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Equipe Publication

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Les Lignes maritimes congolaises (LMC) cherchent à renforcer leur présence sur le corridor de Dar es-Salaam, l’un des principaux axes d’entrée et de sortie du commerce extérieur congolais par l’océan Indien. Le 4 mai 2026, une délégation de la Tanzania Shipping Company Limited (TASHICO) a été reçue à Kinshasa par Lambert Mende, président du conseil d’administration de l’armateur public congolais.

Selon les LMC, les discussions ont porté sur la construction d’un partenariat stratégique destiné à renforcer la connectivité logistique entre Kinshasa et Dar es-Salaam. Les deux parties envisagent la signature prochaine d’un protocole d’accord, tandis que des points focaux ont déjà été désignés pour assurer le suivi des projets conjoints après la formalisation de l’accord.

D’après la communication de l’armateur public, cette initiative vise à structurer une offre logistique intégrée entre la RDC et la Tanzanie. Le partenariat s’inscrit dans une logique de captation des flux transitant par l’Est et le Sud de la RDC, où une part importante des exportations minières emprunte déjà les ports tanzaniens, notamment Dar es-Salaam.

Il est aussi question de positionner la RDC et la Tanzanie comme un pont logistique entre les façades atlantique et indienne de l’Afrique. Pour Saidi Juma Mchana, ambassadeur de Tanzanie en RDC, cette complémentarité pourrait ouvrir l’accès à un marché régional de plus de 160 millions de consommateurs et faciliter le transit des marchandises dans la sous-région.

Ce rapprochement s’inscrit directement dans le plan de relance 2023-2027 des LMC, qui vise à repositionner l’entreprise comme un acteur du transport maritime et multimodal du commerce extérieur congolais. Ce plan prévoit notamment un déploiement sur les corridors où l’armateur public reste peu présent, dont celui de Dar es-Salaam, ainsi que le développement de capacités de stockage et le renforcement de son offre de transport maritime et multimodal.

L’objectif est économique : capter une part plus importante du fret congolais, aujourd’hui largement transporté par des armateurs étrangers. Dans son plan de relance, les LMC ambitionnent de faire passer leur participation au transport maritime du commerce extérieur congolais de 0,3 % en 2021 à 2 % en 2027, soit une progression des volumes transportés de 45 000 tonnes à environ 395 000 tonnes.

Ronsard Luabeya

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DR Congo’s Minister of Foreign Trade Julien Paluku Kahongya met on May 4, 2026, with executives from Complast RDC, a mattress and foam manufacturer. According to the ministry, the company is seeking temporary restrictions on mattress imports in the greater Katanga region.

Complast says its request is based on production capacity. The company says it can produce up to 5,000 mattresses per day at its Lubumbashi plants, more than local demand across Haut-Katanga, Lualaba and Tanganyika provinces, which its director general, Vishal Hemnani, estimates at fewer than 4,000 units per day.

The company says the plants are operating below capacity. Quoted by Journal des Nations, Ramji Mazahor, Complast’s legal and public affairs coordinator, said the company currently produces between 1,500 and 2,000 units per day. He attributed the gap to what Complast describes as unfair competition from imported mattresses.

Complast argues that temporary restrictions would raise factory utilization and support local employment in the mattress and foam production sector.

Following the meeting, the Ministry of Foreign Trade announced the creation of a commission to collect additional data for the minister. The data will help determine whether temporary import restrictions on mattresses are justified in that part of the country.

According to its website, Complast has operated in the Democratic Republic of Congo since 1967. Besides Lubumbashi, the company says it has a presence in Kinshasa, Mbuji-Mayi, Mbandaka, Kikwit, Boma and Matadi. It also reports more than 35 distribution points in Kinshasa and 50 across the country.

Timothée Manoke 

A delegation from SACOR, described as part of a Zambian group, met DR Congo’s Minister of Mines, Louis Watum Kabamba, on May 5, 2026, to present a solution for separating solid residues from water produced during ore concentration, material known in the industry as tailings. The delegation was led by Solange Kappongo, the company’s general manager in the DRC.

According to the ministry, the technology is intended to improve mining waste management by separating solids from water. The aim is to enable water reuse in industrial processes and improve the handling of solid residues at mining sites.

