Trans-Academia, the Democratic Republic of Congo's state-owned student transport company, is facing severe financial difficulties just three years after its launch, with its chief executive presenting a broad recovery plan to parliament last week.
Georges Ongelo, the company's chief executive, appeared before the National Assembly on May 13, 2026, to defend a restructuring program aimed at preserving what he described as the company's public service role.
Ongelo outlined a series of challenges facing the company, including cash shortages, salary arrears, unpaid social security contributions and continued dependence on government subsidies. His testimony also revived debate over how the Congolese state finances the public service obligations assigned to state-owned enterprises.
Trans-Academia operates under a subsidized public transport model that Ongelo said is currently incompatible with financial self-sufficiency. The company offers reduced fares for students and pupils while absorbing the high operating costs associated with urban transport services.
Recovery plan
Management presented a strategy structured around three timelines. In the short term, Trans-Academia plans to acquire new equipment, modernize its digital systems and clear a tax debt that management said could be offset against unpaid government subsidies. The plan also includes financing a new fleet of buses, increasing the operating subsidy to 700,000 Congolese francs, implementing the official salary scale and revising the company's budget allocations.
In the medium term, the company is seeking approval from the Central Bank of Congo to deploy a digital payment platform. It also plans to finalize a revised regulatory framework governing its operations, acquire its own logistics depot and gradually extend services to the provinces through a deployment framework already approved by authorities.
Over the longer term, management envisions nationwide operations, diversified revenue streams including dedicated quasi-fiscal levies, and a self-financing model supported by ancillary revenue sources.
Despite the ambition of the roadmap, the immediate pressure remains financial. Ongelo acknowledged that the company is struggling to pay social security contributions and remains several months behind on salaries, including for March and April 2026.
Structural weaknesses
To break the deadlock, Ongelo proposed the creation of an inter-ministerial commission under the authority of the Prime Minister's office. The body would bring together representatives from the presidency and the ministries of transport, finance, lands, public works and national education to coordinate the government's response to the company's difficulties.
The hearing took place amid broader scrutiny of the financial model of Congolese state-owned enterprises. In a recent report, the World Bank estimated that DRC public companies accumulated about $5.3 billion in losses between 2014 and 2023. The institution noted that several state enterprises carry out public service functions without a clearly defined compensation mechanism from the state, leading to persistent structural deficits.
That assessment reflects the situation facing Trans-Academia. Launched in 2023, the company was designed as a student transport initiative built around a digital registration platform and subsidized fares. The project relies on partnerships with several ministries and higher education institutions.
Since its launch, more than 20 buses have operated on three routes in Kinshasa, according to the Congolese Press Agency. The initial rollout plan had been considerably more ambitious, however, with 220 buses expected to be available for deployment and plans to acquire more than 400 additional vehicles over time.
Beyond Trans-Academia's own situation, Ongelo's appearance before parliament highlighted a recurring issue in the DRC: how to sustainably finance state-owned enterprises carrying out public service obligations without leaving them permanently dependent on government subsidies.
Ronsard Luabeya
Créée en mars 2022, pour résoudre une partie des difficultés de mobilité des étudiants congolais, la société publique Trans-Academia traverse déjà une zone de fortes turbulences financières. Auditionné le 13 mai 2026 devant l’Assemblée nationale, son directeur général, Georges Ongelo, a défendu un vaste plan de redressement destiné à sauver un modèle qu’il présente comme avant tout social.
Face aux députés, le dirigeant a dressé le tableau d’une entreprise confrontée à des contraintes structurelles : déficit de trésorerie, retards de salaires, charges sociales impayées et dépendance persistante aux subventions publiques. Derrière les difficultés de gestion, c’est surtout la question du financement des missions sociales des entreprises publiques qui s’est invitée au débat.
Selon Georges Ongelo, Trans-Academia fonctionne avec une logique de service public incompatible, à ce stade, avec un équilibre financier autonome. La société applique des tarifs subventionnés afin de permettre aux étudiants et élèves de se déplacer à moindre coût, tout en assumant des charges d’exploitation élevées liées au transport urbain.
Plan de redressement
Pour tenter de stabiliser l’entreprise, la direction a présenté un plan structuré autour de trois horizons.
