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La Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX), qui fédère plus de 600 entreprises, a mené une mission de prospection à Kinshasa du 15 au 17 décembre 2025 pour dynamiser les échanges économiques entre la RDC et le Maroc. Un objectif stratégique, alors que le commerce bilatéral demeure faible et volatil, oscillant entre 37 et 60 millions de dollars ces dernières années. Dans cet entretien, sa secrétaire générale, Kawtar Raji, détaille les priorités de cette démarche. Cofondatrice du cabinet Gauvin & Raji, présent en RDC depuis 2023, l’avocate marocaine revient également sur les conditions nécessaires pour transformer l’ambition Sud-Sud en projets concrets et durables.

Bankable : Du 15 au 17 décembre dernier, vous avez conduit une délégation diversifiée de l’ASMEX (ingénierie, agroalimentaire, technologie, digital…) en mission en RDC. Quels sont les objectifs précis de cette démarche ?

Kawtar Raji : Cette mission, que j’ai conduite au nom de la Confédération marocaine des exportateurs (ASMEX), s’inscrit d’abord dans le cadre du protocole d’accord que nous avons signé avec l’Agence nationale pour la promotion des investissements de la RDC (ANAPI) en juillet 2023. Ce protocole établit un cadre de coopération destiné à favoriser les échanges entre opérateurs économiques marocains et congolais, notamment à travers l’identification d’opportunités d’affaires, l’accompagnement des entreprises et l’organisation de rencontres économiques.

Notre mission de décembre dernier s’inscrit également dans la volonté du Maroc de renforcer la coopération Sud-Sud, conformément aux hautes orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Enfin, c’est une façon de ramener nos échanges économiques à la hauteur de l’histoire d’amitié entre le Maroc et la RDC.

Nous avons tenu à organiser cette mission dans un calendrier un peu contraint — à la veille de la Coupe d’Afrique des Nations de Football — parce que nous voulions envoyer un signal clair aux milieux économiques des deux pays : celui d’une volonté partagée d’aller de l’avant ensemble, de renforcer la présence des opérateurs marocains en RDC et d’accueillir, réciproquement, les opérateurs congolais chez nous.

Cette volonté a pu se traduire concrètement grâce à la forte mobilisation de l’ANAPI et l’excellent accompagnement de ses équipes sur l’ensemble des aspects :  planification, mise en relation avec les autorités et partenaires économiques, logistique, etc.

Dans cette logique, cette mission marque le début de la mise en œuvre de notre partenariat avec l’ANAPI. D’autres missions suivront, avec l’objectif d’organiser quelque chose de plus ambitieux, comme un forum économique en 2026.

Nous avons ciblé des secteurs présentant un réel intérêt pour la RDC et pour lesquels des membres de l’ASMEX ont exprimé une volonté d’explorer le marché congolais. Nous travaillons avec l’ANAPI à l’identification d’autres secteurs stratégiques en plus des infrastructures et du BTP, qui seront représentés dans les prochaines missions.

Bankable : À l’issue de cette première mission, quels indicateurs — contractuels, relationnels ou institutionnels — permettent de considérer que cette initiative est une réussite ?

KR : Plusieurs indicateurs permettent d’apprécier les premiers résultats de cette mission. D’abord, l’expression d’un appui institutionnel clair: nous avons eu le privilège d’être reçus par deux ministres — le ministre du Commerce extérieur, son excellence, monsieur Julien Paluku Kahongya et le ministre du Plan, son excellence monsieur Guylain Nyembo Mbwizya — qui ont exprimé, du côté congolais, la volonté d’accompagner les initiatives économiques et de travailler à la fluidification des échanges entre nos deux pays. Pour les opérateurs marocains, c’est un message important en ce qu’il rassure sur l’existence d’un environnement institutionnel attentif et ouvert au dialogue.

Deuxième indicateur : la forte mobilisation et la réussite de la journée B2B. Il y a eu une forte présence d’opérateurs économiques, venus à la rencontre de nos exportateurs et qui ont manifesté un intérêt. J’ose croire qu’après ces échanges, il y aura des résultats concrets.

