Augusta Kibassa, Minister of Telecommunications of the DR Congo, was in France last week. Kibassa visited Thales Alenia Space, a French firm that makes satellites, on November 14. There, he met with the firm’s senior management and learned about the different stages of satellite production, from design to launch.
This visit follows the signing of two memorandums of understanding: one between the DRC and satellite operator Monacosat, and another with Poland. These initiatives are part of the Congolese government's efforts to develop the country's satellite capabilities to meet the growing need for communication and technology, even in remote areas.
While the Ministry of Telecommunications shared no specific details about the purpose of Kibassa's visit, it may aim to address some past concerns regarding territorial surveillance. In 2022, the Congolese government showed interest in acquiring a $100 million Earth observation satellite, with its own funds. The Ministry of Scientific Research and Technological Innovation launched a tender in November in this framework.
Satellites are becoming essential technology for both telecommunications and Earth observation. In the DRC, they could help address security and economic challenges. They may also assist in securing borders against rebel groups, identifying areas affected by natural disasters, combating illegal mining activities, and assessing the state of important infrastructure in the country.
Samira Njoya, We Are Tech
A new digital platform to modernize public payments in the Democratic Republic of Congo (DRC) was launched last week. Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, Minister of Finance, announced the launch on November 14. The new tool will allow citizens and businesses to track their payment files in real-time. It is the fruit of a new partnership between the DRC and the International Monetary Fund (IMF).
"With this platform, all beneficiaries of payment files can now track their requests online, from home," the minister said at a press conference in Kinshasa. "As soon as a request is registered in the expenditure chain, the beneficiary receives a message containing a unique number. This enables the request to be located precisely: in the Minister's office, in the relevant technical departments, or elsewhere. In the event of missing documents, the platform immediately indicates the documents to be provided," he explained.
The official added that the initiative aims to tackle corruption. "There will be no more room for informal calls or suspicious interventions. Everything is now transparent and traceable," he asserted.
The service is available on the Ministry of Finance website. Users with a "tracking number" can check their file status online. At the moment, however, tracking is limited to requests that have reached the Ministry of Finance. To improve efficiency, the platform should be expanded to include other government entities involved in public spending, such as provincial governments and state-owned enterprises. There are also concerns about whether the platform can handle many user requests.
This reform is part of a broader effort to improve transparency and efficiency in public spending. The minister noted that digitization is progressing within the Ministry of Finance and its related agencies. Despite these advances, challenges remain in creating a fully digitized public service. Limited internet access and unreliable power supply are significant obstacles. A few years ago, the government adopted a digitization plan for 2025, but it is uncertain if this goal can be met on time.
Georges Auréoles Bamba
Le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (PT-NTIC), Augustin Kibassa, a visité le 14 novembre 2024 les installations de Thales Alenia Space en France. Lors de cette visite, il a échangé avec les dirigeants de la société européenne et s’est familiarisé avec les différentes étapes de fabrication des satellites, de la conception à la mise en orbite.
La visite de Thales Alenia Space fait suite à la signature de deux protocoles d’accord : l’un entre la RDC et l’opérateur satellite Monacosat, et l’autre avec la Pologne. Ces initiatives s’inscrivent dans la stratégie du gouvernement pour développer les capacités satellitaires du pays, afin de répondre aux besoins croissants en matière de communication et de technologie, et ce, sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones les plus reculées.
Bien qu’aucune information officielle n’ait été communiquée par le ministère des PT-NTIC concernant l’objectif précis de la visite chez Thales Alenia Space, cette démarche semble suggérer des pistes de réponses à certaines préoccupations liées à la surveillance du territoire, soulevées par la RDC dans le passé. En 2022, le gouvernement congolais avait exprimé son intention d’acquérir un satellite d’observation de la Terre, financé sur fonds propres, d’une valeur estimée à 100 millions de dollars. Un appel d’offres avait d’ailleurs été lancé à cet effet en novembre par le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique.
Que ce soit pour les télécommunications ou l’observation de la Terre, le satellite s’impose comme une technologie de grandes valeurs. Pour la RDC, confrontée à des défis sécuritaires et économiques, il pourrait constituer un atout majeur dans plusieurs domaines. Il permettrait notamment de renforcer la sécurisation des frontières et des localités face aux groupes rebelles, d’identifier les zones touchées par des catastrophes naturelles, de lutter contre les activités minières illégales et d’évaluer l’état des infrastructures stratégiques du pays.