À court terme, Trans-Academia prévoit l’acquisition de nouveaux équipements, la modernisation de ses outils numériques et l’apurement de sa dette fiscale, que la direction considère comme compensable par des subventions publiques non encore versées. Le plan prévoit également le financement d’un nouveau lot de bus, l’augmentation de la subvention d’équilibre à 700 000 francs congolais, l’application du barème salarial ainsi qu’une révision des crédits budgétaires alloués à la société.
À moyen terme, l’entreprise veut obtenir un agrément de la Banque centrale du Congo afin de déployer un système de paiement dématérialisé. Elle ambitionne aussi de finaliser un décret révisé encadrant ses activités, d’acquérir son propre dépôt logistique et d’étendre progressivement ses services en provinces selon une clé de répartition déjà validée.
À plus long terme, la direction évoque une couverture nationale du service, la diversification des sources de financement — notamment à travers des mécanismes parafiscaux — ainsi qu’un objectif d’autofinancement basé sur des revenus connexes.
Mais derrière cette feuille de route ambitieuse, l’urgence reste financière. Georges Ongelo reconnaît que l’entreprise peine actuellement à faire face à ses charges sociales et accuse plusieurs mois d’arriérés de salaires, notamment pour mars et avril 2026.
Défaillances structurelles
Pour sortir de l’impasse, le directeur général propose la création d’une commission interministérielle placée sous l’autorité de la Primature. Celle-ci réunirait des représentants de la Présidence, des ministères des Transports, des Finances, des Affaires foncières, des Travaux publics et de l’Éducation nationale afin de coordonner les réponses institutionnelles autour du projet.
L’audition du DG de Trans-Academia intervient dans un contexte plus large de remise en question du modèle économique des entreprises publiques congolaises. Dans un récent rapport, la Banque mondiale estime que les entreprises publiques de la RDC ont cumulé environ 5,3 milliards de dollars de pertes entre 2014 et 2023. L’institution souligne notamment que plusieurs d’entre elles assurent des missions sociales sans mécanisme clair de compensation budgétaire, créant des déséquilibres financiers chroniques.
Ce diagnostic rejoint en partie le cas de Trans-Academia. Lancée en 2023, l’entreprise a été conçue comme un outil de mobilité estudiantine reposant sur une plateforme numérique d’enregistrement et des tarifs subventionnés. Le projet s’appuie sur des partenariats avec plusieurs ministères et établissements d’enseignement supérieur.
Depuis son lancement, plus de vingt bus sont opérationnels sur trois lignes à Kinshasa, selon les données communiquées par l’Agence congolaise de presse (ACP). Le programme prévoyait toutefois une montée en puissance beaucoup plus rapide, avec la mise en circulation de 220 bus déjà disponibles et l’acquisition progressive de plus de 400 véhicules supplémentaires.
Au-delà du cas Trans-Academia, l’audition de Georges Ongelo met surtout en lumière une question récurrente en RDC : comment financer durablement des entreprises publiques chargées de missions sociales sans les condamner à une dépendance permanente aux subventions de l’État ?
Ronsard Luabeya
La société Ruashi Mining fait face à de nouvelles accusations liées à des impacts environnementaux et sanitaires dans plusieurs quartiers de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Les dénonciations ont été relayées le 14 mai 2026 à Kinshasa par l’ONG Initiative Bonne Gouvernance et Droits Humains (IBGDH), qui demande l’arrêt des travaux d’essai de l’entreprise jusqu’à la mise en place de mesures de protection pour les populations riveraines.
Selon Me Donatien Kambola, coordonnateur de l’IBGDH, des habitants des zones proches du site minier évoquent des problèmes respiratoires, des épisodes de toux persistante, des saignements nasaux ainsi que des irritations cutanées. L’organisation fait également état de peurs jugées incommodantes et à la détérioration rapide des toitures dans certains quartiers.
L’ONG avait déjà alerté en février 2026 sur la situation sanitaire autour du site de Ruashi Mining. Dans une publication consacrée au quartier Dilungu, elle évoquait notamment des cas de saignements de nez chez des enfants ainsi que des difficultés respiratoires attribuées aux poussières et aux rejets issus des activités minières.
