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Equipe Publication

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Le projet Transforme, financé par la Banque mondiale et destiné à soutenir directement les entreprises afin de renforcer l’écosystème entrepreneurial en République Démocratique du Congo (RDC), s’est engagé à appuyer l’entreprise Salama K.N Group dans le développement de son centre des PME, situé à Bunia, dans la province de l’Ituri. Le coordonnateur national de l’unité de coordination du projet (UCP), Alexis Mangala, et le directeur général de Salama, Célestin Maombi Bahati, ont signé le 24 mars 2025 l’accord officialisant ce partenariat.

Selon Salama, le centre des PME est un espace doté d’infrastructures conçues pour faciliter le développement des petites et moyennes entreprises. Il devrait disposer des installations et équipements de base (électricité, eau potable, espaces de travail, unités de production, parkings), ainsi que des équipements mutualisés, notamment pour la fabrication d’emballages. Il devrait aussi offrir également des services d’accompagnement partagés : accès au financement via des institutions de microfinance ou des banques, gestion comptable et fiscale centralisée, appui en marketing et en ressources humaines. Un guichet unique fiscal y devrait aussi être installé afin de simplifier les démarches administratives des entrepreneurs.

Selon l’accord, le projet Transforme prendra en charge plusieurs dépenses clés, notamment la réhabilitation et l’aménagement du site, l’installation des infrastructures et équipements de base, la réalisation des études nécessaires, ainsi que l’octroi de subventions pour accompagner 40 PME qui s’implanteront dans le centre. Le coût global de cet appui n’a pas été communiqué.

Selon l’UCP Transforme, Salama dispose déjà d’un terrain d’environ trois hectares dans le village de Kisoke, situé dans le territoire d’Irumu, décrit comme « facilement accessible et adapté aux besoins des PME ». D’après Célestin Bahati Maombi, le site comprend déjà un hangar moderne et deux hangars en tôle. Un document interne de l’entreprise, que nous avons pu consulter, indique que le site est connecté au réseau électrique grâce à un transformateur de 500 kVA et dispose de deux puits d’eau, offrant une capacité totale de 160 m³ par jour.

Sur les 50 PME que le centre ambitionne d’accueillir, 11 ont déjà signé des contrats avec Salama. Son directeur général précise que trois d’entre elles sont actuellement opérationnelles sur le site. La première produit des sérums médicaux, avec une capacité de plus de 8 000 bouteilles par jour, la deuxième fabrique de la farine de maïs, et la troisième du savon liquide.

Bunia fait partie du périmètre opérationnel du projet Transforme, qui y a installé une antenne depuis juin 2023. Celle-ci accompagne actuellement des entreprises informelles dans le cadre du programme de formation à la promotion de l’entrepreneuriat (FOPE), destiné à renforcer leurs compétences entrepreneuriales, commerciales, financières et managériales.

Timothée Manoke, stagiaire

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DP World entrusted Mota-Engil, a Portuguese firm, with the project to build the Banana deepwater port in the Democratic Republic of Congo (DRC). DP World announced this in a press release on March 20, 2025.

Several international media outlets reported that Mota-Engil revealed that its subsidiary, Mota-Engil Africa, signed a €230 million ($250 million) agreement for the first phase of development. This phase includes constructing a 600-meter quay with an 18-meter draft capable of handling the world’s largest vessels, a 30-hectare storage area, and an annual capacity of 450,000 TEUs (twenty-foot equivalent units).

Construction has already made progress on some components. Expobéton reported that by June 2023, 88% of the protective breakwater had been completed. This may explain why the current contract value for Mota-Engil’s scope is lower than the initial estimates of $350 million for this phase.

The project is being developed as part of a public-private partnership between DP World and the Congolese government. Under the agreement, initially signed in March 2018 and revised in December 2021, DP World provides financing and technical expertise while the DRC government provides land, supporting infrastructure like the Banana-Matadi road, tax exemptions, and partial funding. The overall cost of the port is estimated at $1.3 billion. The concession agreement between the Emirati firm and the Congolese group is valid for 30 years, extendable to 50 years.

To develop the project, the two partners have set up a joint venture, which DP World controls with a 70% stake. The Congolese government holds the remaining 30%.

