À Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï Oriental, les robinets sont à sec depuis plus d’un mois. Interrogé par la radio Top Congo, le directeur provincial de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), Didier Claude Mbudi, attribue cette situation à la crise énergétique qui paralyse les activités de l’entreprise publique.
Selon Didier Claude Mbudi, la REGIDESO dispose d’infrastructures capables de produire et de distribuer suffisamment d’eau pour répondre aux besoins de la population. Mais l’absence d’un approvisionnement électrique stable et suffisant empêche leur fonctionnement optimal. Il précise que l’entreprise a besoin d’au moins 4 MW d’énergie pour faire tourner ses installations.
Actuellement, la REGIDESO s’appuie sur des groupes thermiques, mais ceux-ci sont jugés instables. Les variations brutales de tension endommagent régulièrement les équipements, aggravant les difficultés d’approvisionnement.
En janvier 2025, une mission technique de 14 jours, dirigée par l’ingénieur Henri Kazadi, s’était rendue à Mbuji-Mayi pour compléter les études de faisabilité d’une nouvelle centrale hybride destinée à la REGIDESO. Cette mission visait à collecter les données techniques nécessaires à la concrétisation du projet, qui prolonge un premier volet ayant déjà permis d’alimenter une partie de la ville.
L’infrastructure envisagée doit permettre d’approvisionner les quartiers périphériques, notamment Tshibombo village. Elle prévoit une capacité initiale de 5,2 MW, extensible à 10 voire 12 MW, un système de stockage de 3,9 MWh, ainsi que des groupes électrogènes de secours d’une puissance de 2 MW.
Le gouverneur Jean-Paul Mbwebwa Kapo a affirmé son soutien à ce projet structurant, soulignant son importance pour le développement socio-économique de Mbuji-Mayi, et s’est engagé à accompagner toutes les étapes de sa mise en œuvre.
Boaz Kabeya, stagiaire
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Lors du Conseil des ministres tenu le 11 avril 2025, le gouvernement congolais a adopté un projet de décret portant régime d’attribution des droits pétroliers à la Société nationale des hydrocarbures du Congo (Sonahydroc). Le texte définit les modalités d’attribution directe de ces droits à la société publique, ainsi que le régime juridique et fiscal applicable, dans le respect de la loi du 1er août 2015 régissant le secteur des hydrocarbures.
Ce projet de décret s’inscrit dans le cadre de la nouvelle stratégie de la République démocratique du Congo (RDC) visant à relancer les travaux d’exploration et à dynamiser la production pétrolière. L’objectif affiché est de mieux valoriser le domaine pétrolier national.
Selon le compte rendu du Conseil des ministres, cette stratégie prévoit, « dans l’immédiat », l’attribution à la Sonahydroc des droits pétroliers pour les blocs 1 et 2 du Graben Albertine. Cette attribution se fera sur la base d’un contrat de services.
Le contrat de services est présenté comme plus avantageux qu’un contrat de partage de production. Il offre un régime fiscal plus attrayant et permet d’éviter le versement d’un bonus à la signature.
Par cette démarche, les autorités congolaises espèrent attirer de nouveaux investisseurs étrangers dans le secteur pétrolier. Une fois les droits acquis, la Sonahydroc aura pour mission de valoriser ces blocs, en s’associant à des entreprises locales et internationales.
Depuis juillet 2022, la RDC cherche des partenaires pour exploiter 27 blocs pétroliers. Après un appel d’offres annulé en octobre 2024, le ministre des Hydrocarbures avait annoncé, un mois plus tard, la relance du processus d’attribution des blocs pour le premier trimestre 2025. Aimé Molendo Sakombi précisait cependant que le pays privilégierait désormais les « appels d’offres restreints pour certains blocs stratégiques ».
Mais c’est une tout autre stratégie qui semble mise en œuvre. Selon le compte rendu du Conseil des ministres du 11 avril, cette nouvelle orientation s’inscrit dans le cadre de la lettre de mission de la Première ministre, qui préconise une meilleure organisation de l’attribution des blocs pétroliers et un renforcement du rôle de l’État dans la chaîne de valeur.
