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Equipe Publication

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Le trafic routier entre Bukavu et Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a repris après environ deux semaines d’interruption sur la Route nationale n°5. Des médias locaux ont signalé, au début du mois d’avril 2026, la reprise progressive des rotations sur cet axe, même si la circulation reste encore limitée, selon plusieurs témoignages de transporteurs.

La coupure était intervenue le 15 mars 2026 à Kasambura, dans la plaine de la Ruzizi. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) avaient alors interdit le passage aux véhicules, aux motos et aux piétons en provenance des zones sous contrôle rebelle vers les zones tenues par les forces pro-gouvernementales. Cette mesure était justifiée par la dégradation de la situation sécuritaire et la menace d’une progression de l’AFC/M23 vers le sud du Sud-Kivu.

Cette fermeture a rapidement pesé sur les échanges commerciaux entre les deux villes. Radio Okapi rapportait, le 25 mars 2026, que plusieurs marchandises avaient commencé à périr, entraînant de lourdes pertes pour les commerçants. La radio soulignait aussi que nombre d’entre eux travaillaient à crédit, ce qui augmentait l’impact financier de la paralysie du trafic.

La reprise actuelle intervient après un autre épisode de perturbation majeure sur ce même axe. En 2025, le transport routier avait déjà été affecté par les affrontements entre les FARDC et les rebelles de l’AFC/M23.

À ce stade, le retour à la normale semble encore partiel. Des médias locaux évoquent la persistance de barrières et d’autres contraintes sur la route, ce qui limite encore la fluidité du trafic. La reprise de la circulation constitue néanmoins un soulagement pour les usagers et les opérateurs économiques, dans une zone où les perturbations sécuritaires affectent directement les échanges commerciaux, l’approvisionnement et les prix.

Ronsard Luabeya

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The Democratic Republic of Congo, Tanzania and Burundi are advancing a proposed electrified standard-gauge railway linking Uvinza, Musongati, Gitega, Bujumbura, Uvira and Kindu.

On March 31, 2026, the three countries’ transport ministers met in Kinshasa to review progress on feasibility work for the corridor, which spans more than 800 km, according to the Congolese Ministry of Transport. The meeting was chaired by Deputy Prime Minister and Transport Minister Jean-Pierre Bemba.

The project is being developed under the Central Corridor framework by the Central Corridor Transit Transport Facilitation Agency (CCTTFA), which has coordinated studies and the institutional framework of the regional rail corridor for several years. In March 2023, the agency announced the signing of a feasibility study and preliminary design contract for the Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu segment, awarded to a consortium of CPCS and Zutari on behalf of Burundi and the DRC.

The corridor is expected to reduce transport costs, facilitate the movement of people and goods, and better integrate landlocked countries in the Great Lakes region with the port of Dar es Salaam. It is also seen as supporting the energy transition, as electrified rail produces fewer greenhouse gas emissions than road transport.

Technical progress on the Burundi-DRC segment

On the Burundi-DRC segment, technical studies reached a milestone in November 2025 in Kindu, where six reports were presented to the steering committee. The documents covered traffic demand, railway operations, signalling, telecommunications and energy systems. The studies also defined a preliminary alignment for the Congolese section, running from Nyamoma through Sange, Luberizi, Nyangezi, Walungu, Mwenga, Kamituga, Kalole and Pangi before reaching Kindu. Extensions toward Uvira, Bukavu and Shabunda are also under consideration.

The final cost of the Congolese and Burundian segments has yet to be determined and will depend on ongoing studies. The Uvinza-Musongati section, on the Tanzanian and Burundian side, is further advanced, with several sources estimating costs at around $2.15 billion and pointing to expected support from the African Development Bank. Estimates nonetheless vary on key technical parameters, including the exact length of the segment and the construction timeline.

