L’utilisation des 50 millions de dollars destinés à la relance de la Société minière de Bakwanga (MIBA) reste conditionnée à la réalisation de plusieurs préalables, dont un audit général de l’entreprise. C’est ce qu’a affirmé le président du conseil d’administration de la société, Jean-Charles Okoto (photo), dans un entretien accordé aux médias locaux. Selon lui, cette exigence émane des actionnaires de la MIBA, notamment l’État congolais, qui détient 80 % du capital, et le groupe ASA Resources, actionnaire minoritaire avec 20 % des parts.
Le processus envisagé comprend un audit général de la société, un inventaire du patrimoine ainsi que la validation du plan minimum de relance avant son exécution effective.
Évalué à environ 70 millions de dollars, ce plan vise une production de près de 2,5 millions de carats en 2026. Il s’articule autour de cinq axes prioritaires : la certification des réserves minières, la sécurisation des concessions, les investissements productifs, la prise en charge des charges du personnel, ainsi que la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation et d’autres investissements stratégiques.
Jean-Charles Okoto affirme que les financements annoncés sont déjà disponibles. « Les 50 millions sont bel et bien existants et disponibles pour la MIBA. Il y a également, selon les dernières informations, 20 millions supplémentaires disponibles, ce qui porte l’enveloppe à plus de 70 millions de dollars pour couvrir le budget du plan minimum de relance actuellement en cours de validation », a-t-il déclaré.
Le président du conseil d’administration a également indiqué que l’actionnaire minoritaire devra mobiliser des ressources additionnelles afin d’accompagner le processus. Au regard de sa participation de 20 %, ASA Resources pourrait être appelée à apporter environ 12,5 millions de dollars, si les actionnaires entendent maintenir l’équilibre actuel du capital.
Ces déclarations interviennent alors que la direction générale de la MIBA a déjà engagé certaines démarches liées à la relance des activités. Début mai, le directeur général André Kabanda Kana a attribué provisoirement à la société sud-africaine Bond Equipment (PTY) LTD un marché portant sur l’acquisition d’équipements industriels destinés aux opérations de la MIBA à Mbuji-Mayi, à l’issue d’un appel d’offres.
Le montant total du contrat s’élève à 57,45 millions de dollars TTC, répartis en cinq lots, auxquels s’ajoutent environ 2,3 millions de dollars de frais de transport. Les spécifications techniques des équipements concernés n’ont toutefois pas été précisées dans l’avis consulté.
À ce stade, les documents disponibles ne permettent pas d’établir si ce marché sera directement financé par les 50 millions de dollars annoncés pour la relance. La validation du plan minimum, l’audit général et l’inventaire du patrimoine apparaissent donc comme des étapes déterminantes avant l’utilisation effective des fonds.
Ronsard Luabeya
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