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Minerais critiques : comment la RDC rééquilibre ses rapports avec la Chine

Minerais critiques : comment la RDC rééquilibre ses rapports avec la Chine

La République démocratique du Congo (RDC) pose les bases d’un encadrement plus strict des investissements chinois. Le 26 mars 2026, à Pékin, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, et son homologue chinois, Guan Zhi’ou, ont signé un mémorandum d’entente sur la coopération dans les domaines de la géologie et des ressources minérales. Le texte est présenté par Kinshasa comme « un cadre structuré de coopération » fondé sur « la concertation permanente », le respect du droit congolais, la protection des investissements et la transformation locale des ressources.

Cette orientation traduit un changement de doctrine. Longtemps dominé par des investissements chinois peu contraints, le secteur minier congolais entre progressivement dans une phase de régulation renforcée. L’objectif affiché est clair : mieux capter la valeur ajoutée locale et sécuriser les retombées économiques au moment où la demande mondiale en minerais critiques — cobalt, cuivre, lithium — explose.

Selon le centre de recherche AidData, basé aux États-Unis, entre 2000 et 2022, la Chine a engagé 23,7 milliards de dollars en prêts et dons en RDC, faisant du pays le deuxième bénéficiaire africain de l’aide et du crédit chinois ; 98 % de ces financements ont pris la forme de prêts. AidData souligne aussi que la RDC est le plus grand partenaire bilatéral de la Chine sur le continent en matière de développement, loin devant la plupart des bailleurs traditionnels.

Mais Kinshasa ne veut plus d’un tête-à-tête sans garde-fous. Le précédent Sicomines, projet de coopération avec un groupe d’entreprises chinoises — China Railway, Sinohydro et Zhejiang Huayou — visant à financer les infrastructures par l’exploitation minière, a servi de déclencheur. L’audit mené par l’Inspection générale des finances en 2023 a conclu qu’environ un tiers seulement des 4,5 milliards de dollars destinés aux infrastructures avait effectivement été décaissé, ce qui a conduit à la renégociation de cet accord signé en 2008.

Risques ESG

Cette séquence a débouché sur le 5e avenant signé en mars 2024, sous l’égide de Félix Tshisekedi. L’amendement devrait permettre d’injecter près de 5,5 milliards de dollars supplémentaires dans les infrastructures entre 2024 et 2040 si le prix international du cuivre ne descend pas en dessous de 8 000 dollars la tonne. Ces investissements devraient même augmenter si le prix du cuivre atteint 12 000 dollars la tonne. L’avenant prévoit également un audit technique et financier portant sur l’exécution du contrat depuis sa conclusion, audit d’ailleurs lancé au début du mois de mars 2026.

Selon les autorités congolaises, la signature de ce mémorandum s’inscrit dans la continuité des orientations stratégiques définies lors des échanges de haut niveau de 2023 entre les présidents Félix Tshisekedi et Xi Jinping. Mais elle intervient aussi après la signature d’un partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis, centré sur les minerais critiques, le corridor Sakania-Lobito, la formalisation du secteur artisanal et le développement des capacités locales de transformation. Autrement dit, la Chine n’est plus seule à offrir un débouché stratégique à la RDC.

Ce changement est aussi alimenté par les faiblesses du modèle précédent. AidData note que 36 % du portefeuille chinois d’infrastructures en RDC présente une exposition significative aux risques environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG). Plus révélateur encore, seulement 5,5 % des projets d’infrastructure financés par la Chine dans le pays disposaient de garde-fous ESG contractuels robustes entre 2000 et 2022, bien en deçà de la tendance mondiale observée par AidData.

Pierre Mukoko et Ronsard Luabeya

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