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Mines : la RDC annonce la création d’une unité paramilitaire à 100 millions $

Mines : la RDC annonce la création d’une unité paramilitaire à 100 millions $

L’Inspection générale des mines (IGM) a annoncé, le 27 avril 2026, la création d’une unité paramilitaire dénommée « Garde minière », dédiée à la sécurisation de l’ensemble de la chaîne d’exploitation des minerais en République démocratique du Congo (RDC). Selon son communiqué, cette unité aura pour principales missions la sécurisation des sites miniers, l’escorte des minerais depuis les zones d’extraction jusqu’aux unités de traitement et aux points de sortie, ainsi que le renforcement de la traçabilité le long de la chaîne de valeur.

Le programme est présenté comme étant financé à hauteur de 100 millions de dollars et inscrit dans le cadre de partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis et les Émirats arabes unis. Le calendrier évoqué prévoit le lancement du recrutement dès mai 2026, suivi d’une formation de six mois en collaboration avec la Maison militaire, avant un déploiement progressif. À terme, les effectifs pourraient atteindre plus de 20 000 agents, répartis dans les 22 provinces minières sous supervision de l’IGM d’ici à 2028.

Cette annonce a suscité des réactions critiques. Plusieurs Congolais rappellent notamment qu’il existe déjà une Police des mines intégrée à la Police nationale, chargée de missions de sécurisation et de contrôle dans le secteur. Ils soulèvent des interrogations d’ordre juridique, budgétaire et institutionnel, estimant que la création d’une nouvelle force pourrait entraîner un chevauchement avec les dispositifs existants.

En décembre 2015, la RDC a créé la Police des mines pour répondre aux besoins de sécurisation des opérations jusqu’ici assurées par des éléments des Forces armées de la RDC (FARDC), et interdire officiellement leur présence sur les sites. Mais plusieurs rapports ont continué à documenter des cas d’interférences persistantes, ainsi que des allégations de violations des droits humains, incluant des arrestations arbitraires, des extorsions ou des occupations illégales de sites.

Réformes du dispositif de lutte contre la fraude

Selon Africa Intelligence, le groupe minier Eurasian Resources Group (ERG) aurait même déposé une plainte contre des hauts gradés des FARDC pour des faits présumés d’exploitation illégale à échelle quasi industrielle sur certaines de ses concessions dans l’ex-Katanga. Ces activités auraient engendré des pertes estimées à près de 2 milliards de dollars par an pour l’entreprise et pour le Trésor public, selon cette source.

Dans ce contexte, l’IGM indique que la Garde minière vise à remplacer progressivement les éléments des forces de défense actuellement déployés dans les zones minières. Mais le communiqué reste muet sur son articulation avec la Police des mines. Le texte portant création, organisation et fonctionnement de la Garde minière devrait permettre d’y voir plus clair et d’en savoir davantage sur la chaîne de commandement, ainsi que sur les pouvoirs de cette unité en matière d’intervention, d’arrestation ou de contrôle.

Par ailleurs, cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de réformes du dispositif de lutte contre la fraude et la contrebande minières. En 2025, les autorités ont procédé à une réorganisation de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière, dans un contexte de critiques liées à son efficacité et à sa couverture opérationnelle.

Sur le terrain, les difficultés de sécurisation de la chaîne logistique restent visibles. Dans le Haut-Katanga, des mesures telles que l’instauration d’escortes sécuritaires pour les camions transportant des cathodes de cuivre sur certains axes routiers ont récemment été mises en place afin de limiter les risques de pillage.

Enfin, la création de la Garde minière pourrait s’inscrire dans une logique de renforcement des capacités techniques, en lien avec des appuis extérieurs. Des informations relayées par la presse internationale font état du recours à des services de conseil en sécurité, notamment via des acteurs privés spécialisés, dans le but d’améliorer le contrôle des flux miniers et la sécurisation des recettes.

Timothée Manoke

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