The project is progressing in phases. The Tanzania-Burundi segment is further advanced, while the Burundi-DRC section remains at the feasibility stage. The Kinshasa meeting reaffirmed the three countries’ commitment to move the project forward, which they see as a key regional connectivity project.

Ronsard Luabeya

La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Burundi poursuivent les travaux préparatoires du projet de chemin de fer électrifié à écartement standard reliant Uvinza, Musongati, Gitega, Bujumbura, Uvira et Kindu. Le 31 mars 2026, les ministres des Transports des trois pays se sont réunis à Kinshasa pour évaluer l’état d’avancement des études de faisabilité de ce corridor de plus de 800 km, selon le ministère congolais des Transports. La réunion a été présidée par le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba.

Le projet est piloté, dans le cadre du Corridor central, par la Central Corridor Transit Transport Facilitation Agency (CCTTFA/AFTTCC), qui coordonne depuis plusieurs années les études et la structuration institutionnelle du corridor ferroviaire régional. La CCTTFA avait déjà annoncé, en mars 2023, la signature du contrat d’étude de faisabilité et d’avant-projet sommaire pour le tronçon Gitega-Bujumbura-Uvira-Kindu, confié au groupement CPCS et Zutari pour le compte du Burundi et de la RDC.

Selon les autorités, ce corridor doit contribuer à réduire les coûts de transport, à fluidifier la circulation des personnes et des marchandises et à améliorer l’intégration des pays enclavés de la région des Grands Lacs avec le port de Dar es Salaam. Le projet est également présenté comme un levier de transition énergétique, grâce à une solution ferroviaire électrifiée moins émettrice de gaz à effet de serre que le transport routier.

Sur le segment Burundi-RDC, les études techniques ont franchi une étape en novembre 2025 à Kindu, où six rapports ont été présentés au comité de pilotage. Les documents portaient notamment sur la demande de trafic, l’exploitation ferroviaire, la signalisation, les télécommunications et les systèmes d’énergie. Ces travaux ont aussi permis de préciser un tracé préliminaire pour la partie congolaise, partant de Nyamoma pour desservir Sange, Luberizi, Nyangezi, Walungu, Mwenga, Kamituga, Kalole et Pangi, avant d’atteindre Kindu. Des extensions vers Uvira, Bukavu et Shabunda sont également envisagées à ce stade.

Le coût définitif des segments congolais et burundais n’est pas encore arrêté et dépendra de l’issue des études en cours. En revanche, le tronçon Uvinza-Musongati, côté tanzanien et burundais, fait déjà l’objet d’estimations plus avancées. Plusieurs sources évoquent un coût d’environ 2,15 milliards de dollars, avec un appui attendu de la Banque africaine de développement. Les données disponibles divergent toutefois sur certains paramètres techniques, notamment la longueur exacte du tronçon et la durée prévisionnelle des travaux, selon les sources consultées.

À ce stade, le projet reste donc engagé selon une logique en plusieurs phases : le segment Tanzanie-Burundi est plus avancé, tandis que la section Burundi-RDC demeure au stade des études de faisabilité. La réunion de Kinshasa a surtout permis de confirmer la volonté commune des trois États de poursuivre ce chantier, considéré comme structurant pour la connectivité régionale.

Ronsard Luabeya

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Telecom tower operator Helios Towers on Tuesday announced a $100 million expansion program to extend its network coverage in the Democratic Republic of Congo (DRC), aiming to improve access to telecommunications services, particularly in underserved areas.

The National Investment Promotion Agency (ANAPI) is backing the program under an agreement signed with Helios Towers DRC. The agency said it supports investment through an integrated framework covering all stages of a project, from design to implementation.

According to ANAPI, the expansion will span 23 provinces, including Kinshasa, Haut-Katanga, Kongo Central, Maniema, Ituri, Kasai Central, Kasai Oriental, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Lualaba, Tanganyika, Equateur, Haut-Uele and Kasai.

