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Equipe Publication

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Le ministère de la Pêche et de l’Élevage a obtenu, en février 2026, l’approbation d’une convention conclue avec la société Egg’s For Congo pour la gestion et l’exploitation d’un projet avicole structurant dans la ville de Kinshasa. Publiée par l’ARMP, la fiche d’approbation indique un coût total de 7 millions de dollars, une durée de 10 ans et une contractualisation sous la forme d’une régie intéressée.

Les documents publics disponibles permettent de rapprocher cette convention d’un projet de PPP recensé dans le Programme d’investissement public 2026-2028, intitulé « Projet de PPP relatif à l’implantation des fermes parentales et de couvoirs industriels à Kinshasa ». Dans ce tableau, le partenaire privé est également Egg’s For Congo, la durée prévue est de dix ans et le coût y est encore estimé à 11 millions de dollars à la date du 17 juillet 2025, avec un avis favorable sous réserve de la prise en compte d’observations et de recommandations.

En l’état des documents consultés, il est donc possible d’affirmer qu’il s’agit du même projet. En revanche, les pièces publiques ne permettent pas d’expliquer avec certitude pourquoi le coût total est passé de 11 millions à 7 millions de dollars entre juillet 2025 et février 2026.

La convention prend la forme d’une régie intéressée, une modalité prévue par la loi congolaise sur les marchés publics. Ce type de contrat correspond à une formule dans laquelle l’autorité contractante confie la gestion d’un service public à une personne privée ou publique rémunérée par elle, tout en l’intéressant aux résultats d’exploitation du service.

La société Egg’s For Congo se présente, sur son site web, comme une entreprise active dans le secteur avicole en RDC. Selon les informations disponibles sur cette plateforme, le projet a été lancé en 2014 par Jean-Pierre Mwipata, Didier Molisho et Hanno Kiezebrink, avec pour objectif de promouvoir le développement de la filière avicole dans le pays. L’entreprise indique notamment intervenir dans la vente de poussins SASSO, la production et l’importation d’aliments pour volailles, l’importation et la distribution de médicaments et d’équipements avicoles, ainsi que dans la formation technique et la formation en gestion destinées aux unités d’élevage. Contactée afin d’obtenir davantage de précisions sur le PPP, la société n’avait pas encore donné suite à nos sollicitations.

Volonté de relance de la filière avicole

Cette opération s’inscrit dans un contexte plus large de relance de la filière avicole. Le 18 octobre 2024, le Conseil des ministres a approuvé un projet pilote de relance de la production avicole en RDC. Ce programme doit s’étendre sur huit pôles à travers le pays afin de structurer les filières avicoles et de créer des synergies entre aviculture moderne et aviculture paysanne, avec pour objectif affiché de renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaires.

Dans la même dynamique, la RDC a engagé, en mars 2025, des discussions avec des partenaires chinois autour d’un projet visant à produire 5 millions de poussins par an. Ce schéma reposerait sur l’importation annuelle de 50 000 couples de reproducteurs parentaux, avec, en parallèle, un transfert de technologies et un appui à la formation des éleveurs. À ce stade, il s’agit toutefois de discussions de coopération, et non d’un programme déjà exécuté.

L’intérêt des autorités pour l’aviculture s’explique par la dépendance persistante du pays aux importations. Selon les données de la Banque centrale du Congo, le cheptel avicole national était estimé à plus de 18,9 millions de têtes en 2023, mais la production locale ne suffit pas à couvrir la demande intérieure. D’après la plateforme Trade Map, les importations de viande de volaille sont passées de 122 964 tonnes en 2019 à plus de 142 300 tonnes en 2023, tandis que la facture associée a augmenté de 66,4 millions de dollars à près de 91 millions de dollars sur la même période.

Dans ce contexte, le projet validé avec Egg’s For Congo peut être lu comme un maillon d’une stratégie plus large de renforcement de l’offre locale en poussins et en intrants avicoles. Mais, à ce stade, les documents publics consultés ne détaillent ni le calendrier opérationnel complet du PPP, ni les investissements poste par poste, ni les observations formulées par l’UC-PPP avant son avis favorable.