Enfin, il y a la dynamique engagée avec l’ANAPI, que nous voulons poursuivre et renforcer non seulement à travers des missions B2B sectorielles mais également à travers l’identification d’un pipeline de projets d’investissement et de co-investissement en RDC sur lesquels, en tant qu’ASMEX, nous pourrons mobiliser des investisseurs marocains. L’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) nous a, par ailleurs, présenté des opportunités intéressantes, notamment en matière d’infrastructures.

L’objectif est de contribuer à la construction d’un partenariat solide et durable entre deux grands pays : le Maroc et la RDC.

Bankable : Après votre mission, comment qualifiez-vous l’accueil réservé aux produits et services marocains ? Le “Made in Morocco” est-il perçu comme une offre premium, ou comme une solution adaptée au pouvoir d’achat local ?

KR : La question est pertinente. Nous sommes au début d’une dynamique d’exploration mutuelle, qui permettra d’identifier les segments de marché les plus pertinents et de mesurer le positionnement prix/qualité.

Le secteur privé marocain cherche des opportunités de long terme, durables et mutuellement bénéfiques. Les orientations de Sa Majesté sont claires : construire des partenariats gagnant-gagnant à l’échelle africaine.

Parmi les exportateurs présents dans notre mission, certains travaillent déjà avec la RDC et exportent sur ce marché : ils sont dans une logique de consolidation et de renforcement de leurs parts. La plupart, en revanche, découvrait le marché pour la première fois, avec l’objectif de nouer des relations d’affaires. La question de l’adéquation de nos produits au pouvoir d’achat pourra donc être appréciée ultérieurement.

Bankable : À vous écouter, il ne s’agit pas de se limiter aux opportunités de court terme : l’objectif est de positionner durablement le Maroc comme partenaire industriel et technologique de référence pour la RDC. C’est bien cela ?

KR : Tout à fait. Le secteur privé marocain cherche des opportunités de long terme, durables et mutuellement bénéfiques. Les orientations de Sa Majesté sont claires : construire des partenariats gagnant-gagnant à l’échelle africaine.

Il est aujourd’hui largement admis que les échanges intra-africains demeurent limités, aux alentours de 15%, alors même que dans d’autres régions du monde comme l’Europe ou l’Asie, l’essentiel des échanges commerciaux se fait à l’intérieur même du continent. L’enjeux pour les opérateurs économiques africains est de tirer parti de ce potentiel inexploité notamment en se positionnant comme partenaires commerciaux et industriels de confiance.

Je pense que la RDC et le Maroc peuvent par l’histoire, la géostratégie et le poids économique jouer un rôle moteur au service d’une intégration économique africaine plus aboutie. C’est précisément l’esprit dans lequel s’inscrit la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Bankable : Les échanges entre la RDC et le Maroc se font dans quel cadre juridique ? Et que faudrait-il faire pour basculer sur la couverture de la ZLECAf ?

KR : Les échanges commerciaux entre les deux pays peuvent en principe s’inscrire dans le cadre de l’accord portant création de la ZLECAF signé en 2018 dès lors que les deux pays ont ratifié ledit accord et ont adopté leurs listes réciproques de concessions tarifaires. L’idée est de voir comment les exportateurs marocains et congolais peuvent bénéficier de ces listes, en tenant compte des règles d’origine et des calendriers de démantèlement.

Quelques jours avant notre venue en RDC, un forum d’affaires sur la ZLECAf s’est tenu au Maroc, en présence de plusieurs ministres africains dont le ministre congolais du Commerce extérieur. Les échanges ont confirmé une volonté commune d’accélérer l’intégration régionale dans le cadre de la ZLECAf.

Cela étant, nous ne pouvons pas attendre que la ZLECAf soit pleinement opérationnelle pour développer les échanges. La possibilité de signer un accord commercial bilatéral a été évoquée avec le ministre congolais du Commerce extérieur. Ce serait un bon signal : un cadre bilatéral spécifique pourrait apporter des réponses plus rapides et plus lisibles aux opérateurs économiques.

Bankable : Depuis la signature de l’accord avec l’ANAPI, des entreprises marocaines sont venues en prospection, y compris de grandes banques. Mais les choses prennent du temps à se concrétiser. Qu’est-ce qui l’explique ?

KR : Il existe malheureusement une perception parfois biaisée de la réalité en RDC, avec une confusion liée à ce qui se passe à l’Est du pays. Cela nous oblige à rassurer et à expliquer que le conflit est circonscrit à une partie du territoire, tandis que le reste du pays vit normalement.

