La République démocratique du Congo (RDC) intensifie ses efforts pour se doter d’un satellite d’observation de la Terre, un outil stratégique pour la gestion de son vaste territoire. Le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologique, Gilbert Kabanda (photo), a annoncé, lors d’une plénière au Sénat le mardi 10 décembre, qu’une procédure d’acquisition est en cours grâce à un financement de 20 millions de dollars provenant des fonds du projet sino-congolais des mines (Sicomines).
« Une commission a été mise en place pour définir les caractéristiques techniques de ce satellite, qui sera une étape importante pour renforcer notre souveraineté technologique et améliorer la gestion de notre territoire », a déclaré le ministre Gilbert Kabanda en réponse aux préoccupations soulevées par les sénateurs.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale visant à moderniser les outils de gestion des ressources naturelles et à améliorer les infrastructures numériques de la RDC. En 2022, le gouvernement avait exprimé son ambition d’acquérir un satellite d’une valeur de 100 millions de dollars et lancé un appel d’offres sous l’égide du ministère de la Recherche scientifique. Parallèlement, le ministère des Postes, Télécommunications et Nouvelles technologies de l’information et de la communication (PT-NTIC) a récemment signé un accord avec Monacosat, un opérateur satellitaire de la Principauté de Monaco, pour fournir une connectivité Internet par satellite.
L’acquisition de ce satellite devrait permettre à la RDC de moderniser ses infrastructures géographiques et de protéger ses données stratégiques sous format numérique. Cet outil pourra également contribuer à l’observation du territoire en identifiant les zones de production agricole, les bassins industriels et les difficultés d’acheminement des produits dues à des infrastructures routières insuffisantes. En outre, le satellite constituera un atout crucial pour sécuriser les frontières, surveiller les zones touchées par des catastrophes naturelles, lutter contre les activités minières illégales et renforcer la sécurité des populations face aux groupes rebelles.
Samira Njoya, Agence Ecofin
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Le 9 novembre 2024, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a reçu une délégation de la Banque européenne d’investissement (BEI), conduite par Svetla Stoeva, responsable des activités de la BEI en Afrique centrale et australe. « Nous avons eu une discussion très fructueuse et prometteuse avec son excellence, Monsieur le gouverneur de la ville de Kinshasa, sur les domaines prioritaires d’investissement de la ville dans un futur proche, afin de voir comment la BEI peut soutenir ces priorités », a confié Svetla Stoeva à la presse à l’issue de cette audience.
À en croire la responsable, ces priorités concernent le traitement des déchets solides, le traitement des eaux usées et pluviales, ainsi que la lutte contre le changement climatique, l’adaptation climatique et la mobilité urbaine. En effet, la ville de Kinshasa, mégalopole africaine de plus de 20 millions d’habitants, est confrontée à des défis critiques. Les inondations récurrentes, dues notamment au blocage des drains par les déchets solides, tels que les bouteilles en plastique, et les embouteillages chroniques paralysent la ville, affectant non seulement la qualité de vie des habitants, mais aussi l’économie du pays.
Sur ces questions, Mme Svetla Stoeva a indiqué que « la BEI envisage d’examiner plusieurs pistes de soutien », ajoutant que cette institution, la plus grande banque multilatérale au monde, disposait de fonds à des taux d’intérêt très bas. L’objectif est de traiter les déchets solides, les eaux usées et les eaux de pluie, tout en intégrant des mesures d’adaptation aux changements climatiques. Il est également question de fluidifier le trafic en améliorant les infrastructures urbaines. D’autres consultations auront lieu prochainement et permettront d’évaluer concrètement les besoins, a indiqué la responsable des activités de la BEI en Afrique centrale et australe.
Les corridors
La BEI a également exploré des pistes d’investissement dans le secteur des transports, notamment dans les corridors régionaux comme Lobito ou Douala-Bangui-Kampala, qui jouent un rôle clé dans le commerce et le transport multimodal en Afrique centrale et de l’Est. Des discussions ont eu lieu avec Jean-Pierre Bemba, vice-Premier ministre et ministre des Transports et Voies de communication, dans ce cadre. Elles ont notamment inclus la possibilité d’accorder des prêts concessionnels destinés à renforcer les infrastructures ferroviaires, routières et les ports secs, en vue de soutenir la production agricole et les chaînes de valeur des matières premières et des minerais critiques.
