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Equipe Publication

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La République démocratique du Congo (RDC) veut capter le flux de l’or qui lui échappe. Face à l’ampleur de la contrebande et aux pertes de recettes qui en découlent, le gouvernement entend réorganiser la filière aurifère afin d’intégrer une part plus importante de la production artisanale et semi-industrielle dans le circuit officiel.

Parmi les quatre axes principaux de la stratégie présentée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lors du Conseil des ministres du 20 février 2026, figure la mise en place d’un système national de traçabilité et de centralisation des flux. Celui-ci interconnectera les comptoirs agréés à la Banque centrale du Congo (BCC) ainsi qu’à l’administration minière, avec pour objectif de sécuriser les transactions, de centraliser les paiements dans le circuit bancaire officiel et de disposer d’une visibilité en temps réel sur les volumes commercialisés.

L’interconnexion des comptoirs avec la BCC pourrait également permettre à l’État de mieux apprécier les quantités réellement traitées par ces structures. Dans la province de la Tshopo, en juin 2025, le gouverneur Paulin Lendongolia Lebabonga s’était étonné que certains comptoirs déclarent des volumes mensuels de l’ordre de 10 grammes, des niveaux jugés peu cohérents au regard des coûts de fonctionnement. « Si vous nous dites que vous avez acheté 10 grammes par mois, comment payez-vous vos loyers ? », avait-il déclaré à Kisangani, selon des propos rapportés par l’Agence congolaise de presse (ACP).

Pour le chef de l’État, une part importante de la production échappe aux circuits officiels en raison de la prédominance de l’exploitation artisanale et de la porosité des frontières du pays, qui facilitent les sorties frauduleuses du métal jaune.

Révélateur ougandais

Il y a quelques semaines, les statistiques d’exportation d’or de l’Ouganda voisin ont animé la sphère médiatique congolaise. Selon les données de la Bank of Uganda, les revenus d’exportation d’or sont passés d’environ 1,25 milliard de dollars en 2019 à près de 6,4 milliards de dollars en 2025, faisant de l’or la première source de recettes d’exportation du pays. Commentant ces chiffres lors d’un entretien accordé au média est-africain CEO, le vice-gouverneur de la Bank of Uganda, Augustus Nuwagaba, déclarait : « Il se peut qu’il ne soit pas à nous », en référence à l’origine de l’or exporté.

L’Ouganda, dont l’exploitation aurifère n’est pas considérée comme particulièrement développée, est souvent cité dans les circuits régionaux de contrebande d’or. Selon le média ougandais Daily Monitor, s’appuyant notamment sur un rapport de 2017 de la Financial Intelligence Authority of Uganda (FIA) sur la fraude à l’or et au bois, de l’or en provenance de la RDC serait reconditionné puis exporté comme d’origine ougandaise. Un autre article publié en 2021 par le même média indiquait que l’Ouganda aurait produit environ 2,9 tonnes d’or tout en exportant plus de 30 tonnes, mettant en évidence un écart significatif entre production déclarée et volumes exportés.

Du côté congolais, l’entreprise publique chargée de la canalisation et de l’exportation de l’or issu de l’exploitation artisanale estime à plus de 50 tonnes par an la quantité d’or qui échapperait au contrôle de l’État, ce qui illustre l’ampleur du phénomène.

Levier pour la réserve d’or

Parmi les raisons avancées par certains commerçants pour justifier la vente de leur or en Ouganda figure l’attractivité des prix proposés de l’autre côté de la frontière. Pour y répondre, le deuxième axe de la stratégie présidentielle prévoit l’instauration d’incitations économiques rendant le circuit officiel plus attractif que le marché parallèle, à travers un ajustement ciblé de la fiscalité, un mécanisme de prix indexé sur le cours international et des paiements rapides et transparents aux producteurs.

Les deux autres axes portent, d’une part, sur le renforcement ciblé des contrôles aux points de sortie stratégiques et, d’autre part, sur la consolidation de la coopération régionale, notamment par l’échange d’informations douanières.

Si cette stratégie est mise en œuvre avec succès, elle pourrait aussi constituer un levier pour la BCC, qui veut désormais intégrer l’or dans ses réserves officielles.

Timothée Manoke

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Un projet d’adduction d’eau potable visant les provinces de la Mongala, du Nord-Ubangi et du Sud-Ubangi a été annoncé par le ministère du Développement rural. Selon l’Agence congolaise de presse (ACP), le ministre d’État Grégoire Mutshail Mutomb a indiqué que le programme prévoit des réseaux modernes d’approvisionnement et l’implantation de fontaines publiques, avec une capacité de desserte de localités situées dans un rayon de 5 à 10 kilomètres.