The technology relies on an established industrial process. Solid-liquid separation by centrifugation has long been used across several industries. The innovation lies mainly in its application to modern mining waste management, with the goal of reducing waste volumes, recovering process water and limiting environmental risks. On its website, SACOR claims water recovery rates of up to 85%.

The minister welcomed the initiative but urged caution before any rollout. Before large-scale implementation, Louis Watum Kabamba called for pilot tests to assess the solution’s effectiveness under local conditions. The ministry also said it would help connect SACOR with mining companies operating in the DRC.

For now, the discussions remain exploratory. No contract or pilot project has been announced. Available public sources do not confirm that the technology has been used at any specific mining site in Zambia.

The initiative comes as scrutiny over mining pollution in the DRC has intensified. In November 2025, Congo Dongfang Mining, active in cobalt processing, was implicated in an environmental incident in Lubumbashi after a tailings pond ruptured. The discharge of contaminated water affected rivers, soil and several outlying neighborhoods. The company was later ordered to pay about $12.6 million and carry out remediation measures.

Against that backdrop, SACOR is seeking to tap demand for better mining waste treatment in Congo’s mining sector, including reduced water use, improved waste handling and lower risks for surrounding communities. But any future presence in the market will depend mainly on the results of pilot tests and the interest of mining operators.

Ronsard Luabeya

La société SACOR, présentée comme appartenant à un groupe zambien, cherche à introduire sa technologie de traitement des rejets miniers en République démocratique du Congo (RDC). Le 5 mai 2026, une délégation de l’entreprise, conduite par sa directrice générale en RDC, Solange Kappongo (photo), a été reçue par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, pour présenter une solution de séparation des résidus solides et de l’eau issus du procédé de concentration des minerais, communément appelés tailings.

Selon la communication du ministère, cette technologie vise à améliorer la gestion des rejets miniers en séparant les solides de l’eau. L’objectif est de permettre, d’une part, la réutilisation de l’eau dans les circuits industriels et, d’autre part, une meilleure gestion des résidus solides dans les opérations minières.

La technologie présentée ne repose pas sur un principe nouveau. La séparation solide-liquide par centrifugation est utilisée depuis longtemps dans plusieurs industries. Sa nouveauté tient surtout à son application ciblée à la gestion moderne des rejets miniers, avec l’objectif de réduire les volumes de déchets, de récupérer l’eau de procédé et de limiter les risques environnementaux. Sur son site, SACOR évoque une récupération pouvant atteindre jusqu’à 85 % de l’eau de procédé.

Le ministre des Mines a salué l’initiative, tout en restant prudent sur son déploiement. Avant toute mise en œuvre à grande échelle, Louis Watum Kabamba a recommandé la réalisation d’essais pilotes afin d’évaluer l’efficacité de la solution dans les conditions locales. Le ministère a également indiqué qu’il faciliterait la mise en relation de SACOR avec des compagnies minières opérant en RDC.

À ce stade, la démarche reste donc commerciale et exploratoire. Aucun contrat ni projet pilote n’a été annoncé. Les sources publiques disponibles ne permettent pas non plus de confirmer l’utilisation effective de cette technologie sur un site minier précis en Zambie.

Cette initiative intervient dans un contexte de sensibilité accrue autour de la pollution minière en RDC. En novembre 2025, Congo Dongfang Mining (CDM), active dans le traitement du cobalt, avait été impliquée dans un incident environnemental à Lubumbashi après la rupture d’un bassin de résidus. Le déversement d’eaux contaminées avait affecté des rivières, des sols et plusieurs quartiers périphériques. L’entreprise avait ensuite été condamnée au paiement d’environ 12,6 millions de dollars, assorti de mesures de réparation.

Dans ce contexte, SACOR tente de se positionner sur un besoin réel du secteur minier congolais : mieux traiter les rejets, réduire la consommation d’eau et limiter les risques pour les communautés riveraines. Mais son entrée éventuelle sur le marché dépendra surtout des résultats des essais pilotes et de l’intérêt des opérateurs miniers.

Ronsard Luabeya

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Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a reçu, le 4 mai 2026, les responsables de Complast RDC, entreprise spécialisée dans la fabrication de matelas et de mousses. Selon la communication du ministère, la société sollicite une mesure de restriction temporaire des importations de matelas dans la zone du Grand Katanga.

