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Equipe Publication

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L’entreprise américaine MyHydro affirme être proche de finaliser le financement du projet hydroélectrique de Kabeya-Kamwanga, développé sur la rivière Lubi, dans la province du Kasaï-Oriental.

L’annonce a été faite le 14 mai 2026, à l’issue d’une rencontre entre une délégation de la société et le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo. Selon les informations publiées par le gouvernorat provincial et relayées par l’Agence congolaise de presse (ACP), la délégation était conduite par Singoma Mwanza, associé partenaire de MyHydro, accompagné notamment du directeur général adjoint de HCC, China Hydropower Construction Group, l’entreprise appelée à construire les infrastructures.

À l’issue de la rencontre, Singoma Mwanza a indiqué que le projet était « pratiquement arrivé à la fin du bouclage financier », ouvrant ainsi la voie au démarrage des travaux dans les prochains mois. La pose de la première pierre pourrait intervenir « d’ici le trimestre prochain », sous réserve de la finalisation de certaines formalités administratives.

Aucun montant global d’investissement n’a toutefois été communiqué à ce stade. Le projet est désormais présenté avec une capacité d’environ 5 mégawatts, destinée à améliorer l’approvisionnement électrique de Mbuji-Mayi et de plusieurs localités du Kasaï-Oriental.

Lors des premières annonces faites en 2023, MyHydro évoquait une centrale de 4,48 MW, développée en deux phases : une première tranche de 1,2 MW attendue avant fin septembre 2024, puis une seconde de 3,6 MW prévue pour mars 2025. Ces échéances n’ont finalement pas été respectées.

MyHydro est une coentreprise réunissant Symbion Power et Natel Energy, spécialisée dans les petites centrales hydroélectriques à basse chute. En 2023, l’entreprise avait signé un contrat portant sur l’acquisition de quatre turbines auprès de Natel Energy pour le premier de ses 33 sites identifiés en RDC, sur la rivière Lubi.

À travers ce projet, MyHydro cherche à développer un modèle de mini-centrales hydroélectriques destinées à alimenter des réseaux locaux dans des zones insuffisamment couvertes par les infrastructures électriques nationales. Le groupe a annoncé vouloir déployer au moins 150 installations similaires en Afrique et investir plus d’un milliard de dollars sur dix ans dans des projets hydroélectriques de petite taille.

Ronsard Luabeya

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La République démocratique du Congo cherche à sécuriser une partie de ses besoins énergétiques auprès de l’Angola, en attendant la réalisation du projet Inga 3. Le 14 mai 2026, le ministre congolais des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a été reçu à Luanda par le président angolais João Lourenço pour discuter d’un projet d’interconnexion électrique entre les deux pays.

Selon l’agence publique angolaise ANGOP, Kinshasa et Luanda envisagent la construction de deux lignes de transport. La première relierait Malanje, en Angola, à Fungurume, dans le Lualaba, au cœur de la ceinture minière congolaise. La seconde connecterait Soyo, dans la province angolaise du Zaïre, au site d’Inga, en RDC, avec l’objectif d’acheminer jusqu’à 2 000 MW vers le territoire congolais.

Le projet, évalué à « plusieurs centaines de millions de dollars », doit encore faire l’objet d’études techniques approfondies. D’après Aimé Sakombi Molendo, après la présentation du rapport au président Félix Tshisekedi, les études devraient être accélérées afin de permettre, dans un délai de 18 mois, l’achèvement de la première ligne Soyo-Inga et le lancement de la liaison Malanje-Dilolo-Fungurume.

L’intérêt de la RDC pour l’électricité angolaise s’explique par son déficit structurel. Malgré un potentiel hydroélectrique souvent présenté comme l’un des plus importants du continent, le pays reste confronté à une offre insuffisante, notamment dans les zones minières. Le sud-est congolais, qui concentre l’essentiel de la production de cuivre et de cobalt, fait face à des besoins croissants en énergie pour soutenir l’activité industrielle. Selon des données du ministère congolais des Mines, le déficit des seuls opérateurs miniers dépasse 1 500 MW.