À ce stade, aucune expertise officielle indépendante n’a encore été rendue publique pour établir un lien direct entre ces problèmes sanitaires et les opérations de l’entreprise. Mais le dossier relance les interrogations sur la cohabitation entre activités minières et zones d’habitation dans le bassin cuivre-cobalt du Katanga.
En mars 2026, le gouvernement avait annoncé le déploiement d’une mission de contrôle sur un site de Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du groupe chinois CMOC, après des accusations de pollution relayées par des organisations de la société civile. Les résultats n’ont du reste pas été communiqués au public.
Instaurer des zones interdites
Quelques semaines plus tôt, Congo Dongfang Mining (CDM), entreprise active dans le traitement des minerais, avait été sanctionnée à hauteur de 12,6 millions de dollars sous forme d’amendes et de réparations pour des faits liés à la pollution à Lubumbashi.
Ces dossiers restent différents dans leur nature et leur niveau d’avancement. Mais ils traduisent une pression croissante autour des impacts environnementaux et sociaux des activités minières dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, au moment où la RDC consolide sa position centrale dans la chaîne mondiale du cuivre et du cobalt.
À travers ses recommandations, l’IBGDH appelle les autorités à renforcer les mécanismes de contrôle des activités minières, à mener des études épidémiologiques régulières à Kolwezi et à instaurer des zones interdites aux activités minières à proximité des habitations. L’organisation demande également une implication des autorités publiques, des institutions financières, des acheteurs internationaux ainsi que des actionnaires de l’entreprise afin de mettre en place des solutions durables pour les populations concernées.
Basée à Kolwezi, Ruashi Mining est spécialisée dans l’exploitation du cuivre et du cobalt. La société est contrôlée par Metorex, filiale du groupe chinois Jinchuan. Selon les statistiques minières de 2025, l’entreprise a exporté plus de 14 625 tonnes de cathodes de cuivre au cours de l’année, confirmant son rôle dans la production minière du Lualaba.
Boaz Kabeya
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La Zambie a autorisé une reprise limitée de ses exportations d’acide sulfurique vers la République démocratique du Congo, offrant un répit partiel aux producteurs congolais de cuivre et de cobalt confrontés, depuis plusieurs mois, à des tensions sur cet intrant stratégique.
Selon le ministre zambien du Commerce, Chipoka Mulenga, cité par Reuters, les sociétés Chambishi Copper Smelter et Mopani Copper Mines ont été autorisées à reprendre certaines livraisons vers la RDC, après la reconstitution des stocks destinés au marché intérieur zambien.
Lusaka reste toutefois prudente. Les volumes exportés seront plafonnés afin d’éviter de nouvelles tensions sur l’approvisionnement local. Le gouvernement zambien pourrait élargir les autorisations si les conditions de marché continuent de s’améliorer.
L’acide sulfurique est indispensable au traitement des minerais oxydés de cuivre et de cobalt, particulièrement dans le Copperbelt congolais. La suspension des exportations zambiennes en septembre 2025, puis leur encadrement à partir de mars, avaient accentué les difficultés d’approvisionnement de plusieurs opérateurs miniers en RDC, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur mondial de cuivre.
La RDC consomme environ 2 millions de tonnes d’acide sulfurique par an, une partie de ses besoins étant couverte par les importations en provenance de Zambie, qui produit elle-même près de 2 millions de tonnes par an. D’après Reuters, les restrictions zambiennes avaient déjà poussé certains producteurs congolais à réduire leur consommation de produits chimiques et à envisager des ajustements de production. Mopani devrait notamment approvisionner Glencore, tandis que Chambishi Copper Smelter exporterait vers trois sociétés minières chinoises actives en RDC.
Kamoa transforme la crise en avantage
Mais cette tension régionale ne produit pas les mêmes effets pour tous les opérateurs. Chez Ivanhoe Mines, la rareté de l’acide sulfurique devient au contraire un levier financier pour Kamoa-Kakula.
Selon le rapport trimestriel d’Ivanhoe Mines, publié le 6 mai, au premier trimestre 2026, la fonderie de Kamoa-Kakula a produit 117 871 tonnes d’acide sulfurique à haute concentration, dont 107 700 tonnes ont été vendues à six clients, à un prix moyen de 467 dollars la tonne. Le document indique qu’un nouveau contrat de livraison pour juin a été signé à 725 dollars la tonne, tandis que les autres contrats doivent être renégociés.