A world-class port

Work on the Banana deepwater port project began in 2022 but was significantly delayed before halting in 2024 due to "technical and financial disputes," according to Expobéton. A breakthrough came in September 2024 when Deputy Prime Minister Jean-Pierre Bemba led a meeting that resolved the impasse, allowing construction to resume the following month. However, the current status of the project remains unclear, and the completion of its first phase, originally scheduled for 2025, is still uncertain.

Following the recent signing of a $250 million contract with Mota-Engil for the port's development, DP World Chairman and CEO Sultan Ahmed bin Sulayem reaffirmed his company’s commitment to delivering "world-class infrastructure." He stated, "By partnering with Mota-Engil, we guarantee that this world-class infrastructure will be built to the highest standards, promoting economic growth and creating new opportunities for the Congolese population." Carlos Mota Santos, President of Mota-Engil, highlighted that the agreement "demonstrates the recognition and confidence that one of the world's largest port operators places in Mota-Engil."

Mota-Engil brings extensive experience to the project, including its operations at ports along Lake Malawi and its involvement in Angola’s Lobito rail corridor. However, some observers view the Lobito corridor, which facilitates Congolese mineral exports through Angola, as a potential competitor to Banana Port's future role as a logistics hub.

Strategically vital for the DRC, Banana Port will provide the country with its first direct access to the Atlantic Ocean, reducing reliance on neighboring ports such as Pointe-Noire (Republic of Congo) and Matadi. The port is expected to integrate the DRC into major global shipping routes while boosting trade sovereignty.

This article was initially published in French by Pierre Mukoko and Timothée Manoke (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Le chef de division provinciale des Transports, Voies de communication et Désenclavement de la Tshopo, Jean-Marie Olinda Lituambela, a annoncé avoir informé, lors d’une réunion tenue le 24 mars 2025, le commissaire fluvial, les responsables des régies des voies fluviales, la police fluviale, les forces navales ainsi que le président de l’Association des armateurs de la décision de retirer de la circulation, dans les prochains jours à Kisangani, les embarcations en bois de plus de cinq ans, notamment les baleinières.

« La loi sur la navigation fluviale nous dit que lorsqu’une embarcation a duré plus de cinq ans, il faut la déclasser. Les équipes descendront incessamment sur le terrain pour identifier les embarcations, vérifier leur état technique, déterminer leur nombre réel », a précisé Jean-Marie Olinda Lituambela à l’Agence congolaise de presse. Il a ajouté que les propriétaires des embarcations concernées seront ensuite sensibilisés afin qu’ils puissent en construire de nouvelles.

En l’absence d’un tel remplacement, l’offre de transport fluvial, essentielle aux échanges vers ou depuis Kisangani, pourrait être fortement perturbée. Selon une étude de l’anthropologue Peter Lambertz, publiée en 2023, entre 2018 et 2019, le nombre de ces embarcations dans les ports privés de la ville est passé de 66 à 81, appartenant à 56 puis 69 armateurs différents. Ces bateaux, pouvant atteindre 50 mètres de long, relient Kisangani à des localités telles qu’Isangi, Lokutu, Basoko, Opala, et même Mbandaka. Ils transportent du riz, de l’huile de palme, du poisson, du charbon de bois et d’autres produits de première nécessité, assurant ainsi la sécurité alimentaire de la région. Sans eux, de nombreux marchés périodiques — Yafira, Yanonge, Yangambi, etc. — se retrouveraient isolés, privant les populations rurales de débouchés commerciaux.

Comme le souligne l’étude, les barges métalliques modernes, héritées de l’époque coloniale, sont trop coûteuses et mal adaptées aux besoins locaux. Elles servent principalement au transport de marchandises lourdes vers Kinshasa, avec des trajets limités à deux à quatre voyages par an. En outre, elles interdisent officiellement les passagers, contrairement aux baleinières qui leur réservent un étage supérieur.

Boaz Kabeya, stagiaire

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The insurance market in the Democratic Republic of Congo (DRC) is on track to surpass $1 billion within the next decade. The forecast was made on March 17, 2025, by Alain Kanyinda, Managing Director of the DRC’s insurance watchdog, the ARCA. Kanyinda disclosed the figure on March 17, 2025, in a speech marking the 10th anniversary of the Insurance Code. On the occasion, he noted that with a population of over 100 million, the DRC could potentially grow its market to $5 billion if insurance density increases from less than $1 per capita to $5.