Timothée Manoke 

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A fire broke out Tuesday morning at Beni Airport, commonly known as Mavivi, in North Kivu province in the Democratic Republic of Congo. The airport is currently undergoing upgrade work.

According to Radio Okapi, the blaze started in the kitchen of a restaurant inside the terminal building. The wooden structure was rapidly consumed by the flames.

The fire completely destroyed the building, which housed a passenger waiting area, check-in counters and administrative offices of the Civil Aviation Authority (RVA). North Kivu’s military governor, Evariste Somo Kakule, said the building had been constructed in 2010.

Major General Evariste Somo Kakule visited the site after the incident and said investigations were underway to determine the cause of the fire. He ruled out the possibility of an attack. The Beni area remains security-sensitive due to the presence of armed groups.

Fire response operations were led by teams from the United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of the Congo (MONUSCO), which deployed fire trucks in coordination with the Congolese National Police (PNC). Teams worked to prevent the fire from spreading to nearby installations, including parked aircraft and fuel depots.

Despite the damage, air traffic continued. According to local sources, passenger and baggage screening is now being carried out temporarily in the open air.

The incident comes as Mavivi Airport is undergoing a modernization project aimed at upgrading it to international status. The works were officially launched in December 2025 by Infrastructure and Public Works Minister John Banza. The project includes extending the runway to about 3,600 meters in length and 45 meters in width.

The project, being carried out by the company Services Vihumbira (SSV), aims to provide the region with modern airport infrastructure, improve connectivity and support the economic development of North Kivu.

Timothée Manoke 

Selon des sources locales, un incendie s’est déclaré dans la matinée du 11 mars 2026 à l’aéroport de Beni, communément appelé Mavivi, dans la province du Nord-Kivu, alors que cette infrastructure fait actuellement l’objet de travaux de modernisation.

D’après les informations rapportées par Radio Okapi, le feu serait parti de la cuisine d’un restaurant installé dans le bâtiment servant d’aérogare. Entièrement construit en planches, l’édifice a rapidement été embrasé par les flammes.

Le sinistre a entièrement consumé cette structure en bois, qui servait de salle d’attente, de zone d’enregistrement des passagers ainsi que de bureaux administratifs de la Régie des voies aériennes (RVA). Selon le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Évariste Somo Kakule, ce bâtiment avait été construit en 2010.

Le général-major Évariste Somo Kakule, qui s’est rendu sur place après l’incident, a indiqué que les enquêtes se poursuivent afin de déterminer les circonstances exactes de l’incendie. Il a toutefois écarté l’hypothèse d’une attaque. La zone de Beni reste en effet sécuritairement sensible en raison de la présence de groupes armés dans la région.

Les opérations d’intervention ont notamment été assurées par les équipes de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), qui ont déployé des camions anti-incendie, en collaboration avec la Police nationale congolaise (PNC). Les équipes mobilisées ont notamment œuvré à empêcher la propagation des flammes vers d’autres installations sensibles, notamment les aéronefs stationnés et les dépôts de carburant.

Malgré les dégâts matériels, le trafic aérien a été maintenu. Selon des sources locales, les procédures de contrôle des passagers et des bagages se déroulent désormais provisoirement en plein air.

Cet incident intervient alors que l’aéroport de Mavivi fait l’objet d’un projet de modernisation visant à le transformer en aéroport international. Les travaux ont été officiellement lancés en décembre 2025 par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza. Le projet prévoit notamment l’extension de la piste d’atterrissage à environ 3 600 mètres de long et 45 mètres de large.

Les travaux, réalisés par la société Services Vihumbira (SSV), doivent permettre de doter la région d’une infrastructure aérienne plus moderne, afin d’améliorer la connectivité et de soutenir le développement économique du Nord-Kivu.

Timothée Manoke 

DR Congo’s insurance regulator and the operator of the country’s single-window trade platform signed an agreement on March 6 aimed at closing one of the biggest gaps in the Congolese insurance market: the widespread failure to insure imported goods.

The agreement between the Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) and the Société d’exploitation du Guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE RDC) establishes a formal and secure data-sharing framework, strengthens coordination between relevant departments and integrates the insurance certificate into the digital documentation system for foreign trade, according to SEGUCE. The aim is twofold: to improve the traceability of import operations and to enforce insurance obligations under Congolese law.

