L’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER) a annoncé, dans un communiqué publié le 27 février 2026, la signature d’un protocole d’accord avec la société américaine Cybastion Institute LLC, dans le cadre du volet énergie de l’accord stratégique conclu entre la RDC et les États-Unis.
Présentée jusqu’ici en RDC comme un acteur des solutions numériques et de la cybersécurité, Cybastion apparaît désormais dans un registre différent. Selon le communiqué, l’entreprise est décrite comme « une société internationale spécialisée dans l’ingénierie et la structuration de projets énergétiques ». L’accord vise à « marquer le lancement d’un partenariat stratégique en faveur du développement de projets d’électrification rurale en République démocratique du Congo ».
Le protocole établit un cadre de collaboration technique et opérationnelle pour la conception, la structuration financière et la mise en œuvre de projets d’électrification, notamment « à base d’énergie solaire dans les zones rurales et périurbaines du pays ». Conclu pour une durée initiale de vingt-quatre mois, renouvelable, il prévoit un déploiement progressif des projets à travers des phases successives validées conjointement par les deux parties.
Ces phases incluront « les études techniques, environnementales et sociales, la structuration du financement et la préparation des contrats d’exécution ». L’objectif affiché est de « renforcer la capacité de production énergétique nationale et soutenir le développement socio-économique des territoires concernés ».
Dans le cadre du partenariat, Cybastion Institute apportera son expertise pour la réalisation « des études de préfaisabilité et de faisabilité, l’élaboration de propositions techniques et commerciales à prix forfaitaire, ainsi que l’appui à la mobilisation de financements internationaux », notamment auprès « d’agences de crédit à l’exportation et d’institutions financières de premier rang ».
L’ANSER, pour sa part, jouera « un rôle central dans l’identification des projets prioritaires, la coordination institutionnelle et l’accompagnement des démarches administratives nécessaires à la concrétisation des investissements ».
Le communiqué précise également que le protocole constitue « une étape préalable à la négociation et à la conclusion d’une convention de financement entre une banque commerciale américaine et le ministère des Finances de la RDC ».
Ce positionnement marque une évolution notable pour Cybastion en RDC. L’entreprise est déjà impliqué dans le pays à travers un programme conduit avec le ministère de la Jeunesse visant à former 250 000 jeunes aux métiers du numérique, en partenariat avec Cisco. Prévu sur cinq ans, ce programme couvre notamment les réseaux, la cybersécurité, la data science, la programmation, les systèmes d’exploitation, l’anglais technique et l’entrepreneuriat.
Avec le protocole d’accord signé avec l’ANSER, Cybastion élargit ainsi son champ d’intervention en RDC vers le secteur des infrastructures énergétiques, en se positionnant non comme opérateur électrique, mais comme acteur de structuration technique et financière de projets d’électrification rurale.
Ronsard Luabeya
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The Kakoso Bridge at km 15 on the Chingola-Chililabombwe stretch of the T3 road collapsed after heavy overnight rains on Feb. 28, 2026, Zambia’s Road Development Agency (RDA) said.
The T3 is one of the main routes to the Kasumbalesa border crossing, the primary transit point between Zambia and the Democratic Republic of Congo (DRC).
In a statement published Sunday, March 1, the RDA said preliminary investigations indicate that drainage structures failed after being overwhelmed by the volume of rainwater. Emergency repairs have begun and a temporary diversion has been put in place to restore traffic.
Namibia’s NBC, citing Zambian road authorities, reported that the diversion may not be suitable for heavy trucks. The restriction could disrupt supplies of essential goods to the DRC, particularly to Lubumbashi and Kolwezi, which depend heavily on cargo transiting through Zambia.
The agency added that motorists are advised to avoid the route while work on the diversion is under way to prevent congestion that could hamper emergency operations.
According to Bank of Zambia data, the DRC imported $426.1 million worth of goods from Zambia in the third quarter of 2025. It is a major destination for Zambian agricultural products and sulfur, a key input in the production of sulfuric acid used in copper and cobalt processing. A prolonged disruption on this route could affect both household supplies and mining supply chains.
The affected section forms part of the Walvis Bay-Ndola-Lubumbashi Development Corridor, which links Lubumbashi to the Namibian port of Walvis Bay. Spanning about 2,690 km, the corridor enables part of the Katanga copperbelt’s mineral output to reach the Atlantic coast in four to five days. It is also a key logistics route for regional trade, including the transport of fish products from Namibia to the DRC via Zambia and Kasumbalesa.
