Depuis le 5 juin 2025, le passeport coûte 75 dollars en République démocratique du Congo (RDC), soit une réduction de 24,2 % par rapport aux 99 dollars en vigueur jusqu’ici. L’annonce a été faite le 27 mai par le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie.
Avec ce nouveau tarif, le gouvernement promet un service de meilleure qualité : un passeport de 38 pages (six de plus que l’ancien), plus sécurisé, conforme aux nouvelles normes de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), et un processus d’obtention simplifié, permettant de recevoir le document dans un délai de 10 jours à Kinshasa, 15 jours en province et 20 jours à l’étranger.
Mais face à cette offre, de nombreux citoyens restent sceptiques. « Évitez de nous mentir... On se connaît dans ce pays », réagit par exemple un internaute sur la page Facebook du ministère. Plusieurs rappellent que même lorsque le prix officiel du passeport était de 185 dollars, les délais d’obtention atteignaient souvent un mois, et les frais réels déboursés dépassaient largement le tarif affiché. Ce doute est renforcé par un manque de communication sur les mesures concrètes prises par le gouvernement pour concilier baisse des coûts et amélioration du service.
La production du nouveau passeport a été confiée à Dermalog. L’entreprise allemande a été désignée comme partenaire de l’État pour la conception, le financement et la production du document, par une décision du ministre des Affaires étrangères en date du 13 décembre 2022. Le coût de la prestation est plafonné à 48 millions de dollars. Le document officiel ne précise pas la durée du contrat, mais la presse évoque une période de cinq ans, ce qui porterait l’échéance à décembre 2030.
Pour l’instant, la répartition des 75 dollars payés par les usagers n’a pas été détaillée. On ignore donc si cette somme couvre l’ensemble des coûts liés à la production, ce qui permettrait d’éviter les blocages financiers susceptibles de paralyser le système.
En décidant de cette réduction le 11 avril dernier, le président Félix Tshisekedi avait expressément demandé que la mise en œuvre de sa décision respecte les engagements contractuels en cours et préserve la paix sociale, « en évitant toute démarche brusque ou précipitée susceptible d’affecter les agents impliqués dans la chaîne de production et de délivrance des passeports ».
Incertitudes sur le déploiement
Cela suggère que les 24 dollars de réduction ne devraient pas entamer la part destinée au partenaire privé. En revanche, le sort des agents est moins clair. Plusieurs usagers redoutent déjà que ces derniers continuent de monnayer des services censés être gratuits, comme cela a souvent été observé par le passé. Ce qui pourrait renchérir le coût réel du passeport et allonger les délais de délivrance.
À ce jour, ni les autorités ni Dermalog n’ont communiqué sur l’installation des centres d’enrôlement (ou de capture) ni sur le déploiement du matériel à Kinshasa, dans les provinces ou dans les missions diplomatiques. Dans un courrier adressé le 4 juin à la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, le banc syndical de cette administration a exprimé des doutes sur ce déploiement.
Selon cette correspondance, un inventaire réalisé par une commission ad hoc interministérielle aurait révélé un faible taux d’implémentation et de déploiement, ainsi qu’une « insuffisance accrue » des outils de production, au regard de la demande croissante. Le même document indique que Dermalog n’aurait à ce jour investi que moins de 5 millions de dollars, soit 10 % de la valeur maximal du marché.
Pierre Mukoko et Timothée Manoke, stagiaire
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La République démocratique du Congo (RDC) a une nouvelle représentante diplomatique auprès des États-Unis. Yvette Ngandu Kapinga a été nommée, le 10 juin 2025, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la RDC à Washington. Elle succède à Marie-Hélène Mathey Boo, en poste depuis janvier 2022. Cette dernière, ancienne ministre de l’Industrie et du Commerce et ex-directrice du Centre international des civilisations Bantu (CICIBA), aura dirigé la mission diplomatique congolaise pendant plus de trois ans.
Cette nomination intervient alors que les relations entre Kinshasa et Washington prennent une importance croissante. Plusieurs dossiers sensibles figurent à l’agenda bilatéral : un accord entre la RDC et le Rwanda est actuellement en négociation à Washington, sous médiation américaine, tandis que les États-Unis discutent également d’un accord pour accéder aux minerais stratégiques congolais.
