On April 16, 2025, Orange Group laid the foundation stone for its future headquarters in Kinshasa, Democratic Republic of Congo (DRC). The firm thus officially kicked off the project, which it expects to be done by October 2027.
The eight-story building will cover 10,000 m² and feature an autonomous solar energy system. Located on Avenue des Huileries in Lingwala commune, opposite the Martyrs de la Pentecôte stadium, the headquarters symbolizes Orange’s deep local commitment.
“This project reflects our digital ambition and local roots,” said Orange DRC CEO Ben Cheick Haidara, highlighting confidence in the country’s economic and digital potential despite a challenging business environment.
Minister of Posts, Telecommunications and Digital Affairs Augustin Kibassa Maliba called the headquarters “a major leap forward for the DRC’s technological development,” envisioning a modern, innovative workspace that will benefit all Congolese.
According to the Congolese telecom watchdog, ARPTC, Orange is the nation's second-largest mobile operator, with 18.5 million subscribers. It trails Vodacom's 22.5 million but is ahead of Airtel and Africell.
Global Market Share in Q2 (left) and Q3 (right) of 2024 (Source : Arptc)
With 62.2 million mobile subscribers—reaching a penetration rate of 65.8%—and 32.1 million mobile internet users (33.8% penetration), the DRC’s population of over 100 million marks a market still ripe with untapped potential.
The government’s strong push to make digital transformation a key driver of economic and social growth aligns perfectly with the opportunities Orange sees in the DRC.
The company is well-positioned to lead across multiple sectors, including the booming startup scene, digitalization of public and private services, cloud computing, data storage, and cybersecurity.
Mobile Money Market Share in Q2 (left) and Q3 (right) of 2024 (Soure: ARPTC)
Another key growth driver of Orange in the DRC is Mobile Money, with its penetration rate of 26.7%.
But realizing these ambitions depends heavily on the continuation of government reforms to boost the digital economy. Critical areas include enhancing the regulatory framework, managing frequency spectrum, expanding infrastructure, issuing new licenses, and improving access to mobile devices.
Political and security stability in the country are key to ensuring these investments’ materialization over the long term.
Muriel Edjo, We Are Tech
Le gouvernement congolais vient de se doter de nouveaux instruments pour lutter contre la contrebande des produits pétroliers dans la zone d’approvisionnement Sud, qui couvre les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba, deux pôles industriels majeurs du pays. Cette zone est particulièrement exposée aux pratiques frauduleuses, l’approvisionnement s’effectuant principalement par route et par rail depuis des pays voisins comme la Zambie ou l'Afrique du Sud.
Lors du Conseil des ministres du 18 avril 2025 à Lubumbashi, l’exécutif a validé l’introduction de scellés électroniques sur les camions-citernes, une mesure proposée par le ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi (photo). Ces dispositifs de verrouillage sont équipés de circuits GSM et de géolocalisation GPS permettant un suivi en temps réel des transports de produits pétroliers. Selon le ministre, ils garantiront un meilleur contrôle et une transparence accrue.
Cette initiative s’accompagne de l’intégration du système de monitoring SigOil, basé sur la technologie RFID, souvent utilisée pour stocker et récupérer des données à distance. Les détails techniques de l’application SigOil restent pour l’instant inconnus mais Molendo Sakombi affirme que ce système va permettre de détecter les fraudes, sécuriser le transport des hydrocarbures, centraliser les données sur la chaîne d’approvisionnement et faciliter l’émission de rapports et statistiques. Il devrait également à améliorer l’octroi et le renouvellement des autorisations pour les opérateurs du secteur.
Des pertes en centaines de millions de dollars
Ces mesures répondent à l’urgence de limiter les pertes financières causées par la contrebande. Selon le gouvernement, l’entrée clandestine de produits pétroliers aux postes frontaliers prive le Trésor public de plusieurs centaines de millions de dollars par an. Officiellement, les volumes déclarés dans la zone Sud atteignent 120 000 m³ par mois, alors que les estimations réelles dépasseraient 300 000 m³.