Improving coverage and service adoption

The move comes as authorities seek to expand network coverage and boost telecom service adoption as part of their digital transformation agenda. In 2024, 2G, 3G and 4G networks covered 75%, 55% and 45% of the population respectively, according to the International Telecommunication Union (ITU). Mobile penetration stood at 44.3%, compared with 19.7% for internet use.

The company did not disclose detailed figures for the investment. Helios Towers operates by building, acquiring and managing shared telecom towers that host multiple operators. It provides passive infrastructure and energy services, including site acquisition, construction, maintenance, security and power management.

Our infrastructure-sharing model helps MNOs expand and densify networks more quickly and at lower cost, while reducing emissions - accelerating digital inclusion for millions of people,” the company says on its website.

Expanding network coverage can drive adoption by improving both access and service quality. Extending infrastructure into rural and underserved areas enables first-time access to voice and internet services, while densifying networks in existing areas reduces congestion and improves reliability.

A model at the core of public strategy

The model is also supported by Congolese authorities and sits at the centre of the Universal Service Development Fund’s (FDSU) 2026-2035 strategy. Known as “TowerCo Lead,” the approach promotes tower companies that finance and deploy passive infrastructure — including towers, energy and backhaul — on an open-access basis. Mobile operators then install active equipment to deliver services. The goal is to connect nearly 68 million people, mainly in rural areas.

Authorities favour this approach for its economic efficiency, given the scale of the digital divide. According to the GSMA, the DRC has one of the world’s largest coverage gaps: 46% of the population lacks mobile broadband access, while 25% have no mobile coverage at all, including 2G.

The GSMA notes that expanding into so-called “white zones” requires sharply higher investment. Increasing coverage from 75% to 80% of the population requires about 150 new sites. Reaching 95% would require nearly 5,700 sites, while moving from 98% to 99% would need more than 2,000 additional sites. This makes extending coverage to remote areas particularly costly due to low population density.

The Democratic Republic of Congo has begun implementing a Health Promotion Tax (TPS), aimed at strengthening financing for the country’s Universal Health Coverage program.

A joint ministerial order setting out the tax’s implementation was signed on Jan. 21, 2026, by the finance and health ministers and published in the Official Gazette on Feb. 3, 2026. The order took effect upon signing and implements a decree issued on July 17, 2025, establishing the tax.

The TPS is set at 2% of the customs value of imported goods, calculated on a cost, insurance and freight (CIF) basis. It applies to all goods subject to import duties and taxes, except for explicitly exempt categories. The tax covers only goods declared for permanent domestic consumption. Goods in transit, held in bonded warehouses, or placed under other suspensive customs regimes are excluded.

Exemptions include basic necessities, agricultural inputs and equipment, pharmaceutical products and inputs, medical devices, and raw materials imported by local pharmaceutical manufacturers. Goods already exempt under existing laws and regulations are also excluded. The Official Gazette annexes set out these categories in detailed tariff lists.

The General Directorate of Customs and Excise (DGDA) is responsible for collecting the TPS under the same conditions as standard customs duties. The customs officer at the relevant office calculates the amount due based on the goods declaration. Oversight is jointly handled by the Health Promotion Fund (FPS) and the DGDA, with collected amounts paid directly into the FPS account.

Broader financing strategy

The measure reflects the authorities’ effort to mobilize additional domestic resources for the health sector amid rising financing needs. In July 2025, Health Minister Roger Kamba said the mechanism was intended in part to reduce reliance on Treasury allocations, which are often disrupted by competing budget priorities, particularly security spending.

A second financing mechanism has also been approved following consultations with social partners. It sets a 2.5% health contribution on gross salary, split between employees (0.5%) and employers (2%). For a gross monthly salary of $130, this amounts to $0.65 from the worker and $2.60 from the employer.

Authorities are counting on both mechanisms to place Universal Health Coverage financing on a more sustainable footing. The program, launched in September 2023, initially covers free maternity care and newborn services, with gradual expansion to additional benefits planned.

