L’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo a été condamné à dix ans de travaux forcés et à cinq ans de privation d’accès aux fonctions publiques, du droit de vote et de libération conditionnelle pour détournement de fonds publics. La Cour constitutionnelle a rendu sa décision le 20 mai 2025. Ses coaccusés, Déogratias Mutombo, ex-gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), et Christo Grobler, dirigeant sud-africain d’Africom, ont écopé chacun de cinq ans de travaux forcés.
La Cour a conclu qu’Augustin Matata Ponyo avait « conçu, participé et bénéficié » du détournement de fonds en validant le paiement de travaux non exécutés ou surfacturés. Plus de 156 millions de dollars étaient destinés au parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, et 89 millions à la construction du marché international de Kinshasa, deux projets qui n'ont jamais abouti.
Même si les avocats de Matata Ponyo évoquent une affaire à caractère politique, cette condamnation entache l’image de rigueur technocratique et budgétaire autrefois associée à l’économiste. Premier ministre entre 2012 et 2016, sous la présidence de Joseph Kabila, Matata Ponyo s’était en effet bâti une réputation d’économiste rigoureux. Ancien ministre des Finances, il s’est illustré par sa volonté de moderniser l’économie congolaise et d’imposer une discipline budgétaire dans la gestion publique du pays.
Sous son leadership, la RDC a connu une croissance économique soutenue, culminant à plus de 9,5 % en 2014, portée par la relance du secteur minier et quelques initiatives agricoles. Parmi ses mesures phares figuraient la bancarisation de la paie des fonctionnaires — qui a permis l’élimination de milliers d’agents fictifs — ainsi que le lancement du parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo, censé relancer l’agriculture à grande échelle.
Malgré des résultats macroéconomiques satisfaisants, l’ancien Premier ministre n’a pas échappé aux critiques concernant la gestion du projet de Bukanga-Lonzo. Présenté à l’époque comme « le projet agricole du siècle » en RDC, il est aujourd’hui considéré comme un échec.
Protégé par son immunité de député, Augustin Matata Ponyo reste pour l’instant en liberté.
Ronsard Luabeya, stagiaire
La République démocratique du Congo (RDC) projette de construire une autoroute reliant la cité de Banana, où un port en eau profonde est en construction sur la côte atlantique, à Kinshasa, la capitale politique de plus de 12 millions d’habitants. Dans cette perspective, un protocole d’accord a été signé le 20 mai 2025 entre le ministre des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gisaro, et les représentants de la société chinoise Zhongshi Wosen Technology Co. LTD.
Selon les services de communication du ministère, cet accord préliminaire prévoit que l’entreprise chinoise — sur laquelle aucune information n’est disponible — réalise les études de faisabilité. C’est à l’issue de cette phase que le tracé de l’autoroute sera connu. Mais déjà, le ministère affirme que l’infrastructure s’étendra sur 450 kilomètres et devrait passer par Matadi. Le port de cette ville, situé sur le fleuve Congo, constitue actuellement la principale porte d’entrée des marchandises destinées à Kinshasa. Il offre également un accès indirect à l’océan Atlantique via un canal fluvial aménagé, ce qui limite toutefois la taille des navires pouvant y accéder.
Cette infrastructure routière est donc stratégique pour la compétitivité du port de Matadi et du port en eau profonde de Banana, dont la livraison de la première phase est prévue pour 2026. Elle permettrait de faciliter l’acheminement des marchandises entre la côte et l’intérieur du pays. À terme, cette autoroute pourrait s’intégrer aux réseaux régionaux reliant la RDC à d'autres pays d’Afrique centrale et australe.
L’axe Banana-Matadi-Kinshasa constitue d’ailleurs une section du corridor Banana-Kolwezi. Long de quelque 2 670 kilomètres, ce corridor a été présenté lors de la 9ᵉ édition d’Expobéton — salon dédié au développement des villes, corridors et zones économiques spéciales — comme une voie 100 % congolaise pouvant servir d’alternative au corridor de Lobito, qui débouche sur la côte angolaise.