Complast justifie cette demande par sa capacité de production. L’entreprise affirme pouvoir produire jusqu’à 5 000 matelas par jour dans ses usines de Lubumbashi, un niveau qu’elle présente comme supérieur à la demande locale des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba et du Tanganyika, estimée par son directeur général, Vishal Hemnani, à moins de 4 000 pièces par jour.

Cette capacité resterait toutefois sous-exploitée. Selon des propos rapportés par Journal des Nations, Ramji Mazahor, coordonnateur des affaires juridiques et relations publiques de Complast, affirme que l’entreprise produit actuellement entre 1 500 et 2 000 unités par jour, en raison de la concurrence des importations, qualifiée de déloyale par la société.

Complast estime qu’une restriction temporaire permettrait d’accroître l’utilisation de son outil industriel et de renforcer l’emploi local dans la filière de fabrication de matelas et de mousses.

À l’issue de la réunion, le ministère du Commerce extérieur a annoncé la mise en place d’une commission chargée de fournir des données supplémentaires au ministre avant toute décision. Ces éléments devront permettre d’évaluer l’opportunité d’une mesure de restriction temporaire des importations de matelas dans cette partie du pays.

Selon son site, Complast affirme être présente en RDC depuis 1967. Outre Lubumbashi, l’entreprise indique être implantée à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Mbandaka, Kikwit, Boma et Matadi. Elle revendique également plus de 35 canaux de distribution à Kinshasa et 50 sur l’ensemble du territoire national.

Timothée Manoke 

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Eastcastle Infrastructure's Democratic Republic of Congo subsidiary is pursuing an expansion project worth about $180 million, the International Finance Corporation (IFC) said on April 27, 2026. The IFC holds an 18.38% stake in the company.

The World Bank’s private-sector arm said the project aims to expand Eastcastle’s tower network in a country where digital infrastructure remains underdeveloped.

According to the latest data from the ARPTC, the DRC had 73.9 million active mobile subscriptions in the fourth quarter of 2025, for a population estimated at 112.2 million, equivalent to a penetration rate of 65.9%. Mobile internet generates more than 55% of total sector revenue, while mobile money penetration stood at 30.6% at the end of 2025.

To support expansion in a market where access to credit is limited, the IFC is preparing a new financing package for Eastcastle Infrastructure DRC. The package is expected to include a $30 million loan with longer maturities than typical commercial financing, along with up to $30 million mobilized from other lenders. The IFC board is scheduled to vote on the proposal on May 30.

Toward more than 1,000 towers

If approved, the financing will extend the support the IFC has already provided to Eastcastle. In 2023, the institution mobilized $60 million through a similar structure to fund the expansion of the company’s tower network in the DRC.

The new commitment reflects growing interest from international lenders in the Congolese telecommunications sector, seen as one of the most promising in Africa but still among the least developed in terms of infrastructure.

“This amount, combined with $34 million from Standard Bank of South Africa, will allow us to surpass 1,000 towers in the DRC,” said Peter Lewis, co-founder and director of Eastcastle Infrastructure Ltd., at the time.

The project’s expected outcomes have not been disclosed. However, new towers are being deployed, particularly in rural and remote areas that remain underserved by traditional infrastructure.

The DRC is a strategic market for Eastcastle. In 2023, Lewis described it as “one of the best markets in Africa,” citing strong demographic growth and a structural shortage of telecom infrastructure.

The group aims to continue expanding its network to keep pace with rising mobile usage in a country where a significant share of the population remains unconnected or poorly served. Other tower companies, including Helios Towers and Esengo Towers, are pursuing similar expansion projects.

Pierre Mukoko

DR Congo’s Minister of Foreign Trade, Julien Paluku, met Rawbank executives on May 4, 2026, following earlier talks with the outgoing British Ambassador to the Democratic Republic of Congo, Alyson King.

The objective is to turn British diplomatic commitments into tangible support for our farmers,” Paluku said.

He said Rawbank is considering targeted support for local producers across six value chains: coffee, cocoa, rice, corn, cassava and palm oil, with technical assistance from the International Finance Corporation (IFC).

In March 2026, Rawbank raised $265 million from investors led by the IFC, alongside British International Investment (BII), Proparco and other partners. The package includes a $165 million senior credit facility and a $100 million risk-sharing agreement.