Selon la présidence congolaise, les réserves pétrolières réparties sur les 27 blocs explorables du pays seraient estimées à 22 milliards de barils. D’autres sources, plus prudentes, ramènent cette estimation à environ 5 milliards de barils. De son côté, le CIA World Factbook, publication relevant du principal service de renseignement des États-Unis, évalue les réserves prouvées à seulement 180 millions de barils.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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The Council of Trade Ministers for the African Continental Free Trade Area (AfCFTA) convenes its 16th meeting today, April 15, in Kinshasa. This summit comes at a critical moment for African economic integration as global trade turbulence intensifies.
World trade is under strain, amid an escalating US-China trade war, sparked by President Donald Trump’s recent move to slap 145% tariffs on Chinese imports. Beijing swiftly retaliated, imposing 125% tariffs on American goods. The tit-for-tat is disrupting supply chains and rattling financial markets, with US-China trade volume already dropping.
China, having anticipated possible decoupling from the US for years, now faces immediate pain. According to French media Le Monde, Chinese exporters are already feeling the squeeze; major ports like Shanghai report shrinking shipments to the US. Even with Trump’s temporary exemptions for some electronics, the situation remains volatile. As growth in China slows to around 5% in 2025, the country is being forced to rethink its export and trade strategies.
Africa Caught in the Crossfire
The conflict between the US and China threatens Africa’s economic stability, since the two behemoths are the continent’s two biggest trading partners.
China has been Africa’s top trading partner for more than a decade. Now, with Beijing under mounting pressure from Washington and Brussels, Africa faces new threats: falling demand from China for African raw materials, disruptions to the supply chains that keep its factories running, and greater volatility in commodity prices—all of which hit export revenues hard.
There’s also the growing danger of Africa becoming an “economic proxy battlefield” for global powers, especially over critical minerals.
China’s move to cut back on US soybean imports shows just how quickly commodity markets can shift. If the trade conflict heats up, African exports could face similar jolts, threatening the continent’s already fragile economic balance.
AfCFTA: Africa’s Strategic Shield
In these uncertain times, the African Continental Free Trade Area (AfCFTA) is more than just a trade pact—it’s a strategic shield for the continent. Speeding up its implementation is crucial.
First, the AfCFTA can break Africa’s dependence on outside players. Intra-African trade is just 15% today. Raising this number would help cushion the continent from global shocks and supply chain chaos.
Second, deeper integration makes Africa far more attractive to global investors. With 1.3 billion people and a combined GDP above $3 trillion, the AfCFTA gives investors access to a vibrant, continent-wide market. When companies know that investing in one African country opens the door to the entire continent, Africa becomes a much stronger proposition compared to other emerging markets.
Finally, the AfCFTA would bolster Africa’s voice in the economic and diplomatic spheres, enabling African countries to demand fairer deals from giants like China, the EU, and the US. Alone, they get pushed around. United, they hold real negotiating power.
AfDB’s Unit of Account: A Tool for African Financial Independence
Beyond trade, monetary reform is key to Africa’s resilience. In this regard, the African Development Bank (AfDB) has proposed a new African Unit of Account (AUA), a bold step toward financial autonomy.
Modeled on the gold standard, the AUA would be backed by Africa’s rich reserves of critical minerals—cobalt, lithium, manganese—which make up 30% of the world’s supply and have surged over 600% in value from 2004 to 2024.
This unit could cut Africa’s reliance on the US dollar, shielding economies from exchange rate swings. It could also lower infrastructure financing costs by 30 to 40%, stabilize intra-African trade, and transform natural resources into financial leverage instead of just exporting them.
With 70% of African debt tied to foreign currencies like the dollar and euro, the AUA could protect the continent from currency shocks, especially as global trade tensions escalate.
