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Envahissement des sites miniers : Kinshasa prépare la libération d’une concession d’ERG

Envahissement des sites miniers : Kinshasa prépare la libération d’une concession d’ERG

À la suite de l’éboulement survenu dans la nuit du 10 au 11 mars 2026 sur le site de Safi, à Kakanda, dans la province du Lualaba, qui a fait 11 morts, Kinshasa a dévoilé un plan pour reprendre le contrôle de cette concession de Boss Mining, filiale du groupe Eurasian Resources Group (ERG), occupée par des exploitants illégaux. Dans un communiqué daté du 17 mars, le gouvernement congolais annonce une série de mesures articulées autour de l’évacuation du site, de la relocalisation des creuseurs artisanaux et de la sécurisation de ce périmètre minier.

Concrètement, il est question identifier et à transférer progressivement les creuseurs artisanaux vers des zones d’exploitation artisanale (ZEA) spécifiquement aménagées, afin de les éloigner des concessions industrielles. La mise en œuvre se fera avec le concours du Service d’assistance et d’encadrement des exploitants miniers artisanaux et à petite échelle (SAEMAPE) et des autorités provinciales.

« Ce dispositif vise à offrir aux exploitants de bonne foi un cadre de travail digne et légal, hors des périmètres industriels, tout en assurant un accompagnement technique et sécuritaire permanent par les services de l’État », explique le ministère des Mines. Objectif revendiqué : « rétablir le titulaire légal, Boss Mining, dans la plénitude de ses droits sur la concession (PE 469) ». Pour ce faire, l’État dit d’ailleurs s’engager « à mener à bien les étapes nécessaires à la sécurisation totale du site, afin de permettre, à terme, la reprise des activités industrielles dans un environnement assaini, libéré de toute occupation non autorisée ou interférence illicite ».

Depuis quelques années, les concessions d’ERG font face à des intrusions récurrentes d’exploitants illégaux. La concession de Boss Mining a, par exemple, été envahie après la suspension, en 2023, des activités de l’entreprise à la suite de plusieurs incidents. Selon Boss Mining, ces intrusions peuvent mobiliser quotidiennement plus de 200 camions transportant des cargaisons de cuivre et de cobalt, représentant des pertes évaluées à 1,8 million de dollars par jour.

Pour répondre à cette situation, ERG a signé, le 10 février 2026, un protocole d’accord avec l’Entreprise générale du cobalt (EGC). Ce partenariat vise à structurer l’exploitation artisanale à travers des zones encadrées, des mécanismes de traçabilité et une amélioration des conditions de travail, tout en séparant cette production des circuits industriels.

« Rétablir l’autorité de l’État »

De l’avis même des autorités, l’ampleur du phénomène est telle que la question préoccupe aujourd’hui jusqu’au sommet de l’État : « Le secteur minier artisanal commence réellement à devenir une difficulté. Il y a beaucoup de morts parmi nos compatriotes dits artisans miniers. Mais il y a aussi l’envahissement des sites industriels, ce qui ne donne pas une bonne image à l’extérieur de la capacité de la RDC à garantir la sécurité des investissements qui y sont réalisés. Nous sommes donc très préoccupés par cette situation. Ce sont des questions qui sont portées au plus haut niveau, et nous avons foi que des solutions seront bientôt trouvées. », a indiqué Jean-Marie Kanda, conseiller principal du président Félix Tshisekedi en charge des mines, dans le podcast du cabinet Innogence Consulting diffusé en janvier dernier.

Maintes fois interpellé sur le sujet, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, affirme être à la tâche, notamment avec son collègue de l’Intérieur, pour « rétablir l’autorité de l’État ». Il faut dire que les exploitants illégaux sont réputés bénéficier du soutien d’acteurs politiques haut placés et de responsables des forces de sécurité. Il y a quelques semaines, la question était d’ailleurs au centre d’une réunion de la Commission de la fraude minière réunissant les deux ministres.

Dans son communiqué du 17 mars, le ministère des Mines dit réaffirmer son engagement à mettre un terme à l’exploitation minière illégale et à accélérer la formalisation du secteur artisanal. Il indique que les entités de traitement ayant acquis des minerais issus de sites illicites restent suspendues et que la justice a été saisie afin de poursuivre les responsables de l’exploitation clandestine.

Il reste que certaines mesures prennent du temps à se concrétiser. À titre d’illustration, l’identification de 64 ZEA dans le Lualaba, annoncée en novembre 2025 après le drame survenu sur le site de Kalando, n’était toujours pas opérationnelle au mois de février. Selon le directeur général du Cadastre minier, Popol Mabolia, seule une dizaine de zones avaient déjà été identifiées. Et celles-ci devaient encore être viabilisées avant leur attribution aux coopératives minières et aux exploitants artisanaux.

Pierre Mukoko et Boaz Kabeya

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