The IFC is also expected to provide advisory services to strengthen Rawbank’s capabilities in areas such as climate finance, agricultural finance and support for women entrepreneurs.

According to the IFC, the program could finance at least 1,500 additional small and medium-sized enterprises over the next four years, particularly in sectors such as telecommunications and fast-moving consumer goods.

Paluku said he wants the program directed toward the coffee, cocoa, rice, corn, cassava and palm oil sectors.

We emphasized the need for targeted support for post-conflict areas to ensure the recovery is inclusive and reaches all provinces,” he added.

This points to a focus on eastern provinces, where agriculture is seen as a driver of economic recovery and stabilization.

In its latest report on the DRC, published in March 2026, the World Bank said that between 2020 and 2024, about 71.9% of total loans went to private companies, mainly in mining and telecommunications. Agriculture receives less than 5% of bank credit.

Boaz Kabeya

DR Congo's Ministry of National Economy, through its Competition Commission (COMCO), announced a pre-campaign for the LOBA platform, a virtual assistant designed to inform consumers about their rights and streamline complaint and reporting processes across several regulated industries, starting the week beginning May 1, 2026, according to a press release dated April 30, 2026.

The pilot phase, under which LOBA will begin collecting initial consumer complaints in coordination with regulatory authorities, will be conducted in Kinshasa. It will involve the Postal and Telecommunications Regulatory Authority of Congo (ARPTC), the Electricity Sector Regulatory Authority (ARE), the Central Bank of Congo (BCC), the Civil Aviation Authority (AAC), the Regulatory and Control Authority for Universal Health Coverage (ARC-CSU), and the Regulatory and Control Authority for Pharmaceutical Products (ACOREP), alongside operators in those sectors.

The platform's official launch had initially been scheduled for late February 2026, following a meeting held on Jan. 29, 2026. At that meeting, Deputy Prime Minister and Minister of National Economy Daniel Mukoko Samba brought together regulators from the economy's main sectors alongside consumer groups to present the tool.

The ministry said in January that LOBA is intended to build a database to identify recurring complaint patterns, analyze the practices in question, and assess how operators respond.

Timothée Manoke

Social tensions are mounting in the Democratic Republic of Congo’s mining sector as the phased implementation of the country’s new guaranteed minimum interprofessional wage, known by its French acronym SMIG, begins to have tangible effects. Since May 3, 2026, labor protests have been reported at Metalkol SA, a subsidiary of Eurasian Resources Group (ERG), and at Ruashi Mining, owned by Metorex and Gécamines, over the rollout of the second phase of the SMIG, set at 21,500 Congolese francs (CDF).

According to Radio Okapi, the unrest is most visible at sites in Kolwezi and Lubumbashi, where workers are demanding that their salaries be adjusted in line with the new pay scale and are calling for broader improvements to working conditions. Employees have cited inequalities between local and expatriate staff, as well as what they describe as abusive dismissal practices and restrictions on union representation.

A dispute over the exchange rate used to convert salaries is also fueling the tensions. At Metalkol, worker representatives have accused the company of seeking to apply a rate of 1,800 CDF to the dollar — below the market rate, which is closer to 2,200 CDF — a move they say would effectively reduce workers’ real income.

A sharp increase in labor costs

Enacted under Decree No. 25/22 of May 30, 2025, the new SMIG introduced a phased increase in the minimum wage, rising from 7,075 CDF to 14,500 CDF in May 2025, then to 21,500 CDF starting in January 2026, marking an overall increase of more than 200%. The framework also maintains a wage compression ratio of 1 to 10, automatically pushing up all pay scales.

According to the Federation of Congolese Enterprises (FEC), the first phase of the increase nearly doubled payroll costs in several sectors. A mid-level manager previously earning about 70,500 CDF a day would now receive close to 145,000 CDF, equivalent to approximately $1,700 per month before benefits. Including allowances, total compensation can exceed $2,000.

If the second phase of 21,500 CDF is implemented while maintaining the current wage compression ratio, that same manager would earn more than $2,500 per month. “A level that is unsustainable for the Congolese economy,” the FEC said, warning that “the DRC cannot sustain a SMIG equivalent to that of Belgium without jeopardizing competitiveness and employment.”