The ARCA plans to leverage several strategies, including stricter regulations, raising public awareness about insurance products, and combating premium evasion. The country has a penetration rate of 0.71% of GDP, underscoring the sector’s untapped potential. 

Digitalization is also identified as a key growth driver. In this regard, Vincent Mwepu, President of the Association des Sociétés d'Assurance et de Réassurance de la RDC (ASAR), emphasized that selling insurance products via mobile phones and other digital tools could extend coverage across rural and underserved areas. However, this approach requires updates to the Insurance Code, with discussions underway to adapt the legal framework.

Since its liberalization in 2015 and full implementation in 2019, the DRC’s insurance sector has experienced remarkable growth. According to the ARCA’s MD,  sales have surged from $70 million in 2019 to over $350 million by 2024, driven by product diversification beyond motor insurance into fire, health, and credit insurance. Today, the market boasts 48 licensed operators, including 10 insurers, 36 brokers, and two pan-African reinsurers.

This article was initially published in French by Ronsard Luabeya (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

Depuis le 1er janvier 2025, toute personne, physique ou morale, reconnue coupable de faire « obstruction » à la transparence et à la traçabilité dans le secteur minier est sanctionnée d’une une amende d’une valeur de 4,3 millions de dollars. L’information, contenue dans la décision n° CAMI/DG/003/2024 du 16 décembre 2024, consultée par Bankable, n’a pas fait l’objet d’une large diffusion auprès du public. Il s’agit de la plus récente directive de la direction générale du Cadastre minier de la République Démocratique du Congo (RDC) sur cette question.

Cet ajustement est prévus par l’article 375 du Code minier de 2018, qui a modifié celui de 2002. Il stipule que les montants des amendes pour violation des règles du secteur, exprimés en monnaie étrangère, « doivent être ajustés annuellement par décision du responsable du Cadastre minier sur avis de la Banque centrale du Congo afin de maintenir constante leur valeur ».

Depuis l’entrée en vigueur du Code minier actuel en 2018, au moins quatre décisions de la direction générale du Cadastre minier ont modifié le montant des amendes. Mais celle du 16 décembre 2024 s’impose comme la plus sévère en matière de sanctions pour « obstruction » à la transparence et à la traçabilité des ressources extractives. Elle multiplie par dix le seuil précédent (2024), qui était de 429 122 dollars. Avant cela, ces amendes avaient déjà atteint les montants de 1,23 million de dollars en 2021 et 1,07 million de dollars en 2022.

L’amende pour « obstruction » à la transparence et à la traçabilité n’est toutefois pas la seule à avoir été modifiée en ce début d’année 2025. Les sanctions relatives à une dizaine d’autres infractions ont également été multipliées par deux, quatre ou dix (voir ci-dessous). Les raisons de ce durcissement ne sont pas mentionnées dans le texte. Mais cette mesure intervient dans un contexte où le gouvernement mène une campagne active contre les rebelles du M23, accusé de piller les ressources de la RDC avec l’appui du Rwanda.

Il sera néanmoins difficile de faire appliquer cette décision dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Depuis janvier, les rebelles du M23 ont lancé une offensive dans ces régions avec le soutien du Rwanda. Ces forces contrôlent aujourd’hui plusieurs zones stratégiques, notamment les mines de Rubaya ainsi que les villes de Goma et Bukavu. Mais l’inauguration récente d’un bâtiment du Cadastre minier dans le Katanga, autre zone minière du pays, peut être perçue comme un signe de la volonté de l’administration minière de se rapprocher des acteurs du secteur et de veiller au respect des règles par les opérateurs.

Liste actualisée des amendes pour violation des règles dans le secteur minier en RDC

(Décision CAMI/DG/003/2024 – en vigueur depuis le 1er janvier 2025)