Time to Act
Africa can’t afford to wait. The US-China trade war isn’t a passing storm—it signals a deep shift in the global economic order. In this new reality, fast-tracking the African Continental Free Trade Area (AfCFTA) is critical.
Three priorities stand out: enabling the free movement of people, harmonizing trade standards, and investing heavily in transport corridors and digital infrastructure to connect Africa’s economic hubs.
The AfCFTA isn’t just another trade deal—it’s Africa’s economic project of the century, a blueprint for a new economic civilization. As global power dynamics shift, Africa must stop playing on the sidelines and emerge as an independent, influential force.
This article was initially published in French by Idriss Linge (Ecofin Agency)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
L’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un régime de préférences commerciales accordé par les États-Unis aux pays d’Afrique subsaharienne depuis mai 2000, sera au centre des discussions lors de la 16e réunion du Conseil des ministres du Commerce des pays membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui se tient ce 15 avril 2025 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
« L'AGOA doit expirer en septembre, et les ministres du Commerce du continent se réuniront le mardi 15 avril en République démocratique du Congo pour discuter d'une solution collective », a annoncé le ministre sud-africain du Commerce, Parks Tau, le jeudi 10 avril sur les ondes de Radio 702.
Selon lui, des discussions entre les pays africains et les États-Unis sont prévues en juin ou en juillet autour de ce pacte commercial, qui garantit un accès en franchise de droits de douane au marché américain. Parks Tau estime toutefois qu’il « sera difficile de sauver le programme de préférences commerciales » après la récente annonce de nouvelles mesures tarifaires par l’administration Trump.
Le président américain Donald Trump a en effet décidé, le mercredi 2 avril, d’imposer des droits de douane allant de 10 % à 50 % à l’encontre de 51 pays africains. Il a toutefois annoncé, une semaine plus tard, la suspension pour 90 jours de ces surtaxes mondiales dites « réciproques », tout en maintenant un taux minimum uniforme de 10 %.
Même le maintien d’un tarif douanier minimal de 10 % sur les importations américaines en provenance des pays d’Afrique subsaharienne signifierait la fin de l’AGOA. Ce dispositif permettait jusque-là aux pays éligibles d’exporter près de 1800 produits vers les États-Unis sans acquitter de droits de douane.
Depuis sa mise en place en 2000, Washington actualise chaque année la liste des pays bénéficiaires en fonction de critères comme l’engagement en faveur de l’économie de marché, le respect de l’État de droit ou les politiques de lutte contre la pauvreté. L’évolution démocratique des États concernés fait également partie des paramètres pris en compte.
Durant le mandat de Joe Biden, un groupe bipartisan de sénateurs a présenté au Sénat une proposition de loi visant à proroger l’AGOA jusqu’en 2041. Mais de fortes incertitudes subsistent quant à la reconduction de ce programme, qui avait pourtant survécu à la première administration Trump malgré une rhétorique protectionniste similaire à celle qui prévaut aujourd’hui à Washington.
Walid Kéfi, Agence Ecofin
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Le conseil des ministres du Commerce des pays membres de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) tient sa 16e réunion ce mardi 15 avril à Kinshasa. Cette réunion se tient au moment où cette zone mérite une vive attention des dirigeants africains. Face à la nouvelle crise mondiale qui s’annonce avec la guerre commerciale déclenchée par l’administration américaine dirigée par Donald Trump, banques centrales et responsables des politiques économiques africaines doivent rapidement accélérer l’intégration du continent.
Des turbulences s’intensifient sur le commerce mondial. Le monde assiste à une situation sans précédent de perturbations dans le commerce mondial, avec une confrontation entre les États-Unis et le reste du monde, en particulier la Chine. Le président américain Donald Trump a récemment imposé des droits de douane prohibitifs de 145 % sur les importations chinoises, provoquant une riposte immédiate de Pékin qui a répliqué avec des taxes de 125 % sur les produits américains. Cette surenchère a déjà commencé à perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales et à ébranler les marchés financiers. Les échanges entre la Chine et les États-Unis commencent à plonger.
