Annoncées en novembre 2025 par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, à la suite du drame survenu sur le site de Kalando, dans la province du Lualaba, les 64 zones d’exploitation artisanale (ZEA) ne sont toujours pas opérationnelles. Si le processus d’identification est officiellement engagé, la mise en œuvre s’annonce longue et progressive.
Le Cadastre minier, organe chargé de la gestion du domaine minier, a confirmé avoir lancé les travaux d’identification des ZEA en collaboration avec le Service géologique national du Congo (SGNC). Selon son directeur général, Popol Mabolia, une dizaine de zones ont déjà été identifiées dans une première phase. Celles-ci doivent encore être viabilisées avant leur attribution aux coopératives minières et aux exploitants artisanaux.
« C’est un processus qui est en marche et nous allons y arriver finalement. Mais on ne peut pas, du jour au lendemain, disposer de 64 zones prêtes. Au Cadastre minier, nous avons déjà identifié celles qui peuvent être avancées, pour que les creuseurs qui travaillent d’un côté puissent, le lendemain, travailler directement de l’autre côté », a-t-il expliqué, interrogé par la presse lors de la conférence Mining Indaba, qui s’est achevée le 12 février 2026 à Cape Town (Afrique du Sud).
En attendant leur mise en service effective, l’absence de ZEA disponibles continue d’alimenter les tensions sur le terrain. Plusieurs concessions industrielles restent exposées aux incursions d’exploitants artisanaux, alors que la réforme initiée par le ministère des Mines vise à réduire la pression exercée sur les sites industriels et à orienter les creuseurs vers des sites légalement encadrés.
Dans ce contexte, certaines entreprises minières accélèrent leurs propres initiatives d’encadrement. C’est le cas d’Eurasian Resources Group (ERG), qui a conclu un protocole d’accord avec l’Entreprise générale du cobalt (EGC) en vue de formaliser et structurer l’exploitation artisanale dans le Lualaba. Selon la Fédération des entreprises du Congo, ERG aurait déjà enregistré près de 3 milliards de dollars de pertes liées aux perturbations sur ses sites.
Ronsard Luabeya
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