Par ailleurs, l’absence d’accords bilatéraux — non double imposition, protection des investissements, etc. — n’aide pas non plus. Ces accords contribueraient à renforcer la sécurité juridique des investissements, en complétant le cadre offert par le droit congolais notamment le Code des investissements, et en envoyant un signal de confiance supplémentaire aux investisseurs. Je suis convaincue que, dès qu’ils seront en place, les flux d’affaires augmenteront.

L’ASMEX n’a pas attendu la conclusion de ces accords pour agir. Nous sommes présents pour démontrer aux investisseurs et exportateurs marocains qu’il existe de réelles opportunités en RDC, et que ce marché mérite d’être appréhendé dans une logique stratégique de long terme.

Bankable : Savez-vous ce qui retarde la signature de ces accords bilatéraux ?

KR : La conclusion de ces accords nécessite la réunion d’une commission mixte bilatérale Maroc-RDC chargée d’en finaliser les termes. Selon les informations dont nous disposons, la commission devrait se réunir prochainement et permettre l’aboutissement d’un ensemble conséquent d’accords bilatéraux, préalablement à leur signature par les deux chefs d’État.

Bankable : La RDC, c’est plus de 100 millions de personnes à nourrir. Quelle est votre approche sur l’agroalimentaire ? Est-il possible de développer des co-entreprises pour produire localement ?

KR : Nous privilégions l’approche du co-développement. La RDC dispose d’un potentiel agricole considérable, notamment en terres arables. En combinant ce potentiel avec le savoir-faire marocain, les intrants et les capacités d’investissements, nous pouvons développer des projets structurants au service de l’autosuffisance alimentaire et de l’approvisionnement des marchés régionaux.

Mon premier conseil est d’identifier un partenaire local de confiance. Même s’il n’y a pas d’obligation générale de s’associer à un partenaire local — hormis dans certains domaines comme la sous-traitance —la connaissance du terrain, des usages et des dynamiques locales est déterminante pour réussir une implantation locale.

Cette dynamique pourra se renforcer, au rythme des réformes légales et réglementaires engagées et de l’amélioration progressive du climat des affaires, ce qui pourra ouvrir des perspectives concrètes pour les investisseurs marocains.

Bankable : Avez-vous identifié des opportunités en dehors des mines ? Dans quels secteurs les entreprises marocaines devraient-elles regarder en priorité ?

KR : Oui, les opportunités dépassent le seul secteur minier. Je pense aux infrastructures et au BTP, avec des projets d’envergure, dont l’extension de Kinshasa. Des entreprises marocaines disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces domaines et peuvent légitimement se positionner aux côtés des acteurs chinois et turcs.

Le secteur de l’énergie est également stratégique. Le Maroc, engagé de longue date dans la transition énergétique, dispose d’une expertise solide en énergies renouvelables. Cette expertise peut être mobilisée pour accompagner la RDC.

Les secteurs médical et pharmaceutique offrent eux aussi un potentiel important. Il s’agit à la fois de renforcer l’accès aux soins, de développer des capacités locales de production ou de distribution de médicaments et d’améliorer les infrastructures hospitalières.

Par ailleurs, le Maroc a une expérience importante en banque-finance sur le continent. Bank of Africa  est déjà présente en RDC, mais d’autres institutions pourraient venir renforcer l’écosystème financier du pays.

Enfin, le Maroc dispose de champions industriels et d’un positionnement stratégique au carrefour de l’Europe, l’Afrique, et l’Amérique, ainsi que d’un réseau d’accords de libre-échange attractif. L’idée est de développer des joint-ventures maroco-congolaises, mais aussi d’attirer des investisseurs internationaux qui pourront s’implanter d’abord au Maroc, puis en RDC.

Bankable : Votre cabinet, Gauvin & Raji, est implanté à Kinshasa depuis 2023. Quel réflexe juridique ou stratégique recommanderiez-vous aux entreprises marocaines souhaitant s’implanter durablement en RDC ?

KR : Mon premier conseil est d’identifier un partenaire local de confiance. Même s’il n’y a pas d’obligation générale de s’associer à un partenaire local — hormis dans certains domaines comme la sous-traitance —la connaissance du terrain, des usages et des dynamiques locales est déterminante pour réussir une implantation locale.

