Facebook Bankable LinkedIn Bankable
Twitter Bankable WhatsApp Bankable
Bankable
Bankable
Equipe Publication

Equipe Publication

La nouvelle fonderie du complexe cuprifère Kamoa-Kakula, situé dans la province du Lualaba et opéré par Kamoa Copper SA, a produit ses premières anodes de cuivre pur à 99,7 % le 29 décembre 2025. Ivanhoe Mines, développeur et actionnaire du projet, en a fait l’annonce le 2 janvier 2026. Il s’agit d’une avancée industrielle notable pour ce complexe minier, dont la montée en puissance est suivie de près par les observateurs du marché des métaux.

D’un coût annoncé de 700 millions de dollars, la fonderie vise une capacité nominale de traitement de 500 000 tonnes de concentré par an, ce qui en fait, selon Ivanhoe, la plus grande installation de ce type en Afrique. L’infrastructure permettra, à terme, de transformer sur place le concentré issu des trois unités de traitement du site minier.

En attendant sa pleine montée en régime, la compagnie prévoit que ses ventes de cuivre excéderont sa production annuelle, en raison de la commercialisation progressive de stocks antérieurs constitués avant l’entrée en service de la fonderie.

Jusqu’à 700 000 tonnes d’acide sulfurique par an

Le site produira également jusqu’à 700 000 tonnes par an d’acide sulfurique, un sous-produit utilisé dans l’industrie minière régionale et dont la demande s’est accrue depuis l’interdiction d’exportation imposée par la Zambie en septembre 2025. Les premières ventes ont d’ores et déjà été conclues, selon la compagnie.

Au-delà des chiffres, cette entrée en production concrétise un changement de paradigme industriel pour Kamoa-Kakula. Depuis sa mise en service en 2021, la mine exportait la majeure partie de son concentré de cuivre vers des fonderies situées hors du territoire congolais. Une partie — environ 35 % selon plusieurs sources concordantes — était également traitée localement à l’usine de Lualaba.

« Cette installation livrera les anodes de cuivre congolais de la plus haute qualité aux marchés internationaux, établissant une nouvelle référence mondiale en termes d’échelle, d’efficacité et de durabilité », a commenté l’homme d’affaires canado-américain Robert Friedland, l’un des dirigeants d’Ivanhoe Mines.

La construction d’une fonderie sur site s’inscrit dans une logique de valorisation locale formulée dès 2021 par la compagnie, afin de réduire les coûts logistiques — le volume de cuivre contenu par chargement étant plus élevé une fois transformé —, de sécuriser les débouchés et de diversifier ses sources de revenus.

D’après les dernières données disponibles, l’ensemble de la production d’anodes de la fonderie est déjà couvert par des contrats de vente à long terme, conclus avec les groupes chinois CITIC Metal et Zijin Mining, ainsi qu’avec le négociant suisse Trafigura.

Un marché sous tension

L’entrée en production de cette infrastructure survient dans un contexte de tensions persistantes sur l’offre mondiale de cuivre et d’anticipations haussières sur les prix. Le cours du métal rouge a affiché une tendance haussière en décembre et s’est même approché des 13 000 dollars la tonne sur le London Metal Exchange (LME) en fin de mois, porté par l’anticipation de droits de douane américains sur les importations de cuivre raffiné, ainsi que par les préoccupations sur l’approvisionnement.

Parmi les facteurs d’inquiétude figurent plusieurs incidents survenus en 2025, dont un séisme ayant affecté Kamoa-Kakula en mai dernier. Ce sinistre a conduit Ivanhoe à revoir à la baisse ses prévisions de production, désormais attendue à environ 420 000 tonnes en 2025 et 2026, contre plus de 500 000 initialement escomptées.

Dans ce climat, plusieurs analystes s’attendent à une poursuite de la hausse des prix au cours des prochains mois. Le groupe Citigroup estime que le cuivre pourrait dépasser 13 000 dollars la tonne d’ici le deuxième trimestre 2026 et anticipe une hausse de 2,5 % de la consommation mondiale finale sur l’année. Gregory Shearer, stratège métaux chez J.P. Morgan, considère que la conjonction entre « stocks disloqués » et « perturbations aiguës de l’offre minière » crée les conditions d’un marché haussier durable.

