La Sino-Congolaise des Mines (Sicomines) a annoncé le lancement, en ce début d’année 2025, de la deuxième phase des travaux de construction et de réhabilitation de la route nationale 12 (RN12), une voie stratégique dans la province du Kongo Central, située à l’ouest de la République démocratique du Congo. Le coût des travaux, réalisés par la Société d’infrastructures Sino-Congolaise (SISC), est estimé à 47 millions de dollars, selon des informations rapportées par la presse locale.
« Seule voie d’accès au territoire de Tshela via la RN1, elle traverse le territoire de Lukula, passe par Manterne, une agglomération située entre Matadi et Boma. La même route relie Tshela à Seke-Banza et atteint également Mbanza Ngungu via Luozi », a précisé la Sicomines dans un post sur Twitter. Les détails spécifiques des travaux n’ont pas été communiqués. On sait toutefois que le tronçon concerné par les première et deuxième phases s’étend sur 120 km.
Détenue à 68 % par un consortium de sociétés chinoises (Crec, Sinohydro, Zhejiang Huayou) et à 32 % par l’État congolais via la Générale des Carrières et des Mines (Gécamines), Sicomines contribue régulièrement au financement d’infrastructures routières. Cette intervention s’inscrit dans le cadre du cahier des charges révisé en 2024, associé au permis d’exploitation minière de la Sicomines. Ce document impose la réalisation de diverses infrastructures, notamment des routes, des écoles, des centres de santé, ainsi que des projets liés à l’énergie, à l’environnement, à l’accès à l’eau potable et à l’agriculture.
L’entreprise a annoncé plusieurs réalisations achevées ou en cours, telles que la construction de stades et d’infrastructures de stockage de produits agricoles. Cependant, les mécanismes de sélection des projets et leur état d’exécution restent peu documentés.
Selon le nouveau contrat signé entre l’État congolais et la Sicomines, des travaux routiers d’une valeur de 624 millions $ étaient prévus en 2024, avec un engagement annuel de (plus ou moins) 324 millions $ dès 2025 et jusqu’en 2040. Le programme prioritaire d’investissements du gouvernement prévoit également 714 millions $ pour divers projets routiers. Toutefois, il n’est pas précisé si ce montant est complémentaire ou inclus dans les redevances attendues de la Sicomines.
Georges Auréole Bamba
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Orange RDC et Vodacom Congo ont annoncé la création d’une coentreprise visant à étendre la couverture réseau dans les zones rurales de la République Démocratique du Congo (RDC). Ce partenariat inédit en Afrique prévoit l’installation de stations de base mobiles alimentées à l’énergie solaire pour desservir des régions isolées et faiblement peuplées.
Cette initiative s’inscrit dans une série d’efforts déployés par les opérateurs télécoms pour améliorer la connectivité en RDC. Par exemple, Vodacom Congo a récemment connecté les localités de Busanga et Kakula à son réseau 3G, facilitant ainsi l’accès à des services de communication avancés pour les habitants de ces zones minières.
De son côté, Orange RDC s’est associé à NuRAN pour construire 2 000 sites de téléphonie mobile, visant à connecter plus de 10 millions de Congolais jusqu’alors non desservis. Par ailleurs, Orange RDC et Liquid Intelligent Technologies ont finalisé un réseau de fibre optique de 2 300 km, reliant plusieurs villes de l’est à l’ouest du pays. Ce projet, évalué à 20 millions de dollars, vise à offrir un internet haut débit aux particuliers et aux entreprises, réduisant ainsi la fracture numérique.
Ces initiatives sont présentées comme la manifestation de la volonté des opérateurs télécoms de soutenir le développement économique et social de la RDC en améliorant l’accès aux technologies de l’information et de la communication, notamment dans les zones rurales et isolées.
Georges Auréole Bamba
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Le ministère de la Justice de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé l'arrestation de dix ressortissants chinois pour leur implication dans l'exploitation illicite de minerais dans la province du Sud-Kivu. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de lutte accrue, menée par plusieurs pays africains, contre l’exploitation minière illégale. En décembre dernier, 17 ressortissants chinois accusés d'extraction illégale d'or au Sud-Kivu avaient également été arrêtés.
#RDC_MINES | 🚨⚖️ COMMUNIQUÉ DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE @JusticeGouvCD.
