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Equipe Publication

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The Nsele municipality, located 9km from Kinshasa’s Ndjili airport, should house a major housing project in the next four years. Acacia Bandubola, the Land Affairs Minister of the Democratic Republic of Congo (DRC), announced the project on March 7, 2025, in an exclusive interview.  

According to sources close to the matter, the project, known as Cité-Jardin, will comprise 5,800 homes and span 33 hectares. The same sources added that construction works began two weeks ago. However, the first stone is yet to be laid. 

The project will be developed via a public-private partnership with Modern Construction, a subsidiary of the HJ Group of Companies, which has been involved in several notable projects in the DRC, including the Galerie La Fontaine and the Hilton Hotel.

While further details have not been disclosed, yet, various sources in the government and Modern Construction indicated that the government provides the land, and Modern Construction takes care of building and marketing the project. 

Affordable, or not ?

On the related reservation platform, two- and three-bedroom units are priced at $59,900 and $79,900, respectively. Buyers can opt for financing through a bank or direct payment to Modern Construction, with a 20% initial deposit and the balance spread over five years. 

Though the Land Affairs Minister claims that the houses aim to be “accessible to all Congolese”, these prices are out of reach for many Congolese. According to the World Bank, 73.5% of the population lived on less than $2.15 a day in 2024. Meanwhile, the country had a housing deficit of 4 million units in 2023, according to UN-Habitat. Kinshasa alone accounted for 54.4% of the demand. To meet this need, the government aims to build 143,092 housing units annually in the capital and 265,000 nationwide. 

Cité-Jardin is presented as a pilot project to be replicated nationwide, to gradually reduce the DRC’s housing deficit. While lauding the project, concerned stakeholders recommend tackling various issues that impede real estate investments in the country. These issues, according to Malick Fall, Resident Representative of the International Finance Corporation, include land tenure problems, difficulties in establishing property titles, and an underdeveloped mortgage market.

If completed, the Cité-Jardin project will be a significant step forward in addressing the country's housing shortage, which has been largely unaddressed since the construction of Cité Mama Mobutu in the 1980s.

This article was initially published in French by Timothée Manoke (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

 

La Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale a rendu, le 10 mars 2025, une nouvelle décision en faveur d’AVZ Minerals dans le contentieux qui l’oppose à la société publique Cominière en République Démocratique du Congo (RDC). L’entreprise australienne a annoncé cette décision le vendredi 14 mars, précisant qu’elle confirme des injonctions antérieures et condamne Cominière à une pénalité de 39,1 millions d’euros (42,4 millions de dollars à la valeur actuelle) pour non-respect des décisions du tribunal.

Le litige remonte à la rupture contestée par AVZ du partenariat autour du projet de lithium de Manono. En 2023, AVZ avait obtenu des injonctions interdisant à Cominière de prendre des décisions jusqu’à ce qu’un jugement soit rendu sur le fond. Cependant, la société publique congolaise n’a pas respecté ces ordres. Le tribunal a estimé que Cominière avait violé ces injonctions en obtenant une extension du permis litigieux, en sollicitant et obtenant sa scission, qui a ensuite été attribuée à Manono Lithium SAS, une coentreprise entre Cominière et une filiale du géant minier chinois Zijin Mining.

Si cette décision renforce la position d’AVZ, elle ne règle toutefois pas la question de fond du litige. De plus, la manière dont AVZ compte récupérer la somme imposée à Cominière reste floue. Par ailleurs, la Cour a rejeté la demande de Cominière visant à annuler les injonctions précédentes, mais ne s’est pas encore prononcée sur l’éviction d’AVZ du projet.

Dans l’attente d’un règlement définitif, il reste à voir l’impact de ces nouveaux développements sur le calendrier annoncé par Zijin Mining, qui prévoit le début de la production de lithium à Manono en 2026. Jusqu’à présent, la procédure judiciaire n’a pas empêché Cominière et son partenaire de coentreprise de poursuivre leurs avancées sur ce projet stratégique, qui pourrait permettre à la RDC de rejoindre le cercle des producteurs africains de lithium.