Timothée Manoke
Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi (photo), a instruit le gouvernement de renforcer l’encadrement des réseaux sociaux afin d’en prévenir les dérives. La directive a été donnée lors de la 80ᵉ réunion ordinaire du Conseil des ministres tenue le 27 février à Kinshasa.
Le chef de l’État a chargé le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, ainsi que le ministre de l’Économie numérique, de proposer et de mettre en œuvre, en concertation avec les services concernés, des mesures destinées à promouvoir un usage responsable, éthique et rationnel des réseaux sociaux. Celles-ci pourraient inclure, le cas échéant, « des mesures restrictives proportionnées et conformes à la loi, tout en respectant les libertés fondamentales », selon le compte rendu lu par Augustin Kibassa Maliba, ministre de l’Économie numérique.
Cette orientation intervient dans un contexte d’adoption croissante des réseaux sociaux, parallèlement à l’expansion des services de télécommunications, notamment de l’Internet. Selon DataReportal, le nombre d’utilisateurs d’Internet est passé de 21,14 millions en 2021 à 34,7 millions début 2026, soit une progression de 64,1 %, pour un taux de pénétration estimé à 30,5 %. Sur la même période, le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux est passé de 4 millions à 10,4 millions.
Les autorités congolaises estiment que, « loin de servir exclusivement des finalités positives, les réseaux sociaux constituent de plus en plus des vecteurs de désinformation, de troubles à l’ordre public, de discours de haine, de manipulation de l’opinion et d’incitation à la division entre Congolais, portant ainsi atteinte à la cohésion nationale, à l’ordre public et à la stabilité sociale ».
Par ailleurs, cette décision intervient dans un contexte particulier marqué par des défis sécuritaires persistants dans plusieurs provinces du pays. La question sécuritaire figure parmi les sujets les plus débattus sur les réseaux sociaux.
Vulgariser et appliquer le Code du numérique
Au cœur de la communication présidentielle figure la nécessité de vulgariser et de faire appliquer le Code du numérique, adopté pour encadrer l’usage des plateformes digitales en RDC. Selon le chef de l’État, cet instrument juridique prévoit déjà des mécanismes de prévention, de régulation et de répression des abus en ligne, mais demeure insuffisamment connu et appliqué, tant par le public que par certains acteurs institutionnels.
La vulgarisation du Code du numérique ne concernera pas uniquement les citoyens. Le ministre de la Communication et Médias a été chargé, en collaboration avec les opérateurs publics et privés, d’assurer une sensibilisation continue du grand public à travers des campagnes pédagogiques. Les magistrats devront également être ciblés, sous la coordination du Conseil supérieur de la magistrature, afin de garantir une application cohérente et dissuasive des dispositions prévues.
Au-delà des mesures réglementaires, l’exécutif mise aussi sur l’éducation. Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont été engagés à intégrer progressivement des modules de formation et de sensibilisation au numérique responsable dans les programmes d’enseignement. Les enjeux liés aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle devront ainsi être pris en compte dans la formation des jeunes.
Un rapport détaillé sur l’exécution de l’ensemble de ces instructions, précisant les actions entreprises, les résultats obtenus ainsi que les éventuelles difficultés rencontrées, devra être transmis par les ministres concernés tous les quinze jours, afin d’en permettre le suivi et l’évaluation. Les modalités précises de mise en œuvre restent toutefois, à ce stade, inconnues.
Isaac K. Kassouwi, Agence Ecofin
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Selon une communication de la Road Development Agency (RDA), l’agence publique chargée des routes en Zambie, le pont de Kakoso, au km 15 sur la section Chingola–Chililabombwe de la T3, a cédé sous l’effet des pluies dans la nuit du 28 février 2026. La T3 constitue l’un des principaux axes menant au poste-frontière de Kasumbalesa, principal point de passage entre la RDC et la Zambie.
Le communiqué, publié le dimanche 1er mars, indique que des investigations préliminaires attribuent l’incident à la défaillance des ouvrages de drainage face à d’importants volumes d’eaux pluviales. Il annonce aussi le lancement de travaux d’urgence et la mise en place d’une déviation afin de rétablir la circulation.
Toutefois, le média namibien NBC, citant les autorités routières zambiennes, rapporte que cette voie temporaire pourrait ne pas supporter les véhicules de transport lourd. Une telle limitation fait craindre des perturbations dans l’approvisionnement en produits de première nécessité en RDC, notamment à Lubumbashi et à Kolwezi, fortement dépendantes des flux transitant par la frontière zambienne.
La RDA précise par ailleurs que, pendant l’exécution des travaux sur la déviation, il est déconseillé aux usagers d’emprunter cet axe, afin d’éviter des embouteillages susceptibles de compromettre le déroulement des interventions d’urgence.