Si le pays asiatique se prépare depuis des années au découplage avec l’économie américaine, ses exportateurs en souffrent déjà, lisait-on récemment dans un article publié par le journal français Le Monde. Bien que Trump ait accordé des exemptions pour certains produits électroniques, cette accalmie reste fragile et temporaire. Les ports chinois comme Shanghai, premier port mondial, constatent déjà une réduction notable des cargaisons à destination des États-Unis. La Chine, dont la croissance ralentit déjà à environ 5 % en 2025, se trouve contrainte de repenser ses stratégies d’exportation et son positionnement commercial mondial.
L’Afrique prise entre deux feux
Pour l’Afrique, cette confrontation entre ses deux principaux partenaires commerciaux présente des risques considérables. La Chine, premier partenaire commercial du continent depuis plus d’une décennie, voit son modèle économique remis en question et fait face à des pressions combinées des États-Unis et de l’Europe. Cette situation menace directement l’écosystème commercial africain pour plusieurs raisons : un ralentissement probable de la demande pour les matières premières africaines par la Chine qui en est le plus gros client et un des partenaires de poids à la production, la perturbation des chaînes d’approvisionnement dont dépendent les économies africaines, la volatilité accrue des prix des matières premières, affectant les recettes d’exportation et un risque de devenir un terrain de « guerre économique par procuration » entre puissances (ce qui se voit déjà avec les minerais critiques).
La récente annonce de la Chine de réduire ses importations de soja américain illustre la volatilité des marchés des matières premières. Un phénomène similaire pourrait affecter les exportations africaines si le conflit s’intensifie, mettant en péril les équilibres économiques fragiles du continent.
La Zlecaf : un bouclier stratégique indispensable
Face à ces incertitudes, la Zone de libre-échange continentale africaine représente bien plus qu’un simple accord commercial — elle constitue un véritable rempart protecteur pour les économies africaines. Les avantages de son accélération sont multiples et cruciaux dans le contexte actuel : Elle possède la capacité de réduire la dépendance excessive aux partenaires extérieurs. En développant les échanges intra-africains au-delà des 15 % actuels, le continent pourrait amortir les chocs provenant des turbulences commerciales mondiales.
Aussi, l’intégration continentale rehausserait l’attractivité de l’Afrique pour les investisseurs internationaux. Avec 1,3 milliard de consommateurs potentiels et un PIB combiné dépassant 3000 milliards de dollars, la Zlecaf offre une alternative aux marchés devenus incertains à cause des tensions commerciales. Un investisseur qui sait qu’en s’implantant dans un pays africain, il accède à tout le continent y réfléchira à deux fois avant de privilégier d’autres marchés émergents.
Enfin, la Zlecaf permettrait d’équilibrer les négociations avec les grandes puissances. En parlant d’une seule voix dans les forums commerciaux internationaux, l’Afrique gagnerait en poids diplomatique et économique. Divisés, les pays africains sont facilement ballottés entre la Chine, l’UE et les États-Unis. Unis, ils peuvent exiger des partenariats plus équitables.
L’unité de compte de la BAD : un outil monétaire pour l’autonomie africaine
Au-delà de l’intégration commerciale, la question monétaire est cruciale pour renforcer la résilience africaine. Une initiative récente mérite l’attention : la création d’une unité de compte africaine, baptisée African Units of Account (AUA), proposée par la Banque africaine de Développement (BAD). Ce mécanisme inédit s’inspire de l’étalon-or, mais serait adossé aux vastes réserves de minerais critiques dont dispose l’Afrique — cobalt, lithium, manganèse — qui représentent 30 % des réserves mondiales et dont la valeur a progressé de plus de 600 % entre 2004 et 2024.