Samira Njoya, We Are Tech
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A la suite de la conclusion d’un accord avec les services du Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé, le 14 novembre 2024, le lancement d’une plateforme numérique visant à moderniser la chaîne des paiements publics. Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le ministre a précisé que cette plateforme permettra aux citoyens et aux entreprises de suivre en temps réel l’évolution de leurs dossiers dans le système de paiement de l’État.
« Avec cette plateforme, tous les bénéficiaires de dossiers de paiement peuvent désormais suivre l’évolution de leurs dossiers en ligne, depuis chez eux. Dès qu’un dossier est enregistré dans la chaîne des dépenses, le bénéficiaire reçoit un message contenant un numéro unique. Celui-ci permet de localiser précisément le dossier : au cabinet du ministre, dans les services techniques compétents ou ailleurs. En cas de pièces manquantes, la plateforme indique immédiatement les documents à fournir », a expliqué le ministre des Finances.
L’initiative, a-t-il ajouté, vise à mettre un terme aux pratiques douteuses tirant profit du manque d’information. « Il n’y aura plus de place pour les appels informels ou les interventions suspectes. Tout est désormais transparent et traçable », a-t-il affirmé.
Le service est déjà opérationnel sur le site Internet du ministère des Finances. Les utilisateurs munis d’un « numéro de suivi » peuvent y accéder pour consulter l’état d’avancement de leurs dossiers. Cependant, des marges d’amélioration subsistent. Actuellement, le suivi semble limité aux dossiers une fois qu’ils atteignent le ministère des Finances. Pour plus d’efficacité, il est nécessaire d’élargir la portée de la plateforme à d’autres entités impliquées dans les dépenses publiques, telles que l’administration centrale, les gouvernements provinciaux ou encore les entreprises publiques. Une autre incertitude porte sur la capacité de la plateforme à traiter un volume élevé de requêtes utilisateurs.
Cette réforme s’inscrit dans un cadre plus large visant à renforcer la transparence et l’efficacité dans le processus des dépenses publiques. On peut par exemple constater que la digitalisation progresse au sein du ministère des Finances et des administrations qui lui sont rattachées. Malgré ces avancées, plusieurs défis subsistent pour instaurer un service public entièrement digitalisé. L’accès limité à Internet et à une alimentation électrique fiable reste un obstacle majeur. Rappelons que le gouvernement avait adopté, il y a quelques années, un plan de numérisation à l’horizon 2025. Cependant, il demeure incertain que cet objectif pourra être atteint dans les délais fixés.
Georges Auréoles Bamba
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En République Démocratique du Congo (RDC), les dépenses annuelles liées à l’achat de charbon de bois, communément appelé makala, sont estimées à 4 milliards de dollars, a déclaré le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL). « En RDC, on dépense à peu près 6 milliards de dollars par an pour l’énergie : 4 milliards pour le makala, un milliard pour les produits pétroliers et 1,2 milliard pour l’électricité », a précisé Fabrice Lusinde. Ce dernier intervenait lors d’un panel intitulé « Déficit énergétique : et si les miniers apportaient la lumière ? », organisé dans le cadre de la 10e édition du forum d’affaires Makutano, qui s’est achevée le 15 novembre 2024 à Kinshasa.
Selon ces données, le charbon de bois représente 67 % du marché de l’énergie en RDC. D’autres études estiment que le bois-énergie constitue jusqu’à 94 % du mix énergétique national, une situation qui alimente la déforestation et donc le réchauffement climatique. Pour le directeur général de la SNEL, cela représente de parts de marché que son entreprise peut capter même en partie. « Nous avons fait de petites expériences… Dans les endroits où nous avons mis des compteurs, on s’est rendu compte que les ménages réduisaient leur consommation de makala », a expliqué Fabrice Lusinde, soulignant ainsi le potentiel de l’électrification pour réduire progressivement la dépendance au bois-énergie.