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

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Le bouclage du financement de la centrale hydroélectrique Ruzizi III, initialement prévu pour le troisième trimestre 2025, est désormais incertain, selon plusieurs bailleurs de fonds du projet cités par Reuters dans une dépêche publiée le 13 mars.

« Avec la progression du M23 au Sud-Kivu, le site du projet Ruzizi III se retrouve dans la zone de conflit (…) Nous adoptons une approche attentiste pour déterminer la suite du projet (…) Nous coordonnons également étroitement avec nos co-financiers », a déclaré un responsable de la Banque européenne d’investissement (BEI), principal arrangeur du financement.

« Le calendrier de la clôture financière dépendra de l’évolution de la situation », a précisé un porte-parole de l’Agence française de développement (AFD), l’un des bailleurs du projet. Du côté de la banque publique allemande de développement KfW, un autre financeur, on affirme que tout nouvel engagement financier est suspendu, conformément à la décision du gouvernement allemand annoncée le 4 mars dernier.

En maturation depuis au moins 2015, le projet Ruzizi III prévoit une capacité installée de 206 MW, pour un coût estimé à 760 millions de dollars. Ce budget inclut la construction d’une ligne d’évacuation d’énergie de 220 kV jusqu’au poste de dispatching régional de Kamanyola. L’infrastructure doit être développée sur la rivière Ruzizi III, un cours d’eau reliant le lac Kivu au lac Tanganyika, qui matérialise une partie de la frontière entre le Rwanda, le Burundi et la République Démocratique du Congo (RDC).

Cette incertitude repousse indéfiniment le début des travaux de construction de cette infrastructure, initialement prévus pour le quatrième trimestre 2025. L’électricité produite devait être répartie équitablement entre le Rwanda, le Burundi et la RDC, bénéficiant à environ 30 millions de personnes.

Une participation de 30 % est d’ailleurs réservée à ces trois pays dans la société de projet Ruzizi III Energy Ltd, aux côtés des partenaires privés, dont SN Power, désormais filiale de TotalEnergies, et Industrial Promotion Services (IPS), basé à Nairobi. Le montage financier prévoit que les bailleurs de fonds (AFD, BAD, BEI, BM, KfW et UE) accordent aux États contractants des dons et prêts concessionnels, qui sont ensuite rétrocédés à la société de projet pour financer la construction de la centrale et de ses infrastructures associées.

Le Burundi, la RDC et le Rwanda font encore face à d’importants défis énergétiques. Selon la Banque mondiale, leurs taux d’accès à l’électricité sont estimés respectivement à 10 %, 21,5 % et 50,6 %. La centrale Ruzizi III permettrait de presque doubler la capacité actuelle du Burundi, d’augmenter de 30 % la capacité installée du Rwanda et d’améliorer l’accès à une énergie fiable pour l’est de la RDC.

Pierre Mukoko

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On March 10, 2025, the price of a 25-liter drum of palm oil from Bandundu province surged by nearly 36%, climbing from 70,000 to 95,000 Congolese francs (CF) in Kinshasa markets. This sharp increase reflects a broader trend observed across the Democratic Republic of Congo (DRC).

In Bunia, Ituri province, the price of a 20-liter can rose from CF60,000 to CF85,000 on March 4 a jump of 41%. Similarly, in Kikwit, Kwilu province, prices skyrocketed by 73% between January 15 and January 22, with a 25-liter drum rising from CF30,000 to CF52,000. Matadi, the capital of Kongo-Central, saw prices double in February, reaching CF60,000 for a 25-liter drum.

According to various media outlets quoting different sources, several factors are behind the price surge. Seasonal drought from January to March has significantly reduced palm oil production, particularly in northern provinces along the equator. At a February 5 meeting with the Minister of Agriculture, producers cited drought as one of the major challenges affecting plantations. Additionally, the advance of M23 rebels and their Rwandan allies in key production zones like North Kivu has disrupted supply chains and limited access to products.

The opening of new palm oil processing plants, such as Tshela, also boosted demand for palm nuts, subsequently exacerbating pressure on prices.