Le 17 avril 2025, les opérateurs pétroliers du Haut-Katanga, regroupés au sein de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), ont alerté le ministre de l’Économie nationale sur la nécessité d’un assainissement du secteur. Leur représentant, Joseph Twite Maloba, a estimé que l’État perd près de 57 millions de dollars de recettes rien que dans cette province, soit 71 % des revenus potentiels, en raison des pratiques frauduleuses et d’un manque d’encadrement.
Selon lui, 115 sociétés importent des produits pétroliers dans le Haut-Katanga, mais seulement 35 sont effectivement encadrées par la FEC.
En août 2024, le ministère des Hydrocarbures avait déjà lancé un programme de marquage moléculaire des carburants pour lutter contre le commerce illicite et garantir la qualité des produits distribués. Manifestement, cette mesure n’a pas suffi à enrayer la fraude.
Avec le déploiement des scellés électroniques et du système SigOil, le gouvernement espère désormais inverser la tendance et sécuriser davantage les recettes issues du secteur pétrolier.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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La 37e session ordinaire du Conseil national du travail s’ouvre ce 25 avril 2025 à Kinshasa, après une semaine de travaux préparatoires entamés le 8 avril, dont aucun détail n’a été communiqué. Parmi les sujets inscrits à l’ordre du jour de cette réunion prévue pour s’étendre jusqu’au 29 avril, figure « l’épineuse question de l’ajustement du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) annoncée en début d’année par le gouvernement », selon la formule utilisée par la Fédération des entreprises du Congo (FEC), principale organisation patronale du pays.
Cette session tripartite — réunissant gouvernement, employeurs et représentants des travailleurs — est un passage obligé pour toute réforme du SMIG.
Avant la tenue du Conseil, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a exprimé ses attentes lors du Conseil des ministres tenu le 18 avril à Lubumbashi. Il a estimé que « l’augmentation du SMIG devrait, avant tout, bénéficier aux travailleurs les plus vulnérables, dont les revenus actuels ne permettent pas de couvrir les besoins essentiels », rapporte le compte rendu officiel. Selon lui, « cette mesure représenterait un véritable levier de dignité et de justice sociale » pour une catégorie de travailleurs exposée « le plus durement aux effets de la précarité ».
Pour concrétiser cette orientation, il faudrait revoir en profondeur le décret du Premier ministre du 22 mai 2018, qui encadre actuellement le SMIG. Ce texte définit sept grandes catégories de travailleurs — du manœuvre au cadre de collaboration — chacune disposant de son propre salaire minimum. Le montant varie aussi selon les échelons et les classes. Ce système repose sur un mécanisme appelé « tension salariale », un coefficient qui permet de déterminer les SMIG des catégories supérieures à partir de celui du manœuvre ordinaire. Ce principe rend techniquement difficile toute revalorisation ciblée.
Une hausse ciblée, favorable au patronat
L’arrêté du ministre de l’Emploi et du Travail du 31 décembre 2024, qui avait porté le SMIG du manœuvre ordinaire de 7 075 à 14 500 francs congolais (soit de 2,5 à environ 5 dollars par jour), avait justement été critiqué pour avoir ignoré ce mécanisme. Face à la pression du patronat, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait demandé au ministre Éphraïm Akwakwa Nametu de rapporter l’arrêté, qui devait entrer en vigueur en février 2025.
Dans le fond, la recommandation présidentielle pourrait satisfaire les employeurs. En limitant la revalorisation aux catégories les plus vulnérables, l’impact sur les charges salariales des entreprises resterait contenu. Un argument de poids, surtout dans un contexte économique fragilisé par l’insécurité persistante dans l’est du pays.
Dans ce contexte, le SMIG pourrait difficilement augmenter pour redonner suffisamment du pouvoir d’achat aux « travailleurs les plus vulnérables ». À Kinshasa, selon plusieurs sites spécialisés, une famille de quatre personnes aurait besoin d’environ 3 000 dollars par mois pour vivre décemment — logement, transport, soins et éducation inclus. Or, même doublé, le SMIG d’un manœuvre ordinaire ne permettrait pas d’atteindre 200 dollars mensuels, même en travaillant tous les jours.