Malgré la libéralisation du secteur de l’électricité en 2014, la SNEL détient encore près de 90 % des capacités électriques installées, selon des documents officiels consultés par Bankable. Cependant, ces capacités restent largement insuffisantes face à la demande. En 2023, la puissance installée en RDC atteignait 3 238,87 MW (dont 97,49 % provenant de l’hydroélectricité), mais seulement 67,12 % de ces capacités étaient opérationnelles, laissant le taux d’accès à l’électricité à peine supérieur à 20 %.
Coalition anti-makala
« L’enjeu aujourd’hui est de voir comment, avec tous les mécanismes qu’offrent par exemple les banques multilatérales, on arrive à convertir les 4 milliards de dollars dépensés chaque année en RDC pour le bois-énergie en unités de production d’hydroélectricité », a déclaré Fabrice Lusinde, soulignant la nécessité de mobiliser ces ressources pour développer des infrastructures énergétiques durables.
La question préoccupe le gouvernement. Lors du conseil des ministres du 8 novembre 2024, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Teddy Lwamba, a présenté un projet ambitieux dénommé Compact Énergie Nationale. L’un des objectifs est d’augmenter l’accès à des modes de cuisson propres, en passant d’un taux de progression annuel de 1 % à 6 %, et de mobiliser des capitaux à hauteur de 18,66 millions de dollars pour y parvenir. Le projet vise également à élever le taux d’accès à l’électricité, actuellement estimé à 21,5 %, pour atteindre 62,5 % d’ici 2030. Pour cela, un investissement total de 36,5 milliards de dollars est nécessaire, dont 19,5 milliards devront être mobilisés auprès du secteur privé. Toutefois, les détails concrets du projet n’ont pas encore été dévoilés, laissant en suspens les modalités de sa mise en œuvre.
Des acteurs sont également mobilisés pour améliorer l’accès aux énergies vertes en RDC. Le 28 octobre 2024, plusieurs parties prenantes se sont réunies sous l’égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour lancer la version congolaise du programme de mini-réseaux électriques en Afrique. Cette rencontre a mis l’accent sur des thématiques clés telles que le financement et les modèles opérationnels adaptés au contexte local.
Par ailleurs, le PNUD pilote déjà le Fonds national REDD (FONAREDD), soutenu par des financements de l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI). Ce programme vise notamment à renforcer les capacités de production et d’accès à des sources d’énergie durable, contribuant ainsi à la lutte contre la déforestation tout en promouvant une transition énergétique inclusive en RDC.
Des emplois en jeu
La Banque mondiale, via l’IDA et l’IFC, joue également un rôle clé dans la transformation du secteur énergétique en RDC à travers un projet qui vise à renforcer la gouvernance dans les secteurs de l’électricité et de l’eau, tout en améliorant la rentabilité des acteurs impliqués, notamment la SNEL. Le budget total de ce programme s’élève à 944 millions de dollars. L’IDA prévoit d’y injecter jusqu’à 600 millions de dollars, tandis que l’IFC contribuera à hauteur de 160 millions de dollars. La participation des acteurs privés est estimée à 174 millions de dollars, tandis que l’État devrait apporter 10 millions de dollars.
Dans le secteur privé, le fonds d’investissement Spark+ Africa Fund a récemment annoncé l’octroi d’un prêt de 3 millions de dollars au groupe Altech, basé en RDC. Ce financement vise à fournir, sur une période de 48 mois, des fourneaux améliorés à plus d’un million de clients à faibles revenus. L’investissement doit également de développer les capacités de production locale en soutenant la mise en place de six installations d’assemblage en RDC, capable de produire plus de 30 000 fourneaux améliorés par mois.
Réduire la dépendance au makala ne sera pas sans conséquences sociales. En effet, ce secteur emploie et rémunère des millions de personnes tout au long de sa chaîne de valeur, qui risquent d’être évincées sans compensation en cas de réussite des projets en cours. De plus, le coût actuel des énergies propres reste inaccessible pour une grande partie de la population de la RDC, où le produit intérieur brut par habitant, bien qu’ayant connu une amélioration ces dernières années, ne dépasse pas encore les 750 dollars.
Georges Auréole Bamba
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La République Démocratique du Congo (RDC) prévoit de relancer le processus d’attribution des blocs pétroliers au premier trimestre 2025, a annoncé le ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, ce 14 novembre 2024. Cette déclaration a été faite à l’occasion de la journée consacrée au secteur des hydrocarbures lors de la 10e édition du Makutano, qui vient de s’achever.