Aucune échéance précise ni détail budgétaire n’a encore été rendu public concernant la construction de cette autoroute. On peut néanmoins anticiper de potentiels défis liés, entre autres, à la mobilisation du financement, aux conditions d’exécution et à la sécurité des investissements — d’autant que cet axe traverse certaines zones confrontées à des contraintes sécuritaires. Ces incertitudes ont, par exemple, freiné le projet de chemin de fer envisagé depuis plusieurs années pour desservir le port, et qui n’a jamais vu le jour.
Par ailleurs, la réussite du projet d’autoroute pourrait également dépendre de sa complémentarité avec d’autres investissements structurants, notamment dans les secteurs portuaire, douanier et énergétique, afin de garantir une chaîne logistique fluide et compétitive.
Henoc Dossa et Ronsard Luabeya, stagiaire
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Le gouvernement congolais a procédé à une réorganisation de son dispositif national de lutte contre la fraude et la contrebande minière. Un nouveau comité de la Commission nationale de lutte contre la fraude et la contrebande minière (CNLFM) a été installé le 20 mai 2025 par le ministre des Mines, Kizito Pakabomba. Il est désormais dirigé par l’inspecteur général des Mines, Didier Kaku Kingwabidi, qui succède à Freddy Mwamba, unique coordonnateur national depuis la création de la CNLFM en 2010.
« Ce nouveau comité voit son mandat renforcé à travers l’implication des ministères des Mines, de l’Intérieur, de la Défense et de la Justice », précise le ministère des Mines. La nomination du nouveau coordonnateur est intervenue par arrêté interministériel associant ces quatre ministères. Les services de douane, de police des mines et de renseignement économique sont également mobilisés.
Le mandat élargi du comité comprend la coordination entre institutions de régulation et forces de sécurité, le contrôle des chaînes de production et de commercialisation de l’or, du diamant et du cupro-cobalt, ainsi que l’optimisation des recettes fiscales et douanières. Il intègre aussi le déploiement de technologies de traçabilité et la coopération régionale, notamment dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Le précédent comité, actif depuis plusieurs années, avait été critiqué pour sa faible efficacité, son manque de couverture des sites miniers à risque et ses dysfonctionnements logistiques. Un audit sectoriel, mené en 2020 par le ministère des Mines avec le soutien de la Banque mondiale, avait recommandé une refonte complète du dispositif opérationnel.
Selon le ministère, ces réformes s’inscrivent dans une stratégie globale visant à améliorer la traçabilité des flux miniers, renforcer le recouvrement des recettes et sécuriser les opérations aux frontières.
En 2025, la RDC prévoit plus de 5 milliards de dollars de recettes minières, en hausse de 11 % par rapport à 2024. Pourtant, les pertes liées à la fraude et à la contrebande restent majeures. À titre d’exemple, la frontière entre Kolwezi (Lualaba) et la Zambie serait l’un des principaux points de fuite, avec des pertes estimées à 40 millions de dollars par mois, selon des données relayées par l’agence Reuters.
Ces chiffres soulignent l’urgence de mécanismes de contrôle plus robustes, notamment dans les zones minières du Katanga, du Sud-Kivu et de l’Ituri, où les minerais circulent parfois sans traçabilité réglementaire.
Parallèlement à cette réforme interne, la RDC a signé un accord avec Erik Prince, ex-officier des Navy SEALs et fondateur de la société de sécurité Blackwater. Par l’intermédiaire de son entreprise Frontier Services Group (FSG), il a été recruté pour contribuer à la sécurisation des chaînes logistiques minières, en apportant un appui au contrôle frontalier, à la surveillance des cargaisons et à l’assistance technique aux inspections.
Boaz Kabeya, stagiaire
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Guilgal SA microfinance experienced a sharp increase in assets in 2024. According to its recently published Pillar III regulatory report, its assets reached 120.9 billion Congolese francs (approximately $48.36 million), compared with 71 billion CDF (around $28.4 million) in 2023, representing annual growth of 70%. This performance was mainly driven by the expansion of the loan portfolio, the institution's primary source of income.
