Maniema province has become the Democratic Republic of Congo’s leading center for legal artisanal gold exports. Since DRC Gold Trading SA opened its Kindu branch on March 25, 2025, the province has exported 447.028 kilograms of gold. That’s 42.3% of all the country’s official artisanal gold exports.
The shift follows DRC Gold Trading SA’s withdrawal from South Kivu. The region once accounted for over 90% of legal artisanal gold exports in 2023 and 2024. But worsening insecurity, including the advance of M23 rebels, forced the company to halt operations there in March. As a result, most South Kivu gold now avoids official channels and fuels informal cross-border trade.
This disruption undermines the company’s February pledge to export at least 5 tons of artisanal gold in 2025, worth about $1.3 billion.
To fill the gap left by South Kivu, DRC Gold Trading SA opened new branches this year in Buta (Bas-Uélé), Bunia (Ituri), and Isiro (Haut-Uélé). Yet early results show exports lag far behind expectations. Nationwide, the company shipped only 1,057.88 kilograms of gold in the first half of 2025, meeting just 21% of its annual target.
This article was initially published in French by Timothée Manoke, intern
Edited in English by Ange Jason Quenum
En l’espace de seulement trois mois, depuis l’ouverture de sa succursale à Kindu le 25 mars 2025, la province du Maniema s’est hissée au premier rang des zones de collecte d’or artisanal légal par DRC Gold Trading SA. Selon les données de l’entreprise publique, 447,028 kg d’or — soit 42,3 % des exportations nationales — ont été canalisés par cette antenne.
Cette montée en puissance survient dans un contexte de retrait de l’entreprise au Sud-Kivu, région qui représentait à elle seule plus de 90 % des exportations légales d’or artisanal entre 2023 et 2024. La persistance de l’insécurité, marquée notamment par l’avancée des rebelles du M23, a contraint DRC Gold Trading SA à suspendre ses opérations dans cette province depuis mars dernier. En conséquence, l’essentiel de la production aurifère locale échappe désormais au circuit officiel, alimentant les réseaux transfrontaliers informels.
Cette situation compromet les ambitions initiales de l’entreprise, qui visait, selon sa direction, l’exportation d’au moins 5 tonnes d’or artisanal en 2025, pour une valeur estimée à 1,3 milliard de dollars américains, selon une déclaration de février.
Pour compenser la perte du Sud-Kivu, de nouvelles succursales ont été ouvertes en 2025 à Buta (Bas-Uélé), Bunia (Ituri) et Isiro (Haut-Uélé). Toutefois, les résultats du premier semestre restent en deçà des attentes : seulement 1 057,88 kg d’or ont été exportés à l’échelle nationale, soit à peine 21 % de l’objectif annuel.
Timothée Manoke, stagiaire
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Depuis le 29 juin 2025, le processus d'importation en République démocratique du Congo a été modifié. Les nouvelles dispositions imposent désormais une inspection des marchandises directement dans les entrepôts des fournisseurs, avant toute expédition vers le territoire congolais.
Une séance de travail s’est tenue le 24 juin entre les importateurs, les experts de Bureau Veritas, de l’Office congolais de contrôle (OCC) et du Guichet unique du commerce extérieur (GUICE). Selon le compte rendu de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), cette réunion faisait suite à la note circulaire du 27 mai 2025, qui instaure de nouvelles procédures d’inspection avant expédition des biens vers la RDC.
Bureau Veritas, organisme de contrôle agréé par l’OCC, joue un rôle central dans ce nouveau dispositif. À l’issue de son examen, il délivre soit une Notification préliminaire (PN) pour les marchandises jugées conformes aux normes congolaises, soit un Avis de refus d’attestation (ARA) pour celles qui ne le sont pas. Cette vérification à l’entrepôt permet aux exportateurs d’apporter les corrections nécessaires avant l’expédition.
Il revient désormais aux importateurs d’informer leurs fournisseurs que toute marchandise destinée à la RDC doit faire l’objet d’un contrôle préalable obligatoire. Ce contrôle, mené par Bureau Veritas, porte sur la qualité, la quantité, le prix et la conformité des marchandises, conformément au contrat qui lie l’organisme de contrôle à l’OCC. Les fournisseurs devront également transmettre l’ensemble des documents requis dans le cadre de cette procédure.
Selon le nouveau manuel des procédures, toutes les demandes d’inspection doivent être introduites via la plateforme en ligne Verigates.
