Selon plusieurs médias locaux et internationaux, les rebelles de l’AFC/M23, appuyés par l’armée rwandaise, ont pris depuis le 10 décembre 2025 le contrôle d’Uvira, ville faisant office de capitale du Sud-Kivu depuis la chute de Bukavu en février dernier. À Kinshasa, cette situation n’a pas encore été officiellement actée. Le gouvernement reconnaît néanmoins « la détérioration de la situation sécuritaire à Uvira ».
Le lendemain, le président de la République, Félix Tshisekedi, a présidé un Conseil des ministres restreint « afin de faire le point sur l'aggravation de la situation sécuritaire à l'Est du pays ». Il a annoncé la convocation d'une réunion interinstitutionnelle et d’un Conseil supérieur de la défense élargi afin « d'approfondir l'analyse de la situation ».
L’avancée de l’AFC/M23 dans le Sud-Kivu sera également au centre d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies ce 12 décembre. Plusieurs États membres pointent une aggravation du risque d’embrasement de la région des Grands Lacs.
Ville pivot
En plus d’être une ville frontalière du Burundi, Uvira est aussi un pivot logistique. Située sur la RN5, elle commande l’axe routier et lacustre qui longe le Tanganyika vers Fizi, puis Kalemie, avant de rejoindre les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, cœur de l’industrie cuprifère et cobaltifère congolaise.
Le port de Kalemie est décrit comme un « poumon économique » du Tanganyika, reliant la RDC aux ports de Bujumbura (Burundi), Mpulungu (Zambie) et Kigoma (Tanzanie), par lesquels transitent une partie des marchandises et des flux vers le sud minier.
Dans ce contexte, la progression de l’AFC/M23 le long de la RN5, déjà signalée vers Kamanyola et Luvungi, donne corps à un scénario longtemps évoqué par les analystes militaires : une poussée graduelle vers le sud, qui transformerait l’axe Uvira–Fizi–Kalemie en véritable corridor d’infiltration vers les régions minières du Katanga.
Le sud de la RDC concentre une bonne partie de l’économie minière mondiale. Près de 70 % de la production mondiale de cobalt provient des provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, où sont implantées de grandes mines de cuivre-cobalt opérées par des groupes chinois, occidentaux ou des joint-ventures avec la Gécamines. Ces minerais ne sont pas seulement vitaux pour le budget congolais : ils sont au cœur des chaînes de valeur mondiales des batteries et de la transition énergétique.
Expériences antérieures
L’expérience du Nord-Kivu montre comment un groupe armé peut instrumentaliser la rente minière. Des rapports d’experts de l’ONU détaillent déjà un système sophistiqué de capture du coltan de Rubaya, avec des exportations illégales évaluées à 120–150 tonnes par mois, générant des centaines de milliers de dollars pour l’AFC/M23.
Transposé au sud, un tel mode opératoire — contrôle des routes, taxation des flux, contamination des chaînes d’approvisionnement — ferait planer une menace directe sur un bassin minier qui pèse près de 70 % de l’offre mondiale de cobalt et qui abrite les plus grandes mines de cuivre du pays.
À ce stade, aucun grand site industriel du Katanga n’est directement menacé par l’AFC/M23. Mais la consolidation d’un arc de déstabilisation continu — du Nord-Kivu à l’Ituri, puis au Sud-Kivu et au Tanganyika — rapprocherait la ligne de front des corridors d’exportation, ce qui est forcément surveillé par les investisseurs, les assureurs et les États importateurs.
Les entreprises minières ne communiquent pas encore officiellement sur un lien direct entre la progression de l’AFC/M23 et leurs opérations dans le sud. Mais dans les capitales consommatrices — Washington, Bruxelles, Pékin — la question de la continuité des flux en provenance du Lualaba et du Haut-Katanga est désormais indissociable de la carte des fronts à l’est.
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The Congolese national airline Congo Airways remains grounded after the National Social Security Fund (CNSS) failed to provide a required bank guarantee, Transport Minister Jean-Pierre Bemba said on Nov. 26.
Bemba said the airline’s revival plan, approved by the government in July 2024, hinged on securing financing from local banks. “Unfortunately, the CNSS, which was supposed to provide the bank guarantee, did not do so. That is why Congo Airways has not yet been able to resume operations,” he told a panel at the Makutano transport forum.