La BEI n’en est pas à son premier engagement en matière de développement urbain en Afrique. Des projets similaires menés dans d’autres villes africaines, comme Abidjan, Cotonou et Nairobi, ont permis de réduire significativement les problèmes d’assainissement et de mobilité, bien que des défis subsistent toujours. Kinshasa pourrait bénéficier de ces expériences pour maximiser l’impact de ces investissements envisagés.
Olivier de Souza
Le président-directeur général de Glencore, Gary Nagle, a été reçu le 10 décembre 2024 à Kinshasa par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Selon la présidence de la République Démocratique du Congo (RDC), le dirigeant du groupe, leader mondial de la production et du négoce de matières premières, a évoqué avec le président congolais les contributions de l’entreprise à l’économie de la RDC.
« Nous employons plus de 17 000 personnes en RDC et nous avons un projet communautaire de plus de 100 millions de dollars américains », a déclaré Gary Nagle, cité par les services de communication de la présidence de la République de la RDC. « Le président Félix Tshisekedi nous a soutenus dans nos initiatives et il est d’accord pour que nous travaillions ensemble afin d’améliorer la situation en RDC et de défendre nos intérêts respectifs », a ajouté le PDG de Glencore, selon les mêmes sources.
Ce sont là les seuls éléments dévoilés au sujet de cette audience. Cependant, cette évocation de la défense des intérêts respectifs des parties intervient alors que, le 30 septembre 2024, il a été révélé que Kamoto Copper Company (KCC), filiale de Glencore détenue à 75 %, aux côtés de la Gécamines représentant l’État (25 %), fait l’objet d’un redressement fiscal de l’ordre de 895 millions de dollars de la part de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).
Selon une communication faite par Glencore à ses investisseurs quelques mois plus tôt sur ce sujet, les autorités fiscales de la RDC ont contesté le chiffre d’affaires et les charges déclarés par KCC, formulant des réclamations douanières pour non-conformité. Le groupe suisse avait également indiqué être en discussion avec ces autorités pour défendre sa position, mais aucune nouvelle information n’a été communiquée à ce sujet depuis. Il n’est pas exclu que les dirigeants de Glencore soient venus solliciter l’arbitrage du président Tshisekedi sur ce différend.
Pour Glencore, la résolution de ce contentieux fiscal est cruciale. Selon ses dirigeants, une incertitude prolongée ou une décision défavorable devrait avoir un impact significatif sur les résultats financiers du groupe pour l’année en cours. Cette situation est d’autant plus sérieuse que les niveaux de production sur les différents sites de KCC étaient en baisse de 18 % pour le cuivre et de 21 % pour le cobalt à la fin du troisième trimestre 2024.
Georges Auréole Bamba
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Le gouvernement provincial du Nord-Kivu, appuyé par l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et ses partenaires, a lancé une initiative visant à mobiliser les acteurs privés pour combler le déficit de financement et développer un accès durable à l’eau potable. Cette initiative, prévue sur une période de sept ans, s’inscrit dans un contexte de crise persistante de l’approvisionnement en eau, exacerbée par une population en constante croissance et des déplacements massifs dus aux conflits.
Avec seulement 35 % de la population nationale ayant accès à l’eau potable et des infrastructures insuffisantes pour répondre à la demande croissante, les défis sont particulièrement aigus dans la région. Ces dernières années, l’afflux massif de réfugiés et de personnes déplacées a aggravé la pression sur des infrastructures déjà fragiles, tandis que la société publique de distribution d’eau (REGIDESO) peine à répondre à cette demande.
C’est dans ce contexte que le gouvernement provincial a décidé d’impliquer les acteurs privés dans la gestion des services d’eau, conformément au cadre législatif révisé en juillet 2017, qui permet la délégation de ces services à des entreprises privées.
« Le gouvernement provincial du Nord-Kivu est préoccupé par la question de l’eau et, s’appuyant sur le nouveau cadre légal, il s’engage à mettre à contribution des acteurs privés pour faire face aux défis de financement dans le secteur de l’eau en vue de combler le gap dans la fourniture de l’eau », a déclaré le vice-gouverneur de la province du Nord-Kivu, le commissaire divisionnaire Jean-Romuald Ekuka Lipopo.
L’initiative, qui s’appuiera sur un modèle de partenariat public-privé, devrait permettre de surmonter les contraintes de financement public et de renforcer l’efficacité dans la gestion des infrastructures hydrauliques. Elle vise à fournir de l’eau potable à 1,1 million de personnes dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu pendant la période ciblée.