Le changement majeur introduit par cette réforme concerne l’Attestation de vérification (AV), devenue désormais indispensable pour le dédouanement. Ce document est délivré par le GUICE une fois le dossier validé dans son intégralité en ligne. Il constitue désormais la pièce maîtresse du processus douanier.
Cette réforme s’inscrit dans la continuité du mandat confié à Bureau Veritas BIVAC depuis 2017 par l’OCC, pour assurer le contrôle des importations selon les standards nationaux et internationaux. Elle poursuit deux objectifs : optimiser la fluidité des contrôles aux frontières, en les anticipant dans les pays exportateurs, et réduire les délais de traitement au niveau des postes frontaliers.
Certaines catégories de marchandises bénéficient toutefois d’exemptions. Sont notamment dispensés de ce contrôle préalable : les biens de faible valeur (inférieurs à 2 500 dollars), les bagages accompagnés, les dons à caractère humanitaire et les produits frais comme les fruits, légumes ou poissons.
Timothée Manoke, stagiaire
Cement prices in Kindu, capital of the Maniema province, have fallen sharply following the arrival of a new shipment from the Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). The city had faced several weeks of cement shortages, but the delivery of 530 tons from Ubundu (Tshopo) has helped ease the crisis.
Before the shipment, a 50 kg bag of gray cement was selling for as much as $50 on the local market. Since the boat docked, prices have dropped to around $35 to $36 per bag, representing a nearly 30% decrease. The price reduction is bringing relief to the construction sector in Kindu, which had been under pressure due to high material costs.
According to the Congolese Employers Federation (FEC), this shipment signals positive momentum for economic activity in the city. Raymond Ngadi Tshikunga, director of the SNCC's river-rail operations for Kindu–Maniema, told Radio Okapi that more deliveries are expected in the coming weeks. The vessel will return to Ubundu to transport additional goods.
This logistical operation also marks the reopening of the vital river corridor connecting Kindu to Ubundu, a key supply route for the city. SNCC has announced plans to run cargo rotations every 30 to 40 days, which could help ensure a more stable flow of goods to the area.
The African Development Bank (AfDB) is moving ahead with preparatory work for the construction of a bridge over the Oubangui River, aimed at linking Zongo in the Democratic Republic of Congo (DRC) with Bangui, the capital of the Central African Republic (CAR). During a site mission on July 3, 2025, alongside an AfDB delegation, Billy Tshibambe, head of the infrastructure unit, announced that while the project is still in its technical, legal, and institutional structuring phase, formal financing is expected in 2026.
The bridge is part of a broader multinational initiative coordinated by the AfDB. It also includes developing missing road links along the corridors from Bangui (CAR) to Kisangani (DRC) and Kampala (Uganda), and from Kisangani to Bujumbura (Burundi). The project aligns with the strategic Trans-African Highway (TAH) No. 8 (Lagos-Mombasa) and incorporates trade and transit facilitation measures, as well as the installation of one-stop border posts.
Preparatory studies for the various project components are estimated at $3.1 million. These were originally scheduled for completion in June 2024. For the bridge, the plan includes finalizing preliminary design studies (APS), detailed design studies (APD), bidding documents for contractor selection, and the appointment of construction oversight firms.
For the missing segments of the road corridors, APS studies are also required. A separate transport, trade, and transit facilitation study is planned, which includes the construction of one-stop border posts (PCUFs) between DRC, CAR, Burundi, and Uganda. A road safety and infrastructure preservation program is also under consideration.
Funding Awaits Technical, Environmental Reviews
At this stage, stakeholders from the DRC, CAR, Burundi, and Uganda are awaiting the completion of technical and environmental studies before any funding is mobilized. A steering committee will be established to oversee the project, working closely with relevant sectoral ministries, particularly the Ministry of Land Planning in the DRC.
This initiative also ties into a broader regional effort launched in June 2024, with the signing of a letter of intent between the Congolese government, the European Union, France, and several technical partners. The aim is to develop African Corridor No. 6 (Akula-Gemena-Zongo-Bangui), a 400-kilometer route designed to open up the Grand Équateur region and boost trade connectivity between the DRC and CAR.
Boaz Kabeya (Intern)
La Banque africaine de développement (BAD) poursuit les travaux préparatoires en vue de la construction d’un pont sur la rivière Oubangui, destiné à relier la ville de Zongo, en République démocratique du Congo (RDC), à Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA). En mission sur le site le 3 juillet 2025 aux côtés d’une délégation de la BAD, le chef de la cellule infrastructures, Billy Tshibambe, a annoncé que le financement du projet, encore en phase de structuration technique, juridique et institutionnelle, devrait faire l’objet d’un accord formel en 2026.