The CNSS, which holds a 31% stake in Congo Airways, was required to guarantee the loan. Without that guarantee, the financing could not be secured.
Founded in 2014, Congo Airways has seen its fleet shrink from four aircraft to two operational planes. Recurrent technical problems forced the airline to suspend all operations in July 2024. After months of negotiations, the company said in a Nov. 3 statement that it would resume flights from Nov. 10. A new management team was appointed in January 2025.
Operations, however, never restarted. Local media report that the airline’s air operator’s certificate is due to expire in December. Such an expiry would severely undermine its viability, resulting in the loss of flying rights, the cancellation of insurance cover and the invalidation of contracts. The airline would then face a lengthy and costly recertification process.
Employees have repeatedly raised internal and public warnings about the company’s financial and social situation. According to several sources, nearly 450 jobs are now at risk.
In late 2024, the government partnered with Ethiopian Airlines to launch a new carrier, Air Congo. Bemba praised its performance, saying its load factor ranges between 80% and 100%. He added that the fleet will be expanded next year with three additional aircraft.
Boaz Kabeya
Swedish telecom equipment maker Ericsson has closed its office in Kinshasa, ending more than 25 years of operations in the DRC. The decision, dated Nov. 5, 2025, was signed by the company’s representative, lawyer Kevin Wamu, who said the closure follows the end of Ericsson’s activities in the country.
The law firm MBM-Conseil SCA has been appointed to manage the legal steps required for the withdrawal from the DRC. Several lawyers from the firm have been authorized to act on Ericsson’s behalf throughout the process.
Ericsson entered the telecommunications market of the Democratic Republic of Congo in 2000 with an initial contract valued at about 50 million dollars to deploy Celtel’s GSM 900 network, now operated by Airtel. In the years that followed, the company delivered multiple 2G, 3G and 4G network upgrades for Airtel and Vodacom in the DRC.
The shutdown of the Kinshasa office is part of Ericsson’s global restructuring. Since 2022, the company has scaled back its direct presence across several African markets, outsourcing some activities and focusing on higher-margin segments such as 5G, cloud services and critical infrastructure. Industry reports published between 2023 and 2025 noted several rounds of job cuts and the closure of units considered non-strategic.
The withdrawal from the DRC also reflects a shift in the country’s telecom equipment market, where Chinese suppliers Huawei and ZTE now dominate, while the government advances its unified licensing reform and Starlink continues to expand its services within the DRC.
Mobile operators in the Democratic Republic of Congo have historically relied on Ericsson for part of their 2G, 3G and 4G infrastructure. Although the company is closing its office in Kinshasa, it is expected to continue providing regional support for equipment already in place in the DRC.
Ronsard Luabeya
Pour le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) porte la responsabilité du blocage du plan de relance de la compagnie aérienne nationale Congo Airways. « J’ai un peu de souci en ce qui concerne Congo Airways. En fait, après avoir présenté le programme et obtenu le quitus du gouvernement en juillet 2024, il fallait obtenir un financement auprès d’une banque locale [UBA notamment]. Malheureusement, la CNSS, qui devait apporter sa garantie bancaire, n’a pas suivi. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, Congo Airways ne peut pas encore décoller… », a-t-il déclaré le 26 novembre lors du panel du Makutano consacré au secteur des transports.
En clair, le redémarrage de Congo Airways dépendait d’un financement gagé sur une garantie de la CNSS, actionnaire de la compagnie à hauteur de 31 %. Faute de cette garantie, le financement n’a pas été obtenu, empêchant la reprise des opérations.
Fondée en 2014, Congo Airways a vu sa flotte passer de quatre à deux avions opérationnels, une contraction aggravée par des pannes techniques récurrentes qui ont conduit à l’arrêt des activités en juillet 2024. Après plusieurs mois de démarches, la compagnie avait annoncé dans un communiqué publié le 3 novembre 2024 une reprise de ses opérations, avec un premier vol prévu le 10 du même mois. En janvier 2025, une nouvelle équipe dirigeante avait même été nommée : Alexandre Tshikala Mukendi au poste de directeur général et Mamitsho Pontshia comme directeur général adjoint. Mais tout s’est arrêté par la suite.
