Le marché congolais de l’assurance-vie amorce une percée vers un nouveau segment longtemps resté en marge des services financiers formels : les exploitants miniers artisanaux. Le 5 mai 2026, les compagnies d’assurance-vie Afrissur, Rawsur Life et Activa Vie ont signé une convention de collaboration avec le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), en vue de déployer une offre de couverture destinée aux travailleurs du secteur minier artisanal.
L’initiative vise à proposer des mécanismes de protection financière à une catégorie de travailleurs exposée à des risques élevés d’accident, d’invalidité ou de décès dans l’exercice de leurs activités. Selon une communication d’Afrissur, le partenariat prévoit la mise en place d’une formule de type « protection groupe », incluant une indemnisation des familles en cas de décès d’un exploitant, ainsi qu’une couverture en cas d’invalidité totale ou permanente.
Présentée comme l’architecte technique du programme, Afrissur assure la coordination administrative et opérationnelle du dispositif. La société indique vouloir garantir une mise en œuvre structurée et transparente, avec une approche orientée vers « l’impact social durable ». Elle évoque également la possibilité d’étendre progressivement l’offre à d’autres services de prévoyance, notamment des couvertures santé destinées aux exploitants et à leurs familles.
Selon les données du SAEMAPE, l’exploitation artisanale représente plusieurs centaines de milliers de travailleurs répartis sur des centaines de sites miniers à travers le pays. L’établissement public supervise notamment un réseau d’environ 1 415 coopératives minières opérant sur près de 848 sites artisanaux. Pour les assureurs, cette population constitue un important réservoir de croissance dans un contexte où le marché de l’assurance-vie demeure encore concentré autour d’un nombre limité de souscripteurs formels.
D’après le rapport annuel 2024 de l’ARCA, les primes émises dans la branche Vie se chiffraient seulement à 35,09 millions de dollars en 2024. Le portefeuille reste principalement porté par l’administration publique, le secteur bancaire et financier, ainsi que les particuliers urbains. Les industries extractives figurent parmi les secteurs contributeurs, mais à des niveaux encore modestes comparativement aux principaux segments.
Au-delà de la dimension commerciale, cette initiative s’inscrit aussi dans les efforts de formalisation du secteur minier artisanal congolais, régulièrement confronté aux questions de sécurité, de protection sociale et de traçabilité des minerais. Les autorités congolaises cherchent depuis plusieurs années à mieux encadrer les chaînes d’approvisionnement artisanales, notamment dans les filières du cobalt, de l’or et du cuivre, afin de répondre aux exigences internationales en matière de responsabilité sociale et environnementale.
Ronsard Luabeya
Lire aussi :
Assurance : derrière l’accord ARCA–SEGUCE, l’enjeu de plus de 60 millions $ de primes
Investissements : l’ANAPI et l’ARCA veulent faire de l’assurance un levier d’attractivité
Assurances : Africa Re arrive à Kinshasa pour renforcer la rétention locale des primes
Assurance : un marché en croissance en RDC, projeté à plus d’un milliard $ d’ici 10 ans
Le gouvernement congolais explore une nouvelle formule pour accélérer la construction d’infrastructures sociales en province. Le 13 mai 2026, le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a échangé avec le consortium sino-canadien ANG autour d’un programme intégré visant la construction de logements sociaux, d’hôpitaux et d’équipements collectifs dans plusieurs territoires de la RDC.
Selon la communication du ministère du Plan, ce programme repose sur une approche de développement « partant des provinces ». Une première phase pilote est envisagée dans le Tanganyika, sans que le coût, le calendrier, le montage financier ou le cadre juridique du projet ne soient encore précisés.
À ce stade, peu d’informations publiques permettent d’établir précisément la composition du consortium sino-canadien ANG. Le ministère du Plan le présente comme un acteur spécialisé dans la construction industrielle et l’immobilier en mode préfabriqué.