La construction de ce pont s’inscrit dans le cadre d’un projet multinational coordonné par la BAD. Il comprend également l’aménagement des chaînons manquants des corridors routiers Bangui (RCA) – Kisangani (RDC) – Kampala (Ouganda) et Kisangani – Bujumbura (Burundi). Ce projet, adossé à l’axe stratégique de la Transafricaine TAH n°8 (Lagos–Mombasa), intègre également des mesures de facilitation du commerce et du transit, ainsi que l’installation de postes de contrôle unique aux frontières.
Les études préparatoires de ces différents volets sont estimées à 3,1 millions de dollars. Elles auraient dû s’achever en juin 2024. Pour la construction du pont, y compris son raccordement aux réseaux routiers existants, il est prévu de finaliser les études d’avant-projet sommaire (APS), les avant-projets détaillés (APD), les dossiers d’appel d’offres (DAO) pour la sélection des entreprises, ainsi que la désignation des bureaux de contrôle des travaux.
Concernant les chaînons manquants des corridors routiers précités, les APS devront également être réalisés. Une étude de facilitation des transports, du commerce et du transit est aussi prévue sur ces axes, incluant la construction de postes de contrôle frontaliers (PCUFs) entre la RDC, la RCA, le Burundi et l’Ouganda. Un programme de sécurité routière et de préservation du patrimoine routier est également envisagé.
À ce stade, les différentes parties prenantes – RDC, RCA, Burundi et Ouganda – attendent la finalisation des études techniques et environnementales avant toute mobilisation de fonds. Un comité de pilotage sera institué pour le suivi du projet, en coordination avec les ministères sectoriels concernés, notamment celui de l’Aménagement du territoire en RDC.
Ce projet s’inscrit aussi dans une autre dynamique enclenchée en juin 2024, avec la signature d’une lettre d’intention entre le gouvernement congolais, l’Union européenne, la France et plusieurs partenaires techniques, en vue du développement du corridor africain n°6 (Akula–Gemena–Zongo–Bangui). Ce corridor de plus de 400 km vise à désenclaver la région du Grand Équateur et à renforcer la connectivité commerciale entre la RDC et la RCA.
Boaz Kabeya, stagiaire
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Après plusieurs semaines de pénurie, la ville de Kindu, capitale de la province du Maniema, connaît une baisse notable des prix du ciment gris. Cette tendance s’explique par l’arrivée d’un bateau de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) ayant livré une cargaison de 530 tonnes de ciment en provenance d’Ubundu (Tshopo), répondant ainsi à la commande des opérateurs économiques locaux.
Avant ce ravitaillement, le sac de 50 kg de ciment atteignait jusqu’à 50 dollars américains sur le marché local. Depuis l’accostage du navire, les prix ont chuté à environ 35-36 dollars, soit une baisse de près de 30 %. Cette évolution redonne un souffle nouveau aux activités du secteur du bâtiment dans cette ville.
D'après la Fédération des entreprises du Congo (FEC), la livraison de cette cargaison envoie un signal encourageant pour la reprise de l'activité économique. Pour Raymond Ngadi Tshikunga, directeur de la région fleuve-rails de la SNCC Kindu–Maniema, cité par Radio Okapi, de nouvelles livraisons sont attendues dans les prochaines semaines. Le bateau repartira vers Ubundu pour ramener de nouvelles marchandises.
Toutefois, cette opération logistique marque aussi la reprise du trafic sur le corridor fluvial reliant Kindu à Ubundu, jugé essentiel pour l’approvisionnement de la ville en biens. Dans la foulée, la SNCC annonce désormais une rotation des convois tous les 30 à 40 jours, ce qui pourrait garantir une stabilité dans les flux de marchandises.
Ronsard Luabeya, stagiaire
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Smuggling of cheap goods from Uganda has forced 15 of Ariwara’s 25 factories to shut down since 2022, the Association of Tenants and Manufacturers of the Aru Territory told Radio Okapi.
The closures have hit companies producing soap, water, bread, wine, and other alcoholic drinks. This wave of shutdowns has weakened Ariwara’s economy, driven up unemployment, and fueled juvenile delinquency.