Cette dynamique améliore directement l’économie de Kamoa-Kakula. En clair, les revenus tirés de la vente d’acide sulfurique couvrent déjà le coût de fonctionnement de la fonderie. Au premier trimestre, ils représentaient environ 705 dollars par tonne de cuivre produite, contre un coût d’exploitation de la fonderie estimé à environ 595 dollars par tonne.
Robert Friedland, co-président d’Ivanhoe Mines, présente désormais cet intrant comme un avantage stratégique. Selon lui, l’acide sulfurique produit par Kamoa-Kakula pourrait générer près d’un million de dollars par jour sous forme de crédit opérationnel, permettant de compenser une partie de la hausse des coûts du diesel et de la logistique. Une bonne nouvelle pour l’ensemble des actionnaires de Kamoa Copper.
L’assouplissement zambien ne règle donc pas entièrement la question. Il réduit temporairement la pression sur certains opérateurs congolais, mais confirme aussi la vulnérabilité d’une partie de la chaîne minière de la RDC face aux décisions de ses fournisseurs régionaux.
Dans ce contexte, Kamoa-Kakula se distingue par son intégration industrielle. Sa fonderie permet non seulement de réduire les coûts logistiques liés à l’exportation de concentrés, mais aussi de produire localement un intrant devenu rare et cher dans le Copperbelt.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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DR Congo’s life insurance sector is seeking to expand into the artisanal mining industry, targeting workers who have long remained outside the formal financial system. On May 5, 2026, three insurers — Afrissur, Rawsur Life and Activa Vie — signed an agreement with SAEMAPE, the state agency overseeing small-scale and artisanal mining, to provide insurance coverage for artisanal miners.
The initiative is intended to provide financial protection for workers facing high risks of accidents, disability and death on the job. According to a statement from Afrissur, the partnership includes a group insurance scheme providing compensation to the families of miners killed while working, as well as coverage for cases of total and permanent disability.
Afrissur, which designed the programme, will oversee its administrative and operational coordination. The insurer said it aims to ensure a structured and transparent rollout under what it described as a “sustainable social impact” approach. The company also said the programme could eventually be expanded to include additional services, notably health coverage for miners and their families.
According to SAEMAPE data, artisanal mining employs several hundred thousand people across hundreds of mining sites nationwide. The agency supervises around 1,415 mining cooperatives operating on nearly 848 artisanal mining sites. For insurers, the sector offers significant growth potential at a time when Congo’s life insurance market remains concentrated among a relatively small number of formal policyholders.
The scale of the opportunity reflects the limited development of the market. According to ARCA’s 2024 annual report, total premiums written in the life insurance segment reached only $35.09 million that year. The market is largely driven by public administration clients, banks and financial institutions, and urban households. Extractive industries contribute to the portfolio, though still at levels well below the leading segments.
Beyond the commercial opportunity, the initiative also aligns with broader efforts to formalise Congo’s artisanal mining sector, which has long faced challenges linked to worker safety, social protection and mineral traceability. Congolese authorities have for several years sought to strengthen oversight of artisanal supply chains — particularly for cobalt, gold and copper — to comply with international standards on environmental and social responsibility.
Ronsard Luabeya
Small petroleum distributors in Muanda, in the Democratic Republic of Congo’s Kongo Central province, are warning that a sharp increase in provincial taxes could threaten their businesses.
According to the Congolese Press Agency (ACP), the levy imposed on small fuel traders has risen from 3,000 Congolese francs to 6,900 francs, more than doubling in a move operators describe as abrupt and difficult to absorb.
The vendors, commonly known locally as “Kadhafi,” say they are not opposed to paying taxes but want the increase to be introduced gradually to avoid putting additional pressure on already fragile businesses.
“A tax should not double overnight. We understand the government’s revenue needs, but a gradual approach would have allowed operators to adjust,” Serge Kamanga, an economic operator in the petroleum sector, told the ACP.