Le projet angolais apparaît ainsi comme une solution de transition avant Inga 3. Le gouvernement congolais cherche à accélérer la gouvernance du futur barrage, mais celui-ci demeure un chantier de long terme. En attendant, l’importation d’électricité depuis l’Angola permettrait de répondre plus rapidement aux besoins des populations, des industries et des communautés, selon les termes du ministre congolais.

Plusieurs projets en maturation

Cette nouvelle initiative s’ajoute à plusieurs projets déjà annoncés sur l’axe Angola-RDC. En juillet 2024, Trafigura et ProMarks ont signé un protocole d’accord avec le gouvernement angolais pour étudier la viabilité technique et économique d’un projet régional de transport d’électricité, avec un modèle de partenariat public-privé. Le groupe marocain Somagec a également été associé à un projet de ligne haute tension Angola-RDC d’environ 1,3 milliard de dollars.

En octobre 2025, l’américain Hydro-Link a, de son côté, finalisé les accords préliminaires pour une ligne de 1 150 km destinée à importer 1,2 GW d’électricité angolaise vers les zones minières du sud-est congolais, pour un coût estimé à 1,5 milliard de dollars.

L’enjeu dépasse donc la seule coopération bilatérale. Pour la RDC, il s’agit de sécuriser l’alimentation électrique de son industrie minière et de réduire un goulet d’étranglement qui pèse sur la transformation locale. Pour l’Angola, ces projets ouvrent la voie à la valorisation de ses surplus hydroélectriques et à un positionnement comme fournisseur régional d’énergie. Selon la Banque africaine de développement (BAD), l’Angola dispose d’un surplus exportable d’énergie hydroélectrique propre, qui devrait atteindre 3,5 GW d’ici 2027.

Reste à clarifier l’articulation entre ces différents projets, leurs financements, leur calendrier et le rôle respectif de la SNEL, des autorités angolaises et des opérateurs privés. À ce stade, l’annonce de Luanda confirme surtout une tendance : avant de pouvoir compter sur Inga 3, la RDC cherche déjà son électricité au-delà de ses frontières.

Pierre Mukoko

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The Democratic Republic of Congo has revoked mining permits covering more than 12,000 square kilometers that were held by two companies, as part of an ongoing effort to clean up the country's mining registry.

According to a statement from the Mining Cadastre, known by its French acronym CAMI, relayed on May 14, 2026, by  Agence congolaise de presse, the permits held by Acacia and Kwango Mines were revoked for failure to pay annual surface fees, in accordance with the Mining Code and related regulations.

The two companies jointly held 90 mining titles covering 15,029 permit blocks across the provinces of Kwango, Kwilu, Mai-Ndombe, Kongo Central and Kasai. The total area affected reaches 12,767.5 square kilometers, larger than Kinshasa.

In detail, Kwango Mines held 47 titles covering 5,282.5 sq km, while Acacia held 43 titles spanning 7,485 sq km. The permits cover minerals including gold, diamonds and bauxite.

Together, the concessions form a broad mining corridor stretching from Kongo Central to Kasai, crossing several territories in Kwango province, including Kahemba, Popokabaka and Kasongo-Lunda.

The move is part of a broader campaign launched in 2023 by CAMI to recover inactive or non-compliant mining permits. The mining administration said it has reclaimed more than 50,000 sq km of mining areas over the past three years through reviews of permit validity, compliance with payment obligations and respect for development deadlines.

The stated objective is to recover permits held by operators deemed inactive or non-compliant and make them available for new mining investment.

Before revoking the permits, CAMI had already launched a warning procedure against the companies concerned. In a statement published on April 16, 2026, the institution said several annual surface fee payments for the 2026 fiscal year had not been recorded by its financial services as of April 10.