— Ministère des Mines - RDC (@MinMinesRDC) January 11, 2025
Ce communiqué fait suite à l'appréhension d'étrangers impliqués dans l'exploitation illicite de minerais au Sud-Kivu.@kizpaka @shabani_lukoo @VPM_MINTERSECAC @ConstantMutamba #CellComMINES pic.twitter.com/TB9EiO0G7C
Ces arrestations représentent une étape significative dans la lutte contre un fléau qui prive la République démocratique du Congo (RDC) de revenus précieux. Le ministre de la Justice a ordonné au procureur général près la cour d'appel du Sud-Kivu d'engager des poursuites en flagrance contre les individus interpellés et leurs complices.
L’exploitation illégale des minerais en RDC constitue un problème majeur, coûtant au pays des milliards de dollars chaque année. Ce phénomène est alimenté par des failles institutionnelles, des complicités internes et un contrôle insuffisant. Les compagnies chinoises, souvent accusées, sont pointées du doigt pour leur non-respect du code minier congolais : absence de permis valide, non-réalisation d’études d’impact environnemental obligatoires, et refus de signer des cahiers des charges avec les communautés locales.
En dépit des arrestations, les activités illégales des compagnies minières étrangères, notamment chinoises, persistent. En août 2021, six entreprises chinoises avaient vu leurs opérations suspendues dans le Sud-Kivu par le gouverneur de l’époque, Théo Kasi, pour exploitation illégale et destruction de l’environnement. Cependant, ces décisions peinent à être appliquées, en grande partie en raison de complicités au sein des élites politiques et militaires. Ces alliances affaiblissent les efforts de gouvernance et rendent inefficace la mise en œuvre de processus de certification administrative, sociale et environnementale prônés par le gouvernement. Par ailleurs, la militarisation des sites miniers, souvent au profit de ces entreprises, engendre des violences à l’encontre des civils.
Olivier de Souza
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On January 10, Ivanhoe Mines announced a bond issue to raise $600 million. Part of the proceeds will support the firm’s operations in the Democratic Republic of Congo (DRC). This year, Ivanhoe plans to invest up to $1.7 billion in the Central African nation, on its Kamoa-Kakula copper complex and Kipushi zinc mine.
https://x.com/IvanhoeMines_/status/1877754011807355133
In detail, Ivanhoe intends to invest between $1.42 billion and $1.67 billion at Kamoa-Kakula. Most of these funds will serve to expand the mine. Last year, from January to September, Ivanhoe spent $1.61 billion on the project.
Kamoa-Kakula is projected to produce over 600,000 tonnes of copper concentrate by 2026, an increase from a peak of 580,000 tonnes expected in 2024. Last year, the complex delivered 437,061 tonnes of copper.
In contrast, Ivanhoe plans to spend far less on its Kipushi this year, mainly because it spent $185 million in H1 2024 to help revive the project. And now that Kipushi started producing, its operator plans to allocate only $25 million to boost processing capacity by 20% by Q3 2025, and $40 million for ongoing operational maintenance.
While these investments cover Ivanhoe’s DRC operations, the firm has not disclosed how much local suppliers should expect to capture directly. Recently, Congolese authorities have intensified efforts to ensure that local subcontractors and suppliers gain more from investments made by foreign mining companies.
Emiliano Tossou, Ecofin Agency
Le poste frontalier de Kasumbalesa, reliant la RDC à la Zambie, est confronté à une grave congestion, paralysant le commerce international et réduisant les recettes publiques congolaises, estimées à plusieurs millions de dollars par mois. Ces dernières semaines, des centaines de camions sont restés immobilisés sur plus de 50 km du côté zambien, mettant en lumière des dysfonctionnements dans la gestion de ce point de transit stratégique en Afrique australe.
Pour remédier à cette situation, les autorités des deux pays se sont réunies le 11 janvier 2025 à Chililabombwe, en Zambie. Jacques Kyabula Katwe, gouverneur du Haut-Katanga, et Chipoka Mulenga, ministre zambien du Commerce et de l’Industrie, ont annoncé plusieurs mesures. Les douanes des deux pays fonctionneront désormais de 6 h à 20 h, avec pour objectif de traiter au moins 500 camions par jour. Par ailleurs, il a été décidé de rediriger une partie du trafic vers les postes frontaliers de Mokambo et Sakania afin de réduire la pression sur Kasumbalesa.