Par ailleurs, une hausse du SMIG, même ciblée, pourrait avoir des effets pervers sur l’économie. L’augmentation des revenus risque de stimuler la demande, dans un contexte de production locale limitée. Cela pourrait faire grimper les prix sur les marchés, alimentant l’inflation. Une telle dynamique compromettrait les efforts du gouvernement pour stabiliser les prix des produits de première nécessité, un objectif central dans la lutte pour le pouvoir d’achat.
Pierre Mukoko
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Le 18 avril 2025, lors d’un Conseil des ministres tenu à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, le gouvernement de la République démocratique du Congo a adopté un projet de loi portant création, organisation, fonctionnement et compétences du Tribunal pénal économique et financier (TPEC) ainsi que d’un parquet national rattaché.
Présenté par le ministre de la Justice, Constant Mutamba (photo), ce projet vise à renforcer la lutte contre les crimes économiques, notamment la corruption et le détournement de fonds publics. Selon le compte rendu du Conseil, le texte entend améliorer la coordination entre les structures spécialisées en matière d’enquête, d’instruction et de jugement. Il introduit également des corrections structurelles et procédurales destinées à rendre les mécanismes de répression plus efficaces.
Si les attributions précises du futur TPEC ne sont pas encore rendues publiques, cette juridiction devrait se concentrer sur les affaires impliquant l’argent public. Le tribunal devrait avoir pour vocation de juger les cas de malversations financières, de détournement de fonds publics, mais aussi de corruption sous ses diverses formes, notamment les pots-de-vin et les abus de pouvoir.
Il reste toutefois à savoir si le tribunal aura compétence sur les infractions économiques commises par des acteurs privés, en particulier dans des secteurs comme les mines, qui représentent un pilier de l’économie congolaise et une source majeure de recettes budgétaires.
Le gouvernement congolais présente cette réforme comme une suite logique des engagements pris dans le cadre du Programme de réforme de la justice (PRJ), du Programme de gouvernance et des accords conclus avec les institutions financières internationales, notamment en matière de transparence, de lutte contre la corruption et de bonne gestion des finances publiques.
Le gouvernement fonde aussi des espoirs sur l’impact de cette mesure sur la préservation des ressources publiques nécessaires au développement. Reste à savoir si cette juridiction produira des résultats tangibles. Des expériences similaires dans des pays comme le Nigeria ou le Cameroun ont souvent débouché sur des effets limités en matière de récupération de fonds.
La création du TPEC constitue néanmoins un signal politique important dans un pays où les scandales de corruption à haut niveau continuent de miner la confiance des citoyens et des partenaires économiques.
Georges Auréole Bamba
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Le 18 avril 2025, le projet de modernisation de l’aéroport de Loano à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, a été officiellement lancé. À cette occasion, il a été révélé que les travaux ont été confiés au groupe turc Summa. Son président-directeur général, Selim Bora, a présenté le projet au président de la République, Félix Tshisekedi, avant que ce dernier ne procède à la pose symbolique de la première pierre.
« Un contrat a été signé entre le gouvernement congolais et une firme spécialisée pour ces travaux », a indiqué la présidence de la République dans son compte rendu de la visite. À ce stade, les détails du contrat et le processus ayant conduit à la sélection de Summa n’ont pas été rendus publics. En juillet 2022, le groupe turc avait déjà signé deux contrats avec l’État pour la construction de deux infrastructures. Mais le processus n’était pas allé jusqu’au bout.
Selon le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, les travaux comprendront la construction d’une nouvelle aérogare, l’élargissement de la piste d’atterrissage, l’aménagement du tarmac et le renouvellement des équipements d’aide à la navigation.
De sources concordantes, la nouvelle aérogare devrait pouvoir accueillir jusqu’à un million de passagers. Le tarmac sera dimensionné pour recevoir jusqu’à quatre avions gros porteurs. Selon les mêmes sources, le projet prévoit également la construction d’un terminal de fret d’une capacité de 5 000 tonnes, d’un centre de maintenance, d’un hangar de stockage et d’une station d’épuration des eaux usées. Il intègre aussi la mise en place d’infrastructures de sécurité incendie aux normes et la modernisation des voies d’accès à l’aéroport.