CAMI then granted the affected permit holders 45 days to provide proof of payment or face cancellation of their licenses. Kwango Mines was explicitly named among the companies concerned at the time.

The case also carries political sensitivity. Acacia and Kwango Mines have previously been cited in several investigations as companies linked to the family of former President Joseph Kabila.

In 2017, the Congo Research Group published an investigation into the business interests attributed to the Kabila family, citing links between certain mining companies and Jaynet Kabila, the former president's twin sister. Subsequent reporting by Deutsche Welle and other international media also associated Acacia and Kwango Mines with that network of economic interests.

At this stage, however, the documents reviewed do not clearly establish the current ownership structure of either company.

Boaz Kabeya

Le processus d’assainissement du cadastre minier congolais franchit une nouvelle étape avec la mise en déchéance de vastes périmètres miniers couvrant plus de 12 000 km² dans plusieurs provinces stratégiques de la République démocratique du Congo.

Selon un communiqué du Cadastre minier (CAMI) relayé le 14 mai 2026 par l’Agence congolaise de presse (ACP), les sociétés Acacia et Kwango Mines ont été classées en déchéance pour non-paiement des droits superficiaires annuels, conformément aux dispositions du Code minier et du règlement minier.

Les deux sociétés détenaient ensemble 90 titres miniers représentant 15 029 carrés miniers répartis dans le Kwango, le Kwilu, le Maï-Ndombe, le Kongo Central et le Kasaï. La superficie totale concernée atteint 12 767,5 km², soit davantage que la ville-province de Kinshasa.

Dans le détail, Kwango Mines contrôlait 47 titres couvrant 5 282,5 km², tandis qu’Acacia détenait 43 titres répartis sur 7 485 km². Les permis portent notamment sur des substances comme l’or, le diamant et la bauxite.

L’ensemble dessine un vaste corridor minier allant du Kongo Central jusqu’au Kasaï, en passant par plusieurs territoires du Kwango, notamment Kahemba, Popokabaka et Kasongo-Lunda.

Cette mesure s’inscrit dans la campagne d’assainissement du fichier cadastral engagée depuis 2023 par le CAMI. L’administration minière affirme avoir déjà récupéré plus de 50 000 km² de périmètres miniers au cours des trois dernières années grâce à des contrôles portant sur la régularité des titres, le paiement des obligations légales ainsi que le respect des délais de mise en exploitation.

Dimension politique

L’objectif affiché est de récupérer les permis détenus par des opérateurs considérés comme inactifs ou défaillants afin de les rendre disponibles pour de nouveaux investissements miniers.

Avant cette décision, le CAMI avait déjà lancé une procédure d’alerte à l’endroit des opérateurs concernés. Dans un communiqué publié le 16 avril 2026, l’institution indiquait que plusieurs paiements des droits superficiaires annuels pour l’exercice 2026 n’avaient pas été retracés dans ses services financiers à la date du 10 avril.

Le Cadastre minier avait alors accordé un délai de 45 jours aux titulaires concernés afin de produire les preuves de paiement sous peine de déchéance. Dans la liste publiée à cette occasion, Kwango Mines figurait explicitement parmi les sociétés concernées.

Le dossier présente également une dimension politique sensible. Acacia et Kwango Mines ont déjà été citées dans plusieurs enquêtes antérieures comme des sociétés liées à la famille de l’ancien président Joseph Kabila.

En 2017, le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) avait notamment publié une enquête sur le portefeuille d’affaires attribué à la famille Kabila, évoquant des liens entre certaines sociétés minières et Jaynet Kabila, sœur jumelle de l’ancien chef de l’État. Des publications ultérieures de Deutsche Welle et d’autres médias internationaux ont également associé Acacia et Kwango Mines à ce réseau d’intérêts économiques.

À ce stade toutefois, les documents consultés ne permettent pas d’établir publiquement la structure actuelle de propriété des deux sociétés.