Ronsard Luabeya

Heavy rains in North Kivu have worsened damage to the road linking Masisi to Goma, disrupting trade between the two areas.

According to Radio Okapi, several sections are obstructing traffic along this strategic route. In Matanda, a landslide is partially blocking the road despite ongoing repairs. At the Nyakajanga River, flooding makes crossing difficult and becomes impassable during heavy rain. In the Bihambwe area on the Rubaya axis, road users report another severely degraded stretch of road.

On March 25, 2026, several cargo trucks, along with motorcycles carrying passengers from Masisi, were stranded in Lushebere and Katale, further disrupting traffic.

Local civil society groups warned that these transport constraints could affect markets in Goma. Food prices may rise in both Masisi and Goma. Goma depends heavily on agricultural produce from Masisi, while Masisi relies on essential goods transported from Goma.

Poor road access is also increasing travel times. Transporters say the journey to Nyabiondo’s main market, usually about four hours, can now take up to seven.

This situation adds to existing price pressures in Goma. Radio Okapi recently reported sharp increases in the cost of several goods in local markets, with some prices doubling or tripling. Traders blamed supply shortages and, in part, disruptions linked to tensions in the Middle East.

The deterioration of the Masisi-Goma road is increasing the risk of supply shortages in a province already weakened by insecurity and transport challenges.

Ronsard Luabeya

Ivanhoe Mines has cut production forecasts again for the Kamoa-Kakula copper complex in southern Democratic Republic of Congo, citing updated results from an independent study.

The company said on March 31, 2026, it now expects output of 290,000 to 330,000 tonnes of copper in 2026, down from a previous target of 380,000 to 420,000 tonnes.

For 2027, forecasts have been lowered to 380,000 to 420,000 tonnes from 500,000 to 540,000 tonnes. The 500,000-tonne annual threshold, initially targeted for 2027, has been pushed back to 2028.

The revision follows a downgrade announced after a seismic event in May 2025. In its full-year results published on Feb. 18, 2026, Ivanhoe had maintained guidance of 380,000 to 420,000 tonnes for 2026 and 500,000 to 540,000 tonnes for 2027, while noting a new mine life plan would incorporate technical parameters adopted since the seismic event and the subsequent recovery plan.

The company attributed the latest cut to a more cautious operating approach. A March 31 report said new mining layouts at Kamoa and Kakula require a longer period of preparatory work to support a more sustainable extraction rate. Development over the next two years will focus primarily on Kakula before new extraction zones are brought online.

Ivanhoe also said underground development has fallen short of expectations due to unfavorable geotechnical and hydrological conditions, prompting the company to cut development targets by about 15%.

Although conservative base-case assumptions are impacting production levels in 2026 and 2027, we are positioning Kamoa-Kakula to achieve new records from 2028 onwards,” said Marna Cloete, Ivanhoe Mines’ president and chief executive officer.

Higher Costs Expected

The revised outlook also affects cost projections. In February, Ivanhoe forecast direct cash costs of about $4,850 to $5,510 per tonne in 2026 and $4,190 to $5,070 per tonne in 2027. It now expects costs of about $5,730 to $6,610 per tonne in 2026, easing to $4,630 to $5,510 per tonne in 2027. The long-term target is set at about $4,410 per tonne from 2028.

In the near term, lower volumes and higher costs could weigh on revenue. In 2025, Kamoa-Kakula generated $3.28 billion in revenue and $1.45 billion in EBITDA, with a 44% margin, despite production disruptions since May. The site sold 351,674 tonnes of copper at an average price of about $9,700 per tonne.

Direct cash costs rose to about $4,760 per tonne from about $3,640 per tonne in 2024. Ivanhoe attributed the increase to the processing of lower-grade surface stockpiles, lower-quality ore and higher logistics costs per pound transported.