For ARCA, the priority is ensuring that imported goods are covered by insurers licensed in the Democratic Republic of Congo, as required by the insurance code. Alain Kanyinda, director general of the regulatory authority, tied the move to the fight against premium evasion and to oversight of mandatory insurance, particularly coverage for import cargo. The objective, he indicated, is not merely to verify certificates but also to keep a portion of those premiums within the domestic insurance market.

The agreement builds on earlier work. In March 2023, ARCA and the DGDA customs authority had already formalized the interconnection between the national insurance certificate issuance system, known as SYNECA, and the Sydonia customs platform. That initiative was designed to tighten controls on mandatory insurance and prevent irregular certificates from being used in import operations. The deal with SEGUCE adds another layer to that architecture.

More than $60 million in annual premiums

Behind the regulatory logic lies a market ambition. The Congolese insurance sector, effectively liberalized since 2019, has grown from roughly $70 million to more than $350 million in 2024, according to ARCA. The regulator estimates it could surpass $1 billion within the next decade. But that trajectory depends largely on the ability to capture segments that remain poorly controlled, chief among them insurance on imports.

The ARCA-SEGUCE agreement is, in that context, an attempt to retain premiums within the domestic market. By fully embedding insurance within the digital documentation chain for foreign trade, the authorities are making it harder to use coverage purchased outside the licensed market in the DRC. For insurers operating in the Congolese market, the stakes are significant: import cargo flows represent a growth opportunity in a country where insurance penetration remains below 1% of GDP, despite what the regulator describes as substantial potential.

Using the $26.7 billion in goods imports recorded by the Banque centrale du Congo in 2024 as a baseline, insurance on import cargo potentially represents more than $60 million in annual premiums, and possibly above $100 million depending on the categories of goods and the rates applied by licensed insurers.

Whether the agreement delivers on that potential will depend on execution. The ARCA-DGDA experience shows that signing a protocol does not always produce immediate effects on the ground. The success of the SEGUCE deal will hinge on whether both institutions can make the data exchanges genuinely operational, ensure the validity of insurance certificates and integrate the requirement into importers’ procedures without friction.

Pierre Mukoko & Ronsard Luabeya

L’accord signé le 6 mars entre l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA) et la Société d’exploitation du Guichet unique intégral du commerce extérieur (SEGUCE RDC) dépasse le simple registre technique. En organisant l’échange de données sur l’assurance des marchandises importées, les deux institutions cherchent surtout à refermer l’une des principales brèches du marché congolais de l’assurance : l’évasion des primes liées aux importations.

Selon la communication de la SEGUCE, le protocole prévoit un dispositif formel et sécurisé d’échange d’informations, une coordination renforcée entre services techniques et l’intégration du certificat d’assurance dans la liasse documentaire dématérialisée du commerce extérieur. L’objectif affiché est double : améliorer la traçabilité des opérations d’importation et faire respecter les obligations d’assurance prévues par le cadre légal congolais.

Pour l’ARCA, l’enjeu est clair : s’assurer que les marchandises importées soient couvertes par des compagnies agréées en RDC, comme l’exige le Code des assurances. Alain Kanyinda, directeur général de l’autorité de régulation, lie cette démarche à la lutte contre l’évasion des primes et au contrôle des assurances obligatoires, notamment celle couvrant les facultés à l’importation. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement de vérifier des certificats, mais aussi de retenir localement une partie des flux financiers qui échappaient encore au marché formel.

Cette stratégie s’inscrit dans un chantier plus ancien. En mars 2023, l’ARCA et la DGDA avaient déjà officialisé l’interconnexion entre le Système national d’émission de certificat d’assurance (SYNECA) et la plateforme douanière Sydonia. L’objectif était déjà de mieux contrôler les assurances obligatoires et d’empêcher l’usage de certificats irréguliers dans les opérations d’importation. L’accord avec la SEGUCE ajoute ainsi une brique supplémentaire à cette architecture.