Son représentant cité dans la communication officielle est Augustin Kamangu Yuma, présenté comme architecte et responsable d’ANG Canada. Augustin Kamangu Yuma figure dans l’annuaire de l’Ordre des architectes en France. Il apparaît aussi comme associé fondateur et vice-président Conception & Design de Greenbox Innovation, une structure active dans la construction innovante. Ces éléments confirment un profil lié à l’architecture et au bâtiment, mais ne permettent pas encore de documenter la capacité financière ou industrielle du consortium ANG.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large : la multiplication de projets présentés comme intégrés, combinant logements, infrastructures publiques, équipements collectifs et parfois activités industrielles.
En septembre 2025, un consortium qatari conduit par Al Mansour Holding avait signé plusieurs protocoles d’accord avec le gouvernement congolais pour des projets annoncés dans les logements sociaux, les infrastructures urbaines, la santé, l’industrie pharmaceutique et l’aménagement de Kinshasa.
Dans le Tanganyika, les autorités provinciales avaient également signé, en juillet 2025, un mémorandum avec le groupe égyptien Mahmoud Samih Holding pour développer une ville nouvelle à Kalemie, avec logements sociaux, infrastructures sanitaires, voiries et parc industriel.
À Kinshasa, le projet Cité-Jardin de la Nsele prévoit la construction de 5 800 logements dans le cadre d’un partenariat public-privé avec Modern Construction. Dans la Tshopo, le projet d’agropole porté avec ETIC International Africa Holdings prévoit aussi un développement intégré autour de 100 000 hectares, avec infrastructures agricoles, logements, transport et stockage.
Ces projets répondent à un besoin réel. Le déficit national en logements est régulièrement estimé à plusieurs millions d’unités. Mais leur multiplication pose aussi une question centrale : la capacité de l’État à transformer ces annonces en projets financés, contractualisés et effectivement exécutés.
Boaz Kabeya
Lire aussi :
Ville nouvelle de Kalemie : l’égyptien Mahmoud Samih manifeste son intérêt pour le projet
Maisons préfabriquées : vers le démarrage effectif de l’usine de panneaux de Kisangani
Projet Cité-Jardin : Equity BCDC met en place des crédits immobiliers longue durée
Minerais stratégiques : le Qatar mise sur Ivanhoe pour s’approvisionner en RDC
Tshopo : un agropole de 100 000 hectares en projet avec ETIC International Africa Holdings
The Democratic Republic of Congo's state-owned cobalt company, EVelution Energy, and commodity trading giant Trafigura signed a memorandum of understanding in Madrid on May 13, 2026, aimed at establishing a direct cobalt supply chain between the DRC and the United States.
Under the terms of the agreement, which remains subject to final contracts, Congolese cobalt hydroxide would be processed at EVelution Energy's planned refinery in Arizona, potentially covering around 40% of projected US cobalt demand. Expected to become the first commercial-scale cobalt refinery in the United States, the facility is designed to produce battery-grade cobalt sulfate and cobalt metal for the defense, aerospace, and electric vehicle battery industries.
Under the arrangement, the Entreprise Générale du Cobalt (EGC) would supply cobalt hydroxide as part of its government mandate in the DRC, while Trafigura would oversee logistics, trading, and transportation, including shipments routed through the Lobito Corridor. The broader objective is to create a shorter and more traceable supply chain that is less dependent on trading networks dominated by China.
The deal signals a shift in how Congolese artisanal cobalt is viewed by Western supply chains. Long considered difficult to integrate because of concerns surrounding traceability, child labor, and mining conditions, artisanal cobalt from the DRC is increasingly being treated by the United States as a strategic resource it wants to secure.
Created by the Congolese government in 2019, EGC holds the exclusive mandate to purchase, process, and market cobalt from artisanal mining operations. Through this agreement, the state company could gain direct access to the US market, provided it can meet strict standards on traceability, social responsibility, and regulatory compliance.
The move builds on the strategic minerals agreement signed between the DRC and the United States in December 2025. That deal included provisions aimed at positioning Congolese state-owned enterprises as reliable suppliers of critical minerals to the American market, amid intensifying global competition for cobalt, copper, lithium, and other strategic resources.