Deuxième conseil : sécuriser en amont son partenariat et son activité. cela suppose de se faire accompagner par un cabinet d’avocats capable de défendre efficacement les intérêts de l’investisseur. En cas de joint-venture par exemple, les statuts et le pacte d’associés doivent être soigneusement rédigés, les droits des parties bien définis, et la gouvernance conçue de manière à éviter les blocages. La structuration juridique est fondamentale pour rassurer l’investisseur.

Notre approche consiste à intervenir en amont, en rapprochant les opérateurs, en identifiant les opportunités, en structurant notamment des joint-ventures puis en accompagnant les projets dans la durée, afin d’éviter les contentieux et sécuriser les investissements sur le long terme.

Bankable : Le climat des affaires est souvent présenté comme complexe en RDC. Quel est votre regard, en tant que juriste installée depuis 2023 ?

KR : Je suis attentive à la trajectoire du pays : les réformes déjà entamées, celles envisagées, et surtout la volonté d’améliorer le climat des affaires. Le rôle de l’avocat est non seulement d’identifier les défis juridiques, mais aussi de les traiter par des mécanismes contractuels adaptés.

Pour un investisseur, il ne s’agit pas seulement de constater ce qui peut encore être amélioré mais de s’inscrire dans la dynamique de transformation. Cette dynamique est réelle et positive. Cela se reflète dans l’évolution des indicateurs du pays et dans l’intérêt soutenu des partenaires internationaux. Le FMI, la BAD, la Banque mondiale et d’autres institutions font confiance au pays. Il y a aussi un accord stratégique entre la RDC et les États-Unis, en cours de finalisation. La RDC est un marché exigeant qui se construit dans le temps, pour des acteurs prêts à avancer avec prudence.

Interview réalisée par Aboudi Ottou

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S&P Global Ratings on Jan. 23 raised its outlook on the Democratic Republic of Congo to positive from stable and affirmed the country’s long-term sovereign rating at B- and its short-term rating at B in both foreign and local currency.

A sovereign rating signals a government’s creditworthiness. The positive outlook indicates the rating could be upgraded if economic and fiscal trends continue to improve. S&P said the revision reflects expectations that the DRC will sustain strong growth, build foreign exchange reserves and improve tax collection through ongoing fiscal reforms, citing progress on both the fiscal and external fronts.

S&P and the International Monetary Fund expect growth to remain above 5% between 2026 and 2028. Government revenue is expected to rise slightly faster than nominal GDP. S&P also pointed to a rebound in foreign exchange reserves, which reached about $7.9 billion at end-December 2025 (around three months of import cover), up from less than one month in 2021.

The agency highlighted tax reforms, including a standardised invoicing system launched in December 2025 to support VAT collection, as well as steps to curb exemptions and subsidies. These measures aim to keep revenue at 14% to 15% of GDP, up from an average of about 11% over the past decade. They are also intended to reduce the state’s reliance on mining, which accounts for more than 40% of government revenue and has driven recent gains in receipts.

Structural vulnerabilities

The outlook change comes as the DRC prepares to tap international debt markets this year, with plans to raise $750 million in its first Eurobond issue. Finance Minister Doudou Fwamba Likunde said the outlook revision and rating affirmation would bolster investor confidence ahead of the planned sale.

However, the positive outlook is unlikely to remove the premium investors typically demand from first-time speculative-grade issuers. Bloomberg said yields could approach double digits depending on the bond’s maturity, citing the 13.7% yield paid by neighbouring Republic of Congo last year.

S&P said the DRC still faces structural vulnerabilities, including dependence on mining, weak institutions and persistent insecurity in the east, which adds to public spending and weighs on investment.

S&P said it could raise the rating if net reserves increase further and fiscal deficits narrow. It added that an upgrade would also require clearer signs of economic diversification and a broader government revenue base.

Pierre Mukoko

Standard & Poor’s Global Ratings (S&P) a relevé, le 23 janvier 2026, la perspective de la République démocratique du Congo (RDC) de « stable » à « positive » et a confirmé ses notations souveraines « B- » à long terme et « B » à court terme, en devises comme en monnaie locale.

