La réforme de la facture normalisée pourrait générer environ 200 millions de dollars de recettes additionnelles d’ici fin 2026 en République démocratique du Congo. L’estimation a été avancée par le ministre des Finances Doudou Fwamba (photo) dans un entretien publié le 13 mars 2026 par Geopolis Magazine.
Cette projection intervient dans un contexte où la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) occupe une place importante dans les recettes publiques. Selon des données reprises à partir du rapport annuel 2023 de la Direction générale des impôts (DGI), 8 895 entreprises ont collecté la TVA pour le compte de l’État, pour un total de 2 776,2 milliards de francs congolais, soit 23,7 % des recettes fiscales.
Pour les autorités, l’amélioration du contrôle de cette taxe constitue l’un des leviers majeurs de mobilisation des ressources internes. La réforme de la facture normalisée vise précisément à renforcer la traçabilité des opérations commerciales et à limiter les marges de fraude ou de sous-déclaration, grâce à des outils de facturation sécurisés et connectés à l’administration fiscale.
La mise en œuvre opérationnelle du dispositif s’est accélérée au début de l’année. À partir du 1er mars 2026, le ministère des Finances a lancé un programme d’accompagnement destiné aux opérateurs économiques afin de faciliter leur mise en conformité avec le nouveau système. Ce programme prévoit la mise à disposition de 4 000 dispositifs électroniques fiscaux (DEF), destinés à l’émission de factures électroniques sécurisées.
Ces équipements sont attribués aux premiers opérateurs économiques éligibles qui en font la demande, dans la limite du stock disponible, selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les entreprises bénéficiaires doivent toutefois prendre en charge certains services associés, notamment l’activation, la formation et la maintenance technique.
Cette réforme s’inscrit dans un processus plus large engagé depuis 2025. Dès juin 2025, la DGI avait lancé l’homologation des systèmes de facturation d’entreprise, avec l’objectif de réserver progressivement l’émission des factures aux seuls logiciels conformes aux exigences de l’administration fiscale.
À travers la facture normalisée, le gouvernement cherche ainsi à consolider la collecte de la TVA, améliorer la transparence fiscale et accroître les recettes intérieures dans un contexte de pression croissante sur les finances publiques.
Boaz Kabeya
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