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Equipe Publication

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Plantations et Huileries du Congo (PHC), controlled by Kuramo Capital Management with an approximately 76% stake since 2021, plans to build a palm oil refinery.

In an interview with Forbes Afrique magazine published in April 2026, Managing Director Monique Gieskes said the facility is expected to come online within the next two years, pointing to a completion date around 2028.

According to the executive, the project is part of a broader vertical integration strategy. PHC has mainly produced crude palm oil and palm kernel oil, which it sells to refiners in Kinshasa and Kongo Central. The company now plans to refine part of its output while continuing to supply its existing customers with crude oil. This move would allow PHC to capture more value in the domestic market. The planned refinery’s capacity has not been disclosed.

The integration strategy will require higher output. However, data shared by Gieskes indicates stagnation over the past two years. After reaching 80,000 tons in 2023, production is expected to reach 81,000 tons in 2025. PHC nonetheless maintains its target of 100,000 tons by 2026.

The company operates three industrial sites in Boteka (Equateur), Yaligimba (Mongala), and Lokutu (Tshopo). According to management, its concessions span around 106,000 hectares, including 30,000 hectares planted with oil palms. The remaining land offers room for expansion.

PHC also points to genetic research conducted at its CREATY center in Yaligimba. Gieskes referred to experimental seeds described as “albino”, with low beta-carotene content, which could produce a lighter oil directly upon extraction. Management presents this as a promising avenue, though it has not yet been independently validated in publicly available research.

These ambitions come against the backdrop of a structurally undersupplied Congolese market. According to estimates from the United States Department of Agriculture (USDA), national palm oil production stands at around 300,000 tons per year, while demand exceeds 500,000 tons.

Timothée Manoke 

The commissioning of the Katanda cement plant, a project led by Cement Kasai SAS and initially announced for February 2026, did not take place as scheduled and is facing delays due to persistent logistical constraints.

According to a report published by the Kasai Oriental governorate following an April 20, 2026 meeting between company officials and Governor Jean-Paul Mbwebwa, work on the site remains limited to preparatory activities. These include the construction of a living base and administrative facilities, as well as foundations for industrial equipment.

Project officials attribute the delay to difficulties in procuring equipment, compounded by poor road conditions and recent weather.

The governorate said the condition of the Lubumbashi–Mbujimayi road is severely disrupting the transport of materials. Some sections have become nearly impassable, forcing several trucks to turn back, particularly between Nguba and Likasi.

Heavy rains in recent weeks have also slowed work on the site, project managers said.

In response, the company is exploring alternative options to ensure equipment delivery. The Mbujimayi–Kalemie route was assessed, revealing more than 300 kilometers of severely degraded roads requiring rehabilitation.

Cement Kasai SAS is relying on the start of the dry season to resume work while awaiting new equipment. Governor Jean-Paul Mbwebwa reiterated the commitment of provincial authorities to help address the identified obstacles.

Launched in August 2024, the project involves the construction of a cement plant with an annual capacity of 1.2 million tons. The first phase, estimated at $400 million, targets initial production of 300,000 tons per year, with gradual expansion in later phases.

Initially expected in 2026, commissioning of the plant now depends on how quickly logistical constraints are resolved. Infrastructure remains a key factor for large-scale industrial projects in the region.

Ronsard Luabeya

Annoncée pour février 2026, la mise en service de la cimenterie de Katanda, portée par la société Cement Kasaï SAS, n’a pas eu lieu à la date prévue. Le projet accuse un retard, dans un contexte marqué par des contraintes logistiques persistantes.

Selon un compte rendu publié par le gouvernorat du Kasaï oriental à l’issue d’une réunion tenue le 20 avril 2026 entre les responsables de l’entreprise et le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa, l’avancement du chantier reste à ce stade limité aux travaux préparatoires. Ceux-ci portent notamment sur la construction de la base-vie, des infrastructures administratives ainsi que sur la réalisation des fondations destinées à accueillir les équipements industriels.

Les responsables du projet expliquent ce retard par des difficultés d’approvisionnement en équipements, aggravées par l’état des infrastructures routières et les conditions climatiques récentes.

