SMICO Microfinance is accelerating its expansion into insurance as security conditions worsen in eastern Democratic Republic of Congo and banking operations remain shut in several rebel-held areas.
After launching its bancassurance activities in July 2025, the institution introduced a new range of products in March 2026, including auto insurance (SMICO Auto), travel insurance (SMICO Safari), business multi-risk coverage with fire protection, and health insurance. These add to its existing life insurance offering.
“More than a product launch, this marks a strategic shift in the Congolese financial sector,” SMICO said. “As risks linked to business activity and travel increase, insurance solutions have become essential.”
The move comes as SMICO’s financial performance has deteriorated amid the conflict in eastern DRC. At end-June 2025, the institution reported a loss of 1.29 billion Congolese francs. Net financial income fell 57% to 12.47 billion francs, while its 30-day portfolio at risk rose to 13.65%.
Operations have been disrupted by the conflict. Two major branches have been closed since AFC/M23 rebels seized Goma and Bukavu, while the Uvira branch is only partially operational. The downturn also reflects tighter financial conditions, as the central bank has kept banks closed in affected areas and blocked franc transfers to occupied zones, limiting access to liquidity.
In response, SMICO is seeking to diversify its sources of growth beyond lending. It formalized a bancassurance partnership with Rawsur Assurance in July 2025, with approval from the central bank (BCC) and insurance regulator ARCA. The agreement initially covered life, auto, residential fire and travel insurance. The institution now plans to integrate risk management more fully into its services, with products aimed at protecting clients’ business activities, travel and investments.
Rising Interest in Bancassurance
SMICO’s move into insurance builds on earlier initiatives. In 2021, it partnered with Rawsur Life to offer two life insurance products, Protection Crédit and Kimia Famille et Individuelle, designed to protect borrowers against death or disability. The objective was to reduce loan defaults linked to such events while providing basic protection for families.
The institution has also reshaped its geographic presence. It expanded its agent network in North Kivu to Beni and Butembo, where several public institutions relocated after the fall of Goma, allowing it to stay close to its client base as economic activity shifts.
Other financial groups are also targeting the insurance sector. The Rawji Group, which owns Rawbank and Rawsur, already illustrates increasing integration between banking and insurance. Equity Group, through Equity BCDC, has also signaled interest in the Congolese insurance market, which it views as one of the most promising in sub-Saharan Africa.
According to ARCA, the market grew from $66.75 million in 2018 to $352.15 million in 2024, a 428% increase since liberalization. The regulator is targeting a market exceeding $1 billion in the medium term. In this context, bancassurance is emerging as both a diversification tool for financial institutions and a way to manage rising risks in an increasingly uncertain economic and security environment.
Timothée Manoke
La microfinance SMICO a accéléré sa diversification dans l’assurance, dans un contexte marqué à la fois par la dégradation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et par la fermeture prolongée des activités bancaires dans plusieurs zones occupées par les rebelles de l’AFC/M23. Après avoir officialisé, en juillet 2025, le lancement de ses activités de bancassurance, l’institution a procédé, en mars 2026, au déploiement commercial des assurances automobile (SMICO Auto), voyage (SMICO Safari), ainsi que des couvertures multirisques professionnelles, incluant l’incendie, et de l’assurance santé, en complément des assurances décès déjà proposées.
« Plus qu’un simple lancement de produits, il s’agit d’un véritable repositionnement dans l’écosystème financier congolais », avoue la microfinance. Et de justifier : « Dans un contexte où les risques liés aux activités économiques et aux déplacements sont de plus en plus présents, proposer des solutions d’assurance devient non seulement pertinent, mais indispensable. »
Ce virage intervient alors que les performances financières de SMICO se sont nettement dégradées sur fond de conflit à l’est. À fin juin 2025, l’institution a affiché une perte de 1,29 milliard CDF. Dans le même temps, son produit net financier a reculé à 12,47 milliards CDF, soit une baisse de 57 %, tandis que son portefeuille à risque à 30 jours a grimpé à 13,65 %. Il faut dire que deux importantes agences de SMICO sont fermées depuis la prise de Goma et de Bukavu par les rebelles de l’AFC/M23, tandis que celle d’Uvira ne fonctionne partiellement. Cette contraction s’inscrit aussi dans un environnement où la BCC a maintenu la fermeture des banques et le blocage des transferts de francs congolais vers les zones occupées, perturbant fortement l’accès aux liquidités et les services financiers dans l’est.