Boaz Kabeya

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Zambia has authorized a limited resumption of sulfuric acid exports to the Democratic Republic of Congo, offering partial relief to Congolese copper and cobalt producers facing shortages of the critical processing input for several months.

Zambian Trade Minister Chipoka Mulenga told Reuters that Chambishi Copper Smelter and Mopani Copper Mines have been allowed to resume some deliveries to Congo after rebuilding stocks allocated to the domestic market.

Lusaka remains cautious, however. Zambia will cap export volumes to avoid renewed pressure on local supply. The government could broaden its authorizations if market conditions continue to improve.

Sulfuric acid is essential for processing oxidized copper and cobalt ores, particularly in Congo's Copperbelt. Zambia suspended exports in September 2025 before introducing export controls from March onward, worsening supply difficulties for several mining companies in Congo, the world's largest cobalt producer and second-largest copper producer.

DR Congo consumes roughly 2 million metric tons of sulfuric acid per year, some of which is supplied through imports from Zambia, which itself produces close to 2 million metric tons annually. According to Reuters, Zambia's restrictions had already forced some Congolese producers to reduce sulfuric acid consumption and consider output adjustments. Mopani is expected to supply Glencore, while Chambishi Copper Smelter would export to three Chinese mining companies operating in DR Congo.

Kamoa turns the shortage into a revenue source

The regional supply crunch is not affecting all miners equally. At Ivanhoe Mines, sulfuric acid shortages have instead become a strategic commercial advantage for the Kamoa-Kakula complex.

According to Ivanhoe Mines' quarterly report published on May 6, the Kamoa-Kakula smelter produced 117,871 metric tons of high-concentration sulfuric acid in the first quarter of 2026, of which 107,700 metric tons were sold to six customers at an average price of $467 per metric ton.

The company said a new delivery contract for June was signed at $725 per metric ton, while other contracts are due for renegotiation.

The surge in sulfuric acid prices is directly improving Kamoa-Kakula's margins. Revenue from acid sales already covers the smelter's operating costs. In the first quarter, those revenues represented approximately $705 per metric ton of copper produced, compared with estimated smelter operating costs of around $595 per metric ton.

Ivanhoe Mines co-chair Robert Friedland now describes sulfuric acid production as a strategic advantage for the project. He said Kamoa-Kakula could generate close to $1 million per day in operating credits from sulfuric acid sales, helping offset rising diesel and logistics costs.

That is positive news for shareholders in Kamoa Copper, the joint venture that operates the mine.

Zambia's easing therefore does not fully resolve the problem. While it may reduce pressure on some Congolese miners in the short term, it also highlights the sector's dependence on regional suppliers for strategic industrial inputs.

Against that backdrop, Kamoa-Kakula stands out because of its vertically integrated operations. Its smelter not only reduces the logistics costs associated with exporting concentrates, but also produces locally a key input that has become scarce and expensive across the Copperbelt.

Pierre Mukoko & Ronsard Luabeya

Ruashi Mining is facing fresh accusations over environmental and health impacts in several neighborhoods of Kolwezi, in the Democratic Republic of Congo's Lualaba province. The allegations were made public in Kinshasa on May 14, 2026, by the NGO Initiative Bonne Gouvernance et Droits Humains (IBGDH), which is calling for the suspension of the company's operations until protective measures for surrounding communities are put in place.

According to Donatien Kambola, the IBGDH's coordinator, residents living near the mining site have reported respiratory problems, persistent coughing, nosebleeds and skin irritations. The organization also cited strong odors and the rapid deterioration of rooftops in certain neighborhoods.

The IBGDH had already raised concerns about health conditions around the Ruashi Mining site in February 2026. In a publication focused on the Dilungu neighborhood, it reported nosebleeds among children and breathing difficulties attributed to dust and emissions from mining activities.