Despite its vast agricultural potential 60% of the DRC's estimated 280 million hectares are suitable for oil palm cultivation—the country struggles to meet domestic demand. By 2023, national consumption exceeded 500,000 tonnes annually, forcing palm oil to rank among the top five food imports. Kalaa Mpinga, Chairman of the FEC's National Agriculture and Forestry Commission, emphasized this gap in production capacity.

To address these challenges and boost production, the DRC plans to join the Council of Palm Oil Producing Countries (CPOPC) in 2025. Meanwhile, discrepancies in volume estimates highlight the need for better structuring within the sector.

This article was initially published in French by Boaz Kabeya (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Rawbank and  Equity BCDC, the two main banks in the Democratic Republic of Congo (DRC), have turned to digital solutions to pay salaries in the eastern part of the country, currently invaded by M23 rebels and their Rwandan allies. This concerns especially Goma and Bukavu where the lenders recently had to shut their offices.

These arrangements were detailed last week at a meeting with Hilaire Ekobo, payment and monitoring director at the National Directorate for Teachers Wages (DINACOPE).

According to the meeting’s report, issued by the Ministry of National Education, Equity BCDC, one of the banks involved, has utilized digital platforms to credit teachers' accounts, allowing them to transfer funds to electronic wallets like Airtel Money, M-Pesa, or Orange Money via mobile banking apps. The funds can be withdrawn from authorized agents of telcos.

Going digital comes with drawbacks, including high withdrawal fees, of up to 10%. These significantly erode workers’ purchasing power. Regarding this, Rawbank has suggested using the Illico-Cash application for accessing funds and noted that ATMs remain operational.

According to the meeting’s report, bank representatives present have acknowledged the difficulties faced by teachers and other workers in using these digital solutions and have assured that improvements will be made. 

The current challenges are not limited to civil servants; employees of NGOs and private companies also face similar hurdles in accessing their salaries due to the banking disruptions.

This article was initially published in French by Timothée Manoke (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Since the Democratic Republic of Congo (DRC) suspended cobalt exports on February 22, 2025, the price of cobalt hydroxide has surged by 84%, reaching $10.5 per pound, according to Fastmarkets data. Cobalt metal prices have also risen sharply, climbing over 43%. This dramatic price increase appears to validate Kinshasa’s strategy of leveraging its dominant position in the market accounting for approximately 75% of global supply to address a persistent surplus that has depressed prices for the past two years.

The suspension has disrupted supply chains, with Telf AG, the cobalt marketing agent for Eurasian Resources Group (ERG), activating force majeure clauses. ERG, the DRC’s third-largest cobalt producer after CMOC and Glencore, has warned customers it may not meet delivery commitments. This uncertainty is already rippling through the battery sector, where several Chinese manufacturers have adjusted costs and suspended some quotations.

Despite the immediate price spike, analysts remain cautious about long-term impacts. According to CRU Group, an estimated 85,000 tonnes of cobalt are stockpiled outside the DRC equivalent to six months of global consumption. These reserves could temper the price surge if the export ban is lifted and a flood of cobalt re-enters the market. To prevent such a scenario, Kinshasa is reportedly considering introducing export quotas to stabilize prices once exports resume.

The coming months will be critical in determining whether the DRC’s move is as smart as the Congolese authorities think. The global cobalt market, it is worth noting, is already marked by structural surpluses and geopolitical tensions.

This article was initially published in French by Emiliano Tossou (Ecofin Agency)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

As the M3 rebels and their Rwandan allies keep gaining ground in the region, Alphamin Resources has temporarily halted operations at its Bisie tin mine in Walikale territory, North Kivu province, Democratic Republic of Congo (DRC). The firm announced the shutdown on March 13, 2025. 

"On March 9, 2025, these groups occupied the town of Nyabiondo, the capital of the Osso-Banyungu sector, located some 110 kilometers northwest of Goma. On March 12, they continued their advance and took the locality of Kashebere, located 13 kilometers west of Nyabiondo (ed.note: and 172 kilometers from the mining site)," Alphamin Resources indicated.

Given the highly volatile context, Alphamin evacuated operational staff from the mine while retaining a small team to ensure the maintenance and security of the facilities. 