Cette dynamique confère à l’entrée en production de la fonderie de Kamoa-Kakula une signification particulière, tant pour les actionnaires que pour le pays hôte, en offrant un levier économique supplémentaire.

Pour rappel, le complexe minier est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, 39,6 % par le groupe chinois Zijin Mining, 20 % par l’État congolais, et 0,8 % par Crystal River Global Limited.

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Lire aussi :

Kamoa-Kakula : l’objectif de 500 000 tonnes repoussé à 2027

Kamoa-Kakula : la demande électrique projetée à 347 MW d’ici fin 2028

Cuivre : la tonne frôle les 13 000 $ à Londres, sur fond d’inquiétudes

  • NIU Invest granted Critical Metals a £2.1 million ($2.84 million) convertible loan.
  • The funding will support operations at the Molulu copper-cobalt project in the DRC.
  • Critical Metals targets first mineral sales from Molulu by mid-2026.

NIU Invest SE, the majority shareholder of Critical Metals, has granted the company a loan of £2.1 million, equivalent to about $2.84 million, to finance its activities, notably at the Molulu copper and cobalt project in the Haut-Katanga province of the Democratic Republic of Congo.

The company announced the financing on December 31, 2025. The loan has an 18-month maturity and carries an annual interest rate of 10%, payable at the end of the term.

According to the disclosed terms, the loan takes the form of a convertible bond. This structure allows NIU Invest SE to convert the loan into equity in Critical Metals at any time and under certain conditions.

NIU Invest has used similar instruments to gradually increase its stake in the company. Its participation has now reached 69.62%, giving it effective control over Critical Metals.

The financing provides short-term relief for Critical Metals, whose Molulu project—70% owned by the company—has yet to generate commercial sales. The company remains loss-making.

For the financial year ended June 30, 2025, Critical Metals reported losses of about £2.4 million. This marked a reduction of roughly 13% compared with the previous financial year, when losses stood near £2.8 million.

According to the financial report, the improvement primarily reflects a reduction of about 25% in salary expenses. The company also implemented significant workforce cuts in the Democratic Republic of Congo, particularly among technical staff.

Cost-cutting measures extended to senior management. Since January 1, 2025, remuneration for the chief executive position has been reduced by as much as 30%.

First Sales Expected in 2026

Alongside its financial restructuring, Critical Metals has undergone several leadership changes. Russell Fryer stepped down as chief executive on September 4, 2025, and Ali Farid Khwaja replaced him. Khwaja subsequently resigned on December 16, 2025.

Since then, Danilo Lange has served as interim chief executive.

In its announcement, the company described Lange as an internationally experienced executive with more than 25 years of experience across the mining, consumer goods and marketing sectors. He previously held senior roles at companies including Yahoo and Red Bull and served as chief executive of Auriant Mining AB, a Swedish mining company listed on Nasdaq in the United States.

Critical Metals said his profile suits the company’s transition phase, as the board continues its search for a permanent chief executive.

The loan from NIU Invest again signals the majority shareholder’s confidence in the Molulu project, despite the company’s continued financial losses since launch.

The funding secures short-term operational financing while the company prepares for a ramp-up in activity.

According to Critical Metals’ most recent report, the first mineral sales from the Molulu mine are now expected by mid-2026.

This article was initially published in French by Timothée Manoke

Adapted in English by Ange Jason Quenum

 

NIU Invest SE, actionnaire majoritaire de Critical Metals, a accordé à cette dernière un prêt de 2,1 millions de livres sterling, soit environ 2,84 millions de dollars américains, afin de financer notamment ses activités sur le projet cuprifère et cobaltifère de Molulu, situé à près de 100 kilomètres au nord de Lubumbashi, dans le Haut-Katanga. Ce financement, annoncé par l’entreprise le 31 décembre 2025, est consenti sur une échéance de 18 mois, avec un taux d’intérêt de 10 % l’an, payable à la fin de la période.