Plus de 60 millions de dollars de primes par an

Derrière cette logique de contrôle, il y a une ambition de marché. D’après l’ARCA, le secteur congolais de l’assurance, libéralisé de fait depuis 2019, est passé d’environ 70 millions de dollars à plus de 350 millions de dollars en 2024. Le régulateur estime qu’il pourrait dépasser le milliard de dollars dans les dix prochaines années. Mais cette trajectoire dépend largement de la capacité à capter des segments encore mal maîtrisés, au premier rang desquels figure l’assurance des importations.

L’accord ARCA–SEGUCE apparaît, dans cette perspective, comme une opération de rétention locale des primes. En obligeant l’assurance à entrer pleinement dans la chaîne documentaire numérique du commerce extérieur, les autorités rendent plus difficile le recours à des couvertures souscrites hors du circuit agréé en RDC. Pour les assureurs établis sur le marché congolais, l’enjeu est important : les flux liés aux facultés à l’importation représentent un gisement de croissance dans un pays où le taux de pénétration de l’assurance reste encore inférieur à 1 % du PIB, malgré un potentiel jugé important par le régulateur.

En prenant comme base les 26,7 milliards de dollars d’importations de biens enregistrés par la Banque centrale du Congo en 2024, l’assurance des facultés à l’importation représente potentiellement plus de 60 millions de dollars de primes par an, voire au-delà de 100 millions de dollars selon les catégories de marchandises et les taux appliqués par les assureurs agréés.

L’issue de cette bataille reste toutefois conditionnée par l’exécution effective des interconnexions annoncées. L’expérience ARCA–DGDA montre que la signature d’un protocole ne suffit pas toujours à produire immédiatement des effets sur le terrain. La réussite de l’accord avec la SEGUCE dépendra donc de la capacité des deux institutions à rendre les échanges de données réellement opérationnels, à fiabiliser les certificats et à intégrer, sans friction, cette exigence dans les procédures des importateurs.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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The Democratic Republic of Congo's Finance Ministry has given companies operating gambling businesses, including sports betting, lotteries, casinos and prediction games, until March 31, 2026 to bring their operations into compliance.

In a communique published on March 5, the ministry asked operators without a license to register with the Directorate of Financial Regulation or provincial finance divisions to obtain an official operating permit.

Operators who fail to comply face sanctions under current legislation. These include administrative penalties such as fines, tax adjustments, suspension of activity or forced closure, as well as criminal prosecution for unauthorized commercial activity or tax fraud.

The Finance Ministry also reminded operators of their obligation to pay the operating license tax and the ad valorem tax on players' winnings. The ministry derives this authority from Article 46 of the Dec. 10, 2023 finance law for fiscal year 2024, which transferred the collection of these taxes to the ministry. The taxes were originally established under a March 13, 2018 ordinance-law defining duties, taxes and levies collected by the central government.

$1.6 billion in revenue

The move highlights the challenge of capturing revenue from a fast-growing but still largely informal sector.

"The sector's contribution to the public treasury remains relatively low, even though studies indicate that the total revenue of companies operating in this field exceeded $1.6 billion in the last fiscal year," Finance Minister Doudou Fwamba said during a broadcast on Top Congo on Sept. 29, 2025.

The situation stems partly from the large number of informal operators. In 2023, during a Cabinet meeting, Fwamba's predecessor Nicolas Kazadi said 139 illegal operators had been active in 2022, with no data available on their revenues.

Tax receipts from the sector that year reached only one billion Congolese francs, a level considered very low relative to its actual potential.

Despite the deadline, the Finance Ministry's ability to act remains constrained by a fragmented regulatory framework.

"Although the sector already has a regulatory framework, it remains insufficiently modernized and inadequately digitized," Fwamba said in the radio interview.

A government diagnostic also identified the absence of a clear and unified regulatory framework and weak oversight, creating conditions that facilitate money laundering and other illicit financial activities.

Push for digitization

To address these weaknesses, the government has launched a reform of the sector. A bill laying out the fundamental principles for gambling was adopted in Cabinet on April 11, 2025 and transmitted to Parliament in June 2025.

The bill proposes an overhaul of the sector's governance and regulatory framework. Measures under consideration include the creation of a monitoring system to track operators' transactions in real time.