Commerce extérieur / RDC - Zambie : « Comment décongestionner la frontière de Kasumbalesa et fluidifier le trafic international », la délégation congolaise conduite par le Gouverneur du Haut-Katanga Jacques Kyabula Katwe a eu des échanges avec la partie zambienne conduite par le… pic.twitter.com/2IKnUppONR
— Gouvernement du Haut-Katanga (@GouvernementHK) January 12, 2025
La congestion actuelle s’explique en grande partie par les horaires limités des services douaniers congolais, qui fonctionnent actuellement de 9 h à 15 h seulement. Ces horaires restreints ne suffisent pas à gérer l’augmentation des importations, particulièrement en période de fêtes, entraînant des retards dans le traitement des marchandises. Cette situation incite certains transporteurs à contourner les procédures officielles en déchargeant leurs cargaisons en Zambie. Ces produits pénètrent ensuite en RDC via des circuits illégaux, privant ainsi l’État congolais de revenus douaniers cruciaux.
Bien que ces mesures constituent un bon début, elles resteront insuffisantes sans un engagement durable. Les normes de la SADC préconisent une ouverture des postes frontaliers 24 h/24. En outre, il sera indispensable de renforcer les infrastructures, d’augmenter les effectifs et de lutter efficacement contre la fraude douanière. Une coordination accrue entre la RDC et la Zambie sera essentielle pour assurer un commerce transfrontalier fluide et sécurisé à long terme.
Olivier de Souza
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Ivanhoe Mines a annoncé, le 10 janvier 2025, une émission d’obligations destinée à mobiliser 600 millions $. Une partie de ces fonds devrait être allouée aux opérations congolaises de la compagnie, qui prévoit d’investir jusqu’à 1,7 milliard $ en 2025 dans son complexe de cuivre Kamoa-Kakula et sa mine de zinc Kipushi, en République Démocratique du Congo (RDC).
#News - Ivanhoe Mines launches an offering of US$600,000,000 Senior Notes due 2030.
— Ivanhoe Mines (@IvanhoeMines_) January 10, 2025
Read full news release : https://t.co/RpbLOQIgwN
Dans le détail, Ivanhoe prévoit d’investir entre 1,42 milliard et 1,67 milliard $ à Kamoa-Kakula. L’essentiel de ces fonds sera consacré à l’agrandissement de la mine, dont la production devrait atteindre plus de 600 000 tonnes de concentré de cuivre en 2026, contre un maximum de 580 000 tonnes attendu en 2025. En 2024, Kamoa-Kakula a produit 437 061 tonnes de cuivre. Il convient de noter que l’investissement prévu en 2025 par Ivanhoe est similaire à celui de 2024, qui s’est élevé à 1,61 milliard $ pour les neuf premiers mois de l’année.
À Kipushi, l’investissement prévu en 2025 est nettement inférieur à celui de l’année précédente. Ivanhoe a consacré 185 millions $ au premier semestre 2024 pour permettre la réouverture de la mine. Désormais en phase de production, l’entreprise prévoit seulement 25 millions $ pour des travaux visant à augmenter de 20 % la capacité de traitement de l’usine d’ici le troisième trimestre, ainsi que 40 millions $ pour d’autres interventions visant à garantir le bon fonctionnement des installations.
Bien que ces investissements concernent des opérations en RDC, Ivanhoe ne précise pas quelle part des dépenses sera effectivement réalisée dans le pays et bénéficiera aux fournisseurs locaux. Ces derniers mois, les autorités congolaises ont intensifié leurs initiatives pour permettre aux sous-traitants et fournisseurs congolais de mieux tirer parti des investissements des compagnies minières étrangères.
Emiliano Tossou, Agence Ecofin
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La République Démocratique du Congo (RDC) attend d’ici fin avril 2025 la décision du conseil d’administration de la Banque mondiale concernant un financement de 500 millions $ pour moderniser une section de 400 kilomètres de la route nationale 2 (RN2) entre Mbanga et Penemwanga. Ce tronçon relie la province du Lomami à celle du Sud-Kivu, en passant par le Maniema.