Selon les termes communiqués, ce prêt prend la forme d’une obligation convertible, un mécanisme qui permet à NIU Invest SE de convertir, à tout moment et sous certaines conditions, le montant prêté en parts dans le capital de Critical Metals. C’est par ce même type de mécanisme que la société d’investissement a progressivement renforcé sa position au capital, portant sa participation à 69,62 % et s’imposant comme actionnaire de contrôle.

Ce financement apporte un nouveau souffle à Critical Metals, dont le projet de Molulu, détenu à 70 %, n’a pas encore généré de ventes commerciales. L’entreprise évolue toujours dans le rouge. Pour l’exercice financier clos le 30 juin 2025, elle a enregistré des pertes d’environ 2,4 millions de livres sterling, en baisse d’environ 13 % par rapport à l’exercice précédent, clos le 30 juin 2024, au cours duquel les pertes s’élevaient à près de 2,8 millions de livres.

D’après le rapport financier, cette amélioration relative s’explique principalement par une réduction d’environ 25 % des charges salariales, combinée à des coupes importantes dans les effectifs en République démocratique du Congo (RDC), notamment parmi les techniciens. Les mesures de réduction des coûts ont également concerné la direction, avec des baisses de rémunération du poste de directeur général allant jusqu’à 30 % depuis le 1er janvier 2025.

Premières ventes annoncées en 2026

Parallèlement à ces ajustements financiers, Critical Metals a connu plusieurs changements à sa tête. Après la démission de Russell Fryer le 4 septembre 2025, remplacé par Ali Farid Khwaja, ce dernier a à son tour quitté ses fonctions le 16 décembre 2025. Depuis cette date, Danilo Lange assure le rôle de directeur général par intérim.

Dans son annonce, l’entreprise présente Danilo Lange comme un dirigeant international expérimenté, fort de plus de 25 ans de carrière dans les secteurs minier, des biens de consommation et du marketing. Il a notamment occupé des postes de direction au sein de groupes tels que Yahoo et Red Bull, et a précédemment été directeur général de Auriant Mining AB, une société minière suédoise cotée sur la bourse américaine Nasdaq.

Selon Critical Metals, son profil est jugé adapté pour accompagner l’entreprise dans une phase de transition, alors que le conseil d’administration mène un processus de recherche pour un directeur général permanent.

Ce prêt accordé par NIU Invest traduit une nouvelle fois la confiance de l’actionnaire majoritaire dans le potentiel du projet de Molulu, malgré des résultats financiers négatifs enregistrés depuis le lancement. Il permet à l’entreprise de sécuriser le financement de ses activités à court terme, dans l’attente d’une montée en puissance opérationnelle.

Selon le rapport le plus récent de Critical Metals, les premières ventes de minerais issues de la mine de Molulu sont désormais envisagées à l’horizon de la mi-2026.

Timothée Manoke

Lire aussi :

Mine de cuivre-cobalt de Molulu : NIU contrôle désormais 70% de Critical Metals

  • The mines minister partially and temporarily lifted the suspension on artisanal copper-cobalt processing entities in Lualaba.
  • A compliance review found all processing entities in violation of the Mining Code and regulations.
  • Authorities will condition any permanent lifting on full regulatory compliance.

The Democratic Republic of Congo partially eased restrictions on artisanal copper-cobalt processing in Lualaba, the country’s main hub for artisanal activity in the sector.

Mines Minister Louis Watum Kabamba lifted “partially and temporarily” the suspension of mining and commercial activities for artisanal mineral processing entities in the copper-cobalt value chain operating in Lualaba. The ministry announced the decision in a statement published on January 5, 2026, following compliance inspections conducted in Kolwezi.

“At the end of the commission’s work (established on December 26), organized into three sub-commissions (administrative and legal, technical, and traceability and compliance), the commission found violations of the Mining Code and Mining Regulations by all processing entities,” the statement said.

The minister framed the decision as a transitional measure, allowing operators time to regularize their status. “The maintenance or definitive lifting of the suspension will remain conditional on the effective regularization of each processing entity,” the document added.