Au troisième trimestre 2025, selon les données de la Bank of Zambia, la RDC a importé pour 426,1 millions de dollars de biens en provenance de la Zambie. Elle s’est positionnée comme une destination majeure des produits agricoles zambiens, ainsi que du soufre, un intrant utilisé dans la fabrication de l’acide sulfurique, indispensable au traitement du cuivre et du cobalt. Une interruption prolongée de cet axe pourrait donc affecter à la fois l’approvisionnement des ménages et certaines chaînes logistiques du secteur minier.
Par ailleurs, cette section routière s’inscrit dans le corridor Walvis Bay–Ndola–Lubumbashi Development Corridor, un axe stratégique reliant Lubumbashi au port de Walvis Bay, en Namibie. Long d’environ 2 690 kilomètres, ce corridor permet l’évacuation d’une partie des minerais issus de la ceinture cuprifère du Katanga vers ce port namibien, avec un temps de transit estimé entre quatre et cinq jours. Il constitue également un maillon important de l’économie logistique régionale, notamment pour l’acheminement vers la RDC de produits halieutiques en provenance de Namibie, transitant par la Zambie avant d’atteindre Kasumbalesa.
Timothée Manoke
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The National Investment Promotion Agency (ANAPI) and the Insurance Regulatory and Control Authority (ARCA) signed a cooperation agreement on Feb. 26, 2026, to integrate insurance more closely into investment promotion in the Democratic Republic of Congo (DRC). The move is part of broader reforms aimed at improving the business climate and strengthening the country’s investment appeal.
The two institutions, led by Rachel Pungu Luamba and Alain Kaninda Ngalula, said the objective is to make the investment environment clearer and more protective for investors and project sponsors. They argue that insurance can improve project bankability, mitigate country risk and strengthen the financial credibility of investments.
Under the agreement, insurance is expected to play a more technical role by covering construction and operational risks, improving loss predictability and reinforcing compliance and governance standards likely to reassure lenders and partners.
The protocol sets out several operational priorities: boosting foreign and domestic investment in the insurance sector; facilitating investor entry and support in line with regulatory standards; coordinating the promotion and oversight of insurance activities; developing joint initiatives to improve product accessibility and diversification; and raising awareness of the Insurance Code.
For the Congolese insurance market, the ANAPI–ARCA partnership could act as a catalyst. Potential effects include better investor information, stronger local demand, the development of products tailored to major infrastructure, energy and mining projects, and improvements in industry standards. In 2025, ANAPI said it approved 96 projects and applications representing a projected investment volume of $5.13 billion, creating significant opportunities for insurers.
Industry stakeholders nonetheless point to structural challenges: low insurance penetration, capital adequacy constraints, limited technical capacity, the cost and quality of coverage, delays in claims settlement, and the need to retain more value domestically while maintaining robust reinsurance arrangements.
In its 2024 market report, ARCA said gross written premiums rose to $377.89 million in 2024 from $325.29 million in 2023, an increase of 16.17%. However, the market remains shallow. Insurance penetration edged up to 0.53% in 2024 from 0.46% a year earlier, while density reached $3.46 per capita. The sector also remains heavily reliant on reinsurance, with $210.30 million in non-life premiums ceded in 2024, reflecting continued dependence on international capacity for large risks.
The agreement alone will not automatically deliver results. Its impact will depend on effective implementation, including clear governance arrangements, designated focal points, timelines and deliverables. Concrete tools such as practical guides, an investor help desk, awareness campaigns and support for pilot projects, alongside measurable performance indicators — including processing times, the share of risks underwritten locally, product development and investor satisfaction — will be critical to assessing progress.
Pierre Mukoko & Boaz Kabeya
The Democratic Republic of Congo and the Republic of Congo plan to develop the Pioka-Tombe cross-border hydropower project, with a planned capacity of 6,450 megawatts.
DRC Minister of Hydraulic Resources and Electricity Aimé Sakombi Molendo and his Congolese counterpart, Émile Ousso, signed a memorandum of understanding on Feb. 26, 2026, covering the development of the site in the Cataractes district of Kongo Central province.
On the DRC side, the project has backing at the highest level of government and has been designated a national priority. Authorities say it aims to harness the Congo River’s potential under a framework of balanced cost and benefit sharing, supporting the two countries’ energy, industrial and social development.
Implementation and preparatory studies
The project was discussed at a Council of Ministers meeting on Jan. 9, 2026. At the time, Sakombi said implementation would require updating existing studies, conducting topographic surveys, and carrying out pre-feasibility and feasibility assessments. The process will also include preparing a detailed preliminary design and establishing the institutional and financing framework.