The delay has implications for the global copper market. Kamoa-Kakula had been expected to be one of the main drivers of growth in global supply, with output of more than half a million tonnes previously expected as early as 2027. The delay to 2028 postpones the arrival of significant volumes of high-grade copper on a market already under pressure from electrification and the energy transition.

Ivanhoe highlighted several mitigating factors. The Kamoa-Kakula smelter, commissioned at the end of 2025, is now producing copper anodes at 99.7% purity. The company said the ramp-up of the facility should halve logistics costs, as shipments shift from concentrate grading 35% to 45% to near-pure anodes.

Sulfuric acid sales, a byproduct of the refinery, provide an additional buffer, with the average realized price exceeding $450 per tonne since start-up. The Kamoa-Kakula complex is owned 39.6% by Ivanhoe Mines, 39.6% by Zijin Mining, 20% by the Congolese state and 0.8% by Crystal River, within the Kamoa Copper joint venture.

Pierre Mukoko  

Helios Towers RDC a annoncé, mardi 31 mars, un programme de plus de 100 millions de dollars destiné à étendre ses infrastructures télécoms en République démocratique du Congo. Le projet, dévoilé à Kinshasa avec l’accompagnement de l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), doit couvrir 23 provinces et vise à améliorer l’accès aux services de télécommunications et à internet, en particulier dans les zones encore mal desservies.

Selon l’ANAPI, Helios Towers déploiera ses infrastructures notamment à Kinshasa, dans le Haut-Katanga, le Kongo Central, le Maniema, l’Ituri, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Kwilu, le Mai-Ndombe, la Mongala, le Nord-Kivu, le Nord-Ubangi, le Sankuru, le Sud-Kivu, le Lualaba, le Tanganyika, la Tshopo, l’Équateur, le Haut-Uélé, le Sud-Ubangi, le Haut-Lomami et le Kasaï. L’agence précise aussi qu’elle accompagne Helios Towers en RDC depuis 2011 et présente ce nouveau programme comme un investissement structurant pour l’économie numérique du pays.

Helios Towers n’est pas un opérateur mobile au sens classique du terme, mais une towerco, spécialisée dans la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms mutualisées. Son modèle consiste à fournir des infrastructures passives et des services énergétiques à plusieurs opérateurs mobiles à la fois, afin de réduire leurs coûts de déploiement et d’accélérer l’extension de la couverture. En RDC, le groupe se présente comme le principal opérateur indépendant de tours et souligne qu’il contribue déjà à connecter des millions de personnes, souvent pour la première fois.

Cet investissement intervient dans un marché encore largement sous-couvert. D’après les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), reprises par l’Agence Ecofin, les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise en 2024. La même source fait état d’un taux de pénétration de la téléphonie mobile de 44,3 % et d’un taux de pénétration d’internet de 19,7 %. En parallèle, Helios Towers met en avant un marché à fort potentiel, avec une population de plus de 100 millions d’habitants et un faible niveau de pénétration mobile.

L’extension d’infrastructures mutualisées s’inscrit aussi dans l’orientation prise par les autorités congolaises. Le Fonds de développement du service universel (FDSU) a présenté en février une stratégie 2026-2035 fondée sur le modèle « TowerCo Lead », dans lequel les fournisseurs de tours financent et déploient les infrastructures passives en accès ouvert, tandis que les opérateurs mobiles installent les équipements actifs et commercialisent les services. L’objectif affiché est de connecter près de 68 millions de personnes, principalement dans les zones rurales.

Ce choix s’explique par l’ampleur de la fracture numérique. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), 46 % de la population congolaise ne dispose pas de couverture en haut débit mobile et 25 % n’ont accès à aucun réseau mobile, y compris la 2G. La même source souligne que l’effort d’extension devient de plus en plus coûteux à mesure que l’on vise les zones les plus isolées : faire passer la couverture de 75 % à 80 % de la population nécessiterait environ 150 nouveaux sites, contre près de 5 700 pour atteindre 95 %.