Cette unité de compte permettrait de réduire la dépendance excessive au dollar qui expose les économies africaines aux fluctuations des taux de change, diminuer de 30 à 40 % le coût du capital pour les projets d’infrastructures africains, créer un instrument africain de réserve capable de stabiliser les échanges commerciaux intra-africains et transformer les ressources naturelles africaines en levier financier plutôt qu’en simple produit d’exportation
Alors que 70 % des dettes publiques et privées africaines sont libellées en devises fortes (dollar, euro), cette initiative pourrait protéger les économies africaines des turbulences monétaires internationales que la guerre commerciale ne manquera pas d’amplifier.
L’urgence d’agir
L’Afrique ne peut plus se permettre d’attendre. La guerre commerciale entre grandes puissances n’est pas un phénomène passager, mais le symptôme d’une reconfiguration profonde de l’ordre économique mondial. Dans ce contexte, accélérer la mise en œuvre effective de la Zlecaf est devenu impératif. Les efforts doivent se concentrer sur trois priorités immédiates : Rendre la libre circulation des personnes effective, harmoniser les normes et standards pour faciliter le commerce et investir massivement dans les corridors de transport et les infrastructures digitales qui relieront nos capitales économiques.
La Zlecaf n’est pas qu’un accord commercial, c’est le projet économique du siècle pour l’Afrique, un projet de civilisation économique nouvelle. Dans un monde où les cartes sont rebattues par la rivalité entre grandes puissances, l’Afrique ne doit plus être un simple terrain de jeu, mais devenir un acteur autonome et influent.
Idriss Linge, Agence Ecofin
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Exportations vers les États-Unis : la RDC avantagée par les décisions de Trump
Jean-Jacques Purusi Sadiki, Governor of South Kivu, revealed that at least 1,600 companies are illegally mining resources in eastern Democratic Republic of Congo (DRC). He made this statement before the French National Assembly's Foreign Affairs Committee on April 2, 2025, during a hearing on the region's security and economic situation.
Upon taking office in June 2024, Sadiki initiated a mining sector overhaul. A month later, he issued an order suspending mining activities to identify companies operating illegally. "We expected 400 companies, but 1,600 showed up—some having operated for 8 to 10 years without permits, taxes, or registration," he said.
These companies, mostly Chinese-owned, are part of a broader network illicitly exploiting gold, coltan, cassiterite, copper, and diamonds. Sadiki and UN experts believe this network benefits Rwanda, which acts as a gateway for multinationals due to its superior infrastructure and supply chain. This allows them to bypass the DRC's disorganized market to access its minerals through the neighboring country.
Economic War
Governor Sadiki alleged that 750,000 kg of gold are smuggled out every six months for refining in Rwanda, "which has set up refineries right on the border." The EU sanctioned Rwanda's Gasabo Gold Refinery on March 17, 2025, for processing illegally mined gold from the DRC, though Kigali denies involvement without providing mineral origin proof.
The official added that most of this illicit gold is exported to the Middle East—67% goes to Dubai, UAE, and Saudi Arabia—while less than 2% reaches Europe. The rest heads to China.
Purusi Sadiki argues that the conflict in eastern DRC is economically driven, with Rwanda seeking land control, commercial dominance, and mineral monopolization. He notes that “M23 rebels, backed by Rwanda, align their progress with mining site locations.”
Rwanda countered, stating it only took defensive actions to “protect its sovereignty and territorial integrity” against the Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR), which it sees as an “existential threat” following their refuge in the DRC since the 1994 genocide.
Internal Struggles
To address ongoing tensions, Governor Jean-Jacques Purusi Sadiki advocates for a "mining for peace, security, and development" deal. This would involve integrating more European and American companies into the DRC's mineral exploitation, hoping their presence could deter armed groups and stabilize the region.
President Félix-Antoine Tshisekedi and Sadiki both believe that Western interests can help restore order. Currently, Kinshasa is negotiating a mineral agreement with Washington.
However, the governor's early tenure in South Kivu highlights the DRC's internal challenges. Corruption and an overly complex tax system—featuring over 1,400 taxes, including 147 deemed unnecessary—pose significant obstacles. Despite these hurdles, Sadiki claims to have boosted the province's mining revenues from $500,000 to $1.75 million after just one month of reforms.