Selon plusieurs médias locaux, le certificat de transporteur aérien (CTA) du pavillon national – indispensable pour opérer – arriverait en plus à expiration en décembre. Une telle issue compromettrait gravement la viabilité de Congo Airways : perte du droit de voler, résiliation des assurances, caducité des contrats en cours. La compagnie devrait alors repartir d’une procédure complète de certification, bien plus longue et coûteuse, en plus d’acquérir une nouvelle flotte.
Le personnel ne cache pas son inquiétude et multiplie les alertes internes et publiques sur la situation financière et sociale de l’entreprise. Selon plusieurs sources, près de 450 emplois seraient aujourd’hui menacés.
Fin 2024, l’État a lancé, en partenariat avec Ethiopian Airlines, une nouvelle compagnie aérienne, dénommée Air Congo. Jean-Pierre Bemba s’est félicité de ses performances. À l’en croire, le taux de remplissage des deux avions de la compagnie oscille entre 80 % et 100 %. Selon le ministre, sa flotte devrait être renforcée l’année prochaine avec trois appareils supplémentaires.
Boaz Kabeya
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Rawbank has been named the 2025 Bank of the Year for the Democratic Republic of Congo by The Banker, a publication of the Financial Times. The annual award, presented to one institution per country, recognizes outstanding performance across key financial and strategic criteria. Rawbank succeeds Trust Merchant Bank (TMB), which won last year’s edition.
The Banker said its evaluation considers both quantitative and qualitative factors, including financial strength, strategic clarity, innovation, service quality and measurable contributions to the economy.
In explaining its choice, the publication highlighted several of Rawbank’s achievements in 2025. One of the most significant was the completion of a 400-million-dollar syndicated loan to support the third phase of the Kamoa-Kakula copper mine in Lualaba. It is the first time a Congolese bank has led an international financing arrangement of this scale, in partnership with Africa Finance Corporation, Absa and FBN.
Rawbank also advanced its modernization agenda and broadened financing options for domestic companies. Early in 2025, it issued 10 million dollars in commercial paper to support a mining operator in Katanga. The transaction included a corporate guarantee, which is a first in the DRC and expands the financing tools available to local businesses.
In digital services, the bank launched Africa’s first UnionPay renminbi debit card to facilitate transactions between the DRC and China, achieving a 25 percent rise in sales in the first quarter. It also upgraded its Illicocash application by enabling payments through WeChat and Alipay, another first in the Congolese market, and strengthened its agent banking network with improved geolocation capabilities for distributors, merchants and financial advisors. These developments played a significant role in The Banker’s decision.
Rawbank said the recognition builds on other awards it received in 2025, including Best Bank in DRC from the Euromoney Awards. Chief Executive Mustafa Rawji said the distinction reflects the work of the bank’s teams and the confidence of its clients, and reinforces its ambition to help develop a more modern, inclusive and competitive financial sector in the DRC.
Although it lost its position in The Banker’s country awards this year, Trust Merchant Bank also received international recognition in 2025. Global Finance named TMB both Best Bank in DRC and Best SME Bank, citing its support for small and medium enterprises, the expansion of its PEPELE mobile service and the continued growth of its branch network. The bank focused its recent efforts on SME financing, digital services and commercial expansion, while large international deals were less of a priority.
Boaz Kabeya
The Democratic Republic of Congo’s four main mobile operators have received unified telecom licences, a major reform aimed at boosting investment and competition in the fast-growing sector.
José Mpanda Kabangu, Minister of Posts, Telecommunications and ICT, formally issued the licences to Airtel, Orange, Vodacom and Africell during a ceremony in Kinshasa on Dec. 5, 2025. The reform, implemented under the 2020 telecommunications and ICT law, ends years of legal uncertainty for the operators, whose 2G, 3G, 4G, fibre and value-added service licences had been granted at different times under separate regulatory regimes.
Vodacom Congo’s chief executive, Khalil Al Americani, said the new framework represents an essential step in the evolution of the telecom sector in the DRC and provides a modern, technology-neutral system that will allow the company to deliver more innovation to Congolese consumers.
Unified licensing, which is used in many countries, allows operators to offer mobile and fixed services such as voice, internet and data under a single permit that is independent of technology. By adopting this model, the DRC removes remaining monopolies and opens the entire range of services to competition.
With a unified licence, operators can deploy new services such as converged fixed-mobile packages, business connectivity solutions, IoT services and early 5G preparation without undergoing a full licensing process for each individual technology. The added flexibility is expected to speed up commercial innovation and increase competition in pricing, service quality and coverage.