A stake in the value chain
While the agreement primarily aims to secure supplies for the United States, it could also create opportunities for the DRC. The parties are exploring support for local cobalt refining projects, technical training programs for EGC staff, and a possible minority stake for EGC in EVelution Energy or its refining infrastructure.
Although these elements remain preliminary, they reflect Kinshasa's broader ambition to move beyond its role as a raw material supplier. Congolese authorities are seeking to use growing American interest in cobalt to negotiate technology transfers, strengthen domestic industrial capacity, and secure a larger role further downstream in the value chain.
EGC chief executive Eric Kalala said the partnership represented an important structural step for the DRC. He added that the agreement could secure a higher-value market for artisanal cobalt production while facilitating skills transfers linked to American industrial expertise.
For now, however, the memorandum of understanding does not constitute a binding commercial agreement. Volumes, pricing structures, commercial conditions, and firm commitments remain under negotiation.
The project's success will depend on several factors, including EGC's ability to align artisanal production with international standards, the implementation of credible traceability mechanisms, the construction of EVelution's Arizona refinery, scheduled to begin in 2027, and the conclusion of legally binding commercial agreements.
Pierre Mukoko
L’Entreprise générale du cobalt (EGC), EVelution Energy et Trafigura ont signé, le 13 mai 2026 à Madrid, un protocole d’accord visant à établir une chaîne d’approvisionnement directe entre la République démocratique du Congo et les États-Unis autour de l’hydroxyde de cobalt congolais.
Selon le communiqué, l’accord doit permettre, sous réserve de contrats définitifs, d’alimenter la future raffinerie d’EVelution Energy en Arizona et de couvrir jusqu’à environ 40 % de la demande américaine projetée en cobalt. Cette usine, présentée comme la première raffinerie américaine de cobalt à échelle commerciale, doit produire du sulfate de cobalt de qualité batterie et du cobalt métal destiné notamment aux secteurs de la défense, de l’aérospatial et des batteries pour véhicules électriques.
Dans ce schéma, EGC devrait fournir l’hydroxyde de cobalt dans le cadre de son mandat public en RDC. Trafigura interviendrait dans la logistique, la commercialisation et l’acheminement, notamment via le corridor de Lobito. L’objectif est de créer une chaîne plus courte, traçable et moins exposée aux circuits dominés par la Chine.
Avec cet accord, le cobalt artisanal congolais, longtemps considéré comme difficile à intégrer dans les chaînes occidentales en raison des risques liés à la traçabilité, au travail des enfants et aux conditions d’exploitation, devient une ressource que les États-Unis cherchent désormais à encadrer et sécuriser.
Créée par l’État congolais en 2019, EGC dispose du mandat exclusif d’achat, de traitement et de commercialisation du cobalt issu de l’exploitation artisanale. À travers ce protocole, la société publique pourrait devenir un canal d’accès direct au marché américain, à condition de garantir des standards élevés de traçabilité, de responsabilité sociale et de conformité.
Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de l’accord stratégique signé en décembre 2025 entre la RDC et les États-Unis sur les minerais critiques. Ce partenariat prévoit notamment de s’appuyer sur les entreprises publiques congolaises pour assurer l’approvisionnement sécurisé des États-Unis en minerais critiques, dans un contexte de compétition accrue autour du cobalt, du cuivre, du lithium et d’autres minerais stratégiques.
Entrée de EGC dans le capital
Si le centre de gravité du projet reste la sécurisation des approvisionnements américains, le communiqué ouvre aussi des pistes importantes pour la RDC. Les parties envisagent de soutenir le développement de capacités locales de raffinage du cobalt, de mettre en place des programmes de formation technique pour les équipes d’EGC et d’examiner une éventuelle participation minoritaire d’EGC dans EVelution Energy ou dans ses infrastructures de raffinage.
Ces éléments restent exploratoires, mais ils traduisent une ambition congolaise : ne pas se limiter au rôle de fournisseur de matière première. Kinshasa cherche à utiliser l’intérêt américain pour le cobalt afin de négocier un transfert de compétences, une montée en gamme industrielle et une présence, même minoritaire, dans l’aval de la chaîne de valeur.