L’ACP rapporte également que le ministre a évoqué des « insuffisances » à Gbadolite et annoncé l’extension des infrastructures aux territoires environnants. Des études complémentaires doivent être réalisées, tandis que la Regideso est appelée à être modernisée pour assurer un service durable.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte où les autorités mettent en avant, en parallèle, le programme régional PREDIRE (appui aux infrastructures et valorisation des ressources en eau transfrontalières) dans le bassin de l’Oubangui. La Banque africaine de développement (BAD) présente ce programme comme couvrant notamment le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi et la Mongala côté RDC, ainsi que le Grand Bangui côté République centrafricaine, avec un objectif de bénéficiaires directs chiffré à l’échelle régionale. L’ACP rappelle enfin que ces initiatives s’inscrivent dans l’esprit du PDL-145 territoires, destiné à améliorer l’accès aux services de base.

Ce qui reste à clarifier à ce stade : ni l’ACP ni les communications disponibles ne détaillent le budget du projet annoncé, ses sources de financement, son calendrier (démarrage effectif, durée, phasage), la liste précise des localités ciblées par province, ni la quantification des ouvrages (nombre de fontaines, kilomètres de réseau, stations, réservoirs).

Les modalités d’exploitation doivent aussi être précisées : rôle exact de la Regideso (maîtrise d’ouvrage, maintenance, tarification), niveau de service attendu et mécanisme de suivi. Enfin, l’articulation opérationnelle entre le projet annoncé et PREDIRE (périmètres respectifs, coordination, financement commun ou non) mérite d’être explicitée pour éviter de confondre deux volets potentiellement distincts.

Boaz Kabeya

The Central Bank of the Congo (BCC) said it will launch Bloomberg FXGO DRC, an electronic foreign exchange trading platform developed by Bloomberg to organize interbank FX trading. The system is expected to go live within two months, according to a BCC statement.

On Feb. 24, 2026, Governor André Wameso met with representatives of Bloomberg UK and commercial banks operating in the Democratic Republic of Congo to review progress on the project. The meeting included a presentation of the B-Match module, an anonymous order book designed to match buy and sell orders.

The BCC said a six-week beta phase is underway, during which participating banks are testing the system’s robustness, reliability and performance before its full rollout.

In its final configuration, the platform will include real-time monitoring tools, giving the central bank greater oversight of transactions and improved visibility into price formation. The stated aim is to enhance market transparency and support financial stability.

Globally, Bloomberg FXGO provides continuous foreign exchange trading and request-for-quote (RFQ) services covering spot transactions and a range of derivatives, according to the company. The BCC has not specified which features will be introduced in Congo, but it emphasized that interbank trading will be organized through the B-Match module.

In an interview with Radio Top Congo in October 2025, Wameso said the initiative seeks to address dysfunctions in the foreign exchange market, including wide disparities in quoted rates and limited transparency in price discovery between buyers and sellers.

He said connecting commercial banks to the Bloomberg platform should lead to more consistent pricing and more efficient rate formation for market participants.

Ronsard Luabeya

The effects of the war in eastern Democratic Republic of Congo are now reflected in the financial statements of institutions operating in the region. Pillar III reports for the first half of 2025 published by SMICO and FINCA RDC show a sharp reversal in profitability, with both moving from profit to loss.

At SMICO, net income fell from 6.01 billion Congolese francs (CDF) in 2024 to negative 1.29 billion CDF at the end of June 2025. This represents a decline of approximately 121 percent. Net financial income decreased from 29.12 billion to 12.47 billion CDF, a drop of 57 percent.

This contraction comes amid a deteriorating security situation. Since the seizure of Goma in late January 2025 and Bukavu in mid-February 2025 by AFC/M23 rebels, economic activity has been heavily disrupted in these areas. SMICO indicates that two branches have remained closed since these events and that the Uvira branch is partially operational. The institution operates a total of ten branches across eight provinces.

Portfolio quality has deteriorated significantly. The 30-day portfolio-at-risk (PAR 30) reached 13.65 percent, compared with 3.69 percent at the end of 2024. Gross loans under litigation amount to 16.35 billion CDF. Meanwhile, customer deposits, including savings and demand deposits, fell from 110.49 billion to 86.00 billion CDF, a drop of 22 percent.