Dans ce contexte, SMICO cherche à élargir ses relais de croissance au-delà du crédit. L’institution avait déjà officialisé, en juillet 2025, le lancement de ses activités de bancassurance en partenariat avec Rawsur Assurance, avec l’approbation de la Banque centrale du Congo (BCC) et de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA). Dans ce communiqué, la microfinance annonçait déjà la commercialisation de produits couvrant notamment l’assurance vie, l’automobile, l’incendie habitation et le voyage. Aujourd’hui, SMICO entend intégrer plus largement la gestion des risques à son accompagnement financier, avec des offres destinées à protéger les activités économiques, les déplacements et les investissements de sa clientèle.
De plus en plus attiré par la bancassurance
La bancassurance n’est toutefois pas une nouveauté pour SMICO. Dès 2021, l’institution avait conclu avec Rawsur Life un partenariat autour de deux produits d’assurance-vie, Protection Crédit et Kimia Famille et Individuelle, destinés notamment à couvrir les risques de décès ou d’invalidité des emprunteurs. À l’époque, SMICO expliquait vouloir limiter les défauts de remboursement liés à ces sinistres, tout en offrant une protection minimale aux familles concernées.
Parallèlement, SMICO adapte aussi son maillage territorial. Elle a élargi son réseau d’agents au Nord-Kivu vers les villes de Beni et Butembo, où plusieurs institutions publiques ont été relocalisées après la prise de Goma. Cette stratégie vise à maintenir la proximité avec sa clientèle en suivant le déplacement des centres d’activité économique.
SMICO n’est pas la seule institution financière à s’intéresser à l’assurance. Le groupe Rawji, auquel appartiennent Rawbank et Rawsur, illustre déjà cette complémentarité croissante entre banque et assurance. De son côté, Equity Group, présent en RDC via Equity BCDC, a affiché son intérêt pour le marché congolais de l’assurance, jugé parmi les plus porteurs d’Afrique subsaharienne.
Selon l’ARCA, le marché congolais de l’assurance est passé de 66,75 millions de dollars en 2018 à 352,15 millions de dollars en 2024, soit une progression de 428 % depuis l’ouverture du secteur à la concurrence. Le régulateur vise désormais un marché dépassant le milliard de dollars à moyen terme. Dans ce contexte, la bancassurance apparaît de plus en plus comme un levier de diversification pour les institutions financières, mais aussi comme un outil de gestion des risques dans un environnement économique et sécuritaire devenu beaucoup plus incertain.
Timothée Manoke
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La Kamoto Copper Company (KCC), filiale de Glencore, est confrontée à la mise en urgence radiologique du remblai T17 sur son site de Kolwezi, dans la province du Lualaba. Cette mesure est intervenue après la découverte de matières radioactives dans une zone touchée par une exploitation artisanale.
Le dossier a été porté au niveau du Conseil des ministres du 27 mars 2026. Dans son compte rendu, le gouvernement évoque une alerte sanitaire urgente liée à des risques d’irradiation et de contamination radioactive signalés sur le site de KCC à Kolwezi.
Le président Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une réaction rapide et coordonnée face aux conséquences potentielles d’une telle situation, notamment l’exposition des travailleurs et des riverains à des radiations dangereuses, la contamination des sols, des cours d’eau et de la chaîne alimentaire, ainsi que les perturbations socio-économiques locales. Il a demandé à la Première ministre, Judith Suminwa, de mettre en place en urgence une commission ad hoc chargée de suivre le dossier et d’appuyer les mesures sanitaires, environnementales, techniques et scientifiques requises.
Cette alerte intervient alors que Glencore a annoncé, en février 2026, la finalisation d’un accord avec la Gécamines sur l’accès à des terrains pour KCC. Selon le groupe, cet accord doit permettre d’étendre certaines capacités de stockage, d’optimiser la récupération des réserves dans les permis existants, notamment dans les zones de KOV et T17, et de soutenir un objectif de production de cuivre à long terme d’environ 300 000 tonnes par an. Glencore estime aussi que cet accord pourrait prolonger la durée de vie de la mine jusqu’au milieu des années 2040.
KCC exploite un important complexe cuprifère et cobaltifère à Kolwezi, comprenant notamment les mines de KOV et de Mashamba Est, la mine souterraine KTO, le concentrateur de Kamoto et la raffinerie de Luilu. En revanche, la qualification précise de T17 varie selon les sources de l’entreprise, qui le présentent tantôt comme une zone intégrée au portefeuille minier, tantôt comme un site distinct lié aux opérations du complexe.