Cependant, Aimé Molendo Sakombi a précisé que la RDC privilégiera désormais les « appels d’offres restreints pour certains blocs stratégiques ». Ainsi, contrairement au précédent processus, annulé le 11 octobre dernier, la compétition ne sera plus ouverte à toutes les entreprises. Elle se limitera à un nombre restreint de compagnies pétrolières sélectionnées par le gouvernement.
« Cette approche ciblée, axée sur des entreprises ayant des capacités techniques et financières reconnues, permettra de choisir des partenaires possédant une expertise solide et une réelle volonté de contribuer au développement de l’industrie pétrolière de notre pays », a expliqué le ministre.
À l’analyse, il apparait que, pour le gouvernement, le manque d’enthousiasme des majors observé lors du premier processus serait lié à l’ouverture de la compétition à tous les acteurs, sans distinction. Alors que certains experts ont attribué cette situation à l’absence de découverte pétrolière majeure dans le pays.
Lors du lancement officiel des appels d’offres par le président Félix Tshisekedi, en juillet 2022, les estimations sur le site de la présidence faisaient état de 22 milliards de barils de pétrole sur les 27 blocs. Cependant, d’autres estimations sont beaucoup plus prudentes et parlent d’environ 5 milliards de barils, tandis que le CIA Factbook, une plateforme du principal service de renseignement américain estime les réserves prouvées à seulement 180 millions de barils.
Les appels d’offres restreints sont souvent perçus comme moins transparents, ce qui peut nourrir des critiques sur d’éventuelles pratiques de partialité ou de favoritisme. Dans ce contexte, la RDC, qui ambitionne d’attirer des investissements afin de faire « des hydrocarbures, un levier du développement durable », devra trouver un équilibre entre efficacité et transparence afin de répondre aux attentes de toutes les parties prenantes.
Selon le ministre des Hydrocarbures, la production actuelle de pétrole brut en RDC approche 20 000 barils par jour. Cette production provient essentiellement des concessions onshore et offshore situées dans le bassin côtier de la province du Kongo Central.
Pierre Mukoko
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Lobito Atlantic Railway, opérateur du corridor de Lobito, a pris livraison du premier lot de wagons porte-conteneurs, dans le cadre de sa commande de 275 unités passée en mai dernier auprès du groupe sud-africain Galison Manufacturing. Chaque wagon, d’un poids de 13,5 tonnes, est conçu pour transporter un conteneur de 40 pieds ou deux conteneurs de 20 pieds. La livraison complète, qui s’étalera sur 30 mois, devrait se poursuivre jusqu’en 2026. Ces unités font partie du plan d’investissement du consortium, qui avait annoncé un investissement de 455 millions USD pour le développement du corridor. Une portion de ce montant sera allouée à l’acquisition de 35 locomotives et de 1 555 wagons.
Cette livraison intervient alors que la récente reprise des expéditions de minerais critiques de la RDC vers les ports angolais via ce corridor a permis un gain de temps significatif, présageant ainsi une augmentation des flux. Les nouveaux véhicules ferroviaires devraient renforcer les capacités opérationnelles du groupe pour l’exportation des minerais via le corridor, qui relie les mines de cobalt et de cuivre de la RDC et de la Zambie à l’océan Atlantique.
Le corridor occupe une position logistique stratégique dans cette chaîne de valeur et tient désormais une place clé dans les politiques mondiales visant à garantir l’approvisionnement en minéraux critiques. Les États-Unis, l’Union européenne, l’Italie et plusieurs autres bailleurs ont annoncé des investissements massifs sur cette route. À terme, le plan prévoit d’étendre le corridor depuis les ports angolais sur l’océan Atlantique vers les pays côtiers de l’Afrique de l’Est, dont les ports sont situés sur l’océan Indien.
Agence Ecofin
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La Société nationale d’électricité (SNEL) a manqué une opportunité de chiffre d’affaires d’environ 4 milliards de dollars dans le secteur minier sur les cinq dernières années, a révélé son directeur général, Fabrice Lusinde. Cette déclaration a été faite lors de la 10e édition du forum Makutano, qui s’achève ce 15 novembre 2024 à Kinshasa. Lusinde intervenait dans un panel axé sur le thème : « Déficit énergétique : et si les miniers apportaient la lumière ? ».