  • Obstruction à la transparence et à la traçabilité dans l’industrie minière : 4 291 222,57 USD (contre 429 122,24 USD auparavant)
  • Fraude et pillage des ressources minérales naturelles :2 145 611,26 USD (contre 1 072 805,65 USD)
  • Activités illicites :1 072 805,65 USD (contre 42 912,25 USD)
  • Achat et vente illicites de substances minérales : 128 736,67 USD (contre 42 912,25 USD)
  • Vol et recel de substances minérales : 85 824,43 USD (contre 21 456,11 USD)
  • Détournement de substances minérales : 85 824,43 USD (contre 21 456,11 USD)
  • Possession illicite de substances minérales : 85 824,43 USD (contre 8 582,43 USD)
  • Transport illicite de substances minérales : 85 824,43 USD (contre 8 582,43 USD)
  • Facilitation du détournement de substances minérales : 42 912,25 USD (contre 21 456,11 USD)
  • Violations des droits humains : 42 912,25 USD (nouvelle infraction)
  • Violation des règlements d’hygiène et de sécurité : 42 912,25 USD (contre 21 456,11 USD)
  • Destruction, dégradation ou dommages frauduleux/malveillants : 42 912,25 USD (contre 21 456,11 USD)
  • Entrave aux activités de l’Administration des Mines : 42 912,25 USD (contre 8 582,43 USD)
  • Infraction aux arrêtés ministériels ou du Gouverneur de province : 42 912,25 USD (contre 4 291,24 USD)
  • Insultes ou violences envers les agents de l’Administration des Mines : 21 456,11 USD (contre 4 291,24 USD)
  • Refus de communiquer un changement d’adresse : 21 456,11 USD (nouvelle infraction)
  • Corruption d’agents du service public : 4 291,24 USD (nouvelle infraction)

 

Georges Auréole Bamba

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Augustin Kibassa Maliba, the Democratic Republic of Congo’s (DRC) Minister of Telecommunications, met with Starlink representatives a week ago. With the representatives, Maliba explored opportunities for expanding internet connectivity in the DRC. The meeting occurred in Washington, on March 18, 2025, a year after the DRC’s telecom regulator banned Starlink from operating in Congolese airspace. At the time, the watchdog had warned that “any connection, sale or use of this equipment is considered a violation of the laws in force and exposes offenders to sanctions”.

Last week’s meeting focused on deploying Starlink’s satellite technology to address the country’s vast connectivity gaps. Nearly 70% of the DRC’s population remains offline, particularly in rural areas. According to a press release from the ministry, Kibassa Maliba emphasized the government’s commitment to strengthening digital infrastructure and extending broadband access to schools, health centers, and remote communities. He also underscored the importance of this collaboration for both digital development and national security.

Starlink, a subsidiary of Elon Musk’s SpaceX, showcased its expertise in satellite-based internet services, highlighting its successes across Africa. The company specializes in providing high-speed broadband in regions where traditional infrastructure such as fiber optics and mobile networks is either limited or nonexistent.

After the recent meeting, both sides agreed to take administrative steps to advance the partnership, including drafting specifications and obtaining operating licenses. A pilot project is expected to launch soon to evaluate the technical feasibility and social impact of Starlink’s services in the DRC.

This article was initially published in French by Ronsard Luabeya (intern)

Edited in English by Ola Schad Akinocho

KoBold Metals seeks to acquire part of the Manono lithium project in the Democratic Republic of Congo (DRC). According to multiple sources, in January 2025, KoBold sent a proposal to President Félix Tshisekedi’s chief of staff. The company, which uses artificial intelligence for mining exploration, is financed by Bezos and Gates.

Since 2023, AVZ has been challenging the DRC’s decision to revoke its rights to Manono and divide the permit. The government awarded part of the deposit to China's Zijin Mining. Recently, the International Chamber of Commerce (ICC) ordered Cominière to pay €39.1 million in penalties for failing to comply with injunctions but did not resolve ownership disputes.

KoBold has reportedly proposed a compromise: AVZ would receive compensation for dropping its claims, Zijin would retain control of the northern section of Manono, and KoBold would develop the southern portion. The U.S. company also suggested that minority shares be held directly by the Congolese state rather than Cominière.

None of the involved parties AVZ, Zijin Mining, or Cominière has officially commented on KoBold’s offer. Meanwhile, Suzhou CATH Energy Technologies, AVZ's Chinese partner, has provided a $20 million credit facility to support AVZ in its legal fight in January 2025.

On March 14, AVZ confirmed efforts to secure U.S. support for developing Manono but declined to disclose details about discussions or potential partners.

KoBold’s move reflects broader geopolitical stakes. Reports suggest that 

Washington and Kinshasa are discussing a minerals-for-military-support deal. The U.S. aims to secure access to critical minerals like lithium while assisting the DRC in fighting rebel forces in Kivu.