This article was initially published in French by Georges Auréole Bamba
Edited in English by Ola Schad Akinocho
A cause de la guerre, 4,5 % des recettes fiscales échappent actuellement au contrôle de l’État, a indiqué le ministre des Finances, Doudou Fwamba, lors d’une rencontre avec la presse, le 9 avril 2025 à Kinshasa. Selon une évaluation faite par le Fonds monétaire international (FMI), le manque à gagner sur l’année approche les 400 millions de dollars, soit moins de 1% du PIB.
Depuis janvier 2025, les tensions se sont intensifiées dans l’est de la République démocratique du Congo. Plusieurs localités stratégiques, dont Goma, Bukavu, Masisi, Minova ou encore Walikale, sont passées sous le contrôle des rebelles du M23/AFC. Cette occupation perturbe le fonctionnement de l’administration publique et freine l’activité économique dans la région.
L’aggravation du conflit à l’est de la RDC, où plusieurs villes sont passées sous le contrôle du groupe armé M23, a des conséquences directes sur la mobilisation des recettes publiques. Le 9 avril 2025, lors d’une rencontre avec la presse à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a estimé que la perte de contrôle territorial devrait priver l’État d’environ 4,5 % des ressources recette, soit un manque à gagner évalué à 380 millions de dollars.
La loi de finances 2025 identifie d’ailleurs la persistance de l’insécurité dans l’est du pays comme « l’un des risques majeurs pesant sur les finances publiques ». Cette situation menace non seulement l’équilibre budgétaire, mais aussi la capacité de l’État à financer les politiques publiques, tout en fragilisant la stabilité économique.
Outre la baisse des recettes, les dépenses militaires en hausse pourraient accentuer les pressions budgétaires. Alors qu’elle n’était pas prévue dans le budget initial, la décision de doubler le salaire des militaires et des policiers depuis mars 2025 a nécessité des ajustements. Le gouvernement a dû renoncer à certaines dépenses, dont les détails ne sont pas encore communiqués.
Boaz Kabeya, stagiaire
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The DRC plans to phase out customs duties on 6,230 products from African member countries by 2031, exempting only 209 items. Foreign Trade Minister Julien Paluku announced this on April 3 after a meeting on implementing the African Continental Free Trade Area (AfCFTA). Prime Minister Judith Suminwa chaired the meeting.
Paluku noted that the lists of products, drawn in collaboration with the private sector, have been relayed to AfCFTA’s secretary general. However, the lists remain undisclosed, leaving the specifics unclear.
Paluku stressed that to fully benefit from the AfCFTA, compliance with rules of origin is critical—70% of a product's components must be from member countries. The Congolese authorities also view special economic zones (ZES) as crucial for leveraging the AfCFTA, as these zones have been designed to foster industrialization and diversification and bolster intra-African trade.
Despite these plans, the Foreign Trade Minister highlighted significant structural challenges in the DRC. He stressed notably the need to develop key infrastructure, including roads, railroads, and hydroelectric power plants, all essential for enhancing competitiveness in the African market.
This article was initially published in French by Ronsard Luabeya (intern)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
En visite officielle à Dubaï (Émirats arabes unis), la Première ministre congolaise, Judith Suminwa Tuluka, a rencontré les dirigeants de DP World. Ces derniers lui ont indiqué que l’achèvement de la première phase du port en eau profonde de Banana, initialement prévu pour 2025, pourrait désormais intervenir en 2026.
« Et ils m’ont promis que si tout va bien, on pourra avoir les premiers navires dès l’année prochaine 2026. Nous allons travailler ensemble pour assurer que cela puisse se faire de manière correcte », a déclaré Judith Suminwa.
À l’occasion de cette rencontre, la cheffe du gouvernement a réaffirmé la volonté de l’exécutif congolais de garantir la bonne exécution des travaux. « Ce qui était important, c’est de montrer que la RDC et le président de la République, à travers le gouvernement, sont véritablement engagés à faire aboutir ce projet », a-t-elle ajouté.