Selon la presse locale, la durée des travaux est estimée à 20 mois. La phase de construction devrait mobiliser environ 1 200 ouvriers. Une fois l’aéroport opérationnel, quelque 600 emplois permanents devraient être créés, selon la même source.
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des principaux aéroports du pays, notamment celui de N’Djili à Kinshasa. Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, constitue un pôle stratégique pour le commerce et l’industrie minière.
Des travaux réalisés en 2015 avaient déjà permis d’équiper l’aéroport de Loano d’une tour de contrôle et d’un bloc technique. À terme, les autorités provinciales espèrent que les nouvelles infrastructures permettront de positionner le Haut-Katanga comme une grande destination d’affaires, de tourisme et de transit.
Pierre Mukoko
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Une équipe de l’Office congolais d’identification de la population (ONIP) s’est récemment rendue en Éthiopie pour s’inspirer de l’expérience du pays est-africain en matière d’identification numérique. Cette mission visait à tirer parti des enseignements du système Fayda, reconnu comme l’un des plus avancés du continent, afin de nourrir la réflexion sur la fiabilité et l’inclusivité du futur écosystème congolais.
La délégation congolaise a échangé avec les responsables de l’Agence d’identification nationale (ID Ethiopia) sur les modalités de déploiement du système, les défis rencontrés et les innovations mises en œuvre pour garantir une couverture nationale sécurisée.
La mission a également permis aux représentants de l’ONIP de visiter l’Administration de la sécurité des réseaux d’information (INSA), où ils ont exploré l’infrastructure à clés publiques (PKI) utilisée pour sécuriser les identités numériques et les transactions électroniques.
Une visite à l’Institut éthiopien d’intelligence artificielle a aussi permis à la délégation de mieux comprendre les synergies entre l’identité numérique et les technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle.
Delegations from the Democratic Republic of Congo @ONIP_RDC conducted an official visit to Ethiopia to engage in experience-sharing on Ethiopian Digital ID Fayda. The visit aimed at learning from Ethiopia’s progress in implementing a digital and inclusive #Digitalidentity system.… pic.twitter.com/g7ejvOHROV
— Fayda - Ethiopian National ID (@IDethiopia) April 17, 2025
Cette mission intervient alors que la République démocratique du Congo, pays de plus de 100 millions d’habitants, s’apprête à franchir une étape majeure dans la modernisation de son système d’identification. Un accord a été signé avec la société singapourienne Trident Digital Tech pour lancer le projet Tridentity.
Ce projet vise à déployer un système national d’identification numérique afin de moderniser l’administration publique, renforcer la sécurité des données et stimuler l’inclusion financière.
Le 22 mars 2025, le ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, Augustin Kibassa Maliba, a clôturé les travaux de l’atelier de validation du projet. À cette occasion, il a annoncé que des phases pilotes seraient lancées dans les semaines à venir, en intégrant les administrations clés, les principales banques et les opérateurs télécoms.
Grâce à ce projet, le pays espère créer de 30 000 emplois directs, augmenter de 40 % l’inclusion financière et réduire de 50 % des délais administratifs, rendant les services publics plus efficaces et accessibles.
L’expérience éthiopienne représente une source d’inspiration pour la RDC. Lancé avec le soutien de la Banque mondiale, le programme Fayda prévoit d’enregistrer numériquement au moins 90 millions d’Éthiopiens d’ici 2030, dans le cadre d’une stratégie nationale de transformation numérique sur cinq ans. Il est aujourd’hui considéré comme un modèle de référence sur le continent africain.
La rédaction avec We Are Tech
Le 19 avril 2025, le gouvernement congolais a annoncé plusieurs mesures à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila Kabange : suspension des activités de son parti politique (PPRD), réquisition de la saisie de ses biens et ouverture de poursuites judiciaires. Dans un communiqué du ministère de la Justice, l’ex-chef de l’État est accusé de participer directement à l’agression menée contre la RDC par les rebelles de l’Alliance du fleuve Congo (AFC)/M23, soutenus par le Rwanda.