The report also states that SMICO drew on a new financing line to support its operations. Regulatory capital increased between March and June 2025 due to partner support, allowing the institution to partially absorb the shock.

At FINCA RDC, the trend is similar. Net income declined from 15.99 billion CDF in 2024 to negative 139 million CDF at the end of June 2025, a decrease of approximately 101 percent. Net financial income fell from 116.26 billion to 56.42 billion CDF.

FINCA, which operates 23 branches and more than 1,700 banking agents, says it has closed its Goma and Bukavu branches for security reasons while transferring its liquidity to partner banks. Unlike SMICO, customer deposits remain relatively stable at 214.68 billion CDF, compared with 215.39 billion CDF in 2024.

Signs of resilience

However, portfolio quality has deteriorated sharply. The volume of loans classified as 30-day portfolio-at-risk increased from 13.20 billion to 37.06 billion CDF. This led to higher provisioning and increased pressure on profitability.

It should be noted that the comparison places full-year 2024 figures alongside half-year data as of June 2025, which mechanically amplifies the percentage change. Nevertheless, the shift into loss reflects a genuine shock, particularly through rising credit risk and operational disruptions.

Beyond these two institutions, the security situation has led to the suspension of financial activities in areas under AFC/M23 control, where banking and microfinance operations are prohibited. This interruption disrupts regional liquidity flows and increases credit risk for exposed institutions.

Despite this environment, signs of resilience are emerging. SMICO says it is redirecting its commercial operations toward more stable cities, including Kindu, Bunia, Kisangani, Lubumbashi, Likasi and Kolwezi. The institution is also accelerating its digital strategy. On Sept. 27, 2025, it launched the SMICO Money service in Lubumbashi, accessible via USSD code and enabling transactions without an internet connection.

FINCA, meanwhile, is continuing to expand its digital services and is relying on its national network to maintain access to financial services outside the affected areas.

Timothée Manoke

La Banque centrale du Congo (BCC) annonce le lancement prochain de Bloomberg FXGO DRC, une plateforme électronique de négociation de devises développée par Bloomberg et destinée à structurer les échanges sur le marché interbancaire des changes. Selon une communication publiée par la BCC, le dispositif doit être déployé officiellement d’ici deux mois.

Le 24 février 2026, le gouverneur André Wameso a présidé une réunion de travail avec des représentants de Bloomberg UK et des banques commerciales opérant en RDC. Cette séance a permis de faire le point sur l’avancement du projet, notamment à travers la présentation du module B-Match, décrit comme un carnet d’ordres anonyme.

La BCC indique qu’une phase bêta est déjà engagée. Sur une durée de six semaines, les banques participantes sont appelées à tester la robustesse, la fiabilité et les performances du système, avant son passage en production.

Dans sa version finale, la plateforme doit intégrer des outils de surveillance et de supervision en temps réel, offrant à la banque centrale une visibilité accrue sur les transactions et un meilleur suivi de la formation des prix, avec l’objectif affiché de renforcer la transparence du marché et le cadre de stabilité financière.

Au niveau international, Bloomberg FXGO propose des services de négociation de change en continu ou par demande de cotation (RFQ), couvrant notamment le comptant et plusieurs instruments dérivés, selon la description commerciale du fournisseur. La BCC n’a pas encore détaillé les fonctionnalités qui seront effectivement retenues pour le marché congolais, mais sa communication met l’accent sur l’organisation des échanges interbancaires via le module B-Match.

Dans un entretien accordé en octobre 2025 à Radio Top Congo, le gouverneur de la BCC expliquait que la démarche visait à corriger des dysfonctionnements observés sur le marché des changes, en particulier la dispersion des taux pratiqués et le déficit de transparence dans la confrontation entre acheteurs et vendeurs de devises.

Pour remédier à cette situation, il avait souligné la nécessité de connecter les banques commerciales au système Bloomberg. L’objectif, selon lui, est d’aboutir à un affichage plus homogène des prix et à une meilleure formation des taux, au bénéfice de l’ensemble des acteurs.

Ronsard Luabeya

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Les effets de la guerre dans l’est de la RDC se reflètent désormais dans les comptes des institutions financières opérant dans la région. Les rapports Pilier III du premier semestre 2025 publiés par SMICO et FINCA RDC font état d’un retournement brutal de la rentabilité, avec un passage du bénéfice à la perte dans les deux cas.