Dans le même temps, Washington envisage d’inscrire la RDC sur la liste des pays interdits d’entrée sur le territoire américain. Une note en ce sens a été transmise, le 14 juin, aux diplomates des 36 pays concernés. Ces derniers disposent de 60 jours pour renforcer la fiabilité des documents d’identité et réduire les fraudes administratives.
Face à ces enjeux, le président Félix Tshisekedi a misé sur une diplomate chevronnée, dotée d’une solide expérience dans les mécanismes de paix régionaux et familière des institutions américaines. Formée aux États-Unis, Yvette Ngandu Kapinga est diplômée en administration publique et en relations internationales de la Bowling Green State University, dans l’Ohio.
Elle a construit sa carrière à l’interface des dynamiques régionales et internationales. Depuis août 2020, elle occupait le poste de commissaire chargée du Genre, du Développement humain et social à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Première femme à diriger ce département, elle y a porté des dossiers liés à la gouvernance sociale, aux droits des femmes et à la consolidation de la paix.
Avant cette fonction, elle a exercé comme conseillère diplomatique à la Présidence de la RDC, notamment dans le cadre du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour la stabilité des Grands Lacs.
Avec plus de vingt ans de carrière diplomatique, Mme Ngandu a également travaillé pour le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (UA-MAEP) à Johannesburg, la Commission de l’Union africaine à Addis-Abeba, le Secrétariat des Nations unies et l’Institut pour la paix à New York, ainsi que pour le National Endowment for Democracy et le Département d’État américain à Washington.
Boaz Kabeya, stagiaire
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La Banque mondiale a annoncé, dans un communiqué publié le 6 juin 2025, le décaissement de 19,47 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo (RDC). Ce financement, octroyé via le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF), récompense la réduction de 3,89 millions de tonnes d’émissions de carbone obtenue grâce aux efforts de préservation des forêts dans la province du Mai-Ndombe.
Le FCPF est une initiative internationale fondée sur le principe de paiement à la performance : les réductions d’émissions doivent être vérifiées de manière indépendante avant tout transfert financier. La RDC figure parmi les pays pilotes du programme REDD+, soutenu par la Banque mondiale, qui vise à concilier développement durable et conservation des forêts tropicales.
« Ce paiement est une reconnaissance des progrès du pays dans la protection de ses forêts et la création de nouvelles opportunités pour les communautés. Le programme Mai-Ndombe est un exemple de la manière dont la finance peut soutenir le développement local, renforcer la résilience et offrir des avantages tangibles aux personnes qui dépendent le plus de la forêt », a déclaré Albert G. Zeufack, directeur des opérations de la Banque mondiale pour la RDC.
Ce versement s’inscrit dans le cadre d’un accord global pouvant atteindre 55 millions de dollars, en contrepartie de la réduction de 11 millions de tonnes d’émissions. Les fonds sont destinés à soutenir les communautés locales et les peuples autochtones impliqués dans la conservation du Mai-Ndombe, au cœur du bassin du Congo.
Ouverture vers le marché du carbone
Le programme vise à promouvoir un modèle de développement vert, centré sur la réduction de la pauvreté, la protection de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique. Il prévoit également la création de 2 000 emplois locaux, des investissements en infrastructures rurales, avec 900 kilomètres de routes à réhabiliter, et la gestion durable de 400 000 hectares de terres. À terme, il devrait bénéficier à plus de 120 000 personnes.
En complément de ce financement, la Banque mondiale met à disposition du gouvernement congolais 1,7 million de crédits carbone de haute qualité, qui pourront être revendus sur le marché volontaire du carbone. Ces transactions avec des acteurs privés internationaux représentent une source potentielle de revenus supplémentaires pour l’État congolais.