Net loans outstanding rose from 56.3 billion CDF ($22.52 million) in 2023 to 103.6 billion CDF ($41.44 million) in 2024, an increase of 84%. Medium-term credit was the main driver of this growth, increasing by 132% over the period.
Customer deposits grew by 59%, reaching 46.5 billion CDF (approximately $18.6 million), reflecting a strengthened capacity to mobilize savings nationally. Shareholders' equity rose by 61% to 21.8 billion CDF (around $8.72 million), supported by fresh capital contributions and the incorporation of unappropriated earnings.
This dynamic growth was accompanied by significant pressure on asset quality. The report highlights a portfolio at risk of 20.5%, well above the industry standard of 5%, indicating a high proportion of loans not repaid on time and exposing the institution to increased credit loss risk.
Gross disputed receivables reached 21.5 billion CDF (approximately $8.6 million), with a provisioning rate of 24%. The report notes that this level of bad debts required a provision equivalent to 3% of assets.
Despite these challenges, performance indicators remained solid overall. Return on assets stood at 3.2%, in line with industry standards, while return on equity reached 17%, exceeding the internal target of 15%. In terms of liquidity, Guilgal SA achieved an immediate liquidity ratio of 24%, meeting regulatory requirements.
For 2025, Guilgal SA plans to continue digitizing its services, develop new financial products tailored to market needs, expand its network with new branch openings, and strengthen its commitment to social and environmental performance.
Founded on September 4, 2012, on the initiative of Professor Frédéric Kalala, COOPEC Guilgal initially operated as a savings and credit cooperative. Thanks to sustained performance, by 2019 it had become the largest cooperative in the western zone of the DRC and subsequently evolved into a microfinance company to overcome the limitations imposed by cooperative status.
Boaz Kabeya (intern)
China’s CMOC and Switzerland’s Glencore hold divergent views on the next steps following the suspension of cobalt exports from the Democratic Republic of Congo (DRC), which accounted for 76% of the world’s primary supply in 2024. According to Reuters, CMOC is pushing for a swift lifting of the embargo, while traders affiliated with Glencore argue that the market must regain stability before Congolese volumes return.
The matter was discussed last week during the Cobalt Congress in Singapore, in a meeting attended by the Congolese Minister of Mines, Kizito Pakabomba. At the meeting, Kenny Ives, vice-president of CMOC, advocated lifting the ban to replenish dwindling cobalt stocks for Chinese customers. He warned that prolonged shortages could prompt some carmakers to switch to cobalt-free lithium-ion batteries.
Conversely, Glencore traders contend that producers like the DRC must exercise better supply control, as oversupply was the primary reason behind Kinshasa’s decision to impose the embargo.
The contrasting positions underscore the strategic tensions between the world’s two largest cobalt producers, CMOC and Glencore. However, they both kept producing despite the DRC ban. Regarding the latter, it should expire on June 22, 2025, but Congolese authorities have not decided if it will be extended.
President Félix Tshisekedi has suggested this possibility, and his government is also considering introducing export quotas—an option Glencore traders say they are prepared to accept.
Meanwhile, the market has responded favorably to the embargo, with cobalt prices rising over 50% since February. On the London Metal Exchange (LME), cobalt currently trades above $33,000 per tonne, up from $21,000 at the end of February.
This article was initially published in French by Aurel Sèdjro Houenou (Ecofin Agency)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
Les producteurs et intermédiaires du Nord-Kivu, actifs dans la filière cacao, privilégient de plus en plus l’Ouganda pour écouler leurs produits par des voies informelles, afin d’optimiser leur commercialisation.
Le 19 mai 2025, au moins cinq tonnes de cacao, soit 118 sacs, ont été interceptées par la sous-section de l’Office national des produits agricoles du Congo (ONAPAC) à Beni, dans le secteur de Ruwenzori (territoire de Beni). Selon les autorités, cette cargaison faisait l’objet d’une tentative d’exportation illégale vers l’Ouganda. L’opération de saisie s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la fraude dans la filière cacao.