The company said it hopes the coming peace talks in Angola on March 18 will be fruitful, enabling a quick resumption of operations. Meanwhile, the suspension has already sent ripples through the global tin market.

Tin prices surged following Alphamin's announcement. On the London Metal Exchange (LME), prices jumped 3.3% to $34,530 per metric ton, peaking at $34,815 the highest since July. Analysts from the International Tin Association (ITA) noted that three-month delivery prices reached nearly $36,000 per tonne, a peak not seen since June 2022. 

Alphamin’s decision further strains a market already grappling with supply challenges, including difficulties at Myanmar’s Man Maw mine which barely resumed operations.

Alphamin’s Bisie tin mine is a critical player in global supply chains. Producing over 17,000 tonnes in 2024—6% of global tin output—the mine’s closure exacerbates concerns about shortages. In 2024, DRC and Myanmar accounted for 66% of China’s tin concentrate imports. The ITA highlighted that investment funds are increasingly bullish on tin prices as markets anticipate further upward pressure.

This article was initially published in French by Timothée Manoke (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Après plusieurs jours de tractations, la société égyptienne Safrimex, chargée de la réhabilitation des voiries urbaines dans plusieurs provinces de la République Démocratique du Congo (RDC), a obtenu des assurances quant au règlement de ses factures. Le ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP) a saisi son collègue du Budget pour faciliter le paiement des sommes dues, a indiqué, le 12 mars 2025, le directeur général adjoint de l’Office de voirie et drainage (OVD), Venant Burume Muhigirwa, lors d’une rencontre avec le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean-Paul Mbuebua Kapo. Ce dernier s’est rendu à Mbujimayi pour inspecter les travaux en cours, notamment ceux liés à la modernisation de la voirie et à la lutte contre l’érosion.

Cette avancée fait suite aux discussions engagées entre Safrimex et l’OVD à Kinshasa, visant à trouver une solution aux difficultés financières ayant entraîné des menaces d’interruption des travaux.

Le 8 mars, le directeur provincial de Safrimex, Rida Mroue, avait confié au gouverneur du Kasaï-Oriental que les tensions de trésorerie empêchaient l’entreprise de poursuivre ses chantiers à Mbujimayi. « Effectivement, l’entreprise rencontre quelques difficultés de trésorerie en cette période de guerre. Elle a sollicité certains paiements auprès du ministère des Finances afin d’alléger sa situation et de pouvoir poursuivre les travaux », a déclaré le directeur provincial de l’OVD, Trésor Kashala, à l’issue de la réunion.

Cette situation a également suscité l’intervention du député national Tobi Kayumbi, qui a adressé, le 11 mars, une question écrite au ministre des Finances sur le taux d’exécution financière des travaux de voirie et de lutte antiérosive à Mbujimayi.

Présente en RDC depuis 2022, Safrimex, filiale du groupe Socimex, mène plusieurs projets d’infrastructures routières dans le cadre du programme « Tshilejelu », doté d’un budget de 138 millions USD pour la construction de 142 km de routes.

À Mbujimayi, l’entreprise est engagée sur 25,32 km de voirie, en complément d’autres chantiers situés à Kinshasa (72 km), Kabinda (10,5 km), Lusambo (10 km), Kananga (35 km), Mwene-Ditu (5,5 km) et Tshikapa (15,39 km). En novembre 2024, l’OVD estimait que le taux d’exécution des travaux au Kasaï-Oriental atteignait 30 %.

Ronsard Luabeya, stagiaire

Alphamin Resources a annoncé, ce 13 mars 2025, l’arrêt temporaire de la production sur sa mine d’étain de Bisie, situé dans le territoire de Walikale, province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC). Cette décision, prise par le conseil d’administration de l’entreprise, fait suite à l’avancée des rebelles du M23 et de leurs soutiens au sein des forces armées rwandaises, qui progressent vers l’ouest en direction du site minier.

