to the U.S. market. U.S. companies and their partners are granted a right of first offer.
According to Innogence Consulting, Gecamines’ portfolio could enable it to channel up to 250,000 tonnes of copper, 12,000 tonnes of cobalt and 100,000 tonnes of zinc annually to the United States starting this year. The initiative has been under way for several months and is expected to continue under the new management team.
Governance
Gecamines has already secured agreements entitling it to market part of the output from its joint ventures. It is also working with commodity trader Mercuria to establish a mineral trading subsidiary. The initiative has drawn interest from the U.S. International Development Finance Corporation.
The agreement calls for greater transparency from state-owned enterprises, including a review of the beneficial ownership and management structures of state mining companies. It also requires broader disclosure of state holdings in mining projects.
Beyond production volumes, Gecamines is expected to make its capital structure and governance framework more transparent and investor friendly, particularly for partners linked to the U.S. strategic initiative. American companies seeking exposure to Congolese mining assets may form joint ventures with the state miner.
Among 25 assets presented to potential investors, Gecamines has included several mines, notably Mutoshi, operated by Chemaf. The copper and cobalt producer has been heavily indebted and up for sale since 2023, though a transaction has yet to be finalized. Former Gecamines chairman Guy Robert Lukama publicly expressed interest in the asset and reportedly considered a resale while retaining up to a 25% stake, according to Bloomberg.
Another Congolese company, Buenassa, has proposed integrating Mutoshi into a broader refinery project to accelerate vertical integration from extraction to refining, trading and strategic storage. Lukama reportedly showed limited interest in that proposal. With the leadership change, Gecamines’ position on the asset is now under scrutiny.
Big Four background
Kabemba’s profile is likely to reassure investors. A business engineer specializing in financial management and a graduate of ICHEC in Brussels, he is a certified chartered accountant with more than 22 years’ experience in audit and consulting at major international firms.
He began his career at PricewaterhouseCoopers in Belgium in 2001 and joined Ernst & Young in 2012, becoming partner in charge of consulting for Central Africa, covering CEMAC and the DRC, in 2021. Ernst & Young has previously advised Gecamines.
Running the country’s largest mining company, however, requires more than technical expertise. It also demands political acumen. Observers say that dimension may rest more with Deogratias Ngele Masudi, who was appointed chairman of the board on the same day. A former secretary general of Gecamines until 2021 and former justice minister, he is familiar with the company’s internal dynamics.
Reviving Gecamines, which Mines Minister Louis Watum Kabamba has said should evolve from a holding structure into an operational mining company, will require balancing technical reform with political management, particularly on governance.
Pierre Mukoko & Ronsard Luabeya
Près de trois semaines après la première réunion du Comité de pilotage conjoint (CPC) du partenariat stratégique entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis, tenue à Washington le 5 février dernier, le président Félix Tshisekedi a nommé Baraka Kabemba directeur général de la Générale des carrières et des mines (Gécamines). Cette nomination place l’expert-comptable au centre des enjeux liés à la mise en œuvre de ce partenariat, signé le 4 décembre 2025. Un accord auquel il a contribué en tant que membre de la cellule de coordination stratégique chargée du suivi des négociations et de la mise en œuvre, mise en place en mai 2025.
Baraka Kabemba, qui promet « un engagement total », le sait : détenteur de plusieurs permis miniers et actionnaire de plusieurs coentreprises minières en production, la Gécamines est appelée à jouer un rôle clé dans la matérialisation de cet accord, axé notamment sur les minerais critiques. Le texte prévoit notamment que « la RDC et ses entreprises publiques utiliseront leurs droits de commercialisation (fondés sur leurs participations et accords) afin de donner accès à des contrats d’enlèvement (offtake) et d’approvisionner le marché américain », en offrant aux acteurs américains ou à leurs alliés « un droit de première offre ».
Selon les calculs du cabinet Innogence Consulting, les participations de la Gécamines lui donneraient potentiellement la capacité d’orienter vers les États-Unis, dès cette année, 250 000 tonnes de cuivre, 12 000 tonnes de cobalt et 100 000 tonnes de zinc. Un chantier sur lequel l’entreprise est engagée depuis plusieurs mois et que devra poursuivre la nouvelle direction.
Gouvernance
La société a déjà conclu plusieurs accords lui garantissant la commercialisation d’une partie de la production de ses coentreprises. Elle travaille, en partenariat avec le négociant de matières premières Mercuria, à la mise en place d’une filiale dédiée au trading de minerais. Une initiative qui a suscité l’intérêt de l’agence publique américaine de financement du développement, la U.S. International Development Finance Corporation (DFC).
L’accord attend aussi des entreprises publiques un effort de lisibilité accru en matière de gouvernance et de participations. Il prévoit par exemple un examen de la « propriété effective et de la structure de direction » des entreprises publiques minières et demande que la RDC s’efforce de fournir des informations générales sur les participations des entreprises publiques dans les projets miniers.
En clair, au-delà des volumes, la Gécamines est attendue sur un second chantier : rendre ses structures et ses positions au capital plus transparentes et plus attractives pour les investisseurs liés au partenariat stratégique. Les entreprises américaines intéressées à investir dans le secteur minier congolais pourraient, en effet, être amenées à constituer des coentreprises avec la Gécamines.
