L’opération d’assainissement du fichier de paie des enseignants, visant à supprimer les agents fictifs, a permis au Trésor public d’économiser 11 milliards de francs congolais (CDF) en 2025. L’information figure dans le rapport d’activités annuel du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté. Selon ce document, ce montant concerne uniquement la ville de Kinshasa, où la première campagne de vérification et de nettoyage du fichier de paie a été menée.
L’opération a consisté à identifier biométriquement les agents afin de permettre à l’administration de retirer des listes de paiement ceux qui ne remplissaient pas les critères d’éligibilité. Le ministère indique par ailleurs que, « fort de ce succès », le nettoyage du fichier de paie a été étendu à l’ensemble des provinces pour fiabiliser durablement la gestion du personnel et prévenir la réapparition d’agents fictifs.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large de réformes visant à mieux maîtriser les effectifs et la masse salariale de l’État. Dans un rapport publié en 2026, le Fonds monétaire international (FMI) souligne que la masse salariale publique a plus que doublé en termes nominaux entre 2021 et 2025 et a progressé de 46 % en termes réels, dépassant désormais 50 % des recettes fiscales.
Dans cette dynamique, les autorités cherchent à renforcer les outils de contrôle et la transparence de la paie. En août 2025, le ministère de la Fonction publique avait annoncé la préparation d’une opération d’identification biométrique des agents émargeant au budget annexe du pouvoir central, avec l’objectif d’interconnecter les fichiers assainis et les bases de données de la paie, afin d’éliminer les doublons et les agents non éligibles.
Timothée Manoke
Lire aussi :
Fonction publique : un pacte contre les recrutements irréguliers en RDC
Fonction publique : un audit de la paie annoncé après une hausse de la masse salariale
Fonction publique : la RDC veut maîtriser une masse salariale attendue à 4 milliards $ en 2025