D’après Kaswera Syvialeghana Alphonsine, directrice de l’ONAPAC à Beni, l’objectif est de décourager le trafic illicite, non seulement du cacao, mais aussi du café dans la région.
Depuis plusieurs mois, les acteurs du secteur dénoncent les nombreux obstacles qui entravent les circuits officiels et favorisent la contrebande vers les pays voisins. Ils pointent notamment l’insécurité persistante dans les zones de production, le mauvais état des routes agricoles, la multiplication des barrières routières, le coût élevé du transport et le manque de traçabilité des produits par l’État congolais. Selon les exportateurs locaux, ces contraintes rendent l’évacuation du cacao par les voies formelles extrêmement difficile, incitant ainsi de nombreux opérateurs à se tourner vers l’Ouganda.
La production congolaise de cacao est principalement concentrée dans les provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, l’Ituri et la Tshopo. Mais ces régions sont régulièrement secouées par les violences liées à la présence de groupes armés, compromettant la sécurité des producteurs et affectant gravement la chaîne d’approvisionnement.
Selon les données du ministère du Commerce extérieur, la production nationale de cacao a atteint 100 000 tonnes en 2024, un chiffre encore très éloigné de l’objectif de 3 millions de tonnes fixé à l’horizon 2030.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Construction work on the Banana deepwater port has resumed. Nico Nzau Nzau, General Manager of the Congolese Agency for Major Works (ACGT), broke the news. On May 16, he visited the site while on a working mission in Kongo-Central.
Nzau Nzau revealed that seabed dredging operations have been launched around the site that will house the future port. The first dredging vessel, from France, is already at work. It will enable a depth of 12 meters to be reached. A second vessel should come in a few days, expanding this depth to 18 meters, the level required to accommodate large tonnage vessels.
Launched in 2022, the Banana deepwater port project was paused repeatedly, notably in 2024, due to technical and financial disputes. Last April, executives from DP World, the port operator, assured Prime Minister Judith Suminwa Tuluka that the first phase of work could be completed by 2026.
In March, DP World awarded this first phase to the Portuguese company Mota-Engil, under a contract valued at $250 million. The contract includes building a 600-meter quay, developing a 30-hectare storage area, and installing state-of-the-art equipment capable of handling up to 450,000 containers per year.
Located in the province of Kongo-Central, Banana deewater port is of strategic importance to the Democratic Republic of Congo. It will provide the country with direct access to the Atlantic Ocean and a modern marine terminal capable of handling large vessels without relying on the port infrastructures of neighboring countries.
This article was initially published in French by Ronsard Luabeya (intern)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
Ivanhoe Mines has stopped activities at the Kakula underground mine, located at its Kamoa-Kakula copper complex in the Democratic Republic of Congo (DRC). The firm decided the halt on May 18 but officially announced it on May 20.
Operations were halted after seismic activity was recorded in the eastern section of the mine. There were no casualties, and all personnel were evacuated. The Phase 1 and 2 concentrators still run, at reduced capacity, processing ore from surface stockpiles. As of April 30, these stocks stood at 3.8 million tonnes, at an average grade of 3.2% copper. The Phase 3 concentrator and Kamoa underground mine continue to operate normally.
Geotechnical experts are inspecting the underground infrastructure. The western zone of Kakula has already been declared safe, while the eastern zone remains under evaluation.
Despite the disruption, Ivanhoe has not revised its production targets for the year; it still eyes an output of 520,000–580,000 tons of copper in 2025, for the whole complex. However, the impact of this suspension will depend on its duration. For now, it is unknown when operations will resume.
This article was initially published in French by Emiliano Tossou (Ecofin Agency)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
On May 20, 2025, Moyi Power announced the official launch of its fundraising campaign to finance the construction of its hybrid infrastructure in the north of the Democratic Republic of Congo (DRC). The project aims to provide clean, reliable electricity to over a million people in the towns of Bumba, Gemena, and Isiro.
