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Aéroport de N’djili : le paiement de la taxe d’embarquement digitalisé dès juillet 2026

Aéroport de N’djili : le paiement de la taxe d’embarquement digitalisé dès juillet 2026

Le ministre provincial des Finances de la Ville de Kinshasa, Magloire Kabemba, a annoncé, le 11 juin 2026, l’entrée en vigueur, dès juillet, d’un dispositif de paiement électronique de la taxe statistique d’embarquement perçue à l’aéroport international de N’djili.

Cette annonce est intervenue lors d’une visite effectuée à l’aéroport, au cours de laquelle le ministre provincial a constaté l’installation des équipements destinés à la mise en œuvre du nouveau système de collecte.

La taxe statistique d’embarquement, communément appelée « taxe Kimbuta », correspond à la quote-part provinciale de 5 dollars américains payée par les passagers au départ des aéroports de Kinshasa. Elle s’ajoute à l’IDEF passager, plus connu sous l’appellation Go-Pass, une redevance aéroportuaire gérée par la Régie des voies aériennes (RVA).

Selon les modalités annoncées, les montants payés par les voyageurs resteront inchangés. Pour les vols domestiques, le total exigé continuera de s’élever à 15 dollars, dont 10 dollars pour la RVA et 5 dollars pour la Ville de Kinshasa. Pour les vols internationaux, il restera fixé à 55 dollars, dont 50 dollars pour la RVA et 5 dollars pour la province.

La principale évolution concerne donc le mode de paiement de cette quote-part provinciale, qui devra désormais être réglée par voie électronique. À travers cette numérisation, la Ville de Kinshasa entend améliorer la traçabilité des fonds générés par cette taxe et réduire les faiblesses du système actuel de collecte.

Recettes à sécuriser

Ces préoccupations ne sont pas nouvelles. Dans un article publié en octobre 2019, DeskEco relevait déjà des écarts importants entre les recettes théoriques attendues et les montants effectivement mobilisés au titre de la taxe statistique d’embarquement.

Le média rapportait que la Ville de Kinshasa avait encaissé environ 1,409 million de dollars entre 2017 et juin 2019. Sur la base d’un trafic estimé à 420 000 passagers par an et d’une taxe de 5 dollars par passager, les recettes potentielles pouvaient pourtant atteindre plus de 2 millions de dollars par an.

Les services provinciaux évoquaient alors des difficultés d’accès aux relevés bancaires et un manque de visibilité sur les flux réels de perception. La digitalisation annoncée vise donc à répondre à un enjeu ancien de sécurisation des recettes provinciales.

Cette initiative intervient alors que la RVA mène, de son côté, un projet distinct de digitalisation du Go-Pass. Ce projet vise à remplacer les coupons papier par un système de paiement électronique permettant une meilleure traçabilité des recettes liées à l’IDEF passager.

En mars 2026, l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) avait publié la décision d’attribution provisoire du marché à Mayele SAS, pour 4,06 millions de dollars.

Ce processus a toutefois été suspendu début mai 2026 par le Comité de règlement des différends de l’ARMP, à la suite d’un recours introduit par Veritas Engineering & Project Management Consultants contre la RVA. L’entreprise contestataire demande notamment l’examen des documents ayant conduit à l’attribution provisoire du marché. L’ARMP a ordonné un audit avant toute décision définitive.

Contrats à clarifier

Le dispositif destiné à la Ville de Kinshasa aurait, pour sa part, été développé par TRAFIGO SARL, selon plusieurs médias locaux. Les informations disponibles ne précisent cependant pas la procédure ayant conduit à la sélection de cette entreprise, ni les modalités contractuelles de sa collaboration avec les autorités provinciales.

TRAFIGO est une société congolaise créée en 2016 et dirigée par Magali Kayitesa Raway. L’entreprise met en avant une expertise dans la sécurisation et la digitalisation des opérations de paiement.

Elle s’est notamment fait connaître à travers le déploiement d’un système électronique de paiement des frais de passage au poste frontalier de Kasumbalesa, pour le compte de la Direction générale des douanes et accises (DGDA).

Selon plusieurs sources médiatiques relayant les déclarations de la DGDA et de TRAFIGO, ce dispositif aurait contribué à améliorer la mobilisation des recettes et à soutenir le financement de la modernisation du poste frontalier, inauguré en octobre 2023 par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Ces résultats gagneraient toutefois à être confirmés par des données officielles consolidées.

Pour Kinshasa, la digitalisation de la quote-part provinciale de la taxe d’embarquement constitue donc un test important. Elle pourrait permettre d’améliorer le suivi des recettes, de réduire les zones d’opacité et de renforcer la capacité de la province à mobiliser ses ressources propres.

Mais l’efficacité du dispositif dépendra aussi de la transparence autour du contrat, du suivi des flux collectés et de la publication régulière des recettes effectivement reversées au Trésor provincial.

Timothée Manoke 

Lire aussi :

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