According to the statement, authorities will notify each processing entity within 72 hours of publication. The individual notices will detail corrective measures required to address administrative, technical, and traceability breaches and will specify, where applicable, financial penalties payable under current mining law.

However, the partial lifting does not apply to Luilu Resources. The ministry said the company failed to present credible documentation on technical operations and mineral traceability during the review. Authorities ordered the company to appear again before the commission in Lubumbashi within three days, with the required documents, or face sanctions proportionate to the seriousness of the violations.

Transitional Measure for Haut-Katanga

Authorities also adopted a transitional measure for Haut-Katanga, another province with significant artisanal copper-cobalt activity. Pending inspection results, authorities authorized processing entities on a temporary basis to receive minerals already present at legal or tolerated artisanal sites.

Provincial services will supervise the operation, including the provincial mining division, the provincial directorate of SAEMAPE, the provincial ministry of Mines, and representatives of cooperatives and traders.

Since December 19, 2025, authorities have suspended activities of all artisanal mineral processing entities in the copper-cobalt sector nationwide. The mines minister said the suspension forms part of the implementation of the roadmap of the National Commission to Combat Mining Fraud.

The measure aims to clean up the artisanal mineral supply chain and ensure compliance with OECD due diligence principles and the national traceability manual.

This article was initially published in French by Ronsard Luabeya

Adapted in English by Ange Jason Quenum

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba (photo), a levé « partiellement et temporairement » la suspension des activités minières et commerciales des entités de traitement des minerais artisanaux de la filière cuivre-cobalt localisées dans le Lualaba, province qui abrite la plus importante activité artisanale de cette filière. L’annoncé est contenue dans un communiqué publié le 5 janvier 2026, à l’issue des travaux de contrôle de conformité menés à Kolwezi.

« À l’issue des travaux de la commission (instituée le 26 décembre), organisée en trois sous-commissions (administrative et juridique, technique, et traçabilité et conformité), il a été constaté une violation par toutes les entités de traitement du Code et du Règlement miniers », indique le communiqué.

La décision du ministre apparaît ainsi comme une mesure transitoire, le temps pour les acteurs concernés de régulariser leur situation. « Le maintien ou la levée définitive de la suspension restera conditionné par la régularisation effective de chaque entité de traitement », précise le document.

Selon le communiqué, chaque entité de traitement recevra, dans un délai de 72 heures à compter de sa publication, une notification individuelle. Celle-ci détaillera, au cas par cas, les mesures d’accompagnement requises pour la réparation des griefs administratifs, techniques et de traçabilité reprochés et précisera également, le cas échéant, les pénalités financières à acquitter, conformément aux dispositions de la loi minière en vigueur.

Toutefois, la société Luilu Resources n’est pas concernée par cette levée partielle. Selon le ministère, l’entreprise n’a présenté aucun document probant relatif aux aspects techniques et à la traçabilité des minerais devant la commission de contrôle. Elle est sommée de se présenter à nouveau devant la commission à Lubumbashi, dans un délai de trois jours, avec les pièces requises, sous peine de sanctions proportionnelles à la gravité des manquements constatés.

Mesure transitoire pour le Haut-Katanga

Pour le Haut-Katanga, autre province à forte activité artisanale dans la filière cuivre-cobalt, une mesure transitoire a également été prise. En attendant les conclusions du contrôle, les entités de traitement sont autorisées, à titre provisoire, à recevoir les minerais déjà présents sur les sites artisanaux légaux ou tolérés.

Cette opération se fera sous l’encadrement des services provinciaux compétents, notamment la division provinciale des Mines, la direction provinciale du SAEMAPE, le ministère provincial des Mines, ainsi que les représentants des coopératives et des négociants.

Depuis le 19 décembre 2025, les activités de toutes les entités de traitement des minerais artisanaux de la filière cuivre-cobalt sont suspendues sur l’ensemble du territoire. Le ministre des Mines rappelle que cette mesure s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière.