Selon les éléments communiqués par le gouvernorat, la dégradation de la route Lubumbashi–Mbujimayi perturbe fortement le transport des matériels. Certains tronçons sont devenus difficilement praticables, contraignant plusieurs convois de camions à faire demi-tour, notamment entre Nguba et Likasi.

Les fortes pluies enregistrées ces dernières semaines ont également ralenti les travaux sur le site, selon les responsables du projet.

Face à ces contraintes, l’entreprise examine des solutions alternatives pour sécuriser l’acheminement des équipements. Une évaluation de l’axe Mbujimayi–Kalemie a notamment été réalisée, mettant en évidence plus de 300 kilomètres de routes fortement dégradées, nécessitant des travaux de réhabilitation.

Dans ce contexte, Cement Kasaï SAS mise sur le début de la saison sèche pour relancer le chantier, en attendant l’arrivée de nouveaux équipements. De son côté, le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa a réaffirmé l’engagement des autorités provinciales à contribuer à la levée des obstacles identifiés.

Lancé en août 2024, le projet prévoit la construction d’une cimenterie d’une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes. La première phase, estimée à 400 millions de dollars, vise une production initiale de 300 000 tonnes par an, avec une montée en puissance progressive dans les phases suivantes.

Initialement attendue en 2026, la mise en service de l’usine dépend désormais du rythme de résolution des contraintes logistiques, dans une région où les infrastructures de transport restent un facteur déterminant pour les projets industriels de grande envergure.

Ronsard Luabeya

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Plantations et Huileries du Congo (PHC), contrôlée à environ 76,2 % par Kuramo Capital Management depuis 2020, prévoit de se doter de sa propre raffinerie d’huile de palme. Dans un entretien accordé au magazine Forbes Afrique, publié en avril 2026, sa directrice générale, Monique Gieskes (photo), affirme que cette unité « sera opérationnelle dans les deux prochaines années », ce qui situe le projet à l’horizon 2028.

Selon la dirigeante, ce projet s’inscrit dans une stratégie d’intégration complète de la chaîne de valeur. Jusqu’ici, PHC produisait principalement de l’huile de palme brute et de l’huile de palmiste, vendues notamment à des raffineurs basés à Kinshasa et dans le Kongo Central. L’entreprise entend désormais raffiner elle-même une partie de sa production, tout en continuant à approvisionner ses clients actuels en huile brute. Ce choix permettrait à PHC de capter une plus grande part de la valeur ajoutée sur le marché congolais. À ce stade, la capacité de la future raffinerie n’a pas été rendue publique.

Cette intégration suppose toutefois une hausse de la production. Mais les données communiquées par Monique Gieskes montrent une stagnation depuis deux ans. Après avoir atteint 80 000 tonnes d’huile en 2023, la production est annoncée à 81 000 tonnes en 2025. PHC maintient néanmoins son objectif d’atteindre 100 000 tonnes à l’horizon 2026.

L’entreprise dispose de trois sites industriels situés à Boteka (Équateur), Yaligimba (Mongala) et Lokutu (Tshopo). D’après sa directrice générale, ses concessions couvrent environ 106 000 hectares, dont 30 000 hectares plantés en palmiers à huile. Ce foncier encore inexploité est présenté comme un levier potentiel d’expansion.

PHC met également en avant des travaux de recherche génétique menés via son centre CREATY à Yaligimba. Monique Gieskes évoque notamment des semences expérimentales, qu’elle décrit comme « albinos » ou à faible teneur en bêta-carotène, susceptibles de produire une huile plus claire dès l’extraction. Cette innovation est présentée par la direction comme une piste prometteuse, mais elle n’est pas documentée, à ce stade, par une validation scientifique indépendante rendue publique.

Ces ambitions s’inscrivent dans un marché congolais structurellement déficitaire. Selon les estimations du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production nationale d’huile de palme avoisine 300 000 tonnes par an, alors que la demande dépasse les 500 000 tonnes.

Timothée Manoke 

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mercredi, 22 avril 2026 02:39

DRC Advances Plan to Certify Cocoa Exports

The Democratic Republic of Congo is moving to better structure its cocoa exports, with an emphasis on certification standards. Trade Minister Julien Paluku Kahongya said on April 20, 2026, after a meeting with cocoa and coffee exporters, that the country had secured U.S. support to train Congolese experts in certification.