Cette décision intervient alors que plusieurs médias ont rapporté l’arrivée de Joseph Kabila à Goma en provenance du Rwanda, information confirmée par le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo. Ce dernier parle d’un « choix délibéré de rentrer au pays par la ville de Goma sous contrôle de l’ennemi qui assure curieusement sa sécurité ».
Dès février, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le président Félix Tshisekedi avait déjà accusé son prédécesseur d’être « le vrai commanditaire » de la rébellion à l’est. Sa présence à Goma apparaît dès lors, pour les autorités, comme un indice supplémentaire.
Des soupçons persistants autour de la fortune de Kabila
La saisie annoncée des biens de Joseph Kabila et de ses « complices présumés » soulève une problématique concrète : comment identifier clairement les actifs à geler ? La question de la propriété effective – c’est-à-dire l’identification des véritables bénéficiaires des biens – est au cœur de l’enjeu.
Depuis plusieurs années, la fortune supposée de Joseph Kabila fait l’objet d’enquêtes et d’allégations. En 2016, une enquête de Bloomberg faisait état d’un réseau de plus de 70 entreprises détenues par sa famille, dans divers secteurs économiques, en RDC comme à l’étranger (notamment aux États-Unis, au Panama, en Tanzanie ou sur l’île de Niue, paradis fiscal du Pacifique).
En 2021, l’enquête Congo Hold-up, menée par un consortium international de journalistes et d’ONG, évoquait le détournement présumé de 138 millions de dollars via une banque locale, au profit du clan Kabila. Selon les documents consultés, certains propriétaires chinois de grandes mines de cuivre et de cobalt auraient utilisé cette banque pour acheminer des fonds à des proches de l’ancien président.
Déjà en 2017, un rapport du groupe d’études sur le Congo estimait que la famille Kabila contrôlait environ 80 entreprises, 71 000 hectares de terres agricoles et de nombreuses licences minières.
L’entourage de Joseph Kabila a toujours nié ces accusations, dénonçant des « manœuvres dilatoires » et des « acharnements injustifiés », notamment à la suite de l’enquête Congo Hold-up.
La propriété effective : un défi pour les autorités congolaises
La notion de propriété effective désigne les personnes physiques qui contrôlent en dernier ressort une entreprise ou une entité juridique, au-delà des prête-noms ou des structures formelles.
Des organisations comme Tax Justice Network plaident pour des registres publics de la propriété effective, soutenus par des instances comme le Panel FACTI (Panel de haut niveau sur la responsabilité financière internationale, la transparence et l'intégrité) ou la Commission économique pour l’Afrique.
En RDC, une avancée a été enregistrée avec l’adoption de la loi n°22/068 du 27 décembre 2022, qui impose l’identification des propriétaires effectifs des entreprises. Mais, selon le Rapport ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) 2022, les obstacles sont nombreux. L’arrêté ministériel censé établir le registre national n’est toujours pas pris. Sur 91 entreprises extractives ayant soumis des déclarations, seules 47 ont fourni des informations sur leurs bénéficiaires effectifs, souvent lacunaires.
Le Groupe d’action contre le blanchiment des capitaux (GABAC) souligne également, dans son deuxième rapport de suivi renforcé, l’absence de mécanismes clairs pour garantir l’accès des autorités compétentes à ces données. Il pointe des « manquements importants » dans l’identification des personnes morales.
Un enjeu bien plus large que le cas Kabila
Au-delà du cas spécifique de Joseph Kabila, la question de la propriété effective touche à des enjeux systémiques de gouvernance. Dans une région riche en ressources, mais marquée par des soupçons récurrents de détournements, la transparence sur les propriétaires réels des actifs économiques est essentielle au développement.
La montée des tensions entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur donne une dimension politique forte à ce débat. Mais sur le long terme, seule la mise en place d’instruments juridiques efficaces et de registres fiables permettra de répondre aux défis de l’enrichissement illicite, de la corruption et du financement occulte.