La notation souveraine est un indicateur donné aux prêteurs sur le risque encouru en accordant un prêt à un pays. La perspective positive indique que cette notation pourrait s’améliorer à l’avenir, signe d’une confiance dans les projections macroéconomiques du pays. « La perspective positive repose sur notre attente que la RDC maintiendra une croissance robuste, accumulera des réserves en devises et améliorera la collecte des impôts grâce aux réformes budgétaires en cours », indique d’ailleurs S&P, qui relie son optimisme à des progrès budgétaires et externes.

Comme le Fonds monétaire international (FMI), S&P estime que la croissance devrait rester au-dessus de 5 % entre 2026 et 2028 et que les recettes publiques progresseraient un peu plus vite que le PIB nominal. Elle souligne aussi le redressement des réserves en devises, qui ont atteint environ 7,9 milliards de dollars fin décembre 2025, équivalentes à environ trois mois d’importations, contre moins d’un mois en 2021.

L’agence met également en avant des réformes fiscales, dont la facturation normalisée lancée en décembre 2025 pour soutenir la collecte de la TVA, et des mesures visant à limiter certaines exonérations et subventions. Ces réformes visent à maintenir les recettes à 14 %–15 % du PIB — une amélioration significative par rapport à la moyenne d’environ 11 % observée au cours de la décennie précédente — et à décorréler partiellement les finances publiques du secteur minier, qui génère plus de 40 % des recettes de l’État et a été le principal moteur de la croissance des recettes ces dernières années.

Vulnérabilités structurelles

Cette inflexion est perçue comme un signal utile alors que la RDC prépare, cette année, son entrée sur le marché international de la dette, en vue de lever 750 millions de dollars via sa première émission d’eurobond. « L’affirmation de notre notation souveraine et la révision de la perspective à la hausse sont des développements importants pour renforcer la confiance des investisseurs alors que nous nous préparons à accéder aux marchés financiers internationaux au cours de cette année », a commenté le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, dans un communiqué publié par ses services.

Pour autant, la perspective « positive » n’efface pas les primes de risque attendues pour un primo-émetteur noté en catégorie spéculative. Bloomberg relève que des investisseurs pourraient exiger un rendement approchant les deux chiffres, selon la maturité des titres, et évoque même le taux de 13,7 % appliqué au Congo voisin l’année dernière.

Il faut dire que, comme le souligne S&P, la RDC reste affectée par des vulnérabilités structurelles : dépendance au secteur minier, faiblesses institutionnelles et insécurité persistante à l’Est, qui alourdit la dépense publique et décourage l’investissement.

Face à cette situation, l’agence conditionne un relèvement de la notation de la RDC — qui enverrait un signal encore plus positif aux investisseurs — à une nouvelle augmentation des réserves nettes, à une réduction des déficits budgétaires par rapport aux niveaux actuels et à l’existence de « signes clairs d’une diversification de l’économie et de la base de recettes de l’État ».

Pierre Mukoko

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Democratic Republic of Congo Prime Minister Judith Suminwa Tuluka met a delegation from Chinese construction equipment maker LiuGong at her office, according to a statement dated Jan. 22, 2026, published by the prime minister’s office. The statement described LiuGong as a global leader in construction machinery and said the talks were in line with the government’s push to improve the investment climate and attract industrial projects.

The prime minister’s office said discussions focused on a phased plan that could include setting up sales, assembly and maintenance facilities, alongside technology transfer and training for local workers. It also mentioned the possibility of local “Made in DRC” production, job creation and support for infrastructure development. The statement did not provide a timeline, locations, the size of the investment or the legal structure of the project, such as a subsidiary, partnership or joint venture.

Founded in 1958, LiuGong manufactures construction equipment including loaders, excavators, bulldozers and graders, as well as machinery used for roadworks and construction sites. On its website, the company says it operates internationally through a network of dealers.

Public information remains limited to the announcement of talks and broad areas of cooperation, including sales, assembly, maintenance, training and local production. Concrete details would require formal agreements, a timeline and quantified commitments.

Boaz Kabeya

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a reçu, à la Primature, une délégation de la firme chinoise LiuGong, « venue échanger sur les modalités de son implantation en RDC », selon une communication datée du 22 janvier 2026 et publiée par la Primature. Dans ce message, l’institution présente LiuGong comme un « leader mondial des équipements de construction » et situe cette démarche dans la politique du gouvernement visant à renforcer l’attractivité économique du pays et à attirer des investissements industriels.

