La Minière de Bakwanga (MIBA) pourrait devenir l’un des premiers sites miniers appelés à tester la solution énergétique proposée par ONYO-BT SARL, une technologie encore peu documentée en République démocratique du Congo.
Le ministre des Mines, Louis Watum, et Bryan Tshibanda, directeur général de cette société, ont signé, le 12 juin 2026, un protocole d’accord visant à encadrer une phase pilote d’alimentation électrique destinée à l’usine et à la cité MIBA, à partir d’une production annoncée sur le site de Lupatapata, dans la province du Kasaï-Oriental.
Cette phase pilote devrait permettre d’évaluer, sur le terrain, la capacité de cette solution à répondre aux besoins énergétiques d’un site minier, avant toute éventuelle extension à d’autres sites du Grand Kasaï.
Depuis plusieurs mois, ONYO-BT affirme développer à Lupatapata une solution de production électrique autonome ne recourant pas aux sources conventionnelles et ne générant pas d’émissions de fumée.
« Nous avons neuf minerais stratégiques que la société exploite en dehors du pays. Nous avons installé des laboratoires pour pouvoir transformer ces minerais sous forme de composants semi-électroniques et ce sont ces composants-là qui rentrent ici au pays. Et au niveau de nos ateliers à Kinshasa et ailleurs, on arrive à produire un noyau énergétique et ce noyau énergétique produit effectivement une puissance de manière illimitée… », explique un technicien de l’entreprise cité par l’Agence congolaise de presse.
Appui institutionnel
En février 2026, ONYO-BT avait annoncé la réception d’équipements destinés à la phase de production et de distribution de son installation énergétique. L’entreprise évoquait alors une capacité totale de 610 MW, répartie en plusieurs unités de production.
À ce stade, les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir de manière indépendante la nature exacte du procédé, sa capacité réellement disponible, son niveau de raccordement ni son coût de production.
Les contacts entre ONYO-BT et le ministère des Mines avaient débuté avant la signature du protocole. Fin mai 2026, les responsables de l’entreprise avaient présenté leur technologie au ministre des Mines en mettant notamment en avant son potentiel pour les sites miniers éloignés des grands réseaux électriques.
Cette rencontre avait déjà évoqué la possibilité d’une collaboration avec des opérateurs miniers du pays. À travers ce protocole, le ministère des Mines entend apporter un appui institutionnel à ONYO-BT SARL, notamment dans les démarches nécessaires à l’obtention des autorisations requises auprès des instances compétentes.
Le partenariat s’inscrit dans la volonté affichée du gouvernement de diversifier les infrastructures énergétiques en appui au secteur minier. Mais plusieurs inconnues demeurent. Ni le calendrier précis de mise en œuvre, ni les modalités de financement, ni la capacité effectivement mobilisable pour la MIBA n’ont encore été dévoilés.
Boaz Kabeya
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