The increase comes as part of the introduction of a provincial tax targeting small-scale cross-border fuel trade in Kongo Central. The measure stems from a decree signed in March 2026 by Governor Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo and was implemented on May 11 by provincial Hydrocarbons Minister Carole Kiatazabu Itambo.
Provincial authorities say the reform is intended to improve revenue collection and reduce illegal charges. Under the new system, joint checkpoints will be set up along National Road 1 (RN1) and some secondary roads to centralise inspections by authorised state agencies.
Small distributors say the higher taxes come at a particularly difficult moment, after fuel prices in the country’s western pricing zone — which includes Kongo Central — were revised upward. Petrol prices rose from 2,440 francs to 2,640 francs per litre, while diesel increased from 2,430 francs to 2,635 francs.
Operators also say harassment by officials and unofficial charges remain common along the Muanda–Kasangulu corridor despite government pledges to curb the practices. According to traders, these additional costs continue to raise operating expenses and weaken the local business climate.
The retailers are now appealing to the governor and the provincial hydrocarbons ministry to review the measure and find a compromise that would protect provincial revenues without forcing the smallest fuel traders out of business.
Ronsard Luabeya
The Democratic Republic of Congo is testing a new approach to accelerating the delivery of social infrastructure across its provinces. On May 13, 2026, Minister of State for Planning Guylain Nyembo met representatives of the sino-Canadian consortium ANG to discuss an integrated development programme focused on the construction of social housing, hospitals and community facilities across several Congolese territories.
According to the Ministry of Planning, the programme is based on a development model driven by priorities identified at the provincial level, rather than imposed centrally from Kinshasa. A pilot phase is under consideration in Tanganyika province, although no details have yet been released regarding costs, timelines, financing arrangements or the legal framework governing the project.
At this stage, little public information is available about the exact composition of the ANG consortium. The Ministry of Planning describes the group as specialising in industrial and modular construction. Its representative quoted in the official communiqué, Augustin Kamangu Yuma, is presented as an architect and head of ANG Canada. Kamangu Yuma appears in the directory of France’s Order of Architects and is also listed as a founding partner and Vice-President for Design at Greenbox Innovation, a company active in innovative construction technologies. These credentials suggest relevant experience in architecture and construction, though they do not establish the consortium’s financial or industrial capacity.
The initiative reflects a broader trend in the DRC: the multiplication of integrated development projects combining housing, public infrastructure, community facilities and, in some cases, industrial activity.
In September 2025, a Qatari consortium led by Al Mansour Holding signed several memoranda of understanding with the Congolese government covering social housing, urban infrastructure, healthcare, pharmaceutical manufacturing and urban development projects in Kinshasa. In Tanganyika province, local authorities had already signed, in July 2025, a memorandum with Egyptian group Mahmoud Samih Holding for the development of a new city in Kalemie, including social housing, health infrastructure, roads and an industrial park. In Kinshasa, the Cité-Jardin de la Nsele project plans to build 5,800 housing units under a public-private partnership with Modern Construction. In Tshopo province, a planned agropole developed with ETIC International Africa Holdings would cover 100,000 hectares and combine agricultural infrastructure, housing, transport and storage facilities.
The projects aim to address a genuine need. The national housing deficit is consistently estimated in the millions of units. Yet the growing number of such announcements continues to raise a recurring question: whether the Congolese state has the institutional capacity to turn these pledges into fully financed, contractually secured and completed projects.
Boaz Kabeya
The Democratic Republic of Congo's Court of Auditors is stepping up action against irregularities in public finance management. Its president, Jimmy Munganga Ngwaka, announced the launch of legal proceedings against public accountants involved in undocumented expenditures, a practice he described as one of the main ways public funds are embezzled.
The warning came during a press briefing held on May 13, 2026, in Kinshasa on public accountants’ accountability and oversight of state spending. “This is where the abuse happens; this is where the country is being looted,” Munganga Ngwaka said, pledging to “significantly reduce the level of misconduct” in the financial management of public institutions.
The Court’s president detailed how the public spending process operates in the DRC. Each institution holds a dedicated account at the Central Bank of Congo (BCC), funded through budget execution. Authorizing officers are responsible for approving and validating expenditures, while payments are processed through the Central Bank with the mandatory involvement of public accountants, officials responsible for recording transactions and retaining all supporting documents required under public accounting rules.
