Kamoto Copper Company SA (KCC), filiale du groupe suisse Glencore, accélère l’intégration de ses opérations logistiques en RDC. L’entreprise a annoncé l’ouverture prochaine d’un bureau de douane et d’un guichet unique directement sur son site minier de Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Dans une communication publiée, mi-mai 2026, sur LinkedIn, KCC explique que cette infrastructure vise à centraliser, sur un même site, l’ensemble des services publics impliqués dans les procédures douanières et d’exportation. L’entreprise présente ce dispositif comme un levier destiné à simplifier les formalités administratives, réduire les délais de traitement et fluidifier les mouvements logistiques liés à ses activités minières.
« Cette initiative marque une avancée importante dans la simplification et la modernisation de nos processus logistiques », indique la société, qui affirme vouloir accélérer la libération des camions et renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes intervenant dans les opérations d’import-export.
Fluidifier les exportations
Dans l’industrie minière congolaise, fortement dépendante des exportations de cuivre et de cobalt, la rapidité des procédures administratives constitue un enjeu stratégique. Les retards douaniers, l’immobilisation des camions ou les lenteurs documentaires peuvent affecter les coûts logistiques, la rotation des équipements et les cadences de production.
Le rapprochement des services douaniers des sites miniers n’est pas inédit en RDC. Plusieurs grands opérateurs disposent déjà d’entrepôts sous douane agréés ou de mécanismes accélérés de traitement des formalités d’exportation.
Le manuel des procédures minières de la RDC prévoit d’ailleurs une coordination entre plusieurs administrations, notamment la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office congolais de contrôle (OCC) et les services miniers, autour des opérations d’exportation et des entrepôts sous douane agréés.
L’initiative de KCC intervient dans un contexte où les groupes miniers cherchent à renforcer la fluidité de leurs chaînes logistiques, alors que la production de cuivre et de cobalt continue de progresser dans le Lualaba et le Haut-Katanga.
Un contexte fiscal tendu
Le projet intervient également dans un environnement marqué par un durcissement des contrôles fiscaux et réglementaires dans le secteur extractif congolais. En 2024, la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD) avait engagé un contentieux portant sur environ 895 millions de dollars réclamés à des filiales locales de Glencore.
Plus récemment, Africa Intelligence a révélé que la Direction générale des impôts (DGI) réclamait environ 4,7 milliards de dollars à KCC et Mutanda Mining (MUMI) au titre de redressements fiscaux couvrant les exercices 2022 et 2023. Selon la publication, la DGI réclame environ 3 milliards de dollars à KCC et 1,7 milliard à MUMI.
Glencore a contesté ces réclamations, les qualifiant de « totalement dénuées de fondement », tandis que l’administration fiscale congolaise estime que certaines filiales du groupe minoreraient leurs résultats fiscaux.
Dans ce contexte, l’installation d’un guichet unique et d’un bureau de douane directement sur le site de KCC peut aussi être interprétée comme une démarche visant à renforcer la traçabilité administrative et la conformité des opérations logistiques, dans un environnement où les exigences de contrôle se renforcent progressivement.
Boaz Kabeya
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