Pour les habitants du Nord-Kivu, cette initiative pourrait représenter une réponse concrète aux défis quotidiens liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Olivier de Souza
Le projet d’aménagement des pôles agro-pastoraux a de nouveau été évoqué lors du Conseil des ministres du 6 décembre 2024. Selon le compte rendu de cette réunion, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a demandé aux ministres du Budget et des Finances de « prendre les dispositions nécessaires pour accompagner les études de faisabilité » en vue de la mise en œuvre urgente du projet. Cette phase bénéficiera de l’accompagnement technique de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA) et sera supervisée par le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire.
Pour les autorités, le développement des pôles agro-pastoraux revêt plusieurs enjeux. Il s’agit notamment de redynamiser les chaînes de valeur agricole afin de permettre au secteur de jouer un rôle moteur dans la diversification de l’économie, actuellement dépendante des ressources extractives.
Par ailleurs, les investissements dans l’aménagement des pôles agro-pastoraux à travers les différentes régions du pays visent à valoriser les potentialités des provinces, à améliorer la sécurité alimentaire et à accroître les revenus issus de la production, de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles.
Dans son programme d’investissements publics, annexé au projet de loi de finances pour l’exercice 2025, le gouvernement a prévu un montant de plus de 30 milliards de francs congolais pour l’aménagement de quatre parcs agro-industriels entre 2025 et 2027.
EO
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La junior minière australienne AVZ Minerals a confirmé, le 10 décembre 2024, l’ouverture d’une enquête par la police fédérale australienne (AFP). Cette enquête porte sur des accusations de corruption liées au projet de lithium de Manono en République Démocratique du Congo (RDC).
« Au vu des accusations publiques répétées, AVZ a écrit à l’AFP en juin 2024 et lui a proposé son aide dans le cadre de toute enquête. AVZ a coopéré avec l’AFP dans le cadre des mandats de perquisition et continuera à coopérer dans le cadre de l’enquête de l’AFP. AVZ nie s’être livrée à des actes de corruption », a déclaré la compagnie australienne.
Les enquêteurs ont effectué des perquisitions la semaine dernière dans les locaux d’AVZ à Perth, comme l’a rapporté précédemment le quotidien régional The West Australian. Pour l’instant, la police fédérale australienne n’a fourni aucun détail sur son enquête ni sur d’éventuelles personnes mises en cause parmi les dirigeants actuels ou passés de la compagnie. Il convient toutefois de souligner que les accusations de corruption concernant le projet Manono ne sont pas nouvelles. Elles ont d’ailleurs, en partie, entravé le développement du projet, qui était considéré il y a quelques années comme le plus avancé dans le secteur du lithium en Afrique.
En novembre 2023, un rapport de l’ONG américaine Global Witness a mis en lumière quelques zones d’ombre entourant ce projet. Selon le document, AVZ Minerals a acquis une part majoritaire dans Manono auprès d’une société-écran, Dathomir Mining Resources, détenue par des hommes d’affaires congolais pour plus de 28 millions $. Ces hommes d’affaires congolais s’étaient engagés à verser 6 millions $ à La Cominière, mais le paiement n’a pas été effectué. Une enquête menée en 2022 par l’Inspection générale des finances en RDC a ensuite révélé que l’arrivée du chinois Zijin Mining à Manono s’est faite par l’achat des parts de La Cominière à « un prix nettement inférieur à sa vraie valeur ».
Pour rappel, Zijin Mining a annoncé en octobre 2023 un accord avec La Cominière pour développer le projet Manono, actant l’éviction de l’Australien AVZ. Ce dernier conteste depuis la situation, avec différentes procédures judiciaires ouvertes devant des tribunaux internationaux. Pendant ce temps, le potentiel du gisement Manono, qui hébergerait au moins 400 millions de tonnes de ressources minérales titrant 1,65 % de lithium, selon une estimation d’AVZ, tarde à être concrétisé.
Emiliano Tossou
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President Félix Tshisekedi called for greater investment in local agriculture during last week’s Council of Ministers. According to the council’s report, the leader’s call stems from "the scale of the food and socio-economic challenges and the urgency of action."
The Democratic Republic of Congo (DRC) faces several challenges relative to agriculture; including growing demand for staple foods, the necessity to protect household purchasing power, and economic diversification. In this context, the government is committed to accelerating agricultural development, reducing imports of basic foodstuffs, and reinforcing food security throughout the country.
The 2024-2025 agricultural campaign kicked off on October 17, in Kinshasa. On this occasion, provincial governors received improved seeds, fertilizers, farming equipment, and rolling stock. The move aims to better support local farmers and help them increase their output.