No independent official assessment has yet been made public to establish a direct link between the reported health problems and the company's operations. The case nonetheless raises fresh questions about the proximity of mining operations to residential areas in the Katanga copper-cobalt basin.

Establish no-go zones

In March 2026, the government announced the deployment of an inspection mission to a site operated by Tenke Fungurume Mining (TFM), a subsidiary of Chinese group CMOC, following pollution accusations relayed by civil society organizations. The findings have not been made public.

A few weeks earlier, Congo Dongfang Mining (CDM), a company active in mineral processing, was sanctioned with $12.6 million in fines and reparations for pollution-related violations in Lubumbashi.

These cases differ in nature and in how far they have progressed. But they reflect growing pressure over the environmental and social impacts of mining in Lualaba and Haut-Katanga provinces, at a time when the DRC is consolidating its central role in global copper and cobalt supply chains.

Through its recommendations, the IBGDH is urging authorities to strengthen oversight mechanisms for mining activities, conduct regular epidemiological studies in Kolwezi and establish no-go zones for mining operations near residential areas. The organization is also calling for the involvement of public authorities, financial institutions, international buyers and the company's shareholders in developing long-term solutions for affected communities.

Based in Kolwezi, Ruashi Mining specializes in copper and cobalt production. The company is controlled by Metorex, a subsidiary of Chinese group Jinchuan. According to 2025 mining statistics, the company exported more than 14,625 metric tons of copper cathodes during the year, highlighting its contribution to Lualaba's mining sector.

Boaz Kabeya

Trans-Academia, the Democratic Republic of Congo's state-owned student transport company, is facing severe financial difficulties just three years after its launch, with its chief executive presenting a broad recovery plan to parliament last week.

Georges Ongelo, the company's chief executive, appeared before the National Assembly on May 13, 2026, to defend a restructuring program aimed at preserving what he described as the company's public service role.

Ongelo outlined a series of challenges facing the company, including cash shortages, salary arrears, unpaid social security contributions and continued dependence on government subsidies. His testimony also revived debate over how the Congolese state finances the public service obligations assigned to state-owned enterprises.

Trans-Academia operates under a subsidized public transport model that Ongelo said is currently incompatible with financial self-sufficiency. The company offers reduced fares for students and pupils while absorbing the high operating costs associated with urban transport services.

Recovery plan

Management presented a strategy structured around three timelines. In the short term, Trans-Academia plans to acquire new equipment, modernize its digital systems and clear a tax debt that management said could be offset against unpaid government subsidies. The plan also includes financing a new fleet of buses, increasing the operating subsidy to 700,000 Congolese francs, implementing the official salary scale and revising the company's budget allocations.

In the medium term, the company is seeking approval from the Central Bank of Congo to deploy a digital payment platform. It also plans to finalize a revised regulatory framework governing its operations, acquire its own logistics depot and gradually extend services to the provinces through a deployment framework already approved by authorities.

Over the longer term, management envisions nationwide operations, diversified revenue streams including dedicated quasi-fiscal levies, and a self-financing model supported by ancillary revenue sources.

Despite the ambition of the roadmap, the immediate pressure remains financial. Ongelo acknowledged that the company is struggling to pay social security contributions and remains several months behind on salaries, including for March and April 2026.

Structural weaknesses

To break the deadlock, Ongelo proposed the creation of an inter-ministerial commission under the authority of the Prime Minister's office. The body would bring together representatives from the presidency and the ministries of transport, finance, lands, public works and national education to coordinate the government's response to the company's difficulties.

The hearing took place amid broader scrutiny of the financial model of Congolese state-owned enterprises. In a recent report, the World Bank estimated that DRC public companies accumulated about $5.3 billion in losses between 2014 and 2023. The institution noted that several state enterprises carry out public service functions without a clearly defined compensation mechanism from the state, leading to persistent structural deficits.