KoBold is no stranger to Africa’s mining sector. The company uses artificial intelligence to search for metals that are critical to the energy transition. In 2022, it gained attention by investing in a Zambian copper deposit. CEO Kurt House has called the DRC “the best place in the world” for sourcing materials essential to energy transition technologies.

Emiliano Tossou

Dans un communiqué publié ce 24 mars 2025, l’Angola a annoncé son retrait des efforts de médiation pour la paix en République démocratique du Congo (RDC). Selon les autorités angolaises, cette décision est motivée par la nécessité pour le président Joao Lourenço (photo), également président en exercice de l’Union africaine, de « se dédier de manière pleine aux priorités générales définies par l’organisation continentale ».

Faisant le bilan des négociations menées sous son égide, Luanda affirme avoir tenté à plusieurs reprises de réunir les différentes parties autour de la table des discussions, sans parvenir à un accord. « L’Angola a toujours cru qu’il devrait y avoir, parallèlement à ce processus, des négociations directes entre le gouvernement de la RDC et le M23. À cet égard, il y a travaillé et a pu obtenir le consentement des deux parties pour que la première ronde de ces négociations eût lieu à Luanda le 18 mars de l’année en cours, action nouvellement avortée in extremis par un ensemble de facteurs, dont certains externes et étrangers aux processus africains déjà en cours », précise le communiqué.

Luanda a également indiqué que le nouveau médiateur serait désigné après des consultations avec la Commission de l’Union africaine.

Cette annonce intervient moins d’une semaine après la rencontre surprise entre le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame. Le Rwanda est accusé de soutenir les rebelles du M23. Interrogé par la presse angolaise, le chef de la diplomatie de Luanda, Téte António, a exprimé son étonnement, estimant que tous les efforts pour résoudre les conflits sont les bienvenus, mais que les problèmes africains doivent trouver une solution africaine.

 

 

« Toutes les actions liées aux efforts des Nations unies, des autres organisations internationales et des pays de bonne volonté, qui peuvent contribuer à la résolution des différents conflits qui perdurent dans notre continent, […] nous sont les bienvenues aussi longtemps qu’elles soient dûment concertées avec les médiateurs désignés aux processus, le Conseil de paix et de sécurité, ainsi qu’avec le président de la Commission de l’Union africaine », ajoute aujourd’hui la présidence angolaise.

De nombreux internautes ont critiqué le choix d’un médiateur non africain pour tenter de résoudre la crise, d’autant plus que les pourparlers prévus entre Kinshasa et le M23 en Angola, le même jour, n’avaient finalement pas eu lieu. Ce nouvel échec s’inscrit dans une série de tentatives infructueuses de Luanda pour réunir les principaux protagonistes du conflit.

Depuis janvier, les rebelles du M23 ont lancé une offensive à l’est de la RDC avec le soutien du Rwanda. Ces forces contrôlent aujourd’hui plusieurs zones stratégiques comme les villes de Goma et Bukavu. Des initiatives tant régionales qu’internationales peinent à mettre fin au conflit.

Ce lundi, les autorités de Kinshasa ont entamé des consultations en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Reste à savoir si celui-ci inclura ou non des représentants du M23, alors qu’avant la rencontre avortée du 18 mars, Félix Tshisekedi avait toujours exclu toute négociation avec ce groupe armé.

Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin 

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Le 21 mars 2025, à l’occasion de l’ouverture du nouveau bureau de DRC Gold Trading SA dans la province du Maniema, son directeur de siège, Amisi Mudjanahery, a tenu à rassurer les coopératives minières, négociants et acheteurs agréés auprès desquels l’entreprise s’approvisionne, sur sa capacité à acheter l’intégralité de l’or produit de manière artisanale dans la région, grâce à un partenariat avec Rawbank.

« L’entreprise est là pour collecter tout l’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle. Cet or doit être tracé. Avec la Rawbank, la DRC Gold Trading SA voudrait rassurer tous ces fournisseurs qu’elle achètera cash tout l’or qui lui sera fourni », a déclaré Amisi Mudjanahery.