Georges Auréole Bamba
L’ingénieur minier sud-africain Jac Van Heerden a été nommé directeur général d’Alphamin Bisie Mining (ABM), filiale d’Alphamin Resources, qui exploite la plus grande mine d’étain de la République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite le 17 avril 2025 par la société minière. Il succédera à John Robertson, parti à la retraite, après approbation des autorités réglementaires.
« Alphamin se réjouit de pouvoir compter sur son leadership pour continuer à créer de la valeur durable au bénéfice de toutes les parties prenantes d’ABM », a déclaré la compagnie.
Âgé de 50 ans, Jac Van Heerden dispose de 25 années d’expérience dans le secteur minier africain, aussi bien dans l’exploitation de mines à ciel ouvert que souterraines, pour des métaux de base et précieux. Il est également reconnu pour son expertise en services techniques, en gestion générale et en direction exécutive.
Le nouveau directeur général connaît déjà le contexte congolais. Il a travaillé en RDC entre avril et décembre 2018, comme directeur général de la filiale locale d’Eurasian Resources Group Africa.
Défi sécuritaire
Ces compétences seront précieuses pour gérer la mine d’étain de Bisie, l’une des plus importantes au monde, située dans un environnement sécuritaire tendu. Les opérations sur le site ont tout juste repris le 15 avril, après une interruption forcée d’un mois liée à l’avancée du groupe rebelle M23.
La production avait été suspendue le 13 mars, lorsque les rebelles, soutenus par le Rwanda, s’étaient rapprochés à 172 kilomètres de la zone minière. Après s’être rapprochés à 60 kilomètres du site, ils se sont depuis retirés à environ 130 kilomètres à l’est. Mais la situation reste instable.
La sécurité constitue donc le défi immédiat pour Jac Van Heerden. Elle menace non seulement les opérations, mais aussi le personnel et la chaîne logistique. Cette instabilité a d’ailleurs conduit Alphamin à revoir ses objectifs annuels de production à la baisse, passant de 20 000 à 17 500 tonnes d’étain pour 2025.
Cette réduction affecte significativement les performances financières de l’entreprise. Au premier trimestre, le résultat d’exploitation a reculé de 19 %, atteignant 62 millions de dollars contre 76 millions au dernier trimestre 2024. L’entreprise dispose néanmoins actuellement de 99 millions de dollars de trésorerie, avec 38 millions de dollars supplémentaires attendus en recettes de ventes avant la fin avril 2025.
Mine stratégique
Le nouveau dirigeant devra aussi composer avec des tensions communautaires. Une enquête de Mongabay a révélé des conflits avec les communautés locales, notamment les Banamwesi et Motondo, qui accusent l’entreprise d’occuper leurs terres sans consultation préalable.
La mine de Bisie étant située dans une zone écologiquement sensible du bassin du Congo, la gestion des résidus miniers et le risque de contamination des eaux souterraines constituent un autre défi majeur.
Le complexe minier de Bisie représente à lui seul plus de 6 % de l’approvisionnement mondial en étain. Il comprend deux gisements de classe mondiale : Mpama North, avec une teneur d’environ 4,5 %, est le gisement d’étain le plus riche au monde — près de quatre fois la moyenne des autres mines — et Mpama South, avec une teneur d’environ 2 %, arrive en deuxième position à l’échelle mondiale.
Cette position stratégique fait d’Alphamin un acteur central du marché de l’étain, un métal essentiel pour l’électronique.
Georges Auréole Bamba
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Alphamin Resources vise désormais une production annuelle de 17 500 tonnes d’étain en 2025 sur sa mine de Bisie, en République démocratique du Congo (RDC), contre 20 000 tonnes initialement prévues. Cela représente une réduction de 14,2 %.
Cette révision est attribuée à une « interruption liée à la situation sécuritaire », a indiqué la société, le 17 avril 2025, dans une communication officielle.
Face à la progression du groupe rebelle M23 et de ses alliés rwandais dans la région, l’entreprise a jugé que la sécurité de ses employés et sous-traitants n’était plus assurée. Elle a donc suspendu temporairement ses opérations le 13 mars dernier.