The $340 million project involves building hybrid power plants combining solar energy and battery storage systems (BESS), which use diesel as a backup solution, and deploying urban distribution networks. According to the project promoters, around 80% of the funds required for the first phase, about $160 million, have already been identified. The current fundraising round aims to secure the remaining $180 million, as debt and Viability Gap Funding (VGF), a back-up financing mechanism designed to ensure the project's economic viability and commercial attractiveness.
"Much has been done to bring Moyi Power to this stage, and we are now ready to launch the next phase to raise the funds needed to build the project. With the right mix of funding, Moyi will be able to build an infrastructure that will provide affordable and reliable electricity to customers in the northern DRC and demonstrate a replicable model for distributed energy across Africa," said Chris Flavin, interim managing director of Gridworks.
The Moyi Power project is developed by a consortium comprising Gridworks, AEE Power, and Eranove, with the support of the African Development Bank (AfDB) and the Private Infrastructure Development Group (PIDG).
This project is part of the National Energy Compact, presented in November 2024 by the Congolese government. The Compact requires over $36 billion in investments, including nearly $20 billion from the private sector. It should help boost the DRC’s electrification rate from 21% to 62.5% by 2030. The project could serve as a model for the electrification of other off-grid towns in the DRC, as part of the Mission 300 initiative.
This article was initially published in French by Abdoullahi Diop
Edited in English by Ola Schad Akinocho
La microfinance Guilgal SA a connu une forte progression de ses actifs en 2024. Selon son rapport réglementaire Pilier III, récemment publié, son actif a atteint 120,9 milliards de francs congolais (environ 48,36 millions USD), contre 71 milliards CDF (environ 28,4 millions USD) en 2023, soit une croissance annuelle de 70 %. Cette performance est principalement portée par le développement du portefeuille de crédits, principale source de revenus de l’institution.
L’encours net des crédits est passé de 56,3 milliards CDF (22,52 millions USD) en 2023 à 103,6 milliards CDF (41,44 millions USD) en 2024, soit une hausse de 84 %. Le crédit à moyen terme a été le principal moteur de cette croissance, avec une augmentation de 132 % sur la période.
Du côté des ressources, les dépôts des clients ont progressé de 59 %, atteignant 46,5 milliards CDF (environ 18,6 millions USD), témoignant d’une capacité renforcée à mobiliser l’épargne au niveau national. Par ailleurs, les fonds propres se sont élevés à 21,8 milliards CDF (environ 8,72 millions USD), en hausse de 61 %, grâce à des apports en capital frais et à l’incorporation du résultat non affecté.
Mais cette dynamique s’accompagne de tensions notables sur la qualité des actifs. Le rapport met en lumière un portefeuille à risque de 20,5 %, un niveau largement supérieur à la norme sectorielle fixée à 5 %, ce qui reflète une part importante de prêts non remboursés à temps et expose l’institution à des risques accrus de pertes sur créances.
Les créances litigieuses brutes ont atteint 21,5 milliards CDF (environ 8,6 millions USD), avec un taux de provisionnement de 24 %. Le rapport précise que ce niveau de créances douteuses a nécessité la constitution d'une provision équivalente à 3 % des actifs.
Malgré cette situation, les indicateurs de performance sont restés globalement solides. Le rendement des actifs s’est établi à 3,2 %, en ligne avec les standards du secteur, tandis que le rendement des fonds propres a atteint 17 %, dépassant l’objectif interne de 15 %. Côté liquidité, l’institution affiche un taux de liquidité immédiate de 24 %, conforme à la norme réglementaire.
Pour 2025, Guilgal SA prévoit de poursuivre la digitalisation de ses services, de développer de nouveaux produits financiers adaptés aux besoins du marché, d’étendre son réseau avec l’ouverture de nouvelles agences et de renforcer ses engagements en matière de performance sociale et environnementale.
Créée le 4 septembre 2012 à l’initiative du professeur Frédéric Kalala, la COOPEC Guilgal a d’abord opéré sous forme de coopérative d’épargne et de crédit. Grâce à des performances soutenues, elle est devenue, dès 2019, la plus importante de la zone Ouest de la RDC et a ensuite évolué en société de microfinance afin de dépasser les limites imposées par le statut coopératif.
Boaz Kabeya, stagiaire