« Ce partenariat marque une étape structurelle pour la République démocratique du Congo », a déclaré Eric Kalala, directeur général d’EGC. Selon lui, l’accord « sécurise un débouché à forte valeur ajoutée pour la production artisanale », tout en mettant en avant un transfert de compétences fondé sur l’expertise industrielle américaine.
À ce stade, le protocole d’accord ne constitue pas encore un contrat définitif. Les volumes, les prix, les conditions commerciales et les obligations fermes doivent encore être négociés dans les prochains mois.
Cette prudence est importante. La réussite du projet dépendra de plusieurs facteurs : la capacité d’EGC à encadrer une production artisanale conforme aux standards internationaux, la mise en place d’une traçabilité crédible, la construction effective de l’usine d’EVelution en Arizona, prévue à partir de 2027, et la conclusion d’accords commerciaux juridiquement contraignants.
Pierre Mukoko
Lire aussi :
Cuivre-cobalt artisanal : les premières exportations d’EGC annoncées
Cobalt artisanal : EGC mise sur 1 000 tonnes « traçables » pour attirer les investisseurs
Petroleum development was one of the key topics discussed during Congolese President Félix Tshisekedi’s official visit to Kampala on May 11, 2026. The two heads of state held private talks ahead of the signing of six memoranda of understanding covering several areas of cooperation between the Democratic Republic of Congo and Uganda.
According to Ugandan President Yoweri Kaguta Museveni, his Congolese counterpart raised the possibility of jointly developing oil resources in the Albertine Graben, a geological basin that straddles the border between the two countries. Tshisekedi reportedly referred to a reservoir extending across both territories and proposed that Congo's share of the crude be processed using Uganda's existing infrastructure.
Museveni said he had accepted the proposal, citing Uganda's head start in developing the basin. “He made a proposal that I accepted, since Uganda has already developed the pipeline and is working on the refinery. DR Congo would like to participate so its share can also be processed on our side, where the necessary infrastructure is already in place,” the Ugandan president said.
The talks follow discussions held during Tshisekedi’s previous visit to Uganda in October 2024, when both countries had already explored the possibility of the DRC joining the East African Crude Oil Pipeline (EACOP) project. The roughly 1,400-kilometre pipeline is designed to link Uganda’s Murchison Falls National Park to the Tanzanian port of Tanga. The project is being developed jointly by Uganda, Tanzania, TotalEnergies and China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) to facilitate exports of crude extracted from the Albertine Graben basin.
Uganda holds a significant lead
On the Ugandan side of the basin, two major extraction projects, Tilenga and Kingfisher, are currently under development. According to available data, Tilenga is about 63% complete, while Kingfisher is nearly complete at around 99%.
The ownership structure combines international and national stakeholders. TotalEnergies holds a 56.67% stake, CNOOC holds 28.33%, while the state-owned Uganda National Oil Company holds the remaining 15%. TotalEnergies estimates that, once fully operational, the two projects could produce a combined 230,000 barrels of crude per day.
The terms of any potential Congolese participation, whether involving pipeline access, refining arrangements or contractual frameworks, have not yet been publicly defined.
Meanwhile, in April 2025, the Congolese Council of Ministers adopted a draft decree establishing a framework for awarding petroleum rights to the state-owned company Sonahydroc. The text provided for the direct allocation of certain oil rights to the company under a service contract, particularly for Blocks 1 and 2 of the Albertine Graben.
Timothée Manoke
Lors de la visite officielle du président Félix Tshisekedi, le 11 mai 2026 à Kampala, l’exploitation pétrolière a figuré à l’agenda des discussions entre les deux chefs d’État, lors d’un tête-à-tête ayant précédé la signature de six protocoles d’accord dans différents secteurs entre la RDC et l’Ouganda.
Selon le président ougandais, Yoweri Kaguta Museveni, son homologue congolais aurait évoqué la possibilité d’une exploitation conjointe des ressources pétrolières du Graben Albertine. Il a indiqué que Félix Tshisekedi lui aurait présenté la situation d’un gisement s’étendant entre les deux pays, avec une partie située en RDC et l’autre en Ouganda. Dans ce contexte, l’idée avancée consisterait à traiter une partie du pétrole congolais via les infrastructures déjà développées du côté ougandais.