The reform also comes with stricter obligations. The licence terms set requirements for network coverage, service quality, subscriber identification and consumer protection. The Regulatory Authority for Post and Telecommunications of Congo (ARPTC), which is responsible for ensuring a stable regulatory environment for investors, will need to strengthen its monitoring and enforcement capacity.
The changes arrive as the market continues to expand. According to the ARPTC Observatory, mobile penetration rose from 56.7 percent to 61.84 percent between the first and second quarters of 2025, a 5 percent increase, with active subscriptions rising from 63.6 million to 69.4 million.
In the second quarter, Vodacom led the market with a 35.52 percent share of mobile subscriptions, followed by Orange at 30.37 percent, Airtel at 28.59 percent and Africell at 5.52 percent. Out of total sector revenue of 1.1 billion dollars at the end of June, Airtel held a 36 percent share, ahead of Vodacom at 32.2 percent, Orange at 28.1 percent and Africell at 3.5 percent.
In the second quarter, Vodacom led the market with a 35.52 percent share of mobile subscriptions, followed by Orange at 30.37 percent, Airtel at 28.59 percent and Africell at 5.52 percent. Out of total sector revenue of 1.1 billion dollars at the end of June, Airtel held a 36 percent share, ahead of Vodacom at 32.2 percent, Orange at 28.1 percent and Africell at 3.5 percent.
Mobile internet is becoming even more central to sector performance. By the end of June, it generated 594 million dollars, representing nearly 52.7 percent of total telecom revenue. The number of active mobile internet users reached 34.5 million in the second quarter, a penetration rate of 30.79 percent, while data consumption increased by 26.91 percent compared to the first quarter of 2025.
In this segment, Vodacom led by subscriptions at 36.4 percent, ahead of Airtel at 30.8 percent, Orange at 29.8 percent and Africell at 3 percent. By revenue, Airtel remained the leader with 41.6 percent, ahead of Orange at 29.5 percent, Vodacom at 24.7 percent and Africell at 4.1 percent.
Le groupe suédois Ericsson a acté la fermeture définitive de sa succursale à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC). La décision, datée du 5 novembre 2025, a été signée par Me Kevin Wamu, représentant d’Ericsson Radio System AB. SA, qui précise que cette mesure intervient « à la suite de la cessation de ses activités en RDC ».
Pour accompagner ce retrait, le cabinet MBM-Conseil SCA a été mandaté afin de prendre en charge l’ensemble des formalités juridiques. Plusieurs avocats du cabinet — Rodrick Elekeleme, Serge Bangayongo, Levi Ntedika, Eliezer Kisalu et Kevin Wamu — disposent de pouvoirs de substitution pour mener la procédure à son terme.
Ericsson met ainsi fin à plus de 25 ans de présence dans le pays. L’équipementier était arrivé en 2000 avec un premier contrat d’environ 50 millions USD pour le déploiement du réseau GSM 900 de Celtel (aujourd’hui Airtel). Au cours des années suivantes, il a fourni diverses solutions de modernisation 2G, 3G et 4G, notamment à Airtel et Vodacom.
La fermeture de la succursale congolaise s’inscrit dans une réorganisation globale du groupe. Depuis 2022, Ericsson réduit sa présence directe dans plusieurs pays africains, externalise une partie de ses services et recentre sa stratégie sur les marchés à forte rentabilité — 5G, cloud et infrastructures critiques. Entre 2023 et 2025, la presse spécialisée a rapporté plusieurs vagues de suppressions de postes et la fermeture d’entités jugées non stratégiques.
Ce retrait intervient également dans un contexte où le marché télécoms congolais est dominé par les équipementiers chinois Huawei et ZTE, tandis que l’État finalise la réforme des licences unifiées et que Starlink poursuit son déploiement dans le pays.
Historiquement, les opérateurs mobiles congolais s’appuyaient sur Ericsson pour une partie de leurs infrastructures 2G/3G/4G. La fermeture pourrait réduire la diversité technologique disponible en RDC, même si l’entreprise devrait continuer à assurer un support régional pour les équipements déjà installés.