The employers’ federation also argued that applying the SMIG uniformly across all sectors would amount to “condemning agriculture and forestry, already in dire straits.” The FEC has called for a more gradual and sector-specific implementation, citing in particular the need for a separate minimum wage for agriculture.

The government has maintained its stance. In January 2026, Prime Minister Judith Suminwa Tuluka reaffirmed the need to implement the revised SMIG of 21,500 CDF while calling for social dialogue within the framework of the National Labor Council.

The unrest at Metalkol and Ruashi Mining highlights a central challenge for the Congolese economy: balancing higher purchasing power with manageable business costs, in an environment marked by sharp sectoral disparities. Whether large extractive companies — generally better capitalized than other segments of the economy — can absorb the rise in labor costs is seen as a leading indicator for other sectors.

Ronsard Luabeya

Un climat de tension sociale s’installe dans le secteur minier congolais, où l’application du nouveau Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) commence à produire ses premiers effets concrets. Depuis le 3 mai 2026, des mouvements de revendication sont signalés au sein de Metalkol SA, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), et de Ruashi Mining, détenue par Metorex et la Gécamines, autour de la mise en œuvre du deuxième palier du SMIG, fixé à 21 500 francs congolais (FC).

Selon Radio Okapi, les contestations sont particulièrement visibles sur les sites de Kolwezi et de Lubumbashi, où les travailleurs réclament l’ajustement de leurs salaires conformément à la nouvelle grille, mais aussi une amélioration plus large de leurs conditions de travail. Les employés dénoncent notamment des inégalités entre personnel local et expatrié, ainsi que des pratiques jugées abusives en matière de licenciements et de représentation syndicale.

Au cœur des tensions figure également la question du taux de change utilisé pour convertir les salaires. À Metalkol, des représentants du personnel accusent l’entreprise de vouloir appliquer un taux de 1 800 FC pour un dollar, inférieur au niveau observé sur le marché, proche de 2 200 FC, ce qui réduirait mécaniquement le revenu réel des travailleurs.

Entré en vigueur par le décret n°25/22 du 30 mai 2025, le nouveau SMIG prévoit une revalorisation progressive du salaire minimum, passé de 7 075 FC à 14 500 FC en mai 2025, puis à 21 500 FC à partir de janvier 2026, soit une hausse globale de plus de 200 %. Le dispositif maintient en parallèle une tension salariale de 1 à 10, entraînant une revalorisation automatique de l’ensemble des grilles de rémunération.

Une hausse structurelle des charges

Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), le relèvement du premier palier a entraîné un quasi-doublement de la masse salariale dans plusieurs secteurs. Un cadre de niveau intermédiaire, rémunéré auparavant autour de 70 500 FC par jour, percevrait désormais près de 145 000 FC, soit environ 1 700 dollars par mois hors avantages. Avec les indemnités, la rémunération totale peut dépasser 2 000 dollars.

Si le deuxième palier de 21 500 FC est appliqué, en maintenant la tension salariale actuelle, ce même cadre atteindrait plus de 2 500 dollars par mois. « Un niveau insoutenable pour l’économie congolaise », estime la FEC, qui alerte : « la RDC ne peut supporter un SMIG équivalent à celui de la Belgique sans mettre en péril la compétitivité et l’emploi ».

L’organisation patronale estime en outre qu’appliquer le SMIG uniformément à tous les secteurs reviendrait à « condamner l’agriculture et la foresterie, déjà sinistrées ». La FEC plaide pour une mise en œuvre plus graduelle et différenciée selon les secteurs, évoquant notamment la nécessité d’un salaire minimum spécifique pour l’agriculture (SMAG).

Le gouvernement, de son côté, maintient sa position. En janvier 2026, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait réaffirmé la nécessité d’appliquer le SMIG révisé à 21 500 FC, tout en appelant au dialogue social dans le cadre du Conseil national du travail.

Les tensions observées chez Metalkol et Ruashi Mining illustrent un enjeu central pour l’économie congolaise : trouver un équilibre entre amélioration du pouvoir d’achat et soutenabilité des coûts pour les entreprises, dans un environnement marqué par de fortes disparités sectorielles. La capacité — ou non — des grandes entreprises extractives, généralement mieux capitalisées que d’autres segments de l’économie, à absorber la hausse du coût du travail constitue un indicateur avancé pour les autres secteurs.

Ronsard Luabeya

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