Dans ce contexte, le programme d’Helios Towers apparaît comme un appui concret à la stratégie publique de connectivité. En misant sur la mutualisation des infrastructures, il peut aider les opérateurs à étendre plus rapidement leurs réseaux, tout en limitant les coûts de déploiement dans un pays où les besoins restent immenses.

PM avec Agence Ecofin

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Le gouvernement congolais a engagé la mise en œuvre de la Taxe de promotion de la santé (TPS), destinée à renforcer le financement de la Couverture santé universelle (CSU). Publié au Journal officiel du 3 février 2026, l’arrêté interministériel signé le 21 janvier 2026 par les ministres des Finances et de la Santé fixe les modalités d’exécution de cette taxe instituée par le décret du 17 juillet 2025. Le texte précise que l’arrêté est entré en vigueur à la date de sa signature.

La TPS est fixée à 2 % de la valeur en douane (CIF) des marchandises importées. Elle s’applique à toutes les marchandises soumises aux droits et taxes à l’importation, à l’exception des catégories expressément exemptées. La taxe ne vise que les marchandises déclarées pour la mise à la consommation définitive. Les biens en transit, placés en entrepôt sous douane ou relevant d’un autre régime douanier suspensif en sont exclus.

Parmi les exemptions figurent les produits de première nécessité, les intrants et équipements agricoles, les produits et intrants pharmaceutiques ainsi que les dispositifs médicaux, les matières premières importées par les industries pharmaceutiques locales, de même que les marchandises bénéficiant déjà d’exonérations prévues par les textes légaux et réglementaires. Les annexes du Journal officiel détaillent ces catégories à travers des listes tarifaires précises.

La collecte de la TPS est assurée par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui la recouvre au même moment et dans les mêmes conditions que les droits et taxes de douane. Le receveur du bureau de douane compétent liquide le montant à partir de la déclaration de marchandises. Les services du Fonds de promotion de la santé (FPS) et de la DGDA sont chargés des contrôles, tandis que les sommes perçues sont directement versées sur le compte du FPS.

Cette mesure s’inscrit dans la volonté des autorités de mobiliser des ressources internes additionnelles pour le secteur de la santé, dans un contexte de besoins croissants de financement. En juillet 2025, le ministre de la Santé, Roger Kamba, expliquait que ce mécanisme devait notamment réduire la dépendance aux allocations du Trésor public, souvent perturbées par d’autres priorités budgétaires, notamment sécuritaires.

En complément, un second levier de financement a été validé dans le cadre du dialogue social. Il prévoit une cotisation santé de 2,5 % du salaire brut, répartie entre le travailleur (0,5 %) et l’employeur (2 %). Pour un salaire brut de 130 dollars, cela correspond à une contribution mensuelle de 0,65 dollar pour le travailleur et de 2,60 dollars pour l’employeur.

Les autorités congolaises misent sur ces deux mécanismes pour sécuriser plus durablement le financement de la CSU, lancée en septembre 2023 avec la gratuité de la maternité et la prise en charge du nouveau-né comme premier paquet de services. Une extension progressive à d’autres prestations est envisagée.

Ronsard Luabeya

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Les prévisions de production du complexe cuprifère de Kamoa-Kakula, situé dans le sud de la République démocratique du Congo, sont une nouvelle fois revues à la baisse après l’incident sismique de mai 2025. S’appuyant sur « les résultats actualisés d’une étude indépendante », son opérateur, Ivanhoe Mines, annonce, ce 31 mars 2026, une production attendue à 290 000-330 000 tonnes de cuivre en 2026, contre 380 000-420 000 tonnes visées jusqu’ici. Pour 2027, les prévisions sont désormais ramenées à 380 000-420 000 tonnes, contre 500 000-540 000 tonnes auparavant. Le seuil de 500 000 tonnes par an, initialement attendu en 2027, est désormais repoussé à 2028.