“We ask the provincial and national governments to support these companies that have closed and those still operating under many difficulties, in order to understand their situation,” said Samuel Nyabho Mugabhayo, president of the local branch of the Federation of Congolese Enterprises (FEC).
Ariwara sits just 12 kilometers from the Ugandan border and has long been a key commercial hub for trade between Ituri and Uganda. Smugglers have flooded Ariwara with products like coffee, tobacco, and other consumer goods for years.
Gold mined in Ituri and Haut-Uélé also flows through Ariwara. Reports show armed groups profit from smuggling these minerals, which are then trafficked through Uganda, Burundi, and Rwanda, with their origins often concealed.
This article was initially published in French by Boaz Kabeya, Intern
Edited in English by Ange Jason Quenum
La société Alphamin Resources, opérateur de Bisie, la plus importante mine d’étain de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé, le 25 juin 2025, la nomination de John Robertson en qualité d’administrateur, sous réserve de l’approbation des autorités réglementaires. Cette décision intervient trois mois après son départ de la direction générale d’Alphamin Bisie Mining SA (ABM), filiale contrôlée à 84 % par la maison mère, où il a exercé entre septembre 2023 et mars 2025.
Cette nomination survient également quelques jours après l’annonce de la démission de Rudolf Pretorius du conseil d’administration. Ce dernier, représentant de Tremont Master Holdings, y siégeait depuis 2014. La compagnie ne précise toutefois pas si la nomination de John Robertson vise à remplacer directement le démissionnaire.
Ces mouvements s’inscrivent dans un contexte de mutation capitalistique pour Alphamin. Début juin, International Resources Holding (IRH), filiale du conglomérat émirati IHC, a conclu un accord pour acquérir la quasi-totalité de Tremont Master Holdings. Cette opération, une fois validée par les autorités congolaises, permettra à IRH de prendre le contrôle indirect de 56 % du capital d’Alphamin Resources.
Professionnel du secteur minier avec plus de 30 ans d’expérience, notamment en Afrique, John Robertson est reconnu pour sa capacité à piloter des sites complexes, tant à ciel ouvert que souterrains, et pour sa maîtrise des standards internationaux d’exploration, d’évaluation et de gestion des ressources minérales. Durant son mandat en RDC, il a dirigé les opérations d’ABM dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par la menace du groupe armé M23 dans la province du Nord-Kivu.
Avec cette nomination, John Robertson pourra mettre à profit sa connaissance du terrain congolais et de ses enjeux géopolitiques pour accompagner l’ingénieur sud-africain Jac Van Heerden, son successeur à la tête d’ABM depuis avril 2025. Ce dernier s’est vu confier la mission de stabiliser les opérations de la mine de Bisie et de renforcer l’ancrage local d’Alphamin dans un environnement à la fois stratégique et fragile.
Boaz Kabeya, stagiaire
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Selon l’Association des tenanciers et fabricants du territoire d’Aru, environ 15 des 25 unités industrielles d’Ariwara, dans la province de l’Ituri, ont fermé leurs portes depuis 2022, rapporte Radio Okapi. Cette situation est attribuée à la concurrence déloyale exercée par les produits importés frauduleusement, notamment depuis l’Ouganda.
Les industries concernées opéraient dans la production de savon, d’eau, de pain, de vin et d’autres boissons alcoolisées. La fermeture de ces entreprises a fragilisé l’économie locale, provoqué une hausse du chômage et accru les risques de délinquance juvénile.
« Nous demandons au gouvernement provincial et national d’accompagner ces entreprises qui ont fermé et celles qui continuent à fonctionner avec plusieurs difficultés, afin de comprendre leur situation », plaide Samuel Nyabho Mugabhayo, président de la branche locale de la Fédération des entreprises du Congo (FEC).
La province de l’Ituri entretient depuis longtemps des liens commerciaux et culturels avec l’Ouganda. Ariwara, située à environ 12 kilomètres de la frontière, constitue un centre commercial stratégique. Des réseaux de contrebande de produits comme le café, le tabac et divers biens de consommation y sont actifs depuis plusieurs années.
Outre ces produits, Ariwara est également un point de transit pour l’or provenant de l’Ituri et du Haut-Uélé. De nombreux rapports ont documenté l’implication de groupes armés dans ce commerce illicite de minerais. Ces ressources, dont l’origine est souvent dissimulée, sont exportées par des réseaux de contrebande qui transitent par l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda.
Boaz Kabeya, stagiaire
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