Ce dernier ne s’est cependant pas étendu sur les termes de ce partenariat avec la première banque du pays. Il reste donc difficile de savoir comment Rawbank compte accompagner DRC Gold Trading SA, seule entreprise habilitée à exporter l’or issu de l’exploitation artisanale en République Démocratique du Congo (RDC).

En 2024, DRC Gold Trading envisageait d’exporter au moins 12 tonnes d’or, mais n’en a finalement expédié que 1,75 tonne. En plus de l’arrêt d’activité sur une partie de l’année, des expertes du secteur estiment que cette contreperformance est également liée au déficit de compétitivité des prix proposés par l’entreprise publique, face à des offres plus élevées disponibles sur le marché noir. À cela s’ajoute la réglementation bancaire, qui limite les transactions quotidiennes en espèces.

Malgré ce contexte, le président provincial de la corporation des négociants d’or du Maniema s’est montré optimiste. David Kikuni veut croire que l’ouverture d’un comptoir d’achat de DRC Gold Trading dans la province mettra fin à l’exode de la production aurifère, renforçant ainsi la traçabilité et la gouvernance du secteur.

Contrairement à d’autres provinces minières du pays, le volume de production artisanale d’or dans cette région reste difficile à suivre. Selon les statistiques partielles de la Cellule technique de coordination et de planification minière, la production artisanale d’or au premier trimestre 2024 s’élevait à 5,77 kg. Toutefois, le rapport annuel 2024 ne mentionne pas le Maniema. À titre de comparaison, la province avait produit 9,87 kg d’or artisanal au premier semestre 2022, soit 10,18 % de la production nationale pour cette période.

Ronsard Luabeya, stagiaire

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Les consultations politiques en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale débutent ce lundi 24 mars 2025 en République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite dans un communiqué signé le 22 mars 2025 par Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité.

Selon les autorités, ces discussions visent à rassembler les forces politiques et sociales autour des principes d’unité nationale, de souveraineté et de respect de la Constitution. L’objectif est d’instaurer une gouvernance inclusive afin de répondre aux défis politiques et sécuritaires, notamment dans l’est du pays.

Quatre catégories d’acteurs sociopolitiques sont conviées à ces échanges : la majorité parlementaire réunie au sein de l’Union sacrée de la Nation, les partis et regroupements politiques de l’opposition, qu’ils soient parlementaires ou non, la société civile dans toute sa diversité, incluant les confessions religieuses, ainsi que diverses personnalités, notamment les anciens présidents des institutions et les anciens candidats à la présidence de la République.

Le format de ces consultations n’a pas été dévoilé. On sait seulement qu’elles se tiendront pendant deux semaines. Le directeur de cabinet du conseiller spécial, Espoir Masamanki, a par ailleurs précisé que la participation à ces consultations est conditionnée par le respect strict de la Constitution, de l’intangibilité des frontières nationales et de l’unité nationale. « Ces principes constituent des conditions préalables incontournables. Aucune participation ne sera envisagée sans adhésion à ces valeurs », a-t-il affirmé.

Ce processus s’inscrit dans la continuité du discours du président Félix Tshisekedi, prononcé le samedi 22 février devant les membres de l’Union sacrée de la Nation, la coalition parlementaire qui dirige le Parlement de la RDC, où il a appelé à dépasser les divisions internes pour mieux faire face aux menaces extérieures.

Depuis janvier, les rebelles du M23 ont lancé une offensive à l’est de la RDC avec le soutien du Rwanda. Ces forces contrôlent aujourd’hui plusieurs zones stratégiques comme les villes de Goma et Bukavu. Des initiatives tant régionales qu’internationales peinent à mettre fin au conflit.

De ce fait, la RDC pourrait faire face à une accentuation du ralentissement de sa croissance en 2025. Avant la dégradation de la situation sécuritaire, le PIB réel pour l’année était déjà projeté en baisse à 5,4 % par le Fonds monétaire international (FMI), contre une estimation de 6 % (ou 7,9 % selon la Banque centrale du Congo) en 2024.

Si la formation d’un gouvernement d’union nationale est perçue par les autorités comme une opportunité pour améliorer la sécurité et diversifier l’économie, certains s’interrogent sur ses réelles intentions. Des critiques pointent le risque d’une manœuvre politique visant davantage à consolider le pouvoir en place qu’à résoudre les problèmes structurels du pays.

Charlène N’dimon, Agence Ecofin

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