Selon les projections de la Banque mondiale, d’ici 2028, 15 pays forestiers tropicaux, dont la RDC, pourraient générer jusqu’à 2,5 milliards de dollars en commercialisant plus de 24 millions de crédits carbone chacun. Une part significative de ces revenus sera reversée aux communautés et aux États, consolidant le lien entre conservation, finance et développement local.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Truckers in the Democratic Republic of Congo (DRC) recently ended a three-week strike following intense negotiations between unions, the central and Kinshasa provincial governments, and the Federation of Enterprises of Congo (FEC). The decision was officially announced on June 13 by the Ministry of National Economy via its X (formerly Twitter) account.
According to the source, truckers have agreed to comply with revised traffic rules issued on June 12 by Economy Minister Daniel Mukoko, on behalf of the Minister of Transport.
Under the new measures, all trucks, regardless of size or load, may circulate and deliver goods freely within Kinshasa, as long as they respect the national traffic code; truck entry into the city is only permitted between 10 p.m. and 5 a.m.; and parking on public roads remains strictly prohibited.
The breakthrough paves the way for the resumption of freight deliveries to the capital. According to the Ministry, 1,814 trucks that had been stranded in Lukala, Kongo Central province, are now cleared to proceed to Kinshasa.
Background: Dispute Over Daytime Truck Ban
The strike was sparked by a Kinshasa provincial government ban on daytime movement of trucks over 20 tons, aimed at reducing traffic congestion. Despite a partial relaxation of the measure on June 2, truckers maintained the strike, citing operational challenges and economic losses.
FEC Urged De-escalation
On June 11, the FEC urged transport unions to end the strike, warning of the severe economic toll on the country. The employers’ federation emphasized that a resolution had already been reached in a multi-party meeting chaired by the Deputy Prime Minister for the Economy. FEC also opposed extending the protest to other provinces.
This article was initially published in French by Ronsard Luabeya (intern)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
The Democratic Republic of Congo (DRC) and Cameroon are advancing efforts to operationalize the Kribi–Zongo trade corridor—a proposed logistics route connecting the deepwater port of Kribi, through the Central African Republic (CAR), to northern DRC. The plan aims to ease freight transport to and from one of the DRC’s most isolated regions.
On June 11, 2025, Congolese Ambassador to Cameroon Pierre Kashadile Bukasa Muteba met with Auguste Mbappé Penda, Director General of Cameroon’s National Shippers’ Council (CNCC), in Yaoundé to discuss the project’s next steps.
“We are committed to mobilizing all relevant authorities in both countries to ensure this major project comes to fruition,” said Ambassador Muteba, according to sources familiar with the discussions.
This diplomatic meeting builds on the technical groundwork initiated in May. On May 12, a delegation from the DRC’s Multimodal Freight Management Office (Ogefrem), led by Consulting Director Francis Bedy Makhubu, visited the CNCC in Douala to gather logistical data necessary to activate the corridor. The mission continued with a field visit to Kribi on May 13–14.
The Kribi–Zongo corridor is designed to address the long-standing transport bottlenecks facing businesses in northern DRC, where access to the country’s main port in Matadi—located in the southwest—is both geographically and economically challenging.
For Cameroon, the corridor also presents economic benefits through increased transit revenues from Congolese trade flows.
This article was initially published in French by PM (Business in Cameroon)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
A new Pepsi bottling plant is being built in in the Kiswishi Special Economic Zone (SEZ) near Lubumbashi. Varun Beverages RDC SAS, the Congolese subsidiary of India’s Varun Beverages Limited, officially launched the project on June 12, 2025. The Indian group is one of PepsiCo’s largest bottling partners outside the United States.
Announced in September 2024, the project spans 15 hectares and represents a $50 million investment. Strategically located along National Road No. 1 (RN1), the plant is expected to serve Lubumbashi and the broader Haut-Katanga province. A completion date has not yet been disclosed.
According to Varun Beverages, the factory is set to generate thousands of jobs and strengthen PepsiCo’s footprint in the Democratic Republic of Congo (DRC)—a market the group describes as highly promising.
Strong Results Fuel Expansion
The new Kiswishi plant will complement the company’s existing production site in Maluku, near Kinshasa. Operational since August 2024, that factory produces up to 1.2 million bottles daily. With six products in its portfolio, the Maluku plant posted impressive results in 2024, generating 104.9 billion Congolese francs (approximately $36.8 million USD) in revenue, and a net profit of 2.17 billion francs (about $761,800 USD), based on the group’s annual report.
