Le département du Trésor américain, à travers l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), a annoncé des sanctions contre l’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. Cette décision, rendue publique fin avril 2026, s’inscrit officiellement dans le cadre de la lutte contre les acteurs accusés de soutenir la déstabilisation de l’est du pays.
Selon le communiqué du Trésor, Joseph Kabila est sanctionné pour avoir « apporté un soutien au Mouvement du 23 mars (M23) et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC) ». Washington estime que ces acteurs alimentent « l’instabilité politique et le conflit violent dans l’est de la RDC ».
Le Trésor américain affirme notamment que l’ancien président aurait « fourni un appui financier » à des structures liées à l’AFC et « encouragé des défections au sein des FARDC », contribuant à fragiliser la situation sécuritaire dans l’est du pays. Fin septembre 2025, la justice congolaise avait déjà condamné Joseph Kabila à mort par contumace pour « complicité » avec l’AFC/M23.
Défense des accords de Washington
À la suite de cette désignation, tous les avoirs de Joseph Kabila relevant de la juridiction américaine sont gelés. Les citoyens et entreprises américaines ne peuvent plus effectuer de transactions avec lui, sauf autorisation spécifique. Le dispositif s’étend également aux entités détenues à 50 % ou plus par la personne sanctionnée, ainsi qu’aux opérations susceptibles de faciliter des échanges financiers ou matériels en lien avec celle-ci.
Washington a déjà sanctionné des responsables militaires, des réseaux économiques ou des groupes armés impliqués dans le conflit à l’est. Mais avec Joseph Kabila, l’administration américaine franchit un nouveau seuil. Les sanctions visent en effet une figure centrale de l’ancien pouvoir congolais, accusée d’influencer indirectement les dynamiques sécuritaires dans une région clé pour l’approvisionnement en minerais stratégiques.
« Ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes », a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, soulignant que les États-Unis utiliseront leurs outils pour défendre « l’intégrité des accords de Washington ». Ces accords devraient permettre aux États-Unis d’accéder à des minerais critiques.
« Le département du Trésor n’hésitera pas à prendre des mesures contre les groupes qui empêchent les États-Unis et leurs alliés d’accéder aux minerais essentiels à notre défense nationale », avait déjà prévenu John K. Hurley, sous-secrétaire au Trésor chargé de la lutte contre le terrorisme et du renseignement financier, lors de précédentes sanctions.
Boaz Kabeya
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