Selon les responsables locaux de la Banque mondiale, il s'agit de construire une autoroute. Plus précisément, le projet prévoit d’aménager une route bitumée de 2 x 2 voies, avec une largeur de plateforme variant entre 24 m dans les zones urbaines et 30 m en rase campagne. Cette infrastructure devrait au moins doubler la vitesse moyenne, actuellement limitée à 40 km/h sur ce tronçon.
« L’option d’aménagement et de bitumage en 2 x 2 voies s’inscrit dans la nouvelle vision du gouvernement de la RDC pour le développement des corridors régionaux à l’horizon 2025, compte tenu du volume de trafic potentiel projeté sur l’ensemble de ces corridors routiers de développement », explique l’institution de Bretton Woods.
Outre le bitumage, le projet prévoit également l’installation d’infrastructures de drainage et la construction d’ouvrages d’art pour assurer la viabilité du réseau durant la saison des pluies. Il intègre aussi des aménagements pour le passage des réseaux électriques et de télécommunication.
Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de la deuxième phase du projet d’appui à la connectivité et au transport (PACT 2), financé par la Banque mondiale. Dans le cadre du PACT 1, les travaux de la section voisine (Mbuji-Mayi-Mbanga, 280 kilomètres) de la même route ont débuté le 27 décembre 2024 sous l’égide du président Félix Tshisekedi.
Le PACT 2 vise à désenclaver des régions riches en ressources naturelles et à renforcer leur connexion aux corridors commerciaux transfrontaliers, notamment vers la Zambie et l'Angola via le corridor de Lobito. Selon la Banque mondiale, l’absence d’interventions sur ce réseau routier pourrait entraîner des pertes économiques estimées à 450 millions $ par an entre 2041 et 2050. En RDC, le réseau routier demeure le principal mode de transport, représentant 90 % des déplacements, malgré l’existence d’alternatives fluviales et aériennes.
La réalisation du projet devrait optimiser l’utilisation des 160 millions $ mobilisés chaque année depuis 2021 par le Fonds d’Entretien Routier (FONER).
Le projet inclut également des mesures de renforcement des capacités administratives et de conformité environnementale. Cependant, il ne prévoit pas d’accompagnement spécifique pour les populations rurales riveraines afin qu’elles puissent tirer pleinement profit des retombées économiques de cette infrastructure modernisée.
Georges Auréole Bamba
Rawbank, the largest bank in the Democratic Republic of Congo (DRC) by assets and business volume, has helped a local mining company in Katanga province secure up to $10 million in funding. The identity of the mining company remains undisclosed.
“This transaction reinforces our leadership in the DRC’s banking sector and underscores our commitment to supporting the country’s economic development,” said Rawbank Managing Director, Mustafa Rawji.
This is not the first time Rawbank has supported the mining sector. In 2022, the lender led a $200 million syndicated financing package for Kamoa-Kakula, the operator of one of Africa's largest copper deposits. However, this time, Rawbank has introduced new perspectives regarding business financing.
The recent operation features commercial papers—a type of debt security typically reserved for highly credible companies with a strong ability to repay. To further reassure participating investors, Rawbank provided a corporate guarantee. This means that if the borrower struggles to settle its debt, an affiliated company will repay in its stead in due time.
“This second commercial paper issue demonstrates Rawbank's ability to innovate and meet the specific needs of its institutional clients. The bank's trading room, which adheres to international standards, allowed for optimal structuring of the operation, offering investors superior yield opportunities in a competitive market,” said Rawbank Commercial Director, Etienne Mabunda.
Rawbank places significant emphasis on the mining sector, which accounts for 70% of the DRC's exports. “By providing a national operator with competitive financing, this new issue contributes directly to boosting regional economic activity and investor confidence while stimulating local savings through attractive financial products,” the bank said in a press statement.
GAB
In the ongoing battle to take control of the Manono lithium project, Australian mining company AVZ has secured the support of China's Suzhou CATH Energy Technologies (CATH). On January 8, 2025, AVZ announced that it had obtained a $20 million facility from CATH to finance its working capital requirements and operations over the next 12 months, including efforts related to the project dispute with the Democratic Republic of Congo (DRC) government.
The new agreement has allowed AVZ to waive the $15 million it previously secured from Locke Capital, a litigation financing specialist. AVZ has used the money to support its legal actions surrounding the Manono project.