« Le 9 mars 2025, ces groupes ont occupé la ville de Nyabiondo, capitale du secteur Osso-Banyungu, située à environ 110 km au nord-ouest de Goma. Le 12 mars, ils ont poursuivi leur progression et pris la localité de Kashebere, située à 13 km à l’ouest de Nyabiondo (et à 172 kilomètres du site minier, NDLR) », affirme l’entreprise.

Face à cette menace sécuritaire croissante, Alphamin a estimé que la sécurité de ses employés et sous-traitants ne peut plus être garantie, ce qui a justifié l’évacuation du personnel opérationnel. Seule une équipe réduite est restée sur place pour assurer la maintenance et la protection des installations.

L’entreprise dit suivre de près les pourparlers de paix prévus le 18 mars 2025 en Angola, dans l’espoir de reprendre ses activités dès que la situation le permettra. Mais l’annonce de la suspension de ses opérations a eu un effet quasi immédiat sur le marché mondial de l’étain.

Selon les données du London Metal Exchange (LME), les prix de l’étain ont bondi de 3,3 %, atteignant 34 530 dollars la tonne métrique, après avoir culminé à 34 815 dollars, leur plus haut niveau depuis juillet. Tom Langston, analyste principal pour l’International Tin Association (ITA), précise que le prix de l’étain pour livraison à trois mois s’élève aujourd’hui à près de 36 000 dollars la tonne sur la bourse des métaux de Londres, un sommet inégalé depuis juin 2022.

La décision d’Alphamin renforce la pression sur un marché déjà sous tension. L’ITA souligne que cette fermeture vient s’ajouter aux difficultés du Myanmar, où la mine de Man Maw peine à redémarrer. En 2024, la RDC et le Myanmar représentaient ensemble 66 % des importations chinoises de concentré d’étain. L’organisation ajoute que les fonds d’investissement accentuent leurs positions haussières sur l’étain, signe que le marché anticipe une nouvelle flambée des prix.

Alphamin Resources est le principal exploitant industriel d’étain en RDC. Avec la mise en service d’une usine de traitement à Bisie en mai dernier, la société a produit 17 324 tonnes d’étain en 2024, soit une hausse de 38 % par rapport à 2023. Cette production représente 6 % de l’offre mondiale d’étain extrait l’an dernier.

Timothée Manoke, stagiaire

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Depuis la suspension des exportations de cobalt décidée par la République Démocratique du Congo (RDC) le 22 février 2025, le prix de l’hydroxyde de cobalt a bondi de 84 %, atteignant 10,5 dollars la livre, selon les données de Fastmarkets. De son côté, le cobalt métal a enregistré une progression de plus de 43 %. Cette flambée des prix semble conforter la stratégie congolaise. Avec une production représentant environ 75 % de l’offre mondiale, la RDC occupe une position centrale dans l’approvisionnement du marché. La décision de Kinshasa vise donc à résorber un excédent qui pèse sur les prix depuis deux ans.

L’activation des clauses de force majeure par Telf AG, agent de commercialisation du cobalt d’Eurasian Resources Group (ERG), illustre l’ampleur des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement. ERG, troisième plus grand producteur de cobalt en RDC après CMOC et Glencore, a prévenu certains clients qu’elle pourrait ne pas être en mesure d’honorer ses engagements de livraison. Cette incertitude impacte déjà le secteur des batteries, où plusieurs fabricants chinois ont dû réajuster leurs coûts et suspendre certains devis.

Malgré la pression sur l’offre, les analystes restent prudents. Selon CRU Group, environ 85 000 tonnes de cobalt sont actuellement stockées hors de RDC, soit l’équivalent de six mois de consommation mondiale. Cette réserve pourrait atténuer l’impact à long terme de la suspension et limiter la flambée des prix surtout si la levée de l’interdiction entraîne un afflux massif de cobalt sur le marché. Kinshasa envisage d’ailleurs de nouvelles mesures, notamment l’instauration de quotas d’exportation, afin de prévenir une rechute des prix une fois la suspension levée.

Si la hausse des cours se confirme, son ampleur et sa durée restent incertaines. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer l’efficacité de la stratégie congolaise et son influence sur un marché du cobalt toujours marqué par un excédent structurel.

Emiliano Tossou, Agence Ecofin

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