Le président Museveni affirme que les infrastructures ougandaises disposent déjà d’un accès au champ pétrolier concerné. « Il [Félix Tshisekedi] a fait une proposition, que j’ai acceptée, puisque du côté ougandais, nous avons déjà développé l’oléoduc et que nous travaillons sur la raffinerie. Le Congo souhaiterait y participer afin que sa part soit également traitée de notre côté, car nous avons déjà un accès souterrain à ce champ pétrolier », a-t-il déclaré.
Cette discussion s’inscrit dans la continuité des échanges engagés entre les deux pays en octobre 2024. Lors d’une précédente visite de Félix Tshisekedi en Ouganda, les deux parties avaient déjà abordé la possibilité pour la RDC de participer au projet d’oléoduc East African Crude Oil Pipeline. Long d’environ 1 400 km, ce pipeline est destiné à relier le parc national de Murchison Falls, en Ouganda, au port de Tanga, en Tanzanie. Il est porté conjointement par l’Ouganda, la Tanzanie, ainsi que par TotalEnergies et China National Offshore Oil Corporation. L’infrastructure doit faciliter l’exportation du pétrole brut extrait du bassin du Graben Albertine, une zone géologique partagée entre la RDC et l’Ouganda.
L’Ouganda en avance
Du côté ougandais, deux principaux projets d’extraction sont en cours de développement dans cette même zone : Tilenga et Kingfisher. Ces deux projets affichent respectivement des taux d’achèvement d’environ 63 % et 99 %, selon les données disponibles.
La structure actionnariale de ces projets repose sur une combinaison d’acteurs internationaux et nationaux. TotalEnergies détient 56,67 % des parts, China National Offshore Oil Corporation 28,33 %, tandis que Uganda National Oil Company, société publique ougandaise, contrôle 15 % du capital. Selon les estimations de TotalEnergies, la production combinée de ces deux projets pourrait atteindre environ 230 000 barils de brut par jour une fois pleinement opérationnels.
Les modalités d’une éventuelle participation congolaise, qu’il s’agisse de l’accès aux infrastructures de transport, du raffinage ou des mécanismes contractuels, n’ont pas encore été clarifiées publiquement.
Parallèlement, en avril 2025, le Conseil des ministres avait adopté un projet de décret portant régime d’attribution des droits pétroliers à la société publique Sonahydroc. Ce texte prévoyait l’attribution directe de certains droits pétroliers à cette entreprise dans le cadre d’un contrat de services, notamment pour les blocs 1 et 2 du Graben Albertine.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Tête à tête Tshisekedi-Museveni : sécurité, pétrole et infrastructures au menu
Exploitation pétrolière : la Sonahydroc au cœur de la nouvelle stratégie de la RDC
Mines, infrastructures, sécurité : 21 milliards $ d’investissements qataris en vue en RDC
Pétrole : la RDC annonce une révision totale de son code pour attirer les investisseurs
Trade between the Djegu trading hub in Mahagi territory, in the Democratic Republic of Congo’s Ituri province, and the Ugandan town of Parombo has been disrupted after a bridge over the Acodho River collapsed following heavy rains.
The bridge gave way overnight between May 11 and 12, cutting off road access between this part of northeastern DR Congo and neighboring Uganda, according to Radio Okapi and several local media outlets.
The structure was a key crossing for residents and cross-border traders, and its collapse has disrupted goods flows along the route linking Mahagi to Parombo, an area heavily reliant on road transport for trade and supplies.
The incident comes as Kinshasa and Kampala recently concluded the ninth session of their Joint Permanent Commission in Kampala, where discussions included infrastructure cooperation and regional connectivity.
Since 2021, the Democratic Republic of Congo and Uganda have been working on several cross-border road projects, including the paving of the Kasindi-Beni, Beni-Butembo and Bunagana-Rutshuru-Goma corridors, covering about 223 km of roads in North Kivu province.