Toujours selon la Primature, les échanges ont porté sur une implantation « progressive », articulée autour de plusieurs axes : l’installation d’unités de vente, d’assemblage et de maintenance ; un transfert de technologies et le renforcement des compétences locales ; des perspectives de production locale « Made in DRC » ; la création d’emplois ; ainsi qu’un appui au développement des infrastructures. À ce stade, la communication officielle ne précise ni le calendrier, ni les sites envisagés, ni le montant de l’investissement, ni le schéma juridique (filiale, partenariat, joint-venture) du projet.

LiuGong est un fabricant chinois d’équipements de construction, fondé en 1958. Le groupe propose une gamme d’engins couvrant notamment les chargeuses, les excavatrices, les bulldozers, les niveleuses et des équipements pour les travaux routiers et de chantier. Sur son site institutionnel, l’entreprise indique opérer à l’échelle internationale, avec une présence commerciale portée par un réseau de concessionnaires.

En l’état des informations publiques, le dossier se limite donc à un signal politique et à des orientations présentées par la Primature : l’annonce d’échanges sur les modalités d’implantation et l’énumération de pistes (vente, assemblage, maintenance, formation et production locale), dont les paramètres concrets restent à documenter à travers des accords formels, un calendrier et des engagements chiffrés.

Boaz Kabeya

A public-private partnership (PPP) project led by US company Securiport in the Democratic Republic of Congo (DRC) is listed among the PPP projects validated by the PPP Management Coordination and Advisory Unit (UC-PPP) between March 2024 and July 2025.

According to the document, the UC-PPP issued a conditional favorable opinion on July 10, 2025, subject to observations and recommendations being addressed. The project is valued at $292 million over a 20-year period. The table does not specify the content of the UC-PPP’s observations or the project’s exact implementation terms.

In PPPs, “total cost” can refer to the overall value of the project over the full period, rather than only the upfront investment. The table includes a separate “investment cost” column, which typically covers capital expenditures (CAPEX) such as equipment, systems, installation, and infrastructure. For Securiport, that column is left blank.

Overall, the document confirms an aggregate project value of $292 million over 20 years, but it does not specify the amount of initial investment to be mobilised by the company. Nor does it provide a breakdown between investment, operations and maintenance costs. It also gives no indication of the implementation timeline or key financial terms, such as the remuneration mechanism, royalty level, risk-sharing arrangements, or the exact scope of services.

So far, public information on the partnership has mainly come from excerpts of the contract posted online in early November 2025. These excerpts provide for a $30 security fee to compensate the private partner, to be charged to each air passenger on arrival and departure at all international airports in the country. In the absence of passenger traffic data, it is difficult to estimate the revenues the concession could generate over 20 years.

Timothée Manoke 

Le projet de partenariat public-privé (PPP) porté par la société américaine Securiport en République démocratique du Congo (RDC) apparaît dans la liste des projets PPP validés par l’Unité de conseil et de coordination de la gestion des PPP (UC-PPP) entre mars 2024 et juillet 2025.

Selon ce document, l’UC-PPP a émis, le 10 juillet 2025, un « avis favorable sous réserve de la prise en compte des observations et recommandations », pour un « coût total » de 292 millions de dollars et une durée de 20 ans. Le tableau ne détaille toutefois ni le contenu des observations formulées par l’UC-PPP, ni les conditions exactes de mise en œuvre.

Dans un PPP, le « coût total » peut renvoyer à la valeur globale du projet sur la période considérée, et pas uniquement aux dépenses d’investissement initiales. Le même tableau comporte une colonne distincte intitulée « coût d’investissement », qui vise généralement la part strictement liée aux investissements (CAPEX) à engager (équipements, systèmes, installation, infrastructures). Or, pour Securiport, cette colonne n’est pas renseignée.

En clair, le document confirme une enveloppe globale de 292 millions de dollars à dépenser sur 20 ans, mais ne permet pas, à lui seul, d’identifier le montant exact de l’investissement initial qui serait mobilisé par l’entreprise, ni la répartition entre investissements, exploitation et maintenance sur la durée. Il ne  fournit non plus d’indications sur le calendrier opérationnel du projet, ni sur les modalités financières détaillées (mécanisme de rémunération, niveau de redevance, partage des risques, périmètre exact des services).