Boaz Kabeya
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Le gouvernement congolais a adopté, lors du Conseil des ministres du 27 mars 2026, le projet de loi relatif à la mise en œuvre du projet Grand Inga, présenté par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Aimé Sakombi Molendo. Le texte a été adopté après débats et délibérations, selon le compte rendu officiel du Conseil des ministres.
Selon ce compte rendu, ce projet de loi est présenté comme une garantie de souveraineté, dans la mesure où il vise à protéger un actif stratégique national et à en organiser la maîtrise par l’État. Le gouvernement soutient également qu’il adapte le droit congolais à la réalité d’un projet hors norme, tout en ouvrant la voie à l’industrialisation, à l’élargissement de l’accès à l’électricité, à la création de richesses et à l’accroissement des recettes publiques. Le texte met aussi en avant la prise en compte des populations locales et des exigences environnementales.
Cette adoption s’inscrit dans un calendrier accéléré fixé quelques jours plus tôt par le président Félix Tshisekedi. D’après les informations publiées après le Conseil des ministres du 20 mars, le chef de l’État avait demandé un examen rapide du texte en vue de son adoption le 27 mars, puis de sa transmission au Parlement au plus tard le 31 mars.
Dans le même élan, le président avait aussi demandé aux ministères concernés ainsi qu’au gouvernement provincial du Kongo Central de finaliser les protocoles d’accord avec l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga (ADPI-RDC), afin d’accélérer la mise en place du cadre de gouvernance du projet.
Le projet Grand Inga est un vaste programme hydroélectrique prévu sur le fleuve Congo, dans la province du Kongo Central, visant à doter la RDC d’une capacité de production de plus de 40 000 MW. Il est conçu par phases. Après Inga 1 (351 MW) et Inga 2 (1 424 MW), réalisés dans les années 1970 et 1980, le projet en est aujourd’hui à la phase préparatoire d’Inga 3.
La Banque mondiale indique que plusieurs options restent à l’étude, avec une capacité potentielle allant de 3 000 à 11 000 MW, selon la configuration retenue. Elle précise aussi que les travaux préparatoires et la construction devraient s’étaler sur environ une décennie, compte tenu de la complexité technique, politique et financière du projet.
Ronsard Luabeya
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The Democratic Republic of Congo has launched a $300 million first phase of its Accelerated Investment Program for the Modernization of Customs Services (PMOD), aimed at boosting the capacity of the Directorate General of Customs and Excises (DGDA).
The initiative was presented at a Council of Ministers meeting on March 27, 2026. It includes the acquisition of inspection equipment such as advanced scanners, satellite communication systems and radar. The government aims to curb customs fraud, strengthen border surveillance and prevent unauthorized access to the customs system.
According to a government statement, the first phase will be financed through a syndicated loan arranged by four banks: EquityBCDC, FBN Bank, Standard Bank and Ecobank. The financing was structured by the customs modernization management unit (UGP-Mod), using an IT service fee (RRI) as collateral.
A second phase is also planned under a public-private partnership with an Emirati consortium whose identity has not been disclosed.
Separately, a report by the International Monetary Fund published in January 2026 had already highlighted plans to acquire non-intrusive inspection systems, including container and volumetric scanners, as part of broader customs modernization efforts. These tools are expected to improve inspection capacity while reducing manual cargo handling.
The IMF added that strengthening these systems should improve export monitoring and increase government revenue, in a context marked by persistent weaknesses in oversight.
It also pointed to additional reforms aimed at improving data sharing between financial administrations, including linking systems between the tax authority and the Directorate General of the Treasury and Public Accounting (DGTCP).
Boaz Kabeya
La République démocratique du Congo (RDC) a annoncé une première phase de 300 millions de dollars dans le cadre du Programme accéléré d’investissements pour la modernisation des services douaniers (PMOD), destiné à renforcer les capacités de la Direction générale des douanes et accises (DGDA).
Présentée lors de la réunion du Conseil des ministres du 27 mars 2026, cette initiative prévoit notamment l’acquisition d’équipements de contrôle tels que des scanners de dernière génération, des dispositifs de communication satellitaire et des systèmes de radars. L’objectif affiché est de lutter contre la fraude douanière, de renforcer la surveillance aux frontières et de limiter les intrusions dans le système douanier.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette première phase du programme sera financée par un prêt syndiqué mobilisé par quatre banques : EquityBCDC, FBN Bank, Standard Bank et Ecobank. Ce financement a été structuré avec l’unité de gestion de modernisation de la douane (UGP-Mod), avec la redevance rémunératoire informatique (RRI) utilisée comme collatéral.