While those projects concern other border routes, the collapse of the Acodho bridge highlights the continued vulnerability of local infrastructure in eastern DR Congo, where much of the cross-border trade still depends on bridges and roads exposed to heavy rains and flooding.
Boaz Kabeya
Ecobank RDC, Ecobank Group’s subsidiary in the Democratic Republic of Congo, and British International Investment (BII) announced on May 12 in Kinshasa a partnership aimed at expanding access to finance for small and medium-sized enterprises (SMEs).
According to a joint statement, the agreement includes a $30 million risk-sharing facility expected to expand the bank’s lending capacity by allowing it to transfer part of the risk tied to a targeted portfolio of loans to local businesses.
The initiative aims to widen financing opportunities for SMEs seeking to scale up, modernize operations, invest in new capacity or launch new projects. Targeted sectors include agriculture and agro-processing, industry, infrastructure, climate-related projects, renewable energy and local entrepreneurship.
The partnership also includes technical assistance from BII to improve loan portfolio quality, strengthen the operational capacity of participating businesses and support sustainable growth.
Joel Kabuya, acting chief executive of Ecobank’s DRC unit, described the agreement as “a major milestone” for SME financing in the country. He said it would enable the bank to provide long-term support to the private sector while maintaining international standards in risk management and sustainable finance.
Chris Chijiutomi, BII’s managing director for Africa, said SMEs remain “an essential pillar of economic development and job creation” in the DRC but continue to face major obstacles in accessing growth financing.
The deal is part of BII’s strategy to support African frontier markets. For Ecobank, it also aligns with the group’s Vision 2030 strategy, which prioritizes private sector financing, financial inclusion and the economic transformation of African markets.
Ronsard Luabeya
The Congolese Agency for Major Works (ACGT) announced on May 11, 2026, that it had terminated the contract awarded to Congolese firm Horizon Corporation for the modernization of Tshikapa airport, which serves as the capital of Kasai province.
According to the ACGT, Chinese partner SISC, which oversees the implementation of the infrastructure program financed by Sicomines under the minerals-for-infrastructure agreement, is expected to appoint a new contractor shortly.
The agency cited unsatisfactory progress on the construction site, as well as concerns over compliance with the technical standards outlined in the project specifications.
In an official statement, the ACGT said a joint mission with SISC SA was deployed to Tshikapa from May 7, 2026, to assess progress on the project. Experts inspected completed sections of the site as well as an erosion zone threatening to split the runway in two. Following the assessment, the mission concluded that the project was more than 11 months behind schedule since the contract was signed with Horizon Corporation.
Concerns surrounding the project had already been raised several months earlier by Kasai Governor Crispin Mukendi Bukasa. During a visit to the airport in November 2025, after heavy rains rendered the runway unusable, he said the infrastructure was no longer capable of receiving aircraft because of the advanced deterioration of the runway.
At the time, he also stated that the company in charge of the project had already received a $400,000 advance payment, although work had yet to begin in earnest several months after the project was announced.
Financial and technical disputes
Horizon Corporation, however, disputed the account presented by the authorities and project partners. During a visit by Infrastructure and Public Works Minister John Banza to Tshikapa in March 2026, Horizon Corporation Director General Horizon Massamba gave the company’s version of events.
According to Massamba, an initial contract worth about $3 million was signed in February 2025, but the company received only around 1% of the contract value — roughly $300,000 before tax — intended solely for site preparation.
He added that a second contract worth about $20 million was signed in August 2025, bringing the total project value to approximately $23 million.
Massamba said the delays stemmed from disagreements with SISC over several technical and financial aspects of the project. Among the main points of contention were the runway specifications, particularly its width. Horizon Corporation wanted the runway expanded to 45 meters to accommodate aircraft such as the Boeing 737 and Airbus A320.
The company also argued that the planned airport infrastructure did not meet international standards.
Horizon Corporation further said the suspension of work was linked to financial guarantees requested by SISC SA after the contracts had already been signed. According to the company, the Chinese partner was now requesting a bank guarantee equivalent to $4 million, whereas the original agreements had designated the ACGT as guarantor.