Les travaux, lancés en 2022, ont connu plusieurs interruptions, notamment en 2024, « en raison de différends techniques et financiers ». Une réunion tenue en septembre de la même année, sous la direction du vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba, a permis de débloquer la situation. La reprise des travaux a été annoncée pour le mois suivant.
En mars dernier, DP World a confié à l’entreprise portugaise Mota-Engil la réalisation de la première phase du projet. Le contrat, d’un montant de 250 millions de dollars, prévoit la construction d’un quai de 600 mètres, l’aménagement d’une zone de stockage de 30 hectares, ainsi que l’installation d’équipements modernes permettant de traiter jusqu’à 450 000 conteneurs par an.
Situé dans la province du Kongo-Central, le port en eau profonde de Banana doit permettre à la RDC de se connecter directement à l’océan Atlantique et disposer d’un terminal capable d’accueillir de grands navires sans passer par les ports des pays voisins.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Depuis le 26 mars 2025, les rebelles du M23/AFC ont pris le contrôle de la branche du Nord-Kivu de la Caisse générale d’épargne du Congo (CADECO), située à Goma. Confrontés à une pénurie de liquidités provoquée par la fermeture de toutes les institutions bancaires et de microfinances dans les zones sous leur contrôle, les rebelles tentent de mettre en place un système financier parallèle en relançant les activités de cette institution financière publique.
Le 12 février 2025, les représentants des banques ont informé la rébellion que la réouverture des institutions financières nécessitait une instruction expresse des autorités monétaires à Kinshasa, en particulier de la Banque centrale du Congo (BCC), précisant que la décision excédait leurs compétences locales. Le M23/AFC, qui s'efforce d’installer une administration parallèle dans les territoires conquis, tente donc un passage en force, plaçant la CADECO dans une posture délicate.
Dans un communiqué publié le 5 avril 2025, la direction générale de la CADECO à Kinshasa a dénoncé cette relance. Pour l’entreprise publique, il s’agit d’un acte illégal et d’une menace directe à la sécurité financière de ses clients et à l’intégrité de l’institution. « Ce climat d’insécurité compromet gravement la confiance des citoyens et des investisseurs envers notre système bancaire », a souligné la direction générale dans son communiqué.
Cette manœuvre intervient alors que la CADECO traverse une crise financière majeure. Selon un rapport annexé au budget 2025, l’institution est considérée comme techniquement en faillite, avec des capitaux propres inférieurs aux normes de l’OHADA. Malgré une dynamique de relance entamée depuis 2020, notamment portée par la domiciliation des salaires et la modernisation de ses services, la situation reste fragile.
Cette tentative de réouverture sauvage risque ainsi de compromettre les efforts de redressement en cours, tout en fragilisant davantage la confiance du public, déjà érodée par des années de mauvaise gouvernance. Pour plusieurs acteurs du secteur, ouvrir une institution bancaire dans une ville sous contrôle rebelle expose également le système financier congolais à des risques élevés de financement du terrorisme, de blanchiment d’argent et de flux financiers illicites.
Or, la RDC vise une sortie en 2025 de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme intergouvernemental chargé d’évaluer les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Une ouverture incontrôlée de la CADECO dans un tel contexte pourrait compromettre cet objectif stratégique.
Au regard de tous ces risques, la CADECO appelle sa clientèle et tous les acteurs économiques « à boycotter toutes les activités liées au M23/AFC et à ne pas céder aux pressions exercées par ces groupes ». Cette institution bancaire a mis en garde les agents qui se compromettraient dans la malversation financière en collaborant avec les rebelles. De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba a qualifié cette ouverture d’arnaque et a appelé la population à privilégier les moyens électroniques.
La Caisse générale d'épargne du Congo est une institution financière publique. Elle fonctionne comme une banque commerciale, mais aussi comme une caisse d’épargne, ayant pour mission principale de mobiliser l’épargne nationale et de financer le développement économique à travers des prêts et des services bancaires accessibles.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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