Chez SMICO, le résultat net passe de 6,01 milliards de francs congolais (CDF) en 2024 à –1,29 milliard CDF à fin juin 2025, soit une variation d’environ –121 %. Le produit net financier recule de 29,12 milliards à 12,47 milliards CDF, soit une baisse de 57 %.

Cette contraction intervient dans un contexte sécuritaire dégradé. Depuis la prise de Goma fin janvier 2025 et celle de Bukavu mi-février 2025 par les rebelles de l’AFC/M23, les activités économiques sont fortement perturbées dans ces zones. SMICO indique que deux agences restent fermées depuis ces événements et que celle d’Uvira fonctionne partiellement. L’institution exploite au total dix agences à travers huit provinces.

La qualité du portefeuille s’est nettement détériorée : le portefeuille à risque (PAR à 30 jours) atteint 13,65 %, contre 3,69 % fin 2024. Les crédits litigieux bruts s’élèvent à 16,35 milliards CDF. Parallèlement, les dépôts de la clientèle (épargne et dépôts ordinaires) reculent de 110,49 milliards à 86,00 milliards CDF, soit une baisse de 22 %.

Le rapport précise également que SMICO a procédé au tirage d’une nouvelle ligne de financement pour soutenir ses opérations. Les fonds propres réglementaires ont progressé entre mars et juin 2025 grâce à l’appui de partenaires, permettant d’absorber partiellement le choc.

Du côté de FINCA RDC, la tendance est similaire. Le résultat net passe de 15,99 milliards CDF en 2024 à –139 millions CDF à fin juin 2025, soit une variation d’environ –101 %. Le produit net financier chute de 116,26 milliards à 56,42 milliards CDF.

FINCA, qui exploite 23 agences et plus de 1 700 agents bancaires, indique avoir fermé ses agences de Goma et Bukavu pour des raisons sécuritaires, tout en transférant ses liquidités vers des institutions bancaires. Contrairement à SMICO, les dépôts de la clientèle restent relativement stables à 214,68 milliards CDF, contre 215,39 milliards CDF en 2024.

Signaux de résilience

La dégradation du portefeuille est toutefois marquée : le volume des créances en portefeuille à risque à 30 jours passe de 13,20 milliards à 37,06 milliards CDF, entraînant une hausse des provisions et une compression de la rentabilité.

Il convient de noter que ces comparaisons mettent en parallèle les chiffres annuels de 2024 et ceux d’un semestre (juin 2025), ce qui accentue mécaniquement l’effet de variation. Néanmoins, le basculement en perte traduit un choc réel, en particulier à travers la dégradation du risque de crédit et les perturbations opérationnelles.

Au-delà de ces deux institutions, la situation sécuritaire a conduit à la fermeture des activités financières dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23, l’exercice des activités bancaires et de microfinance y étant interdit. Cette interruption perturbe les flux de liquidité régionaux et accroît le risque de crédit pour les établissements exposés.

Malgré ce contexte, des signaux de résilience apparaissent. SMICO indique redéployer sa dynamique commerciale dans des villes jugées plus stables telles que Kindu, Bunia, Kisangani, Lubumbashi, Likasi et Kolwezi. L’institution mise également sur la digitalisation : le 27 septembre 2025, elle a lancé à Lubumbashi le service SMICO Money, accessible via code USSD, permettant d’effectuer des opérations sans connexion Internet.

De son côté, FINCA poursuit le développement de ses services digitaux et s’appuie sur son réseau national pour maintenir l’accès aux services financiers en dehors des zones affectées.

Timothée Manoke

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Soraya Aziz was appointed Director General of the Democratic Republic of Congo’s Electricity Regulatory Authority (ARE), according to presidential decrees read out on state broadcaster RTNC on Feb. 23, 2026.

She replaces Sandrine Mubenga Ngalula, who had led the regulator since July 2020. Mubenga Ngalula will join the authority’s board.

In the same round of appointments, Jean-Marie Beya Kamba was named chairman of the board, while Marco Kuyu was retained as deputy director general, partially reshuffling ARE’s leadership while preserving continuity.

Before joining ARE, Aziz worked at the National Agency for Electrification and Energy Services in Rural Areas (ANSER), where she held roles in communications, stakeholder engagement and partnerships. Her work involved off-grid electrification projects, financing arrangements and public-private partnerships.

Those issues have become central in a sector where the government is seeking to accelerate investment while tightening oversight of operators. Under the National Energy Compact, a roadmap to raise electricity access from 21.5% to 62.5% by 2030, the country estimates it will need $20 billion in private investment.