On the monitoring platform for the Sino-Congolese infrastructure program, the cost of the Tshikapa airport modernization project is estimated at about $23.2 million. The same data shows that the project’s financial execution rate stands at 21.95%, meaning nearly $5 million has already been allocated to the project.
Timothée Manoke
L’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) a annoncé, le 11 mai 2026, le retrait du projet de modernisation de l’aéroport de Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, à l’entreprise congolaise Horizon Corporation. Selon l’ACGT, le partenaire chinois SISC, chargé de l’exécution du programme financé par Sicomines dans le cadre du contrat mines contre infrastructures, devrait prochainement confier le chantier à un nouveau prestataire.
L’agence justifie cette décision par « l’insuffisance des résultats » enregistrés sur le chantier, mais aussi par des préoccupations liées au respect des normes techniques prévues dans le cahier des charges.
Selon la communication officielle de l’ACGT, une mission mixte ACGT-SISC SA a été déployée à Tshikapa à partir du 7 mai 2026 afin d’évaluer l’état réel d’avancement des travaux. Les experts ont inspecté les réalisations sur le site, ainsi que la zone d’érosion qui menaçait de couper la piste en deux. À l’issue de cette évaluation, la mission a conclu à un retard de plus de onze mois depuis la signature du contrat avec Horizon Corporation.
Les difficultés autour de ce projet avaient déjà été évoquées plusieurs mois plus tôt par le gouverneur du Kasaï, Crispin Mukendi Bukasa. En novembre 2025, lors d’une visite à l’aéroport après les fortes pluies ayant rendu la piste impraticable, il déclarait que l’infrastructure n’était plus en mesure de recevoir des avions en raison de l’état de dégradation avancé de la piste. À cette occasion, il affirmait également que l’entreprise chargée des travaux avait déjà bénéficié d’un préfinancement de 400 000 dollars américains, sans que les travaux aient effectivement démarré plusieurs mois après l’annonce du projet.
Divergences financières et techniques
Du côté d’Horizon Corporation, la version des faits diffère toutefois de celle avancée par les autorités et les partenaires du projet. Lors de la visite du ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, à Tshikapa en mars 2026, le directeur général de l’entreprise, Horizon Massamba (photo), avait présenté sa propre lecture du dossier.
Selon lui, un premier contrat d’environ 3 millions de dollars avait été signé en février 2025, mais l’entreprise n’aurait reçu qu’un montant représentant près de 1 % du marché, soit environ 300 000 dollars avant impôts, destinés uniquement à l’installation du chantier. Il avait ensuite soutenu qu’un second contrat d’environ 20 millions de dollars avait été signé en août 2025, portant le coût global du projet à 23 millions de dollars.
Le responsable d’Horizon Corporation expliquait également que le retard accumulé résultait de divergences avec la SISC sur plusieurs aspects techniques et financiers du projet. Parmi les principaux points de désaccord figuraient notamment les dimensions de la piste, qu’Horizon souhaitait élargir à 45 mètres afin de permettre l’atterrissage d’appareils comme les Boeing 737 et les Airbus A320, ainsi que la conception des infrastructures aéroportuaires, que l’entreprise jugeait insuffisamment adaptée aux standards internationaux.
Horizon Corporation affirmait aussi que le blocage du chantier était lié aux garanties financières réclamées par la SISC SA après la signature des contrats. Selon l’entreprise, le partenaire chinois exigeait désormais une garantie bancaire équivalente à 4 millions de dollars, alors que les premiers engagements faisaient de l’ACGT son garant.
Sur la plateforme de suivi de l’état d’avancement des projets du programme sino-congolais, le coût du projet de modernisation de l’aéroport de Tshikapa est estimé à environ 23,2 millions de dollars. Selon ces mêmes données, le taux d’avancement financier du projet s’élève à 21,95 %, soit près de 5 millions de dollars déjà engagés.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Aéroport de Tshikapa : la SISC attendue pour préparer le projet de réhabilitation
Tshikapa : l’aéroport fermé, la piste d’atterrissage impraticable
Programme sino-congolais : un appui de BGFIBank pour débloquer 150 millions $ de marchés