That assessment reflects the situation facing Trans-Academia. Launched in 2023, the company was designed as a student transport initiative built around a digital registration platform and subsidized fares. The project relies on partnerships with several ministries and higher education institutions.

Since its launch, more than 20 buses have operated on three routes in Kinshasa, according to the Congolese Press Agency. The initial rollout plan had been considerably more ambitious, however, with 220 buses expected to be available for deployment and plans to acquire more than 400 additional vehicles over time.

Beyond Trans-Academia's own situation, Ongelo's appearance before parliament highlighted a recurring issue in the DRC: how to sustainably finance state-owned enterprises carrying out public service obligations without leaving them permanently dependent on government subsidies.

Ronsard Luabeya

Créée en mars 2022, pour résoudre une partie des difficultés de mobilité des étudiants congolais, la société publique Trans-Academia traverse déjà une zone de fortes turbulences financières. Auditionné le 13 mai 2026 devant l’Assemblée nationale, son directeur général, Georges Ongelo, a défendu un vaste plan de redressement destiné à sauver un modèle qu’il présente comme avant tout social.

Face aux députés, le dirigeant a dressé le tableau d’une entreprise confrontée à des contraintes structurelles : déficit de trésorerie, retards de salaires, charges sociales impayées et dépendance persistante aux subventions publiques. Derrière les difficultés de gestion, c’est surtout la question du financement des missions sociales des entreprises publiques qui s’est invitée au débat.

Selon Georges Ongelo, Trans-Academia fonctionne avec une logique de service public incompatible, à ce stade, avec un équilibre financier autonome. La société applique des tarifs subventionnés afin de permettre aux étudiants et élèves de se déplacer à moindre coût, tout en assumant des charges d’exploitation élevées liées au transport urbain.

Plan de redressement

Pour tenter de stabiliser l’entreprise, la direction a présenté un plan structuré autour de trois horizons.

À court terme, Trans-Academia prévoit l’acquisition de nouveaux équipements, la modernisation de ses outils numériques et l’apurement de sa dette fiscale, que la direction considère comme compensable par des subventions publiques non encore versées. Le plan prévoit également le financement d’un nouveau lot de bus, l’augmentation de la subvention d’équilibre à 700 000 francs congolais, l’application du barème salarial ainsi qu’une révision des crédits budgétaires alloués à la société.

À moyen terme, l’entreprise veut obtenir un agrément de la Banque centrale du Congo afin de déployer un système de paiement dématérialisé. Elle ambitionne aussi de finaliser un décret révisé encadrant ses activités, d’acquérir son propre dépôt logistique et d’étendre progressivement ses services en provinces selon une clé de répartition déjà validée.

À plus long terme, la direction évoque une couverture nationale du service, la diversification des sources de financement — notamment à travers des mécanismes parafiscaux — ainsi qu’un objectif d’autofinancement basé sur des revenus connexes.

Mais derrière cette feuille de route ambitieuse, l’urgence reste financière. Georges Ongelo reconnaît que l’entreprise peine actuellement à faire face à ses charges sociales et accuse plusieurs mois d’arriérés de salaires, notamment pour mars et avril 2026.

Défaillances structurelles

Pour sortir de l’impasse, le directeur général propose la création d’une commission interministérielle placée sous l’autorité de la Primature. Celle-ci réunirait des représentants de la Présidence, des ministères des Transports, des Finances, des Affaires foncières, des Travaux publics et de l’Éducation nationale afin de coordonner les réponses institutionnelles autour du projet.

L’audition du DG de Trans-Academia intervient dans un contexte plus large de remise en question du modèle économique des entreprises publiques congolaises. Dans un récent rapport, la Banque mondiale estime que les entreprises publiques de la RDC ont cumulé environ 5,3 milliards de dollars de pertes entre 2014 et 2023. L’institution souligne notamment que plusieurs d’entre elles assurent des missions sociales sans mécanisme clair de compensation budgétaire, créant des déséquilibres financiers chroniques.

