Dans son rapport financier du premier trimestre 2026, publié le 6 mai, Ivanhoe Mines annonce avoir lancé un appel d’offres pour le développement d’une centrale solaire de 10 MW avec système de stockage par batteries, destinée à alimenter la mine de zinc de Kipushi, en République démocratique du Congo.
Selon le groupe, l’installation doit fournir une alimentation de base continue grâce à une capacité de stockage pouvant atteindre 200 MWh sur 24 heures. Le projet sera implanté sur un site de 70 hectares situé à proximité de la mine. Il devrait être développé, détenu et exploité par un partenaire tiers dans le cadre d’un contrat de type « take-or-pay ». Sa mise en service est visée pour fin 2027.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par des difficultés persistantes d’approvisionnement électrique à Kipushi. Dans son rapport financier publié le 27 août 2025, Ivanhoe indiquait déjà poursuivre le renforcement de ses capacités de secours avec l’installation de 6 MW additionnels de générateurs destinés à soutenir les opérations pendant les périodes d’instabilité du réseau.
Le groupe précisait également, dans ses résultats annuels publiés le 15 janvier 2026, avoir renforcé les capacités des générateurs de secours de Kipushi au quatrième trimestre 2025 afin de limiter les perturbations liées au réseau électrique congolais.
Malgré ces mesures, Ivanhoe reconnaissait encore, dans son rapport du premier trimestre 2026, que la disponibilité du concentrateur de Kipushi restait affectée par l’instabilité du réseau électrique. Le groupe indique avoir augmenté de 20 % les capacités des générateurs de secours sur le site, désormais portées à 20 MW.
Parallèlement, les travaux de modernisation du poste électrique d’alimentation 120 kV de Kipushi ont été achevés et mis en service à la fin du premier trimestre 2026. Selon la compagnie, ces améliorations doivent permettre de mieux contrôler les fluctuations du réseau et de protéger des infrastructures stratégiques comme le concentrateur.
Montée en puissance
Le projet solaire vise ainsi à réduire la dépendance aux générateurs diesel de secours utilisés de manière intermittente.
La mine de Kipushi connaît, dans le même temps, une montée en puissance rapide de sa production. Selon les résultats opérationnels publiés le 15 janvier 2026, cette mine de zinc, détenue à 62 % par Ivanhoe Mines et à 38 % par la Gécamines, a quadruplé sa production en 2025 pour atteindre 203 168 tonnes de concentré de zinc, contre 50 307 tonnes en 2024.
Cette progression découle notamment de travaux d’ingénierie engagés dès septembre 2024 afin d’augmenter de 20 % les capacités du concentrateur de traitement du minerai. Le programme d’optimisation a été achevé début août 2025.
La dynamique s’est poursuivie au premier trimestre 2026. Ivanhoe rapporte que Kipushi a produit 65 044 tonnes de zinc en concentré sur les trois premiers mois de l’année, contre 42 736 tonnes un an plus tôt. Les ventes ont également atteint 54 940 tonnes de zinc, contre 30 108 tonnes au premier trimestre 2025, pour un prix moyen réalisé de 1,47 dollar par livre.
Pour 2026, le groupe vise une production comprise entre 240 000 et 290 000 tonnes de concentré. Dans ce contexte, la sécurisation de l’alimentation électrique apparaît comme un enjeu central pour stabiliser les opérations et soutenir la montée en cadence du site.
Cette stratégie énergétique s’inscrit plus largement dans les investissements engagés par Ivanhoe en RDC. À Kamoa Copper, coentreprise réunissant Ivanhoe Mines, Zijin Mining Group, Crystal River Global Limited et l’État congolais, une centrale solaire de 60 MW est actuellement en construction près de Kolwezi. L’entreprise a aussi entamé la signature de contrats pour la deuxième phase de ce programme, destinée à porter ses capacités solaires à 120 MW.
Timothée Manoke
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