Pepsi and Mirinda led the company’s performance, accounting for the bulk of sales. Over 5.7 million bottles of Pepsi were sold, worth 49.6 billion francs, while Mirinda reached 5.3 million bottles and 46.2 billion francs in sales.
The new plant benefits from both the fiscal incentives of the SEZ and government policies aimed at protecting domestic manufacturers. On June 26, 2024, the Ministry of External Trade imposed a 12-month temporary ban on soft drink imports to shield the local industry from foreign competition.
This article was initially published in French by Timothée Manoke (intern)
Edited in English by Ola Schad Akinocho
La cérémonie de pose de la première pierre d’une nouvelle usine d’embouteillage Pepsi s’est tenue le 12 juin 2025 dans la zone économique spéciale (ZES) de Kiswishi, à Lubumbashi. Le projet est porté par Varun Beverages RDC SAS, filiale du groupe indien Varun Beverages Limited, l’un des plus grands franchisés de PepsiCo hors des États-Unis.
Annoncée en septembre 2024, la future usine s’étendra sur une superficie de 15 hectares et représente un investissement de 50 millions de dollars. Située le long de la route nationale n° 1 (RN1), elle vise à approvisionner Lubumbashi et l’ensemble de la province du Haut-Katanga. La date d’achèvement des travaux n’a toutefois pas encore été communiquée.
Selon le groupe indien, le projet devrait créer des milliers d’emplois et renforcer la présence des marques PepsiCo — dont le siège est à New York — en République démocratique du Congo, un marché qualifié de fortement porteur.
36,8 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2024
Varun Beverages exploite déjà une unité de production à Maluku, près de Kinshasa, capable de produire 1,2 million de bouteilles par jour. Inaugurée en août 2024, cette usine affiche déjà des résultats prometteurs. Avec un portefeuille de six boissons, elle a généré un chiffre d’affaires de 104,9 milliards de francs congolais (soit 36,8 millions de dollars américains, au taux moyen annuel), avec un bénéfice net de 2,171 milliards de francs congolais, équivalant à 761 800 dollars.
D’après le rapport annuel du groupe, ces performances sont tirées principalement par Pepsi, avec plus de 5,7 millions de bouteilles vendues pour une valeur de 49,6 milliards de francs congolais, et par Mirinda, avec plus de 5,3 millions de bouteilles écoulées, pour un chiffre de 46,2 milliards de francs congolais.
En plus des avantages offerts par la ZES, cette usine bénéficie de mesures protectionnistes mises en place par le gouvernement congolais. Le 26 juin 2024, le ministère du Commerce extérieur a instauré une interdiction temporaire d’importation des boissons gazeuses pour une durée de 12 mois, afin de protéger l’industrie locale face à la concurrence étrangère.
Timothée Manoke, stagiaire
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Après trois semaines de paralysie, les transporteurs routiers ont décidé de suspendre leur mouvement de grève, à l’issue d’intenses négociations impliquant le gouvernement central, le gouvernement provincial de Kinshasa, la Fédération des entreprises du Congo (FEC) et les syndicats des chauffeurs. L’annonce a été faite ce 13 juin 2025 par le ministère de l’Économie nationale via son compte X (anciennement Twitter).
Les transporteurs ont accepté de se conformer aux nouvelles dispositions publiées dans un communiqué daté du 12 juin, signé par le ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko, au nom de son homologue des Transports. Désormais, tous les camions, quelle que soit leur charge ou leur configuration, sont autorisés à sortir, circuler et livrer librement dans toute la ville Kinshasa, dans le respect du Code de la route. Mais les entrées dans la ville pour ses véhicules ne sont autorisées qu’entre 22 h et 5 h du matin et le stationnement sur la chaussée reste strictement interdit.
Plus de 1 800 camions débloqués
Cette avancée permet la reprise de l’approvisionnement en marchandises vers la capitale. Selon le ministère, 1 814 camions-remorques, bloqués jusque-là à Lukala, dans la province du Kongo Central, peuvent désormais rejoindre Kinshasa.