Ce diagnostic rejoint en partie le cas de Trans-Academia. Lancée en 2023, l’entreprise a été conçue comme un outil de mobilité estudiantine reposant sur une plateforme numérique d’enregistrement et des tarifs subventionnés. Le projet s’appuie sur des partenariats avec plusieurs ministères et établissements d’enseignement supérieur.

Depuis son lancement, plus de vingt bus sont opérationnels sur trois lignes à Kinshasa, selon les données communiquées par l’Agence congolaise de presse (ACP). Le programme prévoyait toutefois une montée en puissance beaucoup plus rapide, avec la mise en circulation de 220 bus déjà disponibles et l’acquisition progressive de plus de 400 véhicules supplémentaires.

Au-delà du cas Trans-Academia, l’audition de Georges Ongelo met surtout en lumière une question récurrente en RDC : comment financer durablement des entreprises publiques chargées de missions sociales sans les condamner à une dépendance permanente aux subventions de l’État ?

Ronsard Luabeya

La société Ruashi Mining fait face à de nouvelles accusations liées à des impacts environnementaux et sanitaires dans plusieurs quartiers de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Les dénonciations ont été relayées le 14 mai 2026 à Kinshasa par l’ONG Initiative Bonne Gouvernance et Droits Humains (IBGDH), qui demande l’arrêt des travaux d’essai de l’entreprise jusqu’à la mise en place de mesures de protection pour les populations riveraines.

Selon Me Donatien Kambola, coordonnateur de l’IBGDH, des habitants des zones proches du site minier évoquent des problèmes respiratoires, des épisodes de toux persistante, des saignements nasaux ainsi que des irritations cutanées. L’organisation fait également état de peurs jugées incommodantes et à la détérioration rapide des toitures dans certains quartiers.

L’ONG avait déjà alerté en février 2026 sur la situation sanitaire autour du site de Ruashi Mining. Dans une publication consacrée au quartier Dilungu, elle évoquait notamment des cas de saignements de nez chez des enfants ainsi que des difficultés respiratoires attribuées aux poussières et aux rejets issus des activités minières.

À ce stade, aucune expertise officielle indépendante n’a encore été rendue publique pour établir un lien direct entre ces problèmes sanitaires et les opérations de l’entreprise. Mais le dossier relance les interrogations sur la cohabitation entre activités minières et zones d’habitation dans le bassin cuivre-cobalt du Katanga.

En mars 2026, le gouvernement avait annoncé le déploiement d’une mission de contrôle sur un site de Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du groupe chinois CMOC, après des accusations de pollution relayées par des organisations de la société civile. Les résultats n’ont du reste pas été communiqués au public.

Instaurer des zones interdites

Quelques semaines plus tôt, Congo Dongfang Mining (CDM), entreprise active dans le traitement des minerais, avait été sanctionnée à hauteur de 12,6 millions de dollars sous forme d’amendes et de réparations pour des faits liés à la pollution à Lubumbashi.

Ces dossiers restent différents dans leur nature et leur niveau d’avancement. Mais ils traduisent une pression croissante autour des impacts environnementaux et sociaux des activités minières dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, au moment où la RDC consolide sa position centrale dans la chaîne mondiale du cuivre et du cobalt.

À travers ses recommandations, l’IBGDH appelle les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle des activités minières, à mener des études épidémiologiques régulières à Kolwezi et à instaurer des zones interdites aux activités minières à proximité des habitations. L’organisation demande également une implication des autorités publiques, des institutions financières, des acheteurs internationaux ainsi que des actionnaires de l’entreprise afin de mettre en place des solutions durables pour les populations concernées.

Basée à Kolwezi, Ruashi Mining est spécialisée dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. La société est contrôlée par Metorex, filiale du groupe chinois Jinchuan. Selon les statistiques minières de 2025, l’entreprise a exporté plus de 14 625 tonnes de cathodes de cuivre au cours de l’année, confirmant son rôle dans la production minière du Lualaba.