Jusqu’ici, les informations disponibles sur ce partenariat provenaient principalement de quelques extraits du contrat mis en ligne au début du mois de novembre 2025. Dans ces extraits, une redevance de sécurité de 30 dollars, à facturer à chaque passager aérien à l’arrivée comme au départ dans tous les aéroports internationaux du pays, est prévue pour rémunérer le partenaire privé. En l’absence de données sur le nombre de passagers, il est difficile d’évaluer les revenus qui pourraient être générés sur 20 ans de concession.

 Timothée Manoke 

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The government-backed Esprit de Vie program, which aims to modernize urban transport by providing buses and minibuses to private operators through credit, is expected to gain renewed momentum. Preparations are underway to deploy nearly 500 new buses in Kinshasa. The announcement was made during a business lunch organized in November 2025 by the Building and Public Works (BTP) Club and the Chamber of Trades and Crafts of the Forum Expo Beton, according to the program’s new coordinator, Kasumbu Mbaya Borrey.

A vehicle repossession operation involving buses allocated during previous phases of the program began in December 2025 and must take place before the arrival of the new fleet. According to Borrey, 649 buses were delivered to private operators under a credit scheme at a unit price of $57,000, to be repaid in monthly installments. As of 2026, marking the end of the seven-year contract period, only one buyer has fully repaid the loan. The other 648 vehicles must be recovered because they remain state-owned. Several Congolese media outlets reported that the operation involves more than $22 million in unpaid financial obligations.

According to the new coordinator, 294 vehicles due to be deployed had already arrived in the capital in November, while around 200 others were still at the port of Matadi. The buses are believed to be part of a batch of 500 Hyundai vehicles with 27 seats each, imported from South Korea and ordered by the central government from dealer Central Motors. According to the former program coordination, part of the batch has been stuck at Matadi port since 2023 due to financial difficulties linked to customs clearance.

Borrey said abuses observed during previous phases stemmed in particular from the allocation of buses to politicians, military personnel, or beneficiaries who never made a single payment.

To prevent a repeat, he said the program will now rely on the digitalization of management. Each bus will be equipped with a GPS system to ensure real-time tracking. A digital management system similar to the one used by Transco, and developed with the company Sycamore, will also be deployed to improve traceability and financial discipline. Access to the program will be subject to stricter eligibility criteria, aiming to ensure that only buyers capable of meeting their financial commitments can join the scheme.

The Esprit de Vie program was launched to improve mobility by gradually replacing old minibuses that are often involved in accidents. It was named to distinguish it from the Mercedes 207 minibuses nicknamed “esprit de mort,” which are known for being in poor condition and frequently involved in accidents. For its implementation, the Congolese state signed a partnership agreement with the Association of Owners of Vehicles Assigned to Public Transport (APVECO).

Timothée Manoke

Le programme public Esprit de vie, visant à moderniser le transport urbain via l’acquisition et la mise à disposition de bus et minibus à des opérateurs privés sous forme de crédit, devrait recevoir un nouveau souffle. L’introduction prochaine de près de 500 nouveaux bus à Kinshasa, annoncée lors du déjeuner-débat organisé en novembre 2025 par le Club Bâtiment et Travaux Publics (BTP) et la Chambre des métiers et de l’artisanat du Forum Expo Béton par le nouveau coordonnateur du programme, Kasumbu Mbaya Borrey, est en cours de préparation.

L’opération de recouvrement portant sur les véhicules attribués lors des phases précédentes du programme, qui doit précéder l’arrivée de ces nouveaux bus, a été lancée en décembre 2025. Selon Kasumbu Mbaya Borrey, 649 bus avaient été remis à des entrepreneurs à crédit, au prix de 57 000 dollars, payables mensuellement. Arrivé en 2026, année marquant la fin de la période contractuelle de sept ans, un seul acquéreur a totalement remboursé sa dette. Les 648 autres véhicules doivent être récupérés, car ils demeurent juridiquement la propriété de l’État. Selon plusieurs médias locaux, cette opération vise un montant dépassant 22 millions de dollars, correspondant aux engagements financiers non honorés.

Selon le nouveau coordonnateur, en novembre dernier, 294 véhicules à introduire étaient déjà arrivés dans la capitale, tandis qu’environ 200 autres se trouvaient encore au port de Matadi. Tout porte à croire que ces bus font partie d’un lot de 500 véhicules Hyundai de 27 places chacun, importés de Corée et commandés par le gouvernement central auprès du concessionnaire Central Motors. Selon l’ancienne coordination du programme, une partie de ces véhicules était restée bloquée depuis 2023 au port de Matadi en raison de difficultés financières liées au dédouanement.