Elle vise à assainir la chaîne d’approvisionnement des minerais artisanaux, tout en assurant le respect des principes de diligence raisonnable de l’OCDE et du Manuel national de traçabilité.

Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Cuivre-cobalt artisanal : la RDC suspend toutes les entités de traitement

Exploitation artisanale : la tragédie de Kalando réveille le plan de Tshisekedi

  • A strategic minerals partnership signed on December 4, 2025, moves into its operational phase.
  • Alain Lubamba says the deal could help the DRC convert mineral rents into industrial power.
  • The agreement links investment to governance, transparency, and fiscal reforms.

As the strategic partnership signed in Washington on December 4, 2025, between the Democratic Republic of Congo (DRC) and the United States enters its operational phase, former Congolese minister Alain Lubamba has commented publicly on the agreement. In an opinion piece titled “DRC–USA Deal: Transforming Mineral Rents into Industrial Power or Losing History Once Again,” published in the press at the end of last year, the former vice-minister of foreign affairs under President Joseph Kabila (2007–2008) described the deal as a “civilizational opportunity” for the country.

The former vice-chair of the National Assembly’s foreign relations committee said the partnership, centered on critical minerals, could allow the DRC for the first time to convert its mineral wealth into industrial power while cleaning up governance. He argued that the agreement could help the country avoid repeating a historical cycle in which it enriches the world without developing itself. Alain Lubamba described the deal as “a potential instrument of structural transformation” capable of “reconfiguring an economic model too long based on the raw export of natural resources.”

To support his analysis, the former vice-minister of the budget (2008–2010) highlighted the agreement’s commitment to local processing. The text provides for U.S. support for domestic mineral processing, including refining, transformation facilities, and participation in downstream projects abroad. “Not processing at home means remaining dependent; processing at home means asserting our sovereignty,” Alain Lubamba said.

“Cleaning Up Toxic Practices”

The former chairman of the board of the Center for Expertise, Evaluation and Certification of Precious and Semi-Precious Mineral Substances (CEEC) identified the profile of U.S. investors as another key differentiator. He said American standards—“compliance, permanent audits, and transparency obligations”—clash with the opaque practices that have characterized parts of the extractive sector.

“This configuration represents a unique lever to clean up toxic economic practices, restore state credibility with international markets and institutions, and send a strong signal: the era of opacity is coming to an end,” he said. He argued that the partnership could act as an external constraint that promotes better internal governance. “It is therefore both an economic partnership and a tool for the moral reconstruction of public governance,” he added.

Under the agreement, the DRC must strengthen governance, transparency, and the rule of law to consolidate its status as a “reliable strategic partner of the United States.” The text requires a reform of the fiscal framework within twelve months, including a ten-year tax stabilization regime, VAT refunds within 90 days, a one-stop investment window, and the creation of a centralized tax authority responsible for all interactions with mining investors. In the mining sector, Kinshasa must also strengthen regulation, improve transparency at state-owned companies, enhance customs capacity, and intensify efforts against smuggling, with support from Washington.

Risks to Avoid

While the text emphasizes opportunities, it also implicitly warns against several risks. The first risk remains institutional. The partnership will generate results only if the DRC succeeds in building a coherent economic and regulatory environment. The former lawmaker stressed the need to establish industrial conditions, including specialized zones, reliable energy supply, and modernized logistics, while ensuring governance based on transparency and traceability.

He warned that the opportunity could be lost without collective “discipline.” “The real question is no longer whether the DRC can succeed, but whether it will have the discipline, collective vision, and audacity to seize this historic opportunity,” he said.

Finally, the public policy performance expert raised the risk of political and social backlash, referring to criticism from some religious leaders that he said rests on a misreading of the deal. “Some religious leaders have presented it as a sell-off, but that is a mistaken interpretation,” he said.

For the former minister, national buy-in now represents a strategic issue. He said the agreement must be understood as “a decision of state to clean up governance, secure the national interest, and build prosperity for the Congolese people.”