He said the DRC “must no longer depend on external intermediaries that perpetuate the status quo and enable fraud,” without providing further details on the shift.

The move comes as compliance requirements tighten in international markets, particularly in the European Union. EU rules on deforestation-linked products now require exporters to demonstrate traceability and compliance with environmental standards.

Authorities say building local certification expertise is intended to secure access to export markets and strengthen the credibility of Congolese cocoa.

Structural challenges in the sector

This reorganization comes as the sector continues to face structural constraints, particularly in Ituri province.

Data released in October 2023 by the provincial director of the National Office for Agricultural Products of the Congo (ONAPAC) estimate coffee and cocoa production at 10,000 to 15,000 metric tons per season. Officially recorded volumes are far lower, at around 900 metric tons of coffee and nearly 1,000 metric tons of cocoa, according to the same sources cited by the Congolese Press Agency.

This gap is driven by several factors, including insecurity in some production areas, which disrupts farming activity, and limited local processing capacity. Part of Ituri’s cocoa is transported to North Kivu for processing before export.

Boaz Kabeya

The Democratic Republic of Congo has stepped up efforts to expand local participation in the transport of export goods.

In a decision signed on April 17, 2026, the director general of the Private Sector Subcontracting Regulatory Authority (ARSP), Miguel Katemb Kashal, gave foreign transporters 60 days to comply with a requirement to cede at least 50% of their market share to Congolese operators.

"Failing that, client companies are required to immediately terminate contracts with non-compliant transporters," the decision states. It specifically targets the mining sector, which accounts for a significant share of transport activity. After the deadline, any company — mining firms in particular — that continues to work with a non-compliant transporter will face sanctions under the Feb. 8, 2017 subcontracting law, the decision adds. Those sanctions can include a ban on operations.

The 50-50 principle was introduced by a ministerial decree in December 2024 but has yet to be enforced. With this decision, the ARSP is intensifying pressure on mining operators to comply. The stated objective is to rebalance a market dominated by foreign operators, particularly on the mining corridors linking Greater Katanga to regional ports, and retain a greater share of the value generated by the mining sector. Congo exports more than three million tons of copper per year.

On the ground, industry players are warning about the limits of such a rapid rollout. "In 2024, trucks registered in the DRC accounted for less than 5% of import-export transport flows," said a member of the Mining Chamber of the Federation of Congo Enterprises (FEC). "Going from 5% to 50% in 60 days is not realistic, even if the goal remains worthwhile and should ultimately be achieved," the person added. Local transporters also face insurance and compliance constraints that limit their access to international contracts.

Structural constraints

"Foreign transporters dominate the market because they are more competitive," the source said, before raising a pointed question: "Are the Congolese companies being asked to reclaim this market share in 60 days ready to offer their services under the same conditions?"

Regional obstacles compound domestic difficulties. "To enter Zambia, for example, drivers must obtain a visa in advance, limited to 180 days. With turnaround trips, that quota runs out quickly, while drivers from other countries often benefit from visas on arrival," the source said.

The logistical demands of the mining sector present another challenge. "Multiplying transporters for the same cargo increases risks. Quality differences on arrival can lead to a lower price for the product," another industry player said.

Caught between efforts to assert economic sovereignty and operational constraints, the transition to a 50-50 split is likely to be a long-term structural undertaking, whose outcome will depend as much on business climate reforms as on regulatory capacity. Several Congolese entrepreneurs prefer to register their companies in Zambia, Tanzania or South Africa, where business conditions are more favorable, according to multiple accounts.

Pierre Mukoko

Abu Dhabi-based Etihad Airways announced on April 17, 2026, that it will add new African destinations as part of a network expansion. Kinshasa and Lubumbashi will join its network from March 2027.

The first flight to Kinshasa is scheduled for March 18, 2027, with three weekly flights. Lubumbashi will be served via an Abu Dhabi–Harare–Lubumbashi route starting March 24, 2027, also with three weekly flights.

Etihad cited growing demand for air connectivity in Africa, particularly in trade and cargo, as the main driver of the expansion. “Demand for air connectivity in key African markets exceeds supply, particularly in cargo and trade. This expansion directly addresses that gap,” Chief Executive Antonoaldo Neves said.