ARE has reported an increase in activity. In a report published in late December 2025, it said it had reviewed 104 cases across the electricity value chain, including generation, transmission, distribution and retail supply. For 2025, it also cited a pipeline of 23 generation projects under assessment, with combined capacity of 1,951.3 megawatts from solar and hydropower, which would increase national capacity once completed.

In a sector long constrained by underinvestment and weak service quality, ARE plays a strategic role. The regulator is expected to clarify the regulatory framework, oversee tariffs, protect consumers, enforce operator obligations and accelerate approvals without compromising technical standards.

The appointment signals President Felix Tshisekedi’s focus on a key institution in the country’s electricity governance. Whether ARE under Aziz can turn regulatory oversight into a tangible driver of modernisation remains to be seen in a country where electricity remains a major economic and social challenge.

Boaz Kabeya

La régulation du secteur électrique en République démocratique du Congo (RDC) change de visage. Selon des ordonnances présidentielles lues le 23 février 2026 à la Radio-télévision nationale congolaise (RTNC), Soraya Aziz a été nommée directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE). Elle succède à Sandrine Mubenga Ngalula, en poste depuis juillet 2020. Cette dernière rejoint désormais le conseil d’administration de l’institution.

Dans la même série de nominations, Jean-Marie Beya Kamba a été désigné président du conseil d’administration (PCA), tandis que Marco Kuyu a été maintenu au poste de directeur général adjoint (DGA). Cette recomposition traduit un renouvellement partiel à la tête de l’ARE, tout en conservant un élément de continuité au sein de l’exécutif.

Avant son arrivée à l’ARE, Soraya Aziz a travaillé au sein de l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux ruraux (ANSER), où elle a occupé des fonctions liées à la communication, à la mobilisation et aux partenariats. Ce parcours l’a notamment placée au contact des projets d’accès à l’électricité hors réseau, des montages de financement et des partenariats public-privé.

Autant d’enjeux devenus structurants dans un secteur où l’État cherche à accélérer l’investissement tout en encadrant les opérateurs. Pour la mise en œuvre du Compact énergétique national, feuille de route visant à porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62,5 % d’ici 2030, le pays estime ses besoins à 20 milliards de dollars d’investissements privés.

Soraya Aziz prend la tête d’une autorité qui revendique une montée en puissance de ses activités. Dans un bilan publié fin décembre 2025, l’ARE indique avoir instruit et traité 104 dossiers couvrant l’ensemble des segments du secteur électrique (production, transport, distribution, commercialisation). L’institution met également en avant, pour 2025, un portefeuille de projets examinés en production : 23 projets pour une capacité cumulée de 1 951,3 MW (solaire et hydroélectricité), susceptibles d’accroître la capacité nationale au fur et à mesure de leur réalisation.

Dans un secteur longtemps marqué par un déficit d’investissement et des difficultés de qualité de service, l’ARE occupe une place stratégique. Le régulateur est attendu sur plusieurs fronts : clarification des règles du jeu, cohérence tarifaire, protection des consommateurs, contrôle des obligations des opérateurs, mais aussi accélération des procédures sans renoncer à la rigueur technique.

Avec cette nomination, Félix Tshisekedi envoie un signal en direction d’un maillon central de la gouvernance électrique. Reste à voir si l’ARE, sous la direction de Soraya Aziz, parviendra à transformer l’activité réglementaire en un levier plus concret de modernisation du secteur, dans un pays où l’électricité demeure un enjeu économique et social majeur.

Boaz Kabeya

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Xcalibur Multiphysics Group is preparing to roll out the second phase of an airborne geophysical and geological mapping program in the Democratic Republic of Congo (DRC), one month after signing a second contract worth $297.8 million with the Ministry of Mines.

Mines Minister Louis Watum Kabamba chaired the first steering committee meeting on February 23, 2025, attended by company representatives. Discussions covered technical guidelines, the implementation timeline and operational requirements, including equipment mobilization and administrative compliance. No further details were disclosed.

The steering committee will oversee the program’s implementation, ensure compliance with financial procedures and recruit an independent consultant to supervise quality control. Authorities also announced a public awareness campaign.

According to the ministry, Phase B aims to modernize the country’s geological mapping, strengthen governance of geoscientific data, reduce exploration risk and build local technical capacity.

The three-year program will cover the provinces of Kasai, Kwango, Kongo Central and Katanga, spanning more than 700,000 square kilometers. It will increase survey density in areas identified during Phase A and conduct detailed investigations of detected anomalies. Magnetic and radiometric surveys will be carried out across the remaining territory, while gravity surveys will focus on the Central Basin to assess oil and gas potential. Detailed geological and geochemical mapping is also planned.