This article was initially published in French by Pierre Mukoko and Ronsard Luabeya

Adapted in English by Ange Jason Quenum

 

Alors que le partenariat stratégique conclu à Washington le 4 décembre 2025 entre la République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis d’Amérique (USA) entre dans sa phase opérationnelle, l’ancien ministre congolais Alain Lubamba se prononce sur cet accord. Dans une tribune libre intitulée « Deal RDC–USA : Transformer la rente minière en puissance industrielle ou perdre une nouvelle fois l’histoire », publiée dans la presse en fin d’année dernière, l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères sous le régime de Joseph Kabila (2007-2008) estime que ce deal constitue une « chance civilisationnelle » pour son pays.

Pour l’ancien vice-président de la commission des relations extérieures de l’Assemblée nationale, ce partenariat conclu autour des minerais critiques pourrait permettre à la RDC, pour la première fois, de transformer sa rente minière en puissance industrielle, tout en assainissant sa gouvernance, et ainsi éviter de reproduire le cycle historique où le pays enrichit le monde sans se développer. Alain Lubamba présente d’ailleurs cet accord comme « un instrument potentiel de transformation structurelle » capable de « reconfigurer un modèle économique trop longtemps fondé sur l’exportation brute des ressources naturelles ».

Pour soutenir son analyse, l’ancien vice-ministre du Budget (2008-2010) met en avant l’engagement de transformation locale contenu dans l’accord. Le texte prévoit en effet un appui des États-Unis à la transformation locale des minerais — raffinage, unités de transformation, participation à des projets en aval à l’étranger. « Ne pas transformer chez nous, c’est rester dépendants ; transformer chez nous, c’est affirmer notre souveraineté », soutient Alain Lubamba.

« Nettoyer les pratiques toxiques »

Autre argument central : l’ancien président du conseil d’administration du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC) présente la nature des investisseurs américains comme un élément différenciant. Il affirme que les standards américains — « compliance, audits permanents, obligation de transparence » — seraient incompatibles avec les pratiques opaques qui ont marqué une partie du secteur extractif.

« Cette configuration représente un levier unique pour nettoyer les pratiques économiques toxiques, crédibiliser l’État auprès des marchés et institutions internationales, et envoyer un signal fort : l’ère de l’opacité touche à sa fin ». L’auteur soutient ainsi que le partenariat pourrait agir comme une contrainte extérieure favorisant une meilleure gouvernance interne : « C’est donc à la fois un partenariat économique et un outil de reconstruction morale de la gouvernance publique ».

En effet, pour consolider son rôle de « partenaire stratégique fiable des États-Unis », la RDC doit, selon l’accord, mettre en œuvre des politiques renforçant la gouvernance, la transparence et l’État de droit. Le texte exige notamment une réforme du cadre fiscal dans les douze mois : stabilisation fiscale de dix ans, remboursement de TVA sous 90 jours, guichet unique, et création d’une autorité fiscale centralisée responsable de toutes les interactions avec les investisseurs du secteur minier. Dans ce secteur, Kinshasa devra, avec l’aide de Washington, renforcer également la régulation, améliorer la transparence des entreprises publiques, consolider les capacités douanières et intensifier la lutte contre les trafics.

Risques à éviter

Si le texte insiste sur les opportunités, il met implicitement en garde contre plusieurs risques. Le premier est institutionnel : le partenariat ne produirait d’effets que si la RDC parvient à bâtir un environnement économique et réglementaire cohérent. L’ancien député national insiste sur la nécessité de créer des conditions industrielles (zones spécialisées, énergie fiable, logistique modernisée) et de garantir une gouvernance fondée sur la transparence et la traçabilité.

Pour lui, l’opportunité pourrait être perdue sans une « discipline » collective : « La vraie question n’est plus de savoir si la RDC peut réussir, mais si elle (…) aura la discipline, la vision collective et l’audace de saisir cette occasion historique », avertit-il.

Enfin, l’expert en développement de performance des politiques publiques évoque un risque de contestation politique et sociale, en référence aux critiques de certains leaders religieux qu’il juge fondées sur une lecture erronée : « Certains leaders religieux l’ont présenté comme un bradage, mais il s’agit d’une interprétation erronée ».