The announcement comes as economic ties between the Democratic Republic of Congo and the United Arab Emirates strengthen. In February 2026, the two countries signed a Comprehensive Economic Partnership Agreement. According to the Congolese presidency, the agreement opens the Emirati market to around 6,000 Congolese products and cuts certain customs duties for Congolese operators.

In this context, the new Etihad service could support trade flows between the DRC and the UAE, particularly for high-value goods or time-sensitive shipments. The airline added that all new routes will offer cargo capacity.

The move is part of a broader goal to raise bilateral trade to $10 billion by 2030. According to Congolese authorities, trade between the two countries rose from $1.2 billion in 2020 to $4.5 billion in 2024.

Timothée Manoke

La compagnie émiratie Etihad Airways a annoncé, le 17 avril 2026, l’ouverture de nouvelles destinations africaines dans le cadre de l’expansion de son réseau, avec l’entrée de Kinshasa et Lubumbashi dans son programme de desserte à partir de mars 2027.

Selon le communiqué de la compagnie, le premier vol à destination de Kinshasa est prévu pour le 18 mars 2027, à raison de trois fréquences hebdomadaires. Lubumbashi apparaîtra pour sa part sur une desserte Abou Dhabi–Harare/Lubumbashi, qui doit débuter le 24 mars 2027, également à raison de trois fréquences par semaine.

Etihad justifie cette expansion par une demande croissante de connectivité aérienne sur le continent africain, notamment dans les segments du commerce et du fret. « La demande de connectivité aérienne sur les principaux marchés africains dépasse l’offre existante, notamment dans les secteurs du fret et du commerce. Cette expansion répond directement à cette opportunité structurelle », a déclaré Antonoaldo Neves, directeur général de la compagnie.

Cette annonce intervient dans un contexte de renforcement des relations économiques entre la République démocratique du Congo et les Émirats arabes unis. En février 2026, les deux pays ont signé un Accord de partenariat économique global (APEG). Selon la Présidence congolaise, cet accord prévoit notamment l’ouverture du marché émirati à environ 6 000 produits d’origine congolaise, ainsi que la réduction de certains droits de douane en faveur des opérateurs congolais.

Dans ce contexte, la nouvelle desserte d’Etihad pourrait offrir un appui logistique supplémentaire aux échanges entre la RDC et les Émirats, en particulier pour les flux commerciaux à forte valeur ajoutée ou nécessitant des délais d’acheminement plus courts. Le communiqué d’Etihad souligne d’ailleurs que l’ensemble de ces nouvelles lignes offrira également des capacités de soute destinées au transport de marchandises.

La dynamique s’inscrit dans une ambition plus large des deux pays de porter leurs échanges à 10 milliards de dollars d’ici 2030. Selon les données communiquées par les autorités congolaises, le volume des échanges entre la RDC et les Émirats arabes unis est passé de 1,2 milliard de dollars en 2020 à 4,5 milliards de dollars en 2024.

Timothée Manoke

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La République démocratique du Congo (RDC) amorce une nouvelle étape dans l’organisation de ses exportations de cacao, en mettant l’accent sur la certification. Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé, le 20 avril 2026, à l’issue d’une réunion avec les exportateurs de cacao et de café, l’obtention d’un appui américain pour former des experts congolais dans ce domaine.

Dans sa communication, le ministre a indiqué que « la RDC ne doit plus dépendre d’agents extérieurs qui maintiennent le statu quo et favorisent la fraude », sans en dire davantage sur ce repositionnement stratégique de la filière.

Cette initiative intervient dans un contexte de renforcement des exigences de conformité sur les marchés internationaux, notamment dans l’Union européenne. Le règlement européen sur les produits liés à la déforestation impose désormais aux exportateurs de prouver la traçabilité de leurs produits et leur conformité aux normes environnementales.

Pour les autorités congolaises, le développement de compétences locales en certification vise à sécuriser l’accès aux marchés d’exportation et à améliorer la crédibilité du cacao congolais. Cette réorganisation intervient dans une filière encore confrontée à des difficultés structurelles, notamment en Ituri.