Le mouvement de grève faisait suite à une décision du gouvernement provincial de Kinshasa interdisant la circulation diurne des camions de plus de 20 tonnes, dans le but de lutter contre les embouteillages. Cette mesure avait suscité la colère des transporteurs, qui ont poursuivi leur grève malgré un premier assouplissement annoncé le 2 juin.
Dans un communiqué publié le 11 juin, la FEC a exhorté les chauffeurs à lever leur mouvement, soulignant les conséquences économiques d’une telle paralysie pour l’ensemble du pays. L’organisation patronale a rappelé qu’un compromis avait été trouvé lors d’une réunion multipartite présidée par le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale. Elle s’est également opposée à l’extension de la grève à d’autres provinces.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Le 11 juin 2025, à Yaoundé, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) au Cameroun, Pierre Kashadile Bukasa Muteba, a reçu en audience le directeur général du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), Auguste Mbappé Penda. Au cœur des échanges : l’opérationnalisation du corridor Kribi–Zongo, un axe logistique passant par la République centrafricaine (RCA) et visant à relier le port de Kribi au nord de la RDC.
Selon des sources proches du dossier, le diplomate congolais a affirmé : « Nous nous engageons à mobiliser toutes les instances concernées dans les deux pays afin de voir aboutir ce projet d’intérêt majeur. »
Cette rencontre s’inscrit dans la continuité d’un travail technique amorcé en mai dernier. Le 12 mai 2025, une délégation de l’Office de gestion du fret multimodal (Ogefrem) avait été reçue à Douala par le CNCC. Conduite par son directeur consultant, Francis Bedy Makhubu, cette mission visait à collecter les informations logistiques nécessaires à l’ouverture du corridor. Elle s’est prolongée par une visite de terrain à Kribi les 13 et 14 mai.
Ce projet vise à réduire les difficultés de transport du fret à destination ou en provenance du nord de la RDC, une région particulièrement enclavée. Le port en eau profonde de Kribi, doté d’infrastructures modernes, offrirait une alternative logistique au port de Matadi, situé dans le sud-ouest du pays et difficilement accessible depuis les provinces septentrionales.
En permettant l’expédition et la réception directe des marchandises via Kribi, le corridor contribuerait à réduire sensiblement les coûts de transport pour les opérateurs économiques du nord congolais. Pour le Cameroun, l’initiative représente aussi un intérêt économique, à travers la perception de droits de transit sur les flux commerciaux congolais.
PM avec Investir au Cameroun
The project is part of a broader push by Congolese authorities to improve land governance, attract investment, and enhance legal security for landowners. If successful, it could position the DRC as one of the first African countries to deploy blockchain technology at scale in its land administration system.
The Democratic Republic of Congo (DRC) has taken a major step toward modernizing its land management system. According to Agence Congolaise de Presse (ACP), the country will soon launch a blockchain-based pilot project aimed at digitizing land titles. The government inked this month the related memorandum of understanding (MoU) with local and international experts, including Singapore-based firm Duna RWA.
Built on the Solana blockchain—a network known for its speed, energy efficiency, and scalability—the system seeks to make land ownership records more secure, transparent, and tamper-proof. By tokenizing land titles into digital certificates, authorities aim to streamline registration processes and reduce fraud in a sector long plagued by disputes and document falsification.
Duna RWA specializes in converting real-world assets into blockchain-based tokens. Each land title will be issued as a non-fungible or fungible token, depending on its use, with a unique cryptographic fingerprint (or "hash") stored on the blockchain. While these hashes can confirm the authenticity of a document, sensitive information such as owners’ names and addresses will remain off-chain to protect privacy.
The system also introduces digital identities for every citizen involved in a property transaction, reducing the risk of duplicate claims and ensuring that ownership transfers are properly tracked. Transactions will require automated approvals, such as notarial validation or state authorization, to prevent unauthorized sales and enhance trust in the process.
This article was initially published in French by Boaz Kabeya (intern)
Edited in English by Ola Schad Akincho