« Les clients miniers achètent de l’énergie à la SNEL pour environ 800 millions de dollars. Mais à côté de cela, ils importent d’Afrique australe pour 200 millions de dollars d’électricité et, selon nos calculs, ils dépensent également entre 500 et 600 millions de dollars pour des produits pétroliers afin de faire fonctionner leurs parcs thermiques (…). Au final, on se rend compte que les miniers ont dépensé environ 4 milliards de dollars sur les cinq dernières années », a déclaré le directeur général de la SNEL, dont les actifs représentent 63 % des participations publiques.
Les dépenses annuelles du secteur minier congolais pour pallier le déficit énergétique dépassent la moyenne annuelle du chiffre d’affaires de la SNEL sur la période 2019-2023, d’après des documents financiers consultés par Bankable Africa. Par exemple, de 2020 à 2022, le chiffre d’affaires moyen annuel de la SNEL s’est élevé à 762 millions de dollars.
Fabrice Lusinde a déploré la situation, soulignant que ces ressources auraient pu être investies dans le développement de l’hydroélectricité pour fournir une énergie verte au secteur minier. « Le minier a la corde au cou. Il veut produire, mais il sait que s’il se lance dans un projet hydroélectrique, cela prendra six, sept ans, voire cinq ans dans certains cas. Avec le diesel, c’est coûteux, mais il peut obtenir de l’énergie en six mois… », a expliqué Jean-Pierre Nzuru, directeur technique de Ivanhoe Mines Energy, la filiale d’Ivanhoe Mines dédiée aux questions énergétiques.
Déficit d’investissement
Jean-Pierre Nzuru a cependant précisé que les entreprises minières financent plusieurs projets de réhabilitation de parcs de production de la SNEL grâce à des prêts remboursés par la consommation de l’électricité produite par les nouvelles capacités rendues disponibles. Selon le directeur technique d’Ivanhoe Mines Energy, sa société a contribué à la réhabilitation d’environ 256 MW de puissance installée. « Pris dans leur ensemble, les miniers sont en train de réhabiliter une capacité d’environ 820 MW de puissance installée. Certains projets sont déjà achevés, d’autres encore en cours », a-t-il ajouté.
Créée en 1970, la SNEL continue de s’appuyer sur une infrastructure de production et de distribution vieillissante, ce qui empêche l’atteinte de ses capacités de production installées. Entre 2020 et 2022, l’entreprise a annoncé des investissements d’environ 203 millions de dollars, mais cela reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants. En raison d’une rentabilité économique de seulement 3 %, il est difficile pour la SNEL d’emprunter à long terme sur le marché local, où les banques exigent des taux d’intérêt d’au moins 13 % sur les obligations d’État en devises. De plus, le marché international reste inaccessible en raison de la mauvaise perception du pays et de l’entreprise par des investisseurs étrangers.
Le potentiel d’affaires dans le secteur de l’électricité en République Démocratique du Congo est considérable. En plus des parts de marché perdues dans le secteur minier, plusieurs milliards de dollars échappent aux opérateurs du secteur de l’électricité en raison de coûts de distribution prohibitifs, ce qui alimente la prévalence du bois de chauffe, utilisé par la majorité des foyers pour la cuisson. Ce décalage entre une opportunité évidente et des investissements insuffisants, y compris de la part des acteurs publics, demeure une énigme à résoudre dans le deuxième plus grand pays d’Afrique.
Georges Auréole Banda
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Le ministre congolais des Postes, Télécommunications et Numérique, Augustin Kibassa Maliba, a signé, le mardi 12 novembre à Monaco, un protocole d’accord avec Monacosat, premier opérateur satellitaire de la principauté de Monaco, pour déployer des infrastructures satellitaires en RDC. Cet accord de principe marque le début des négociations pour finaliser les modalités de mise en œuvre de cette collaboration.