Le gouvernement prévoit également une deuxième phase, qui sera structurée sous la forme d’un partenariat public-privé avec un consortium émirati, dont l’identité n’a pas été précisée.
Au-delà de cette annonce, un rapport du Fonds monétaire international (FMI), publié en janvier 2026, évoquait déjà l’acquisition en 2026 d’équipements de contrôle non intrusifs, notamment des scanners de conteneurs et des scanners volumétriques, dans le cadre de la modernisation des douanes congolaises. Ces outils doivent permettre d’améliorer les capacités de contrôle, tout en réduisant les manipulations physiques des cargaisons.
Le FMI souligne aussi que le renforcement de ces dispositifs vise à améliorer le suivi des exportations et la mobilisation des recettes publiques, dans un contexte marqué par des faiblesses persistantes dans les mécanismes de contrôle.
Parallèlement, l’institution mentionne d’autres réformes destinées à améliorer le partage d’informations entre administrations financières, notamment par l’interconnexion de certains systèmes de données entre l’administration fiscale et la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP).
Boaz Kabeya
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DRC plans to rehabilitate the port of Bandundu-ville, a strategic facility operated by state transport company Onatra, as part of efforts to revive river transport and boost trade across the Greater Bandundu region.
The Transport Ministry said preparatory studies are planned ahead of the project, which is seen as key to developing river transport, supporting the regional economy and improving trade flows.
On March 28, 2026, President Félix Tshisekedi visited the port to assess its condition, the ministry said. A March 27 cabinet statement described the facility as a strategic asset that remains underutilized.
The statement added that the port has six silos and serves Kwilu and neighboring provinces, but is operating well below capacity due to deteriorating quays, a lack of modern cargo-handling equipment and limited investment.
Transport Minister and Deputy Prime Minister Jean-Pierre Bemba said the government plans to rehabilitate the port’s infrastructure and modernize its equipment to turn it into a hub for river transport and domestic trade.
Ronsard Luabeya
Tenke Fungurume Mining's "TFM-1" copper cathode brand has been officially registered on the London Metal Exchange (LME), Chinese mining group CMOC said in a March 27, 2026 statement. The accreditation means TFM products "can directly participate in global spot and futures markets for non-ferrous metals" and meet "world-class" standards for quality and production management.
The LME is the world’s main pricing platform for industrial metals. Brand registration allows products to be traded under standardized contracts and access international trading and financing networks. CMOC said the recognition "will enhance the tradability, competitiveness and pricing power" of TFM products on the global market.
The accreditation strengthens CMOC’s integration into global supply chains while reinforcing its position in the Democratic Republic of Congo’s mining sector. Through its subsidiaries TFM and Kisanfu, the group exported 747,468 metric tons of copper in 2025, according to provisional mining statistics—accounting for 22% of the country’s total exports.
In October 2025, CMOC’s board approved a $1.08 billion expansion project at the Kisanfu mine. The program aims to increase annual output by around 100,000 metric tons of copper, with construction expected to take two years and commissioning targeted for late 2027. Once completed, the group is expected to account for more than 30% of national production.
Kinshasa’s demands
The project comes as Kinshasa steps up pressure on major mining groups. At a meeting held March 25, 2026, in Beijing, Mines Minister Louis Watum Kabamba said the sector’s development rests on "three non-negotiable priorities: increasing production, respecting environmental standards and ensuring tangible benefits for the population."
The ministry is requiring CMOC to comply strictly with environmental, social and governance (ESG) standards, with its TFM subsidiary already under regulatory review following pollution allegations. Authorities are also pushing for compliance with Congolese law, particularly on local participation in subsidiary capital, improved living conditions for local communities, support for energy infrastructure, and assistance to artisanal mining zones.
CMOC said LME registration also involves responsible supply chain requirements. The group added that TFM achieved full compliance with the Copper Mark standard in October 2025. That certification, which covers 32 ESG criteria, contributed to meeting the LME’s responsible sourcing audit requirements.
However, LME certification and Copper Mark compliance address only part of Kinshasa’s expectations and do not resolve all concerns surrounding the group’s operations in the DRC.
Pierre Mukoko & Ronsard Luabeya
Le gouvernement congolais envisage de réhabiliter le port de Bandundu-ville, une infrastructure stratégique de l’Onatra. L’objectif affiché est de redynamiser le transport fluvial et de renforcer les échanges commerciaux dans la région du Grand Bandundu.