The new facility is part of a revised partnership between AVZ and CATH, established in 2021 for developing Manono. By maintaining its partnership with AVZ, CATH aims to secure a portion of Manono's lithium production. The revised agreement allows CATH to purchase up to 100% of uncommitted production volumes until a five-year period expires or any funds advanced for project development costs are repaid. Afterward, CATH's purchase rights will be reduced to its economic interest in the joint venture. Additionally, subject to obtaining mining rights for Manono, CATH can acquire a 30.5% indirect interest in the project by paying AVZ $259.25 million.
This new deal bolsters the AVZ-CATH partnership. In parallel, Zijin Mining plans to bring the lithium deposit into production by 2026, according to Bloomberg which relayed a 7 November 2024 mail from Zijin. The Chinese firm plans this despite complaints surrounding the mining permit granted by the DRC.
In its January 8 release, AVZ did not specify when it hopes to regain control of the Manono project or comment on Zijin's production plans. Over the past few years, the Australian firm has initiated various legal proceedings to contest its eviction from the project, but the outcome remains uncertain.
Nevertheless, AVZ and Zijin’s interest in Manono highlights the project’s potential to make the DRC one of Africa’s top lithium producers. According to previous estimates by AVZ, the Manono deposit contains at least 400 million tonnes of mineral resources grading 1.65% lithium.
This article was initially published in French by Emiliano Tossou
En 2024, les rebelles du M23, groupe principalement actif en République Démocratique du Congo (RDC), auraient exporté illégalement au moins 150 tonnes de coltan vers le Rwanda. C’est du moins ce que révèle un nouveau rapport de l’ONU qui dénonce notamment « la plus importante contamination jamais enregistrée de la chaîne d’approvisionnement en minéraux de la région des Grands Lacs ».
Dans le détail, ce rapport relayé par plusieurs médias internationaux, dont Reuters, indique que le contrôle exercé par le M23 sur les voies de transport menant vers le Rwanda a principalement alimenté ce trafic. Selon l’ONU, les exportations ont démarré après que le groupe a pris le contrôle de Rubaya (une région riche en coltan), puis « imposé » des taxes sur la production des sites miniers de coltan de cette localité située au Nord-Kivu. D’après l’étude, cela aurait permis au M23 d’empocher en moyenne 800 000 dollars par mois, notamment grâce aux exportations effectuées en direction du Rwanda.
Ce n’est pas la première fois que le Rwanda est cité comme une des destinations du commerce illicite de coltan dans la région. Selon le rapport « Mining and illicit trading of coltan in the Democratic Republic of Congo » de l’ENACT cité par Agence Ecofin dans un article en avril 2024, le Rwanda serait « la voie privilégiée pour le négoce illicite du coltan », car Kigali ne taxe pas les exportations de ce minerai et permet aux marchandises importées d’être requalifiées « made in Rwanda », à condition de subir une transformation dans le pays avec une valeur ajoutée d’au moins 30 %. Les auteurs indiquaient alors qu’il est « probable que la majeure partie du minerai exporté du Rwanda soit d’origine congolaise ».
En outre, un rapport de Global Witness publié en 2022 a révélé que 90 % des minerais 3T exportés par le Rwanda sont introduits illégalement à partir de la RDC. Plus récemment, la question est revenue au cœur des discussions après que la RDC a accusé le géant américain de l’électronique Apple de s’approvisionner en coltan de contrebande. Des allégations que la société a réfutées, tout en annonçant la suspension de ses approvisionnements en coltan à la fois au Rwanda et en RDC.
Les conclusions de la nouvelle étude de l’ONU viennent alimenter la polémique entourant les origines du coltan exporté par le Rwanda. Pour rappel, en 2023, le pays s’est classé premier parmi les exportateurs mondiaux de ce minerai essentiel dans les processus de fabrication des ordinateurs et smartphones. Sa production était alors estimée à 2070 tonnes, contre 1918 tonnes pour la RDC qui détiendrait entre 60 et 80 % des réserves mondiales, selon les estimations.
Selon les autorités congolaises, la RDC perd annuellement en moyenne 1 milliard de dollars à cause du trafic illégal des minerais 3T ou encore de l’or. Outre le Rwanda, d’autres pays frontaliers comme l’Ouganda et le Burundi sont également cités parmi les principaux points de chute de ces minerais.
Aurel Sèdjro Houenou, Agence Ecofin
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