La République démocratique du Congo devrait bénéficier d’un nouveau projet d’assistance technique financé par la Banque africaine de développement (BAD) pour appuyer la mise en œuvre du Compact énergétique national, feuille de route visant à porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % à 62,5 % d’ici 2030.
Selon un communiqué publié le 30 janvier 2026, le Conseil d’administration de la BAD a approuvé un projet, doté de 3,9 millions de dollars sur une période de deux ans. Dénommé « AESTAP Mission 300 – Phase II », il concerne d’autres pays africains, dont le Tchad, le Gabon, la Tanzanie, la Mauritanie, le Kenya, le Nigéria, Madagascar, l’Éthiopie, le Malawi, le Lesotho, la Namibie et l’Ouganda. Sa mise en œuvre s’inscrit dans la deuxième phase de la Mission 300, une initiative menée conjointement avec la Banque mondiale et visant à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Le projet repose sur un appui technique destiné à convertir les plans énergétiques nationaux en raccordements effectifs pour les ménages, les écoles, les hôpitaux et les entreprises. Il doit notamment soutenir l’amélioration de la réglementation, de la planification et des mécanismes tarifaires du secteur électrique, afin de faciliter la concrétisation des investissements et de renforcer la performance des services publics, notamment par la réduction des pertes.
Le programme prévoit également un renforcement des capacités en matière de données, de recherche et d’apprentissage, à travers des outils tels que l’Indice de réglementation de l’électricité en Afrique et l’organisation de forums régionaux sur l’énergie.
Enfin, des conseillers techniques seront déployés au sein des unités nationales chargées de la mise en œuvre et du suivi des pactes énergétiques, afin d’accompagner les gouvernements dans la coordination des réformes et le suivi des progrès. Ces unités nationales ont été mises en place lors de la première phase de la Mission 300.
En RDC, le Compact énergétique ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité de 21,5 % actuellement à 62 % à l’horizon 2030, pour une population estimée à 130 millions d’habitants. Il vise également 30 % d’accès aux solutions de cuisson propre d’ici 2030.
Pour atteindre ces objectifs, le pays devra mobiliser environ 17 milliards de dollars de financement public et 20 milliards de dollars d’investissement privé, soit un investissement global de près de 37 milliards de dollars. Ces investissements doivent couvrir le développement des infrastructures de production, de transport et de distribution d’électricité, la réhabilitation des installations existantes, ainsi que la mise en œuvre de réformes stratégiques.
Un effort supplémentaire de 20 milliards de dollars sera nécessaire pour renforcer les infrastructures d’ici 2040.
Ronsard Luabeya
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