Ronsard Luabeya
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Rawbank a été élue Banque de l’année 2025 en République démocratique du Congo (RDC) par The Banker, publication du groupe Financial Times. Cette distinction, attribuée à une seule institution par pays, récompense une performance jugée supérieure sur plusieurs volets essentiels. Rawbank succède ainsi à TMB, lauréate en 2024.
Cette récompense vise à reconnaître les banques ayant su allier solidité financière, stratégie cohérente, innovation, qualité de service et impact économique mesurable. L’évaluation repose sur une méthodologie combinant indicateurs quantitatifs (résultats financiers, qualité des actifs, rentabilité) et éléments qualitatifs (innovation, digitalisation, inclusion financière, gouvernance, initiatives durables).
Pour motiver son choix, The Banker met en avant plusieurs réalisations de Rawbank en 2025. L’un des faits marquants est la finalisation d’une opération de syndication bancaire de 400 millions de dollars destinée à financer la troisième phase d’expansion de la mine de cuivre Kamoa-Kakula, dans le Lualaba. C’est la première fois qu’une banque congolaise structure un tel financement international, aux côtés de partenaires tels qu’Africa Finance Corporation, Absa et FBN.
Rawbank a également multiplié les initiatives en matière de modernisation, d’innovation financière et de soutien à l’économie locale. Début 2025, elle a procédé à une émission de titres de créance négociables (commercial paper) de 10 millions de dollars pour financer un opérateur minier du Katanga, une opération assortie d’une garantie d’entreprise — nouveauté dans le contexte congolais — qui élargit les options de financement pour les acteurs économiques.
Sur le plan numérique, la banque s’est distinguée en lançant la première carte de débit UnionPay en renminbi en Afrique pour faciliter les transactions RDC–Chine, avec une hausse de 25 % des ventes au premier trimestre. Elle a également renforcé son application Illicocash en y intégrant des paiements via WeChat et Alipay — une première sur le marché local — et amélioré son réseau d’agents bancaires grâce à la géolocalisation des distributeurs, commerçants et conseillers financiers. Ces avancées ont constitué des éléments déterminants pour The Banker.
Du côté de Rawbank, cette distinction — qui s’ajoute à d’autres prix obtenus en 2025, dont celui de « Meilleure Banque de la RDC » aux Euromoney Awards — est perçue comme une confirmation de la pertinence de sa stratégie. « Cette distinction récompense le travail remarquable de nos équipes et la confiance renouvelée de nos clients. Être désignée Banque de l’Année par The Banker confirme la pertinence de notre stratégie et renforce notre ambition de contribuer à un secteur financier plus moderne, plus inclusif et plus performant en République démocratique du Congo », a déclaré Mustafa Rawji, directeur général de Rawbank.
Bien qu’elle perde sa place aux Awards de The Banker, Trust Merchant Bank (TMB) a elle aussi été distinguée en 2025, recevant les prix « Meilleure Banque en RDC » et « Best SME Bank » de Global Finance, pour son soutien aux PME, le service mobile PEPELE et le développement de son réseau d’agences. La banque a concentré ses efforts sur le financement des petites et moyennes entreprises, la digitalisation et l’expansion de sa présence commerciale, tandis que les financements internationaux ou les projets à grande échelle étaient moins centraux dans ses activités récentes.
Boaz Kabeya
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La bataille pour le client congolais entre Airtel, Orange, Vodacom et Africell prend désormais une nouvelle dimension. Le 5 décembre 2025, le ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information, José Mpanda Kabangu, a officiellement remis, lors d’une cérémonie à Kinshasa, aux quatre opérateurs mobiles les licences unifiées de réseaux et services de télécommunications, marquant une étape clé dans l’histoire du secteur en République démocratique du Congo (RDC).
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi 20/017 du 25 novembre 2020 relative aux télécommunications et aux TIC. Le nouveau dispositif met ainsi fin à une longue période d’« insécurité juridique » dénoncée depuis des années par les entreprises, dont les différents titres – 2G, 3G, 4G, fibre ou encore services à valeur ajoutée – avaient été délivrés à différentes époques et selon des régimes distincts.
Pour le directeur général de Vodacom Congo, cette réforme « marque une étape essentielle dans l’évolution du secteur télécom en RDC ». « Elle nous offre un cadre moderne, cohérent et aligné sur la neutralité technologique, ce qui nous permettra d’apporter encore plus d’innovation aux Congolais », ajoute Khalil Al Americani.