The minister requested government approval to formally commit to the project’s development and secure the necessary authorizations. These include hiring a firm to update feasibility studies and mobilizing funding for the studies and the structuring of public-private partnerships.
According to Sakombi, the project could help secure electricity supply in Kinshasa, where the deficit exceeds 1,000 MW. It could also support industrial development in Kongo Central and in industrial zones connected to the Inga power network.
The initiative forms part of efforts to optimize the overall development plan for the Congo River and to prepare technically and strategically for the future development of Grand Inga, which could reach an installed capacity of 40 gigawatts.
Ronsard Luabeya
Democratic Republic of Congo Infrastructure and Public Works Minister John Banza Lunda is set to deploy about 1,000 units of equipment to support road construction and sanitation projects, his ministry said. The equipment was procured from China, Mauritius and South Africa.
The delivery forms part of a broader order of 5,600 units under a partnership agreement signed with South Africa’s Guma Group, aimed at modernising the country’s public works capacity.
During a visit to South Africa, Banza Lunda toured the port of Port Elizabeth and the Isuzu manufacturing plant to expedite shipments to the DRC. According to a ministry statement, the consignment includes 500 trucks and 500 civil engineering machines, such as dump trucks, towing vehicles, recovery trucks and mobile workshops.
The minister said the equipment has reached the port and shipments to Kinshasa are underway. Once operational, the machines are expected to accelerate infrastructure works across several provinces, particularly road rehabilitation, erosion control, drainage and sanitation projects.
Blue-painted equipment will be allocated to the Office of Roads and Drainage (OVD), while yellow units will go to the Office of Roads (OR). Both agencies are responsible for executing urban and peri-urban public works across the country.
The deployment follows an earlier shipment of 200 civil engineering machines ordered from China. In November 2025, Banza Lunda oversaw the delivery of that first batch to the DRC.
Ronsard Luabeya
La République démocratique du Congo et la République du Congo envisagent de développer le projet hydroélectrique transfrontalier de Pioka-Tombe, d’une capacité prévue de 6 450 mégawatts. Le 26 février 2026, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité de la RDC, Aimé Sakombi Molendo, et son homologue de la République du Congo, Émile Ousso, ont signé un protocole d’accord relatif à l’aménagement hydroélectrique de ce site, situé dans le district des Cataractes, dans la province du Kongo Central.
Du côté de la RDC, cet aménagement est présenté comme porté au plus haut niveau et inscrit parmi les priorités nationales. Il vise à « valoriser le potentiel du fleuve Congo dans une logique de partage équilibré des coûts et des bénéfices, au service du développement énergétique, industriel et social des deux pays ».
Le projet avait déjà été évoqué lors du Conseil des ministres du 9 janvier 2026. À cette occasion, le ministre Sakombi avait indiqué que sa mise en œuvre passerait par l’actualisation des études existantes, la conduite de campagnes de mesures topographiques, la réalisation d’études de préfaisabilité et de faisabilité, l’élaboration d’un avant-projet détaillé ainsi que la structuration du dispositif institutionnel et financier.
Le ministre avait également sollicité l’approbation du gouvernement afin d’engager formellement le développement du projet et d’obtenir les habilitations nécessaires, notamment pour recruter une firme chargée de mettre à jour les études de faisabilité et mobiliser les ressources destinées au financement des études, ainsi qu’à la structuration des partenariats publics et privés.
Selon Aimé Sakombi Molendo, le projet devrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement électrique de Kinshasa, où le déficit est estimé à plus de 1 000 MW. Il pourrait également soutenir l’industrialisation du Kongo Central et des pôles industriels raccordés au réseau d’Inga. Sa concrétisation s’inscrit dans une logique d’optimisation du schéma global d’aménagement du fleuve Congo et de préparation technique et stratégique du déploiement futur de Grand Inga, dont la capacité installée pourrait atteindre 40 gigawatts.
Ronsard Luabeya
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L’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) et l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) ont signé, le 26 février 2026, un protocole d’accord de collaboration destiné à « intégrer pleinement la dimension assurantielle dans la promotion des investissements » en République démocratique du Congo (RDC). Les deux institutions inscrivent cette démarche dans la dynamique des réformes visant l’amélioration du climat des affaires et la consolidation de l’attractivité du pays.