The Court of Auditors said it had identified numerous cases of spending carried out without proper documentation, which it considers a serious warning sign. “Multiple cases of expenditure without supporting documents; in such cases, there is a presumption of embezzlement. All public accountants involved will be prosecuted before the Court of Auditors,” Munganga Ngwaka warned.
The move marks a significant shift toward greater scrutiny of the administrative officials involved in processing public expenditures, who have historically faced less attention than political decision-makers. The announcements come as the Court, which Munganga Ngwaka has led since 2022, expands its judicial activities.
A Strategic Roadmap
In its 2024-2025 annual public report, the institution said it intended to make the auditing of public accounts and prosecution of management failures “essential instruments of budgetary and financial discipline.” The financial court argues that these mechanisms are necessary to combat “financial impunity” and strengthen compliance with budgetary law.
The Court of Auditors says inadequate documentation in parts of the public spending system weakens the credibility of budget oversight and facilitates the misappropriation of public funds. It also criticized several practices it considers incompatible with budget discipline, including the abuse of emergency procurement procedures, payments related to uncertified domestic debt, and spending outside approved budget allocations.
The institution warned that these irregularities continue to undermine public governance and financial transparency despite the existence of oversight mechanisms provided for under Congolese law.
The report also highlighted shortfalls recorded by the Directorate General of Customs and Excise (DGDA), the Directorate General of Taxes (DGI), and the Directorate General of Administrative, Judicial, Land and Participation Revenue (DGRAD). Combined, these gaps represent an estimated revenue shortfall of 3,730.3 billion Congolese francs, approximately $1.67 billion at the current exchange rate.
Through this crackdown on undocumented spending, the Court of Auditors is seeking to tighten oversight across the entire public spending process, from the authorization of expenditures to their final payment. The message to public accountants is clear: any transaction lacking adequate documentary evidence may now be treated as presumed embezzlement, exposing those responsible to judicial prosecution.
The move comes as Congolese authorities step up efforts to reform public finances and improve budgetary governance.
Boaz Kabeya
La Cour des comptes de la République démocratique du Congo durcit le ton contre les irrégularités dans la gestion des finances publiques. Son premier président, Jimmy Munganga Ngwaka, a annoncé l’ouverture de poursuites contre les comptables publics impliqués dans des dépenses effectuées sans pièces justificatives, qu’il considère comme l’un des principaux mécanismes de détournement des deniers publics.
Cette mise en garde a été formulée lors d’un briefing de presse organisé le 13 mai 2026 à Kinshasa, autour de la redevabilité des comptables publics et du contrôle des dépenses de l’État. « C’est à ce niveau qu’il y a des problèmes ; c’est à ce niveau-là que le pays est pillé », a déclaré Jimmy Munganga Ngwaka, promettant de « réduire sensiblement le niveau de banditisme » dans la gestion comptable des institutions publiques.
Le premier président de la Cour des comptes a rappelé le fonctionnement du circuit de paiement des dépenses publiques en RDC. Chaque institution dispose d’un compte dédié ouvert à la Banque centrale du Congo (BCC), alimenté dans le cadre de l’exécution budgétaire.
Selon lui, les ordonnateurs engagent et liquident les dépenses, tandis que les paiements sont exécutés via la Banque centrale avec l’intervention obligatoire des comptables publics. Ces derniers sont chargés d’enregistrer les opérations dans leurs livres de caisse et de conserver l’ensemble des pièces justificatives prévues par le vade-mecum de la comptabilité publique.
Or, d’après la Cour des comptes, plusieurs dépenses sont réalisées sans documents justificatifs conformes, ce qui constitue un signal d’irrégularité grave. « Plusieurs cas de dépenses sans pièces justificatives ; dans ce cas-là, il y a présomption de détournement. Et tous les comptables publics concernés vont être poursuivis devant la Cour des comptes », a averti Jimmy Munganga Ngwaka.
Cette orientation marque un recentrage du contrôle sur les acteurs techniques de la chaîne de dépense publique, longtemps moins exposés que les ordonnateurs politiques. Les annonces de Jimmy Munganga Ngwaka, à la tête de la Cour des comptes depuis 2022, interviennent dans un contexte de renforcement des activités juridictionnelles de l’institution.