Kasumbu Mbaya Borrey a indiqué que les dérives observées lors des précédentes phases — qu’il a qualifiées d’« esprit de cope » — provenaient notamment de l’attribution des bus à des politiciens, à des militaires ou à des bénéficiaires n’ayant jamais procédé au moindre remboursement.

Pour prévenir la répétition de ces problèmes, le coordonnateur a annoncé que le programme miserait désormais sur la digitalisation de la gestion. Chaque bus sera équipé d’un système GPS permettant d’assurer son suivi en temps réel. Un système de gestion numérique, similaire à celui utilisé par Transco et développé avec la société Sycamore, sera également déployé afin d’améliorer la traçabilité et la discipline financière. L’accès au programme sera conditionné par des critères d’éligibilité plus stricts, visant à garantir que seuls les acquéreurs capables de respecter leurs engagements financiers puissent intégrer le dispositif.

Le programme Esprit de vie a été lancé pour améliorer la mobilité en remplaçant progressivement les vieux minibus, très accidentogènes. Il a d’ailleurs été baptisé ainsi pour se distinguer des minibus Mercedes 207 surnommés « esprit de mort », réputés en mauvais état et souvent impliqués dans des accidents. Pour sa mise en œuvre, l’État congolais a signé un accord de partenariat avec l’Association des propriétaires des véhicules affectés au transport en commun (APVECO).

Timothée Manoke

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The Democratic Republic of Congo (DRC) plans to raise $750 million in its first foray into the international bond market, Bloomberg News reported after interviewing Finance Minister Doudou Fwamba Likunde on Jan. 22, 2026.

The figure is a 50% reduction from the country’s original target. Last August, the minister secured authorization from the Council of Ministers to prepare a debut Eurobond issuance of $1.5 billion.

Analysts say the country is not abandoning the $1.5 billion goal. Instead, the objective is expected to be achieved through several operations. Doudou Fwamba said the intention is to issue a first Eurobond, followed by a second, third and fourth, and so on, according to Bloomberg. He did not provide a specific timetable.

Bloomberg did not explain what appears to be a change in strategy. However, the International Monetary Fund (IMF) noted in its latest mid-January report on the country that authorities could scale back their initial plans. The IMF said the issuance would depend on market conditions and the identification of high-yield projects. The fund is overseeing the implementation of a three-year economic and financial program in the DRC, launched in 2025 after a previous program.

Several analysts believe current market conditions are favorable. Yield spreads for African sovereign debt in dollars have narrowed to their lowest levels in several years. However, for the DRC, a first-time issuer with a speculative rating, investors are expected to demand double-digit interest rates. These rates would depend on the maturity of the securities, which remains unknown.

Preparations at a “preliminary stage”

This outlook could explain the government’s caution, as it says it is seeking conditions that guarantee fiscal sustainability. This is particularly significant as the IMF estimates that any issuance will require a recalibration of the program to preserve debt sustainability and ensure the transparent and efficient use of the raised funds. A source familiar with the matter said the Eurobond is possible, but only under conditions of fiscal discipline and governance.

For now, the IMF says the work is at a preliminary stage. An issuance before mid-2026 is unlikely due to due diligence requirements, discussions with investors, and parliamentary approval constraints. Authorities have committed to the IMF to seek prior approval from Parliament before any issuance. The government has set a deadline of June 30 to complete the operation. Bloomberg, for its part, mentions April.

According to the finance minister, the government is still working on the maturity of the bonds. It has held only preliminary meetings with institutional investors, including BlackRock Inc., Finisterre Capital, Amundi Group, and JP Morgan. Nevertheless, the institutions expected to lead the operation have reportedly been identified.

According to Bloomberg, Citigroup would lead the operation with the support of Rawbank SA. Rothschild & Co. and White & Case LLP would handle the structuring as financial and legal advisors. Based on publicly available information, Rawbank’s exact role is not clear. It is not specified whether it will serve as a co-arranger, a local reference bank for payments and escrow accounts, provide investor marketing support, or offer technical support in document preparation.

Pierre Mukoko

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