Coopération num. RDC-Principauté de Monaco :
— Ministère des Postes, Télécom et Numérique - RDC (@pt_numerique) November 13, 2024
À Monaco, S.E.M Augustin Kibassa et #MONACOSAT ont signé 12 nov. un protocole d’accord pour la construction des infrastructures satellitaires en RDC. La cérémonie s'est déroulée en présence d'un Représentant du gouvernement de Monaco. pic.twitter.com/JgWKwOj0g9
L’initiative vise à réduire la fracture numérique dans les zones rurales et difficiles d’accès, en utilisant les capacités satellitaires de Monacosat pour étendre la connectivité. Le ministère congolais chargé des TIC a indiqué que les deux parties entendent travailler ensemble et se consulter sur des questions d’intérêt commun, notamment l’acquisition de capacités satellitaires pour le déploiement d’un réseau de télécommunications par satellite.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du Plan national du numérique « Horizon 2025 » de la RDC, qui vise à développer des infrastructures numériques solides pour connecter le pays. Elle intervient quelques jours après la signature d’un accord de coopération avec le gouvernement polonais pour soutenir l’extension des infrastructures numériques en RDC.
Malgré les efforts du gouvernement, la RDC affiche encore des taux de connectivité faibles. Selon l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), seuls 30,79 % des Congolais avaient accès à l’Internet mobile, et à peine 0,017 4 % à l’Internet fixe au 30 juin 2023. Le dernier rapport de l’ONU, « E-Government Survey 2024 », publié en septembre, souligne cet écart en indiquant que l’indice de développement des infrastructures télécoms de la RDC est de 0,159 1, bien loin de la moyenne africaine de 0,453 4.
Si les discussions menant à la finalisation du partenariat portent leurs fruits, Monacosat pourrait étendre sa couverture à l’ensemble du territoire congolais grâce à son satellite TurkmenAlem52E/MonacoSAT, déjà opérationnel en Afrique du Nord. Cette initiative permettrait non seulement de connecter des millions de Congolais, mais aussi d’améliorer l’accès aux services d’éducation, de santé et aux services publics numériques, contribuant ainsi au développement du pays. Elle pourrait également compenser le retard dans le déploiement du réseau de fibre optique.
Samira Njoya, Agence Ecofin
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L’application « TALO », développée par de jeunes talents congolais, marque une avancée dans le contrôle économique de la République démocratique du Congo. Présentée en conseil des ministres le 8 novembre 2024 par le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, cette innovation permettra une surveillance en temps réel des pratiques commerciales et des flux de stocks, renforçant ainsi la transparence et la régulation des prix.
L’application « TALO » intègre deux modules clés : un module mobile conçu pour les enquêteurs de terrain, qui leur permettra de collecter et de centraliser les données de prix de façon hebdomadaire, et une plateforme dédiée aux opérateurs économiques. Ce second module offre aux entreprises la possibilité de soumettre directement des informations sur leurs stocks, les prix pratiqués et les structures tarifaires, en respect des réglementations en vigueur. Ce dispositif vise à améliorer la transparence des pratiques commerciales et à renforcer la régulation économique au profit des consommateurs.
L’adoption de l’application TALO reflète la volonté du gouvernement congolais de renforcer la transparence et de restaurer la confiance des opérateurs économiques ainsi que de la population vis-à-vis du contrôle économique. Daniel Mukoko Samba, le Vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, a souligné que cette initiative vise à transformer les missions de contrôle en véritables outils de régulation, loin des abus, afin de garantir un environnement commercial plus fiable et équitable.
L’application TALO s’inscrit dans une démarche globale visant à renforcer la régulation économique en République Démocratique du Congo. En complément d’une série de mesures de supervision et de régulation, l’application permet une gestion plus transparente et efficace des contrôles économiques. Elle permet notamment de renforcer la conformité aux normes établies, d’évaluer les missions de contrôle, et d’assurer le respect du droit au contradictoire pour les opérateurs économiques. Par ailleurs, elle facilite la collecte des plaintes et la détection d’éventuels abus.
Grâce à ce dispositif, le gouvernement espère créer un cadre économique plus juste, favorisant une meilleure transparence et la confiance des acteurs économiques. La sensibilisation des opérateurs à travers la diffusion d’un guide sur le contrôle économique est également un élément clé pour garantir un environnement d’affaires plus régulé et propice aux investissements en RDC.
We Are Tech
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