Pour l’ancien ministre, l’adhésion nationale à ce partenariat devient un enjeu stratégique, car l’accord doit être compris comme « une décision d’État pour assainir la gouvernance, sécuriser l’intérêt national et construire la prospérité des Congolais ».

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

Lire aussi :

Minerais critiques, sécurité, fiscalité… : ce que prévoit l’accord RDC–États-Unis

Dans une annonce publiée sur son site officiel le 30 décembre 2025, Access Bank RDC, filiale du groupe nigérian Access Bank Plc, a indiqué avoir obtenu l’aval de la Banque centrale du Congo (BCC) pour la nomination d’Isaac Adeboye Ayewamide en qualité de directeur général. D’après cette annonce, la nomination a pris effet le 4 décembre 2025. Isaac Adeboye succède à Arinze Osuachala, qui a dirigé l’institution pendant huit ans.

Cette transition intervient alors que des objectifs stratégiques précis sont déjà fixés. Selon les prévisions contenues dans le rapport Pilier 3 pour l’exercice 2024, la banque s’est donnée pour cap de porter son bilan total à 1 milliard de dollars américains à l’horizon 2027, après une trajectoire projetée à 750 millions de dollars en 2025 et 865 millions de dollars en 2026.

Parallèlement à cet objectif de bilan, Access Bank RDC ambitionne également d’améliorer sensiblement sa performance financière. Toujours selon le rapport Pilier 3, la banque vise pour 2027 un résultat avant impôts de 31,75 millions de dollars, soit une progression projetée d’environ 164,6 % par rapport à 2024, exercice au cours duquel le résultat avant impôts s’élevait à près de 12 millions de dollars.

Ces objectifs s’inscrivent dans la continuité de la dynamique impulsée par le prédécesseur du nouveau directeur général. Le mandat d’Arinze Osuachala à la tête d’Access Bank RDC a en effet été marqué par une progression significative des indicateurs financiers.

Entre sa première année complète de fonction en 2017 et l’exercice 2024, le produit net bancaire de la banque a été multiplié nominalement par six, passant de 15,7 milliards de francs congolais à 97,3 milliards de francs congolais. Sur la même période, le résultat net a progressé de plus de trente fois, passant de 874 millions de francs congolais à environ 27 milliards de francs congolais à la fin de l’exercice 2024.

Des leviers déjà identifiés

Pour atteindre ces nouveaux objectifs de croissance, la stratégie de la banque est déjà balisée au moment où Isaac Adeboye prend les rênes. L’un des axes majeurs porte sur le financement des petites et moyennes entreprises. Dans ce cadre, un programme dédié avait été enclenché sous la direction de son prédécesseur. Le 28 juin 2025, Access Bank RDC a ainsi signé un protocole d’accord avec l’Agence pour la promotion des classes moyennes congolaises (Aprocm), en vue d’injecter 25 millions de dollars dans le financement des PME au cours du second semestre 2025.

Outre ce programme, le rapport Pilier 3 2024 met en avant plusieurs autres leviers de développement, notamment l’accroissement des parts de marché dans le secteur minier, le déploiement des agents bancaires, l’amélioration de l’offre de transferts de fonds, ainsi que l’augmentation du nombre de comptes courants et d’épargne.

Entré au sein du groupe en 2007 en tant que gestionnaire des relations, Isaac Adeboye Ayewamide cumule 18 années d’expérience bancaire acquises exclusivement chez Access Bank, où il a occupé diverses fonctions de responsabilité.

Sur le plan académique, selon le communiqué de la banque, il est passé par la Harvard Business School, Wharton, IMD et Lagos Business School. Il est également titulaire d’un Chartered MBA de l’Université de Bangor ainsi que d’un MBA en finance de l’Université Obafemi Awolowo.

Timothée Manoke

Lire aussi :

Financement des PME : Access Bank veut injecter 25 millions $ en six mois

Access Bank RDC manque son objectif de 524 millions $ de total bilan en 2024

The Democratic Republic of Congo’s regulator has extended the deadline for using cobalt export quotas to March 31, 2026, from the last quarter of 2025, according to a statement reported by Reuters on Wednesday.