Dans la liste initiale de 25 actifs présentés à ces investisseurs, la Gécamines compte plusieurs mines, dont celle de Mutoshi, exploitée par Chemaf. Endetté, ce producteur de cuivre et de cobalt est en vente depuis 2023, mais le processus peine à aboutir. L’ex-président du conseil d’administration de la Gécamines, Guy Robert Lukama, n’a pas caché son intérêt pour cette compagnie. Selon Bloomberg, son idée aurait été de la revendre en ne conservant qu’une participation maximale de 25 %.
Produit du big 4
Une autre entreprise congolaise, Buenassa, propose plutôt d’en faire un levier « d’accélérer l’intégration verticale : de l’extraction au raffinage, au négoce et au stockage stratégique », en intégrant cet actif à son projet de construction d’une raffinerie. Une proposition à laquelle Guy Robert Lukama aurait accordé peu d’attention. Avec le changement de direction, la position de la Gécamines sur ce dossier est scrutée.
Une chose est cependant certaine : le profil de Baraka Kabemba est de nature à rassurer les investisseurs. Ingénieur commercial, option gestion financière, diplômé de l’ICHEC à Bruxelles, il est également expert-comptable agréé et cumule plus de 22 ans d’expérience en audit et conseil, acquise au sein de grands cabinets internationaux. Il a commencé sa carrière chez PricewaterhouseCoopers (PwC) en Belgique en septembre 2001, avant de rejoindre Ernst & Young (EY) en octobre 2012, où il a gravi les échelons jusqu’à devenir, en septembre 2021, associé en charge des activités de conseil en Afrique centrale (CEMAC + RDC). EY a par ailleurs conseillé la Gécamines à plusieurs reprises.
Mais, hier comme aujourd’hui, la gestion de la plus grande entreprise minière du pays ne requiert pas seulement des compétences techniques. Elle appelle aussi un doigté politique. Pour plusieurs observateurs, cet aspect devrait davantage relever de Deogratias Ngele Masudi, nommé le même jour président du conseil d’administration de la Gécamines. Ancien secrétaire général de l’entreprise jusqu’en 2021 et ex-ministre de la Justice, il connaît bien la maison.
Pour donner un nouveau souffle à la Gécamines — que le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, dit vouloir voir évoluer vers un opérateur minier plutôt qu’une simple société de participations — le défi sera de trouver le bon équilibre entre enjeux techniques et politiques, notamment en matière de gouvernance.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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The U.S. Department of the Treasury on Monday imposed sanctions on the Rwanda Defence Force (RDF) and four senior military officials, accusing them of supporting the March 23 Movement (M23) rebel group in eastern Democratic Republic of Congo.
The sanctions were announced by the Treasury’s Office of Foreign Assets Control (OFAC) as part of U.S. measures targeting those Washington says are undermining peace and stability in eastern Congo.
The Treasury said the Rwandan army provides direct military, logistical and technological support to M23, a rebel group under U.S. sanctions since 2013 and also subject to United Nations sanctions. It said the support had enabled M23 offensives and helped the group consolidate control in several parts of eastern Congo, including Goma and Bukavu, as well as Rubaya, a strategic mining hub.
U.S. authorities cited the deployment of advanced military equipment, including GPS jamming systems, air defence equipment and drones, and said Rwandan troops were present on the ground.
The Treasury said the operations were linked to serious human rights abuses committed by M23, including summary executions and violence against civilians.
The sanctions come after the Dec. 4, 2025 signing in Washington of the Washington Accords for Peace and Prosperity between Congo and Rwanda under U.S. mediation. The United States views continued offensives as inconsistent with commitments made under that agreement, according to the Associated Press.
In addition to the RDF, the Treasury designated four senior officers: Vincent Nyakarundi, identified as army chief of staff; Ruki Karusisi, a major general; Mubarakh Muganga, chief of defence staff; and Stanislas Gashugi, described as a special forces commander.
Under the sanctions, all property and interests in property of the designated individuals and entities in the United States or in the possession or control of U.S. persons are blocked. U.S. persons are generally prohibited from engaging in transactions with them, and entities owned 50% or more by designated persons are also subject to the measures.
The Treasury said financial institutions and other businesses, including non-U.S. entities, could face sanctions if they engage in or facilitate transactions that violate or evade the restrictions. It said the measures are intended to change behaviour and that removal from the sanctions list is possible if conditions are met.
Rwanda’s government condemned the sanctions as “unjust” and accused Washington of taking a biased view of the conflict.
Boaz Kabeya
Le département du Trésor des États-Unis a annoncé, le 2 mars 2026, une nouvelle série de sanctions visant les Rwanda Defence Force (RDF) et quatre hauts responsables militaires. La décision, prise par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), s’inscrit dans le cadre des mesures américaines contre les acteurs accusés de menacer la paix et la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon le Trésor américain, l’armée rwandaise apporterait un appui direct au Mouvement du 23 mars (M23), un groupe armé déjà sanctionné par les États-Unis depuis 2013 et également visé par des sanctions onusiennes. Washington affirme que ce soutien — militaire, logistique et technologique — a contribué aux offensives du M23 et à sa consolidation sur plusieurs zones de l’est congolais, dont Goma, Bukavu et Rubaya, présenté par le Trésor comme un hub minier stratégique.