Selon le ministère des Transports, des études sont envisagées en vue de la réhabilitation du site, infrastructure jugée essentielle au développement du transport fluvial, à la relance économique régionale et à l’amélioration des échanges commerciaux.
Le 28 mars 2026, le président Félix Tshisekedi s’est rendu au port de Bandundu-ville pour s’enquérir de son état, selon le ministère. Le compte rendu du Conseil des ministres du 27 mars souligne, pour sa part, que le port constitue un levier stratégique encore sous-exploité.
Ce document précise que l’infrastructure dispose notamment de six silos et dessert une vaste zone économique couvrant le Kwilu et les provinces voisines. Il relève aussi que le port fonctionne en deçà de son potentiel, en raison de la dégradation des quais, du manque d’équipements modernes de manutention et de l’insuffisance d’investissements.
Dans cette perspective, le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, est engagé à réhabiliter les infrastructures portuaires et à moderniser les équipements logistiques du port, afin d’en faire un hub du transport fluvial et du commerce intérieur.
Ronsard Luabeya
La marque de cathodes de cuivre « TFM-1 », produite par Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale de CMOC, a été officiellement enregistrée au London Metal Exchange (LME), a annoncé le groupe chinois dans un communiqué publié le 27 mars 2026. Selon CMOC, cette homologation signifie que les produits de TFM « peuvent directement participer aux marchés mondiaux au comptant et à terme des métaux non ferreux » et reflètent des standards « de classe mondiale » en matière de qualité et de gestion de la production.
Le LME est la principale plateforme mondiale de fixation des prix des métaux industriels. L’enregistrement d’une marque permet à ses produits d’être livrables dans le cadre des contrats standardisés et d’accéder aux circuits internationaux de négoce et de financement. Dans son communiqué, le groupe dirigé par Charles Peng (photo), souligne que cette reconnaissance « améliorera la négociabilité, la compétitivité et le pouvoir de fixation des prix » des produits de TFM sur le marché mondial.
L’homologation du LME renforce donc la capacité de CMOC à s’intégrer davantage dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, tout en consolidant son rôle dans l’économie minière de la République démocratique du Congo (RDC). À travers ses deux filiales, TFM et Kisanfu, CMOC a exporté 747 468 tonnes de cuivre en 2025, selon les statistiques minières provisoires. Ces volumes représentent 22 % des exportations totales de la RDC.
En octobre 2025, le groupe chinois a obtenu l’approbation de son conseil d’administration pour lancer un projet d’expansion de la mine de Kisanfu, d’un coût estimé à 1,08 milliard de dollars. Ce programme vise à augmenter la production annuelle du site d’environ 100 000 tonnes de cuivre, avec une durée de travaux prévue sur deux ans et une mise en service attendue vers la fin de l’année 2027. Avec la réalisation de cet investissement, CMOC devrait représenter plus de 30 % de la production nationale.
Exigences de Kinshasa
Ce projet intervient dans un contexte où Kinshasa durcit ses exigences vis-à-vis des grands groupes miniers. Lors d’une réunion tenue le 25 mars 2026 à Beijing, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a rappelé que le développement du secteur repose sur « trois priorités non négociables : augmenter la production, respecter les normes environnementales et garantir des retombées concrètes pour la population ».
Le ministère exige donc de CMOC le respect strict des standards environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), alors que sa filiale TFM est visée par une mission de contrôle à la suite d’accusations de pollution. Il insiste également sur le respect du droit congolais, notamment en ce qui concerne la participation des travailleurs locaux au capital des filiales du groupe, l’amélioration des conditions de vie des communautés, l’appui aux infrastructures énergétiques et l’accompagnement des zones d’exploitation artisanale (ZEA).
En guise de réponse, CMOC indique dans son communiqué que l’homologation du LME repose aussi sur des exigences de chaîne d’approvisionnement responsable. Le groupe ajoute que TFM a obtenu en octobre 2025 une conformité complète au standard Copper Mark. Ce sont d’ailleurs les résultats de cette certification, couvrant 32 critères ESG, qui ont contribué à satisfaire aux exigences d’audit du LME en matière de chaîne d’approvisionnement responsable.
Mais la certification du LME et la conformité au Copper Mark ne couvrent qu’une partie des attentes formulées par Kinshasa et ne règlent pas l’ensemble des enjeux liés aux opérations minières du groupe chinois en RDC.
Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya
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