Feuille de route
Dans son rapport public annuel 2024-2025, l’institution affirme vouloir faire du jugement des comptes et des poursuites pour fautes de gestion des « instruments essentiels de discipline budgétaire et financière ». La juridiction financière estime que ces mécanismes sont nécessaires pour lutter contre « l’impunité financière » et renforcer « l’État de droit budgétaire ».
La Cour des comptes considère que l’absence de traçabilité dans certaines dépenses publiques fragilise la crédibilité du système de contrôle budgétaire et favorise les détournements. Elle dénonce plusieurs pratiques jugées contraires aux règles de discipline budgétaire, comme l’« abus de la procédure d’urgence », le paiement de dettes intérieures non certifiées ainsi que le non-respect des autorisations budgétaires.
Selon l’institution, ces irrégularités continuent d’affecter la qualité de la gouvernance publique et la transparence dans la gestion des finances de l’État, malgré l’existence des mécanismes de contrôle prévus par la législation congolaise.
Le rapport met également en évidence les écarts enregistrés par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). Ils représentent un manque à gagner global estimé à 3 730,3 milliards de francs congolais, soit environ 1,67 milliard de dollars au taux de change actuel.
À travers cette offensive contre les dépenses non justifiées, la Cour des comptes cherche à accroître la pression sur l’ensemble de la chaîne d’exécution budgétaire, de l’ordonnancement jusqu’au paiement effectif. Le message adressé aux comptables publics est clair : toute opération effectuée sans traçabilité documentaire suffisante pourra désormais être assimilée à une présomption de détournement et exposer ses auteurs à des poursuites juridictionnelles. Cette fermeté affichée intervient alors que les autorités congolaises multiplient les discours en faveur de l’assainissement des finances publiques et de l’amélioration de la gouvernance budgétaire.
Boaz Kabeya
À Muanda, dans le Kongo Central, les petits distributeurs de produits pétroliers s’inquiètent de la hausse de la taxe provinciale appliquée à leur activité. Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), cette taxe est passée de 3 000 FC à 6 900 FC, soit plus du double, une progression jugée trop brutale par les opérateurs locaux.
Ces vendeurs de carburants, souvent désignés localement sous le nom de « Kadhafi », ne contestent pas le principe de la taxation. Ils demandent plutôt une application progressive, afin de leur permettre d’absorber cette nouvelle charge sans fragiliser leurs activités.
« Une taxe ne peut pratiquement pas doubler en une seule fois. Nous comprenons les besoins de l’État, mais une application progressive aurait permis aux opérateurs de mieux s’adapter », a déclaré à l’ACP Serge Kamanga, opérateur économique actif dans le secteur pétrolier.
La mesure s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la taxe sur le petit commerce frontalier des produits pétroliers au Kongo Central. Elle découle d’un arrêté provincial signé en mars 2026 par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo. Le 11 mai, la ministre provinciale des Hydrocarbures, Carole Kiatazabu Itambo, a lancé son application.
Selon les autorités provinciales, cette réforme vise à mieux encadrer la collecte des recettes et à réduire les perceptions parallèles. Le dispositif prévoit notamment des postes mixtes sur la RN1 et certains axes secondaires afin de regrouper les services habilités.
Mais pour les petits distributeurs, cette hausse intervient dans un contexte déjà tendu. Les prix des carburants ont récemment été revus à la hausse dans la zone Ouest, qui comprend le Kongo Central. Le litre d’essence est passé de 2 440 FC à 2 640 FC, tandis que le gasoil est passé de 2 430 FC à 2 635 FC.
Les opérateurs dénoncent également la persistance des tracasseries administratives et parafiscales sur l’axe Muanda-Kasangulu, malgré les mesures annoncées pour y mettre fin. Selon eux, ces pratiques alourdissent encore les coûts d’exploitation et détériorent le climat des affaires.
Ils sollicitent désormais l’intervention du gouverneur et de la ministre provinciale des Hydrocarbures pour trouver un compromis. Leur principale demande : éviter qu’une mesure destinée à accroître les recettes provinciales ne fragilise davantage les petits acteurs du commerce des carburants.
Ronsard Luabeya