Cette nouvelle révision intervient après celle annoncée à la suite du choc sismique de 2025. Dans ses résultats annuels publiés le 18 février 2026, Ivanhoe maintenait encore une guidance de 380 000 à 420 000 tonnes en 2026 et de 500 000 à 540 000 tonnes en 2027, tout en expliquant que le nouveau plan de vie de la mine intégrerait les paramètres techniques adoptés depuis « l’événement sismique » et le plan de reprise qui a suivi.

La compagnie justifie ce nouveau recul par une approche plus prudente de l’exploitation. Le rapport du 31 mars indique que les nouveaux schémas miniers à Kamoa et Kakula prévoient une période plus longue de travaux préparatoires afin de soutenir un rythme d’extraction plus durable. Le développement sera concentré sur les deux prochaines années autour de Kakula, avant le lancement de nouvelles zones d’abattage. Ivanhoe précise aussi que les avancées souterraines sont inférieures aux attentes en raison de conditions géotechniques et hydrologiques défavorables, ce qui a conduit à réduire d’environ 15 % les objectifs de développement.

« Bien que des hypothèses de base prudentes aient un impact sur les niveaux de production en 2026 et 2027, nous préparons Kamoa-Kakula à atteindre de nouveaux records à partir de 2028 », a déclaré Marna Cloete, présidente-directrice générale d’Ivanhoe Mines.

Des coûts de production attendus à la hausse

Cette orientation impacte aussi sur les projections des coûts. En février, Ivanhoe anticipait encore un coût de production directe d’environ 4 850 à 5 510 dollars par tonne, puis de 4 190 à 5 070 dollars par tonne en 2027. Désormais, la compagnie vise environ 5 730 à 6 610 dollars par tonne en 2026, puis 4 630 à 5 510 dollars par tonne en 2027. L’objectif de long terme est ramené à environ 4 410 dollars par tonne à partir de 2028.

À court terme, ce double mouvement — baisse des volumes et hausse des coûts — pourrait peser sur les revenus. En 2025, Kamoa-Kakula a généré 3,28 milliards de dollars de chiffre d’affaires et 1,45 milliard de dollars d’EBITDA, avec une marge de 44 %, malgré une production perturbée depuis mai. Le site a vendu 351 674 tonnes de cuivre à un prix moyen d’environ 9 700 dollars par tonne. Le coût de production directe s’est établi à près de 4 760 dollars par tonne, contre environ 3 640 dollars par tonne en 2024. Ivanhoe expliquait cette hausse par le traitement de stocks de surface à plus faible teneur, un minerai plus pauvre et des coûts logistiques plus élevés par livre transportée.

Pour le marché mondial du cuivre, ce report n’est non plus neutre. Kamoa-Kakula devait constituer l’un des principaux relais de croissance de l’offre mondiale, avec une production de plus d’un demi-million de tonnes dès 2027. Le glissement à 2028 retarde donc l’arrivée de volumes significatifs de cuivre à haute teneur sur un marché déjà tendu par les besoins de l’électrification et de la transition énergétique.

Ivanhoe met toutefois en avant plusieurs amortisseurs. La fonderie de Kamoa-Kakula, entrée en service fin 2025, permet désormais de produire des anodes de cuivre à 99,7 % de pureté. Le groupe souligne que la montée en régime de cette installation devrait réduire de moitié les coûts logistiques, le cuivre expédié passant d’un concentré titrant 35 % à 45 % à des anodes quasi pures. À cela s’ajoutent les ventes d’acide sulfurique, sous-produit de la raffinerie dont le prix moyen réalisé dépasse 450 dollars par tonne depuis le démarrage.

Le complexe Kamoa-Kakula est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, à 39,6 % par Zijin Mining, à 20 % par l’État congolais et à 0,8 % par Crystal River, au sein de la coentreprise Kamoa Copper.

Pierre Mukoko  

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