Boaz Kabeya

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La Zambie a autorisé une reprise limitée de ses exportations d’acide sulfurique vers la République démocratique du Congo, offrant un répit partiel aux producteurs congolais de cuivre et de cobalt confrontés, depuis plusieurs mois, à des tensions sur cet intrant stratégique.

Selon le ministre zambien du Commerce, Chipoka Mulenga, cité par Reuters, les sociétés Chambishi Copper Smelter et Mopani Copper Mines ont été autorisées à reprendre certaines livraisons vers la RDC, après la reconstitution des stocks destinés au marché intérieur zambien.

Lusaka reste toutefois prudente. Les volumes exportés seront plafonnés afin d’éviter de nouvelles tensions sur l’approvisionnement local. Le gouvernement zambien pourrait élargir les autorisations si les conditions de marché continuent de s’améliorer.

L’acide sulfurique est indispensable au traitement des minerais oxydés de cuivre et de cobalt, particulièrement dans le Copperbelt congolais. La suspension des exportations zambiennes en septembre 2025, puis leur encadrement à partir de mars, avaient accentué les difficultés d’approvisionnement de plusieurs opérateurs miniers en RDC, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre.

La RDC consomme environ 2 millions de tonnes d’acide sulfurique par an, une partie de ses besoins étant couverte par les importations en provenance de Zambie, qui produit elle-même près de 2 millions de tonnes par an. D’après Reuters, les restrictions zambiennes avaient déjà poussé certains producteurs congolais à réduire leur consommation de produits chimiques et à envisager des ajustements de production. Mopani devrait notamment approvisionner Glencore, tandis que Chambishi Copper Smelter exporterait vers trois sociétés minières chinoises actives en RDC.

Kamoa transforme la crise en avantage

Mais cette tension régionale ne produit pas les mêmes effets pour tous les opérateurs. Chez Ivanhoe Mines, la rareté de l’acide sulfurique devient au contraire un levier financier pour Kamoa-Kakula.

Selon le rapport trimestriel d’Ivanhoe Mines, publié le 6 mai, au premier trimestre 2026, la fonderie de Kamoa-Kakula a produit 117 871 tonnes d’acide sulfurique à haute concentration, dont 107 700 tonnes ont été vendues à six clients, à un prix moyen de 467 dollars la tonne. Le document indique qu’un nouveau contrat de livraison pour juin a été signé à 725 dollars la tonne, tandis que les autres contrats doivent être renégociés.

Cette dynamique améliore directement l’économie de Kamoa-Kakula. En clair, les revenus tirés de la vente d’acide sulfurique couvrent déjà le coût de fonctionnement de la fonderie. Au premier trimestre, ils représentaient environ 705 dollars par tonne de cuivre produite, contre un coût d’exploitation de la fonderie estimé à environ 595 dollars par tonne.

Robert Friedland, co-président d’Ivanhoe Mines, présente désormais cet intrant comme un avantage stratégique. Selon lui, l’acide sulfurique produit par Kamoa-Kakula pourrait générer près d’un million de dollars par jour sous forme de crédit opérationnel, permettant de compenser une partie de la hausse des coûts du diesel et de la logistique. Une bonne nouvelle pour l’ensemble des actionnaires de Kamoa Copper.

L’assouplissement zambien ne règle donc pas entièrement la question. Il réduit temporairement la pression sur certains opérateurs congolais, mais confirme aussi la vulnérabilité d’une partie de la chaîne minière de la RDC face aux décisions de ses fournisseurs régionaux.

Dans ce contexte, Kamoa-Kakula se distingue par son intégration industrielle. Sa fonderie permet non seulement de réduire les coûts logistiques liés à l’exportation de concentrés, mais aussi de produire localement un intrant devenu rare et cher dans le Copperbelt.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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