The reform would also expand digitization by requiring players to create accounts before participating in games. This measure would strengthen transaction traceability.

In parallel, the Ministry of Sports and Leisure signed a partnership in June with Burundian company East African General Trade Company to establish a centralized digital system to track bets and lotteries.

The system is designed to connect operator platforms and transmit real-time data on wagers and winnings to the state. The reform also includes plans for a sector-specific tax regime aimed at increasing public revenue collection.

Under current rules, winnings are taxed at 10% and the operating license tax is capped at $100,000 under a ministerial order dating from November 2019. Authorities also say the reform aims to strengthen efforts against money laundering and terrorist financing, risks regularly associated with gambling activities.

While the government's bill is under review in Parliament, National Assembly member Willy Mishiki Buhini introduced a separate bill in February 2026 also aimed at regulating gambling in the DRC. The lawmaker argued that the sector's rapid growth requires a stricter legal framework to protect players and ensure a greater fiscal contribution.

Pierre Mukoko & Boaz Kabeya

Le ministère des Finances de la République démocratique du Congo (RDC) a donné jusqu’au 31 mars 2026 aux sociétés exploitant des jeux d’argent — paris sportifs, loteries, casinos et concours de pronostics — pour régulariser leur situation administrative. Dans un communiqué publié le 5 mars, l’administration demande aux opérateurs ne disposant d’aucun agrément de s’identifier auprès de la Direction de la réglementation financière ou des divisions provinciales des Finances afin d’obtenir une autorisation officielle d’exploitation.

À défaut, ils s’exposent à des sanctions prévues par la législation en vigueur. Il peut s’agir de sanctions administratives — amendes, redressements fiscaux, suspension d’activité ou fermeture administrative —, mais aussi de poursuites judiciaires pour activité commerciale non autorisée ou fraude fiscale.

Dans son communiqué, le ministère des Finances rappelle aussi aux opérateurs leur obligation de s’acquitter de la taxe sur l’autorisation d’exploitation ainsi que de la taxe ad valorem sur les gains des joueurs. Sa compétence en la matière découle de l’article 46 de la loi de finances du 10 décembre 2023 pour l’exercice 2024. Ce texte a transféré à ce ministère la perception de ces taxes, prévues dans l’ordonnance-loi du 13 mars 2018 fixant la nomenclature des droits, taxes et redevances du pouvoir central.

1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires

Ce rappel met en lumière l’enjeu d’une meilleure captation des recettes d’un secteur en forte expansion, mais encore largement informel. « La contribution de ce secteur au Trésor public demeure relativement faible, alors même que les études indiquent que le chiffre d’affaires global des entreprises opérant dans ce domaine a dépassé 1,6 milliard de dollars au cours du dernier exercice fiscal », expliquait le ministre des Finances, Doudou Fwamba (photo), lors d’une émission sur Top Congo le 29 septembre 2025.

Cette situation s’explique notamment par la présence d’un grand nombre d’opérateurs informels. En 2023, lors d’un Conseil des ministres, son prédécesseur, Nicolas Kazadi, avait révélé que 139 opérateurs illégaux étaient actifs en 2022, sans qu’aucune donnée ne soit disponible sur leurs revenus. Les recettes fiscales liées à cette activité, cette même année, n’avaient atteint qu’un milliard de francs congolais, un niveau jugé très faible au regard du potentiel réel du secteur.

Malgré cet ultimatum, les marges de manœuvre du ministère des Finances restent limitées par la fragmentation actuelle du cadre de régulation. « Bien que le secteur dispose déjà d’un cadre de régulation, celui-ci reste encore peu modernisé et insuffisamment digitalisé », expliquait Doudou Fwamba dans son intervention radiophonique. Un diagnostic établi par les autorités a notamment mis en évidence l’absence d’un cadre réglementaire clair et unifié, ainsi qu’un déficit de contrôle favorisant le blanchiment d’argent et d’autres activités financières illicites.

C’est précisément pour remédier à ces faiblesses que le gouvernement a engagé une réforme du secteur. Un projet de loi portant principes fondamentaux relatifs aux jeux d’argent et de hasard a été adopté en Conseil des ministres le 11 avril 2025, avant d’être transmis au Parlement en juin 2025.