“To address recurring shortages of essential agricultural products, like corn, the President has instructed the Minister of State for Agriculture, and his cabinet, to assess government interventions supporting the ongoing agricultural campaign and to effectively prepare for the upcoming season, which begins in a few weeks,” the Council reported.
Greater Coherence
To rationalize resource allocation for various agricultural projects and programs currently being developed or implemented, President Tshisekedi announced a high-level meeting for early 2025. This meeting will gather key stakeholders and development partners to ensure "the completion of reflection on the coherence of all agricultural initiatives carried out by various ministries and structures attached to the Presidency of the Republic, as well as other state services."
Agricultural policies and related initiatives, including building agricultural feeder roads, have been central to the new government's actions since taking office. The private sector is also actively involved in several initiatives, including a project by Swiss company Mole Group in Central Kongo, which aims to invest close to one billion dollars.
The African Development Bank has provided over $265 million to develop agricultural skills, alongside funding from the World Bank and Agence Française de Développement. In its priority investment program for 2025-2028, the government plans to allocate approximately $265 million towards research, improving agricultural production, and developing predominantly agricultural rural areas.
This comprehensive approach reflects a commitment to enhancing food security and promoting sustainable agricultural practices in the DRC while addressing pressing socio-economic challenges plaguing the Congolese people.
This article was initially published in French, by Georges Auréole Bamba.
Edited in English by Ola Schad Akinocho
The Congolese government has ordered four ferries to enhance its river transport services. Transport Minister Jean-Pierre Bemba announced the order last Wednesday, in an interview with the local channel Top Congo FM. He said the boats are being built, without indicating when they will be delivered.
"Four new boats will be coming out. They cost $250,000 each and can carry between 150, 180, and 300 people," Bemba said, stressing that the investment would be sustained, as the goal is to have a 100-boat fleet.
The purchase is part of recent government reforms to improve river transport and reduce the frequency of shipwrecks in the DR Congo. Indeed, shipwrecks have been on the rise in the country. The reasons include mainly using makeshift vessels, overloading, and the absence of stringent regulations.
The country’s river transport sector is officially managed by Société Congolaise des Transports et Ports (SCTP), also known as Office National des Transports (ONATRA). However, the sector is dominated by private operators, because the ONATRA has a small fleet.
Besides expanding the ferry fleet, the Ministry of Transport spearheads a crackdown on substandard boats–especially boats practicing overloading or with no passenger lifejackets. "There is also the dredging and beaconing of the Congo River that needs to be done," said Jean-Pierre Bemba, without providing further specifics.
Last September, the government inked a memorandum of understanding with China Harbour Engineering Company (CHEC) to modernize river transport. This agreement includes in-depth studies initiated in October to assess the necessary work for modernizing and developing this sector; however, it remains unclear whether current measures are directly influenced by these studies.
The initiative to enhance river transport comes amid ongoing challenges related to safety and infrastructure. The DRC has faced numerous incidents involving poorly maintained and overloaded vessels, leading to fatal accidents. The government's commitment to improving safety standards and expanding its fleet aims to address these pressing issues while facilitating better connectivity across its vast waterways.
This article was initially published in French, by Henoc Dossa (Ecofin Agency).
Edited by: Ola Schad Akinocho
L’agriculture a été un point clé de la communication du président de la République Démocratique du Congo (RDC) lors de la réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 6 décembre 2024. À cette occasion, Félix Tshisekedi a indiqué à son gouvernement qu’il souhaite que davantage de ressources soient mobilisées et allouées à ce secteur, rapporte le compte rendu de la réunion. Cette orientation découle de « l’ampleur des défis alimentaires et socioéconomiques à relever et de l’urgence d’action », indique la même source.
Les directives présidentielles s’inscrivent dans un contexte marqué par une demande croissante de denrées de première nécessité, la nécessité de protéger le pouvoir d’achat des ménages et l’objectif de diversifier l’économie nationale. Il s’agit donc de développer l’agriculture afin de réduire significativement les importations de produits alimentaires de base et de renforcer la sécurité alimentaire sur l’ensemble du territoire.
À l’occasion du lancement de la campagne agricole 2024-2025, le 17 octobre 2024 à Kinshasa, des semences améliorées, des fertilisants, ainsi que du matériel aratoire et divers équipements roulants ont été distribués aux gouverneurs de différentes provinces. L’objectif est de soutenir plus efficacement les agriculteurs locaux et d’accroître leur production.