Selon des données communiquées en octobre 2023 par le directeur provincial de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC), la production de café et de cacao dans la province est estimée entre 10 000 et 15 000 tonnes par campagne. Dans les faits, les volumes officiellement enregistrés restent nettement inférieurs, avec environ 900 tonnes de café et près de 1 000 tonnes de cacao, selon les mêmes sources relayées par l’Agence congolaise de presse.

Plusieurs facteurs expliquent cet écart, notamment l’insécurité dans certaines zones de production, qui perturbe les activités agricoles, ainsi que le manque d’infrastructures locales de transformation. Une partie du cacao produit en Ituri est ainsi acheminée vers le Nord-Kivu pour y être traitée avant exportation.

Boaz Kabeya

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La République démocratique du Congo (RDC) monte d’un cran dans sa volonté de faire émerger un véritable contenu local dans le transport des marchandises destinées à l’exportation. Dans une décision signée le 17 avril 2026 par son directeur général, Miguel Katemb Kashal, l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) donne 60 jours aux transporteurs étrangers pour se conformer à l’obligation de céder au moins 50 % de leurs parts de marché aux Congolais.

« À défaut, les entreprises principales bénéficiaires de leurs prestations sont tenues de résilier immédiatement les contrats conclus avec les transporteurs non conformes », précise la décision, qui cible clairement le secteur minier, pourvoyeur d’une part importante de l’activité. À l’expiration du délai, toute entreprise principale, en priorité minière, qui maintient une relation contractuelle avec un transporteur non conforme s’expose aux sanctions prévues par la loi du 8 février 2017 sur la sous-traitance, ajoute-t-elle. Ces sanctions peuvent aller jusqu’à une interdiction d’activité.

Le principe du 50-50 a été introduit par un arrêté ministériel de décembre 2024, sans toutefois être appliqué sur le terrain. Avec cette décision, l’ARSP accentue la pression sur les opérateurs miniers en vue de sa mise en œuvre. L’objectif affiché est de rééquilibrer un marché dominé par des opérateurs étrangers, notamment sur les corridors miniers reliant le Grand Katanga aux ports de la région, afin de capter une part plus importante de la valeur générée par le secteur minier, dans un pays où les exportations de cuivre dépassent 3 millions de tonnes par an.

Sur le terrain, les acteurs du secteur minier alertent sur les limites d’une mise en œuvre aussi rapide. « En 2024, les camions immatriculés en RDC représentaient moins de 5 % des flux de transport liés à l’import-export », explique un membre de la Chambre des mines de la Fédération des entreprise du Congo (FEC). « Passer de 5 % à 50 % en 60 jours n’est pas réaliste, même si l’objectif reste noble et doit être atteint à terme », ajoute-t-il. Surtout que, apprend-on, les transporteurs locaux font aussi face à des contraintes d’assurance et de conformité, qui limitent leur accès aux contrats internationaux.

Chantier structurel

« Les transporteurs étrangers dominent le marché parce qu’ils sont plus compétitifs », assure notre source. Et de s’interroger : « Les nationaux à qui l’on demande de récupérer ces marchés en 60 jours sont-ils prêts à offrir leurs prestations dans les mêmes conditions ? »

À ces difficultés internes s’ajoutent des obstacles régionaux. « Pour accéder à la Zambie, par exemple, les chauffeurs doivent obtenir un visa à l’avance, limité à 180 jours. Avec les rotations, ce quota est rapidement épuisé, alors que les chauffeurs d’autres pays bénéficient souvent de visas à l’arrivée. »

Les exigences logistiques du secteur minier constituent un autre défi. « Multiplier les transporteurs pour une même cargaison augmente les risques. Or, un écart de qualité à l’arrivée peut entraîner une baisse du prix du produit », souligne un autre acteur.

Entre ambition de souveraineté économique et contraintes opérationnelles, le passage effectif au 50-50 apparaît ainsi comme un chantier structurel, dont l’issue dépendra autant des réformes visant à améliorer le climat des affaires que de la capacité de régulation. Selon plusieurs témoignages, plusieurs entrepreneurs congolais préfèrent enregistrer leurs sociétés en Zambie, en Tanzanie ou en Afrique du Sud, parce que les conditions fiscales et opérationnelles y sont plus favorables.

Pierre Mukoko

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