Vers une forte digitalisation

Le texte prévoit une refonte du dispositif de gouvernance et de régulation. Parmi les mesures envisagées figure la mise en place d’un système de monitoring des activités de jeux, destiné à suivre en temps réel les opérations réalisées par les opérateurs. Il introduirait par ailleurs une digitalisation accrue du système. Les joueurs devraient notamment créer un compte pour participer aux jeux, ce qui permettrait de renforcer la traçabilité des transactions.

Dans cette perspective, le ministère des Sports et Loisirs a engagé, en juin de la même année, un partenariat avec la société burundaise East African General Trade Company pour mettre en place un système numérique centralisé de suivi des paris et loteries. Ce dispositif vise à connecter les plateformes des opérateurs afin de transmettre à l’État des données en temps réel sur les mises et les gains.

La réforme prévoit également l’instauration d’un régime fiscal spécifique pour le secteur afin d’accroître la mobilisation des recettes publiques. Actuellement, les gains sont taxés à hauteur de 10 % et la taxe sur l’autorisation d’exploitation est plafonnée à 100 000 dollars, selon un arrêté datant de novembre 2019. La réforme doit également permettre de mieux lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, deux risques régulièrement associés à ce type d’activités.

Alors que le projet de loi du gouvernement est en examen, le député national Willy Mishiki Buhini a, en février 2026, déposé à l’Assemblée nationale une proposition de loi visant également à réglementer les jeux d’argent et de hasard en RDC. L’élu estime que le développement rapide du secteur nécessite un encadrement juridique plus strict afin de protéger les joueurs et d’assurer une meilleure contribution fiscale.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

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At the Council of Ministers meeting on March 6, 2026, Hydrocarbons Minister Acacia Bandubola Mbongo presented a proposal to revise the hydrocarbons law and draft a separate bill on liquefied petroleum gas (LPG), commonly known as domestic gas.

According to the Council of Ministers’ summary, the planned reform is expected to introduce a more flexible and incentive-driven tax framework while diversifying the methods for allocating petroleum rights, in line with practices observed in several oil-producing countries.

The future legislation is also expected to strengthen transparency in the granting of rights, improve the integration of environmental requirements, and clarify mechanisms related to local content and state representation in projects. The envisaged text would further enshrine the use of concession contracts and clarify the categorisation of oil blocks.

For the executive, the initiative is meant to modernise the sector's legal framework, enhance its attractiveness and encourage new investment. It also aims to better organise the LPG supply chain, which remains underdeveloped in the Democratic Republic of Congo, in a context shaped by the search for cleaner cooking solutions.

Biomass remains by far the primary energy source used for cooking in the country. LPG usage is still limited. In Kinshasa, its penetration rate is estimated at around 14 percent of households, or approximately 250,000 homes, according to official data cited within the framework of the DRC's energy compact. Authorities are aiming to raise that figure to 1.2 million households in the capital by 2030.

As part of this effort, a partnership was initiated in late 2025 between the Ministry of Hydrocarbons and the International Finance Corporation (IFC) focused on developing the LPG sector. Concordant sources indicate that this support is intended to contribute to strengthening the regulatory framework and mobilising investment in the industry.

The announcement extends a broader revision of the hydrocarbons legal framework that was set in motion in 2025. Authorities consider that certain shortcomings of the 2015 law contributed to reducing the sector's attractiveness, particularly following the failed tender launched in July 2022 for the allocation of 27 oil blocks.

Through this reform, the government intends to simultaneously revive the hydrocarbons sector, better regulate the domestic gas industry, and support the transition to cleaner cooking methods.

Ronsard Luabeya

The World Bank is considering extending its Transforme project along the Lobito Corridor in the southeastern Democratic Republic of Congo (DRC), Zouhour Karray, the Bank’s Senior Private Sector Specialist, said after a two-week mission to the country.

Speaking in an interview published on the project’s YouTube channel on March 6, 2026, Karray said the initiative forms part of a corridor-based development strategy aimed at linking infrastructure investment with the growth of local entrepreneurship.

Three corridors are currently under consideration: the Lobito Corridor, the Kongo Central Corridor and an axis stretching from Mbuji-Mayi to Bukavu, which she described as a “peace corridor.”

