Le président Félix Tshisekedi a instruit le gouvernement de mettre en place un dispositif opérationnel et coercitif pour lutter contre l’exploitation minière illicite dans les provinces du Maniema, de l’Ituri et du Bas-Uélé. Cette orientation a été annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 24 avril 2026.
Au cœur de cette stratégie figure un mécanisme de saisie et de réaffectation des actifs issus des activités illégales. Celui-ci prévoit la saisie systématique des engins utilisés sur les sites clandestins, suivie de leur redistribution dans un cadre légal et transparent. Les équipements récupérés seraient ainsi réaffectés à des structures congolaises qualifiées, engagées dans une exploitation conforme aux normes environnementales et sociales.
Le dispositif intègre également des mesures de traçabilité et de sécurisation des sites, ainsi que l’identification, la poursuite judiciaire et la sanction, sans complaisance, de l’ensemble des acteurs impliqués, y compris leurs réseaux de soutien.
Cette dynamique devrait s’appuyer notamment sur une commission mixte associant les autorités provinciales, l’administration minière ainsi que les forces de défense et de sécurité. Déjà initiée par le ministre des Mines à l’issue de sa mission dans les zones concernées, cette structure est appelée à identifier les responsabilités et à proposer des mesures correctives.
Dans ce cadre, le chef de l’État a demandé aux ministres en charge de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice et de l’Environnement d’appuyer les efforts du ministre des Mines afin de garantir une réponse à la hauteur des enjeux.
Par ailleurs, le ministre des Mines a été chargé de formuler, dans les meilleurs délais, des propositions visant à renforcer les capacités humaines, techniques et financières de l’Inspection générale des Mines, en vue d’améliorer durablement le contrôle et la régulation du secteur.
Pour Félix Tshisekedi, l’exploitation minière illicite constitue une « spoliation organisée » des ressources naturelles du pays. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, ces activités mobilisent des engins lourds pour l’extraction de l’or et d’autres minerais stratégiques, pour des valeurs se chiffrant en milliards de dollars par an, sans bénéfice pour le Trésor public ni pour les communautés locales.
Ronsard Luabeya
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