Pour le président de la République, ces subventions sont suffisantes. « Ainsi, afin de prévenir les carences répétitives en produits agricoles de première nécessité, comme le maïs, le président de la République a engagé le ministre d’État, ministre de l’Agriculture en collaboration avec son cabinet, à procéder à l’évaluation des interventions du gouvernement en faveur de la campagne agricole de la première saison en cours, afin de prendre des mesures pour préparer efficacement la saison prochaine qui débute dans quelques semaines », rapporte le compte rendu du Conseil des ministres.
Plus de cohérence
Par ailleurs, dans le souci de rationaliser l’allocation des ressources aux différents projets et programmes agricoles en cours d’élaboration ou d’exécution et d’optimiser les rendements attendus pour le bien-être des populations, le président de la République a annoncé la tenue, en début d’année prochaine, d’une réunion de haut niveau. Cette réunion, qui regroupera les principales parties prenantes et les partenaires au développement, devrait permettre « de procéder au parachèvement de la réflexion sur la mise en cohérence de toutes les initiatives agricoles portées par les différents ministères et structures rattachées à la présidence de la République ainsi que d’autres services étatiques ».
La politique agricole et les politiques connexes, notamment la construction de voies de desserte agricole, ont animé l’action du nouveau gouvernement depuis son entrée en fonction. Le secteur privé est également engagé dans plusieurs initiatives, dont l’une est portée par l’entreprise suisse Mole Group dans le Kongo Central. Le projet ambitionne des investissements proches du milliard de dollars.
Les bailleurs de fonds sont aussi actifs, avec notamment plus de 265 millions de dollars apportés par la Banque africaine de développement pour développer des milliers de compétences agricoles, ainsi que des financements de la Banque mondiale et de l’Agence française de développement.
Dans son programme d’investissements prioritaires pour la période 2025-2028, le gouvernement a prévu d’injecter environ 265 millions de dollars, répartis entre la recherche, l’amélioration de la production agricole et le développement des zones rurales à dominante agricole.
Georges Auréole Bamba
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The prices of necessities sold in the Democratic Republic of Congo (DRC) will be reduced on December 10, 2024. The importers of the Fédération des Entreprises du Congo (the employers' association) disclosed the measure on December 5, just after meeting with the Minister of National Economy, Daniel Mukoko.
This price reduction follows numerous discussions with the government and is backed by a decree signed by Prime Minister Judith Suminwa on September 19. The decree suspends VAT collection on essential items such as meat, poultry, fish, milk powder, rice, corn, and sugar. It also abolishes customs duties and other administrative levies on maize and maize flour while reducing these levies for other products from 25% to 50%. This scheme will remain in effect until the end of 2025. Minister Mukoko Samba assured that "the reforms undertaken will continue and some will be perpetuated."
As part of the current reform efforts, the government plans to identify and list existing stocks of goods and calculate outstanding VAT and other taxes already paid to convert them into tax credits for future imports. The government has also pledged to assist importers in identifying opportunities to reduce costs. "The battle for purchasing power is not won in a single day; it is won over time," said Mukoko.
Regarding their stocks, importers have assured that they have sufficient stocks to avoid any supply disruptions, with at least three months' worth stored in warehouses across Kinshasa, Lubumbashi, Goma, Mbuji-Mayi, and Kananga, as explained by John Mwenda, Managing Director of Cowbell.
Favorable International Climate
It is worth noting that the Congolese government has been striving to lower the rising cost of living in the country. Other efforts include ensuring a continuous and reliable food supply while boosting local production. The government’s efforts may be fostered by a favorable global environment next year.
Indeed, global prices for several products are expected to decline in 2025. This does not include corn, which is projected to cost slightly more. Freight costs, by sea, are also anticipated to decrease by up to 70%, aided by lower global fuel prices and potentially reduced demand due to ongoing trade tensions between Europe, China, and the United States.
The dollar could also weaken due to declining global demand and shifting economic relations among BRICS countries (Brazil, Russia, India, China, South Africa), which are gradually moving away from US influence.
Still, DR Congo has many issues that contribute to the high cost of living problem. These include an infrastructure network that requires improvement, unpredictable trade facilitation costs (such as transport and control barriers), and a complex parafiscal levy system that accounts for nearly 25% of the price of goods arriving at warehouses.
In addition, the government has decided to exclude foreigners from small-scale distribution in favor of local players. While this measure may strengthen local businesses in the long term, it could also increase operating costs and influence prices in a context where regulatory controls may become more challenging.
Overall, as Tradex prepares for its entry into the DRC market amidst these developments, it faces both opportunities and significant logistical challenges that will require careful navigation to ensure successful operations in this complex environment.
This article was initially published in French by Georges Auréole Bamba.
Edited by: Ola Schad Akinocho