Preliminary assessments have identified five cities in Haut-Katanga and Lualaba provinces as priority areas: Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Fungurume and Mutshatsha. Karray stressed that the selection remains provisional and that evaluations are ongoing.

The two-week mission focused on assessing the local entrepreneurial ecosystem, the region’s economic potential and the specific needs of SMEs, startups, women entrepreneurs and micro-entrepreneurs.

“In the coming stages, we will have a clearer picture of the instruments that will be deployed at the provincial level, as well as opportunities to support business climate reforms,” she said.

The preparation phase for the proposed expansion is expected to run until June 2026, with implementation planned to begin afterwards. The World Bank is also considering extending the project by two years and providing additional financing to support the scale-up.

The Transforme project was approved by the World Bank in May 2022 with a budget of $300 million. It aims to support the growth of micro, small and medium-sized enterprises, particularly those owned or led by women, through grants, improved access to finance and business environment reforms. The project is currently scheduled to close on Sept. 30, 2027.

In February 2025, national project coordinator Alexis Mangala said the project’s geographic scope was limited to the cities of Bukavu, Bunia, Goma, Kananga, Kinshasa and Mbuji-Mayi, as well as the Kasangulu–Muanda corridor, which includes Kasangulu, Kisantu, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Matadi, Boma and Muanda.

If approved, the Lobito Corridor expansion would mark a significant new phase in the project’s deployment rather than a minor extension of its current footprint.

Ronsard Luabeya

Le gouvernement congolais prépare un projet de loi consacré au gaz de pétrole liquéfié (GPL), plus connu sous le nom de gaz domestique. Lors du Conseil des ministres du 6 mars 2026, la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo (photo), a présenté un dossier relatif à l’organisation des travaux de révision de la loi sur les hydrocarbures ainsi qu’à l’élaboration d’un texte législatif dédié au GPL.

D’après le compte rendu du Conseil des ministres, la réforme en préparation devrait notamment introduire une fiscalité plus flexible et plus incitative, tout en diversifiant les modalités d’attribution des droits pétroliers, en ligne avec les pratiques observées dans plusieurs pays producteurs.

Le futur dispositif devrait également renforcer la transparence dans l’octroi des droits, améliorer la prise en compte des exigences environnementales et préciser les mécanismes liés au contenu local ainsi qu’à la représentativité de l’État dans les projets. Le texte envisagé devrait aussi consacrer le recours au contrat de concession et clarifier la catégorisation des blocs pétroliers.

Pour l’exécutif, cette initiative doit permettre de moderniser le cadre légal du secteur, d’en renforcer l’attractivité et de favoriser de nouveaux investissements. Elle vise aussi à mieux organiser la filière du GPL, encore peu développée en RDC, dans un contexte marqué par la recherche de solutions de cuisson plus propres.

Aujourd’hui, la biomasse reste de loin la principale source d’énergie utilisée pour la cuisson dans le pays. Le recours au GPL demeure limité. À Kinshasa, son taux de pénétration est estimé à environ 14 % des ménages, soit près de 250 000 foyers, selon des données officielles relayées dans le cadre du compact énergétique de la RDC. Les autorités ambitionnent de porter ce chiffre à 1,2 million de ménages dans la capitale d’ici 2030.

Dans cette dynamique, un partenariat a été engagé fin 2025 entre le ministère des Hydrocarbures et la Société financière internationale (IFC) autour du développement du secteur du GPL. Des sources concordantes indiquent que cet appui doit contribuer au renforcement du cadre réglementaire et à la mobilisation d’investissements dans cette filière.

Cette annonce prolonge un processus de révision plus large du cadre légal des hydrocarbures, engagé en 2025. Les autorités estiment que certaines limites de la loi de 2015 ont contribué à réduire l’attractivité du secteur, notamment après l’échec de l’appel d’offres lancé en juillet 2022 pour l’attribution de 27 blocs pétroliers.

Avec cette réforme, le gouvernement entend à la fois relancer le secteur des hydrocarbures, mieux encadrer la filière du gaz domestique et soutenir la transition vers des modes de cuisson plus propres.

Ronsard Luabeya

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