Six to eight aircraft planned

The project includes a capacity-building component, the full implementation of a Geographic Information System (GIS) to manage and analyze data, and the construction of a laboratory for chemical, petrographic and metallogenic analysis.

Operationally, Xcalibur plans to fly more than 2.7 million linear kilometers. Flight lines will be spaced 250 meters apart to generate high-resolution data across geologically diverse zones. The company intends to progressively deploy six to eight aircraft for the program.

During the dry season, one aircraft equipped with the Tempest electromagnetic system will operate full-time to collect more than 300,000 linear kilometers of data, with lines spaced 2.5 kilometers apart.

All airborne and ground data will be integrated into XENAI, Xcalibur Smart Mapping’s artificial intelligence platform. The company says the system provides secure access to multilayered geoscientific datasets and enables advanced analysis using machine learning.

The data processing is expected to produce integrated interpretation and prospectivity reports, identify priority geological targets and provide a factual basis for national planning and investment promotion. The Geological Service and the Congolese government will retain ownership of the data and determine how it is used and shared.

Ronsard Luabeya

Un mois après la signature d’un second contrat de 297,8 millions de dollars avec le ministère des Mines, Xcalibur Multiphysics Group s’apprête à déployer la deuxième phase du projet de cartographie géophysique aéroportée et géologique en République démocratique du Congo (RDC).

Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé, le 23 février 2026, la première réunion du comité de pilotage en présence des représentants de Xcalibur. Les échanges ont porté sur les orientations techniques, le calendrier d’exécution et les préalables au déploiement, notamment la mobilisation des équipements, la conformité administrative et le respect des procédures établies. Ces éléments n’ont toutefois pas fait l’objet d’une communication détaillée.

Mis en place pour assurer le suivi du programme, le comité de pilotage devra veiller au lancement effectif des travaux, au respect des procédures financières et au recrutement d’un consultant indépendant chargé du contrôle qualité. Une campagne de sensibilisation est également annoncée.

Le ministère rappelle que la phase B vise à moderniser la cartographie géologique nationale, à renforcer la gouvernance des données géoscientifiques, à réduire le risque exploratoire et à consolider les capacités techniques locales.

Prévu sur trois ans, le programme couvrira les provinces du Kasaï, du Kwango, du Kongo Central et du Katanga, soit plus de 700 000 km². Il prévoit une densification des levés géophysiques dans les zones identifiées lors de la phase A, ainsi que des investigations approfondies sur les anomalies détectées. Des levés magnétiques et radiométriques seront réalisés sur le reste du territoire, tandis que des levés gravimétriques standards cibleront la Cuvette centrale pour les ressources en gaz et pétrole. Une cartographie géologique et géochimique à des échelles plus détaillées est également programmée.

Six à huit aéronefs à déployer

Le projet comprend un volet de renforcement des capacités, la mise en exploitation complète du système d’information géographique (SIG) pour la valorisation des données, ainsi que la construction d’un laboratoire d’analyses chimiques, pétrographiques et métallogéniques.

Sur le plan opérationnel, Xcalibur prévoit de parcourir plus de 2,7 millions de kilomètres linéaires, selon des lignes de vol espacées de 250 mètres, afin de produire des données à haute résolution sur des zones géologiquement diversifiées. L’entreprise ambitionne de déployer progressivement six à huit aéronefs dédiés au programme.

Durant la saison sèche, un avion équipé du système Tempest sera mobilisé à plein temps pour acquérir plus de 300 000 kilomètres linéaires de données électromagnétiques, avec un espacement de 2,5 kilomètres entre les lignes.

L’ensemble des données aéroportées et terrestres sera intégré à XENAI, la plateforme d’intelligence artificielle de Xcalibur Smart Mapping. Selon l’entreprise, cet outil permet un accès sécurisé à des ensembles de données géoscientifiques multicouches ainsi que l’application d’algorithmes avancés d’analyse et d’apprentissage automatique.

Ces traitements doivent aboutir à des rapports intégrés d’interprétation et de prospectivité, à l’identification de cibles géologiques prioritaires et à la mise à disposition d’une base factuelle pour la planification nationale et la promotion d’investissements responsables. Les données produites resteront la propriété du Service géologique et du gouvernement congolais, qui en détermineront les modalités d’utilisation et de diffusion.

Ronsard Luabeya

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