Les autorités américaines évoquent le déploiement d’équipements militaires avancés — dont des capacités de brouillage GPS, des moyens de défense aérienne et des drones — ainsi que la présence de soldats rwandais sur le terrain.
Le Trésor américain estime que ces opérations ont été associées à de graves violations des droits humains attribuées au M23, notamment des exécutions sommaires et des violences contre des civils.
Ces sanctions interviennent après la signature, le 4 décembre 2025, des Washington Accords for Peace and Prosperity entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine. Selon l’Associated Press, les États-Unis considèrent que la poursuite des offensives constitue une remise en cause des engagements pris dans ce cadre.
Outre l’institution militaire, quatre officiers supérieurs sont sanctionnés individuellement : Vincent Nyakarundi (chef d’état-major de l’armée), Ruki Karusisi (major général), Mubarakh Muganga (chef d’état-major des forces de défense) et Stanislas Gashugi (commandant des forces spéciales).
Concrètement, tous les biens et intérêts détenus par les personnes et entités sanctionnées aux États-Unis — ou sous contrôle de ressortissants américains — sont gelés. Toute transaction impliquant ces acteurs est interdite, sauf dérogation accordée par l’OFAC. Les entités détenues à 50 % ou plus par des personnes désignées sont également concernées.
Le Trésor rappelle que les institutions financières et les entreprises, y compris non américaines, s’exposent à des sanctions en cas de violation ou de contournement des mesures. Washington précise toutefois que l’objectif n’est pas punitif mais vise un changement de comportement, une radiation demeurant possible sous conditions. Kigali a dénoncé des sanctions qu’il juge « injustes » et accusant une lecture biaisée du conflit.
Boaz Kabeya
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The Democratic Republic of Congo (DRC) has announced tighter environmental oversight of its mining sector. Minutes from the Feb. 27, 2026 Council of Ministers meeting show that the environment and mines ministers have been instructed to set up a joint expert task force. The body will propose measures to improve coordination and ensure consistent enforcement across oversight agencies.
The initiative aims to address deficiencies identified during recent inspections and strengthen environmental monitoring. Teams deployed to Lualaba and Haut-Katanga reported serious compliance failures at several companies, as well as systemic weaknesses in oversight structures, including shortcomings within technical departments responsible for supervision.
The move forms part of commitments made by the DRC to the International Monetary Fund (IMF) under the Resilience and Sustainability Facility (RSF) of its three-year programme launched in 2025. An IMF report published in January 2026 said the government must reinforce environmental and social safeguards in the mining sector to better manage its impact on forests and vulnerable communities. Planned reforms include strengthening the legal framework, publishing environmental and social impact assessments, and conducting ex-post environmental audits of mining projects.
On Jan. 30, the Ministry of Mines asked companies to submit proof of financial guarantees covering environmental rehabilitation by Feb. 16, 2026. That deadline has now passed, and it remains unclear whether all affected companies have complied.
Boaz Kabeya
En République démocratique du Congo (RDC), un dispositif renforcé de contrôle des normes environnementales est annoncé dans le secteur minier. Selon le compte rendu du Conseil des ministres du 27 février 2026, les ministres de l’Environnement et des Mines ont été chargés de constituer « une commission mixte composée de leurs experts afin de proposer dans les meilleurs délais un dispositif plus efficace susceptible de renforcer la synergie et d’assurer la cohérence des actions menées par les différents mécanismes de contrôle ».
Le compte rendu précise que cette initiative vise à corriger les manquements constatés sur le terrain et à améliorer la surveillance environnementale. Des équipes dépêchées récemment dans le Lualaba et le Haut-Katanga ont relevé des « manquements graves » au sein de plusieurs entreprises, ainsi que des dysfonctionnements « structurels » dans les dispositifs de contrôle, engageant la responsabilité des services techniques impliqués dans la chaîne de supervision.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre des engagements pris par la RDC auprès du Fonds monétaire international (FMI), au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) de son programme triennal débuté en 2025. Le rapport du FMI publié en janvier 2026 indique que le gouvernement doit « renforcer les garanties environnementales et sociales dans le secteur minier afin de gérer activement son impact sur les forêts et les populations les plus vulnérables ». Parmi les mesures prévues figurent le renforcement du cadre juridique, la publication des études d’impact environnemental et social, ainsi que la réalisation d’audits environnementaux ex post des projets miniers.
Le 30 janvier dernier, le ministère des Mines avait demandé aux sociétés minières de transmettre, au plus tard le 16 février 2026, les preuves de constitution des garanties financières destinées à la réhabilitation environnementale de leurs projets. Cette échéance est désormais expirée, sans que l’on sache à ce stade si l’ensemble des entreprises concernées s’est conformé à cette obligation.
Boaz Kabeya
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