Dans la plupart des pays ayant adopté ce système, la licence unifiée permet à un opérateur de proposer, sous un seul titre, un large éventail de services – téléphonie mobile et fixe, internet, données – en toute neutralité technologique. La RDC rejoint désormais ce mouvement de convergence, qui consacre la fin des monopoles, la neutralité technologique et l’ouverture à la concurrence de l’ensemble du secteur.
Avec la licence unifiée, chaque opérateur peut désormais déployer plus facilement de nouveaux services – offres convergentes fixe-mobile, solutions pour entreprises, IoT, préparation à la 5G – sans repasser par un processus complet de délivrance de titres pour chaque technologie. Cette flexibilité devrait accélérer l’innovation commerciale et renforcer la concurrence sur les prix, la qualité de service et la couverture, autant d’atouts pour la croissance du secteur numérique congolais et l’attractivité pour les investisseurs internationaux.
Marché en forte expansion
La réforme s’accompagne toutefois de responsabilités accrues. Les cahiers des charges annexés aux licences unifiées définissent les obligations en matière de couverture, de qualité de service, d’identification des abonnés et de protection des consommateurs. L’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), chargée de garantir la sécurité juridique et réglementaire des investissements, devra renforcer ses capacités de contrôle afin que la concurrence ne se fasse ni au détriment des usagers, ni au détriment de l’aménagement numérique du territoire.
Ce tournant intervient sur un marché en croissance rapide. Selon l’Observatoire de l’ARPTC, la pénétration de la téléphonie mobile est passée de 56,7 % à 61,84 % entre le premier et le deuxième trimestre 2025, soit une progression de 5 %, avec une hausse des abonnements actifs de 63,6 à 69,4 millions.
Sur le total des abonnements mobiles au deuxième trimestre, Vodacom détenait 35,52 % de parts de marché, devant Orange (30,37 %), Airtel (28,59 %) et Africell (5,52 %). Et sur un chiffre d’affaires global de 1,1 milliard de dollars à fin juin, Airtel détenait 36 % de parts de marché, devant Vodacom (32,2 %), Orange (28,1 %) et Africell (3,5 %).
Le segment de l’internet mobile est encore plus stratégique : à fin juin, il a généré 594 millions de dollars, soit près de 52,7 % du chiffre d’affaires global du secteur. Au deuxième trimestre, le nombre d’utilisateurs actifs d’internet mobile a atteint 34,5 millions, pour un taux de pénétration de 30,79 % (+0,81 %), tandis que le volume de données consommées a progressé de 26,91 % par rapport au premier trimestre 2025.
Sur ce segment, à fin juin, Vodacom détenait 36,4 % des parts de marché en termes d’abonnements, devant Airtel (30,8 %), Orange (29,8 %) et Africell (3 %). En termes de chiffre d’affaires, Airtel restait leader avec 41,6 %, devant Orange (29,5 %), Vodacom (24,7 %) et Africell (4,1 %).
Avec La Tribune Afrique
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A major upgrade of port facilities is underway at the Port of Matadi in Kongo Central province, where five quays are scheduled for renovation to improve maritime operations and strengthen the competitiveness of the Democratic Republic of Congo’s principal seaport.
Transport Minister Jean-Pierre Bemba outlined the plans on November 26 during the Makutano Forum in Kinshasa.
He said quays 5, 6 and 7 will be modernized under a concession arrangement negotiated with shipping giant MSC. Matadi Corridor Container Terminals (MCTC), which Bemba described as working directly with MSC on the project, previously announced that it had awarded a 100-million-euro contract to Eiffage Génie Civil Marine for the work.
Quay 9, operated under concession by Dubai-based DP World, will also undergo a full upgrade to improve its infrastructure and expand handling capacity. In addition, Abu Dhabi Ports Group plans to begin operating at Quay 0, where it will be responsible for rehabilitation and extension works, according to the minister.
Bemba also detailed an equipment-upgrade program for the National Office of Transport (ONATRA). Using proceeds from the Land Logistics Royalty (RLT), ONATRA is purchasing new equipment to improve operations. Four quays will receive new machinery, including 30-ton elevators, while two additional 80-ton units are expected early next month.
According to Bemba, these investments will help ONATRA regain its position as a major operator at the Port of Matadi and play a key role in revitalizing the country’s logistics sector.
Ronsard Luabeya