The move eases uncertainty caused by bottlenecks in DRC’s new cobalt export process. After imposing an embargo on shipments of the battery metal in February, Kinshasa introduced an export quota system in October. Under that system, 18,125 metric tons of cobalt were allocated for export between October and December 2025.

Several companies were unable to use their quotas because the regulatory framework does not allow the transfer or deferral of shipments. Finance Minister Doudou Fwamba said recently that cobalt exports had “resumed,” without providing details on volumes or companies involved.

CMOC, a major cobalt producer in DRC with a fourth-quarter 2025 export quota of 6,650 tons, said the first shipments were unlikely to depart before January. Administrative procedures extended into the final weeks of 2025, including sampling under the new quota system and customs payments.

While the extension removes uncertainty over unused 2025 quotas, other challenges remain for the Congolese government, which must show it can implement the new framework sustainably. The February embargo, imposed amid a surplus market that had weighed on prices, coincided with a surge in cobalt prices in 2025.

Even if the policy succeeds in supporting prices, Kinshasa must manage the risk of substitution. Some analysts warn that restrictions on Congolese supply could prompt manufacturers to accelerate efforts to reduce cobalt use in electric vehicle batteries.

Emiliano Tossou

Les quotas d’exportation accordés aux producteurs de cobalt en République démocratique du Congo (RDC) pour le dernier trimestre 2025 pourront être utilisés jusqu’au 31 mars 2026. C’est ce qu’a déclaré le régulateur congolais dans un communiqué daté du dimanche 28 décembre, cité notamment par Reuters.

Cette annonce vient lever des incertitudes créées par les goulots d’étranglement dans le nouveau processus d’exportation du cobalt congolais. Après avoir imposé un embargo sur les expéditions de ce métal stratégique pour l’industrie des batteries de véhicules électriques, Kinshasa l’a remplacé, en octobre, par un régime de quotas d’exportation.

Selon ce système, 18 125 tonnes de cobalt étaient prévues à l’exportation entre octobre et décembre 2025. Toutefois, plusieurs entreprises n’ont pas pu utiliser leurs quotas, alors que le cadre réglementaire n’autorise pas, en principe, le report des quotas d’une année sur l’autre.

Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a affirmé il y a quelques jours que les exportations de cobalt avaient « repris » le 19 décembre, sans fournir de précisions sur les volumes exportés ni sur les compagnies concernées.

CMOC, l’un des principaux producteurs de cobalt en RDC et titulaire d’un quota d’exportation de 6 650 tonnes pour le quatrième trimestre 2025, a indiqué que les premières cargaisons ne devraient pas quitter le pays avant janvier. Le processus administratif s’est poursuivi durant les dernières semaines de 2025, avec notamment le prélèvement d’échantillons en vue des premières expéditions sous le nouveau régime.

Si l’incertitude liée aux quotas non utilisés en 2025 se dissipe, d’autres défis demeurent pour le gouvernement congolais, qui doit démontrer sa capacité à appliquer durablement ce nouveau cadre.

L’embargo imposé en février, dans un contexte de marché excédentaire pesant sur les prix, a coïncidé avec une envolée des cours du métal, qui ont progressé de plus de 100 % et ont clôturé l’année à plus de 53 355 dollars la tonne.

Si l’objectif d’amélioration des prix semble atteint, Kinshasa doit aussi gérer les risques de substitution du cobalt par d’autres métaux. Certains analystes avertissent que les restrictions sur l’offre congolaise pourraient pousser les industriels à accélérer leurs efforts pour se détourner du cobalt dans la fabrication des batteries électriques.

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

Lire aussi :

Cuivre-cobalt artisanal : la RDC suspend toutes les entités de traitement

Cobalt en RDC : l’incertitude plane sur le sort des quotas d’exportation de 2025

Cobalt : les exportations toujours bloquées en RDC, les nouvelles règles en cause

Page 5 sur 215

Please publish modules in offcanvas position.