Concrètement, l’ambition affichée est de rendre l’environnement d’investissement « plus lisible et plus protecteur » pour les porteurs de projets. L’ANAPI et l’ARCA, dirigées respectivement par Rachel Pungu Luamba et Alain Kaninda Ngalula, présentent l’assurance comme un levier pour « améliorer la bancabilité des projets, réduire le risque pays [et] renforcer la crédibilité financière des investissements ». Dans cette logique, l’assurance est appelée à jouer un rôle technique : couverture des risques de construction et d’exploitation, meilleure prévisibilité des pertes en cas de sinistre, exigences de conformité et de gouvernance susceptibles de rassurer prêteurs et partenaires.
Le protocole d’accord fixe plusieurs objectifs opérationnels, notamment : renforcer l’attractivité des investissements (étrangers et nationaux) dans le secteur des assurances ; faciliter l’installation et l’accompagnement des investisseurs dans le respect des normes ; coordonner la promotion et la sécurisation des activités d’assurance ; développer des initiatives conjointes pour améliorer l’accessibilité et la diversification des produits ; vulgariser les dispositions du Code des assurances.
Pour le marché congolais des assurances, le partenariat ANAPI–ARCA pourrait servir de catalyseur : meilleure information des investisseurs, accroissement de la demande locale, structuration de produits adaptés aux grands projets (infrastructures, énergie, mines), et montée en gamme des pratiques. Rien qu’en 2025, l’ANAPI affirme avoir agréé 96 projets et requêtes, pour un volume d’investissement projeté de 5,13 milliards de dollars, ce qui constitue une opportunité intéressante pour le marché des assurances.
Mais plusieurs défis sont identifiés par les acteurs du secteur : faible taux de pénétration, besoins de capitalisation et de compétences techniques, qualité et coût des couvertures, délais d’indemnisation, ainsi que la capacité à retenir davantage de valeur localement tout en sécurisant des programmes de réassurance robustes.
Dans son rapport 2024 sur l’état du marché, l’Autorité indique que les primes émises atteignent 377,89 millions de dollars en 2024 (contre 325,29 millions en 2023), soit +16,17 %. Le rapport souligne toutefois la faible profondeur du marché : le taux de pénétration progresse à 0,53 % en 2024 (0,46 % en 2023) et la densité à 3,46 dollars par habitant. Par ailleurs, le marché demeure fortement structuré autour de la réassurance, avec 210,30 millions de dollars de primes cédées en 2024 en non-vie, ce qui traduit une dépendance importante à la capacité internationale pour les gros risques.
Le protocole d’accord, à lui seul, ne crée pas d’effet automatique. Son efficacité dépendra d’un plan d’exécution (gouvernance, points focaux, calendrier, livrables), d’outils concrets (guides, guichet d’orientation, campagnes de vulgarisation, accompagnement de projets pilotes) et d’indicateurs mesurant l’impact (délais de traitement, part de souscription locale, amélioration de l’offre, satisfaction des investisseurs).
Pierre Mukoko et Boaz Kabeya
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Le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, prépare le déploiement d’environ 1 000 engins destinés à renforcer les chantiers routiers et d’assainissement en République démocratique du Congo (RDC). Ces équipements ont été commandés en Chine, à l’Île Maurice et en Afrique du Sud.
Ces acquisitions s’inscrivent dans une commande globale de 5 600 équipements prévue dans le cadre d’un partenariat conclu avec le groupe sud-africain Guma, visant à moderniser les capacités opérationnelles du secteur des travaux publics.
En déplacement en Afrique du Sud, le ministre s’est rendu à Port Elizabeth, notamment à l’usine du constructeur Isuzu, afin d’accélérer le processus d’exportation vers la RDC. Selon une communication de son ministère, les matériels concernés comprennent 500 camions et 500 engins de génie civil. Le lot inclut des camions-bennes, des véhicules de remorquage, des dépanneuses ainsi que des ateliers mobiles.
D’après le ministre, les équipements sont déjà arrivés au port et leur expédition vers Kinshasa est en cours. Leur mise en service devrait permettre d’intensifier les travaux d’infrastructures engagés dans plusieurs provinces, notamment en matière de réhabilitation routière, de lutte antiérosive, de drainage et d’assainissement.
Les équipements de couleur bleue seront affectés à l’Office des voiries et drainage (OVD), tandis que ceux de couleur jaune seront confiés à l’Office des routes (OR). Ces deux structures publiques sont en première ligne dans l’exécution des travaux urbains et périurbains à travers la RDC.
Ce déploiement s’inscrit dans la continuité d’une précédente expédition de 200 engins de génie civil commandés en Chine. En novembre 2025, John Banza Lunda avait supervisé l’envoi de ce premier lot vers la RDC.
Ronsard Luabeya
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