Cette interruption a entraîné une baisse de 18,4 % de la production au premier trimestre 2025, par rapport au dernier trimestre 2024, passant de 5 237 à 4 270 tonnes.
Malgré un rapprochement des rebelles du site minier depuis la suspension de mars, Alphamin a relancé ses activités le 15 avril. L’entreprise a recommencé à traiter le minerai déjà stocké sur place. Les opérations d’extraction devraient reprendre dans le courant du mois, de manière progressive, avec le retour des employés sur le site. Les prestataires logistiques, notamment chargés du transport du matériel et de l’étain produit, ont également été remobilisés.
La réalisation des nouveaux objectifs de production reste toutefois conditionnée à l’évolution de la situation sécuritaire. Le conflit reste ouvert, bien que des pourparlers de paix aient été engagés à Doha, sous l’égide du Qatar, entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23. À ce stade, aucune avancée significative n’a été rapportée.
Pierre Mukoko
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Le groupe Orange a posé la première pierre de son futur siège social en République démocratique du Congo (RDC), le 16 avril 2025. Cette cérémonie marque le lancement officiel des travaux, dont l’achèvement est prévu pour octobre 2027, selon les estimations de l’entreprise.
Le futur bâtiment comptera 8 étages pour une superficie totale de 10 000 m² et un système autonome de production de l’énergie solaire. Il sera situé à Kinshasa, sur l’avenue des Huileries, en face du stade des Martyrs de la Pentecôte, dans la commune de Lingwala.
« Ce projet témoigne de notre ambition numérique et de notre ancrage local », a commenté le directeur général d’Orange RDC, Ben Cheick Haidara. Cet investissement exprime la confiance de la société dans le potentiel économique et numérique du pays, malgré un environnement des affaires régulièrement considéré comme complexe.
Présidant la cérémonie, le ministre des Postes, Télécommunications et du Numérique, Augustin Kibassa Maliba, a souligné l’importance de cette initiative pour le développement technologique du pays. « La construction de ce siège ne se limite pas à un simple bâtiment ; bien plus, elle représente une avancée significative pour le développement technologique de la RDC (...). Un environnement de travail moderne et collaboratif, propice à l’innovation et à la création de nouveaux services qui bénéficieront à l’ensemble de la population congolaise », a-t-il déclaré.
Avec 18,5 millions d’abonnés, selon les dernières données de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC), Orange est le deuxième opérateur du pays, derrière Vodacom (22,5 millions), mais devant Airtel et Africell.
Évolution trimestrielle des parts du marché global entre T2-24 et T3-24 (Source : Arptc)

Avec un total de 62,2 millions d’abonnés à la téléphonie mobile pour un taux de pénétration mobile de 65,8 % et 32,1 millions d’abonnés Internet mobile pour un taux de pénétration de 33,8 %, la RDC, avec ses plus de 100 millions d’habitants, est un marché qui n’a pas révélé tous ses atouts.
La volonté du gouvernement de positionner la transformation numérique comme moteur de la croissance économique et sociale est également révélatrice des opportunités qu’Orange perçoit dans le pays.
La société a en effet de la marge pour se positionner comme acteur de référence dans un ensemble de segments, notamment l’écosystème startup innovant en croissance, la numérisation des services publics et privés, le Cloud, le stockage de données, et la cybersécurité.
Évolution trimestrielle des parts de marché de la monnaie mobile par opérateur (source : ARPTC)

Avec un taux de pénétration de 26,7 %, le Mobile Money constitue également un levier prometteur de croissance pour l’opérateur.
La réalisation de ces ambitions reste toutefois conditionnée à la poursuite des réformes engagées par les autorités congolaises en faveur du développement de l’économie numérique. Cela inclut notamment l’amélioration du cadre réglementaire, la gestion du spectre de fréquences, le développement des infrastructures, l’attribution de nouvelles licences, et l’accès aux terminaux mobiles.
La stabilité politique et sécuritaire du pays demeure également un facteur déterminant pour permettre aux investissements de se concrétiser durablement.
Muriel Edjo, We Are Tech
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